Ah elle est belle la France !!!


– Le cornard mit l’ radis dans cet endroit qu’il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères –
(Brassens – les Radis)
On croyait s’en être définitivement débarrassé avec Brassens mais non.
Issus de la majorité silencieuse et de la France profonde, la bonne conscience bien shampouinée avec raie au milieu et l’onction officielle de la sommité du rance et du moisi, Jean-Pierre Pernaut, les voici de retour :
Les honnêtes gens.
Les honnêtes gens, à ne pas confondre avec les gens honnêtes, distinguent parfaitement le bien du mal (d’où la raie au milieu) et c’est super fastoche pour eux vu qu’ils représentent le bien et les autres le mal.
Ils sont la norme officielle. L’étalon définitif. La jauge suprême.
Et les vaches sont bien gardées.
On identifie les honnêtes gens au fait que durant l’ersatz de journal télévisé du ploucologue Pernaut, ils s’énervent en lâchant des « ah, elle est belle la France  » à intervalles réguliers.
Par exemple, devant un sociologue (donc gauchiste) d’origine maghrébine (donc terroriste) qui parle mieux la France qu’eux.
Les honnêtes gens n’aiment pas les rappeurs qui ‘niquent les keufs’ mais ont fini par admettre dans leur patrimoine culturel l’Anar Brassens qui « mort aux vaches’. Question de vocabulaire, ils ont juste cinquante ans de retard.
Les honnêtes gens donc, fort de leur discernement, savent immédiatement et d’instinct, avant enquête de police, jugement du tribunal, s’il y a, lors d’un fait divers, légitime défense ou pas. Et c’est bien commode pour leurs neurones bien rangés au fond de l’armurerie.
Quand un petit commerçant du Val-de-Marne par exemple, un ‘monsieur tout-le-monde ‘ tire par trois fois dans le dos de son cambrioleur en fuite, les Bouvard et Pécuchet de service peuvent se scandaliser naturellement du fait qu’on mette en garde-à-vue ce forcément brave homme.
Entendons nous bien qu’un commerçant soit agressé par trois voyous et qu’il se défende, lui et sa femme, retourne l’arme des délinquants contre eux et en flingue un au hasard, je ne préjuge pas. Je ne sais pas moi, dans la panique, ce que j’aurai fait à sa place.
D’autant que tout le monde sait bien qu’entre un bon et un méchant Dieu choisit généralement celui qui tient le revolver.
Je dis juste que pour les honnêtes gens, une légitime défense ne se discute pas, ne s’enquête pas, qu’elle n’a pas à être proportionné à l’attaque et en extrapolant un peu, qu’elle devrait même aller au lynchage de trois petits connards de banlieue, histoire de leur apprendre la vie et les bonnes manières.
Que le tout se fasse dans l’hystérie médiatique et la dictature de l’émotion télévisuelle ne me surprend guère. En revanche ce qui m’inquiète davantage c’est qu’un crétin notoire, journaliste de comptoir, le bien nommé Jean-Pierre Pastis se permette de commenter la mise au point d’un ministre de la justice : – Dans l’état des investigations, le cas de ce commerçant, René D ne semble pas s’inscrire dans le cadre de la légitime défense définie par l’article 122-5 du code pénal – le pourtant peu gauchisant Clément, en se permettant d’un air fort marri un pertinent :
« Oui sans doute avait-il invité son cambrioleur à déjeuner « 
Ah quel bout en train ce Jean-Pierre Ricard !
Et ce qui m’effraie encore plus c’est qu’un obsédé non moins notoire de la sécurité et du sondage, ministre cumulard de la matraque et de la propagande et candidat depuis sa naissance à la présidentielle ; le dénommé Nicolas S. (nous garderons ici son anonymat pour protéger sa vie privée) surfant sur la vague poujadiste des vraies gens et exploitant comme d’hab un fait-divers à des fins politiciennes, commente mais il en a pris l’habitude une décision de justice.
Je le cite :
« Nos concitoyens ont du mal à admettre qu’un honnête homme, agressé chez lui, menacé de mort avec une arme et craignant pour la vie de son épouse soit en retour mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire »
On ne met pas en prison les honnêtes gens. Et depuis quand ?
Outre le fait qu’on a déjà largement mis à l’ombre des innocents (Outreau et compagnie) et qu’on en a même exécuté un certain nombre, ce qui est remarquable c’est que l’omniscient Monsieur S. prend depuis un certain temps l’habitude de se substituer à la justice et de se faire juge et partie, procureur et flic.
Les honnis de l’ami Brassens.
Depuis que ce monde est devenu très con, depuis qu’un manichéisme puéril a divisé notre appréhension contemporaine en bien en mal, gentil/méchant, cow boy/indien et choc des civilisations, la race des honnêtes gens comme en génération spontanée se répand.
Jusque dans le courrier des lecteurs du monde et de libération où l’on retrouve cette tonalité beaufienne et cet air du « ah elle est belle la France » et du  » mais où va-t’on ?  » d’une effroyable régression mentale. Et je me dis que soit le niveau des honnêtes gens à vachement monté pour s’abonner ainsi à ces canards un peu boiteux mais qui vivent encore de leur réputation, soit le niveau des journaux de Colombani et du peu regretté July ont vachement baissé… et jusque dans le caniveau.
Et je vous laisse deviner quelle thèse a ma préférence.
Je propose d’ailleurs au tiédeux Colombani quelques titres accrocheurs pour ses fulgurants éditoriaux tout mous du genou :
Nous sommes tous des honnêtes gens américains
Nous sommes tous des petits commerçants votant N.S. et sauvagement agressés par des hordes sauvages et basanées
Nous sommes tous des gens bien, surtout nous, sauf les autres, et faudrait voir à pas pousser le bouchon trop loin quand même sinon on appelle Finkelkrault.
Oui où va-t’on ?
On va et c’est heureux pour les honnêtes gens, on va à la rupture.
La rupture avec quoi ? on sait pas bien mais on se doute. La rupture avec la politique étrangère Française. La rupture avec la politique sociale Française. La rupture avec la politique culturelle Française. La rupture avec la politique républicaine et laïque Française. La rupture avec les services publics Français…
Bref la rupture avec à peu pres tout ce qui fait les valeurs de la France.
Or la rupture, avec cette politique Française et c’est le gag, ce sont les honnêtes gens qui en ont bénéficié depuis cinquante ans, qui vont la voter.
Car même si je me méfie des sondages, quand on les regarde à la loupe on s’aperçoit que l’électorat d’un certain Nicolas S se situe chez les plus de 50 ans (les soixante-huitards, ça ne m’étonne pas, ils sont tous devenus notaires) et qu’il explose littéralement chez les plus de 75 ans.
Le devenir et les forces vives de la nation, je suppose.
Oui il faut le constater et l’admettre, le fan-club du si jeune et si dynamique Nicolas S. tout en rupture et en renouvellement politique est vieux.
Vieux de chez vieux. Réac et conservateur. Aigri et pétochard.
Le meilleur recruteur de Nicolas S. outre la peur est l’Alzheimer.
Le paradoxe de Monsieur S c’est qu’il prône la rupture auprès de gens qui ne la vivront pas (une rupture d’anévrisme peut être) qui ont des retraites encore décentes, qui ont peur de tout y compris de ce qui ne les menace pas et qui se prennent pour des honnêtes gens alors qu’ils ont, ces salauds, refilé une dette colossale à leur gosse afin de préserver leur confort, d’acheter de faux canapés en vrai cuir de chez Zébu, pour matter en roupillant Pernaut, Ricard et Pastis à la télé.
Monsieur S. donc, révolutionnaire atlantiste et modernisateur d’avant-garde est le candidat des vieux, des cons, des résignés vautrés, des contents d’eux, des abrutis du crémol, des No futur croupissants, bref des abonnés bonus de TF1.
Et y’a des jours où je regrette franchement l’euthanasie et la canicule.
Ce ne serait pas grave au fond que les vieux cons, autrement auto-nommés honnêtes gens par inconscience tranquille votent Monsieur S. qui fait semblant de les rassurer avec des évidences du genre :
La France au travail
Les délinquants en prison
La récompense au mérite
Mon pied au cul
Et les pauvres au RMI
Ce ne serait pas grave car par définition ils finiront bien par nous lâcher les basques ces honnêtes gens en fin de carrière, sauf qu’en attendant eux votent massivement et consciencieusement (c’est normal ce sont des honnêtes gens qui font leur devoir)
Dans les maisons de retraite, on va même les chercher en bus avec leurs couches-culottes dans une main et le bulletin du candidat des honnêtes gens glissé dans l’autre. Et ça craint.
Ça craint si notre natalité rebelle, notre 1,9 taux de fécondité racaille, notre véritable énergie nationale et métissée, notre jeunesse à la poubelle, toute en vitalité, en créativité et en rage de vivre, confinée dans les ghettos de banlieue ne se mobilise pas enfin.
Ça craint A commencer par moi qui ferais bien de m’inscrire fissa sur les listes électorales avant fin décembre.
Reste 44 jours. Pour qu’elle reste belle la France.
tgb
Je vous rappelle quand même le magnifique lapsus de cette semaine ;
 » L’homme n’est pas une marchandise comme les autres  » Nicolas S.
Je vous laisse méditer sur le fion de la pensée de ce triste marchand de peur.

Boursouflure


J’écris du cœur de la goutte d’or.
Rue Affre.
A deux pas de la fameuse église St Bernard et de la non moins fameuse rue Myrha.
La rue du crack, la rue des hôtels pourris, des taudis murés, des putes Ghanéennes à l’abattage. La rue aussi de quelques émeutes populaires suite à une de ces bavures policières dont le commissariat de mon quartier a le secret et à de purs rodéos automobilistiques de la Bac (brigade anti-criminalité) jouant à Schumacher.
C’est à voir…en contre-plongée de préférence.
Une rue aujourd’hui en chantier et en voie de Boboïsation accélérée. Merci la Nuit blanche !!!.
Jamais vus autant de petits fromages blancs en goguette comme à la visite d’un zoo cette nuit-là.
Bref, cette rue a la particularité de posséder, outre le seul commerce de poulets vivants à Paris, une mosquée en plein air.
Non pas que la mosquée n’ait pas de toit, mais tous les vendredis après-midi que Dieu ne fait pas, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il ne fasse rien du tout – et contrairement à l’église st Bernard qui depuis son évacuation musclée ne fait guère recette – la mosquée de la rue Myrha elle, déborde largement de ses centaines de fidèles.
Donc, tous les vendredis après midi, la rue Myrha neutralisée devient entre deux barrières et après une rituelle installation de tapis de prières, une mosquée en plein ciel, avec comme une vague vivante de dos ondulants au rythme des sourates.
Moi ça me gêne pas. Je trouve même ça folklo et un brin exotique et ça me fait voyager à peu de frais. Sauf que je me dis quand même que les fesses à l’air et en djellaba par cette saison faut être super motivé pour se prosterner par terre et dans les courants d’air.
Et c’est là qu’une idée lumineuse m’est venue.
Juste au-dessus de la rue Myrha et dans sa perspective EST, on peut voir distinctement une grosse choucroute meringuée avec une sorte de clocher bizarre qui ressemble à s’y méprendre à un minaret.
Cette saloperie d’architecture basiliquée et merdique, cette boursouflure dégoulinante s’appelle :
Le Sacré-cœur.
Ce Sacré-cœur est visité chaque année par des millions de touristes qui, non seulement s’empiffrent à Montmartre de crêpes chères et dégueulasses servies par des chinois exploités déguisés en Gavroche – les joies du tourisme muséifié – mais en plus n’ont pas la moindre idée du pourquoi fût bâtie cette grosse daube (ni les Parisiens non plus d’ailleurs et on se garde bien de leur faire savoir).
Or je vous le rappelle, ce furoncle fut édifié en réaction à la Commune de Paris de 1871 par un Auguste Thiers vengeur et sa clique de bourgeois cléricaux afin de célébrer le carnage du peuple de Paris et la victoire du goupillon papal sur la laïcité républicaine.
Et bien, et au risque de choquer, moi cette excroissance dévouée aux grenouilles de bénitiers qui se signent avec le sang des communards et cernée par ses marchands du temple trafiquant du hot-dog immonde (cramé dessus gelé dedans comme il se doit) je le refourguerais bien volontiers aux fans de Mahomet qui se gèlent les ‘glaouis’ en son nom.
Juste histoire de voir la tête de certains et notamment du si décrispé et si chaleureux Monsieur 16.
Benoît de son prénom.
Mais rassurez vous je déconne, juste un fantasme de vendredi soir un peu fumé.
Encore que…le chant du muezzin à l’aube…ça vaudrait largement comme réveille-matin, les intox d’une autre boursouflure pralinée :
l’affligeant Adler, Alexandre de son prénom, que m’inflige tous les jours matutinalement France culture.
tgb

Vice-versa


Et de deux.
Deux tartuffes de chez Tartuf-land pris la main dans le sac à caca.
Deux néo-cons bien d’ chez eux, ripolinés vertueux, ‘patriotes act’ et réacs comme il se doit pris les doigts dans le rose tutu.
Deux flics de la maison ‘vertu droiture et Corporate’, deux de la bien-pensance évangélique, de l’anti-darwinisme primaire et du créationnisme intégral – papa Adam et maman Eve – deux propres sur eux spécialisés Es ordre moral, chantres du manichéisme puéril – gentil/méchant, bon-miammiam/caca-prout – deux trous du cul piégés justement par leurs trous du cul avec leur axe du mal ou du bien (apparemment) en guise de godemiché au fond du fion et bien profond :
Le pied.
Le premier, Marc Folly sénateur républicain bon teint, cosignataire d’une loi contre la pornographie pédophile sur internet, compromis par des courriels ‘pervers’ adressés à de jeunes garçons post pubères, qui pourrait être et c’est là qu’il faut applaudir, poursuivi par sa propre loi.
Remake de l’arroseur arrosé ou de l’éjaculateur éjaculé
Démission, scandale, honte et cure de désintox…
Amen.
Le second, Ted Haggard conservateur pro et proche de Bush le grand prédicateur, pasteur évangéliste, respectablement marié et conformément père de cinq enfants, militant anti-avortement, anti-gay, fondateur de la New Life Church, un de ces shootés de dieu avec business plan marketing, consommateur addict de métamphétamine, dénoncé par un jeune prostitué de ses fréquentations, et qui tombe pour conduite sexuelle immorale :
Alléluia !!!
Deux adeptes du ’cachez ce sein que je ne saurais voir’ vidés manu militari du bal des hypocrites.
Deux connards de Dieu avec panoplie complète, une bible à la main, la bite dans l’autre, deux de la firme ’Puritanisme et faux cul’ pris a quatre pattes comme deux bons vieux mammifères lambda avec poils et mamelles que nous sommes tous, rapport à l’évolutionnisme qu’ils vomissent tant.
Bref deux sales cons en moins.
Non vraiment rien de plus jouissif que de voir ces pères-la-pudeur pris la main dans le pot de déconfiture et tomber au champ d’honneur de la tartufferie.
Apres les curés pédophiles, les députés homos défilant contre le pacs et menacés aussi sec de coming-out par la communauté homo, les mesures anti-racolage passif de Sarko aux mains propres (et dieu c’est s’il s’y connaît en racolage) dont l’enthousiasme fut vite tempéré par les jolies dames menaçant de sortir la liste de la clientèle – on a les noms – deux autres masques tombent en faisant un certain bruit dans la campagne électorale américaine perdue enfin aujourd’hui même par les républicains.
Ce ne seront pas les derniers.
Que tous ces sinistres moralistes bidons sachent bien que leur pseudo combat pour la pureté idéologique est vain et que leur posture intégriste est intenable.
Intenable parce qu’ils seront toujours tripotés par leur vieux reptilien. Parce que leur inconscient aura toujours ses raisons que la raison déplore, parce que leur instinct aura encore ses pulsions de vie et de mort, parce que leur dessous de la ceinture aura ses désirs en désordre et parce que c’est de l’interdit et de la transgression même que jaillit le pur plaisir.
Qu’ils sachent donc bien ces vertueux du slip, de l’abstinence en français ou en latin, ces chasseurs du stupre avec mode d’emploi qu’ils se feront chopper un jour ou l’autre, en Thaïlande ou ailleurs, chez un trav’ ou une cover-girl, une côtelette de porc entre les dents, un verre de whisky à la main et que Coran,Torah ou Bible en bouclier n’y pourra rien.
Et c’est tant mieux.
Soyons bien d’accord, autant j’exècre la pipolisation et l’acharnement médiatique, autant je considère que l’intime, le privé, le libidineux est affaire perso, que chacun à droit à sa part d’ombre et d’ambiguïté, à sa tambouille avec goûts et couleurs, à ses perversions, (entre adultes consentants) à ses libertés chéries, autant je suis pour désigner à la vindicte populaire, au bûcher du vingt heures, ces ‘Savonarole’ de mes deux, ces dénonciateurs de la dépravation soi-disant, ces pourfendeurs de la déviance non conforme, ces surfeurs de valeurs morales et familiales, thésaurisant sur leur petit capital hypocrite.
Pas de quartier pour les De Villiers à blason, faisant dans le segment travail famille patrie et Islamophobie et surveillant ses parts de marché et sa petite niche made in Vendée. Pas de quartier pour les Sarko en famille, un peu catho le dimanche, un peu juif le samedi, un peu mais si peu musulman le vendredi, posant en une de Voici et prostituant femme et enfant.pour la photo. Pas de quartier pour les tenants de l’irréprochable, de l’incorruptible et de la normalité bien comme il faut. Pas de quartier pour les producteurs de Tv réalité et vidéo surveillance, enrichis par le voyeurisme et dénonçant les paparazzi.
Une caméra au fond du string en permanence jusqu’à faire émerger leur inévitable schizophrénie.
Mort aux barbus de tous poils avec jihab, perruque ou cilice (les mortifications de Sainte-thérèse de Lisieux, du pur SM ou je ne m’y connais pas) morts à tous ces moinillons de la chaste pensée et de l’obscurantisme.
A poils les vertueux de la transparence et de l’ordre, à poils les apôtres de la moralité, à poils ceux qui prônent et s’élèvent et dénoncent effondrement moral, déclinisme, corruption des mœurs, retour aux valeurs exemplaires. (en général d’ailleurs plus ils clament haut et fort et plus leurs perversions sont tordues, c’est d’ailleurs bien pratique pour les repérer)
Quand tout chez l’homme est trouble et combat entre absolu et quotidien, quand tout chez l’homme est tension, maîtrise et désordre, quand tout chez l’homme est lutte incessante, épuisante, admirable entre l’ange et la bête, entre l’ombre et la lumière, quand l’homme lui-même se sait et victime et bourreau et plaie et couteau, voir les grands inquisiteurs, les donneurs de leçons, les simplificateurs scabreux se retrouver tristes pêcheurs et vrais faux-culs, c’est toujours un pur moment d’orgasme.
L’homme fait ce qu’il peut et c’est déjà pas mal.
Il s’évertue au vice et vice-versa
tgb

l’enfermement


L’enfermement – (A ZYED ET BOUNA)
Ce qu’il a y de formidable dans cette mondialisation libéralement boulimique et sans alternative (puisqu’on vous le dit) c’est que plus les capitaux circulent librement (voir la véritable affaire Clearstream, les paradis fiscaux et autres tour opérators pour dollars en goguette et leurs 8 millions de milliardaires) moins les hommes passent les frontières..
Les pauvres bien sûr !!!
Le libéralisme qui s’est approprié idéologiquement et très sémantiquement le mot – Liberté – en a une conception assez singulière voire croquignole.
– libérez les marchandises,
– libérez les flux financiers
– libérez les matières premières
– et toi ta gueule !!!
La culture de l’exclusion faisant un tabac auprès des premiers concernés (Koh -Lanta, le maillon faible, la Star ac…- votez éliminez – licenciez délocalisez – dénoncez expulsez –…bye bye …) il est idéologiquement urgent et accessoirement rentable de tout déréglementer ; la charité faisant office de justice sociale et Dieu de code du travail. Tout déréglementer donc, sauf les flux migratoires qu’il s’agit surtout de bloquer aux frontières.
S’il nous fallait une démonstration de la finalité productiviste et déshumanisée de ce joyeux dogmatisme sauvage c’est le mur en érection.
Depuis que le mur de Berlin dans un immense fracas planétaire s’est effondré en direct au vingt heures sur les mocassins de Pujadas ou d’un de ses confrères et que les frontières de l’espace Schengen se sont enfin ouvertes à la libre circulation et aux Trabans, on peut dire que les gravats soviéto-communistes ne se sont pas perdus pour tout le monde.
On s’emmure de partout et la planète commence à ressembler à un lotissement de beaufs lepénistes; un spectacle à en faire péter de joie Bouygues himself, notre grand spécialiste de la tv-truelle et du béton armé jusqu’aux dents.
Qu’on appelle ça clôture ou barrière de sécurité, le barbelé électrique, la brique in the wall et le tesson de bouteille sont furieusement tendances :
Frontière entre Mexique et Usa : 11 000 kilomètres de barrière anti-clandestins (En projet)
Frontière entre Arabie saoudite et Irak : 600 kilomètres à barricader d’urgence (en projet)
Frontière entre Israël et la Cisjordanie : 730 kilomètres de protection (presque le tour du pays, plus qu’à mettre un couvercle dessus et ça fera coffre-fort, boîte ou cercueil) avec empiètement généreux sur la ligne verte internationale (en cours)
Frontière entre les enclaves espagnoles de Ceuta, Melilla et le Maroc :
Fossé, clôture et compagnie – Quand même 6500 harragas* morts en 10 ans mais qui s’en soucie ? (en cours aussi mais rassurez vous pendant les travaux, la chasse au migrant continue)
L’érection est à la mode. Les pays riches ont trouvé leur viagra contre les pays pauvres : le moëllon, le parpaing.
Et je ne vous parle pas des gate-community, ces espaces résidentiels entièrement clos avec vidéo surveillance et police privée, ces ‘paranos-city’ où cohabitent dans une confortable et oppressante promiscuité cadres sup et retraités. aisés. Bonjour la consanguinité !
La ghettoïsation, conséquence de ce que l’on voudrait nous vendre comme choc des civilisations des cultures ou des religions est surtout l’effet d’un choc politique et social. Le riche se protégeant contre le pauvre. Le pauvre étant contenu à distance du riche.
Etrangement donc, la mondialisation provoque une bunkérisation et un repli communautaire des plus paradoxal. Un grand cloisonnement.
L’enfermement.
Enfin, et ça n’a pas grand chose à voir, mais juste par plaisir ; c’est en feuilletant « Elle Déco « (je sais, j’ai de ces lectures parfois…) que je suis tombé sur le dossier photo consacré à la décoration de la somptueuse villa de BHL à Tanger : vous savez, le nouveau philosophe d’il y a trente ans qui se regarde gloser.
Je vous rappelle que la restauration de ce palais oriental effectuée par Andrée Putman fut en partie financée par Arte à hauteur de 150 000 Euros dans le cadre d’un reportage autour de la décoratrice (BHL préside le conseil de surveillance d’Arte, évidemment ça aide)
Bref de la terrasse du célèbre café Hafa où l’on peut apprécier un thé à la menthe et autres spécialités marocaines illégales en jouissant d’un paysage grandiose : la baie de Tanger avec méditerranée et atlantique se rejoignant ; un nouveau mur saccage et obstrue le panorama.
Savoir que derrière ce mur, le BHL de pacotille médite et cogite l’humanité, inspiré par le crawl d’Arielle Dombasle en sa piscine miroir ne me console pas vraiment.
tgb
(harraga : clandestin qui brûle ses papiers d’identité avant de tenter la traversée du détroit de Gibraltar)

C’est pour un sondage

.
Jacques Chirac a annoncé la création d’une journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Est ce selon vous pour la France…
1/Une façon d’assurer toute son histoire,
ses pages noires comme ses pages glorieuses. : 53,1%
2/Une forme d’insistance sur les pages sombres : 33%
3/Sans opinion : 13, 9%
———–
Jacques Chirac s’est déclaré favorable à l’instauration d’une journée de souvenir pour les descendants d’esclaves, jugez vous une telle initiative…
1/Nécessaire, afin que le mémoire de cette période sombre
de notre histoire ne se perde pas : 41,6%
2/Excessive, la France finit par accorder trop d’importance
à la repentance : 52%
3/Sans opinion : 6,4%

2 999 999 + 1


Je prends ma calculette et vous annonce pas peu fier qu’il y a aujourd’hui, au pays de l’oncle Sam suffit pas, 300 000 millions d’américains (et 250 millions de bagnoles) qui exploitent consomment le quart des ressources naturelles de notre planète terre et qui s’en cognent. ( A quelques exceptions prés).
Immigré ou nouveau né, peu importe, ce UN là, à mon avis, a du souci à se faire. Et nous avec.
Si le monde entier se goinfrait à ce rythme et ça vient (Chine, Inde, Russie, Europe…) il nous faudrait six planètes bleues pour couvrir l’ensemble de nos besoins. Autant dire qu’il devient urgent d’accompagner Madonna dans l’espace à la recherche d’une terre promise, sauf que je ne crois pas que ni vous ni moi sommes en mesure de nous offrir le billet même joker, même junior ou senior.
Et Il ne s’agit même plus que Tonton George dans un éclair de lucidité peu probable ratifie fissa les accords de Kyoto, parce qu’alors, il manquerait encore pas mal de planètes à l’appel même après la signature du crétin de Washington
Bref ça craint.
Croire qu’il existe une croissance infinie dans un monde fini, je ne suis pas un cador des mathématiques, mais ça me paraît un pari extrêmement audacieux que personnellement je ne tiendrais pas. ET pourtant nos décideurs y croient. Ou ça les arrange de le croire. Parce que le taux de croissance à trois ou quatre pour cent, les gars, ça crée de l’emploi, de la consommation et c’est bon pour le moral des ménages.
Faut voir.
Si c’est dans la perspective bien confortable du  » après moi le déluge » et qu’en attendant je m’empiffre, c’est jouable, si j’ai un minimum de considération pour mes mômes (que j’ai pas) c’est foutrement discutable.
Quand par souci de sécurité pour leur progéniture j’espère, mais plus vraisemblablement par goût de la frime, j’en ai peur, les oisives de Neuilly, le cul dans leur 4X4 rutilant, avec pare – buffles, des fois que, vont chercher leurs futurs majors d’HEC à la maternelle privée du quartier, je suppute méchamment qu’elles font un mauvais calcul. Quand les classes moyennes découvrent le nouveau concept d’été qu’on nous vend à TF1, à savoir la canicule, soit 20 jours grosso modo au mois de juillet et qu’il se ruent sur la clim, j’ai peur également qu’ils jouent contre leur camp. Plus Ça chauffe, plus je refroidis, plus je refroidis et plus ça chauffe par le jeu pervers des émanations.
Y’a du CO2 et du cercle vicieux dans l’air.
Pourtant y’a un truc pas mal pour la fraîcheur en été, c’est pas nouveau je sais, ça vient pas de sortir, c’est sur mais ça s’appelle un arbre. Avec de l’arbre, on fabrique gratos de l’ombre et l’ombre, c’est sympa même en plein cagnard pour faire la sièste. Sauf que dans le lotissement lambda et ses dix mètres carrés de pelouse réglementaire, faut faire un choix entre le panier de Basket du gamin, le barbecue du dimanche ou la parabole et ses 120 chaînes débiles et toutes pareilles et que par conséquent l’arbre est d’autant sacrifié qu’il fait des feuilles et que les feuilles se ramassent à la pelle.
J’ai goûté à l’American-way -of- life, au cauchemar climatisé comme disait Miller, et j’admets que c’est assez bandant. Le road movie en Californie a quand même plus de gueule que le Paris Clermont -Ferrant en Clio, sauf qu’entre finir en sueur à vélo ou à l’étouffé en cocotte minute ; j’hésite peu.
Dans ce monde con et cupide, qui manque tant de sens, de générosité et d’humanité, il y a pourtant un formidable défi à relever, un objectif immense et excitant, inventif, mondialement ou alter-mondialement fédérateur, créateur de millions d’emplois :
Tout faire mieux avec moins.
Sinon, je sais pas si le 21eme siècle sera religieux, féminin, verseau, Ségo-light ou hard-Sarko et je m’en contrefous mais il sera le dernier et ça fait un peu chier. Surtout pour les girafes.
tgb

Ne pas fumer tue


Bienvenue dans l’hygiènisme ambiant. Bienvenue dans la conformation clinique et hypocrite du Docteur libéral et de son soft fascisme.
Bienvenue dans le grand sanatorium climatisé.
Vivons cons mais longtemps.
Mort à la tabagie
Fini de Boraté, la police du politiquement correct, la ligue de la vertu bien pensante, l’amicale de la grande tartufferie efface les mégots de Dietrich, colle une brindille aux lèvres de Lucky Luke, interdit au condamné Texan en phase de barbecue, de s’en griller une dernière.
La chaise électrique oui, la clope non.
Halte à l’apologie nicotinée.
Mourrons d’ennui mais en bonne santé
Partons en fumée oui, mais sans fumer.
 » Fumer tue  » alertent les paquets de cigarettes en faire-part de deuil.  » Fumer nuit à votre entourage  » qu’ils dénoncent. Mais que lit on sur le missile du complexe militaro-industriel, que lit-on sur le SIG Sauer 550 du cow-boy de la Bac ? Comme si un flingue ne nuisait pas à notre entourage, comme si la mine anti-personnelle ne nuisait pas à la femme enceinte ou au nourrisson.
Fumer tue certes mais surtout tuer fume. Comme tuer, fume un gosse de banlieue, comme tuer, fume une population Irakienne.
J’essaie de comprendre cette étrange civilisation qui interdit de s’en rouler une dans les pubs et autorise la bombe à fragmentation. J’essaie de comprendre cette étrange société qui semble nous materner et qui sur un coup de clairon nous envoie, pauvre merde à canon, crever par milliers au nom d’un gros mensonge. Quand l’hécatombe se fait  » dégâts collatéraux « , quand le missile se fait  » frappe chirurgicale ». Quand le carnage se fait au nom du « zéro mort idéologique « . Quand le glissement sémantique édulcore l’arnaque.
Que l’on interdise les cigarettes en chocolat au nom du danger de modélisation paternelle soit ; mais alors quid de la mitraillette en plastique ou du jeu vidéo  » tripes à l’air  » ?
Nuit grave la cibiche, nuit pas grave le napalm.
Nuit grave la sèche, nuit pas grave la dioxine.
Nuit grave le mégot, nuit pas grave l’oxyde de carbone.
Nuit grave la taffe, nuit pas grave les armes en vente libre au nom de je ne sais quel amendement de la constitution Yankee.
Au non du bien contre le mal et Dieu en bandoulière, au nom de la civilisation face à la barbarie. on légalise consciencieusement la torture en écrasant réglementairement nos mégots.
Mais sur qui ?
Le dernier bistrot de mon village natal vient d’être remplacé par une pharmacie. Dois-je m’en réjouir ? Et que dois-je dire à cette femme quasi lobotomisée qui m’adjure d’arrêter de fumer tandis qu’elle aligne devant elle ses cachetons multicolores, ses drogues sur ordonnance prescrites par le lobby des labos pharmaceutiques : Neuroleptiques analgésiques, anxiolytiques, psychotropes ; toute cette palette d’abrutisseurs légaux, d’empêcheurs de penser avec sa tête, de souffrir même, de se confronter à sa propre mélancolie, au monde anxiogène, de l’affronter ou de le changer. Sans parler des stéroïdes, corticoïdes, amphétamines et autres anabolisants au nom de la compétitivité et de la performance.
Un esprit sain dans un corset
Alors patchons nous et mâchons en choeur notre chewing-gum sauce Nicorette et alors bienvenue à la vie épilée sous les bras, à la beauté plastique et froide, à la modération et au tiède. Roulons sage, buvons sobre, baisons sous cellophane jusqu’à s’aseptiser morose, se formater conforme, jusqu’à crever d’ennui.
Le siècle dernier nous avons gagné trente ans d’espérance de vie. Mais à quoi bon, si ce temps-là est consacré à la Star Ac, à Jean-Pierre Pernaut, à offrir docile son temps de cerceau disponible à coca-cola.
Il fut un temps ou la fureur de vivre, ou vivre vite, ou vive libre…
Vivre tue !!! alors pourquoi ne pas choisir par plaisir, névrose ou vice sa propre aliénation, par goût, par provocation, par réflexe anti-pavlovien. Oui j’ai le droit à mon crabe intime, à mon tas de cendres ; à me laisser émouvoir, après l’amour, par les deux mégots enlacés dans le cendrier, dont un avec rouge à lèvres. Droit à l’odeur somptueuse du sexe et du tabac froid sur les doigts, du mélange nicotine et cyprine, du café-canard-clope matinal au bistrot.
Addict d’accord, toxo, d’accord, dépendant à mort d’accord. Pour sûr que je les connais les trucs et machins du mec sans allumettes, le soir à la maison : le brûleur de la gazinière, la flamme du chauffe-eau, la résistance du grill pain. Aliénation oui, aliénation renforcée au chlore, à l’ammoniaque, à la sauce accro oui mais cette aliénation-là est ma liberté.
Quelque part, à se conformer à l’hypocrisie ambiante, à l’hygiénisme idéologique, à ne pas résister aux diktats institutionnels pseudo vertueux, nous nous laissons abuser. Le pire danger n’est pas celui que l’on décrète mais celui que l’on masque derrière un écran de fumée.
Oui quelque part, ne pas fumer tue.
tgb

la politique à semelles compensées


DE L’USAGE DU TABOURET EN POLITIQUE.
Debout sur la pointe de ses ergots le coquelet Sarko, crête dressée tout en pâmoison sert la louche du maître du monde : Bush.
A l’instar de son clone, le stagiaire en Franquisme explosé en vol, Aznar, Sarko est enfin sur la photo. Cheese !!! Cliché recalé, tabouret sous les pieds ou angle approprié qu’importe, le mètre 68 d’arrivisme forcené se voit hissé au sommet du monde, quasi au niveau du mètre 83 du représentant himself de la civilisation du bien du bon et du mou du bonnet : c’est dire si le petit Nicolas prend de l’altitude.
On se demande déjà comment le paltoquet de l’intérieur peut croire se grandir à serrer la pogne d’un méchant crétin, menteur, tricheur et loser comme pas un, fusse t’ il maître du monde, et comment accessoirement en crachant son venin sur les valeurs de la France, du pays joyeux de l’obésité, il pense conquérir le cœur des français mais passons, cette obsession curieuse de ne pas se sentir à la hauteur et de faire des pointes en tutu à côté des tout puissants à quelque chose de pathétique.
Putain ! que son mètre 68, le nabot en campagne l’assume, car comme disait Coluche  » la bonne hauteur c’est quand les deux pieds touchent le sol  » . Napoléon que je sache n’avait pas besoin de semelles compensées pour livrer bataille et conquérir l’Europe et si De Gaulle est rentré dans l’histoire il ne le doit pas spécialement à son double mètre mais bien à sa dimension intrinsèque.
Mais voilà, effroyable vérité, évidence révélée, le killer de l’ump, l’Iznogood des commissariats, le vrp des médias souffre d’un terrible complexe d’infériorité. Le suffisant du haut de son insuffisance n’a pas confiance en lui. Il se fantasme grand et il se sait petit. Et c’est son drame.
Sarko est tout en gueule certes, tout en flash- ball, tout en plan médias, tout en annonces klennex, tout en sondages bidons mais concrètement et au bilan, Sarko est petit bras, petit joueur, et c’est sans doute pour cela qu’il kiffe à ce point la matraque. On se rallonge, ou se rassure comme on peut.
Sarko est limité. Sarko est petit. Sarko est court.
Petit dans sa frénétique et désespérée course à la grandeur, petit dans ses gesticulations liberalo-communautaro-atlantistes, petit dans la cour des grands rêvant de prendre sa revanche (un jour quand je serai grand…), petit dans sa volonté obsessionnelle de prendre le dessus. Court dans ses discours démagos-populistes, court dans son programme néo-con, court dans sa drague scabreuse du pire du show – biz, de tout ce que compte la France de vieux, de rance, de ringard et de pétomanie, bref de TF1, court au milieu de sa cour de son arrière-cour et de sa basse-cour de larbins, d’opportunistes et autres laquais des médias, court sur pattes et court toujours.
Il nous faut donc l’admettre, l’hystérique de Neuilly, le Nabo Premier de l’ump, dans son immense ambition n’est pas un géant, c’est juste un petit monsieur à l’intérieur et c’est là que ça coince.
Si on se fiche bien de connaître ses mensurations, ( il n’y peut rien et je suis encore plus petit que lui) qu’à son age il n’ait pas encore pris conscience qu’on ne se grandissait pas en montant sur un tabouret me fait envisager le pire. Car au delà de ce qui ne pourrait être qu’anecdotique, sa volonté de dominer son monde et son incapacité à se dominer soi-même, ce hiatus là, il nous le fera payer cher et au Kärcher.
tgb