Relativement périmé !

« Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique: ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement ». Albert Einstein.

Si, selon l’expérience fascinante des chercheurs du Cern, qui reste à confirmer tant elle serait révolutionnaire, les neutrinos vont plus vite que la lumière, c’est donc que la théorie d’Einstein, « cette limite infranchissable » est en partie caduque.

On le sait, une théorie est vraie tant qu’elle n’est pas réfutée. Toute vérité n’est donc que « relative » et provisoire.

Amis de la science-fiction, de l’utopie et de tous les possibles, si donc on peut aller plus vite que la lumière, alors et c’est tout simplement prodigieux, on peut remonter le temps.

Et ça tombe bien, vu que j’ai deux mots à dire à Adam Smith et comme le besoin irrépressible de foutre mon pied au cul de Milton Friedman.

Car si même la théorie du génial Einstein est dépassable, que dire alors du dogme fumeux et régressif de l’arnaque TINA : Il n’y a pas d’alternative.

Je vous laisse méditer sur ce « IL N’Y A PAS… » Sur ce que ce « IL N’Y A PAS… » induit en termes de structure de pensée.

Cette incitation monstrueuse à renoncer.

Cette injonction morbide à se contenter.

Cet encouragement pervers à se résigner.

Cette fabrication mentale de l’acceptation.

IL N’Y A PLUS ni à inventer, ni à contester, ni à espérer, ni à créer, ni à tenter, ni rien à penser autrement. IL N’Y A PLUS ni à franchir, ni à s’affranchir, ni à évoluer, ni à s’améliorer, ni à proposer, ni à exercer son libre-arbitre, ni à s’émanciper.

Il n’y a plus que ce qu’il y a. Ce qui a été décidé qu’il y aurait.

Ce « IL N’Y A PAS, IL N’Y A PLUS « est le cadre parfait de la pensée carcérale, de « la servitude volontaire » du consentement mental à se soumettre.

Or qu’est ce qu’une humanité renonçant à la liberté de l’utopie si ce n’est une termitière ?

Ce que nous enseigne fort à propos l’expérience du Cern c’est que précisément tout est dépassable et franchissable et contestable, qu’il n’y a ni limites ni barbelés à la toute pensée humaine.

Ce que nous enseigne l’expérience du Cern, c’est que si les scientifiques eux-mêmes avaient définitivement admis comme infranchissable la théorie d’Einstein alors, ils n’auraient même pas essayés de s’y confronter.

A l’heure du délitement et de l’effondrement politique, économique, écologique et moral, au moment même où ce monde de l’ultra compétitif crétin part en sucette, où l’on assiste enfin à l’agonie obscène de cette putain de Tina, où ce capitalisme en phase terminale rebaptisé in extrémis pragmatisme crève la gueule ouverte, IL Y A nécessité urgente et vitale comme jamais d’une alternative.

Car non seulement IL Y A une alternative mais il n’y a QUE des alternatives.

Des centaines, des milliers, des milliards d’autres possibles.

Oui il y a et tout est dépassable, et la dette et le CAC 40 et le productivisme et ce vaste bordel nommé en toute indécence sans même d’ ironie : nouvel ordre mondial.

OUI IL Y A, IL Y A forcément puisque le IL N’Y A PAS serait la négation et le tombeau même de l’humanité.

tgb

Le 194éme Etat

Je sais bien qu’aujourd’hui, 12 millions de français (soit 44% de part d’audimat) se passionnent davantage pour la télé réalité et les tourments culottés de DSQ, (de celui qui se lève tous les matins entre deux érections matinales, en se demandant comment être utile à Israël ) plutôt qu’au sort de quelques millions d’individus victimes d’un « nettoyage ethnique ». Mais au risque de déranger le psychodrame national, permettez-moi pourtant de mettre l’accent sur un problème quelque peu frivole j’en conviens :

La reconnaissance de l’état palestinien.

Prenant « note » de la volonté palestinienne d’adhérer à l’ONU, l’Union européenne veut toujours croire samedi 17 septembre à une « solution constructive » susceptible de conduire rapidement à une reprise des pourparlers de paix… « 

Au-delà des termes délicatement diplomatiques et pour dire les choses simplement, l’Europe dans son inexistence politique, préconise comme d’hab, de ne rien faire, sa spécialité, tandis qu’on travaille à cette solution constructive qui consiste à l’extension des colonies israéliennes, la démolition systématique des quartiers arabes de Jérusalem, bref la dissolution progressive et programmée du territoire palestinien, sous couvert de pourparlers de paix qui durent depuis 20 ans.

L’Europe au meilleur de sa paralysie internationale et de son suivisme.

Dénonçant l’action unilatérale de l’autorité palestinienne, le président Obama, prêt à dégainer son veto, considère que cette démarche à l’ONU constituerait une «diversion» qui «ne résoudrait pas le problème».

Tandis que l’activisme du président américain, sous l’effet des lobbies juifs en cette année électorale a démontré, c’est une évidence, sa grande capacité à résoudre promptement le problème.

Obama au meilleur de sa prudence circonspecte et de son impuissance.

Prenant acte de la décision palestinienne, le Quartette, ce machin qui ne sert à rien si ce n’est à payer les notes de pressing du criminel de guerre Blair veut raisonner “la Palestine”.

Il ne viendrait naturellement pas à l’idée de l’ex caniche à Bush de tenter de raisonner Israël. Engueuler la victime étant autrement plus productif que de mettre au pas l’agresseur.

Blair au meilleur de sa tartufferie so british.

Dénonçant l’initiative de l’autorité palestinienne, 110 parlementaires français écrivent au président de la république actant il va de soi de leur « engagement en faveur d’une résolution pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien reposant sur le principe de deux Etats pour deux peuples » pour mieux l’encourager à apposer son veto.

110 parlementaires français au meilleur de leur cuistrerie.

Quoi qu’il se passe maintenant, que l’agneau Abbas, marionnette américaine, recroquevillé sur son dernier bout de confetti territorial, commençant (il était temps) à trouver qu’on se fout un tantinet de sa gueule, ait réussi à mettre au pied du mur (illégal selon l’ONU) cette bande d’hypocrite, nous fait comme une irruption spontanée dans la cartographie.

Alors que le panier de crabe de la CNT Libyenne fût en quelques heures reconnue par l’ONU, cela fait maintenant plus de 60 ans qu’on ampute et accapare la Palestine, plus de 40 ans qu’on lui promet un état, plus de 20 qu’on en négocie les détails, qu’on lui assure, juré craché, que la semaine prochaine, ou le mois prochain ou plus certainement l’année qui vient, en tout cas au prochain siècle sans aucun doute, la Palestine deviendra un état légitime, et plus de 10 ans maintenant que l’état n’est plus viable.

Si vendredi enfin, 150 états dans le monde reconnaissent la Palestine comme le 194éme état membre, l’on verra alors dans toute sa crudité, le paysage international et le rapport de force.

Un focus impitoyable sur l’histoire contemporaine au révélateur de sa géographie.

De quoi comprendre alors pourquoi au bal des faux culs, les petits soldats de Tsahal s’affolent à ce point.

tgb

Des chiffres et des lettres

« Quand on ouvre une école, on ferme une prison » (Victor H)

« Quand on ferme une école, on ouvre une prison » (Nicolas S)

80 000 postes d’enseignants en moins.

30 000 places de prison en plus.

50 000 places aujourd’hui + 30 000 places à venir…= 80 000

Le compte est bon.

Voilà enfin une politique éducative cohérente.

C’est quand même pas ce vieux con de Victor Hugo qui va apprendre les mathématiques à Sarkotron.

tgb

Illustration : Performance de Mounir Fatmi

Principe de superposition

On dit qu’un système est linéaire ou relève du principe de superposition si à la somme de deux excitations correspond la somme des deux réponses correspondantes.

Le fils caché du fifrelin entalonné déterminé à lutter contre la charia en Afghanistan et à l’imposer en Libye, cherchez l’erreur, et du préretraité breton de la choucroute Alsacienne a comme un vieil air des années cinquante.

Un côté accordéoniste de bal musette, une touche d’agent d’assurances de province, une lichette de camelot de marché ou de Téléachat entre Lucien Jeunesse pour les plus anciens et Pierre Bellemare pour les plus fossilisés.

Notons qu’au grand jeu du portrait croisé à rouflaquettes, du regard écailles de tortue roublard et du sourire avenant quoique carnivore, le borgne bretonnant bouffe littéralement l’aveugle atlantiste. Ne reste du bouffon à ressort qu’un vague brushing poivre et sel et une oreille pointue Luciférienne.

Une sorte de Gueant gluant remoumouté, façon complément capillo-populiste.

La France d’avant-hier.

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Le fils caché du criminel de guerre born again junior et du centriste à consensus tout seul métissé de wallstreet à de suite la bouille du mec cool et sympa.

Raison de plus pour s’en méfier.

Si Raoul Duke disait de Nixon « Je n’achèterais jamais une voiture d’occasion à ce type » le problème c’est qu’on l’achèterait en toute confiance à ce mec là. Et on se ferait refourguer illico une épave.

Un peu lisse, un peu ordinaire, il a le profil idéal du playmobil de JT,ou du présentateur météo prédisant un veto du côté de la Palestine suite à un anticyclone atlantiste.

Entre celui qui ouvre le centre de tortures de Guantanamo et celui qui ne le ferme pas, une sorte de statu quo parfait de « Patriot act » et d’impuissance mollassonne épaulée couchée.

Un bel échantillon décontracte de compromis pourri et de surplace.

tgb

Not your business !

J’allume par réflexe la radio d’une main baladeuse comme tous les matins dans un état semi comateux.

« 11 septembre ci, 11 septembre là, radote martiale la voix officielle de France culture…

Mince, me dis-je, dans un sursaut vital non sans une certaine panique, par quelle contraction du temps suis-je passé du 6/09 au 11/09 sans m’en apercevoir, moi qui ai tout plein de rendez-vous dans cet espace/temps là.

A peine émergé du trou noir et renseignements pris, nous sommes encore le 7/09 et pour les dix ans de Ground Zéro nous faisons pénitence toute la semaine sainte, dans un hommage fervent à l’attaque symbolique de l’empire dominant, passant son temps à attaquer tout le monde, mais assez peu fair-play question boomerang.

Donc le 6 septembre, nous sommes le 11, ainsi que le 7, le 8, le 9, le 10, plus quelques jours à suivre également.

Le jeûne reste facultatif. Nous pouvons aller au Mac do rassurons-nous !

Pour infos, des fois que ça vous aurait échappé, nous sommes toujours,’ tous américains‘, comme nous le ressassent avec zèle les garde chiourmes médiatiques de chez Mickey

Nous le sommes plus que jamais avec ce train de retard qui caractérise tant le peuple français dans ses errances, depuis que l’Amérique a tendance à ne plus être tendance et se dissout peu à peu dans cette molle décadence dans laquelle nous plongeons avec cette solidarité touchante et atlantiste, le doigt sur la couture des talonnettes.

Pour faire dans la rhétorique ambiante, nous voilà pris en otage mentalement, par l’implicite connivence, faisant de nous forcément des supporters du camp du « bien » jusqu’à nous complaire dans le souvenir vibrant de complaisance.

Je ne néglige pas le fait que l’événement tragique puisse contenir une charge symbolique d’importance. Voir au début du 21ème siècle les tours de Babel s’effondrer en direct ne pouvait qu’annoncer sinon un choc de civilisation instrumentalisé, plutôt la fin métaphorique d’une puissance coloniale dans son jus capitaliste.

N’empêche à l’heure où les autorités moisies de mon pays légifèrent sur l’outrage au drapeau national, je ne vois pas au nom de quoi en plus, je devrais saluer respectueusement les couleurs étoilées chaque année dans un mois de septembre larmoyant façon marronnier.

Que je sache, on ne fait pas tout un plat à la sauce Wall Street pour célébrer ce même 11 septembre, la pulvérisation de la démocratie chilienne par LA démocratie de révférence, pas plus qu’on ne sort son mouchoir pour les centaines de milliers de morts irakiens, afghans …qui paient le prix fort de l’éradication de deux tours jumelles dont ils n’avaient jamais entendus parler.

En y réfléchissant bien d’ailleurs, question immobilier, ce procédé révolutionnaire original et économique de destruction d’immeubles plus ou moins insalubres investis par de nuisibles traders et exécuté par une poignée d’étourdis pilotes saoudiens ( l’Arabie Saoudite démocratie exemplaire va bien merci) mériterait pourtant d’être breveté.

Au non de quoi donc ces 3000 victimes -là vaudraient infiniment plus chers, que les centaines de milliers de morts libérés définitivement par les forces démocratiques pleines d’idées militaro-industrielles mais sans pétrole, décimant des populations entières au nom de l’ingérence univoque et de la saloperie humanitaire.

Au nom de quoi ?

Ni valeurs, ni justice mais d’un simple rapport de force nous imposant sans discussion, par la fabrication du consentement d’être d’un camp, révélant ainsi cette colonisation culturelle rampante devant laquelle nous nous prosternons en tant que triste filiale d’un ex empire, ex maître du monde.

Puisqu’en ces temps glauques et crépusculaires, nous en sommes à briser les tabous, permettez moi donc de signaler qu’en tant que déviationniste assumé et traître à ma condition d’homme blanc occidental confiné dans ma haine de moi-même à l’heure où les tours s’autodétruisaient, je regardais les images à la télé tandis qu’un de ces crétins d’expert dont j’ai oublié le nom (et c’est dommage pour la postérité) nous expliquait doctement que c’était un coup des palestiniens.

(Nul doute que cet analyste distingué doit encore faire les beaux jours de C. dans l’herbe, l’émission préféré des ruminants, selon la règle bien connue que ‘plus tu racontes de conneries plus tu passes à la télé’.)

Bref c’est donc dans un état de sidération que je regardais en boucle les avions défoncer les sœurs jumelles avec des sentiments mêlés d’excitation et de jubilation du genre ’pan dans ta gueule’.

C’est mal je sais. Je ferai acte de contrition devant le drapeau stars and stripes en récitant cinq fois l’hymne américain, je voudrais pas finir par nourrir les poissons façon Ben Laden.

Donc à la question pour ne pas dire à l’injonction du « où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? »

je répondrai simplement

C’est pas tes affaires !

tgb

De Trotski à Strauss-Kahn

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Il faut se l’avouer,

Il y aura eu une certaine dérive de Trotski à Trotskahn

De la révolution permanente à la permanente tout court

Du commissaire du peuple au commissionnaire du FMI

De l’armée rouge à l’Armérique

De l’émancipateur du prolétariat au « trousseur de domestique »

Du train blindé à blinder le train…

Comme une certaine distorsion dans le bolchevisme.

Si, selon les magazines, Dominique vécut un cauchemar enfermé dans un loft grand luxe à se goinfrer de pâtes aux truffes, Léon pas tellement ! (et Diallo non plus)

Déporté en Sibérie, famille décimée, exilé, traqué, assassiné par le senor Raimon…il eut sans douté apprécié de se taper Frida Kahlo dans une chambre Sofitel, mais bon, il avait d’autres urgences.

Chacun ses priorités.

Faut dire qu’à cette époque un certain Staline ne donnait pas que des satisfactions à ses parents.

Jésus non plus d’ailleurs ce qui n’est pas une raison pour massacrer tout le monde.

Même des anarchistes !

Certes donc le camarade Léon ne lésinât pas sur le déviationniste.

Il purgeât pur et dur dans la droite ligne du parti.

Question ligne droite Dominique ça va, c’est question ligne des parties du parti que ça bave un peu. S’il a la purge idéologiquement moins pure, il a le pic à glace nettement mieux placé.

EN tant que spéculateur précoce, DSK à droit comme BHL (et TGB, y’a pas d’raison) à son acronyme, sa marque.

Le camarade Bronstein, non.

Léon se contente de donner son nom au trotskisme.

Ce qui est toujours mieux pour la postérité que d’y entrer comme international queutard

Maintenant pour celles et ceusses qui auraient comme des velléités à faire le chemin à rebrousse poils, de Strauss Kahn à Trotski, je préviens de suite, comme dirait, non sans un certain lyrisme de terroir, le défenseur des plouclands martyrisés :

la route est (de) droite et la pente est rude.

(Et tu m’étonnes que le NPA s’essouffle…je rajoute)

Avant la société du spectacle et l’ère du vide, il fut un temps où

quand Marx couchait avec sa bonne ça faisait pas la une du Time.

Un temps barbare.

Aujourd’hui au temps du cerveau disponible tout civilisé, Karl Marx se faisant tailler une pipe, ferait le buzz !!!

Encore faudrait-il qu’il soit marié à une ancienne de la star ac pour être un peu connu !

tgb

Le rabot à niches

En termes de choix dans la date ou d’arriver à pied par la chine, le rabot à niches devrait plaire.

Si seulement le contrepet pouvait coller aux miches du candidat président, chef de gare et de guerre, façon sparadrap…

Le nabot à riches.

A l’heure où les riches, commençant quelque peu à fouetter du larfeuille, proposent une sorte d’aumône préventive pour garder l’essentiel, tout en exigeant, quand même pas si cons, des contreparties eux, la charité plutôt que la justice sociale, le candidat président futur père de famille résiste courageusement à taxer du Fouquet’s.

Encore plus peur qu’eux qu’on leur pique leur Rolex, à croire qu’on lorgnerait sur la sienne.

Si c’est pas du bon caniche à niches bien dressé de la papatte ça ?

Quand on songe que les 200 millions (sur dix milliards) qu’il leur taxe exceptionnellement paient tout juste son air force one avec menu enfant.

C’est cadeau.

Loin des 20 Milliards des copeaux de la niche Copé, offerts gracieusement aux entreprises par exemple.

L’argument essentiel des pas touche aux riches étant que si on les taxe, ils se cassent.

La réponse adéquate refusant tout chantage est assez basique :

Qu’ils se cassent !!!

(et se faisant qu’ils perdent un certain nombre de droits à définir…)

Dans la veine rhétorique du : tu l’aimes où tu la quittes, question boomerang ç’est assez rafraîchissant.

Face au rudimentaire mon avis est de faire simple.

Aussi simple qu’à défaut de rassurer les marchés autant leur foutre la trouille.

Maintenant considérer que le rabot à niches du nabot à riches ne fait rien pour les pauvres est un poil abusif.

Car non seulement il s’en préoccupe, mais en plus il en produit généreusement.

Plus 400 000 en un an. 13,5 % de la population française sous le seuil de pauvreté soit 8, 2 millions d’individus.

Les 10% des plus riches s’enrichissant encore

Les 10% des plus pauvres s’appauvrissant encore

Dans un système de vases communicants impeccable.

Creuser les déficits tout en creusant les inégalités sociales, un grand écart d’une rare performance qui pourrait à la longue laisser quelques méchantes courbatures.

Un peu comme imposer de l’austérité tout en espérant de la croissance. A ce point de non sens, si on n’est pas dans la pure incantation et donc dans de la pure croyance des adorateurs de TINA…

Sinon à part ça, la bonne nouvelle c’est qu’à partir de l’automne, on retourne vers l’été.

A défaut de s’en sortir à la rentrée, on peut toujours rentrer en en sortant.

Puisqu’il ne faut rien attendre du grand soir ou des élections à venir, autant penser à son petit matin.

C’est là où tu es, maintenant tout de suite que le nouveau monde commence.

A chacun de se l’inventer ensemble.

tgb

En attendant le vote des citoyens féroces…

Et pendant que l’été irascible déroulait son terrorisme financier, islamophobe, néocolonial et sa justice de classe so british, je lisais.

M’épargnant ainsi la mauvaise graisse du storytelling formaté des prompteurs et sa clientèle météo entre deux pâtés de sable.

Et finalement, c’est dans la littérature que je trouvais les meilleurs éclairages de cette putain d’actu qui ne marche même plus à l’ombre en période estivale.

J’ai dévoré « Crimes et châtiments » parce que je n’avais jamais lu Dostoïevski et que je n’allais quand même pas mourir idiot.

Voilà, c’est fait et je ne regrette pas.

Partir dans un bouquin de mille pages c’est comme un grand voyage dont on finit par revenir avec ce manque fébrile de l’accro à la ligne jusqu’à se retrouver orphelin au point final.

Ensuite on se souvient de la sensation autant que du contenu, du lieu, du paysage, des sons et des odeurs irrémédiablement liés au bouquin, là où il fût lu, et gravés dans son limbique comme une chanson.

J’ai lu un polar d’un auteur suédois dont je ne me souviens ni du nom ni du titre…et pourtant pas si mal. On est bien avancé.

J’ai lu, le dernier bouquin de Pascal Boniface « les intellectuels faussaires » juste par gourmandise un rien vacharde. Un aller de TGV.

Je viens surtout de finir avec regrets « En attendant le vote des bêtes sauvages » de l’immense Ahmadou Kourouma, ogre de la littérature franco-africaine, qui devait se bouffer 5 Houellebecq, 12 Angot et 1 général Botul à son petit dej’.

Juste pour dire que l’écriture colossale, corrosive et foisonnante de Kourouma, ce géant littéraire de la race d’Hémingway, Hugo ou Rabelais, nous souligne cruellement la différence entre un écrivain et un s’écrivant.

Tous ces mauvais plaisanciers de la littérature nombriliste pas la peine.

J’avais été scotché, emballé, retourné par « Allah n’est pas obligé » chef d’oeuvre absolu, picaresque, à la langue inventive et ravageuse. Plongeon assuré dans la profondeur de l’âme africaine avec cette aimable légèreté du griot Ahmadou, es maître en frivolité brutale, l’air de rien.

A l’heure ou l’axe du bien gentil fait une OPA humanitaire sur le pétrole du trop méchant, rien de mieux pour comprendre l’afrique, l’africain, les dictateurs à casquette et médailles, la « Françafric » et la nature même du pouvoir et de tous les pouvoirs dans leur cruauté sauvage ou « civilisée », que cette oeuvre ouverte, ce bouquin flamboyant à tous les étages.

Rien de mieux pour comprendre les évènements de Libye, de Côte d’Ivoire et d’ailleurs, que ce récit épique, ce conte initiatique fait de paraboles, d’oralité textuelle, usant de biais analogiques et romanesques pour disséquer la comédie humaine et politique.

Rien de mieux que cette plongée dans la cruauté de l’histoire par l’anecdote, bien loin de l’humanitaro bobo pâteusement kouchnérien et émotionnellement ethnocentré, jusqu’au divin maraboutage émancipateur.

Par delà le bien, le mal et les cols de chemise échancrés.

De la tragédie humaine dans un éclat de rire féroce et bestialement lucide.

Et maintenant quoi lire ?

Quand même pas les éditoriaux insipides de Demorand !!!

tgb

Les histoires de Tina (même la mort n’a plus d’odeur)

Il était une fois, au Texas, John, un brave type qui bossait dur pour élever sa famille.

Il prenait son enbauche dans la salle de contrôle climatisée à 13H GMT.  S’installait dans son fauteuil ergonomique, ajustait son micro écouteurs puis se concentrait sur son écran tactile, empoignant d’une main son joystick tout en avalant quelques gorgées de café brûlant, échangeant quelques banalités avec ses collègues de bureau.

L’attente était longue, fastidieuse, nerveusement éprouvante, à scruter les mauvaises images, les milliers de pixels scintillants envoyés d’un drone à des milliers de kms de là.

Quand il identifiait quelque chose de suspect, il faisait remonter l’info suivant le protocole tout en pianotant sur sa console.

Quand enfin selon la procédure, l’ordre tombait dans son oreillette, il déverrouillait d’un clic la touche « delate » puis pressait sur le bouton rouge de sa manette et envoyait, tout en sirotant un diet coke, une de ces frappes chirurgicales qui foudroyait un ennemi déshumanisé qui n’entendrait jamais le bruit de sa propre mort, dans un pays virtuel que John ne situait même pas sur une carte géographique.  

D’ailleurs pour John l’ennemi ne mourrait pas, il se volatilisait soudain de l’écran, cliniquement éliminé.

On ne peut pas dire que ça l’émouvait particulièrement.

Pour sûr, pensait John, en termes d’hygiène mentale, la guerre numérique, le conflit par écran interposé et sa doctrine zéro mort (dans son camp) était un sacré progrès technologique, rapport au post trauma de l’ennemi saigné à mort, crevé dans le blanc de l’oeil.

Il arrivait certes après vérification, que le « terroriste » ou « insurgé » suivant les éléments de langage appropriés, s’avérait être un groupe d’enfants ramassant du bois, ou une famille célébrant une noce. C’était contrariant mais bon, on faisait un rapport qu’on classait dans un dossier « victimes collatérales » en étouffant l’affaire.

Aprés sa journée de stress et de labeur, John rentrait chez lui juste à temps pour embrasser ses gosses et leur raconter une histoire de Tina. Ensuite il supportait les Yankees à la télé, son équipe de football américain tout en éclusant une bière servie par Shirley son épouse entre deux réunions évangéliques.

Le bonheur stars and stripes quoi !

Parfois lui revenait à l’esprit que deux cutters avaient suffit pour effondrer les tours du 11 septembre. Alors mélancolique il repensait à cette phrase de John Millius, tirée d’Apocalypse Now qu’il avait vu 15 fois :

« J’adore l’odeur du napalm au petit matin « 

Et comme une certaine nostalgie, comme un manque soudain s’emparait de John…

tgb  

Les histoires de Tina (on refait le match)

Il était une fois, une planète sur laquelle on jouait un drôle de jeu :

On appelait ça le capitalismball.

Ce jeu subtil voyait s’affronter deux équipes durant un certain temps :

Le Team Oligarchico-Ploutocrate (TOP) ; maillot or Prada (équipe A)
Le Populo-Olympico-Football club (POF) ; maillot gris Crado (équipe B)

Les règles étaient assez simples.

L’équipe B devait suivre strictement le règlement : pousser le ballon à cloche pied, une charge de 70 kilos sur le dos, yeux bandés, tandis que l’équipe A jouissait de tous les droits avec une totale impunité. Le capitaine de l’équipe A par exemple, bénéficiait d’un taser dont il pouvait user à convenance.

On appelait ça le fair-play.

Si du côté B on jouait à dix, le goal ayant été licencié suite à une réforme modernisant le jeu archaïque, dans l’équipe A on pouvait jouer à 33, étant entendu qu’y étaient recrutés à prix d’or les meilleurs joueurs du monde.

On appelait ça le Mercato (ou marché)

Quand un joueur de l’équipe B se montrait talentueux, il était transféré dans l’équipe A, acheté ou vendu, cela même au cours de la partie.

On appelait ça l’ascenseur social.

Il allait illico se domicilier en Suisse ou Monaco.

On appelait ça : Allez la France ! (tu l’aimes ou tu la quittes)

Si un joueur de l’équipe B osait la moindre réclamation il était immédiatement expulsé du terrain puis du territoire. En cas de récidive, il était condamné à perpétuité.

On appelait ça l’escalier B.

On le remplaçait au pied levé par un joueur philippin de moins de dix ans ou un plombier polonais.

On appellait ça l’externalisation.

L’équipe A avait en revanche droit à autant de remplaçants qu’elle le souhaitait. Ne subissait ni carton jaune ni carton rouge et pouvait sous les yeux de l’arbitre objectivement partial : un politique corrompu et incompétent…

On appelait ça un pléonasme,

…finir n’importe quel joueur adverse à coups de crampons sous le regard ému des télévisions Murdoch avec les commentaires enthousiastes et racistes de Brice Hortefeux.

On appelait ça le nationalisme.

Du côté A les cages mesuraient 1 m de large sur 50 cm de haut, protégées par des mines à fragmentation (expérimentées en Libye), du côté B, les cages mesuraient 54 mètres en largeur sur une hauteur de 44 mètres 72 (environ).

On appelait ça la glorieuse incertitude du sport.

Si par miracle l’équipe B marquait un but, il était immédiatement crédité à l’équipe A, qui si elle même marquait à son tour, triplait son score donnant aux supporters autorisés (le premier cercle ou CAC 40) bonus et dividendes défiscalisés.

On appelait ça la moralisation du capitalismball.

Le joueur de l’équipe B ayant par inadvertance (ou inconscience) scoré, était éxécuté sur le champ dans la surface de réparation sous le regard admiratif d’Alain Minc et de Christophe Barbier.

On appelait ça le tir ou but (ou penalty)

L’équipe A jouait à domicile, recourait au dopage, s’hydratait, l’équipe B n’avait ni vestiaires, ni coach, ni soigneur, devait jeûner une semaine avant la rencontre et se faisait lapider par le public encourageant ces « feignants d’assistés ».

On appelait ça un handicap (ou rigueur ou austérité)

Le plus curieux de l’affaire était que l’équipe A réussissait parfois l’exploit de perdre un match.

On appelait ça la crise (ou crach ou révolution ou game over)

Match qu’on s’empressait d’annuler pour tricherie cela va de soi.

On appelait ça la fraude sociale.

A la fin c’est toujours l’équipe B qui payait l’addition.

On appelait ça la mondialisation (ou nouvel ordre mondial).

tgb