La revanche de Geronimo

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Quand la vigie de la Santa-Maria dans la nuit du 12 octobre 1492 à 2H15 cria ‘terre’ un grand malheur s’abattit sur le monde :
Christophe Colomb découvrait l’Amérique (les Caraïbes surtout)
Et les Indiens, le génocide.
Pas du gagnant – gagnant, à priori
Mais d’abord Colomb ne découvrait rien du tout.
D’abord parce que ce continent était répertorié, cartographié depuis l’Antiquité (géographie de Ptolémée). Ensuite parce qu’au moyen age, pendant que nous pensions encore que la terre était ronde, les Vikings, les Chinois y étaient passés bien avant nous sans en faire un fromage.
Enfin l’Amérique, et on retrouve bien là l’ethnocentrisme nombriliste de l’homme blanc enfariné, existait bien avant Colomb et c’est surtout les Amérindiens et leur culture millénaire qui découvraient Colomb et ses mousquetons.
Ils les sentirent passer.
Le visage pâle, représentant évidemment le nec plus ultra de la civilisation, cette civilisation supérieure aux autres, chère à Berlusconi (il n’y a qu’à voir ses programmes télés pour s’en convaincre) fit connaître à l’indigène et en formation accélérée, la couverture infectée de vérole et de tuberculose, le scalpe, la famine, le génocide culturel, l’esclavagisme, une lente et minutieuse extermination et plus tard, des notions aussi abstraites et sexy que la croissance, l’indice boursier ou le benchmarking. Enfin et pour preuve évidente de notre culture sophistiquée, l’obésité, l’ouvre boîte électrique et la carte Américan express.
Ils apprirent aussi à l’autochtone ignare et nomade ; la sédentarité, la propriété privée, la ruée vers l’or, l’alcoolisme…
A ce peuple collectif et solidaire ; l’individualisme, la compétitivité, l’égoïsme, la spéculation …
Et des sentiments aussi nobles que la cupidité, la vénalité et l’avidité pour bien surexploiter, surconsommer et sur-gaspiller à en épuiser la planète.
Le toujours plus…
Plus de mayonnaise, plus de frittes, plus de coca, plus de ketch up, plus de super super géant, plus de méga menu XXL. Plus de tout et tout de suite.
Le barbare en resta comme deux ronds de cheeseburger et disparut.
Avant l’homme blanc : huit millions d’indiens et 60 millions de bisons.
Apres : quelques milliers d’indiens et 23 bisons (10 000 aujourd’hui)
Depuis que la voix du chamane et le son du tam-tam se sont tus, mon sentiment profond est que l’humanité s’est trompée de civilisation et a choisi l’autodestruction plutôt que l’harmonie.
Sans idéaliser le mythe du bon sauvage (j’ai lu Lévy Strauss, faut pas croire) ou me laisser aller à l’utopie du paradis perdu et sans culpabilité inutile (pas désespérer ce pauvre Bruckner….) je suis convaincu qu’une forme de douce autarcie, de sage autosuffisance et d’écologie sereine s’est perdue en route. Et je suis en manque.
Mais dans ce monde Hollywoodien si subtilement découpé en deux catégories : les bons et les méchants, raisonnons binaire, raisonnons Cow-boys et Indiens.
En France aujourd’hui les Indiens tiennent les murs des cités, s’appellent Mouloud et fument le calumet de la castagne avant de se faire matraquer par les tonfas des cow-boys qui défendent le haut du pavé.
C’est-à-dire nous.
En Irak, les Indiens arabes servent d’ennemi à un peuple de cow-boys ayant un irrépressible besoin de se prouver qu’ils sont des héros.
En Israël, les juifs, après avoir été les Indiens exterminés des nazis se muent en cow-boys enragés des palestiniens.
On peut avoir été indien et devenir cow-boy, simple affaire de pouvoir et de bombes à fragmentation. On est tous finalement le cow-boy de l’un et l’Indien de l’autre.
Mais les véritables Indiens restent d’Amérique et o miracle, Geronimo est de retour.
Non seulement dans le visage cuivré d’Evo Morales et de son pull made in Bolivie mais d’une manière générale, partout en Amérique du sud au nord comme en Oklahoma par exemple.
Les Seminoles, peuple de guerriers insoumis et jamais vaincu ( ils n’ont jamais signé de traité de paix qui ne leur a d’ailleurs jamais été proposé) sortent de leur réserve.
Ce peuple, réduit à quelques centaines d’individus au début du XXe siècle et aujourd’hui fort de 10 000 âmes est en pleine renaissance.
Renaissance, grâce à la manne des 400 casinos disséminés dans 28 états d’Amérique.
Manne plus efficace que toutes les aides sociales et l’assistanat infantilisant.
Efficace car gérée collectivement et redistribuée à la communauté dans des projets sanitaires et éducatifs.
Les Seminoles donc, viennent de racheter la chaîne des ‘Hard Rock Café’ ; 124 établissements de par le monde et pour une fois voilà une OPA qui remplit de joie mon tipi parisien.
Je vous rappelle quand même pour plomber l’ambiance (faudrait pas exagérer) que le prisonnier politique Léonard Peltier, militant du American Indian Movement, accusé du meurtre de deux agents du FBI, clame son innocence dans les geôles Yankee depuis 1977.
Un pow wow en son nom….
tgb


Petit plus : un texte à la fois poétique et prophétique du chef indien Seattle à conseiller d’urgence à Nicolas.


Hulot pas l’autre…


Nous sommes peut-être Frères


Paroles du chef Seattle :


Le Grand Chef Blanc, à Washington, nous salue avec de l’amitié et de la bonne volonté. Ceci est gentil de sa part, car nous savons qu’il n’a pas besoin de la nôtre d’amitié.
Il nous fait savoir qu’il veut acheter notre terre et nous laisser une réserve pour y vivre sans encombre.
Cette offre paraît juste et même généreuse, car l’Homme Rouge n’a plus de droits à faire valoir face à l’Homme blanc qui peut venir avec ses fusils.
Mais, comment pouvez vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange.
Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment pouvez-vous les acheter ?
Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.
Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’Homme Rouge.
Les morts des Hommes Blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils s’en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’Homme Rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos soeurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme : tous appartiennent à la même famille.
Aussi, lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous.
Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon à ce que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considèrerons, donc, votre offre d’acheter notre terre, mais ce ne sera pas facile.
Car cette terre nous est sacrée.
L’eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres.
Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée, et vous devez apprendre à vos enfants qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’évènements et de souvenirs dans la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos soeurs : elles étanchent notre soif, portent nos canoës et nourissent nos enfants.
Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler, et enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos soeurs, et les vôtres, et vous devrez alors montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une soeur.
Nous savons que l’Homme Blanc ne comprend pas nos moeurs.
Pour lui, une parcelle de terre ressemble à la suivante car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur, mais son ennemie, et, lorsqu’il l’a conquise, épuisée, il va plus loin. Il abandonne même la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux, et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli.
Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes.
Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.
Nos moeurs sont différentes des vôtres.
La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’Homme Rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’Homme Rouge est un sauvage et ne comprends pas.
Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’Homme Blanc. Nul endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte.
Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas ?
Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t’il a vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ?
Je suis un Homme Rouge et ne comprends pas.
L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant comme une flèche à la surface d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.
L’air est précieux à l’Homme Rouge, car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle.
L’Homme Blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire :
comme s’il mettait plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, qu’il partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre.
Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devrez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’Homme Blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.
Nous considèrerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidions de l’accepter, j’y mettrais une condition : l’Homme Blanc devra traiter les animaux de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et ne connais pas d’autre façon de vivre.
J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’Homme Blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous tuons, nous, uniquement pour subsister.
Qu’est ce que l’homme sans les bêtes ?
Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme.
Toutes les choses se tiennent.
Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race.
Enseignez à vos enfants ce que nous avons toujours enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.
Nous savons au moins ceci : l’homme appartient à la terre.
Cela nous le savons.
Toutes les choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille.
Toutes les choses se tiennent et tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.
Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.
Même l’Homme Blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune.
Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien.
Il y a une chose que nous savons et que l’Homme Blanc découvrira peut-être un jour : c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre : mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’Homme, et sa pitié est égale pour l’Homme Rouge et le Blanc.
Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre c’est accabler de mépris son créateur.
Les Blancs aussi disparaîtront. Peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus. Mais en mourrant vous brillerez avec éclat, ardents de la force de Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier, vous a fait dominer cette terre et l’Homme Rouge.
Cette destinée est mystère pour nous, car nous ne comprenons pas.
Quand les bisons seront tous massacrés, les chevaux sauvages
domptés, les coins secrets de la forêt chargés de l’odeur de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent.
Alors où seront les fourrés ?
Disparus.
Où sera l’aigle ?
Disparu.
Et cette disparition marquera la fin de la vie et le début de la survivance.

Libertador


Hugo Chavez, le Simon Bolivar Vénézuélien vient d’être plébiscité par 61 pour cents des électeurs.
Ça casse l’ambiance dans le paf socio-démocrate et bon teint de notre hexagone juste pensant.
En effet ‘Libération’ (qui avait sorti l’intox : Chavez ‘antisémite’) et ‘Le Monde’ vont devoir ramer sévère pour nous expliquer comment un « dictateur populiste » peut être élu démocratiquement et triomphalement contre la quasi-totalité des médias privés de son pays. (mais rassurez vous, ils ont des idées)
Quand même, qu’est ce que c’est que ces électeurs Vénézuéliens qui préfèrent aux joies du LIBRE marché et de la sublime compétitivité des choses aussi futiles que l’éducation ou la santé ?
Et pendant qu’on y est pourquoi ces autochtones attardés ne nationaliseraient-ils pas les terres en friche des grandes Latifundiaires ou même les matières premières du pays – eau – gaz – pétrole…- si généreusement exploitées par des multinationales étrangères extrêmement compétentes ?
Faudrait voir à ce que ça ne donne pas des idées à l’Afrique par exemple. S’accaparer ses propres ressources…quelle faute de goût !!!
Ces indigènes-là sont-ils vraiment mûrs pour la démocratie ?
Déjà que le peuple Français a voté non à une géniale constitution Giscardienne malgré les éclairages affectueusement matraqués de l’intelligentsia française…Y’a des jours, je vous jure, faudrait dissoudre ces peuples un peu cons qui préfèrent défendre leurs intérêts plutôt que ceux des classes privilégiées clairvoyantes.
En plus croyez vous que Chavez s’excuserait auprès du gouvernement Bush d’avoir fait échouer le coup d’état des patrons et de la CIA en 2003 ?
Même pas. Ce sale provocateur au contraire, ose retourner le compliment de ‘Diable’ à Bush en pleine séance de l’ONU et recevoir officiellement les diabolisés Loukachenko et Ahmadinejad, ce qui est fort peu diplomatique et un signe évident de mauvais esprit.
Si on ne respecte plus le patron….
Alors que Fidel Castro enfin, bouffe son dernier Havane par les deux bouts à Cuba (là où est implanté un certain Guantanamo) voilà t’y pas qu’une autre grande gueule se met à hurler du haut de son balcon de Miraflores dans le mégaphone révolutionnaire empêchant (et c’est une honte) les gens du CAC 40 de s’écouter compter leurs bénéfices.
Triste constat : l’Amérique du sud est à Gauche. Dangereusement émancipée de la tutelle paternelle et conviviale de son patron US. Un pur scandale.
Heureusement dans cette gauche alternative, il reste quelques présidents fréquentables et bien élevés, ceux qui ne mettent pas les pieds sur la table du cocktail dînatoire libéral par exemple…
Michelle Bachelet au Chili
Ignacio de Lula au Brésil
Tabare Vasquez en Uruguay
Nestor Kirchner en Argentine (et encore… bien un peu populiste celui-là)…
Et puis les autres, les infréquentables…ceux qui refoulent un peu du populo…
Rafael Correa en Equateur
Evo Morales en Bolivie
Daniel Ortega le sandiniste échaudé au Nicaragua
et le camarade Chavez au Venezuela.
Une chance, la Colombie cocaïnée de Uribe et le Mexique (avec ses élections un poil frauduleuses) ont échappé à cette sale engeance.
Certes il y a bien du côté de la ville d’OAXACA, une vague rébellion populaire contre la corruption du gouvernement et au Chiapas quelques Zapatistes folklos et un sous commandant Marcos pittoresque mais bon… l’essentiel est sauf :
L’Alena (accord de libre-échange entre USA Canada et Mexique)
Il est quand même consternant de constater que L’Amérique Bushienne, prise par ses laborieux travaux démocratiques et libérateurs en Irak ait oublié de fomenter quelques ‘golpe de estado’ dans son arrière-cour.
Si les meilleures traditions se perdent…
Manquerait plus que la patrie de Coca-Cola se voit soufflée le monopole tragique du 11 septembre au profit de l’autre 11- O9 – celui de1973 :
Le coup d’état du Chili.
En cette triste semaine où Pinochet se meurt et où Chavez est encore vivant est-il bien raisonnable de sabler le champagne ?
Que viva Guevara….
tgb

MOMO Palestine


Si Voltaire savait qu’aujourd’hui à Genève on ne peut plus mettre en scène son ’ Mahomet’ sans subir les menaces de certains cercles intégristes…
Si Mozart savait qu’on se tâte sérieusement avant de jouer à Berlin son ‘Idoménéo’ par peur d’offenser les musulmans….
Si Nabokov et sa Lolita savaient que l’art est mis en examen au CAPC de Bordeaux pour (pseudo) pédo-pornographie…
Si Jonathan Swift et sa  » Modeste proposition sur les enfants pauvres d’Irlande » (1729) où il se propose de cuisiner les bébés pour leur éviter la misère, savait qu’Hans Bellmer a dû amputer de dix dessins son exposition à la Whitechapel Art gallery à Londres pour ne pas choquer les ligues anti-pédophiles…
Ils seraient sur le cul.
Et pas sur celui de ce triste crétin Michael Youn indigne représentant de l’humour industriel avec code barre et plume dans le…qui feint de croire que la provoc consiste à mettre son cul sur la commode. Si la vulgarité dérangeait à la télé ça se saurait.
Et pendant que l’infantilisation scabreuse et obscène s’expose sur nos petits écrans, la pudibonderie faux cul, elle, s’attaque à ce qui dérange et transgresse vraiment (et c’est même fait pour ça) :
La création.
Tandis que Mickey se farcit Darwin
Que les mythes et légendes se goinfrent les vérités scientifiques,
Copernic, Galilée et Platon en sa caverne, s’hallucinent grave de retrouver sur une terre bientôt aussi plate que l’encéphalogramme plat des obscurantistes et des mauvais coucheurs, les deux mamelles de l’imbécillité :
La censure et l’autocensure.
On avance.
Ligues de vertu, intégristes de tous poils, petits fachos en herbe, lobbies communautaires, parents d’élèves incultes, partout les faiseurs d’ombre éteignent les lumières et font péter les disjoncteurs.
Rassurez vous de l’ombre, y’en a pour tout le monde :
Pour la maison Girbaud, traînée devant les tribunaux par les évêques catholiques, rapport à leur détournement de Cène trop féminisé à leur goût
Pour Fernando Botero ne trouvant aucun musée à New York pour exposer ces toiles inspirées des tortures D’Abou Ghraïb
Pour la galerie Niçoise Helenbeck sommée, pour attentat à la pudeur, par la maréchaussée, de décrocher de leur vitrine une toile pastichant ‘l’origine du monde’ de Courbet. (Pas Julien, Gustave).
Pour cette institutrice américaine attaquée par des parents d’élèves décérébrés par Fox News pour avoir osé emmener des enfants à une exposition de nus de Rodin
Pour ces enseignants et artistes Algériens, Thaïlandais égorgés à la chaîne au nom d’Allah le miséricordieux.
Etc….
Nous sommes par retour de matraque en pleine régression intellectuelle et culturelle. Et ça me fait flipper.
Partout l’art, la culture et la connaissance reculent, au profit de l’ignorance crasse et de la médiocrité autorisée.
Le très estimable Philippe Noiret parti rejoindre Marco Ferreri au paradis des empêcheurs de filmer en rond, confiait encore récemment lors d’une interview que réaliser aujourd’hui’la grande bouffe’ serait tout simplement impossible.
Pourtant il faut le dire et le hurler :
Oui, on peut rire de tout et surtout des puissants et surtout de ce qui fâche
Oui, il faut exorciser nos peurs nos angoisses nos fantasmes
Oui, il y a un droit et un devoir au blasphème
Non, il n’y a pas de tabous dans la création
Non, le comique troupier sous cellophane n’est pas drôle.
Quand Sarkozy fait pression sur Publicis pour empêcher la campagne de pub de Télérama plutôt marrante et pas bien méchante :
– Sarkozy devrait faire attention, voilà trois fois qu’il invite Michel Drucker à son émission ‘ vivement dimanche’ –
Il nous révèle un manque d’humour sur lui-même assez navrant et un échantillon de ce qui nous attend s’il prend le pouvoir.
Cela dit, l’interdit est le piment de l’expression. Il donne un sens à la création et l’art contemporain aujourd’hui, pataugeant dans un pur nihilisme déconcerté, pourrait y retrouver une âme.
Si la liberté naît des contraintes, alors comme le disait Sartre (qui s’était planqué à la campagne) – on n’a jamais été aussi libre que sous l’occupation –
Certes en Pologne au temps du Soviétisme aigu, un texte contestataire prenait de la valeur et se passait en Samizdat. Aujourd’hui que tous les livres sont en librairie, on préfère s’empiffrer aux rayons des Hypermarchés. C’est un choix.
C’est même à se demander si une furieuse envie de démocratie n’est pas liée plus à une frustration de frénésie consumériste qu’à un besoin inextinguible d’exprimer des idées (quand on voit le taux de participation dérisoire aux élections polonaises…)
Certes quand Vaclav Havel, croupissant dans les geôles Tchèques, devient un symbole de la résistance au totalitarisme, il a une autre gueule que celle de ce vieux bourgeois léchant les pompes de Bush et de Glucksman (c’est dire sa dégénérescence aggravée)
Mais quand même, à l’heure des caricatures de Mahomet et du soufflé Redeker autant préserver notre espace d’expression tant qu’il en est encore temps.
Oui, le piètre philosophe Redeker a le droit (et ça a l’air de lui tenir à cœur) d’aller à Paris Plage en string. Il n’est évidemment pas de la pointure d’un Salman Rushdie ou de l’admirable Anna Politovskaïa, mais même un obscur islamophobe à l’érudition approximative, jouissant enfin de son quart d’heure de célébrité mondiale (il va sortir un bouquin c’te blague) a le droit, tout comme Dieudonné d’ailleurs, de dire des conneries à table, sans qu’un abruti arriéré lui colle une fatwa sur le râble.
En revanche ce qui serait assez fair-play, c’est que son comité de soutien, le fan-club des inénarrables pétitionnaires borgnes et atlantistes se mobilisent aussi pour lutter contre toutes les formes de censure y compris celles de leur propre famille (ainsi que ce cher Philippe Val ayant réussi la prouesse de faire de Charlie Hebdo une revue pour néo-conservateurs attardés).
Car les fatwa, les lynchages médiatiques et autres autodafés rampants ne sont l’apanage de personne et sont visiblement à disposition de tous.
‘MOMO PALESTINE’ livre pour enfant de Robert Gaillot, Kheïra et Chérif Boudelal, publié en 2002 aux éditions Grandir, décrivant la vie d’un petit Palestinien pendant l’intifada, vient de se voir retiré de la Bibliothèque de Vence sous la pression de divers lobbies sionistes.
Ce livre avait pourtant obtenu toutes les autorisations d’usage pour figurer dans les rayons de nos bibliothèques françaises… bref,
Outre que cela n’a pas l’air d’émouvoir nos penseurs hémiplégiques et pétitionnaires de la main droite, ça n’a pas l’air d’émouvoir non plus le Landerneau médiatique (mais l’un explique sûrement l’autre).
En tout cas vous pouvez (comme moi et comme l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) ) toujours écrire à monsieur le maire de Vence, le couard Pierre Marchou (ump)
pierremarchou@ville-vence.fr
pour le remercier de vous avoir fait connaître cet excellent ouvrage ‘MOMO PALESTINE’ que je m’empresse de commander et de vous recommander…
tgb
Dans le feuilleton – lapsus de la semaine – on retrouve le confus et dorénavant habitué Sarko à l’inconscient bien tourmenté :
– Il y a des hommes et des femmes qui sont victimes de discrimination et je ne LES accepte(nt) pas-
Et le nouveau venu et prometteur François Hollande :
-…si l’on veut battre la gauche…-
si c’est lui qui le dit….

malhonnête ou incompétent ?

.
– Il y a pire que le bourreau c’est son valet – Mirabeau
Ainsi donc c’est Ségo !
Qui l’eut cru ?
60/100 des militants socialistes et pas Alain Duhamel.
Pas Alain Duhamel, au point que dans son énième et sempiternel ouvrage à colorier sur les candidats à l’élection suprême (son marronnier) il fait le portrait de quinze présidentiables dont Christine Boutin et omet carrément celui de Ségolène Royal.
Acte manqué, autocensure ou mépris ???
En tout cas cet expert au nez creux a le flair morveux.
30 ans que ce type fait partie des meubles médiatiques. Trente ans que ce chroniqueur multimédia, omniprésent et proclamé spécialiste en mœurs politiques se vautre.
Trente ans que cet éditorialiste mièvre nous explique qu’il faut renouveler la classe politique sans se demander lui-même ce qu’il fout là à prendre racine, à taper l’incruste (et, à côté de la plaque) depuis la préhistoire, c’est-à-dire le Giscardisme.
Il n’est pas le seul.
Lors de l’affaire EADS et de la vente scandaleuse et obscène des actions de Noël Forgeard, soupçonné aujourd’hui de délit d’initiés, Arnaud Lagardère, l’héritier militaro-industriel embarqué dans la même carambouille nous expliquait à peine honteux qu’il préférait être jugé incompétent plutôt que malhonnête.
Et si tous ces soi-disant experts étaient un peu les deux ?
Un peu les deux Antoine Sfeir, apparemment et définitivement le seul et unique expert disponible et cachetonneur de ce pays fantasmé qu’on appelle la Musulmanie et qui déclarait sans rire lors de l’émission ‘C. Dans l’air’ que les USA étaient en train de gagner la guerre d’Irak.
Vu la pertinence de l’analyse on ne sera pas surpris de l’entendre faire l’éloge de la famille Gemayel suite à l’assassinat tragique de Pierre en oubliant de préciser que tonton Bechir, le chef à l’époque des phalangistes Libanais et avec la complicité de l’honorable et momifié Ariel Sharon, avait planifié le massacre de Sabra et Chatila (sept 82) qui fit entre 800 et 1500 morts palestiniens, femmes et enfants compris. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’en jouir puisqu’il explosa la veille dans son QG.
Tout cela n’excuse certes pas l’assassinat du neveu Pierre, mais ne justifie pas non plus de sanctifier ou d’héroïser le clan Gemayel.
Mais Sfeir devenu la caution arabe (chrétienne quand même faut pas exagérer) des pétitionnaires islamophobes s’en carre.
Il a trouvé un métier. Musulmaniste incompétent (ou tendancieux).
Un peu des deux aussi Alain Frachon, Editorialiste du MONDE 2 (le retour) qui l’air grave nous alarme de la dictature naissante del senor Chavez devenant président à vie, alors que celui-ci ne fait que proposer un referendum pour changer la constitution vénézuélienne en permettant de ne plus limiter le nombre des mandats présidentiels. Comme en France, donc.
Nico ou Pimprenelle pourraient être théoriquement élus douze fois de suite, ce qui ne ferait pas d’eux des tyrans en puissance, il me semble.(enfin Nico si quand même)
Pour ce cher Frachon, ce changement constitutionnel est un coup d’état. C’est le traitement de faveur particulier réservé par les médias français à notre ami Hugo, le très méchant castriste.
Malhonnêteté ou incompétence ? Un peu des deux comme pour l’insoupçonnable économiste catho Michel Camdessus, passé de la présidence du FMI à l’Opus Deï, au Vatican et qui en plus de conseiller l’église en ses placements fort spirituels fait des rapports économiques à Monsieur Nicolas S. en tant que spécialiste du développement capitalistique.
Bonne pioche !
Rappelons que son ultra-compétence a mis en banqueroute l’Argentine (entre autres) il y a quelques années et que depuis que les Argentins ont choisi de faire a peu prés le contraire de ce que ce cador libéral préconisait, ils commencent à sortir leur pays du marasme.
Enfin et pour en finir avec la malhonnêteté ou l’incompétence réjouissons nous du fait qu’un certain ministre de l’intérieur hyper pointu en matière de sécurité vient d’être désavoué par ses employés lors des dernières élections syndicales de la police.
Si même les flics ne votent pas Sarko….
Je ne sais pas vous, mais moi qui suis évalué quand je travaille et qui en tant que vacataire me trouve sur un siège éjectable à chaque mission, y’a longtemps que je pointerais à chomdu avec ce genre d’état de service…
Or tous ces experts, et bien d’autres, (cette liste est loin d’être exhaustive) fort de leurs brillants CV semblent inamovibles, voire récompensés pour leur glorieuse et consciencieuse incompétence.
Mais si la clef de tout ça n’était pas bizarrement que leur incompétence et je ne parle même pas de leur malhonnêteté (au moins intellectuelle) étaient leur première et seule vertu.
Car l’incompétence servile n’a que des avantages pour le pouvoir.
Elle ne dérange personne
Elle occupe le terrain
Elle repasse les plats
Elle va à la gamelle
Elle fait là où on lui dit de faire…
Et si Ségolène avait capté par intuition divine que dans cet univers d’imposture elle avait toutes ses chances…
Et si c’était justement ça que l’incompétent Duhamel ne lui pardonnait pas…
tgb

La Wal-martisation


Dans ce pays où la vie est moins chère, voire ne vaut plus un clou, le pays merveilleux de la grande distribution et de l’hyper hyper super super marché du consumérisme suicidaire et de la marchandisation daubée, WAL-Mart est un précurseur.
La multinationale de feu Monsieur Sam Walton dont les quatre fils font partie aujourd’hui des dix plus grosses fortunes mondiales a pour credo : la défense des petits consommateurs
Certes certes, mais à quel prix ?
Au prix de peau d’ balle et du dumping social
Au prix de l’appauvrissement général et de l’enrichissement particulier
Au prix d’une dégradation des produits et des conditions sociales…
Au prix du mépris pour faire simple.
Wal-Mart est un avant-goût de ce qui nous pend au nez
Appliquant la déréglementation dans toute sa splendeur, à en faire bander Eric le Boucher chroniqueur du Monde qui récite toutes les semaines son catéchisme ultralibéral en léche cul de première, Wal-Mart est aujourd’hui plus puissant que 120 états réunis (évidemment les plus pauvres) et son chiffre d’affaires de 312, 4 milliards est supérieur au PIB de la Norvège qui n’est pourtant pas un pays à deux balles (pas encore) avec du pétrole et tout et tout (même qu’il ne veut pas partager avec l’Europe, pas folle la guêpe)
Quand une entreprise devient plus puissante qu’un état, que deviennent les citoyens ?
Des consommateurs… où des associés.
Associés c’est le joli nom que donne Wal-Mart à ses salariés. Les caciques de la mega-supérette auraient pu choisir « esclaves » mais c’etait moins vendeur et un tantinet connoté.
Donc les 1,8 millions d’associés du Felix Potain Ricain dans ses 4500 magasins de par le monde sont les nouveaux habitants du pays enchanté de Wal-Mart.
Pas trop longtemps quand même puisque les comptables de chez WM ayant calculé qu’au bout de sept ans, ces gentils associés coûtaient trente pour cent plus chers que les nouveaux exploités, on se charge du turn-over…plus prosaïquement appelé :
licenciement.
Ce qu’il y a de vraiment paternalistement sympa chez Wal-mart c’est que :
les heures sup ne sont pas payées
les pauses déjeuners sont supprimées
les salaires sont plus bas de 20 à 30 pour cent qu’ailleurs
La couverture maladie y est aléatoire, la retraite hypothétique
Et les syndicats absolument proscrits.
« Notre philosophie est que seuls des associés malheureux voudraient adhérer à un syndicat. Or Wal-Mart fait tout ce qui est en son pouvoir pour leur offrir ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. »
Super hyper maligne la porte-parole de Wal-mart en son argumentation tarabiscotée. On dirait du pur Eric le Boucher ou du Jacques Marseille, tout pareillement en leur Pravda capitaliste.
DONC Wal-mart c’est économiquement bon pour la ménagère (enfin bon ????)
Mais pour les salariés moins
Or comme les consommateurs sont souvent des salariés
Et comme pour ne pas crever les autres entreprises sont obligées de s’aligner
De sous traiter, de sous sous traiter et de sous sous sous sous traiter et de délocaliser
Et comme tous les produits vendus dans les supers hyper rayons viennent de chine
Wal-mart tire tout vers le bas et l’on assiste là où il s’implante à une paupérisation logique, à une désindustrialisation inévitable et à une remontée en flèche des accidents du travail.
Mais qui s’en soucie. Y’a plein d’immigrés et de clandestins.
La où Ford inventant le Fordisme payait convenablement ses ouvriers pour qu’ils achètent des bagnoles Wal-Mart casse le pouvoir d’achat pour qu’on consomme sa junk- food pourrie.
Sont – ce vraiment des économies ?
Bref Wal-mart se paye notre tête de gondole et faut pas rire. Faut pas rire parce que ça arrive ici.
Et quand carrefour (qui a failli se faire acheter par Wal-mart) remercie son big boss Monsieur Daniel Bernard en lui octroyant 30 millions d’Euros et refuse concomitamment une augmentation de 1 Euro 50 à ses caissières pour ne pas mettre en péril l’entreprise…
Et quand Monsieur Leclerc fils, le si charmant communicant de chez Leclerc père, se bat pour tirer des prix toujours plus bas au nom des petits consommateurs et sur le dos des petits producteurs…
Ça me rappelle quelque chose.
Oui quand la ménagère de moins de cinquante ans ou plus croit faire des économies en allant chez ED (Carrefour), la salariée de moins de cinquante ans ou plus, perd de son pouvoir d’achat par un système infernal de vase communicant.
Et au bout du compte c’est la Wal-martisation qui gagne.
Pour lutter contre ce cercle vicieux la seule réponse possible est d’acheter moins ET cher.
Le juste prix quoi. Surtout quand on est pauvre.
La quadrature du cercle.
tgb

Ah elle est belle la France !!!


– Le cornard mit l’ radis dans cet endroit qu’il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères –
(Brassens – les Radis)
On croyait s’en être définitivement débarrassé avec Brassens mais non.
Issus de la majorité silencieuse et de la France profonde, la bonne conscience bien shampouinée avec raie au milieu et l’onction officielle de la sommité du rance et du moisi, Jean-Pierre Pernaut, les voici de retour :
Les honnêtes gens.
Les honnêtes gens, à ne pas confondre avec les gens honnêtes, distinguent parfaitement le bien du mal (d’où la raie au milieu) et c’est super fastoche pour eux vu qu’ils représentent le bien et les autres le mal.
Ils sont la norme officielle. L’étalon définitif. La jauge suprême.
Et les vaches sont bien gardées.
On identifie les honnêtes gens au fait que durant l’ersatz de journal télévisé du ploucologue Pernaut, ils s’énervent en lâchant des « ah, elle est belle la France  » à intervalles réguliers.
Par exemple, devant un sociologue (donc gauchiste) d’origine maghrébine (donc terroriste) qui parle mieux la France qu’eux.
Les honnêtes gens n’aiment pas les rappeurs qui ‘niquent les keufs’ mais ont fini par admettre dans leur patrimoine culturel l’Anar Brassens qui « mort aux vaches’. Question de vocabulaire, ils ont juste cinquante ans de retard.
Les honnêtes gens donc, fort de leur discernement, savent immédiatement et d’instinct, avant enquête de police, jugement du tribunal, s’il y a, lors d’un fait divers, légitime défense ou pas. Et c’est bien commode pour leurs neurones bien rangés au fond de l’armurerie.
Quand un petit commerçant du Val-de-Marne par exemple, un ‘monsieur tout-le-monde ‘ tire par trois fois dans le dos de son cambrioleur en fuite, les Bouvard et Pécuchet de service peuvent se scandaliser naturellement du fait qu’on mette en garde-à-vue ce forcément brave homme.
Entendons nous bien qu’un commerçant soit agressé par trois voyous et qu’il se défende, lui et sa femme, retourne l’arme des délinquants contre eux et en flingue un au hasard, je ne préjuge pas. Je ne sais pas moi, dans la panique, ce que j’aurai fait à sa place.
D’autant que tout le monde sait bien qu’entre un bon et un méchant Dieu choisit généralement celui qui tient le revolver.
Je dis juste que pour les honnêtes gens, une légitime défense ne se discute pas, ne s’enquête pas, qu’elle n’a pas à être proportionné à l’attaque et en extrapolant un peu, qu’elle devrait même aller au lynchage de trois petits connards de banlieue, histoire de leur apprendre la vie et les bonnes manières.
Que le tout se fasse dans l’hystérie médiatique et la dictature de l’émotion télévisuelle ne me surprend guère. En revanche ce qui m’inquiète davantage c’est qu’un crétin notoire, journaliste de comptoir, le bien nommé Jean-Pierre Pastis se permette de commenter la mise au point d’un ministre de la justice : – Dans l’état des investigations, le cas de ce commerçant, René D ne semble pas s’inscrire dans le cadre de la légitime défense définie par l’article 122-5 du code pénal – le pourtant peu gauchisant Clément, en se permettant d’un air fort marri un pertinent :
« Oui sans doute avait-il invité son cambrioleur à déjeuner « 
Ah quel bout en train ce Jean-Pierre Ricard !
Et ce qui m’effraie encore plus c’est qu’un obsédé non moins notoire de la sécurité et du sondage, ministre cumulard de la matraque et de la propagande et candidat depuis sa naissance à la présidentielle ; le dénommé Nicolas S. (nous garderons ici son anonymat pour protéger sa vie privée) surfant sur la vague poujadiste des vraies gens et exploitant comme d’hab un fait-divers à des fins politiciennes, commente mais il en a pris l’habitude une décision de justice.
Je le cite :
« Nos concitoyens ont du mal à admettre qu’un honnête homme, agressé chez lui, menacé de mort avec une arme et craignant pour la vie de son épouse soit en retour mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire »
On ne met pas en prison les honnêtes gens. Et depuis quand ?
Outre le fait qu’on a déjà largement mis à l’ombre des innocents (Outreau et compagnie) et qu’on en a même exécuté un certain nombre, ce qui est remarquable c’est que l’omniscient Monsieur S. prend depuis un certain temps l’habitude de se substituer à la justice et de se faire juge et partie, procureur et flic.
Les honnis de l’ami Brassens.
Depuis que ce monde est devenu très con, depuis qu’un manichéisme puéril a divisé notre appréhension contemporaine en bien en mal, gentil/méchant, cow boy/indien et choc des civilisations, la race des honnêtes gens comme en génération spontanée se répand.
Jusque dans le courrier des lecteurs du monde et de libération où l’on retrouve cette tonalité beaufienne et cet air du « ah elle est belle la France » et du  » mais où va-t’on ?  » d’une effroyable régression mentale. Et je me dis que soit le niveau des honnêtes gens à vachement monté pour s’abonner ainsi à ces canards un peu boiteux mais qui vivent encore de leur réputation, soit le niveau des journaux de Colombani et du peu regretté July ont vachement baissé… et jusque dans le caniveau.
Et je vous laisse deviner quelle thèse a ma préférence.
Je propose d’ailleurs au tiédeux Colombani quelques titres accrocheurs pour ses fulgurants éditoriaux tout mous du genou :
Nous sommes tous des honnêtes gens américains
Nous sommes tous des petits commerçants votant N.S. et sauvagement agressés par des hordes sauvages et basanées
Nous sommes tous des gens bien, surtout nous, sauf les autres, et faudrait voir à pas pousser le bouchon trop loin quand même sinon on appelle Finkelkrault.
Oui où va-t’on ?
On va et c’est heureux pour les honnêtes gens, on va à la rupture.
La rupture avec quoi ? on sait pas bien mais on se doute. La rupture avec la politique étrangère Française. La rupture avec la politique sociale Française. La rupture avec la politique culturelle Française. La rupture avec la politique républicaine et laïque Française. La rupture avec les services publics Français…
Bref la rupture avec à peu pres tout ce qui fait les valeurs de la France.
Or la rupture, avec cette politique Française et c’est le gag, ce sont les honnêtes gens qui en ont bénéficié depuis cinquante ans, qui vont la voter.
Car même si je me méfie des sondages, quand on les regarde à la loupe on s’aperçoit que l’électorat d’un certain Nicolas S se situe chez les plus de 50 ans (les soixante-huitards, ça ne m’étonne pas, ils sont tous devenus notaires) et qu’il explose littéralement chez les plus de 75 ans.
Le devenir et les forces vives de la nation, je suppose.
Oui il faut le constater et l’admettre, le fan-club du si jeune et si dynamique Nicolas S. tout en rupture et en renouvellement politique est vieux.
Vieux de chez vieux. Réac et conservateur. Aigri et pétochard.
Le meilleur recruteur de Nicolas S. outre la peur est l’Alzheimer.
Le paradoxe de Monsieur S c’est qu’il prône la rupture auprès de gens qui ne la vivront pas (une rupture d’anévrisme peut être) qui ont des retraites encore décentes, qui ont peur de tout y compris de ce qui ne les menace pas et qui se prennent pour des honnêtes gens alors qu’ils ont, ces salauds, refilé une dette colossale à leur gosse afin de préserver leur confort, d’acheter de faux canapés en vrai cuir de chez Zébu, pour matter en roupillant Pernaut, Ricard et Pastis à la télé.
Monsieur S. donc, révolutionnaire atlantiste et modernisateur d’avant-garde est le candidat des vieux, des cons, des résignés vautrés, des contents d’eux, des abrutis du crémol, des No futur croupissants, bref des abonnés bonus de TF1.
Et y’a des jours où je regrette franchement l’euthanasie et la canicule.
Ce ne serait pas grave au fond que les vieux cons, autrement auto-nommés honnêtes gens par inconscience tranquille votent Monsieur S. qui fait semblant de les rassurer avec des évidences du genre :
La France au travail
Les délinquants en prison
La récompense au mérite
Mon pied au cul
Et les pauvres au RMI
Ce ne serait pas grave car par définition ils finiront bien par nous lâcher les basques ces honnêtes gens en fin de carrière, sauf qu’en attendant eux votent massivement et consciencieusement (c’est normal ce sont des honnêtes gens qui font leur devoir)
Dans les maisons de retraite, on va même les chercher en bus avec leurs couches-culottes dans une main et le bulletin du candidat des honnêtes gens glissé dans l’autre. Et ça craint.
Ça craint si notre natalité rebelle, notre 1,9 taux de fécondité racaille, notre véritable énergie nationale et métissée, notre jeunesse à la poubelle, toute en vitalité, en créativité et en rage de vivre, confinée dans les ghettos de banlieue ne se mobilise pas enfin.
Ça craint A commencer par moi qui ferais bien de m’inscrire fissa sur les listes électorales avant fin décembre.
Reste 44 jours. Pour qu’elle reste belle la France.
tgb
Je vous rappelle quand même le magnifique lapsus de cette semaine ;
 » L’homme n’est pas une marchandise comme les autres  » Nicolas S.
Je vous laisse méditer sur le fion de la pensée de ce triste marchand de peur.

Boursouflure


J’écris du cœur de la goutte d’or.
Rue Affre.
A deux pas de la fameuse église St Bernard et de la non moins fameuse rue Myrha.
La rue du crack, la rue des hôtels pourris, des taudis murés, des putes Ghanéennes à l’abattage. La rue aussi de quelques émeutes populaires suite à une de ces bavures policières dont le commissariat de mon quartier a le secret et à de purs rodéos automobilistiques de la Bac (brigade anti-criminalité) jouant à Schumacher.
C’est à voir…en contre-plongée de préférence.
Une rue aujourd’hui en chantier et en voie de Boboïsation accélérée. Merci la Nuit blanche !!!.
Jamais vus autant de petits fromages blancs en goguette comme à la visite d’un zoo cette nuit-là.
Bref, cette rue a la particularité de posséder, outre le seul commerce de poulets vivants à Paris, une mosquée en plein air.
Non pas que la mosquée n’ait pas de toit, mais tous les vendredis après-midi que Dieu ne fait pas, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il ne fasse rien du tout – et contrairement à l’église st Bernard qui depuis son évacuation musclée ne fait guère recette – la mosquée de la rue Myrha elle, déborde largement de ses centaines de fidèles.
Donc, tous les vendredis après midi, la rue Myrha neutralisée devient entre deux barrières et après une rituelle installation de tapis de prières, une mosquée en plein ciel, avec comme une vague vivante de dos ondulants au rythme des sourates.
Moi ça me gêne pas. Je trouve même ça folklo et un brin exotique et ça me fait voyager à peu de frais. Sauf que je me dis quand même que les fesses à l’air et en djellaba par cette saison faut être super motivé pour se prosterner par terre et dans les courants d’air.
Et c’est là qu’une idée lumineuse m’est venue.
Juste au-dessus de la rue Myrha et dans sa perspective EST, on peut voir distinctement une grosse choucroute meringuée avec une sorte de clocher bizarre qui ressemble à s’y méprendre à un minaret.
Cette saloperie d’architecture basiliquée et merdique, cette boursouflure dégoulinante s’appelle :
Le Sacré-cœur.
Ce Sacré-cœur est visité chaque année par des millions de touristes qui, non seulement s’empiffrent à Montmartre de crêpes chères et dégueulasses servies par des chinois exploités déguisés en Gavroche – les joies du tourisme muséifié – mais en plus n’ont pas la moindre idée du pourquoi fût bâtie cette grosse daube (ni les Parisiens non plus d’ailleurs et on se garde bien de leur faire savoir).
Or je vous le rappelle, ce furoncle fut édifié en réaction à la Commune de Paris de 1871 par un Auguste Thiers vengeur et sa clique de bourgeois cléricaux afin de célébrer le carnage du peuple de Paris et la victoire du goupillon papal sur la laïcité républicaine.
Et bien, et au risque de choquer, moi cette excroissance dévouée aux grenouilles de bénitiers qui se signent avec le sang des communards et cernée par ses marchands du temple trafiquant du hot-dog immonde (cramé dessus gelé dedans comme il se doit) je le refourguerais bien volontiers aux fans de Mahomet qui se gèlent les ‘glaouis’ en son nom.
Juste histoire de voir la tête de certains et notamment du si décrispé et si chaleureux Monsieur 16.
Benoît de son prénom.
Mais rassurez vous je déconne, juste un fantasme de vendredi soir un peu fumé.
Encore que…le chant du muezzin à l’aube…ça vaudrait largement comme réveille-matin, les intox d’une autre boursouflure pralinée :
l’affligeant Adler, Alexandre de son prénom, que m’inflige tous les jours matutinalement France culture.
tgb

Vice-versa


Et de deux.
Deux tartuffes de chez Tartuf-land pris la main dans le sac à caca.
Deux néo-cons bien d’ chez eux, ripolinés vertueux, ‘patriotes act’ et réacs comme il se doit pris les doigts dans le rose tutu.
Deux flics de la maison ‘vertu droiture et Corporate’, deux de la bien-pensance évangélique, de l’anti-darwinisme primaire et du créationnisme intégral – papa Adam et maman Eve – deux propres sur eux spécialisés Es ordre moral, chantres du manichéisme puéril – gentil/méchant, bon-miammiam/caca-prout – deux trous du cul piégés justement par leurs trous du cul avec leur axe du mal ou du bien (apparemment) en guise de godemiché au fond du fion et bien profond :
Le pied.
Le premier, Marc Folly sénateur républicain bon teint, cosignataire d’une loi contre la pornographie pédophile sur internet, compromis par des courriels ‘pervers’ adressés à de jeunes garçons post pubères, qui pourrait être et c’est là qu’il faut applaudir, poursuivi par sa propre loi.
Remake de l’arroseur arrosé ou de l’éjaculateur éjaculé
Démission, scandale, honte et cure de désintox…
Amen.
Le second, Ted Haggard conservateur pro et proche de Bush le grand prédicateur, pasteur évangéliste, respectablement marié et conformément père de cinq enfants, militant anti-avortement, anti-gay, fondateur de la New Life Church, un de ces shootés de dieu avec business plan marketing, consommateur addict de métamphétamine, dénoncé par un jeune prostitué de ses fréquentations, et qui tombe pour conduite sexuelle immorale :
Alléluia !!!
Deux adeptes du ’cachez ce sein que je ne saurais voir’ vidés manu militari du bal des hypocrites.
Deux connards de Dieu avec panoplie complète, une bible à la main, la bite dans l’autre, deux de la firme ’Puritanisme et faux cul’ pris a quatre pattes comme deux bons vieux mammifères lambda avec poils et mamelles que nous sommes tous, rapport à l’évolutionnisme qu’ils vomissent tant.
Bref deux sales cons en moins.
Non vraiment rien de plus jouissif que de voir ces pères-la-pudeur pris la main dans le pot de déconfiture et tomber au champ d’honneur de la tartufferie.
Apres les curés pédophiles, les députés homos défilant contre le pacs et menacés aussi sec de coming-out par la communauté homo, les mesures anti-racolage passif de Sarko aux mains propres (et dieu c’est s’il s’y connaît en racolage) dont l’enthousiasme fut vite tempéré par les jolies dames menaçant de sortir la liste de la clientèle – on a les noms – deux autres masques tombent en faisant un certain bruit dans la campagne électorale américaine perdue enfin aujourd’hui même par les républicains.
Ce ne seront pas les derniers.
Que tous ces sinistres moralistes bidons sachent bien que leur pseudo combat pour la pureté idéologique est vain et que leur posture intégriste est intenable.
Intenable parce qu’ils seront toujours tripotés par leur vieux reptilien. Parce que leur inconscient aura toujours ses raisons que la raison déplore, parce que leur instinct aura encore ses pulsions de vie et de mort, parce que leur dessous de la ceinture aura ses désirs en désordre et parce que c’est de l’interdit et de la transgression même que jaillit le pur plaisir.
Qu’ils sachent donc bien ces vertueux du slip, de l’abstinence en français ou en latin, ces chasseurs du stupre avec mode d’emploi qu’ils se feront chopper un jour ou l’autre, en Thaïlande ou ailleurs, chez un trav’ ou une cover-girl, une côtelette de porc entre les dents, un verre de whisky à la main et que Coran,Torah ou Bible en bouclier n’y pourra rien.
Et c’est tant mieux.
Soyons bien d’accord, autant j’exècre la pipolisation et l’acharnement médiatique, autant je considère que l’intime, le privé, le libidineux est affaire perso, que chacun à droit à sa part d’ombre et d’ambiguïté, à sa tambouille avec goûts et couleurs, à ses perversions, (entre adultes consentants) à ses libertés chéries, autant je suis pour désigner à la vindicte populaire, au bûcher du vingt heures, ces ‘Savonarole’ de mes deux, ces dénonciateurs de la dépravation soi-disant, ces pourfendeurs de la déviance non conforme, ces surfeurs de valeurs morales et familiales, thésaurisant sur leur petit capital hypocrite.
Pas de quartier pour les De Villiers à blason, faisant dans le segment travail famille patrie et Islamophobie et surveillant ses parts de marché et sa petite niche made in Vendée. Pas de quartier pour les Sarko en famille, un peu catho le dimanche, un peu juif le samedi, un peu mais si peu musulman le vendredi, posant en une de Voici et prostituant femme et enfant.pour la photo. Pas de quartier pour les tenants de l’irréprochable, de l’incorruptible et de la normalité bien comme il faut. Pas de quartier pour les producteurs de Tv réalité et vidéo surveillance, enrichis par le voyeurisme et dénonçant les paparazzi.
Une caméra au fond du string en permanence jusqu’à faire émerger leur inévitable schizophrénie.
Mort aux barbus de tous poils avec jihab, perruque ou cilice (les mortifications de Sainte-thérèse de Lisieux, du pur SM ou je ne m’y connais pas) morts à tous ces moinillons de la chaste pensée et de l’obscurantisme.
A poils les vertueux de la transparence et de l’ordre, à poils les apôtres de la moralité, à poils ceux qui prônent et s’élèvent et dénoncent effondrement moral, déclinisme, corruption des mœurs, retour aux valeurs exemplaires. (en général d’ailleurs plus ils clament haut et fort et plus leurs perversions sont tordues, c’est d’ailleurs bien pratique pour les repérer)
Quand tout chez l’homme est trouble et combat entre absolu et quotidien, quand tout chez l’homme est tension, maîtrise et désordre, quand tout chez l’homme est lutte incessante, épuisante, admirable entre l’ange et la bête, entre l’ombre et la lumière, quand l’homme lui-même se sait et victime et bourreau et plaie et couteau, voir les grands inquisiteurs, les donneurs de leçons, les simplificateurs scabreux se retrouver tristes pêcheurs et vrais faux-culs, c’est toujours un pur moment d’orgasme.
L’homme fait ce qu’il peut et c’est déjà pas mal.
Il s’évertue au vice et vice-versa
tgb

l’enfermement


L’enfermement – (A ZYED ET BOUNA)
Ce qu’il a y de formidable dans cette mondialisation libéralement boulimique et sans alternative (puisqu’on vous le dit) c’est que plus les capitaux circulent librement (voir la véritable affaire Clearstream, les paradis fiscaux et autres tour opérators pour dollars en goguette et leurs 8 millions de milliardaires) moins les hommes passent les frontières..
Les pauvres bien sûr !!!
Le libéralisme qui s’est approprié idéologiquement et très sémantiquement le mot – Liberté – en a une conception assez singulière voire croquignole.
– libérez les marchandises,
– libérez les flux financiers
– libérez les matières premières
– et toi ta gueule !!!
La culture de l’exclusion faisant un tabac auprès des premiers concernés (Koh -Lanta, le maillon faible, la Star ac…- votez éliminez – licenciez délocalisez – dénoncez expulsez –…bye bye …) il est idéologiquement urgent et accessoirement rentable de tout déréglementer ; la charité faisant office de justice sociale et Dieu de code du travail. Tout déréglementer donc, sauf les flux migratoires qu’il s’agit surtout de bloquer aux frontières.
S’il nous fallait une démonstration de la finalité productiviste et déshumanisée de ce joyeux dogmatisme sauvage c’est le mur en érection.
Depuis que le mur de Berlin dans un immense fracas planétaire s’est effondré en direct au vingt heures sur les mocassins de Pujadas ou d’un de ses confrères et que les frontières de l’espace Schengen se sont enfin ouvertes à la libre circulation et aux Trabans, on peut dire que les gravats soviéto-communistes ne se sont pas perdus pour tout le monde.
On s’emmure de partout et la planète commence à ressembler à un lotissement de beaufs lepénistes; un spectacle à en faire péter de joie Bouygues himself, notre grand spécialiste de la tv-truelle et du béton armé jusqu’aux dents.
Qu’on appelle ça clôture ou barrière de sécurité, le barbelé électrique, la brique in the wall et le tesson de bouteille sont furieusement tendances :
Frontière entre Mexique et Usa : 11 000 kilomètres de barrière anti-clandestins (En projet)
Frontière entre Arabie saoudite et Irak : 600 kilomètres à barricader d’urgence (en projet)
Frontière entre Israël et la Cisjordanie : 730 kilomètres de protection (presque le tour du pays, plus qu’à mettre un couvercle dessus et ça fera coffre-fort, boîte ou cercueil) avec empiètement généreux sur la ligne verte internationale (en cours)
Frontière entre les enclaves espagnoles de Ceuta, Melilla et le Maroc :
Fossé, clôture et compagnie – Quand même 6500 harragas* morts en 10 ans mais qui s’en soucie ? (en cours aussi mais rassurez vous pendant les travaux, la chasse au migrant continue)
L’érection est à la mode. Les pays riches ont trouvé leur viagra contre les pays pauvres : le moëllon, le parpaing.
Et je ne vous parle pas des gate-community, ces espaces résidentiels entièrement clos avec vidéo surveillance et police privée, ces ‘paranos-city’ où cohabitent dans une confortable et oppressante promiscuité cadres sup et retraités. aisés. Bonjour la consanguinité !
La ghettoïsation, conséquence de ce que l’on voudrait nous vendre comme choc des civilisations des cultures ou des religions est surtout l’effet d’un choc politique et social. Le riche se protégeant contre le pauvre. Le pauvre étant contenu à distance du riche.
Etrangement donc, la mondialisation provoque une bunkérisation et un repli communautaire des plus paradoxal. Un grand cloisonnement.
L’enfermement.
Enfin, et ça n’a pas grand chose à voir, mais juste par plaisir ; c’est en feuilletant « Elle Déco « (je sais, j’ai de ces lectures parfois…) que je suis tombé sur le dossier photo consacré à la décoration de la somptueuse villa de BHL à Tanger : vous savez, le nouveau philosophe d’il y a trente ans qui se regarde gloser.
Je vous rappelle que la restauration de ce palais oriental effectuée par Andrée Putman fut en partie financée par Arte à hauteur de 150 000 Euros dans le cadre d’un reportage autour de la décoratrice (BHL préside le conseil de surveillance d’Arte, évidemment ça aide)
Bref de la terrasse du célèbre café Hafa où l’on peut apprécier un thé à la menthe et autres spécialités marocaines illégales en jouissant d’un paysage grandiose : la baie de Tanger avec méditerranée et atlantique se rejoignant ; un nouveau mur saccage et obstrue le panorama.
Savoir que derrière ce mur, le BHL de pacotille médite et cogite l’humanité, inspiré par le crawl d’Arielle Dombasle en sa piscine miroir ne me console pas vraiment.
tgb
(harraga : clandestin qui brûle ses papiers d’identité avant de tenter la traversée du détroit de Gibraltar)

C’est pour un sondage

.
Jacques Chirac a annoncé la création d’une journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Est ce selon vous pour la France…
1/Une façon d’assurer toute son histoire,
ses pages noires comme ses pages glorieuses. : 53,1%
2/Une forme d’insistance sur les pages sombres : 33%
3/Sans opinion : 13, 9%
———–
Jacques Chirac s’est déclaré favorable à l’instauration d’une journée de souvenir pour les descendants d’esclaves, jugez vous une telle initiative…
1/Nécessaire, afin que le mémoire de cette période sombre
de notre histoire ne se perde pas : 41,6%
2/Excessive, la France finit par accorder trop d’importance
à la repentance : 52%
3/Sans opinion : 6,4%