Dès que les martyrs s’endorment…je me réveille…

«Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe.

Je sais que je vais mourir, je sais que je livre une bataille perdue au présent, car elle est d’avenir.

Et je sais que la Palestine – sur la carte – est loin.

Et je sais que vous avez oublié mon nom dont vous avez falsifié la traduction.

Et tout cela je le sais.

Et c’est pourquoi je porte la Palestine sur vos boulevards, dans vos maisons, dans votre chambre à coucher.»

Mahmoud DARWICH


Son et lumière à Gaza

Depuis les hauts de Sdérot, on peut admirer les bombardements sur Gaza.

Oh la belle bleue ! oh la belle rouge ! oh la belle bombe phosphorescente ! oh le beau « dime » fluorescent ! d’applaudir et de s’esbaudir en famille les colons réjouis.

La mort comme un spectacle a ceci de particulier qu’elle arrive à ôter toute humanité au plus sensible des spectateurs, au plus éclairé des peuples, d’illustrer, comme le disait l’impayable Botul, « la barbarie à visage humain » ou le conceptualisait l’immense Hannah Arendt, » la banalité du mal ».

Depuis que dans ce monde renversé la norme est à exiger du dominé qu’il fasse des sacrifices, à la victime qu’elle se culpabilise, au faible qu’il rende les armes, il est de bon ton de s’excuser devant le dominant, de plaindre le bourreau, de défendre le fort.

Et tandis qu’à travers le paillasson qui nous sert de président, la France des lumières qu’elle a mis en veilleuse depuis belle lurette demande courtoisement à Israël de « faire preuve de mesure dans sa riposte » contre Gaza face aux tirs de roquette de la part du Hamas que « nous condamnons », bref de massacrer avec modération, notre ambassade offrira à Tel Aviv, en ce 14 juillet, un bal solidaire avec feu d’artifice qui ne jurera pas ou si peu dans les détonations ambiantes.

Tout à la gloire d’une armée à chasser le gibier dans un zoo, en l’occurrence ici une bande de 41 kms de long sur une largeur de 6 à 12 de large, sorte de souricière à 4672 habitant au km2, on peut toujours arguer subtilement que le Hamas utilise sa population comme bouclier humain plutôt que de la laisser se réfugier dans des montagnes virtuelles.

On n’est quand même pas à un petit foutage de gueule près.

Oui, pour ces salauds de pauvres, pour ces enfoirées de victimes, pour ces bébés terroristes, dans cette énorme arnaque de l’escroquerie humanitaire et des droits de l’homme quand ça m’arrange :

the show must go on !

tgb

Barbok solférinien

 J’aime beaucoup cette photo.

Elle incarne parfaitement le génie français de l’innovation, alliant harmonieusement démerde et usine à gaz, dans un choc de simplification toute solférinienne pour une meilleure compétitivité.

Oui, trop de normes écologiques, sociales et sécuritaires nuisent forcément à la productivité.

Libérer la croissance c’est faciliter les initiatives, l’entrepreneuriat et la mise en concurrence libre et non faussée.

Cette photo illustre à merveille le sens tout en équilibre de la synthèse hollandaise, résistant à la surenchère syndicale tout en cédant avec mesure à la surenchère patronale dans le cadre d’une conférence sociale où la CFDT toujours prévenante fournit le sparadrap.

Dans cette exaltante perspective de dérégulation générale, misons avec confiance sur la responsabilisation des acteurs économiques, privatisons rail et nucléaire pour plus de performances et de profits à la Bretigny, repoussons à la Saint François toute avancée sociale, sous les injonctions d’un Pierre Gattaz qui sur la question de la pénibilité en connaît un rayon.

On sent intuitivement, avec le dynamique Valls souhaitant « sortir la France de ses blocages » et à la vue de cette photo emblématique, que le laboratoire gouvernemental du pragmatisme libéral à la Manu, ne peut que réussir.

tgb

Protégeons nos jeunes délinquants !

On le sait depuis Victor Hugo, ouvrir une école c’est fermer une prison. Car si l’école est le meilleur chemin vers l’émancipation, la prison est indéniablement l’école du vice et du crime.

Mettre un honnête petit délinquant, dealer, casseur, voleur de scooter à l’ombre et c’est le risque évident de le voir côtoyer un homme politique véreux et multirécidiviste, une de ces racailles en col blanc, un de ces caïds politicards et qu’il subisse sa mauvaise influence.

Un jeune plus ou moins puceau de l’arnaque qui rentre en prison, c’est la garantie qu’il ressortira corrompu jusqu’à la moelle, ayant appris auprès d’un de ces caïds de l’UMP (par exemple) le conflit d’intérêt, la corruption, la fausse facture, la double comptabilité, l’enrichissement personnel, le détournement de fonds, la rétrocommission aux îles Caïman, le trucage d’élections, l’emploi fictif… toute une panoplie de crimes et délits qu’en toute candeur, il ignorait auparavant.

Embastiller un jeune shiteux, c’est l’assurance de le voir perverti par des gens aussi pernicieux et nuisibles que Bernard Tapie, et, on peut rêver, Sarkozy, Balkany, Copé, Guéant, Balladur… ces « coupables » du gang des Hauts de Seine, et dés le quinquennat suivant, avec l’émergence des prochaines affaires, la certitude de croiser des gens de la pègre socio-libérale aussi peu recommandables et néfastes que Valls, Hollande, Moscovici, le Guen ou Cahuzac…

C’est pourquoi plutôt qu’une politique sécuritaire tout carcéral, plutôt que de criminaliser le petit délit en abaissant même la majorité pénale à 16ans, nous recommandons au contraire de favoriser les peines alternatives afin que notre jeunesse délinquante échappe au communautarisme politique et ne finisse pas en élu professionnel menteur tricheur et tout vérolé de l’écharpe tricolore.

Son unique chance de rédemption.

tgb

Manu, ventriloque !

Ainsi donc, d’après notre ventriloque premier ministre qui fait dans la prosopopée, « Jean Jaures aurait voté le pacte de responsabilité ».

C’est bien aimable à lui !

Notre médecin légiste de la politique droitière donc, fait non seulement parler les morts, sorte d’autopsie du cadavre historique, mais de plus les fait agir…

Bref, fait dans la rhétorique de cimetière.

Il est vrai que quand on est furieusement libéral et atlantiste, s’approprier une figure de gauche décomposée, la faire parler et agir à sa place n’a que des avantages : non seulement elle ne risque pas d’ouvrir sa gueule et de porter la contradiction, mais en plus elle permet de s’offrir un argument d’autorité gratos et un petit vernis socialiste à peu de frais.

Il faut dire que le pantin Valls aime se faire manucurer la mimine gauche tandis que sa main droite nous vient dans la tronche.

A ce jeu-là et vu l’état de la culture historique en ce pays on aurait tort de se gêner et de ne pas soutenir que Martin Luther King ou Mandela auraient voté Jean-Marine Lepen, que Gandhi aurait validé les guerres d’Irak de Libye de Syrie et tutti quanti, que Léon Blum aurait porté la retraite à 70 ans et pris sa carte à la CFDT, tandis que De Gaulle aurait signé direct le traité transatlantique en embrassant les ricains sur la bouche alors que Chavez votait Flanby sans même le démouler en 2017.

Mais quitte à s’approprier les morts, on peut aussi bien, à l’inverse, s’accaparer les vivants et jurer que Valls aurait rejoint Franco durant la guerre d’Espagne, que Sapin aurait collaboré avec les nazis en 40 et que François Hollande aurait fait une politique de gauche en France si un Geerd France avait été élu en Hollande.

Bref, si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle.

Surfer sur les âmes de nos héros, instrumentaliser à coups de scalpel médiatique, Jeanne d’Arc, Jean Moulin ou Guy Moquet, faire de la tambouille historique, de « la guerre c’est la paix » et de la novlangue pour les nuls, permet à nos politiques charognards de vendre leurs fadaises tout en dévalorisant tout et en nourrissant allègrement le grand n’importenawak.

Quitte à être gouverné par des morts vivants en pleine pourriture pourquoi ne pas installer directement le gouvernement au panthéon.

Aux grand hommes la patrie reconnaissante, aux petits, la patrie méprisante !

tgb

Libérez les otages !

Ainsi, allant passer quelques jours dans mes montagnes, je fus pris en otage par la pire espèce de la talibanie syndicaliste ferroviaire sudécégétiste, expliquant mon silence forcé de dix jours.

Pour dire mon calvaire, mon TGV fut avancé d’une heure, je dus voyager ensuite sans même de voisin pour converser dans la convivialité, ce qui m’obligea à m’étaler généreusement sur la banquette sans être contrôlé de tout le trajet.

Un véritable cauchemar.

Durant les 10 jours de ma terrible détention, on m’obligea à aller en moto à la plage, je fus contraint également de me rendre chez des potes bouffer des merguez sournoisement épicées, je dus regarder intégralement plusieurs matchs de foot avachi dans un canapé, dont un indigeste Iran Argentine, enfin on me conseilla avec insistance de réaliser aux aurores (9H 30) certains travaux de jardinage sous un soleil pas encore accablant mais presque.

Des conditions de vie affreusement éprouvantes tant physiquement que psychologiquement.

Oui durant près de dix jours tout comme moi la France fut prise en otage, comme le dénonce avec pertinence et modération « Valeurs actuelles » qui ne prend pas ses lecteurs en otage mais pour des cons et réussit à extorquer à l’état chaque année une rançon de près d’un million d’euros pour mieux lui cracher à la gueule son assistanat.

Oui durant 10 jours le pays fut littéralement livré à de dangereux terroristes de la fonction publique, de purs cheminots djihadistes luttant sauvagement et à leurs frais pour sauver les derniers lambeaux d’intérêts général dans cette fatalité fabriquée à coups de sondages et de micros trottoirs d’une privatisation aussi inéluctable que forcément populaire.

Populaire oui, vu que tout le monde sait bien et les témoignages télévisés en témoignent ainsi que la CFDT représentative du PS autant dire de personne, que la concurrence fait baisser les prix, voir l’eau, le gaz et l’électricité par exemple et la compétitivité améliore largement la sécurité, voir le rail anglais ou le nucléaire japonais.

Bref donc, après dix jours d’un confinement douloureux, je fus enfin libéré sans même être accueilli gare de Lyon par le président en grandes pompes accompagné d’ une horde de journalistes d’info continue à scruter le vide du rien dans la perspective fuyante des voies ferrées.

Ainsi puis-je participer au retour en grâce médiatique de la racaille du black blanc beur footeux à brailler de la marseillaise, tout en bouffant de la pizza tricolore.

Dernière minute, on m’apprend que des feignants de la précarité dont je suis, des privilégiés de l’intermittence et du spectacle crève la dalle s’apprêtent eux aussi à prendre les festivals de l’estival en otage pour défendre leur statut et celui des salariés précaires à savoir quasi tout le monde aujourd’hui ?

Fumiers de fanatiques de la bobo bohème qui veulent empêcher madame joli Valls de jouer avec sensibilité du joli crincrin au bon monsieur Gattaz.

tgb

François Hollande vise les 3%

On dira ce qu’on voudra de notre président lambda, au-delà des moqueries faciles et des multiples sarcasmes, n’empêche, peut-être sera t’il en mesure tout simplement d’atteindre les critères de convergence des 3% avant la fin de son mandat.

En effet et malgré toutes nos préventions, on ne peut qu’apprécier le chemin parcouru en deux ans et la performance remarquable due à une constante persévérance, à savoir, passer d’un préoccupant 61% en mai 2012 à un 15% plus qu’honorable aujourd’hui.

Si, dans un effort soutenu et inflexible, François Hollande parvient à perdre 1 point chaque mois, et c’est largement à sa portée, il devrait atteindre le seuil admirable et fatidique des 3% en moins d’un an et gagner son pari haut la main à la grande satisfaction de Bruxelles.

Galvanisé par ce succès impressionnant, Michel Sapin encore plus ambitieux envisage même maintenant la possibilité d’un 1% dans l’année. Ce qui serait tout simplement un record inégalé en Europe, puisque même le Pasok de Papandréou dans le chaos Grec et avec la meilleure mauvaise volonté du monde, n’atteint qu’un encourageant mais laborieux 8% aujourd’hui.

Il faut évidemment reconnaître à François Hollande que tout à son objectif, il sait s’en donner les moyens et mettre les bouchées double.

Par exemple cette semaine, la nomination de Jacques Toubon comme défenseur des droits, ou celle de la banquière ultra libérale Laurence Boone comme conseillère économique à l’Elysée.

Ainsi également que ce plan stratégique génial en trois étapes :

1 – Je baisse les cotisations charges sociales des entreprises

2 – Je constate holalala quelle surprise !!! que le trou de la sécu s’aggrave

3 – J’en propose une privatisation partielle puis totale avec mes amis du Medef

où plus subtil encore avec ses alliés de la CFDT, la signature de ce genre d’accord à la novlangue d’une remarquable pureté :

ou encore, constatant l’inefficacité d’une SNCF scindée en deux sociétés concurrentes, le projet de les réunifier en trois structures distinctes, (fallait y penser) provoquant immédiatement une grève des transports avec prise d’otages.

Oui gageons qu’avec tous ces admirables efforts et cette fascinante inventivité, dans cette vison globale au long cours qui est la marque indéniable de François Hollande, il se pourrait bien que le président réalise son objectif des 3% et même tout à son optimisme obstiné celui admirable du 1%.

Le 0% idéal, même pour un perfectionniste de sa dimension n’étant hélas pas de ce monde.

Respect !

tgb

Libé est mort, qu’il crève !

Pour échapper une seconde à l’instant t de l’heure h du jour J rebaptisé DDAY depuis que ‘libérés’ nous sommes devenus une sous colonie de l’empire, intéressons nous au journal « libération » plus connu sous son charmant diminutif « libé » qui a cessé de me noircir les doigts quotidiennement depuis que le pique-assiette de la chronique formaté, le préhistorique Duhamel y diffuse ses fadaises.

Autant dire que ça fait un bail.

Bref si nous apprenons par ce triste torche-cul indigné scandalisé outragé …que Philippe Martel, chef de cabinet de Jean-Marine Lepen veut « attaquer à mort les journalistes » tout en dressant des listes noires, il me paraît judicieux de revenir sur une péripétie de la campagne électorale de ma compagne se présentant pour le front de gauche dans le 18éme arrondissement de Paris aux dernières municipales.

Entre autre adversaires, Danièle Atala affrontait le candidat de dernière minute et de rechange du FN, le précédant ayant jeté l’éponge, un certain Philippe Martel.

Comme quoi y’a des coïncidences dans la vie.

Ce « candidat fictif » ne mit quasiment pas un doigt de pied dans l’arrondissement, se contentant d’une conférence de presse express dans un bistrot, puis les 10 derniers jours, d’un affichage massif. Affiches que j’eus l’honneur plusieurs petits matins à l’aube de dégager à la truelle avant que de rentrer me recoucher dégoulinant de colle.

Résultat des courses : le FDG finissait par devancer le FN d’une courte tête certes, mais fort symbolique en notre arrondissement métissé.

Nonobstant durant la campagne, quelle ne fut pas notre surprise de voir fleurir en 4éme de couverture du torchon à l’agonie susnommé, le portrait de l’arlésienne de la candidature, Martel, lui donnant un relatif coup de pouce et de projecteur passager.

Pas un portrait assassin ou critique non non, un portrait quasi élogieux, voire hagiographique signé par une certaine Charlotte Rotman d’une délicate complaisance qui ne risque pas de figurer sur quelque liste noire mais bien plus probablement sur le carton d’invitation du carré VIP de la fille à son père.

Bref, libé promo du facho les jours pairs pour mieux en dénoncer les jours impairs ; toute la saloperie concentrée dans ce triste constat : libé est définitivement un journal collabo que seuls quelques attardés mentaux croient encore gauchisant.

Il n’y avait plus guère qu’une seule raison de lire encore ce canard de merde, le papier hebdomadaire de l’impeccable Pierre Marcelle : sa censure récurrente règle définitivement l’affaire.

Libé est mort, qu’il crève !

tgb

Tout ça pour ça (2)!

Si pour Fabius et donc pour la France, le scrutin en Syrie est « une farce tragique » en revanche il va de soi que l’élection de Sissi impératrice en Egypte à 95% de pure matière démocratique mérite que « la France lui souhaite du succès dans l’accomplissement de sa haute mission ».

Selon donc que vous serez fils de pute ou fils de pute, le gouvernement français toujours soucieux de ses valeurs humanistes et accessoirement atlantistes vous traitera en ami ou ennemi, en gentil ou méchant, selon la vision tout en nuances des humanitaires de chez Mickey corporate.

C’est d’ailleurs ce que vous apprendrez en lisant la soupe mainstream avec de gros morceaux de propagande dedans, selon que vous cherchez à être gavé comme une oie de référence, ici ou , ou que vous cherchez à vous informer en toute indépendance ici et là.

On notera comme un grand écart.

Et selon que vous envisagerez le chaos en Syrie façon jeune con de djihadiste azimuté allant mourir pour quelque milliardaire saoudien et qatari ou assassinant du « juif » à l’occasion, en confortant pour le plus grand plaisir de nos chers néo-cons le choc de civilisation, ou façon Fabius, sous un tapis de bombes civilisatrices, vous serez fils de pute ami ou fils de pute ennemi.

        Viktor Ianoukovitch ancien président, Petro Porochenko nouveau président

                  Les dupont dupond de l’oligarchie

Au passage on peut signaler qu’en ce qui concerne l’Ukraine vous serez toujours mieux affranchi par un type tout seul s’en tenant laborieusement aux faits, plutôt que par l’ensemble des merdias réunis à torcher du torchon.

Donc tout ça pour ça !

D’un oligarque l’autre, d’un milliardaire fils de pute pro russe à un milliardaire fils de pute pro occidental, du pharaon fils de pute Moubarak au pharaon fils de pute Sissi, et question sandwich, de jeunes révolutionnaires au milieu pris pour des jambons.

Il se pourrait bien que le monde libre et non faussé, à force d’exporter de la démocratie phosphorée et à géométrie variable finisse un tantinet par mettre les boules au reste du monde et fasse regretter à quelque peuple martyr, libyen, irakien, soudanais…leurs funestes autocrates.

Tyrans certes, mais au moins les leurs.

Si l’élection n’est pas une solution

Si la révolution n’est pas une solution

Si le terrorisme n’est pas une solution

Ne reste guère comme alternative que le pètage de plomb

ou l’interdiction du linge aux fenêtres.

On appréciera les brillantes perspectives.

Et tandis qu’Hollandréou pour s’occuper les doigts fait du joli coloriage sur la carte de France, l’express entre deux unes purulentes, dans un moment d’égarement, lance une pétition pour donner l’asile politique à Snowden.

Toujours vigilent heureusement, l’hispano suisse Valls, nous rassure de suite en nous faisant savoir que la France n’a quand même pas vocation à accueillir toute la misère de la liberté d’expression du monde.

Manquerait plus qu’on mène une politique indépendante et humaniste, même par inadvertance nom de nom.

Et donc, pour nous remercier de nos services rendus et de notre servile reptation, voilà que le patron nous envoie la facture. 10 milliards de dollars, même pour la BNP ça fait un peu cher de la rançon, mais pour un pays masochiste comme le notre, qui s’apprête à signer avec enthousiasme le grand marché transatlantique, c’est justement ça qu’est bon.

L’histoire ne dit pas si ça fait marrer Kerviel du fond de sa cellule.

tgb

En attendant Godot !

 

« A-t-on des nouvelles de monsieur de Lapérouse ? » s’enquérait encore Louis XVI, quelques instants avant d’être conduit à l’échafaud, le 21 janvier 1793, obsédé qu’il était par l’expédition maritime du capitaine de vaisseau à jamais disparu.

Il ne risquait pas d’en avoir. Ni de l’Astrobale, ni de la Boussole.

« A-t-on des nouvelles de la courbe du chômage ? » pourrait être la dernière phrase de Flanby en boucle quelques secondes avant d’être jeté dans les poubelles de l’histoire tant il semble obnubilé par les statistiques de l’emploi et prêt à tout y compris à dévaster ce qui fait la cohésion sociale de ce pays pour la ramollir.

Comme si, toute la politique française et toutes ses perspectives ne devaient se réduire qu’à ça et justifier tous les reniements, tous les renoncements et toutes les trahisons.

Dix fois Louis XVI eut pu sauver sa tête et infléchir le cours de l’histoire. Dix fois il eut l’opportunité de changer son mode de pensée et de raisonnement, d’appréhender autrement les évènements, de se réconcilier avec l’histoire. Sauf qu’il était tout simplement incapable de par sa programmation, son éducation, son conformisme, d’imaginer une autre forme de pouvoir, une alternative.

Dix fois, cent fois, Flanby 1er et ultime, eut la possibilité de bouger les lignes, d’écouter autrement, de penser et d’agir contre lui-même mais avec le pays, d’entendre et de réajuster. Dix fois, cent fois, il eut l’occasion de prendre en compte les signes annonciateurs du désastre, les alarmes hurlantes qui s’élevaient du territoire, d’y répondre enfin et de proposer un véritable projet, un vrai défi, un avenir à ce pays.

Il n’en aura rien fait que d’attendre Godot.

Il n’en avait ni la souplesse intellectuelle, ni les capacités psychologiques, pas plus l’intelligence de la situation, que les ressources créatives et surtout pas l’envergure. Il n’y a pas l’ombre d’une audace chez cet homme normal, formaté, pas la moindre dimension transgressive, aucune démesure.

Il est le bon élève studieux, consciencieux et chiant jusqu’à l’absurde.

C’est un perdant d’avance.

A ce stade de blocage mental, d’idée fixe maniaque, on peut parler d’une forme de pathologie, de psychose, d’une construction mentale figée et d’étroitesse d’esprit.

Hollande le centré, est incapable de changer d’angle ou de se décaler. Aussi limité que psychorigide. Qu’au prix d’une obsession et d’une même méthode comptable, il soit prêt à mettre le pays à feu et à sang par obstination et vanité souligne dangereusement ce manque de vision coupable.

Que la courbe du chômage augmente ou s’inverse n’est maintenant plus le problème. A coups de centaines de milliers de radiations et de milliards bradés au patronat, il finira bien par y avoir comme un vague reflux, histoire de faire coïncider la réalité à la théorie. Mais qu’importe, quand on réduit un pays à une asymptote sans lui donner plus de destin et sans autre ambition transcendée alors on sait déjà que le vaisseau va sombrer.

Oui il y a un évident cousinage entre Flanby et Louis XVI. Ni mauvais bougres, ni tyrans, faisant de leur mieux, laborieusement. Mais comme Louis XVI, Hollande est simplement trop petit pour un destin trop grand.

« A-t-on des nouvelles de monsieur de Lapérouse ? »

– Oui monsieur, on en a : il est par 15 mètres de fond.

tgb