Cette pauvre Europe des riches

Ce n’est pas parce qu’entre 2008 et 2011, l’Europe a offert sur un plateau 1600 milliards aux banques nécessiteuses, qu’elle doit s’exonérer de gratter 200 des 500 millions d’aide alimentaire pour les crève-la- faim privilégiés, dans une politique d’austérité d’une rare pertinence.

Une économie de bout de chandelle que n’aurait pas renié le père Ubu lui-même.

C’est donc le cœur léger et fier du travail accompli que la désopilante Merkel et le milliardaire Cameron peuvent laisser éclater leur joie soulagée.

Il faut bien reconnaître une véritable noblesse et une certaine hauteur de vue à économiser un quignon de pain aux uns pour mieux offrir du caviar aux autres, au nom de cette lutte des classes un peu démodée autrement rebaptisée dans cette novlangue subtile qui nous prendrait un chouïa pour des cons :

compétitivité.

Il fut un temps où les riches s’asseyant sur la justice sociale se sentaient au moins redevables d’une forme de charité. Non seulement l’Europe patronnesse dans son souci de dorloter les marchés, organise la régression sociale, fait exploser la pauvreté, mais encore refuse même aux peuples la dernière des mendicités.

Un pas immense vers la civilisation.

Heureusement Flanby, ennemi de la finance à ses heures perdues et dans cette volonté déterminée qui n’appartient qu’à lui, était là.

« je vous le dit tout net : pas question d’accepter de réduction du budget au-delà de ce qui est acceptable »

Le spécialiste de la menace qui s’annule toute seule dans la même phrase a du trouver parfaitement acceptable donc de rogner deux paquets de coquillettes aux Restos du Cœur par exemple, tandis qu’explose la demande.

L’essentiel restant par ailleurs de sauver à la sauce hollandaise, quelques riches céréaliers français, les abeilles et les pesticides, le tout en même temps.

Comprenons nous bien. Si donner 1600 milliards d’argent public à des banquiers privés ne fait évidemment pas d’eux des assistés, donner une barquette de lasagnes Findus aux miséreux risquerait bien de les conforter dans leur statut de parasites de la société.

Et ça naturellement, pour cette pauvre Europe des riches ou cette riche Europe des pauvres, c’est économiquement, idéologiquement, juste inacceptable.

tgb

La gueule de pas d’emploi

Plus on gagne de droits sociétaux, plus on perd de droits sociaux.

Avoir le droit de se marier entre homosexuels n’empêche pas de se faire virer de son boulot ou d’accumuler les CDD. Un homo étant aussi un travailleur, ce serait ballot que ce qu’il gagne en militant du mariage pour tous, nous le perdions ensemble en acquis sociaux.

Si de nouveaux droits sont toujours bons à prendre, y compris le droit fondamental pour les femmes de porter des pantalons, ils ne doivent pas être le pudique paravent des régressions sociales programmées par le nouvel ordre mondial et exécutés par sa technocratie gouvernementale quelle qu’elle soit.

On se demande dans quelle mesure, les avancées sociétales ne serviraient pas justement de caution de gauche, de simulacre de gauche, de substitut de gauche et de virginité.

Tandis que Zapatero (hier) ou Hollande légifèrent sur les mœurs, se contentant finalement d’avaliser les évolutions de la société (cela dit le conservateur Cameron aussi), ils pratiquent ou pratiquèrent une même politique libérale au nom de la toujours même Sainte Trinité : Compétitivité – Flexibilité – Austérité.

Tandis que le général Flanby, grand sorcier blanc, libère de ses forces obscures, Stéphanie de Bamako que son jeune padawan Valls s’empresse d’embastiller ici, le capitaine raplapla, ‘not dangerous’ nous pond la réforme bancaire la plus inoffensive du monde que même les banquiers en sont gênés.

Il ne faudrait pas que les acquis sociétaux servent à escamoter le hold-up social, parce que concrètement, toujours moins de service public et toujours plus de sacrifices économiques c’est :

– une famille entière suicidée dans un petit pavillon

– la mort d’un bébé in utero faute de personnel hospitalier

– le chantage à l’emploi du patron milliardaire Goshn sur ses employés démunis

– des milliers de licenciements boursiers dont semble n’avoir jamais entendu parler, Laurent Berger de la CFDT collabo (pléonasme) : « Je ne sais pas ce qu’est 1 licenciement boursier » (mots croisés 4/02)

Le mariage pour tous c’est sympa, mais la mouise pour tous, c’est pas terrible question voyage de noces.  

Homos ou pas, mariés ou pas, tous les licenciés de chez PSA ou Sanofi ont la même gueule de plus d’emploi.

tgb

dessin : Voutch

Si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé…

Si la France est en faillite, comme nous l’affirmait hier le désopilant François Fillon et nous le dit aujourd’hui l’impayable Michel Sapin avant de se dédire, et comme naturellement finit par s’en convaincre 63% des français à force de se l’entendre marteler dans cette fabrication du consentement autrement nommé propagande, alors, est ce bien raisonnable de balancer 50 millions d’euros en trois semaines, soit plus de deux millions par jour, dans une guerre qui pourrait bien s’ensabler du côté du Mali ?

Pour paraphraser le tout convalescent Chavez, qui déclarait que si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé, on pourrait rajouter que si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé.

Il se trouve qu’il en va de notre armée comme du reste de la société. Un bataillon de généraux et d’officiers grassement payés, représentant plus du double des soldats dont dispose le ministère, tandis que le prolétariat de la gâchette attend sa solde avec un an de retard dans certains cas.

Circonstance aggravante, cette piétaille militaire, étant condamnée au silence par la grande muette, ce sont les épouses qui doivent revendiquer pour obtenir leurs droits élémentaires comme celui par exemple d’être payé, ou même d’avoir un gilet pare-balles décent pour affronter la camarde.

Dans cette armée mexicaine, on trouve donc au final deux officiers touchants autant à la retraite qu’en activité, pour un homme de rang, celui là même qui à l’infime privilège de faire le voyage retour en bodybag dans l’indifférence générale.

Certes, personne n’est obligé, même pauvre, de faire chair à canon comme profession, ils n’avaient à tout prendre, qu’à faire Florence Cassez comme métier, nonobstant, en France, dans ce pays où paraît-il la lutte des classes n’existe pas, comme une constance :

– une classe supérieure pantouflante, pantouflarde, se pressant autour des buffets à se goinfrer de petits fours et canapés, dans l’impunité, la sécurité, les privilèges

– une classe inférieure qui se les beurre se les tartine et se la boucle, ceinture y compris.

Honneurs et faveurs pour les uns,

hommages éventuels pour les autres mais posthumes.

Il fut un temps où cette armée de métier était une armée de conscription. Le jeu consistait donc à se faire réformer. Dans les années 80, sans même être planqué, c’était assez facile. C’est ainsi que je devins P4.

La suspension par Chirac du service national en 1995 fut accueillie comme une délivrance. Par moi y compris. Pourtant, à bien y réfléchir, sans idéaliser, ce service militaire avait quelques avantages :

Chaque mère de France (ou à peu près) pouvant laisser son gosse sur le champ de bataille, on y regardait à deux fois avant de partir la fleur au fusil, faire couler un sang impur dans nos sillons ou dans les leurs.

Dans les chambrées, un type de Neuilly pouvait, se retrouver pote avec une racaille de la cité, un érudit rencontrer un analphabète, du moins se croisaient-ils dans des classes sociales mélangées, ça servait de creuset à ce que l’on appelait encore, la république…

On ne déléguait pas, en s’en lavant les mains, nos saloperies post coloniales rebaptisées humanitaires, à une poignée de robocops mal payés pour tuer certainement, et mourir éventuellement à notre place et en notre nom ou du moins en celui de l’OTAN.

Pour cette nouvelle génération de dirigeants politiques n’ayant jamais connus la guerre, ce goût malsain à jouer aux petits soldats et à envoyer nos militaires ici ou là, a quelque chose d’assez immature, voire de désinvolte.

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Serait-ce tout simplement parce que dans ce monde renversé où un président de la république n’a plus le moindre pouvoir économique mais étrangement encore, la capacité à dévaster la planète, il use et abuse de cette ultime autorité ?

Si « la politique est l’art d’obtenir de l’argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. » ( Michelet ), la guerre, hier de conscription, aujourd’hui professionnelle, et demain privée, reste « un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valéry),

bref, reste bien, une affaire de classes.

tgb

Déchaînons nous !

Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour s’indigner de la différence de traitement de la couverture médias entre le « mariagepourtous » et la « manifpourtous ».

Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour se plaindre de la désinformation continue de BFM ou d’I-télé privilégiant le bateau de la Macif, plutôt que le berceau de la manif.

Ainsi donc, il y a encore des gens pour croire, dans cette dépendance de la zappette, cette addiction à la boîte à cons, que ces chaînes du vide en direct, de la dramatisation du rien, feraient encore de l’information.

Et pourquoi voudriez-vous que les bras armés de groupes privés tels Vivendi, Bouygues ou NextRadioTV (RMC BFM ) aux intérêts privés et aux profits privés, fassent autre chose que de marchandiser de l’actu voire de l’idéologiser ?

Et pourquoi attendrions-nous de ces robinets d’eau tiède et saumâtre à l’indolente vacuité, recyclant rebus du journalisme retraité et potiches de la photomaton matée qu’ils nous offrent quelque pluralisme que ce soit.

Leur demander l’équité dans le traitement de l’info serait leur accorder un statut de chaîne d’info, alors qu’ils n’ont rien d’autre à vendre que de la non pensée unique à tartiner, du pâté de pixel à divertir, du temps de cuisson pour cerveau disponible avec thermostat.

Et d’une manière générale, à quelques infimes exceptions près, vous ne trouverez aucune info à la télé, aucune à la radio, ni même dans les journaux mainstream, qu’une longue litanie de marronniers et de micros trottoirs, du journalisme en moto crottes, avec les mêmes médiocrates interchangeables pour les mêmes commentaires intox et toc de poivrots de comptoirs mais à jeun.

Penser qu’il y ait quelque chose à attendre de ces outils de molle propagande, de sale et fade infotainment, c’est penser encore dans le cadre, ce pseudo cadre démocratique en sa fumeuse liberté d’expression.

Essayez de voter non à un référendum pour voir…

Ces chaînes, privées aux mains de groupes privés, publiques aux mains du pouvoir du moment, sont nos ennemis. On ne demande pas à nos ennemis de nous traiter bien. On les combat.

Inutile donc de s’indigner ou de se scandaliser. Boycottons ! et laissons les cons parler aux cons.

En revanche, et je le pense depuis toujours, il nous faut notre chaîne à nous, quitte à ce que chacun d’entre nous casse sa tirelire, investisse, emprunte. Que cette chaîne soit directement accessible ou payante peu importe, il nous la faut d’urgence. Libre, indépendante, et, partant du principe qu’il y a un potentiel d’au moins 5 millions de téléspectateurs en attente, nous appartenant.

Une chaîne ni chiante, ni élitiste, ni déprimante ni militante mais populaire, marrante, éducative et exigeante.

Et je me sens moins seul et moins idéaliste quand enfin je lis l’excellent François Ruffin de Fakir (il a au moins le crédit d’avoir créé une revue indépendante et viable) qui en vient aux mêmes conclusions.°

Rien à espérer des autres, et tout exiger de soi.

Si plus il y a de chaînes moins il y a de choix, alors cessons donc de subir cette conformation

déchaînons nous.

tgb

°voir fin de l’interview

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Recracher la pilule

 « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti… Cet adversaire, c’est le monde de la finance »

Ainsi parlait Flanby, du temps où il faisait semblant d’être de gauche avant de courir rassurer les marchés à la City en les assurant de sa non dangerosité. Ce dont, franchement, personne ne doutait une seconde.

L’adversaire, pas de nom de pas de visage ? à voir…

L’adversaire pourrait avoir, histoire de faire un exemple et de se soulager, le patronyme et la fiole d’Huw Pill, économiste en chef et monsieur Europe de Goldman Sachs.

Goldman Sachs : 34,2 milliards de dollars de chiffre d’affaire 2012 (+ 19% ) soit 7,3 milliards de dollars de profits, et glorieux co-lauréat du ‘prix de la honte’ décerné par Greenpeace.

Ainsi donc, Mr Pilule, qui avec les principaux dirigeants de « la Firme » va se partager cette année de modestes bonus d’une centaine de millions de dollars, dont plus de 13 millions pour le PDG, Lloyd Blankfein, se pointe avec sa tronche amidonnée et nous déclare dans le journal « qu’il faudrait déplacer l’emprise de l’Etat vers le secteur privé…réduire la moyenne salariale française d’environ un tiers, ce qui est politiquement impossible à imposer… »

Et c’est ainsi qu’un de ces représentants d’une officine crapuleuse, responsable depuis 80 ans des plus grandes manipulations des marchés, des pires bulles spéculatives, de maquillages de comptes, de délits d’initiés, des crises de 29, de 87 et de la prochaine…, une de ces racailles en col blanc, blanchisseur d’argent sale, organisateur de famines et de misères, un de ces parasites incompétents, escroc patenté tout juste bon à spolier sa propre clientèle, vient nous délivrer son expertise de mes 2 consistant à appauvrir la plupart au bénéfice de quelque uns, dont lui.

C’est donc l’un de ces foutus saligauds encravatés, qu’on devrait couvrir de plumes et de goudron si on avait encore un chouïa d’estime de soi, qui non seulement ne croupit toujours pas au fond d’un cachot mais vient nous annoncer la gueule même pas enfarinée, que non seulement le privé devrait se goinfrer les derniers secteurs publics qu’il n’a pas tout à fait fini de saloper mais encore, qu’il serait raisonnable de réduire nos salaires à 1000 euros environ, tout en déplorant la difficulté politique à réaliser l’affaire.

Et l’on sent poindre en creux, comme l’irrésistible tentation d’une bonne dictature financière imposant l’austérité pour tous et le jack pot pour sa pomme.

Et la question que je me pose désespérément : nous sommes des milliards et ils sont 3, épais comme des cure-dents, comment se fait-il qu il n’y ait personne au monde pour se lever enfin et mettre deux taquets réparateurs à ces morveux, histoire de leur fermer leur claque-merde et leur rappeler à l’occasion qu’on nous cause pas comme ça ?

Il est qui ce mr Gélule pour nous la mettre comme ça

et pourquoi pas pendant qu’on y est, en suppositoire ?

Si on n’est pas fichu à tous, de cracher la pilule à la gueule de mister Pill, alors on ne mérite rien d’autre que de se l’avaler.

tgb

Rien n’est permis, tout est possible

J’aime beaucoup ce dessin°.

Il est désespérant.

Donc drôle.

D’un point de vue métaphysique, il dit notre condition humaine, il dit que personne ne sortira d’ici vivant, il dit notre état au monde et notre perception.

Il est notre constat tragique.

Il nous dit que l’espérance de l’un, croyance ou religion est la désespérance de l’autre et que nos illusions seules nous aident à vivre, par quelque subterfuge infantile.

Parce que la solution est déjà le problème. Mais qu’il faut bien se raconter des histoires…

Il dit surtout que c’est notre liberté d’en rire.

Mais c’est politiquement, qu’il pose ici, la dialectique du moment, de l’instant t de notre histoire, de sa fin programmée. Cette illusion d’alternative, cette illusion du choix que l’on nomme alternance. Qui nous fait espérer afin que rien ne change. Parce que l’ordre des choses et l’ordre du monde et l’ordre ancien et le nouveau, pour ne pas dire ouvertement l’ordre des puissants et de ceux que ça arrange.

Ce fascisme du renoncement pour tout horizon.

Ce totalitarisme de l’acceptation pour toute perspective.

Consentir à l’ordre du monde tel qu’il est de façon immuable, irrévocable, du local au global dans son bocal mondialisé.

Il dit l’enfermement idéologique qu’on nous impose et l’emprisonnement politique de la pensée. Il dit notre accablement, notre aveuglement jusqu’à notre fatigue citoyenne et l’acceptation.

Sous prétexte que toute tentative d’humaniser le monde fut un échec, comme si ce modèle-là était une réussite, on nous demande de nous résoudre, condamnés que nous sommes au pragmatisme.

Pragmatisme, réalisme, cette façon polie de nous dire « ta gueule », de nous dire que toute tentative est vaine, toute délivrance, toute émancipation vouée à l’échec. Cette injonction à abdiquer, cette exigence morbide à faire notre deuil de toute imagination, invention, création, et de bannir de notre vocabulaire le mot « autrement ».

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Mais alors, si nous devons nous contenter, valons nous mieux que des blattes et y a-t-il une seule raison alors que les blattes ne soient pas notre avenir ? Parce que renoncer à changer le monde c’est renoncer à notre humanité, renoncer à notre capacité à le penser, à l’idéaliser, à nous planter aussi et à recommencer. Renoncer à notre droit absolu d’essayer encore, à notre devoir essentiel de nous donner des choix.

C’est en faisant le deuil de nos illusions que nous réinvestirons nos utopies. Et c’est justement parce qu’on nous l’interdit que nous allons nous le permettre.

tgb

°auteur inconnu

Le temps qu’il fait, le temps qui reste et le temps nécessaire…

Nicolas Sarkozy chef de guerre 26/08/2010 :

Afghanistan – « La France restera aussi longtemps que nécessaire… »

François Hollande derechef de guerre 11/01/2013

Mali – « cette opération durera le temps nécessaire… »

Et bien voyez c’est à ces petits riens, ces infinis détails, ces précisions circonstanciées que l’on mesure le bouleversement politique, la révolution en marche, la métamorphose des choses, que l’on touche d’un doigt délicat que :

Le changement c’est maintenant

Ou plus ou moins maintenant

Ou plus ou moins plus tard

Ou plus ou moins jamais

Un changement dans la continuité

Une continuité dans le changement

Un changement radical mais pareil !

Le temps nécessaire, beau et militairement millimétré comme le fut du canon de Fernand Raynaud et son certain temps :

Complément circonstanciel idoine et approprié, assez évasif pour faire une guerre de trois siècles, assez indéfini pour partir en courant dans 3 jours.

La guerre : admirable instant solennel d’union nationale, de consensus patriotique et de bellicisme PSUMPUTE° qui fait savourer cette parfaite superposition du langage.

J’voudrais rien dire, pas mon genre mais quand même, y’a des jours faudrait pas trop charrier de la charia.

tgb

°attribué à Pourrito

Cocoricocons cocoricocus !

 Après tout, que chaque société, état, entité, défende ses intérêts, sécurise sa sphère d’influence, maîtrise « ses » matières premières vitales à son fonctionnement, « son » pétrole, « son » uranium…son « y’a bon Banania », ce n’est pas reluisant, mais en va-t-il au moins d’une forme de survie ;

colonialiste, impérialiste, égotiste certes, mais qui a du moins sa logique.

Faut bien faire rouler ses bagnoles.

Que tout prédateur vive aux dépends de ses victimes, dans un rapport de force, du faible au puissant, est malheureusement la loi du genre. Le genre compétitif qui n’est visiblement pas en voie d’apaisement.

Mais admettons !

Que la France ait en Afrique son champ d’intervention, son pré carré, sa françafric(que) est plus que discutable mais du moins stratégiquement, rationnellement compréhensible.

La realpolitik ne fait ni dans la dentelle ni dans la belle éthique.

Mais justement, que nos gouvernants par respect, nous épargnent au moins ce discours réducteur et infantilisant du bon soldat humanitaire, éclairé, clairvoyant, volant au secours des peuples opprimés, menacés par le « terrorisme criminel »° et autres foutaises.

Terrorisme, ce mot tiroir, ce mot fourre tout, ce mot à nous bourrer le mou, sans jamais ni le définir ni le justifier, cet élément de langage ordinaire du fascisme émotionnel et de l’enfumage.

Terrorisme, ce mot sensé pétrifier toute pensée, ce mot sensé tétaniser les neurones, et légitimer à moindre coût toutes nos banales saloperies et nos ultimes tentatives de domination.

Que nos gouvernants au moins, évitent de se draper dans cette pseudo morale théâtreuse, à fabriquer du consentement.

Qu’on nous parle meilleur, en adulte et qu’on cesse ce pitoyable simulacre, cette mauvaise propagande embedded, qui nous voudrait non seulement profiteur mais avec bonne conscience en plus.

Si nous intervenons au Mali ou ailleurs pour empêcher les fanatiques de couper les mains des voleurs, de lapider les femmes et autres régressions mentales, pourquoi sommes-nous alliés alors avec les pires des régimes obscurantistes, ces dictatures Whahabites, Arabie Saoudite, Qatar… devant lesquelles nous nous prosternons et qui précisément financent et répandent à coups de pétrodollars la pire des aliénations ?

Nous refaire encore une fois, et c’est un socialiste (paraît-il) ce coup-ci, le plan scabreux du bien contre le mal, du civilisé contre le barbare, tandis que Civitas, nos talibans à nous, nos crétins intégristes, défilent à genoux dans les rues, c’est foutrement gerbant.

Que l’on s’accroche désespérément à nos restes d’empire en roulant des mécaniques est suffisamment déplaisant, pour qu’en plus on ne la ramène pas en cocoricoquant du cul.

tgb


° Laurent Fabius – laborieux ministre des affaires étrangères

et pour plus d’explications voir chez cui cui…

Résumé du jour

Bon, pour résumer l’actu du jour et si j’ai à peu près pigé de quoi il en retournait, l’armée française et son capitaine de pédalo nucléaire traquent au Mali des terroristes qu’on arme en Syrie mais que l’on nomme rebelles pour pas se mélanger les pinceaux avec le Qatar qui finance l’AQMI.

Le but de l’intervention étant comme il se doit, de lutter contre la barbarie des autres, tout en défendant nos droits de l’homme à uranium enrichi au Niger.

Depuis que BHL en causant dans le poste, a libéré la Libye, constatons que nos armes vendues et éparpillées de ci de là ont une fâcheuse tendance à descendre certains de nos hélicoptères que c’est pas tellement fair-play.

Rappelons à toutes fins utiles et contrairement aux derniers usages (Irak, Libye, Côte d’Ivoire…) qu’une guerre à l’inconvénient de faire des gens morts pas que dans les rangs des forcément méchants, (dont on ne compte pas les victimes) vu que c’est nous les gentils (3 morts).

Concluons donc à cette heure qu’il est plus facile de gazer des enfants Roms endormis dans leur lit, éventuellement armés de ‘cailloux à fragmentation’, que de faire la guerre à des gens armés malencontreusement par nos soins, sans même parler de botter le cul des banksters…

On veut faire la guerre à la finance et on fini par balancer des bombes sur 3 bédouins.

Sinon, du côté des accords bien sympas signés entre les organisations syndicales, apprécions que le code du travail pris en otage par le patronat ait été libéré contre une rançon payée recta par la CFDT ultraminoritaire sur le compte des salariés.

La lutte des classes n’existant naturellement pas, reconnaissons au PS libéral de faire délicatement ce que l’UMP tentait de faire brutalement : fléxi-sécurité contre inflexi-précarité – un donnant donnant super équilibré faisant enfin rentrer la France dans la modernité des années 1930.

Insistons en passant sur le fait qu’on ne doit surtout pas se moquer des gens qui ont une tête de con jaune

que c’est un peu facile…

Quant à la grande manif de la famille française avec papatravail et mamanpatrie, ma position est assez simple.

Je suis contre toutes les institutions bourgeoises, mariage y compris, sauf pour les curés et les homos.

tgb

Le riche se reproduit même en captivité

Réjouissons nous, parmi les 500 plus grandes fortunes françaises :11 milliardaires en euros de plus cette année.

S’il fallait peser 14 millions d’euros en 1996 pour figurer dans ce prestigieux classement, il en faut 60 aujourd’hui pour s’y maintenir.

Un constat donc : les riches sont de plus en plus riches et de plus en plus nombreux.

Malgré les cris alarmistes de la Ligue de Protection des Riches (Medef UMP FMI…), non seulement le milliardaire n’est plus en voie de disparition, mais en plus, grâce aux progrès de l’ultra libéralisme en sa politique de dérégulation et aux soins constants de nos gouvernements largement mobilisés, le riche, espèce fiscalement protégée, se reproduit aujourd’hui même en captivité.

Dans certaines réserves où il fut heureusement réintroduit avec succès au début des années 80, juste avant son extinction complète et giscardienne, Gstaad, Courchevel, le triangle Auteuil-Neuilly-Passy et plus récemment le périmètre de Néchin, à la frontière Belge, on déplorerait même une certaine prolifération mettant en danger l’équilibre biologique et la chaîne alimentaire.

Si des prélèvements et autre régulation de la faune jet-setteuse pour préserver la flore (et son café de) ne sont pas encore envisagés on pourrait être confrontés bientôt à une surpopulation problématique dans certains espaces confinés.

En effet, depuis l’éradication de son prédateur naturel, le marxiste léniniste dont les derniers spécimens disparurent à la fin des années 80, le riche ou plus scientifiquement nommé le « spéculator capitalistus doré » n’est non seulement plus menacé mais deviendrait même une espèce menaçante, passant de l’état plus ou moins domestiqué à l’ensauvagement féroce.

Si certains braconniers chassent encore le riche clandestinement, l’appatant sournoisement avec une niche fiscale avant que de la taxer à 75%, l’obligeant à se réfugier sous d’autres contrées plus forfaitaires, il nous faut bien reconnaître que ce ne sont plus là que quelques rares bolcheviques infiltrés venus de Corée du Nord ; phénomène préoccupant certes, mais anecdotique.

Ils ne sont pas dangerous !

Notons d’ailleurs que la tradition de la chasse à courre au riche, activité monstrueuse et barbare pratiquée par des gueux et autres pouilleux à fourches est aujourd’hui parfaitement révolue.

Bref, par une rigoureuse politique de protection privilégiée, les dominants et c’est heureux, peuvent à nouveau librement dominer et exploiter.

Et c’est tant mieux puisque le pauvre, gibier dévolu à nos prédateurs sauvegardés, pullule et n’a jamais été aussi délicieusement pauvre.

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La nature ayant repris ses droits et ses cycles harmonieux, les marchés peuvent être rassurés.

tgb