Mis en avant

L’écologie de confort

Une touffe d’herbe sur la tête et la gargouille capitaliste se donne comme un air de punk à chien. C’est une de ces ruses que le bloc bourgeois dans sa perversité funeste manie à la perfection. Se travestir superficiellement, s’acheter la panoplie tendance, pour se perpétuer et continuer à se bâfrer sur la bête.

Il faut admettre que l’oligarchie a l’échine souple et l’art du camouflage façon caméléon. Elle garde toujours dans sa manche, un autre Macron plausible à peine reverdit, un autre Flanby vert et inoffensif, un autre ultra centriste compatible avec tout, le marché, ses noires milices, son nouvel ordre mondial, son Europe verrouillée.

Elle conserve toujours une de ces rustines, un de ces avatars greenwashisé
à l’occase, avec des morceaux de « durable » et « d’équitable » dedans. Un de ces produits pseudo nouveau mis en vente à grand renfort de pub, dans les rayons de son supermarché mondial.

Ainsi donc le bloc bourgeois, dans ses villes bourgeoises sait parfaitement recycler, renouveler son clergé servile en petits hommes verts pourquoi pas, concédant de la piste cyclable pour mieux vendre ses bagnoles. Le flux vaguement vert d’hier, n’étant qu’une tactique de plus. L’écologie en son égologie, sans rupture radicale
ne restera à jamais qu’une bonne conscience de confort, une sale manie.

Comme dirait Chico Mendes° – l’écologie sans lutte des classes est elle autre chose que du jardinage ? -° La question elle est vite répondue.

La bonne nouvelle malgré tout, est que la marée abstentionniste d’hier, semble démontrer que la population lambda ne se fait plus guère d’illusions sur ce simulacre de démocratie en tenaille et plutôt que de faire semblant de changer tout pour rien, elle préfère visiblement plutôt planter des choux…

En prévision sans doute du prochain confinement.

tgb

° activiste brésilien, assassiné en 1988 dans sa lutte pour préserver l’ Amazonie, reprise par Eduardo Galeano : La ecología sin lucha social es jardinería

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Farida et les trois petits cailloux

trois petits cailloux dans la main de l’infirmière
trois petits cailloux qui ne pesaient rien
trois petits cailloux contre la misère
trois petits cailloux elle en jeta un

Condamnez vous ce geste ? disait l’ordre médiatique
à tout convoqué suspect de voir le tonfa et non le galet
condamnez vous ce geste ? êtes vous pacifique ?
matraquait les marchands de canons, aboyaient ses valets

Deux petits cailloux dans la main de l’infirmière
deux petits cailloux de rien du tout
deux petits cailloux pour hurler sa colère
deux petits cailloux, en jeta un debout

Que toutes les violences faites vous restent confinées
opprimez vous vous mêmes ou haïssez les autres
il n’y a aucune issue pour tous les révoltés
résignez vous enfin à devenir bon apôtre

CSI, Article R211-13 : L’emploi de la force [..] n’est possible que si les circonstances
le rendent absolument nécessaire [.] La force déployée doit être proportionnée au trouble
à faire cesser et son emploi doit prendre fin lorsque celui-ci a cessé.
Farida, infirmière, en blouse blanche, en GAV, risque 2 ans de prison ferme et 45000 euros d’amende pour outrage et
rébellion suite à la plainte de 4 policiers

Des petits cailloux il n’en restait qu’un
ce petit caillou tout comme un galet
ce petit caillou qu’elle lança au loin
si loin de la mer comme en ricochet

tgb

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Sondage et matraquage

– Tu aimes la police ?
….
– C’est pour un sondage…
….
– tu réponds par oui ou par 24 heures de garde à vue…
….

– regarde moi bien dans les yeux…

– non là…dans les yeux du canon…

– tu aimes la police ?

– tu l’aimes fort ?

– redis le…
….


– t’es sincère au moins ?
…..
– non parce que sinon on risquerait de se chamailler un peu, un oeil par ci une main par là
…..
– quel coup de tonfa dans la gueule ?

– et le contexte alors ?

– est ce que je te cause de ma tendinite du poignet ?
….
– ben oui, comparution immédiate, six mois pour outrage et rébellion…
….
– c’est le tarif
….
– t’as des images ?
….
– ben alors tu fermes ta gueule, tu voudrais quand même pas que je perde ma prime assermentée ?


….
– quoi ta retraite ?
….
– Tu voudrais pas la mienne pendant qu’on y est ?…

– donc maintenant tu réponds gentiment à la question suivante…

objectivement …


….
– existe t’il des violences policières ?
….
– réfléchis bien avant de répondre
…..
– je te rappelle que ceci est un LBD

– ça donne ça comme résultat


…12 morts durant le confinement ?

– ça te dit un petit plaquage ventral entre amis ?

– Quoi you can’t breathe ?

– and now yes you can ?

– Donc, bien raisonné, il n’y a pas de violences policières.

– Autre question fils de pute, vois tu un rapport entre ici et l’Amérique ?

– regarde bien les deux images…

victimes de la police américaine
victimes de la police française

….
– Je te donne un indice. je ne vois aucun point commun…

– Bonne déduction. La police républicaine n’a rien à voir avec les cowboys américains.

– Dernière question facile…la police est elle raciste ?
….
– Je te rappelle gentiment qu’avant on foutait les bougnoules à la Seine et que maintenant on les repêche…


– ça devrait t’aider

– Bien vu, elle ne l’est pas…j’ai même un collègue négro qu’on appelle Bamboula …si c’est pas une preuve !
….
– donc tu aimes la police…


– quel tutoiement ?
….
– et un toucher rectal façon matraque ça vous irait enculé ?

Selon un subtil ministre de l’intérieur et un échantillon hyper représentatif de la société civile : 9 français sur 10 aiment la police.

objectivement !

tgb

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Le concept de la plage dynamique

En philosophie, le concept est une représentation mentale abstraite et générale, objective, stable, munie d’un support verbal. Le concept de vérité, du temps, de l’espace… Du percept (forme perçue d’un stimulus externe) au concept dialectique chez Platon ou de la construction métaphysique et scientifique chez Aristote, il est un schème, un symbole. En linguistique, le concept est nommé « signifié » le terme le désignant, nommé « signifiant ». Le mot « chien » (signifié) par exemple,
ne mord pas, pas plus que sa représentation. Si pour les philosophes modernes (Descartes, John Lock) le concept est une idée, pour Kant, il est un moyen de juger, un universel. Bref, selon Deleuze et Guattari, la philosophie se définit comme la création de concepts.

Puis vint Botul et ses botulettes (Glucks, Finkie, Bruckner…) qui inventa le concept de la chemise déboutonnée et son corollaire entarté ; surgit Ferry (boat) et le concept de la croisière ça m’use ; entra sur scène la Chantal Goya du concept Michel Onfray et son acolyte Comte-Sponville, inventeur de la philo patronale à 5000 boules l’ineptie. Ne manquait plus que l’ineffable Peña-Ruiz et son fameux concept – je suis islamophobe (mais pas judéophobe) c’est bien la preuve que je suis laïc – pour souligner combien ces dernières années la notion de concept était monté d’un cran dans l’exigence de la pensée sous vide.

Et de me souvenir être allé un jour vendre un spectacle à un producteur célèbre de soupe populaire qui conclue l’entretien en me disant – y’a un concept !

Un – y’a de l’idée – m’aurait rassuré davantage. Nous ne fîmes pas affaire.

Tout ça pour en arriver au : concept de la plage dynamique pour ne pas dire aérodynamique.

J’explique donc aux novices ce qu’est, dans la bouche des crétins zélés et serviles
de l’administration publique, en cette novlangue chérie des managers et autres plagistes de la Startup nation, la notion du – concept de la plage dynamique. –

C’est une plage où tu peux marcher courir, jouer au volley, plonger, nager, sauter à cloche pied, à la corde, ramper, danser, faire la roue, la course en sac, la marche arrière, la danse de st Guy, bref à peu près tout ce que tu veux, sauf t’asseoir ou t’allonger, même en ayant la bougeotte. Une sorte de jeu de chaises musicales, sauf qu’à l’arrêt de la musique, tu continues de tourner en rond.

C’est spécial. C’est nouveau. C’est la tendance de l’été.

A cette notion extrêmement subtile de plage dynamique, il existe quelques variantes comme la plage quadrillée, encadrée, encerclée, dont le principe est de réserver dés maintenant un 2 M2, allée 125, option pâté de sable, dans le créneau horaire 11 H 50/13 H 45 le 24 juillet 2020.

Vérifie quand même la météo.

Il faudra bien reconnaître que question créativité, la gestion loufoque du covid_19 aura été un grand moment de révélation hilare. Entre la mise à distance assez douce et moelleuse à la japonaise,

et la mise sous cloche assez cloche et furieusement conviviale façon française,

selon que tu sois grand

ou petit,

De l’invitation policée à aller déconfiner ailleurs aux Invalides ou à te faire reconfiner
la tronche au carré à Barbes, une jolie palette de l’arbitraire et de la loi au faciès reconceptualisé, pour ne pas dire recontextualisé.

En attendant que dans ce siècle la moitié des plages aient disparues – et de se demander vu l’évolution si ce ne serait pas une bénédiction – programmons vite notre séance de bronzage avec ticket horodaté entre les doigts de pied en éventail, tout en respectant la juste distanciation sociale de 5 ananas coloniaux

  • – toi y’en a respecter la distance ananas ? – en fredonnant quelque tube estival indémodable…

...sur la plage déconfinée, coquillages et crustacés…

tgb

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Le pays du président qui n’aimait pas les enfants

Il était un pays où le président faisait peur aux enfants.

Ce président n’aimait pas les mômes. Il n’aimait pas les parents non plus. Faut dire que dans ce pays qui portait le drôle de nom de Startupnation, le président n’aimait personne…que lui.

Dans ce pays, le président préférait que les enfants soient tous habillés pareils, soient tous alignés pareils, saluent tous le drapeau pareils, soient tous à genoux pareils avec les mains tous pareils sûr la tête.

ça leur servait de leçon.

Dans ce pays où les enfants déjà tourmentés par un méchant virus n’avaient plus droits
ni à faire des câlins ni à en recevoir, devaient se tenir à distance les uns des autres,
se laver les mains cent fois, porter des masques et des gants, voir du microbe partout
sous le lit, dans le placard, dans l’assiette du copain, dans les bisous de maman…ces gamins devaient manger à la cantine enfermés dans de drôles de boîtes.

Pas drôles du tout.

Dans ce pays, à bien conditionner les enfants, d’étranges maîtresses ou maîtres compartimentaient les enfants, les enfermaient seuls dans leurs angoisses d’enfant, dans des cages mentales, des carrés pas du tout magiques, leurs apprenaient, les formataient, les conformaient à se méfier des autres.

Tourcoing dont le maire est le triste Darmanin

L’enfant grandissait avec cet horrible sentiment que l’autre enfant, l’autre adulte, le papa
autre, la maman autre, la mamie autre ou l’institutrice autre… était l’ennemi et le méchant.

Dans ce pays dont le président n’aimait pas les enfants et même pas les siens, vu qu’il n’en avait pas, il était bientôt question, de pister, pucer, tracer les enfants (et les parents aussi) pour mieux vérifier de ce que l’on appelait en mot savants, distanciation sociale, distanciation sanitaire.

Ainsi allait la pédagogie, l’infantilisation des grands, la programmation des petits.

Dans ce pays où le président n’aimait pas les enfants, ma gosse n’allait plus à l’école.
Car cette école n’avait rien d’une école.

Elle continuait son apprentissage et son école de vivre, à l’enfance de l’art.

Elle coloriait sur mon crâne un soleil bleu comme une orange.

tgb

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Du pareil au même…en pire !

Affreuses, affreux de l’heureux avènement du déconfinement assigné…

vous aurez bien noté…

avec finesse…

et attention…

que du monde d’hier…

au monde d’aujourd’hui…

voire de demain….

si plus rien n’est comme avant…

tout semble rigoureusement pareil…

du vert pisseux…

au vert de gris…

comme de la continuité…

dans le changement…

histoire de tout changer…

pour ne rien changer…

du pareil…

au même…

mais en pire…

jusqu’au retour joyeux…

du masque jaune…

vengeur…!

tgb

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Fond d’écran

En ces heures exquises qui sentent le renfermé, l’interview dématérialisée en téléportation permet non seulement de bénéficier encore des professionnels de l’expertise et de la profession des experts, mais encore de plus ou moins visiter leurs petits intérieurs en découvrant d’où ça parle.

Si quelques avertis ont appris à se méfier, en toute sémiologie, du fond des choses,
à pas se laisser trahir par le détail qui tue et à soigner leurs arrières, certains autres,
faut bien l’avouer partent carrément dans le décor, un poignard dans le dos :

quelques exemples et conseils pratiques :

La bibliothèque reste un incontournable. Bien que classique et peu originale, elle a le mérite de vous poser là, de faire de vous quelqu’un de cultivé, même si vous êtes un parfait ignare. Et sauf si, par mégarde, vous affichez l’oeuvre complète de Pascal Bruckner ou un Mein Kampf dédicacé, elle démontrera avantageusement, que vous ne passez pas votre temps à vous gratter les parties, vautré sur un sofa, en regardant « les Marseillais » (sic) mais que vous savez lire. Ce qui renforce sérieusement le côté expert.

Un chat passant à l’improviste devant la caméra complétera astucieusement le tableau.

Dans la tendance caritato-enfoirée, si vous tenez absolument à pousser de la mièvre chansonnette pour mieux souligner votre côté humanitaro-défiscalisé qui sautait pas aux yeux quand les soignants se faisaient massacrer et que vous n’en aviez manifestement rien à foutre, évitez d’afficher une cave de premiers crus, que ça décrédibilise un chouïa la commisération populaire.

De même, à votre heure patronnesse, tout à quêter de l’obole charitable pour nos nouveaux héros dans la tranchée, efforcez vous de planquer les dossiers Lazard frères,

que question bancaire et fraternité ça fait pas tellement marqué la Poste dessus.

Faute de goût. Faute d’inattention. La moindre erreur refoulée et soudainement jaillissante peut rapidement transformer l’opération marketing en désastre programmé à l’insu de votre plein gré.

L’image révélée de l’ordure fasciste et raciste de Riposte Laïque, Pierre Cassen, éructant devant son bar et soudain vous voilà tout accaparé par le niveau des bouteilles, tant on sait la prédominance de l’image sur le son, du non verbal sur le verbal, et de saisir dans les vomissures tout le prêt à penser comme un porc du pochtron démasqué.

Chez Gilles le Gendre vous remarquerez la nudité des choses et le clou du tableau préalablement décroché. Etait ce un portrait du monarque inversé, un billet de loto où tous les gagnants ont tenté leur chance et particulièrement madame…? En tout cas, cette saine prévention ne suffit évidemment pas à vous prémunir des facétieux,

la nature ayant horreur du vide.

Vous pouvez évidemment furieusement transgresser les codes et tel l’hyper audacieux Yannick Jadot,

parler de votre état intérieur à l’extérieur. Etant considérablement verte, cette créativité fulgurante vous fera poser devant un lierre donnant à votre parole creuse une touche subtilement végétalisée.

On peut néanmoins se demander si tant d’imagination oxygénée ne ferait pas un tantinet potiche.

Si le décor prend une importance démesurée dans le cadrage, l’angle d’attaque et de vision révèle également toute son importance dans sa vérité crue. La funeste contre plongée de madame Verdier Jouclas (LREM)

peut en effet, fort défavorablement accentuer le naufrage, à ne plus exactement savoir laquelle des deux croûtes regarder.

Pour conclure, rappelons qu’une image confinée fait toujours sens et que par exemple dans ce décryptage iconographique, un reportage du Nouvel Obs peut implicitement nous dire toute la médiocrité intestine du journalisme mainstream

et combien il doit au sanibroyeur.

La bibliothèque reste donc une valeur sûre, neutre et indémodable.


même si elle fait tapisserie

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La supérette Nation

C’était une supérette de quartier. Elle avait sa clientèle d’habitués. Son personnel dévoué. Ginette à la caisse. François le chef de rayon, Hubert à logistique, Kevin, le fils de Ginette, en renfort le samedi. On comptait pas forcément ses heures. ça tournait gentiment, en famille. On appelait les clients par leur nom, on parlait de la pluie du beau temps. Kevin portait les sacs des mamies, ça ne s’appelait pas encore livraison à domicile. Juste on rendait service. On dépannait.

Et puis elle fut racheté. Par un jeune type moderne. Diplômé en gestion. Expert de la fusion acquisition, avec tableaux Excel et power points en couleurs. Fort de son immense savoir et de sa vaste expérience (il avait travaillé six mois dans une multinationale ) et après audit implacable, il transforma l’épicerie pépère en Start Up Commissions.

Question rentabilité, rationalisation, réduction des coûts, il en connaissait un rayon. Question rayon et réapprovisionnement, il connaissait que dalle. N’empêche très vite il appliqua ses méthodes apprises à HEC : la disruption !

Flux tendu des stocks ; employés en auto entreprise ; travailleurs détachés avec statut polonais ; sans papiers sous payés ; externalisation du service nettoyage ; comptabilité sous traitée en Tunisie ; caisses automatiques sans plus de présence humaine. Zéro grève.

Ouverture 24/24 -7/7. Drive in.

On créa des postes de chef de caisse manager, de responsable de com’ manager, d’intendant manager, d’achalandeur manager. On challengea, on boosta, on supervisa ; on fit du reporting, du fooding, du marketing ; On créa le prix du meilleur salarié du mois.

On mit le paquet sur le département sécurité, dirigé par un super méchant à casquette. Objectif zéro délit. Zéro chèque sans provisions. Une politique du chiffre avec prime à la clef. Tous suspects. Les vigiles suréquipés pistaient les clients à la trace. Vidéo surveillance. Tracking. Puces intégrées aux caddies.

On recruta un responsable commercial. On décida de cibler une autre clientèle. On vira les papys, on dégoûta les mamies, on instaura un système de livraison à domicile payant. On fit venir les denrées du bout du monde, des carottes pas chères, calibrées, qui faisaient deux fois le tour de la planète, des steaks 100% français, étiquetés en Guyane, hachés en Ukraine, du boeuf abattu en Corée, élevé en Argentine…

On fixa des objectifs toujours plus. Plus de croissance. Plus de dividendes. Plus de rendement. Plus de rentabilité. Plus d’heures de travail. Plus de profits. Plus de quantité. Le tout avec toujours moins. Moins de protections sociales. Moins d’hygiène. Moins de pertes. Moins de normes. moins de goûts. Moins de personnel. Moins de qualité.

On fit des promos. On cassa les prix. On vendit la baguette 20 centimes de moins que chez la concurrence avec moitié moins de farine dedans.

Et puis vint la crise et la rupture des stocks. Plus de livraisons. Plus de farine. Plus de PQ pour les grosses commissions. Plus de riz ni de pâtes. On fit les fonds de frigos. On épuisa les réserves. On trafiqua les dates de péremption. Plus rien à vendre et plus personne pour acheter. Ne restait qu’une palette de pizzas aux ananas surgelées dont personne ne voulait. Même à prix sacrifiés.

3 pizzas offertes pour une pizza achetée.

On continua malgré tout a verser des dividendes, à augmenter le salaire mirobolant du super chef PDG manager. On pilla la boutique en trois semaines, on plia le commerce en un mois.

La start up Nation mit la clef sous la porte.

Une illustration brillante et réussie de disruption pragmatique.

TGB

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GA BU ZO MEU (2)

Nos amis Shadocks ne possèdent que 4 mots de vocabulaire. Ga. BU. ZO. MEU
Avec ce langage rudimentaire ils doivent tout penser, tout désigner, tout nommer et argumenter. 4 mots exclusivement, car leur mémoire ne possède pas plus de 4 cases pour tout compartimenter. Ainsi chaque nouvelle information acquise, conceptualisée par un nouveau terme, expulse automatiquement l’un des quatre mots de sa case. Ce qui n’augmente donc ni le nombre des connaissances ni les éléments sémantiques. Ainsi, pourquoi faire un effort considérable pour apprendre puisqu’en définitive le niveau d’érudition reste sensiblement le même.

Nos dévots, bigots du capitalisme libéré sont à l’identique. Ils ne possèdent pas plus de quatre éléments sémantiques : austérité, croissance, profit, dette ! et sont donc dans l’incapacité d’intégrer un concept supplémentaire sans perdre un de leur basique. C’est pourquoi par commodité ordinaire, confort intellectuel ou conformisme notable, ils ont définitivement décrété qu’hors de ce cadre point de vérité et qu’il n’était pas d’alternative possible.

Si on met de l’argent sur la santé il faudra en prendre à l’éducation – Christophe Barbier

C’est pourquoi après moult alertes et coups de semonce, après les catastrophes de Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima, ils ne changèrent rien à leur programme nucléaire ; après l’attentat du 11 septembre ils attaquèrent l’Irak qui n’avait rien à faire dans l’affaire, après le krach boursier de 2008 ils relancèrent de plus belle la bulle spéculative.

Ga BU ZO Meu

En ces jours de pandémie et de péril mondial inutile d’espérer donc quelque changement notable dans la marche du monde. Certes nos navigateurs à vue, nos bed managers en flux tendu tout à la réduction des coûts relocaliseront une entreprise de tests qu’ils inaugureront la veille d’élections, GA, stockeront quelques milliards de masques en rivalisant de surenchères lors de campagnes électorales, BU, donneront une breloque posthume par ci à un médecin mort au combat et une prime par là à une infirmière stakhanoviste, ZO, et affirmeront, fusil au pied pied au plancher avoir tout prévu, tout anticipé, présentant en sons et lumières la parfaite ligne Maginot qu’on ne les y prendrait plus.

Meu.

Sauf que comme ils sont cons, nuls, méchants, cupides, incompétents et dénués de toute imagination, le virus ne sera pas grippal mais informatique cette fois ci par exemple, fera par la force des choses apocalyptiques, 100 fois plus de victimes de par le monde et ayant économisés sur la sécurité nucléaire, les normes aéronautiques et autres protections technologiques, foutra une fois de plus tout le système par terre et nous avec, que ce sera encore notre faute d’avoir trop regardé les séries, trop joué au jeux vidéos et s’être trop pignolé sur des films pornos.

Car ces cons de chez cons, ces arrogants de la start up mon cul, ces suffisants du clergé libéral, ces ceusses qui savent tout et qui n’écoutent rien et nous expliquent la vie avec leur GA BU ZO MEU à 4 cases, n’apprennent rien, ne pigent rien et se contentent d’être ce qu’ils ont toujours été, des êtres supérieurs, supérieurement cons et parfaitement bons à rien.

  • le jour où tous les managers s’arrêteront, plus aucun powerpoint ne sera produit dans ce pays – (anonyme)

Ainsi l’imbécile de la gamelle dorée qui parle de revaloriser les petits métiers, infirmières, boulangers, pompiers, éboueurs, égoutiers, forestiers, aides à domicile…est un de ces nigauds dodus qui n’a pas bien pigé que ce sont précisément d’immenses professions vitales avec un vrai savoir faire, tandis qu’assis sur sa chaise à ergoter, il n’est lui même que le représentant des inutiles dont on peut se passer du jour au lendemain sans dommage et même avec un certain soulagement.

En attendant, et avant liquidation, l’oligarchie effondrée tout à l’effondrement, s’achète des îles en totale autarcie.

Je ne leur donne pas six mois pour en faire un cauchemar climatisé, un enfer nombriliste et un dépotoir inhabitable.

Franchement je ne les envie pas.

tgb

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Devine où j’suis ?

Devine où j’suis ?
Comment tu sais ?

ben oui, je confine, chez moi

à la guerre comme à la guerre…

d’ailleurs si tu as une attestation datée signée tu peux toujours venir confiner 15 jours, trois semaines à la maison, voire un mois…

n’amène rien non, même pas ton virus personnel, on a déjà le notre, viens les mains vides…avec des gants !

Sinon ça va. Des nouvelles de la rue Jean Robert 75018 ?

C’est calme !

Pour le peu que j’en vois. de chez mon pote Arsène, le meilleur punch de Paris, côté sud, au lavomatic en libre service, côté nord, la meilleure lessive je sais pas…

Pas plus d’horizon que ça.

Oui c’est calme : deux trois pigeons un peu désorientés, un rat qui ne prend même plus la peine de regarder à droite à gauche avant de traverser, un ou deux confinés de sortie…et au delà de mon monde et de mes perspectives, la chair à canon des caissières réquisitionnées du Franprix, sans protections

et les clients à la queue leu leu, les uns sur les autres, un masque sur le nez pour certains, qui ne sert à rien puisqu’on n’en a pas. Quand on en aura, il sera obligatoire et passible de 130 euros en cas d’omission.

Le PV management.

Bref, on a toujours tort, ils ont toujours raison.

Quand même la vie continue, les pauvres montent au front, les riches montent à cheval, les gueux font des incivilités, les riches du jogging et les privilèges sont bien gardés.

Rassure toi je ne vais pas tenir mon journal de confinement,

je laisse ça à ceux qui sont payés pour le faire. Tu reconnaitras quand même que les catastrophes finissent toujours par profiter aux mêmes, aux réfugiés pandémiques dans leur maison secondaire, à faire de l’import export de virus en week-end tout en visant le Goncourt du survivant.

Un confiné riche est un riche, un confiné pauvre est un confiné.

Tout changer pour que rien ne change ; après tout sera comme avant… en pire.

Le capitalisme n’apprend jamais rien. Il fait ce qu’il sait faire : du désastre, du profit, du profit sur le désastre.

Sinon oui, ici en bas, trois dealers sont d’astreinte. Bien équipés. Gants en latex, masques FFP2, gel hydroalcoolique, se passant de bouche en bouche un joint convivial.

Comme un léger déficit de pédagogie encore côté QG du chef de guerre.

Bon on attend 20 heures, le grand moment exutoire, où la foule aux balcons, quand y’en a, ovationnent les soldats des tranchées, les soignants, les pompiers, les éboueurs, les sacrifiés…tout ces gens chouchoutés par les maîtres de ce monde virulent, à coups de LBD dans les dents, juste avant.

C’est fraternel. C’est sympa. On découvre nos voisins d’en face. On se fait de petits signes complices. On fait communauté. ça défoule. On aime tellement ça qu’on envisage déjà la seconde rafale. Le concert de casseroles pour les cons qui nous gouvernent et nous passent à la poêle.

ça donne le tempo. ça sonne l’heure de l’apéro.

Mais voilà, moi qui suis casanier, un peu ours, agoraphobe même, voilà t’y pas que par esprit de contradiction surement, j’ai maintenant une folle envie d’espace, de montagnes, d’horizons, de vol libre…bref de partir loin, en courant, de voir du monde et le monde.

ça m’apprendra.

Mais je vais pas me plaindre. Je confine tranquille avec ma douce. On s’engueule pas plus que d’habitude. Même moins. Y’a juste que je suis privé de ma petite fille très loin. Paris 20ème. Et on a beau dire les câlins virtuels, c’est quand même vachement pixélisé.

N’empêche j’en profiterais bien pour écrire un chef d’oeuvre…mais j’ai pas d’idée, et puis je voudrais pas encombrer les librairies d’un roman de rentrée de plus sur mon nombril confiné.

ça, attendra.

La suite ? quand je le sens…

Sinon passez quand vous voulez : je bouge pas.

tgb

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