Lettre à mes gens

DdI6YwqWAAAXm29.jpgChers riens, chers fainéant(e)s, mes très cher(e)s cyniques,

C’est de Saint-Tropez, charmant petit port de pèche modeste et typique de notre start up nation, made in Europe, ce vieux continent de petits bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel des ronds points, que je vous écris cette lettre que vous lirez peut-être, si vous savez lire et si vous n’êtes pas bourrés à cette heure, bande d’alcooliques assistés tout juste bons à boire votre RSA aux Bahamas et à chialer sur votre CSG et vos 5 euros d’APL de merde.

Sachez tout d’abord que si vous prenez le temps de me lire et que malgré ma subtilité et mon intelligence vous arrivez à me comprendre ma pensée complexe, c’est que vous avez du temps de libre et que probablement vous ne vous êtes même pas donné la peine de traverser la rue pour trouver du boulot et vous acheter un costume neuf.

Que vous ne soyez pas foutus de devenir milliardaires, justement exemptés d’ISF, comme mes patrons amis potes Arnault, Niel, Lagardère…passe encore, qu’à l’instar de ma RH copine complice Penicaud vous n’ayez même pas chouravé gagné 1 million d’euros en licenciant 900 cadres inutiles, admettons, mais que vous n’ayez rien d’autre à foutre le samedi que d’aller vous faire volontairement éborgner vêtus d’une sorte de gilet jaune moche comme tout hideux et même pas tricoté par Brizitte juste pour me faire chier, alors que je ne sens pas de colère dans le pays et que je vous ai lâché une prime pour vous éviter d’aller vendre de la drogue dans les quartiers, prouve bien que vous êtes des gaulois réfractaires à tout changement.

DwvFcITXgAMrG47.jpg

Si vous n’êtes pas capable de piger que la démocratie est le système le plus bottom up de la terre et que je suis l’émanation du gout des français pour le romanesque alors en tant que leader du monde libre je vais vous envoyer casser des cailloux à Cayenne sur l’île de Guyanne pour vous apprendre à faire des efforts et comme Castaner, les chèvres indiennes à vous prosterner devant moi.

Bref, en tant qu’hyper président manager et dieu solaire et jupitérien, je vous renouvelle tout mon mépris disruptif et vous demande finalement de ne plus venir me chercher, mon valet de pisse Benalla étant passé me prendre.

Sinon à part ça vous pouvez toujours pensez printemps ça vous occupera

Je vous hais.

E. macron


(alias tgb)

Share|






tous les mots en italiques sont des citations littérales

http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Christophe D. vainqueur aux points

DwK4ZU2XcAISl3M.jpg

« Quand les citoyens craignent leur gouvernement, il y a tyrannie ; quand le gouvernement craint ses citoyens, il y a liberté » – Thomas Jefferson 

J’ai adoré !

Pour tout dire, quand j’ai découvert quasi en temps réel, la performance du boxeur qui ne s’appelait pas encore Christophe D. j’ai pris un pied géant.

J’imagine que ce n’est pas politiquement correct de dire ça, la violence blablabla, mais depuis le temps qu’on se fréquente vous vous doutez bien que je m’en fous et tant que je peux encore ouvrir ma gueule,

DuEVI1tX4AMYy_h.png

j’en profite.

Non franchement on en met 20 de ce calibre là samedi prochain dans les rues de France et l’affaire est pliée dans la journée ; les baqueux et autres crs harnachés, de déposer les armes au pied du colosse et de pleurer leur mère.

Le voir avancer comme ça, tout en maîtrise, tandis que les robots reculent, le voir à mains nues affronter les robocops au corps à corps dans l’art du pugilat ça avait de la gueule.

Un sentiment jubilatoire de revanche.

DwVxPdmXQAYLP4n.jpg

Comme quoi c’est toujours celui qui à le moins peur, ou le moins à perdre ou le plus enragé, qui prend l’ascendant.

En face ça dérouille, genre c’est pas mon jour. K.0 debout le petit soldat. Comme les romains face à Obélix, deux jours après ça doit encore être en mode vibreur dans la tête. Des moments où tu regrettes d’avoir séché les cours pour finir garde chiourme ou pandore.

Destroyé le playmobil ! (je te parle même pas du bouclier)

DwOPypxX0AAV2gh.jpg

Lâche Christophe D. ?

DwVB5QjXgAUFvca.jpg

que non ! il y a va à la loyale, seul contre tous, dans le style du noble art, jeu de jambes, crochet gauche, direct droit, uppercut, pif paf, champion du monde, et nous venge, de tous les chefaillons impunis, de tous les tortionnaires stagiaires qui usent et abusent de leurs misérables pouvoirs, de tous les petits commandants gras du bide,

DwXiofxXcAIzMFr.jpg

un pois chiche dans la tête, une breloque à la boutonnière dans la baston et la cogne courageusement à dix contre un sous l’oeil enamouré de la bourgeoisie tout confort et de la gauche caviar biberonnée au flic et au fric.

DukpGaoWoAA3R4t.jpg

Vas y mon héros, mort aux vaches, rejoue nous du Gnafron bastonnant du gendarme, rappelle nous encore que pendant qu’on se rosse un flic au moins on ne fait pas de conneries.

On l’a mis vénère notre Rocky Balboa, pas facho mais fâché.

Je l’écrivais dans la note précédente…

Capture d’écran 2019-01-08 à 10.17.41.png

et maintenant il est dans son match, plus rien ne peut l’arrêter, sauf le bout de la passerelle. Le pont des arts ? outragé, brisé, martyrisé, mais libéré, Il est comme ce transpalette, invincible, à lui tout seul, il ouvre la voie de tous les ponts, de toutes les routes, de toutes les portes de tous les ministères « radicalisés » démontrant s’il en était besoin que ce pouvoir arrogant de freluquets ne repose sur rien.

Alors il s’arrête Christophe et on découvre son visage plein cadre et on a mal pour lui, on sait qu’il est cuit et qu’il va manger bon, qu’on va lui faire payer son audace, ravaler son panache, casquer sa danse martiale, sa ruée victorieuse.

DwVMFeZWkAcw4Ot.jpg

Alors la curée des médias de l’ordre et aux ordres, le deux poids deux mesures, faire un exemple, parler de lynchage, évoquer le fichage, bidonner les sondages,

Capture d’écran 2019-01-08 à 11.28.23.png

en appeler aux balles réelles, tout pour sauver mon hôtel particulier, mon ryad, ma jag, mon séjour à Courchevel, ma rente de baveux à France intox…

DwX3E0EXQAA2FF4.jpg

Et puis la cagnotte, qui enfle et qui enfle, que le peuple (s’il existe) qui pue, qu’est sale, qui boit tout son RSA, qui sait pas lire, qui bouffe avec les doigts, qui pète, qui rote, qui n’est rien, qui feignasse…alors les gens, de reconnaître leur héros et de donner le peu qu’ils ont parce que chez les pauvres on donne vraiment, sans penser à défiscaliser, et parce que le peuple à bien pigé que Christophe D. vient de faire le combat de sa vie et qu’il est son champion.

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Les casseurs et les cassés

DuC0uR6WwAAq_oj.jpg

On parle beaucoup des casseurs, on parle peu des cassés.

Parmi les casseurs, il y a des flics infiltrés, il y a des pilleurs, il y a des blacks blocs, il y a des nervis d’extrême droite, il y a des gilets jaunes, énervés, remontés, désespérés, qui n’ont plus rien à perdre et qui s’ensauvagent.

Je défie quiconque nassé dans une manif à priori pacifique, gazé par la lacrymo, assourdit par les grenades, pris par la tension de la foule, la psychose, l’hystérie, la peur, de ne pas voir monter en lui la rage et l’envie de cogner. Toute la pression mise par les forces de l’ordre d’ailleurs, est sans doute calibrée précisément pour ça. Faire péter les plombs. Faire dégénérer. Pour discréditer. Décrédibiliser : – Voyez les sauvages.

20181208_151825.jpg



Oui parmi les casseurs, il y a de de tout, des profiteurs, des militants, des provocateurs, des pros de la subversion, des révoltés, des manipulateurs et des manipulés, mais aussi plein de types qui en ont marre d’en prendre plein la gueule tout le temps en courbant le dos.

Dsw8z--W0AADg0F.jpg

Cette dichotomie savante, vendue sur le papier entre gentils manifestants et méchants casseurs qui dénaturent blablabla, si bien établie par ceux qui n’y connaissent rien et qui aiment faire rentrer le réel dans des petits cases n’existe pas. Face à la violence institutionnelle, tout agneau est appelé à se révolter, tout père de famille est prêt à se défendre, tout retraité paisible peut soudain rendre les coups.

DtVBSXeWoAEVlRg.jpg

La violence du plus faible n’est pas de même nature que la violence du puissant, qui a la légitimité, le professionnalisme, l’argent et le droit pour lui : 4 ans de taule pour un tag six mois de prison pour un sandwich volé comparutions immédiates, arrestations préventives (et illégales) tandis que Sarko, Balkany, Benalla, Ferrand…

IMG_0401.JPG

(photo Philippe Colette)

Si la violence du puissant est légitime voire esthétique et jouissive vue des médias aux ordres qui s’extasient en direct de la charge de cavalerie à l’assaut des barricades, de la puissance du char d’assaut, de ses 80 Kms heures et de ses 40 litres au cent, auquel manque, et ils sont à deux doigts de le déplorer, la mitrailleuse, la violence du pauvre est immédiatement sommée, dénoncée par le valet de pisse copie du pouvoir.

Pour une chaise renversée, pour une chemise arrachée, le tribunal médiatique et ses petits juges vengeurs d’exiger de s’excuser, de condamner, de s’aplatir, de se soumettre.

Dénoncez vous les violences…

Vous excusez vous pour le chaos…

20181208_153613.jpg

chaos, destructions, guerre, vandalisme… comme ils disent… pour ne pas dire émeute, insurrection, pour ne pas nommer et politiser, pour mieux criminaliser…

le chaos, la casse….

Dtk2szoW0AEAnrQ.jpg

Mais non les violences ne sont pas comparables. Face à la violence d’état, à sa dérive autoritaire, face aux collabos du journalisme policier qui nient, invisibilisent la victime ordinaire, les visages tuméfiés, les vies bousillées, les mains arrachées et dramatisent la victime policière, la violence populaire n’est rien d’autre qu’une légitime défense, rien d’autre qu’un retour de bâton.

Dt74hiMWwAA5iDX.jpg

Quand de petits tortionnaires ordinaires mettent des ados à genoux, mains sur la tête, dans le fantasme tout puissant du dressage de chiens et du formatage par le crétinisme (pour leur faire des souvenirs),

Dt57kZ9X4AUk8MF.jpg

quand on vise à hauteur d’homme ou de femme pour défigurer, quand on se met à huit pour massacrer un gamin, délinquant ou pas, alors, à part les notables de l’éditocratie, toujours prêts à bien lécher la matraque qui cogne et les nourrit, on sait d’évidence, d’instinct, où est la barbarie.

Dt0B0GdW0AIiPkT.jpg

Je n’ai aucune compassion pour les forces de l’ordre. Ils ont choisi. C’est leur métier. Ils sont entrainés, équipés, formés, protégés, impunis. Ils ne sont pas là par hasard. Le CRS dérouille, il est assez logique qu’en retour il se fasse dérouiller. Un peu. Si peu.

Dt7YB-uWoAA626d.jpg

Puisque le clergé médiatique à tant d’empathie pour le flic et aucune pour les gueules cassées par cette saloperie de flash ball, avez vous vu un seul policier en sang durant toutes ces semaines ? et s’il y en avait eu un seul, aurions nous été abreuvé d’images indignées. Quand l’on sait qu’une simple contracture à la cuisse sera répertoriée comme blessure, on voit de quel déséquilibre il est question ici.

DuEVI1tX4AMYy_h.png

Force restera à la loi. A la leur. A leur ordre. En revanche la moindre agressivité, du tag au pavé, de l’insulte à la possession d’un masque de protection sera illico convoquée et soulignée au gros rouge.

DuFBJ7gX4AIi70b.jpg

A la rigueur on s’arrêtera un instant par corporatisme sur l’apprenti Pujadas de terrain blessé par le flic, pour la piétaille stagiaire du reportage selon Télé trottoir qui raconte des bobards, mais a t’on jamais vu un des ces petits kapos de plateau exiger de tel ou tel patron voyou, ministre d’opportunité, de se justifier pour la casse d’une usine, pour les accidents du travail, pour les suicides professionnels, a t’on jamais vu un de ces larbin demander des comptes au maître sur la compétitivité mortifère, le management par le harcèlement, les ventes d’armes, la casse de la sécu, et des acquis sociaux, la montée programmée de la misère.

Dt7FQ6FX4AA_zHy.jpg

En revanche que d’apitoiement outragé pour le pauvre Carlos Goshn condamné à deux bols de riz par jour alors qu’il s’est mis toutes les rizières sur un compte off shore.

Oui, pour nous rappeler toutes les cinq secondes en nous infantilisant, la dette la dette la dette (bancaire) que nous laissons à nos enfants, irresponsables que nous sommes, ils sont au taquet, en revanche pour balancer dans la gueule des lobbies de tous poils la dette écologique autrement plus dramatique et vitale…

walou !!!

Que le journaliste de cour n’ait aucune conscience de sa sinistre violence et qu’il la nourrisse en retour en dit long sur l’aveuglement ou la compromission d’une corporation le cul collé au buffet, accro aux petits fours.

Capture d’écran 2018-12-11 à 19.11.11.png

Pourtant les plus grands casseurs ne sont pas dans les rues, ils sont dans les banques, ils sont dans les ministères, ils sont dans les affaires, ils détruisent les gens, ils brisent les vies, ils broient les existences et ravagent la planète avec cette cupidité pathologique.

DtcLlFeVYAAYq_7.jpg

Mais ça ne suffit plus. Encore faut-il maintenant qu’ils nous méprisent ouvertement. Qu’ils nous crachent dessus avec l’arrogance du repu, la suffisance du nantis, une condescendance de patronnesse. Sauf qu’on n’humilie pas impunément une population. On lui parle meilleur. On lui donne de la considération et du respect.

Même pour un cabotin bonimenteur de chez start up and corporate c’est le B A BA du métier.

Oui c’est la caste qui casse.

Dt_eHbMXQAAeOVf.jpg

Et s’il y a des casseurs, il y a donc des cassés.

DtpN5PdXgAEx0wl.jpg

Pas de la casse de moulure de statue de mes deux dont ils ignoraient encore hier l’existence, sacrilège, profanation, honte et tutti quanti non,

Capture d’écran 2018-12-03 à 11.09.15.png

les cassés qui dorment dehors ou dans leur voiture, qui font les poubelles, à qui on interdit même, pire que des chiens, d’être nourris, oui les cassés ordinaires qui regardent à deux balles, qui rognent sur tout, qui rasent les murs, et peuvent même se battre pour une promo sur le Nutella, ce luxe sinistre.

Voir des pauvres s’entretuer, dieu comme c’est distrayant…

Oui, les cassés de l’usine, du licenciement, de l’injonction à, du burn out, les cassés assistés qui vivent au dessus de nos moyens tandis que la France qui ment est le seul pays européen à utiliser la grenade explosive GLI et en balance pour 500 000 euros dans la gueule des gens. 500 000 comme la moquette de L’Elysée, sauf que :

DuFFPR0W0AAz4Ao.jpg

500 000 + 500 000, tiens, c’est le million de dégâts à Paris selon Hidalgo. Et on imagine le jour de la prise de la Bastille les Apathie and co du who s who médiatique, du reportage en pantoufles, faire les comptes et rappeler aux sans culotte que c’est avec leurs impôts qu’on reconstruira la prison. Misère de la morale poudrée, du mercenaire de la parlotte qui derrière un romantisme enluminé finirait par te faire croire que les révolutions se font dans un salon de thé ou alors place Maïdan, so cute, mais pas dans mon jardin.

DtU9qdwXgAASkTI.jpg

Mettre le feu chez eux change tout. Que les voitures qui brulent ne soient plus dans quelque banlieue exotique à Bobigny mais dans le Huitième arrondissement et alors soudain de voir tous les Charles-Edouard se scandaliser pour la Porsche qui crame plutôt que pour le crâne fracassé, à deux doigts de se pacser avec sa bagnole et de remplir les malles Vuitton pour l’exil en Suisse ou aux Bahamas. Savez ce paradis où les chômeurs profitent grassement de leur dividendes assistés.

Dt7FfshX4AAGHsV.jpg

Non finalement il n’y a pas deux violences qui s’affrontent. Il y a un rapport de force qui se joue. Il y a la peur qui change de camp et de les voir fouetter, appeler au calme et à la raison ne peut que nous indiquer la bonne direction.

DuFCJY-WsAAdq_E.jpg

Et plus ils auront peur et plus nous obtiendrons, même si pendant la caillasse, les affaires continuent.

Rentrez chez vous les gueux, avec vos miettes, vos camisoles fluos de ploucs, qu’on puisse retourner à nos privilèges tranquilles, à nos conflit d’intérêt endogamiques, nos petits arrangements entre nous. Rentrez crevez chez vous, puisque nos sondages trafiqués vous disent que c’est fini, puisque la violence de l’info frelaté et ses petits prélats de l’intox vous affirme que le marquis à convaincu.

Qu’il y ait un acte 5, un acte 6, 7…le 15 le 21 pour l’anniversaire du pantin, que l’on nous saoule encore dans la célébration de mai 68 muséïfié et dévitalisé avec ses ombres embourgeoisées et ventrues passées par la carrière,

Capture d’écran 2018-12-10 à 13.32.50.png

la barricade n’ayant que deux côtés,

l’histoire nous montre qu’elle a plus d’un tour dans son sac et qu’elle ne se contente pas de simulacres momifiés. Quoi qu’il se passe maintenant, les gilets jaunes nous auront rappelés que quand le peuple se met en colère c’est le pouvoir qui tremble.

DuE-nUgWoAcyWNK.jpg

Rien que pour les voir se paniquer, samedi

Dr35MT2WoAA3m4t.jpg

je remets ça.

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Joyeux bololo

IMG_0387.JPG

Samedi 1er décembre, je marche du côté de la Madeleine. 
Des groupes épars de gilets jaunes, rouges, mêlés, hétérogènes, un peu paumés vont et viennent au gré des courants, des injonctions et des mouvements d’humeur. Flux et reflux contre les barrages interdisant la Concorde.

Alternance de calmes, de tensions et de joyeuses fureurs dans les nuages lacrymo, le son des cornes de brume, les détonations diverses et les échos d’une improbable fanfare rue de Rivoli.

DtVke2jW0AEvOKT.jpg

Dans l’odeur acre des gaz, la France populaire en visite à Paris gronde et flâne à la fois, les yeux rougis de sang.

Les boutiques de luxe arborent en vitrine de strictes plaques de bois protégeant leur devanture. Y’a du vécu. A l’intérieur la vente continue.

Lucas Carton, restaurant chic par excellence,

20181201_145301.jpg

fait relâche.

Le magasin Fauchon de tous les symboles, est gardé par une escouade de crs en faction.

Tiens, un couple de touristes japonais, à peine désorienté, traverse le cortège fluo, un grand sac Vuitton à la main.

Les gilets jaunes tournent et retournent autour de la place de la Madeleine comme des hamsters en cage. Nulle part où aller. Des renforts surgissent ça et là au gré des ruelles. ça s’éparpille, se regroupe, essaime et se concentre. ça interpelle du flic, appelle à la solidarité et à la convergence, ça se durcit tout à coup avant de s’apaiser.

Ovation générale quand un cortège venu de l’Opéra fait sa jonction.

ça barde, ça rigole, ça fait des selfies, ça cherche Martine, ça retrouve Sylvain.

DtVD44kWkAU8dnw.jpg

Un drapeau rouge et noir

deux drapeaux tricolores

Une banderole CGT

Une écharpe de l’OM

trois étudiantes des beaux arts.

Un gilet jaune où l’on peut lire « On vient te chercher »

20181201_150551.jpg

Au beau milieu, bloqué, un autobus à impérial prend du retard sur son tour operator.

Mouvements de foule, explosions de grenades, rumeurs et tumultes au loin. L’ambiance est à la fois lourde et bon enfant, tandis que là-bas, dans la nasse, ça se fait canarder grave.

Près des grands magasins les parisiens font leurs emplettes comme si de rien était. Parents et enfants sont agglutinés devant les automates des vitrines de noël.

Sirènes et gyrophare de convois de police, hurlements de camions de pompiers. Un scooter vient de se faire renverser par un taxi. Jour de chance. l’ambulance est déjà là.

DtV06vPXgAAu_Z_.jpg

Dans le ciel, un hélicoptère menaçant fait des cercles incessants.

Soudain l’irruption assez surréaliste d’un escadron de robocops à cheval sorti d’on ne sait où avant de disparaitre dans la brume polluée et le son peu à peu étouffé de la cavalcade.

20181201_152506.jpg

Maintenant un groupe imposant de manifestants s’engouffre aux Galeries Lafayettes au cri de « Macron démission » tandis qu’au magasin Le Printemps, tout barricadé, les clients, enfermés dedans, continuent de vaquer, indifférents.

Dans un bistrot, sur l’écran LCI, Castaner, déroule, sans y croire, son scénario : violences, casseurs, dialogue blablabla…

Un type me demande où j’ai foutu mon gilet jaune.

Une femme demande à son mari où il a garé la bagnole.

DtWHHU6XcAEUPPp.jpg

Autant de mondes parallèles qui se côtoient, sans vraiment se croiser, qui font irruption puis s’estompent dans un joyeux bordel de fin de mois ou du monde.

Point d’équilibre instable et burlesque entre farce et tragédie, sans pouvoir vraiment trancher encore…une sorte de descente d’acide tragicomique.

20181201_151027.jpg

C’est pas encore une insurrection, mais c’est plus qu’une émeute.

C’est insaisissable et volcanique.

Assez « disruptif » pour paraphraser le jupéteux poudré le Jupiter par terre.

tgb

(photo en tête : Mathias Zwick photography)

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Gilets jaunes et oies blanches

DsJZ9ZzXcAECbdy.jpg

Quiconque attend une révolution sociale pure ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. » Lénine

Ce qu’est le gilet jaune je sais pas. Je regarde. j’écoute. j’analyse. Je cherche à comprendre d’où ça vient où ça va sans certitudes, sans jugement établi et sans trop de filtres si possible.

Mélange de poujadisme, de fronde et d’exaspération sociale. Un cocktail hétérodoxe de pire et de meilleur. Un fait de société c’est sûr. Un surgissement spontané de colères, de misères et de fatigues diverses, contradictoires, confuses et réelles. La coagulation de frustrations et de sentiments d’injustices traités par le mépris et l’arrogance.

L’éruption soudain d’un bout de peuple fracassé, accablé, résigné qui entre en ébullition pour pas péter les plombs.

quelque chose d’instinctif qui dit à sa manière que ça peut plus durer.

284710 manifestants d’après Castaner – raté : y’en avait encore deux planqués dans un buisson…

les-minions-parodie-soprano-barman-chanteur.jpg

Ceci est une alerte, ceci est une répétition, le peuple ( s’il existe), les classes modestes et moyennes en tout cas, les masses, les gens, les cons de consommateurs et d’électeurs, les cochons de payant…s’exaspèrent et foutre un couvercle dessus en se pinçant le nez n’y changera rien.

ça bouillonne, ça travaille en dedans, ça s’agite, ça sent le soufre et le sang.

Si ce n’est pas de la révolution c’est en tout cas de la révolte, de l’émeute, de la mutinerie quelque part, du soulèvement pas vraiment mais de la jacquerie et de la rébellion. Que ça dérange les uns arrange les autres et que chacun y trouve ce qui y est ou pas avec son prisme déformant, en tout cas ça dit quelque chose de la pression qui monte et qui crache sa vapeur.

«  Qu’ils viennent me chercher » qu’il disait l’autre poudré dans son bunker derrière ses barbelés, jouant de la provocation comme le dernier merdeux mal taloché.

Ils vont le chercher.

Ils font simple, ils font basique. Il crèche à l’Elysée ils vont à l’Elysée. 5000 de plus et ils le ramenaient sur une poutre avec du goudron et des plumes.

DrfhN_pX0AEICNm.jpg

Des années de manifs patentées, à déposer très officiellement le 2345éme parcours en préfecture, à croiser le cortège de la « pure gauche » bastille-république dans la montée, tandis que le cortège de la « gauche pure » république-bastille entamait la descente, sans qu’aucun corps intermédiaire bien dans les clous, syndicat, parti politique, voire groupuscule anar-black-blocké n’y ait jamais pensé.

Peut être qu’ils sont beaufs, pouilleux, bouseux, ces gilets jaunes mais pas si cons.

– tu nous invites on vient et et t’as intérêt à vraiment payer ta tournée tocard –

Si ce n’est un mouvement révolutionnaire, un peuple de plus de 40 ans de moyenne d’âge n’entre pas en insurrection comme ça, n’en déplaise aux vrais révolutionnaires de la vraie révolution le matin du jour du grand soir mais que je le verrai pas, avec de vraies morceaux de barricades dedans, n’empêche ça fout un sacré bordel quand même et à les voir les autres, les pompeux, les poseurs, les imposteurs de la posture, de la dénonciation du « populisme » plein la bouche que quand on a dit ça on a rien dit, tout suintant de suffisance, les confortables du jugement dernier se dandiner sur leurs chaises dans le mépris condescendant par exemple d’un confrère du Monde

DsMRBGbX4AE9-ZA.jpg

aussi drôle que Plantu (c’est dire) ou d’un vieux con de Goupil dénonçant la chienlit (sic)…c’est toujours bon à prendre.

J’entends bien que pour décerner les brevets officiels du révolutionnaire professionnel apte et vertueux il faudrait valider du CV exiger de la lettre de motivation. Va savoir si le coiffeur jaune fluo de Bort les Orgues ( Corrèze ) ou l’auto-entrepreneur en plomberie de Plounéour Menez (Finistère) qui tient le rond point a seulement lu Gramsci ou obtenu son UV de Proudhon dans le texte.

S’agirait pas de mêler l’authentique subversif, l’incontestable insurgé diplômé qui sait, avec le gueux aux idées qui sentent le graillon.

Pour les vrais révolutionnaires de la vraie révolution vraie, garantie sans gluten, idéalement faudrait faire l’insurrection pour le peuple mais sans lui. Vu que le peuple (s’il existe) ça grouille un peu du fion, ça a le fond du caleçon pas toujours reluisant et que ça daube de la vanne graveleuse.

Un peu comme les jolis, les irréprochables, les exemplaires qui signent au 104 le grand serment d’amour aux réfugiés exilés migrants sans même savoir que le réfugié exilé migrant git à cent mètres de là au jardin d’Eole dans le froid et la merde.

OUI, même avec les meilleures intentions du monde les mondes peuvent s’ignorer parfaitement et n’être pas du même monde du tout.

Car le mépris (ou le déni) de classe ne passe pas forcément où l’on croit, en ces périodes confuses et bouleversées, la morgue du premier de cordée de la révolution heureuse avec son petit déambulateur à penser dans la tête, peut aussi bien regarder du haut du balcon la horde d’en bas avec morgue, tout comme le moindre tuteur de l’éditocratie française planté dans le pot de chambre du puissant.

DsMODmnW0AELeCz.jpg

Oui, il faudrait, et comptons sur les historiens militants de la cause éthérée, relever les identités des communards, des sans culottes et bien vérifier si dans la foule des révoltés, massacrés, fusillés, il n’y avait pas des goujats de la chose, des abrutis lambdas, des mal polis, des bras cassés, des pue-la-sueur et des traine savates à peine conscientisés et si la prise de la bastille fut bien déclarée au préalable fort préfectoralement. 



Car il faut se rendre à l’évidence, si le pouvoir passe par l’élection, il vous faut réunir pas mal de millions de gens avec forcément pas que des prix Nobel dedans, et sinon par l’insurrection, quelques milliers de types pas forcément gratinés et tout prêts à se faire trouer la peau sans même connaître in extenso les paroles de L’internationale.

Sûr que ça te gâche un peu le romantisme guévarien.

Peut-être bien après tout que le « rien » ça peut ne pas valoir grand chose mais est ce bien la question quand on parle de castes, de classes, d’intouchables d’en haut et d’en bas et pas pour les mêmes raisons ?

OUI surement que dans le gilet jaune phosphorescent ça doit chlinguer un peu et sentir la rose des fois. Doit y avoir du bon gars, du nigaud, du pas sortable, du brave type, du bourrin et même du raffiné, avec de la machine à récup collée au train, genre voiture balai, oui surement !

un peu (juste un peu) comme du temps de la résistance où se côtoyaient communistes, gaullistes, métèques, bons français, athées, cathos, juifs sans le savoir (jusqu’à ce qu’on leur colle une étoile jaune sur le front), anars espagnols, royalistes, pétainistes convertis juste à temps et même anciens de la cagoule…ça faisait le coup de feu ensemble, crevait ensemble avant que dans les repos du guerrier, ça se refoute sur la gueule.

DsJrURQXoAUIJ7d.jpg

Alors faut bien se dire que question chambardement, y’aura jamais de transformation chimiquement pure, d’immaculée subversion, de soulèvement virginal. Ce sera toujours un peu cracra, un peu moche, plus ou moins mal foutu, qu’il y aura du mariage de carpe et de lapin, du collabo d’un jour et du héros du lendemain, et que tout ça ira ou pas dans le vent de l’histoire et qu’il faut être un bon crétin bien repu du cerveau pour nous faire la grande leçon, du c’est, c’est pas, façon grand sachant.

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

#CouleurColère

DpzlRqIXcAIC-EH.jpg

« Le monde ne récompense pas l’honnêteté et l’indépendance, il récompense l’obéissance et la servilité » (Noam Chomsky)

Bon je ne dis pas que Mélenchon ne gagnerait pas à prendre à ses heures perdues (s’il en a et c’est un peu le problème) quelques cours de sophro et à mieux maitriser les défauts impulsifs de ses qualités trempées.

Dans les moments chauds bouillants de la baston politique et pour peu qu’on soit un chouia sanguin, sortir de son émotionnel et prendre un poil de distance ne saurait nuire.

On est toujours perfectible et de là où je suis avec ma modeste influence, ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire passer le message de l’ironie.

DY0c9INX0AAWRKp.jpg

N’empêche qu’à l’heure mondiale des coups d’états judiciaires (Brésil, Argentine, Equateur…) à l’heure de la conformation de l’information privée et étatique, de l’injonction violente au tiède de la part du bourreau exigeant toujours plus de tempérance à la victime et réprimant brutalement la moindre chemise arrachée voire froissée, voire déboutonnée, à l’heure de la fabrication d’une gauche présentable, inoffensive, cac40-compatible et sans auréoles sous les bras, dénonçant la tapisserie pour ne surtout jamais s’attaquer aux murs porteurs de dividendes, une furieuse furie est toujours bonne à prendre.

Il est assez savoureux pour ne pas dire « croquignole » de constater combien ceux qui s’autorisent absolument toutes les saloperies, tous les cynismes, tous les immondices, toutes les cupidités morbides, toujours prêts à s’allier avec le premier fascisme venu, la première pègre opportune, le dernier des lobbies pourris, toujours dociles à serrer des mains pissant le sang avec trois tonnes de merde au cul ont la touchante faculté de se boucher le nez quand le petit peuple qui n’en peut mais, pue un peu des pieds.

Car ceux qui se permettent tout, et toujours le pire, d’exiger de nous que nous soyons toujours irréprochables, toujours exemplaires et toujours fort mesurés et que nous n’arborions pas de tricots de peau douteux tandis qu’ils caguent décomplexés dans la soie.

Ckmtbu3VEAA5Ky5.jpg

Et tandis que « les chaisières de l’humanisme » comme l’assène Lordon avec cette féroce cruauté qui fait mouche et tout son charme et sa puissance, tandis oui que les gentils supplétifs de chez Mickey parade souffrant d’un manichéisme infantile assez sidérant (ou candide) empilent les pétitions contre les méchants et les manifs à répétition contre la peste brune, (ou rouge/brune par vacuité quand la complexité d’un monde atomisé les dépasse) le rouleau compresseur de l’inhumanité en marche nous roule dessus en réclamant des excuses.

Donc si au moins cette colère primaire ou reptilienne ou juste humaine de Meluche coalisait toutes nos rages enfin, et si au moins cette manière d’enfoncer les portes (pas ouvertes) nous mobilisait à toutes les défoncer sauvagement et par exemple nous décidait à traverser la rue, les rues, toutes les rues, pas pour trouver un travail de chez « esclaves corporate » mais pour aller le chercher lui et lui faire ravaler tout son mépris de classe et de premier de cordée de la classe, ça nous éviterait peut-être de tergiverser encore entre Lexomil et Kalachnikov.

ClqJMUqWAAIVEph.jpg

Non pas que le menu Manu ait particulièrement un pouvoir exorbitant, mais parce qu’il faut bien commencer par quelqu’un pour pouvoir foutre des suées aux autres dans la mesure où il n’y a jamais de maîtres sans larbins et de pouvoir sans contremaîtres.

Alors non on ne s’excusera pas de nos colères, de nos emportements, de nos humeurs furibondes, on ne s’excusera pas de nos injustices, humiliations, cicatrices, on les portera hautes et fières.

DWkHFLBWsAEHVgb.jpg

Et quitte à se faire ficher, matraquer, éborgner, embastiller pour avoir renversé une chaise du petit salon de l’entre soi où l’on cause éthiques et profits, la morale pour les riens, les profits pour ceux qui ont tout, autant renverser la table et le pouvoir dessus.

Il n’est plus de compromis possibles ni d’indignation éplorée :

Enragez vous !!!

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Qu’ils viennent me chercher….(politique fiction ou récit dystopique)

 

DgNEEY8WsAA5cN0.jpg

Le samedi 13 avril 2019 à 16 heures 38, une jeune mère de famille, Benedicte F, élevant seule ses trois enfants, privée de toutes aides sociales suite aux réformes austéritaires du gouvernement, épuisée et désespérée, s’immolait par le feu devant le palais de l’Elysée.

Immédiatement l’émotion en France fut énorme. Les réseaux sociaux, les chaines infos, les politiques, commentateurs et autres « experts » et sociologues s’emparèrent de cette tragique affaire amplifiant en caisse de résonance le trouble d’une opinion publique bouleversée. 

Ce terrible « fait divers » fut très vite vécu par une France laborieuse comme emblématique d’une politique antisociale et d’une oligarchie méprisante et sans pitié.

Capture d’écran 2018-07-22 à 16.01.59.png

Dès le dimanche 14 avril des manifestations spontanées de foules en colère dans plusieurs villes du pays (Paris, Lille, Brest, Lyon, Grenoble, Marseille…) réunissaient des milliers de personnes indignés. Des émeutes éclataient même dans plusieurs quartiers populaires des grandes villes.

Le mercredi 23 avril à 15 heures, au moment même de l’enterrement de Benedicte F. devenue le symbole de toutes les victimes d’une politique injuste et inégalitaire, le pays se figeait durant un quart d’heure, répondant ainsi aux mots d’ordre politiques de plusieurs partis d’opposition.

Durant les derniers jours d’avril, ce que l’on appellera « les évènements d’avril », manifestations, grèves, émeutes, soulèvements, barricades… déstabiliseront un pouvoir aux abois et un président aux abonnés absents, alternant entre répression sanglante, provocations verbales et négociations avortées.

Di8VwonX4AAlh_S.jpg

Le lundi 29 avril à l’issue d’une énorme manifestation à Paris réunissant près de 700 000 personnes (285 000 selon la police et 249 500 selon la société « Occurence ») et après la répression violente et féroce des forces de l’ordre, le bilan terrible de la journée fera état de 3 morts, 276 blessés graves et près de mille arrestations du côté des manifestants.

On découvrira même qu’un membre du service d’ordre, le brigadier H. aura dramatiquement et par hasard tué son propre frère contestataire d’un tir de grenade dispersante au milieu de la foule.

Suite à cette sombre journée, le ministre de l’intérieur déjà très décrié et totalement discrédité depuis l’affaire Benalla ,G. Collomb, sera démissionné le soir même.

C’est le mercredi 1er mai jour de la fête du travail qu’une marée humaine ( 2,5 à 3 millions de personnes) déferlera sur les champs Elysées. C’est vers Midi, dans une tension extrême, les nuages de lacrymo, les détonations et les tirs de flash ball, que le cortège bifurquera soudainement en direction du palais de l’Elysée.

macron-finale-1_6088713.jpg

Devant des forces de l’ordre débordées ou passives (plusieurs escadrons de crs mettant crosses en l’air en solidarité avec le peuple de Paris) il sera fait appel à l’armée. Le général L. commandant des forces armées française, répondant alors que ce n’est pas à l’armée, de faire le travail de la police, plus rien n’empêchait la foule de se masser devant le palais présidentiel.

Après plusieurs heures de négociations avec les autorités, une délégation représentant « le mouvement d’Avril » pénétrera dans la résidence officielle. S’engouffrant dans le bureau présidentiel elle y découvrira un Emmanuel Macron livide et accablé, un rictus crispé au bord des lèvres, entouré d’un dernier carré de collaborateurs.

C’est le citoyen J-Michel G. délégué du « mouvement d’avril » qui déclarera alors, ce mercredi 1er Mai à 17 H 28 :

– Monsieur nous venons vous chercher…. 

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

On peut rire de tout (à condition que ce soit drôle) !

1065241541.jpg

Si l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, selon l’expression de l’impeccable Desproges, si l’on DOIT rire de tout, de toutes les religions, de toutes les conditions, de tous les handicaps, des petits, des gros, des maigres, des riches et des pauvres, des belges, des français, des sénégalais et des chinois…, de l’autre et de soi,

C-gkZRgXkAAR8xF.jpg

si l’on doit rire de ce qui fait peur, de ce qui fait mal, de ce qui gène, de ce qui trouble, de ce qui nous dépasse, de nos angoisses surtout pour mieux les apprivoiser, les exorciser en exutoire, cette délicate politesse du désespoir, encore faut il que ce soit drôle.

On peut se moquer du physique, c’est le principe de la caricature, on peut se moquer du statut, on peut transgresser, on peut choquer, provoquer, mettre mal à l’aise, forcer la dose, charger, décharger, exagérer, décaler, décalquer, dézinguer, on peut faire dans le scato, (perso j’ai toujours eu un faible pour le pipi caca) dans la dentelle, on peut faire dans le grossier, le relou, on peut faire dans le cynisme, dans l’acide, le sarcastique, le grinçant, on peut se foutre des hommes, des femmes, des transgenres, des faibles et des puissants, de Macron et de sa dame, des hétéros burnés, des homos, des zamelles, on peut rire des vieux et des mômes, des bossus, des moches, des bellâtres et des Mimi Mathy, on peut se foutre de tout et de tout le monde dans la mesure où c’est drôle. et des fois ça l’est pas !

Exemple numéro 1 – le dessin de RISS à la une de Charlie Hebdo (je ne suis plus Charlie depuis Val) :

Dd1NZnhV4AAXkrA.jpg

Il sue la haine, transpire le mépris, il fout la gerbe, mais le pire de tout, il n’est pas drôle ! pas même un sourire. Il n’a donc aucune excuse. C’est raciste et raté, c’est nul et c’est con : c’est de la merde.

Exemple numéro 2 – Sur le même thème avec à peu près le même message le dessin de Foolz :

DfBn4THXUAEP7lg.jpg

C’est plutôt sans intention maligne, ça dit à peu près la même chose mais mieux, ça suinte pas la haine, ça pue pas du bec et du printemps républicain, surtout ça me fait marrer. c’est juste juste et juste drôle : C’est réussi.

A quoi ça tient ? à la nuance, à la subtilité des choses, au talent, à l’ intention, selon qu’elle soit malsaine ou pas, blessante ou pas, médiocre ou pas ? va savoir …

Chaplin disait privilégier toujours l’inspiration sur l’intention. Riss et ses potes à la dérive nauséeuse, en tout, cas feraient bien de méditer.

Ce qui fait que c’est drôle ou pas, réussi ou raté tient effectivement à pas grand chose. A une forme de légèreté dans la profondeur, de spontanéité travaillée, à tout un tas de paradoxes qui fait que ça tombe pile ou pas.

Et que ce soit grivois, myso, finaud ou pas, odieux, scabreux, crado ou pas n’est pas le problème.

CkxiKrdWYAAR23F.jpg

Le problème c’est le contexte, avec qui quand comment sortir sa blague juive préférée, celle sur les arabes ou les gaulois, sur Hitler ou Staline et sur le dernier tsunami ou tremblement de terre aux 100 000 morts.

Le problème c’est que quand on touche à des sujets délicats, périlleux, sulfureux, en tension, en friction et que ça tombe à plat, ce n’est plus rigolo c’est juste fâcheux…

et facho.

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Un jour mon prince viendra (ou pas ) !

DdoqAlqVQAA6P4d.jpg

 S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. (Cioran)

On dira ce qu’on veut, Walt Disney a beaucoup fait pour la famille royale d’Angleterre.

Si la fiction s’inspire de la réalité, la réalité ou du moins sa représentation dans son décorum, sa comm, et son emballage aura beaucoup emprunté à la fiction dans une sorte de tautologie autarcique, façon gentil dauphin qui se mord la queue.

On se demande même si d’une certaine manière ce n’est pas Walt Disney qui aura inventé les Windsor ou du moins notre perception de la chose.

Une famille Tuche endimanchée.

DdpBo7vU8AAO48p.jpg

Si le mariage princier a beaucoup souffert de la mort de Léon Zitrone (pour les plus anciens) ou de la réincarnation de Stéphane Bern en Mr patrimoine du loto, il reste à n’en pas douter un archétype pseudo populaire vendeur, façon conte de fée/ma vie de merde et un puissant putaclic pour faire tourner la boutique à merchandising.

Le mariage de gens célèbres

DOXDcDvW4AIAacB.jpg

comme inépuisable source d’infantilisation pour un public régressif, le pauvre toujours prêt à aider le riche, à acheter du chromo du kitch, à subir en boucle la mort de la maman de Bambi pour mieux oublier de penser.

DdjS3jIXkAIrR6-.jpg

jusqu’à la parodie

1228257-archives-mariage-coluche-et-thierry-950x0-1.jpg

Pareil pour le parrain de Coppola. Evidemment que le roman ou le cinéma s’est largement inspiré du thème mafieux et de ses épopées familiales, mais l’on aura bien noté aussi que la mafia se sera largement nourrie du film, en récupérant les codes, les règles, les rituels scénarisés pour mieux se réinventer et rhabiller une mythologie bien plus triviale en réalité, vulgaire et médiocre que ce code d’honneur dans cette cruauté transcendée.

Oui La mafia doit beaucoup à Brando et à ses mouchoirs dans les joues.

De ce monde d’illusion ou le faux n’est rien d’autre qu’une affirmation assénée, ou l’ineptie, l’incongruité, le portenawak une assertion révélée, vient alors l’impossibilité de nommer les choses, de les conceptualiser et de mettre du sens dans l’histoire, ni même dans le story telling, autrement que par des éléments de langage.

DdbUgUEVwAAGfIQ.jpg

Dans ce chaos d’images et de sons, ce fracas d’absurdités et de piètre théatralité, ce collage accéléré de faux, de vrais et d’autre chose, qui du réel ou de sa représentation fera la peau de l’autre ou s’en revêtira, qui gagnera au loto ou verra son prince venir ?

DZfB2ogX4AAviHK.jpg

qui vivra sa résignation devant le carrosse de la télé ou rejoindra la grande marrée populaire pour tout chambouler ?

qui vivra ? qui verra ? ou ne voudra rien voir que les ombres sur les parois ?

Dans ce monde post moderne, confus et dégénéré, de ce mauvais spectacle organisé pour qu’il n’existe aucune alternative, ne jamais oublier que si l’on peut regarder passer le carrosse en projetant le vide de sa vie dedans, on peut aussi à tout moment le renverser.

DdZU0RnX0AAEL9Z.jpg-large.jpeg

Passer de spectateur à acteur…

Il suffit juste d’y penser.

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

 

L’homme qui se plantait

Dbs0mXbX4AA6QHw.jpg

Ainsi « …l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque… »

Db8X5vqW0AA3xNu.jpg

offrit en notre nom un chêne au grand chef glandu d’Amérique. Un de ces chênes que les chinois tronçonnent dans nos forêts en voie (comme le reste) de privatisation sous le regard ému de celui qui ferait mieux de retourner vendre du gel douche.

Ainsi, Jupiter, leader du monde libre et non faussé et fils à papa pelliculé fit donner de la pelle pour un planter d’arbuste symbolique et fraternel pour la postérité.

A peine le dos tourné et l’épaule époussetée du planton planteur planté, à peine la photo dans la boîte ou plutôt la start up nation et le chêne sans racines pour les générations futures sans avenir se déplantait et allait se faire replanter ailleurs.

incognito.

OdDJqwTN.jpeg

De l’influence colossale de notre fanfaron en globish, restait une trace jaune sur une pelouse verte

DbzK858W0AEjH3h.jpg

et une main au cul.

Dans les gares si on croise des gens qui ne sont rien, à la maison blanche aussi.

Celui qui n’obtint rien du grand crétin moumouté mais lui céda tout, d’Alstom à la prochaine guerre d’Iran, de l’augmentation de 35% d’argent magique à l’Otan jusqu’à la déclaration du ministre américain de la défense annonçant que le gouvernement français avait envoyé des soldats en renfort en Syrie, le Chicago boy, le young leader, l’apprenti maître du monde découvrait rétrospectivement qu’il comptait à peu près autant que du beurre de cacahuète.

même pas bio.

Dbkz3N1WsAA2pHc.jpg

En sa panoplie de jeune manager moderne avec tableau Excel, le vieux réactionnaire à la pensée moisie utilisant des milices comme supplétifs, économiquement thatchérien, diplomatiquement atlantiste, illégalement élu et constitutionnellement disqualifié mais payant scrupuleusement ses croquettes pour chien finira expulsé d’une pichenette comme une pellicule sur un col de veston.

2014-arm__eeeeeeeeeeee_901912160-720x400_c-720x400_c.jpg

Celui qui vécut par l’image périra par l’image. Celui qui vécut d’arrogance finira humilié.

Je ne sais où je ne sais quand mais je sais que le petit Napoléon du jardin d’enfants, l’ado pharaon du Touquet redeviendra après une bonne branlée le petit morveux qu’il ne cessa jamais d’être après moult dégâts.

Qu’il se plante on s’en fout qu’il nous plante se paiera.

Dbo9S6xXkAAL702.jpg

Et c’est pourquoi, le 5 mai nous nous ferons une joie de lui faire

DbJpWjVWAAUDHYW.jpg

 

                                              sa fête !!!

tgb

Share|






http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a