Mis en avant

dégâts des eaux

Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous.
Thomas Sankara

J’ai le plaisir de vous annoncer ce jour, la sortie de mon polar « dégâts des eaux ».

En version numérique (3,99 euros) ou papier (15,90 euros)

Dans toutes les librairies en ligne ici ou là

Et chez votre libraire préféré à la commande (compter 4 semaines)

ICI Super BONUS – 10 pages gratos sur 271, ce qui représente quand même 3,69% (environ) de l’oeuvre.

Bonne lecture

tgb

L’assassin était une bicyclette

Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. Guy Debord

Mais qui nous a foutu un climat pareil ?
Bordel !

Est ce que cette planète serait pas hyper mal conçue pour faire du business et du touché rectal de dividende ?

La preuve, les milliardaires quand ils ne s’enterrent pas déjà dans un bunker ont comme l’idée qu’ils pourraient bien aller foutre leur zone dans un autre galaxie.

Qu’il y a forcément du pognon à se faire.

Alors, si on peut plus tout saloper sans que le système solaire s’en mêle….

Toute la vanité du narcisse repu mais qui a toujours faim. Penser que l’univers n’est pas bien adapté à sa personne.

On parie donc que quand il aura consciencieusement éradiqué le vivant tout en se prenant la tête sur des histoires de prénom, le dernier con survivant spéculera encore sur sa mort.

On te voit Bernard.

Un peu comme ces vélos qui tuent…
savez les fameux vélos tueurs… `

C’est pas comme si, un gros camion qui pue leur roulaient pas dessus aux vélos tueurs.

Non, l’assassin était une bicyclette !

Dans le monde inversé de la pensée con et du dodu breveté, le chasseur est chassé, le robocop fragile du caillou

et la suppression du plan de sauvegarde de l’emploi sauve les emplois.

Toute la poésie novlangue du crétin power point, qui fait le poirier.

Dans ce monde renversé où la biodiversité est néfaste

faudra pas tellement s’étonner que ce soit les animaux (et sans rancune encore ) qui nous ramènent aux principes mêmes

d’humanité.

tgb

Mes émerveillements : 1) Le barboc !

Ben tu vois, on se fait une montagne de tout et finalement on oublie l’essentiel.

La parabole du barboc

Tu fais toute une histoire des absents, du manque, de l’été pourri, et puis, un rayon, un bout d’été et et de se faire un barboc.

à la cool…

De convoquer une tripotée de merguez avec du rosé glacé, de souffler sur les braises avec un éventail vietnamien (de préférence) de lever son verre à Hervé (par exemple)…

et hop la résurrection.

Salut-comment-tu-vas-on-te-croyait-mort-tu-bois-quoi ?

Et on y avait pas penser !

L’histoire ne dit pas s’il réapparait dans la fumée des grillades,dans une bouffée de ganja locale, à pied du côté du figuier, en imitant le cri de la mouette, ou en bagnole, ou directement sur la grille entre deux côtelettes (déjà tombées deux fois dans les cendres que ça m’énerve)…en tout cas y’a apparition..

Alleluia !

saucisses-ou-merguez?

Et d’un coup, en cette rentrée de lundi au soleil, de m’ouvrir les perspectives plutôt que les veines et de me faire une liste de revenants à inviter à dare dare…

A ma table !

tgb

Ecrire contre les prédateurs

Grande promo estivale

2 bouquins pour le prix de 2 : UNE AFFAIRE !


Bon, pour ceux qui n’auraient pas encore fait l’acquisition (j’ai les noms) de ce thriller politique à clefs…

C’est là ! (ou à commander chez votre libraire préféré).

Plus l’excellent ouvrage de Madani Alloua, mon copain de Politburo (private joke)

La GUERRE N’OUBLIE PERSONNE ou comment tout savoir (ou presque) sur la réalité de Vichy 41, en passant par la fiction.

Réjouissez vous, pour tout achat, cette magnifique paire de tongs waterproof,

ne vous sera pas offerte.

Sinon, mon conseil du jour, si vous séjournez à Lytton, ville canadienne assoiffée où il fait 49.6°C…

lisez à l’ombre !


tgb

Pas le physique

On a dit pas le physique. Discrimination. Préjugés. Cacophobie. Tout ça…
On a dit pas le physique. Trop facile. T’es qui pour t’ériger en arbitre des élégances ?
On a dit pas le physique. Depuis quand la politique est un concours de beauté ?
On a dit pas le physique. Les critères esthétiques étant totalement arbitraires, les canons de beauté étant parfaitement subjectifs, voire culturels, voire sociaux.

Et puis tu t’es vu quand t’as bu ?

On a dit pas le physique.

Et comme l’affirme René Char « Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas »

Et comme l’écrit Marcel Proust « Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination ! »

Oui d’accord. Oui, la beauté du laid à la gueule gainsbourienne, oui la grâce dans la belle disgrâce, oui quand dans le quintal assumé pointe la légèreté, oui quand dans la surcharge pondérale transpire son intelligence gironde.

Et d’abord quid du bellâtre lisse à 50 000 euros le budget coloriage ?
Quid du tout plié dans la soie qu’il est frais mon poisson relooké botoxé ?
Quid de la Lolita photoshopée à la beauté plexiglass ?

Bon pas le physique…
Mais quand même !

Quand on voit ça, cette brochette de têtes de cons à la pensée pure porc.
Quand on voit cette France rance, moche, moisie, sournoise, aigrie, frustrée, étriquée
dans la haine de soi vers la haine des autres. Quand on sent bien que tout ça respire pas vraiment l’intelligence, ni l’altruisme, ni l’ouverture d’esprit, ni l’imagination créative, ni l’épanouissement personnel…

Pas responsable de la tête qu’on a d’accord, mais au moins de la tête qu’on fait.

Et là on voit bien que c’est fermé de l’intérieur. Que l’extinction des feux c’est 24/24.
Que les neurones n’ont pas été aérés depuis la dernière lettre anonyme sous Pétain ou Darmanin. Qu’il y a plus de vivacité dans le regard d’un doryphore, plus de bienveillance dans un poteau tricolore. Que la finesse est en berne, que la générosité est en deuil, que l’esthétique est à chier.

De belles têtes de cons oui !
Des têtes à la Deschiens, sans une once de tendresse.
De la vraie beaufitude vraie, garantie non halal.

Et la beauté intérieure monsieur le donneur de leçon, monsieur loyal du maintien et des bonnes manières, hein la beauté intérieure ?

Ben oui la beauté intérieure bien sûr… mais normalement la beauté intérieure, si elle existe, elle devrait poindre sous la tronche de gros bourrin. Quasimodo et son humanité qui perce la monstruosité, Eléphant man et son – je ne suis pas un animal, je suis un humain comme les autres…-

Oui la beauté intérieure…

Et peut-être que madame « La FRance au francés » a de très beaux intestins.
Et peut-être que monsieur « Zemmour mon amour » à un gros colon séduisant…

Va savoir…

Question : la laideur rend elle con et méchant ???

ou ne serait ce pas l’inverse ?

Etre con et méchant rend il laid, vilain, hideux ?

A cette question sans réponse je répondrai provisoirement comme Robert Sabatier :

« Le racisme est une manière de déléguer à l’autre le dégoût qu’on a de soi-même. »

Et ça se voit !

La forme, c’est le fond qui remonte à la surface.

Donc,

Oui le physique !

tgb

Rigolez rigolez vous verrez…

Rigolez rigolez vous verrez…

Qu’elle nous avait balancé l’intendante du collège derrière ses lunettes austères, la mine toute flétrie, alors que nous, les pions au bout de la table du réfectoire, on se piquait un fou rire à propos de je ne sais trop quoi !

On était jeune et beau, on se fichait de tout dans l’arrogance de nos 20 ans, on avait toutes nos dents et tout l’avenir à bouffer, trousser, inventer, changer.

Rigolez rigolez vous verrez…

ça avait jeté un froid parce qu’on n’avait pas trop compris, ce que cette sinistre sentence, un brin menaçante, signifiait et ce qu’elle faisait là comme un cheveu dans notre mauvaise soupe de cantoche.

On s’était regardé perplexe et puis on était parti finir notre fou rire ailleurs.

On avait appris plus tard que la dame en question, avait perdu son mari d’une rupture d’anévrisme quelques années auparavant puis son fils victime de cette même fatalité.

Rigolez rigolez vous verrez…

On comprenait un peu mieux le contexte et comment les drames de cette dame l’avaient finalement aigrie et comment ses tragédies lui rendaient insupportables la légèreté d’autrui

Jusqu’à la maudire, se l’interdire presque.

Alors on a rigolé, rigolé et puis on a vu. On en a pris plein la gueule, on a perdu nos dents, nos cheveux, nos illusions, nos amis, nos amours, on s’est perdu de vue, on s’est perdu tout court…On est mort ici, on est mort là, on a enterré des gens, on s’est enterré avec, on s’est ressuscité quand même et on a continué de rigoler, rigoler et de voir venir, d’être léger dans la profondeur, d’être frondeur dans l’adversité, d’avoir l’intelligence du désespoir et l’ironie de la désespérance. On a rigolé encore, jaune, vert ou bleu, grincé, grimacé devant le néant, nez en l’air.

On n’a jamais empêché personne d’avoir 20 ans ni interdit le rire qui va avec.

Si je comprends parfaitement combien les drames humains peuvent lester les âmes et alourdir le coeur, je n’ excuserai jamais les censeurs de la vie, les accablés du destin, qui finissent par interdire toute insouciance et reprocher aux autres de respirer et d’y voir comme une provocation à leur renoncement.

La souffrance des uns ne doit rien infliger aux autres.

Avons nous encore le droit d’être déraisonnable au delà de toute raison ?

Alors oui aux Buttes Chaumont soudain, en pleine pandémie, en plein confinement, en pleine contrainte sanitaire, en pleine idéologie hygiéniste, des mômes se mirent à danser, comme l’on danse sur un volcan, comme l’on s’expose sous les bombes, comme on s’éclate sans y penser, comme on profite d’un spasme d’existence et d’une ivresse spontanée dans l’immortalité toute illusoire de ses 20 ans.

Ils s’en battaient les couilles !

Et soudain l’ordre moral de dégainer son « rigolez rigolez vous verrez… » et son arsenal juridique et sa chasse au cluster et sa morale bourgeoise de pique assiette en loucedé.

Je suis bien conscient que le Covid n’est pas là pour rigoler.
Je suis bien conscient qu’il est tous les jours des drames humains et des putains de tragédies.
Je suis assez lucide pour savoir qu’il est des précautions individuelles à prendre dans l’intérêt collectif.

Mais je sais aussi qu’on n’est pas sérieux quand on a 17 ans.
Qu’on ne doit pas être sérieux quand on a 17 ans.
Et que si on est sérieux quand on a 17 ans, c’est qu’on est macronard.
C’est qu’on est macromort. C’est qu’on est macrochiant et qu’on est macrovieux.

« Et qu’il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de ne rien en faire. »

Et je sais aussi que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle, derrière mon masque de zombi, (et quelque soit leur légitimité) contre les formules verrouillées, morbides et fatalistes des pisse froids, des affligés, des tartuffes, des anéantis et des morts vivants.

Rigolez rigolez vous verrez…

Vous ne verrez rien du tout, rien d’autre que l’écho de vos rires enlacés.
Vous ne verrez rien d’autre que le jaillissement du vivre malgré tout.

Rigolez rigolez vous verrez…

Qu’au delà de toute douleur, il vaut mieux rire de tout plutôt que de pleurer sur soi.

tgb

La becquée !

Samedi dernier, je fais la queue à ma boulangerie. Avec mon masque, dans la distanciation sociale physique réglementaire.

Soudain, une jeune fille derrière moi, genre étudiante, mal à l’aise, empruntée, un peu honteuse, me désigne les sandwichs alignés et me demande tout bas et maladroitement si je peux lui en acheter un. Elle est au bord des larmes. Elle demande sans vraiment oser demander. Sans insister. En s’excusant.

Ce n’est visiblement ni une petite nana défoncée au crack, ni une de ces petites mendiantes exploitées par un de ces réseaux du business charité, et d’ailleurs au fond qu’est ce que ça change ?

Je lui demande quel sandwich elle veut ?
D’une voix mal assurée elle me dit en chuchotant :

-… au jambon…
– avec fromage ? j’insiste…
…oui…– elle dit timidement, craignant d’abuser.

Elle est fuyante.

Je lui offre le sandwich, qu’elle prend en remerciant, à peine audible, les yeux baissés. Comme humiliée. Elle sort rapidement de la boutique.

A l’intérieur de la boulangerie, tout le monde est bouleversé. Le client suivant, très ému, me remercie. Le boulanger déclare mi accablé mi blasé : – ça fait de la peine. Il y en a plein comme elle. Ce monde est sans pitié –

En rentrant chez moi je me dis que j’aurais pu lui offrir un gâteau, une boisson en plus…

J’ouvre mon ordinateur, je tombe sur une déclaration d’ Elisabeth Borne, ministre du travail ; de gôche il va de soi, comme tout le démontre :

«  Ceux qui proposent un RSA jeune ne répondent pas à ce dont les jeunes ont besoin: gagner leur autonomie en accédant à l’emploi »

Voilà, la prochaine fois que je croise un jeune qui crève la dalle je lui répondrai ça, que ce dont il ou elle a besoin, ce n’est pas de recevoir « la becquée », c’est de gagner son autonomie en accédant à l’emploi !

ça lui remplira le ventre.

Inutile madame Borne de vous dire tout mon mépris.

Je sais que parfois la politique est un sale métier. J’ai la confirmation avec vous, qu’en plus, on peut le faire salement.

tgb

La cordée

Il y a bien des années, j’ai fait quelques courses en montagne avec mon père.
Une demi douzaine de 4000 sur les 82 sommets répertoriés dans les Alpes.

Non, pas le Mont Blanc.

Même à Paris, je garde le pied montagnard. Je reste savoyard.

Sur toute l’approche des sommets, dans la progression sur glaciers, ou ce qu’il en reste, on s’encorde. Le premier de cordée fait la trace, dans l’horizontalité ou la pente. Le principe en est simple, deux personnes ou plus, 8 maximum, s’ accrochent à une même corde pour sécuriser la progression, prévenir la chute, à corde tendue.

Le principe même de la solidarité.

Cette technique est là pour prévenir avant tout l’effondrement du pont de glace et se retrouver englouti par une crevasse ; d’éviter d’aller vers les sommets et de finir dans les abysses. Cette démarche, dans la marche, c’est surtout assurer celui qui fait la trace, qui prend le risque. C’est donc fort logiquement plutôt le second qui assure le premier.

Dans la verticalité c’est autre chose.

En rocher, l’ascension se fait en tirant des longueurs. Le premier ouvre la voie, sécurisé par le second, installe les points d’ancrage, (pitons, mousquetons, sangles…) assure le relais, là ou la corde coulisse, puis sécurise le second qui récupère le matos et ainsi de suite. Chacun, à tour de rôle, assurant la progression de l’autre et sa sécurité.

Dans une cordée dite réversible, le premier et le second sont parfaitement
interchangeables. Comme au paradis, le dernier devenant le premier et vice versa.
Ainsi celui qui progresse est assuré par celui qui est en point fixe en alternance jusqu’à la cime.

On peut y voir une métaphore.

Le premier de cordée n’est donc pas celui qui tire les autres. S’il ouvre la voie, équipe la parois, assure son groupe, il est aussi assuré, sécurisé par le groupe. Chacun étant ainsi responsable de l’autre en interdépendance.

On coopère.

Non, le premier de cordée n’est pas celui qui réussit, puisque le but de la cordée est précisément de réussir ensemble. De vivre et de survivre ensemble et même, dans la cruauté de la discipline, de mourir ensemble. L’un des encordés quand il dévisse, pouvant entrainer l’autre ou les autres dans sa chute.

On vit, on survit ensemble, ou on meurt ensemble.

Heureusement la cordée sauve bien plus qu’elle ne tue. Chacun sécurisé par l’un sécurisant l’autre.

Philippe Descamps

La seule réussite du premier de cordée, du guide, sur sa corde raide, c’est que les suivants de cordée dans leurs quêtes du sommet, en reviennent vivants ou survivants, vainqueurs ou pas du fascinant inutile.

tgb

Trêve des confineurs

Affr’euses, affr’eux, ceci est le billet 1000

tout rond.

Y’’en aura sans doute d’autres
à l’occase. de temps en temps
si j’ai quelque chose d’irrépressible à dire

sinon non.

Sur ces 1000 « posts » pas de quoi rougir
pas écrit trop de conneries durant ces 14 ans !

Fut une période, il y eut jusqu’à 1000 lecteurs par note
on tourne aujourd’hui plutôt à 200…

pas si mal…
à défaut de la quantité reste la qualité

Je ne vous souhaite rien de spécial pour 2021
ces temps-ci vaut mieux avoir le voeu économe
mais le coeur y est et la rage tout autant

et depuis que le masque a tout bien démasqué
c’est les yeux dans les yeux que ça se joue…

et allez comme disait l’excellent Jean Carmet


La seule arme qui m’intéresse c’est le

c’est notre LBD à nous…

à la votre…

tgb

Ce que je n’ai rien à dire

Il faut bien reconnaitre que depuis que ceux qui ont quelque chose à dire
s’autorisent à le dire on commence sérieusement à apprécier ceux qui n’ont
rien à dire et qui ont l’élégance de la fermer.

Ça nous fait des vacances.

Je n’exclus pas qu’il y ait des gens qui aient plein de choses essentielles à dire
et qui, par fatigue, ironie, paresse, ou jmenfoutisme se les gardent pour eux
tout en n’en pensant pas moins.

On a bien assez de livres à lire.

Ces temps-ci j’exècre particulièrement ceux qui beuglent sur tous les tons
et sur tous les plateaux (repas) qu’on ne peut plus rien dire

tout en le disant effroyablement.


Les – je suis Charlie – qui interdisent les – je suis pas Charlie – à l’ouvrir –
les MichelOnfrayMieuxDSeTaire…qui visiblement ont mis au goût du jour
le fait qu’il était de bon ton de péter à table par la bouche.

C’est vrai que ça manquait.

Tant d’années à se contraindre du refoulé fait indubitablement
que dès qu’ils l’ouvrent ça refoule sérieux du goulot.

Moi honnêtement je n’ai plus grand chose à dire. Mais j’en profite encore
pour le dire.

Ce que je voulais dire, je l’ai dit et pour résumer ça consistait essentiellement
à dire que le fascisme peut venir sous un forme cool et sympa, qu’il ne
klaxonne pas avec une petite moustache pour prévenir et que le
totalitarisme peut prendre bien des aspects, les mieux adaptés, les plus
séducteurs pour nous la mettre bien profond.

Ce que j’avais à dire et je l’ai dit 1000 fois c’est que le capitalisme
préfèrera toujours le fascisme à l’humanisme, Lepen à Mélenchon,
et que la bourgeoisie – et ce que j’entends par bourgeoisie c’est ce
gras confort à pas trop déranger les couches de crasse de la tête – a
toujours un macron de rechange qu’il déguise en fonction des
circonstances, des modes, des tendances et qu’il peut être féminin,
vert, métissé, homo, trans…qu’importe le genre ou le non genre tant qu’il reste
aux ordres et dans le cadre.

Tout à sa fabrication du produit, du profit et du consentement, le capitalisme détruira tout jusqu’au dernier arbre, spéculera sur tout, jusqu’à la dernière goutte d’eau, salopera tout jusqu’à à la dernière bouffée d’oxygène, marchandisera tout, jusqu’à l’amour, la mort et notre humanité, parce que telle est sa nature profonde et indécrottable.

Ce que j’avais à dire et que j’ai dit cent fois, c’est qu’aucun changement vital et radical ne se fera dans l’angélisme, avec des fleurs autour et que face à la violence sociale, policière, culturelle, médiatique, morale, et qui appelle, bien décomplexé de la gâchette, à tirer dans le tas, seule la violence populaire et légitime peut être redoutable.

Ce que je voulais dire et que j’ai dit dix fois c’est qu’aujourd’hui on peut
encore à peu près dire, tant qu’on n’est pas entendu, qu’on reste confidentiel
et que même ce confidentiel finira par être interdit sur les réseaux
sociaux, sera fliqué dans les rues, espionné au téléphone, filtré, fiché, algorithmé,


mais qu’on trouvera toujours une combine pour le dire parce qu’on peut pas s’empêcher et que de la contrainte nait la créativité et donc la liberté.

Ce que je voulais dire et je vais le dire une fois c’est qu’en tant que professionnel
de l’expression et de la prise de parole, durant 30 ans j’ai écouté, entendu des
gens parler, faire du bruit avec la bouche, ressasser du blabla, enfiler du souverain
poncif et du lieu commun, jusqu’à ce que parfois, dans ma somnolence,
mon oreille soudain se dresse à l’écorce d’une parole, à l’aspérité d’une pensée
même maladroite, même rudimentaire et qu’il n’y a que celle là qui me parle
encore.

Ce que je veux dire aussi, c’est – que le silence est un moment du langage ;
que se taire, ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore
…-

comme l’exprimait Jean-Paul Sartre qui aurait parfois mieux fait de se taire.

Enfin, ce que je tiens à dire ici, c’est qu’à force de nous confisquer
le langage, d’abuser la rhétorique et les images,

d’anéantir le lexique ou de le travestir, bref à force de nous désarmer les mots, il nous faut maintenant penser

à armer nos silences…

tgb