Et je leur donnerai, dans ma maison et dans mes murs, un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés » Bible, Isaïe 56 Ma grand mère s’appelait Andréa Bertin. C’était une petite dame, solide et frêle. Elle est morte, il y a deux ans à l’age de 99 ans. Mon grand père s’appelait Marius Bertin. Il est mort , il y a longtemps, au début des années soixante. De lui je ne me souviens que de sa jambe de bois, substitut d’une jambe qu’il avait perdue à la guerre de 14 et de son béret noir. Ils vivaient en Savoie. Discrètement, modestement et dignement. Leurs deux noms sont aujourd’hui inscrits sur le mémorial de Yad Vashem en Israël. Ils font parti des 2646 Justes de France. J’ai appris très tard leur acte de courage. Ils ne s’en vantaient pas. Ils avaient, au péril de leur vie (arrêtés, interrogés par la Gestapo…) sauvés deux petites filles juives, pendant que les parents des fillettes, dénoncés, étaient raflés par la milice. Ces deux petites filles, ils les avaient cachées, puis fait passer en Suisse, par un réseau que mon grand père avait contacté. Ces deux fillettes sont aujourd’hui grands-mères, elles habitent dans l’est de la France et par leur témoignage, ma grand-mère a eu le bonheur d’être reconnu et honoré avant de mourir. J’ai filmé ma grand-mère racontant cette histoire. Je savais qu’un jour ce récit ferait trace, aurait une valeur historique. Quand elle raconte, elle n’a pas le sentiment d’être une héroïne. Elle pense juste que ce qu’elle a fait, au côté de mon grand père est normal. Elle a juste le sentiment d’avoir fait ce qui était à faire. Ce que n’importe qui aurait fait à sa place dans ces circonstances. Et pourtant n’importe qui ne l’a pas fait. Pendant la dernière guerre, Il y eut de sales gens, il y eut de braves gens aussi et des gens admirables. Il y eut surtout une immense majorité de gens dans la lâcheté ordinaire qui regardèrent ailleurs pour ne pas voir. Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit : je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit : je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit : je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit : je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester. Martin Niemöller (1892-1984) à Dachau Je suis fier de mes grands parents. J’aimerais avoir leur force et leur courage. Etre à la hauteur de ce qu’ils furent et de ce qu’ils firent. Quoiqu’il arrive avoir sauvé une vie suffit largement à remplir et à justifier la sienne, il me semble. – quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier – le talmud Mais paradoxalement je me dis que les justes d’aujourd’hui sauvent des Palestiniens. Et je me demande, comment un peuple qui a tant souffert et qui a engendré Freud se retrouve à ce point dans un tel schéma à répétition. J’ai été frappé et je frappe. Bien sûr je ne compare pas la répression des Palestiniens au génocide des juifs et à la Shoah. Evidemment Sharon n’égale pas Hitler. Mais que d’humiliations, de mépris, d’assassinats ciblés ou pas, d’emprisonnements sans jugement et même de tortures. Mais que d’enfants tués. Massacrés. Estropiés. Traumatisés. Mais quel terrible apartheid. Pour moi les justes ici et aujourd’hui c’est le journaliste Gideon Lévy qui témoigne dans Harretz de la violence faite aux Palestiniens – Pour que les Israéliens un jour ne puissent pas dire – je ne savais pas- C’est Rony Brauman, subissant chantage et intimidations qui s’élève courageusement contre le traitement réservé à la Palestine C’est Eric Hazan éditeur insulté (éditions La Fabrique) qui dénonce dans les ouvrages qu’il publie l’oppression faite aux palestiniens C’est Charles Enderlin à qui des intégristes sionistes ont ignoblement décerné le prix Goebbels et qui témoigne par ses reportages C’est le sociologue Edgar Morin victime d’un procès stalinien, dans la stratégie d’un harcèlement judiciaire planifié, qui ose la vérité C’est Avi Magrabi réalisateur du magnifique documentaire – pour un seul de mes deux yeux – qui montre l’odieux quotidien des Palestiniens aux checks-points Tous ces justes d’aujourd’hui, Noam Chomsky, Théo Klein, Gisèle Halimi, Emmanuel Todd, Daniel Bensaïd, Miguel Benassayag… hurlent dans le désert contre leurs propres frères de sang, subissant l’opprobe du procés en Antisémitisme curieusement rebaptisé » judéophobie, haine de soi ou juif honteux « , les tentatives incessantes de les faire taire, les stigmatisations, les pressions médiatiques et même les menaces de mort régulières proférées anonymement par des extrémistes hyper-nationalistes ayant retourné l’art de la persécution. Quand le triste réseau de nos piètres philosophes se mobilise pour un falot Redeker qui se levent pour ceux là ? Ces justes, comme mes grands parents, par leur parole ou leurs actes sauvent l’honneur de tout un peuple et de toute une communauté qui piteusement par confort, aveuglement ou idéologie regarde ailleurs. tgb
Photo : plaque commémorative en hommage aux justes – Allée des justes Paris 4eme.
830 000 naissances en France pour l’année 2006 d’après l’INSEE. Meilleur cru démographique depuis 1981 La France championne d’Europe de la natalité Cocorico fait le coq en emplumant la poule qui fait l’œuf. Avec un taux de fécondité d’un peu plus de deux enfants par femme, notre pays est devenu avec l’Irlande, le leader Européen de la fertilité, loin devant nos voisins, Espagne Italie Allemagne (1,4 enfant par femme) et damant le pion joyeusement à la soi disant jeune et nouvelle Europe de l’est planté à un taux lamentable de 1,3. La honte Ça bande mou du côté atlantiste, on dirait. Au risque de décevoir les adeptes de la pensée Ogino et décliniste, les Minc, le Boucher, Marseille, Sorman and co, les tristes cuistres de la Doxa ultralibérale qui avec leurs tronches constipées et filandreuses donnent effectivement plus envie d’infanticide que de procréation… la France est en pleine érection. La France enfante, la France engendre , la France coït et fornique gaillardement. La France Chiraquienne bande et investit dans la progéniture. C’est dans ce vieux pays de merde, morose, ruiné, surendetté, archaïque, sclérosé, peuplé de feignants et d’assistés accrochés à leurs sales acquis qu’on mise sur les lendemains radieux et l’avenir qui biberonne. Mince alors. C’est la France qu’est enceinte et les autres qu’ont la nausée. Pendant que les pays, bons élèves du FMI, se libéralisent, se compétitionnent, s’excitent à tout va sur leur courbe de croissance à deux chiffres et sacrifient la vie glop glop au profit pas glop, la France au fond de la classe, près du radiateur, galipette paillardement et pouponne de bon cœur. A vous dégoûter du productivisme. Plus les autres produisent, plus la France, cancre de l’occident, honte du libéralisme avancé, se reproduit. Loin des jérémiades de nos fades philosophes qui pétitionnent pour passer le temps, indifférents aux sondeurs alarmistes sur le moral des ménages et contrairement à la pensée conforme et toute ramollo des experts déclinologues et leur bistouquette itou, les Français ont la levrette fertile et printanière, l’allaitement allègre, la layette bleu blanc rose et fabriquent à tour de cuisses du petit lascar basané et gaulois histoire de bien faire chier les hypocondriaques de la météo capitalistique. Gloire à nos mères porteuses. Gloire à l’ovule et au spermatozoïde made in France que nous pourrons toujours à défaut de rééquilibrer notre balance commerciale avec Airbus exporter dans les autres pays hyper compétitifs et gérontophiles. Quand on sait qu’il y aura dans quelques années trente millions de chinois célibataires sans espoir d’accouplement légitime et un seul jeune chinois pour six aïeux (4 grands parents plus deux parents) pour assurer leur retraite (qui d’ailleurs n’existe pas) on se dit que certains pays en pleine croissance se préparent des gueules de bois carabinées. Sans doute viendront t’ils acheter chez nous leurs femmes comme nous le faisons aujourd’hui avec les jeunes asiatiques. Sans doute même que des Pascal Sevran bridés et moumoutés viendront faire du tourisme sexuel à Paris tout en vomissant des horreurs sur la bite des Français…. comme des lapins…mais je m’égare. En attendant et tant pis je me lance au risque de choquer, de faire dans le pur mauvais esprit déviationniste et sournois et si et si….mais je délire grave je m’en excuse d’avance si tout simplement si, dans cette France qui régresse tous les jours au classement des pays qui n’en veulent… si ce boom démographique… je vous jure je ferais mon autocritique chez FOG juste après si ce boom démographique était tout simplement un plébiscite pour le modèle français. Oui je sais, j’exagère. Mais rassurez vous j’ai honte. Si ce boom démographique était lié à notre art de vivre, à la qualité de nos services publics, au confort de notre protection sociale, à notre immigration soluble dans notre laïcité et même, mais là c’est du pur terrorisme intellectuel, à nos 35 heures… Et si, mais je ne voudrais pas me faire casser la gueule par les baltringues de la bande à Sylvestre, les tenants de la conformation mondialisée et de la norme iso machin, si notre modèle tout pourri à la Française qu’on devrait faire un gros complexe vu qu’il est la honte de l’humanité formatée, si ce modèle arriéré y était pour quelque chose ? Si la France avait un peu raison et les autres avaient tort. Et au risque d’accabler les déclinistes atrabilaires et de les replonger dans leur catéchisme mercantile et leurs calculettes chagrines, si tout ce qu’on nous raconte à longueur de médias de marchands de canons était une pure escroquerie ? Vu sous cet angle…comme un vertige mais bon…nonobstant ces considérations décalées et fiévreuses… et loin des propos émollients des marchands de prosac neuronal La France fait l’amour et l’amour fait des enfants La France produit encore ce qu’elle sait faire de mieux. Du petit Français (de la petite Française aussi évidemment et encore mieux) Chieur, râleur, cavaleur et vivant et c’est la meilleure de toutes les armes de dissuasion. Et pour citer Frédéric Dard véritable philosophe, autrement plus crédible qu’un Luc Ferry spongieux ou qu’un Comte Sponville pontifiant « Quitte à finir dans un trou autant qu’il y ait du poil autour »
Pendant que Sarko en auto-promo, le caïd des bazars, maquille les chiffres de la délinquance comme d’autres maquillent les bagnoles : la peur recule. Tu parles ! Moi, ma peur de Sarko augmente chaque jour Pas fini ce mec. Resté grave coincé quelque part quand il était petit Ça sent le compte à régler La vengeance froide et paranoïaque Et j’aime pas. Ce Vieux jeune, ce néo-ringard a le parfait profil du tocard Made in Celio Genre VRP des assurances avec plan de carrière et caravane. Sarko c’est La France camping conseillé en com par le Bonston consulting group (bcg) Conseil en stratégie ultralibérale. Ça jette et ça tape à côté. Quelque chose fonctionne pas et tant mieux. Sauf que la bravitude camarade ça me rassure pas non plus. La Novlangue a fourché d’accord Le Barbarisme du haut de la muraille de chine ou sœur Ségolène se la pête un peu a fait flop Ça arrive Le Néologisme rame dans la nuit de chine, mais faut de l’image coco Faut nourrir la bête médiatique Le feuilleton du vingt heures La star ac de la pensée sous vide Lui fournir son quota de pipole et de petits dérapages entre amis… Sauf qu’a force de ne rien dire ça finit par s’entendre Et à trop se la calculer ça finit par sentir l’impro. Et le toc. Alors que faire pendant que le psychopathe du pays des blancs becs le plus fort du monde, le shooté a l’Armageddon halluciné, l’idiot inutile du village mondial veut sa part d’ apocalypse avant de partir, histoire de pas rater sa sortie. Que faire quand on a le choix entre les prédateurs et les pré datés, à biberonner son quat’heures de tambouille électorale, de bouillie mercantile, de meeting «on va gagner » et de slogans infantiles avec édulcorants… Que faire ? les soldes ? Ou tout solder ? Solder l’actu à deux balles Les experts en tout et en que dalle Solder l’agression raciste du Marais par la ligue de défense Juive, cette ligue de défense juive, (LDJ) interdite en Israël et qui casse du bougnoule en plein Paris sous l’impunité zéro du ministre de l’intérieur et du candidat à l’extérieur. Enième agression raciste qui n’intéresse évidemment aucun média et surtout pas Eric Fottorino, le scrupuleux et ambitieux directeur de la rédaction du «Monde», notre journal de référence, qui s’engage à faire « des choix encore plus radicaux » (chouette alors) et déclare : – Nous allons lancer ce mois-ci un supplément consacré au patrimoine et aux placements : les publicitaires nous disent qu’il y a là un gisement de recettes – Quel beau métier journaliste !!! Allez zou Grande braderie Quinzaine commerciale Tout doit disparaître avant la Nouvelle collection printemps été : Un autre monde est possible.
Pour un seul de mes deux yeux…hurla Samson ivre de vengeance avant de faire s’écrouler les deux colonnes du temple sur les Philistins. 3000 morts comme le bilan macabre des deux Twins Towers comme le nombre de Gi américains tués en Irak…. pour rien pour la vanité médiocre d’un président dévot sûr d’incarner le bien et infoutu d’en faire. Dans l’intérêt étroit d’une caste d’affairistes à la fois juge et partie, pères la pudeur aux mains sales à la morale de riche, à la justice du plus fort. La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. (Paul Valéry) … Et tandis que l’on expédie vite fait mal fait le Saddam en enfer pour éviter d’aborder les questions qui fâchent et qui gênent aux entournures les occidentaux à l’éthique opportunément calquée sur leurs intérêts, Ban-Ki-Moon le nouveau secrétaire transparent des Nations Unis s’assoit sur les principes onusiens, histoire de pas trop déranger le boss. Encore un qui promet…. Sinon Edward Shaffer 23ans vient de sortir d’un anonymat qui lui allait fort bien pour incarner et il s’en serait bien passé le 3000ème enfant soldat sacrifié à Bagdad Quid du 2999ème et du 3001ème ? Quid surtout des 100 000 à 600 000 mille irakiens, victimes collatérales, qui garderont une image franchement mitigée de la démocratie importée à coups d’obus à uranium enrichi, de tortures légalisées, de zones de non-droit et d’énormes bobards. Drôle de tête de gondole cette démocratie-là. Comme appartement témoin le va-t-en-guerre Kouchner a dû rêver mieux. On a connu les gringos mieux inspirés en marketing. Bref Edward Shaffer à donc le triste privilège d’illustrer cette loi médiatique de la proximité (le km sentimental) et du nombre. On sera toujours plus sensible à la mort de son chat ou au visage d’Edward qu’à un massacre collectif et diffus au Darfour ou en Palestine, qu’à un génocide au Rwanda, qu’à un cataclysme dans un pays tout pourri du sud. 600 000 morts c’est personne Edward Shaffer c’est au moins quelqu’un. C’était. En cette année péniblement électorale où la figure imposée par le jeu d’une standardisation mondiale donne le choix considérable entre Ségodémocrates et Sarkorépublicains…une année où le capital continuera de se foutre royalement du travail et où l’argent continuera joyeusement à passer avant les gens, espérons au moins que celui qu’on enverra aux manettes républicaines ne sera pas un sale petit con pistonné et porté pâle prêt à envoyer à la mort d’un coup de signature joyeuse des petits Edwards Français, juste parce qu’il a un méchant complexe d’autorité à régler avec papa. Et espérons que cette France qui paraît- il décline (d’ après des sources proches de la machine à café) quitte à tomber vraiment finisse sur la tronche déjà pas réjouissante de Nicolas Baverez et de ses tristes acolytes. En attendant dans mon quartier quand une petite dame est en panne c’est le monde entier (un black, un indien, un rebeu et moi ) qui pousse la voiture et qui obtient la première victoire fraternelle de l’année : le démarrage chaotique dans un nuage toxique de fumée de la petite dame façon vroum vroum et c’est déjà pas si mal. Bonne année les gens. Comme on dit en COM ciblée et Ségolienne. tgb
. N’allez plus au théâtre, ça tue la télé !!!! Putain, j’avais décidé de finir cette année peinard et apaisé Et de commencer l’autre radicalement positif avec comme il se doit… moult résolutions, meilleurs vœux tralalala, champagne tsoin tsoin et espérances du genre – courage, on les aura… ben c’est raté. (on les aura quand même) Pas de trêve des confiseurs pour la connerie ambiante Pas de répit pour la conformation Orwellienne et Pascalesevrante Les abrutis en cette fin d’année pètent le feu et font du zèle. Entre deux dindes. Et décidément à l’actu vue de la Goutte d’or se substitue directement l’actu du cœur de la Goutte d’or, comme le microcosme ou le microclimat de la température générale. Et ça pèle. Après l’emblème arboré de rue-Affre (voir plus haut) Un autre symbole du quartier est menacé Le Lavoir Moderne parisien. Crée il y a 20 ans par Hervé Breuil son directeur, le LMP est la véritable institution culturelle et le lieu vivant de toutes les rencontres mélangées et festives du cœur de Château-Rouge . Cet Espace Multi-culturel et son bistrot ‘l’Olympic café’ est devenu l’indispensable et nécessaire point de ralliement et d’échange des 70 cultures et nationalités du quartier. Mais visiblement la politique électorale du moment semble assez peu portée sur le pluriculturel et les autorités compétentes à képis semblent voir en ce LMP plus un nid de dangereux islamo-gauchistes (expression chère à France Culture) plutôt qu’un lieu théâtral d’expression libre et décontracté. Quand le – Nous sommes tous des américains – parait ouvrir toutes les portes mentales de notre pseudo intelligentsia clairvoyante et Sarkozienne, le festival organisé par LMP – Nous sommes tous des africains – paraît plutôt vous les claquer méchamment sur les doigts. (les portes) Bref, le lavoir moderne Parisien se retrouve menacé de fermeture pour tapage nocturne (on ne va quand même pas leur foutre un procès-verbal direct pour apologie africaine et spectacles de nègres, ça ferait quand même mauvais genre) plus un ou deux autres prétextes tout aussi fallacieux et faux culs pour faire bon poids. On est en voie d’aseptisation générale et de kärcherisation accélérée et ça promet. On croyait s’être enfin débarrassé de l’Optic Johnny en Suisse et voila que c’est l’aseptisation Suisse qui revient nous blanchir au cœur de Paris. Ben merde. Les ringards font du zapping – N’allez plus au théâtre, ça tue la télé – qu’ils disent la matraque en érection. Face à cette méchante volonté de nous faire faire là où on doit faire, continuons de pisser joyeusement aux quatre coins de nos territoires et défendons les. Et je finis sur ma note d’intention résolument combative et positive pour 2007 Mieux mourir vivant que vivre mort et con. LMP vaincra !!!!!!! Signez et faites signez d’urgence ! : http://www.rueleon.net
. L’arbre de Château Rouge. Emblème modeste et résistante du blog Rue-Affre. Le seul à avoir son portrait craché sur notre page d’accueil Planté seul au milieu de l’intersection de la rue Doudeauville et de la rue des Poissonniers. Encore jeune. Chétif. Courageux. Faisant ce qu’il peut pour marquer les saisons. L’arbre de château rouge Ses feuilles dorées en automne Sa guirlande de noël minable accrochée dans ses branches jusqu’en été. Son terre plein central Sa fragile grille de protection. Caution écologique municipale accordée aux pauvres. L’unique espace vert du quartier. Tant le végétal est aujourd’hui un luxe. Comme un arbre dans la ville…(Maxime Leforestier) L’arbre de Château Rouge Un Ginkbo biloba. Espèce originaire de Chine. Implanté en Europe en 1765. Pouvant vivre jusqu’à 2500 ans Véritable fossile vivant, apparu il y a 380 000 000 d’années. (quand nous du genre Homo allons gentiment sur nos trois millions d’années, quand nous Sapiens atteignons à peine nos 200 000 ans) Qui a survécu aux dinosaures. Qui a survécu à Hiroshima. Dur à la pollution Dur aux co2 Humble participation à l’oxygénation de Paris. (ils ont mis un compteur à l’eau, à l’énergie, je savais qu’ils mettraient un compteur à l’air que l’on respire. Je me demandais juste comment ils allaient marchandiser l’oxygène. Ils ont trouvé. Les accords de KYOTO – Acheter des droits de polluer en fonction des rejets nocifs de chaque état – chapeau !!!) J’aime les arbres. C’est peut-être mon seul point commun avec Mitterrand. J’aime les arbres au-delà du raisonnable. J’en plante un chaque année. A la Sainte Catherine – Là où tout arbre prend racine. J’aime l’idée qu’il faut des dizaines d’années pour les voir grandir Et cinq minutes pour les détruire. Et résister à cette pulsion. J’aime ce défi à notre rage de produire. De consommer vite, de ne plus prendre le temps de rien. Le temps, dernier domaine à résister au profit. A l’industrialisation. Au code barre. L’arbre de Château-Rouge Il n’y en avait qu’un C’était encore trop. On vient de l’abattre pour travaux de voieries. Je suis comme Idéfix. Un arbre par terre. Je hurle à la mort. tgb
Mon cadeau de noël :
Cahier des charges
Supposez que j’aille frapper à la porte d’un architecte fameux, Portzamparc, Celnik, Nouvel, Ebersolt ou Chemetov : le gratin de la profession, dans un cabinet ultra-moderne où, entre plantes vertes et lumières tamisées, travaillent des dizaines de personnes. Imaginez ce genre de dialogue : « Bonjour, maître. Si je vous demande de me construire une tour de 60 mètres de haut, cela vous paraît-il possible ? – bien entendu, je sais faire cela, j’en ai fait des centaines dans les années 1960 et, entre nous, ce n’est pas bien malin à construire ! mais vous savez, les tours de quinze étages, c’est un peu passé de mode ; on me dit que c’est désagréable à habiter et que cela génère l’insécurité. Souhaitez-vous que je travaille particulièrement la question de la fiabilité des ascenseurs ? – Maître, vous n’y êtes pas, il ne s’agit pas d’une tour d’habitation. D’ailleurs elle n’est pas creuse, mais pleine et la surface au sol doit être circulaire et d’un diamètre de 2 mètres – Holà ! comme vous y allez…voyons, laissez moi réfléchir…60 mètres de haut et 2 mètres de diamètres basal…votre tour, va ressembler davantage à une antenne des télécoms qu’à un vrai immeuble ! – Pas du tout, j’ai omis de vous dire, que la partie haute – disons, les 20 mètres supérieurs – doit porter une vaste surface, souple, finement découpée mais solidement fixée et se montant à un total d’environ 15 hectares pour un diamètre d’environ 30 mètres. Puis-je, en outre, vous demander de peindre tout cela en vert pomme ? « A ce moment précis, j’ai senti que le dialogue basculait. C’est le maître lui-même qui devint vert. – Quoi, hurle-t’il, vous imaginez un peu la prise au vent que va occasionner une telle superstructure ? Il va falloir que je creuse des fondations à plus de 15 mètres de profondeur. – J’en suis désolé, maître, mais la profondeur des fondations ne doit pas excéder 3 mètres. J’ajoute que j’ai l’intention d’établir ma tour sur un sol meuble et très humide, dans un pays à climat équatorial où il tombe 3 mètres d’eau par an. – Quoi ? vous êtes fou ! je ne la sens plus du tout, votre construction. Vous imaginez les corrosions, avec une pluviométrie pareille ? Je vais devoir faire appel à des matériaux ultra-sophistiqués, genre composite de titane et de plastique enrichi au tungstène, donc excessivement coûteux. Cela va vous coûter la peau des fesses, vous y avez pensé à ça ? – Bien sûr que j’y ai pensé. Hélas pour vous maître, le matériau doit être banal, léger, capable de flotter sur l’eau et d’un prix réellement attractif, quelque chose comme 500 euros le mètre cube au maximum, et beaucoup moins si possible. – Un tel édifice n’existe pas et n’existera jamais, rugit le maître. Assez ! Vous me faites perdre mon temps ! Allez-vous-en… »- Je suis parti ; ce n’était pas la peine de le pousser à bout. D’autant plus que mon cahier des charges n’était pas fini. Et que je ne lui avais pas encore avoué le plus grave : si par malheur le vent abîmait ses superstructures, ma tour devait être équipée pour s’auto-réparer dans un délai de quelques mois. De plus avec le temps, je voulais qu’elle soit capable de s’entourer de petites tours, identiques à elle-même, et poussant spontanément. La morale de cette histoire, c’est que l’être humain, en dépit de toutes les prouesses technologiques dont il est si fier, est toujours incapable, en ce début de troisième millénaire, de construire un grand arbre ; un petit aussi d’ailleurs. Pour l’instant, tout ce qu’il sait faire, c’est de l’abattre, et ça il ne s’en prive pas. L’arbre est beaucoup plus impressionnant qu’on ne le croit ; il est infiniment mêlé à notre vie, à notre histoire, à notre vision du monde et même, je pense, à notre origine en tant qu’espèce. J’ai voulu montrer que l’arbre, pour nous, s’étend plus loin que l’extrémité de ses branches et s’enfonce plus profond que ses racines.
Francis Hallé – Plaidoyer pour l’arbre – Actes Sud
Johnny Hallyday notre Jeannot Vacances national, l’idole des jeunes de plus de 60 ans, supporter enthousiaste d’un certain ministre de l’intérieur aime tellement la France qu’il la quitte. Attiré irrésistiblement par ses racines Belges, il devient Suisse. C’est dire sa fibre nationalo-sentimentale et la cohérence de sa géographie intime. L’auteur inspiré et toujours pertinent de cette citation exemplaire (lors du référendum sur la constitution Européenne) : – Si le « non » l’emporte, il y aura plein de gens qui quitteront la France. On ne peut pas, nous Français, rester en dehors de l’Europe. Ce serait faire marche arrière, ce ne serait pas bien. Je me sens européen, je suis bien partout en Europe : en Italie, en France, en Espagne, au Maroc » – installe donc son capital affectif et sa culture géostratégique à Gstaad dans son chalet enneigé où il pourra allier les joies du forfait poudreuse (dans le nez) aux intérêts du forfait fiscal helvétique. Une affaire. Il s’y retrouvera en bonne compagnie. Dans le palmarès des 300 plus grandes fortunes Suisses on retrouve 20 français économiquement exilés que l’on peut classer en trois grandes catégories : les artistes, les sportifs et les retraités. Parmi eux tous n’adhèrent pas au comité de soutien du petit Nicolas, mais on y repère quand même quelques amis choisis du nabot entalonné, comme Richard Virenque (à l’insu de son plein gré) ou Corinne Bouygues, la soeur de l’ami personnel… Curieux, comme les membres du fan-club du premier flic de France expriment leur amour pour la France. Comment l’aiment t’ils ? Visiblement de loin. Combien l’aiment t’ils ? Visiblement pas au point de contribuer financièrement par l’ISF à son développement. Il y a de ces slogans démagos et pourris adressés aux petits délinquants clandestins – La France tu l’aimes où tu la quittes – qui reviennent comme en boomerang dans la gueule de certains délinquants financiers. Et c’est marrant à voir. Moins marrant en revanche de constater que quand un immigré travaillant en France paie des impôts, il n’a pas pour autant le droit de vote alors qu’un réfugié économique en paradis fiscal conserve le sien. Plutôt dégueulasse non ? La dream team de Nicolas S. déjà pas particulièrement relevé par le niveau de son QI (l’affligeant Barbelivien, le benêt Steevie, le pétomane Bigard…) continue de défrayer la chronique avec les déclarations eugénistes du ringard gominé Sevran, avec le redressement fiscal de 700 000 Euros du pseudo rappeur Doc Gynéco et avec ce départ au pays de la raclette de notre Jojo Aquecoucou (suisse) tout en godille. Sûr qu’avec des amis comme ça, Sarko l’embrouille n’a pas besoin d’ennemis. tgb
Quand la vigie de la Santa-Maria dans la nuit du 12 octobre 1492 à 2H15 cria ‘terre’ un grand malheur s’abattit sur le monde : Christophe Colomb découvrait l’Amérique (les Caraïbes surtout) Et les Indiens, le génocide. Pas du gagnant – gagnant, à priori Mais d’abord Colomb ne découvrait rien du tout. D’abord parce que ce continent était répertorié, cartographié depuis l’Antiquité (géographie de Ptolémée). Ensuite parce qu’au moyen age, pendant que nous pensions encore que la terre était ronde, les Vikings, les Chinois y étaient passés bien avant nous sans en faire un fromage. Enfin l’Amérique, et on retrouve bien là l’ethnocentrisme nombriliste de l’homme blanc enfariné, existait bien avant Colomb et c’est surtout les Amérindiens et leur culture millénaire qui découvraient Colomb et ses mousquetons. Ils les sentirent passer. Le visage pâle, représentant évidemment le nec plus ultra de la civilisation, cette civilisation supérieure aux autres, chère à Berlusconi (il n’y a qu’à voir ses programmes télés pour s’en convaincre) fit connaître à l’indigène et en formation accélérée, la couverture infectée de vérole et de tuberculose, le scalpe, la famine, le génocide culturel, l’esclavagisme, une lente et minutieuse extermination et plus tard, des notions aussi abstraites et sexy que la croissance, l’indice boursier ou le benchmarking. Enfin et pour preuve évidente de notre culture sophistiquée, l’obésité, l’ouvre boîte électrique et la carte Américan express. Ils apprirent aussi à l’autochtone ignare et nomade ; la sédentarité, la propriété privée, la ruée vers l’or, l’alcoolisme… A ce peuple collectif et solidaire ; l’individualisme, la compétitivité, l’égoïsme, la spéculation … Et des sentiments aussi nobles que la cupidité, la vénalité et l’avidité pour bien surexploiter, surconsommer et sur-gaspiller à en épuiser la planète. Le toujours plus… Plus de mayonnaise, plus de frittes, plus de coca, plus de ketch up, plus de super super géant, plus de méga menu XXL. Plus de tout et tout de suite. Le barbare en resta comme deux ronds de cheeseburger et disparut. Avant l’homme blanc : huit millions d’indiens et 60 millions de bisons. Apres : quelques milliers d’indiens et 23 bisons (10 000 aujourd’hui) Depuis que la voix du chamane et le son du tam-tam se sont tus, mon sentiment profond est que l’humanité s’est trompée de civilisation et a choisi l’autodestruction plutôt que l’harmonie. Sans idéaliser le mythe du bon sauvage (j’ai lu Lévy Strauss, faut pas croire) ou me laisser aller à l’utopie du paradis perdu et sans culpabilité inutile (pas désespérer ce pauvre Bruckner….) je suis convaincu qu’une forme de douce autarcie, de sage autosuffisance et d’écologie sereine s’est perdue en route. Et je suis en manque. Mais dans ce monde Hollywoodien si subtilement découpé en deux catégories : les bons et les méchants, raisonnons binaire, raisonnons Cow-boys et Indiens. En France aujourd’hui les Indiens tiennent les murs des cités, s’appellent Mouloud et fument le calumet de la castagne avant de se faire matraquer par les tonfas des cow-boys qui défendent le haut du pavé. C’est-à-dire nous. En Irak, les Indiens arabes servent d’ennemi à un peuple de cow-boys ayant un irrépressible besoin de se prouver qu’ils sont des héros. En Israël, les juifs, après avoir été les Indiens exterminés des nazis se muent en cow-boys enragés des palestiniens. On peut avoir été indien et devenir cow-boy, simple affaire de pouvoir et de bombes à fragmentation. On est tous finalement le cow-boy de l’un et l’Indien de l’autre. Mais les véritables Indiens restent d’Amérique et o miracle, Geronimo est de retour. Non seulement dans le visage cuivré d’Evo Morales et de son pull made in Bolivie mais d’une manière générale, partout en Amérique du sud au nord comme en Oklahoma par exemple. Les Seminoles, peuple de guerriers insoumis et jamais vaincu ( ils n’ont jamais signé de traité de paix qui ne leur a d’ailleurs jamais été proposé) sortent de leur réserve. Ce peuple, réduit à quelques centaines d’individus au début du XXe siècle et aujourd’hui fort de 10 000 âmes est en pleine renaissance. Renaissance, grâce à la manne des 400 casinos disséminés dans 28 états d’Amérique. Manne plus efficace que toutes les aides sociales et l’assistanat infantilisant. Efficace car gérée collectivement et redistribuée à la communauté dans des projets sanitaires et éducatifs. Les Seminoles donc, viennent de racheter la chaîne des ‘Hard Rock Café’ ; 124 établissements de par le monde et pour une fois voilà une OPA qui remplit de joie mon tipi parisien. Je vous rappelle quand même pour plomber l’ambiance (faudrait pas exagérer) que le prisonnier politique Léonard Peltier, militant du American Indian Movement, accusé du meurtre de deux agents du FBI, clame son innocence dans les geôles Yankee depuis 1977. Un pow wow en son nom…. tgb
Petit plus : un texte à la fois poétique et prophétique du chef indien Seattle à conseiller d’urgence à Nicolas.
Hulot pas l’autre…
Nous sommes peut-être Frères
Paroles du chef Seattle :
Le Grand Chef Blanc, à Washington, nous salue avec de l’amitié et de la bonne volonté. Ceci est gentil de sa part, car nous savons qu’il n’a pas besoin de la nôtre d’amitié. Il nous fait savoir qu’il veut acheter notre terre et nous laisser une réserve pour y vivre sans encombre. Cette offre paraît juste et même généreuse, car l’Homme Rouge n’a plus de droits à faire valoir face à l’Homme blanc qui peut venir avec ses fusils. Mais, comment pouvez vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment pouvez-vous les acheter ? Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’Homme Rouge. Les morts des Hommes Blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils s’en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’Homme Rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme : tous appartiennent à la même famille. Aussi, lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon à ce que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considèrerons, donc, votre offre d’acheter notre terre, mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée. L’eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée, et vous devez apprendre à vos enfants qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’évènements et de souvenirs dans la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos soeurs : elles étanchent notre soif, portent nos canoës et nourissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler, et enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos soeurs, et les vôtres, et vous devrez alors montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une soeur. Nous savons que l’Homme Blanc ne comprend pas nos moeurs. Pour lui, une parcelle de terre ressemble à la suivante car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur, mais son ennemie, et, lorsqu’il l’a conquise, épuisée, il va plus loin. Il abandonne même la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux, et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert. Nos moeurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’Homme Rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’Homme Rouge est un sauvage et ne comprends pas. Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’Homme Blanc. Nul endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas ? Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t’il a vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un Homme Rouge et ne comprends pas. L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant comme une flèche à la surface d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon. L’air est précieux à l’Homme Rouge, car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle. L’Homme Blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire : comme s’il mettait plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, qu’il partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devrez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’Homme Blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés. Nous considèrerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidions de l’accepter, j’y mettrais une condition : l’Homme Blanc devra traiter les animaux de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’Homme Blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous tuons, nous, uniquement pour subsister. Qu’est ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes les choses se tiennent. Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons toujours enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons au moins ceci : l’homme appartient à la terre. Cela nous le savons. Toutes les choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes les choses se tiennent et tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même. Même l’Homme Blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons et que l’Homme Blanc découvrira peut-être un jour : c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre : mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’Homme, et sa pitié est égale pour l’Homme Rouge et le Blanc. Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre c’est accabler de mépris son créateur. Les Blancs aussi disparaîtront. Peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus. Mais en mourrant vous brillerez avec éclat, ardents de la force de Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier, vous a fait dominer cette terre et l’Homme Rouge. Cette destinée est mystère pour nous, car nous ne comprenons pas. Quand les bisons seront tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés de l’odeur de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent. Alors où seront les fourrés ? Disparus. Où sera l’aigle ? Disparu. Et cette disparition marquera la fin de la vie et le début de la survivance.
Hugo Chavez, le Simon Bolivar Vénézuélien vient d’être plébiscité par 61 pour cents des électeurs. Ça casse l’ambiance dans le paf socio-démocrate et bon teint de notre hexagone juste pensant. En effet ‘Libération’ (qui avait sorti l’intox : Chavez ‘antisémite’) et ‘Le Monde’ vont devoir ramer sévère pour nous expliquer comment un « dictateur populiste » peut être élu démocratiquement et triomphalement contre la quasi-totalité des médias privés de son pays. (mais rassurez vous, ils ont des idées) Quand même, qu’est ce que c’est que ces électeurs Vénézuéliens qui préfèrent aux joies du LIBRE marché et de la sublime compétitivité des choses aussi futiles que l’éducation ou la santé ? Et pendant qu’on y est pourquoi ces autochtones attardés ne nationaliseraient-ils pas les terres en friche des grandes Latifundiaires ou même les matières premières du pays – eau – gaz – pétrole…- si généreusement exploitées par des multinationales étrangères extrêmement compétentes ? Faudrait voir à ce que ça ne donne pas des idées à l’Afrique par exemple. S’accaparer ses propres ressources…quelle faute de goût !!! Ces indigènes-là sont-ils vraiment mûrs pour la démocratie ? Déjà que le peuple Français a voté non à une géniale constitution Giscardienne malgré les éclairages affectueusement matraqués de l’intelligentsia française…Y’a des jours, je vous jure, faudrait dissoudre ces peuples un peu cons qui préfèrent défendre leurs intérêts plutôt que ceux des classes privilégiées clairvoyantes. En plus croyez vous que Chavez s’excuserait auprès du gouvernement Bush d’avoir fait échouer le coup d’état des patrons et de la CIA en 2003 ? Même pas. Ce sale provocateur au contraire, ose retourner le compliment de ‘Diable’ à Bush en pleine séance de l’ONU et recevoir officiellement les diabolisés Loukachenko et Ahmadinejad, ce qui est fort peu diplomatique et un signe évident de mauvais esprit. Si on ne respecte plus le patron…. Alors que Fidel Castro enfin, bouffe son dernier Havane par les deux bouts à Cuba (là où est implanté un certain Guantanamo) voilà t’y pas qu’une autre grande gueule se met à hurler du haut de son balcon de Miraflores dans le mégaphone révolutionnaire empêchant (et c’est une honte) les gens du CAC 40 de s’écouter compter leurs bénéfices. Triste constat : l’Amérique du sud est à Gauche. Dangereusement émancipée de la tutelle paternelle et conviviale de son patron US. Un pur scandale. Heureusement dans cette gauche alternative, il reste quelques présidents fréquentables et bien élevés, ceux qui ne mettent pas les pieds sur la table du cocktail dînatoire libéral par exemple… Michelle Bachelet au Chili Ignacio de Lula au Brésil Tabare Vasquez en Uruguay Nestor Kirchner en Argentine (et encore… bien un peu populiste celui-là)… Et puis les autres, les infréquentables…ceux qui refoulent un peu du populo… Rafael Correa en Equateur Evo Morales en Bolivie Daniel Ortega le sandiniste échaudé au Nicaragua et le camarade Chavez au Venezuela. Une chance, la Colombie cocaïnée de Uribe et le Mexique (avec ses élections un poil frauduleuses) ont échappé à cette sale engeance. Certes il y a bien du côté de la ville d’OAXACA, une vague rébellion populaire contre la corruption du gouvernement et au Chiapas quelques Zapatistes folklos et un sous commandant Marcos pittoresque mais bon… l’essentiel est sauf : L’Alena (accord de libre-échange entre USA Canada et Mexique) Il est quand même consternant de constater que L’Amérique Bushienne, prise par ses laborieux travaux démocratiques et libérateurs en Irak ait oublié de fomenter quelques ‘golpe de estado’ dans son arrière-cour. Si les meilleures traditions se perdent… Manquerait plus que la patrie de Coca-Cola se voit soufflée le monopole tragique du 11 septembre au profit de l’autre 11- O9 – celui de1973 : Le coup d’état du Chili. En cette triste semaine où Pinochet se meurt et où Chavez est encore vivant est-il bien raisonnable de sabler le champagne ? Que viva Guevara…. tgb
Si Voltaire savait qu’aujourd’hui à Genève on ne peut plus mettre en scène son ’ Mahomet’ sans subir les menaces de certains cercles intégristes… Si Mozart savait qu’on se tâte sérieusement avant de jouer à Berlin son ‘Idoménéo’ par peur d’offenser les musulmans…. Si Nabokov et sa Lolita savaient que l’art est mis en examen au CAPC de Bordeaux pour (pseudo) pédo-pornographie… Si Jonathan Swift et sa » Modeste proposition sur les enfants pauvres d’Irlande » (1729) où il se propose de cuisiner les bébés pour leur éviter la misère, savait qu’Hans Bellmer a dû amputer de dix dessins son exposition à la Whitechapel Art gallery à Londres pour ne pas choquer les ligues anti-pédophiles… Ils seraient sur le cul. Et pas sur celui de ce triste crétin Michael Youn indigne représentant de l’humour industriel avec code barre et plume dans le…qui feint de croire que la provoc consiste à mettre son cul sur la commode. Si la vulgarité dérangeait à la télé ça se saurait. Et pendant que l’infantilisation scabreuse et obscène s’expose sur nos petits écrans, la pudibonderie faux cul, elle, s’attaque à ce qui dérange et transgresse vraiment (et c’est même fait pour ça) : La création. Tandis que Mickey se farcit Darwin Que les mythes et légendes se goinfrent les vérités scientifiques, Copernic, Galilée et Platon en sa caverne, s’hallucinent grave de retrouver sur une terre bientôt aussi plate que l’encéphalogramme plat des obscurantistes et des mauvais coucheurs, les deux mamelles de l’imbécillité : La censure et l’autocensure. On avance. Ligues de vertu, intégristes de tous poils, petits fachos en herbe, lobbies communautaires, parents d’élèves incultes, partout les faiseurs d’ombre éteignent les lumières et font péter les disjoncteurs. Rassurez vous de l’ombre, y’en a pour tout le monde : Pour la maison Girbaud, traînée devant les tribunaux par les évêques catholiques, rapport à leur détournement de Cène trop féminisé à leur goût Pour Fernando Botero ne trouvant aucun musée à New York pour exposer ces toiles inspirées des tortures D’Abou Ghraïb Pour la galerie Niçoise Helenbeck sommée, pour attentat à la pudeur, par la maréchaussée, de décrocher de leur vitrine une toile pastichant ‘l’origine du monde’ de Courbet. (Pas Julien, Gustave). Pour cette institutrice américaine attaquée par des parents d’élèves décérébrés par Fox News pour avoir osé emmener des enfants à une exposition de nus de Rodin Pour ces enseignants et artistes Algériens, Thaïlandais égorgés à la chaîne au nom d’Allah le miséricordieux. Etc…. Nous sommes par retour de matraque en pleine régression intellectuelle et culturelle. Et ça me fait flipper. Partout l’art, la culture et la connaissance reculent, au profit de l’ignorance crasse et de la médiocrité autorisée. Le très estimable Philippe Noiret parti rejoindre Marco Ferreri au paradis des empêcheurs de filmer en rond, confiait encore récemment lors d’une interview que réaliser aujourd’hui’la grande bouffe’ serait tout simplement impossible. Pourtant il faut le dire et le hurler : Oui, on peut rire de tout et surtout des puissants et surtout de ce qui fâche Oui, il faut exorciser nos peurs nos angoisses nos fantasmes Oui, il y a un droit et un devoir au blasphème Non, il n’y a pas de tabous dans la création Non, le comique troupier sous cellophane n’est pas drôle. Quand Sarkozy fait pression sur Publicis pour empêcher la campagne de pub de Télérama plutôt marrante et pas bien méchante : – Sarkozy devrait faire attention, voilà trois fois qu’il invite Michel Drucker à son émission ‘ vivement dimanche’ – Il nous révèle un manque d’humour sur lui-même assez navrant et un échantillon de ce qui nous attend s’il prend le pouvoir. Cela dit, l’interdit est le piment de l’expression. Il donne un sens à la création et l’art contemporain aujourd’hui, pataugeant dans un pur nihilisme déconcerté, pourrait y retrouver une âme. Si la liberté naît des contraintes, alors comme le disait Sartre (qui s’était planqué à la campagne) – on n’a jamais été aussi libre que sous l’occupation – Certes en Pologne au temps du Soviétisme aigu, un texte contestataire prenait de la valeur et se passait en Samizdat. Aujourd’hui que tous les livres sont en librairie, on préfère s’empiffrer aux rayons des Hypermarchés. C’est un choix. C’est même à se demander si une furieuse envie de démocratie n’est pas liée plus à une frustration de frénésie consumériste qu’à un besoin inextinguible d’exprimer des idées (quand on voit le taux de participation dérisoire aux élections polonaises…) Certes quand Vaclav Havel, croupissant dans les geôles Tchèques, devient un symbole de la résistance au totalitarisme, il a une autre gueule que celle de ce vieux bourgeois léchant les pompes de Bush et de Glucksman (c’est dire sa dégénérescence aggravée) Mais quand même, à l’heure des caricatures de Mahomet et du soufflé Redeker autant préserver notre espace d’expression tant qu’il en est encore temps. Oui, le piètre philosophe Redeker a le droit (et ça a l’air de lui tenir à cœur) d’aller à Paris Plage en string. Il n’est évidemment pas de la pointure d’un Salman Rushdie ou de l’admirable Anna Politovskaïa, mais même un obscur islamophobe à l’érudition approximative, jouissant enfin de son quart d’heure de célébrité mondiale (il va sortir un bouquin c’te blague) a le droit, tout comme Dieudonné d’ailleurs, de dire des conneries à table, sans qu’un abruti arriéré lui colle une fatwa sur le râble. En revanche ce qui serait assez fair-play, c’est que son comité de soutien, le fan-club des inénarrables pétitionnaires borgnes et atlantistes se mobilisent aussi pour lutter contre toutes les formes de censure y compris celles de leur propre famille (ainsi que ce cher Philippe Val ayant réussi la prouesse de faire de Charlie Hebdo une revue pour néo-conservateurs attardés). Car les fatwa, les lynchages médiatiques et autres autodafés rampants ne sont l’apanage de personne et sont visiblement à disposition de tous. ‘MOMO PALESTINE’ livre pour enfant de Robert Gaillot, Kheïra et Chérif Boudelal, publié en 2002 aux éditions Grandir, décrivant la vie d’un petit Palestinien pendant l’intifada, vient de se voir retiré de la Bibliothèque de Vence sous la pression de divers lobbies sionistes. Ce livre avait pourtant obtenu toutes les autorisations d’usage pour figurer dans les rayons de nos bibliothèques françaises… bref, Outre que cela n’a pas l’air d’émouvoir nos penseurs hémiplégiques et pétitionnaires de la main droite, ça n’a pas l’air d’émouvoir non plus le Landerneau médiatique (mais l’un explique sûrement l’autre). En tout cas vous pouvez (comme moi et comme l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) ) toujours écrire à monsieur le maire de Vence, le couard Pierre Marchou (ump) pierremarchou@ville-vence.fr pour le remercier de vous avoir fait connaître cet excellent ouvrage ‘MOMO PALESTINE’ que je m’empresse de commander et de vous recommander… tgb Dans le feuilleton – lapsus de la semaine – on retrouve le confus et dorénavant habitué Sarko à l’inconscient bien tourmenté : – Il y a des hommes et des femmes qui sont victimes de discrimination et je ne LES accepte(nt) pas- Et le nouveau venu et prometteur François Hollande : -…si l’on veut battre la gauche…- si c’est lui qui le dit….