Black bloc contre blackrock

Toute l’histoire du macronisme et de son monde, pourrait pourri, tenir dans cet odieux personnage ordinaire. Laurent Pietraszewski.

Non, rien de personnel, juste l’incarnation parfaite de la start up nation, le maître étalon du valet de pisse corporate, trimbalant la banalité de son inhumanité au service du pognon.

Une véritable métonymie. La partie pour le tout. Le petit contremaître s’élevant sur les faibles pour mieux nourrir la barbarie policée de l’entre soi collabo et du 1%.

Vendu, acheté, du conflit d’intérêt plein les fouilles, du vote de loi accommodante sur commande et du remerciement à 71 872 € la gamelle.

C’est donc un de ces DRH radical, exalté, amicalement nommé « le nettoyeur » par ses anciens collègues de la cfdt (c’est dire) qui l’ont côtoyé dans le Nord-Pas-de-Calais, de ce genre de psychopathe lambda qui fit se défenestrer par dizaine les « inutiles » les « riens » ces épuisés de l’âme et du corps de chez France Telecom, de cet intégriste du financier qui aime à s’engraisser opportunément sur les licenciements à dividendes, à jouer de la variable d’ajustement humain, et qui toujours zélé, fusille pour l’exemple un de ces délégués syndical tout juste bon à la fraternité, quel ringard, pour une erreur de caisse de 80 centimes et un croissant offert.

Toute la normalité « moderne » du salopard, du cadre sup de « l’entreprise France », de la supérette discount, sous larbin du larbin chef, PDG de que dalle mais liquidateur de tout, au profit du profit et qui au jour de l’hypothétique procès du Nuremberg entrepreneurial dira innocemment qu’il n’a fait qu’obéir aux ordres.

A l’ordre. Au nouvel ordre mondial. Ce chaos. Ce désordre ordonné.

Ainsi vont les ministres de chez Auchan, de chez Danone, les premiers ministres de chez Areva, les secrétaires d’état de chez Véolia, tout à spéculer sur la fin des mondes et les morts de faim, ainsi vont les candidats à la mairie de Paris de chez Unibail-Rodamco… Le voici tout ce petit monde playmobil de la réforme régressive, du progrès en arrière, de l’intérêt perso à se gaver sur l’usure des autres, dans ce monde sans pitié qu’ils arborent en médaille, tout à dépecer le bien général, à imposer leur sous-culture dans la suffisance de soi et la culpabilisation de l’autre.

Oui un de ces petits kapo grossièrement notable et structurellement dégénéré qui offre « du matériel humain bon marché », à tâter du biceps d’esclave sur cv. Le type même du sale type, vrp de cette bourgeoisie vip, dans son obscurantisme normal, s’adonnant au mépris sans complexe ;

ce mépris si longtemps refoulé, qui enfin peut exprimer dans sa légitime vulgarité, sa novlangue en son vide et sa réduction des coûts : sociaux, écologiques, vitaux.

Ces marchands de mort.

Rien à espérer, rien à voter, rien à négocier, rien à discuter, rien à attendre du manageur à démanager à coups de marteau. Dans le remplacement du pire, trouvera t’on toujours pire, du pire commun, du pire motivé, du pire formaté, du pire fusible et jetable, pour un futur du pire, de pire en pire, au service de l’empire et du monstre tout économisé.

Encore trop à perdre avant qu’ils aient tout. Jusqu’à payer le prix dérisoire des chemises déchirées et de l’adjuration publique à s’en excuser.

Mais viendra, et il rôde, le plus rien à perdre du tout qui ne se contentera pas de régler le pressing mais y foutra le feu avec le beau linge dedans et ses calcifs douteux.

Non pas de « win win », comme ils disent, entre deux benchmarking de la gestion des troupes d’open space sur tableaux excel. On ne sera jamais deux à faire de bonnes affaires. Le caporal chef Lallement en son ample casquette à pointe, à amplement raison : nous ne sommes pas du même camp.

La barricade n’ayant que deux côtés ; black bloc contre blackrock

Alors viendra vraiment l’esprit de noël et ses guirlandes clignotantes de pantins effroyables accrochés aux branches des sapins.

La peur est très bonne conseillère.

tgb

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C’est bien là !

Affr’euses, Affr’eux…

Nouvelle adresse de : RUE AFFRE 2

Et si comme moi, dans cette Start up nation, humaine, harmonieuse, fraternelle, tu as une certaine difficulté à rester compétitif…

Rue Affre te propose une large gamme de tongs pour affronter, austérités, LBD, effondrements écologiques, rigueurs, guerres civiles, apocalypses, management par la terreur et pourquoi pas insurrections, jaunes, vertes, rouges… à venir.

Notre collection Hiver été :

spéciales réchauffement climatique

élévation des océans (merci Claude)

mal bouffe

misère créativité et recyclage

et bien sûr nos indémodables tongs spéciales révolution

(A saisir jusqu’au 5 décembre dans les limites du stock disponible)

Vous êtes ici chez vous en n’oubliant quand même pas que c’est chez moi.

des bises…

tgb

Dernière sortie avant autoroute

Bon ça pue. Du régime policier qui s’installe, à l’instrumentalisation du fascisme qui vient ; de la canonisation post mortem à grand spectacle pour mieux faire écran aux nuages toxiques qui ne dépassent pas les frontières de la Seine Maritime ; des procès politiques iniques aux manifs des milices barbares en marche, en attendant l’effondrement et la guerre civile : oui ça pue. Et je me sens un tantinet dépassé, désarmé, devant tant d’abrutissement récurrent et l’accélération de l’histoire qui nous promet le pire de l’empire.

Et comme une tentation irrépressible d’aller cultiver mon jardin ailleurs, gorgé d’hydrocarbure.

Mais ce 980eme billet ne parle pas de ça. Il vient vous informer que fin décembre, affr’euses, affr’eux, ce blog ouvert le 07 10 2006, fermera. Du moins la plateforme 20minutes qui l’héberge. 20Minutes oui, ce média appartenant au groupe Bouygues, celui là même qui offre une monumentale caisse de résonance à la parole raciste, option nazie, et qui, soyons honnête, m’a foutu une paix royale durant 13 ans.

Sauf ce fameux 15 aout de je ne sais plus quelle année ou un stagiaire étourdi avait tout verrouillé avant de partir faire du pédalo avec les clefs. Ce jour là, j’avais bien percuté que ce blog ne m’appartenait pas et dépendait du bon vouloir commercial d’un groupe en béton armé qui pouvait m’en déposséder à tout moment.

J’ai commencé à écrire ce blog au 21 de la Rue Affre dans la Goutte d’Or, où je possédais et c’est tout ce que je possédais, un bureau de 13m 80. Ce fut 13 années de galère. 5 dégâts des eaux, 6 restaurations d’appart, 2 procès divers, 1 ravalement de façade à rebondissements, 2 règlements de comptes avec cadavres sur le seuil, plus 1 escroquerie avec squat, 1 incendie raciste et criminel à quelques mètres, deux assureurs qui finirent par me jeter, une dizaine de tentatives d’effraction et j’en passe. Bref, un condensé de la très pittoresque rue Myrha en pleine gentrification malgré tout (ça mériterait d’être raconté tant ce fut une épopée).

Ce bureau je l’ai vendu en mai 2018 et franchement j’en suis assez soulagé. En tout cas, question stage en immersion dans la vie réelle, ce fut une sacrée formation. L’école de la rue (Affre) ça existe. Ce fut même, on peut le dire à ce niveau d’emmerdements, une université.

Donc Rue Affre va déménager. Migrer comme on dit. Je ne sais pas encore où…si vous avez des idées, je suis preneur. Migrer déjà, pour en garder la mémoire, le témoignage de ces 13 années archivées, vos 10 714 commentaires en sus, et pour, pourquoi pas, me laisser à l’occase continuer en cas d’urgence et de fourmillements au bout des doigts, à pousser un cri de rage numérique qui m’aide tant à survivre.

Même si en ces heures automnales, je suis sur un autre projet d’écriture, qui m’aère un peu la tête et dont je vous parlerai plus tard.

Donc tout ce mois d’octobre (novembre aussi je pense) il vous sera encore possible d’échanger ici avec moi et d’interagir, ensuite, dès le mois de décembre (si j’ai tout compris), les notes s’afficheront encore mais sans plus d’intervention possible. Enfin à la dernière seconde de la dernière heure du dernier jour de décembre et de 2019, la Rue Affre à cette adresse, deviendra une impasse. Il vous faudra alors bifurquer et venir me retrouver à une autre adresse. Je vous dirai ça quand je serai moi même un peu plus orienté…

salutations affreuses, fraternelles et distinguées

tgb

Alors bon vent l’affreux.
On vous a beaucoup aimé, on vous aime toujours et on vous aimera encore.

Écrit par : marissé | 01/10/2019

merci c’est tout mignon

Écrit par : tgb | 01/10/2019

On te suivra là où tu iras…

Écrit par : Robert Spire | 01/10/2019

C’est une demande en mariage ou quoi ? en tout cas trop sympa

Écrit par : tgb | 01/10/2019

Tant que la Tong résiste, le papillon butinera les fruits de la libre pensée

vaya con Dios amigo, en hombres libres te seguiremos

Écrit par : Jb | 03/10/2019

Hasta la victoria siempre companero

Écrit par : tgb | 03/10/2019

Ben merde alors…

Écrit par : jacques d. | 04/10/2019

comme tu dis…

Écrit par : tgb | 04/10/2019

Je suis toujours fidèle au blog mais il est vrai que je commente très peu, je le regrette car je vous trouve très souvent pertinent, ironique et très bon dans l’exercice.
Je viens de passer en mode Céline Dion : J’irai où tu iras … avec très haute intensité sonore.
Au plaisir de continuer à vous lire et peu importe l’endroit.

Encore bravo pour tous ces moments, zut, j’aurais du dire « merci pour ce moment »

A bientôt !

Écrit par : Nade | 04/10/2019

c’est bien aimable tout ça et franchement ça me fait un bien fou – on verra bien la suite je ne suis pas très fixé mais ça m’aide beaucoup

Écrit par : tgb | 04/10/2019

Salut Steph….
Ben pour moi cela fait déjà plusieurs années que j’ai migré sur Eklablog, j’en suis plutôt content. J’y ai 5 blogs thématiques.

Bien entendu la présentation (très modulable) est assez différente, du moins de la façon dont je l’ai paramétrée : au hasard

http://nantesconstituante.eklablog.com/
http://5gdesert.eklablog.com/
http://44contre-linky.eklablog.com/
http://ennemieurope.eklablog.com/
et bien sûr
http://babalouest.eklablog.com/

J’ajouterai mes contacts en réseaux sociaux :
https://vk.com/id484575905
https://vk.com/club184486140
https://vk.com/public186536368

Il y a de quoi faire, non ?

A bientôt !
JC

Écrit par : babelouest | 06/10/2019

merci pour les liens c’est sympa (sinon je m’appelle Thierry mais on va pas chipoter)

Écrit par : tgb | 06/10/2019

Ah désolé, je mélangeais avec Des Pas Perdus….

Écrit par : babelouest | 06/10/2019

si c’est Stéphane Des Pas Perdus alors tu es absout

Écrit par : tgb | 07/10/2019

Remarque, Babel est toujours à l’ouest. Rien de nouveau !…:-)

Écrit par : Robert Spire | 10/10/2019

Eh Robert, l’avantage c’est que j’ai Allo, céans à trois quarts d’heure d’ici !

J’ai déménagé, mais la distance de l’eau salée n’a pas changé. Seule différence, je peux bien plus facilement aller au Bar André m’enfiler…. un homard !
(chez André, c’est une institution, à La Rochelle)

Mais bon, les homards, ce n’est pas pour les gens qui ne sont rien…
https://www.barandre.com/photos/

Écrit par : babelouest | 11/10/2019

A tout hasard, j’ai fait une sauvegarde de ton site. Multiplions les précautions !

Écrit par : babelouest | 12/10/2019

merci c’est sympa !

Écrit par : tgb | 13/10/2019

Compte sur moi pour répercuter le déménagement. Et continuer comme avant.
C’est pas grâve je l’ai fait 5 fois en 13 ans. rushes, rushes.infos verrouillés. J’ai perdu rushes très vite. Là je suis wordpress facebook et scoopt-il reliés. On s’arrange toujours.
Bises

Écrit par : ramdane Issaad | 20/10/2019

merci pour tes encouragements

Écrit par : tgb | 20/10/2019

Le macronisme sur un plateau (de fruits de mer)

Bon appétit, messieurs, O ministres intègres…

Si s’empiffrer sur notre dos tout en exigeant de nous serrer la ceinture est à gerber, c’est bien dérisoire en comparaison des scandales d’état, du fascisme rampant et par exemple, des 400 millions de Tapie blanchis grâce au frère du cousin qui juge la soeur de la belle mère, toute cette petite famille endogamique qui s’arrange.

400 patates sans compter les indemnités, ça constitue un gros gros pactole offert sur un gros gros plateau de fruits de mer.

ça doit faire un taux pas dégueu du homard de l’heure.

Mediapart, dont la spécificité est d’attaquer la tapisserie pour mieux épargner les murs du système aime à mordre les mollets de l’indélicat, Morelle, Cahuzac…sans jamais toucher à l’organisation générale.

On sacrifie une tête, on la donne en pâture, ça dope l’audience, ça racole de l’abonnement mais question enquête investigation, c’est juste du dossier tout ficelé généralement mis sous pli façon règlement de compte. Comme pour le Canard enchaîné, pas plus d’enquête journalistique que de nouilles au menu des festins entre amis ou lobbies.

Juste malheur à celui qui se fait chopper, en général un sale type balancé, mais pas plus sale ou pourri que la plupart, juste un peu plus nigaud ou maladroit, voir encore Cahuzac, rapport à Raymond Barre par exemple.

Attaquer le symptôme pour mieux épargner la maladie, à ce petit jeu entre amis, on peut faire durer l’arnaque mille ans, puisque au règne du profit, parfaitement interchangeables, ils ne sont pas corrompus mais sont la corruption. (Juan Branco).

Faut dire, avec le petit marquis poudré François Goullet de Rugy on tient un très beau spécimen de pourriture. L’archétype même de l’arriviste dénué de convictions, du renégat sans foi ni loi, dont la parole (mais ça on a l’habitude) et même la signature (et c’est déjà plus rare) ne vaut rien.

Oui un superbe cas de carriériste tout pour ma gueule au détriment de l’intérêt général. Autant dire que l’écologie peut aller se rhabiller d’autant qu’on sait parfaitement que la décence ne se porte pas en cravate et qu’en revanche la saloperie est souvent pliée dans la soie.

« François de Rugy a voulu sauver sa tête en offrant la mienne », assure son ex-directrice de cabinet démissionnée.

On retrouve ici toute l’élégance du personnage dont la particule prime sur la partie tête et son aristocratie parfaitement soluble dans sa vulgarité.

Voir, ces quelques secondes de défense pathétique et de médiocrité étalée, cette vacuité de cuistre dans ces instants de honte est toujours jouissif. Ce genre de tartuffe dénué du moindre talent n’a forcément rien d’autre à faire valoir que sa servilité zélée. Mais tant qu’on en meurt pas, cette mauvaise digestion passagère vaut sans doute le « coût ».

A condition toutefois de retourner se bâfrer dans l’illusion de sa boursoufflure. Car chez ces gens-là, et j’avoue une certaine admiration, point d’amour propre.

Les dégoûtants ont une propension assez remarquable à ne jamais se dégoûter. Au point qu’il est aujourd’hui bien difficile de nommer un honnête homme (ou femme) dans cette bande de crapules sans scrupules, jusqu’à se demander s’il ne faut pas montrer une absence d’intégrité morale et civique et une aptitude à la fraude pour intégrer la caste.

Car comme dirait ma copine de tweet,

sérieusement qui irait bien se faire chier toute une soirée avec François du Néant s’il n’y avait pas de l’entre soi homard public et de l’entre soif pommard grand cru à volonté sous les ors de la république gonflant l’inanité et donc la vanité des courtisans.

Si encore les écornifleurs de salon se contentaient de se rincer la dalle gratis mais en plus parlent ils la bouche pleine, du populisme plein la gueule, éructant de la dénonciation de poujadisme pour mieux roter à table à la barbe des « pouilleux » décidément trop cons.

Car en ces temps modernes de « start up mon cul » le nouveau monde qui ressemble furieusement à l’ancien régime, se doit d’être décomplexé du système digestif. L’élément de langage « j’assume » valant absolution et signifiant après traduction, qu’ils nous emmerdent ouvertement.

Oui pour la classe dominante et ses valets de pisse, se goberger ne suffit plus, encore faut il cracher son mépris sur les gueux, culpabiliser les « assistés » dans l’arrogance confortable d’en croquer sur les croquants.

Lire les commentaires des macro’homards c’est découvrir qu’une partie des habitants de ce pays a quitté définitivement la condition humaine. Se goinfrer aux frais de la princesse tout en exigeant le sacrifice des riens qui vivent au dessus de nos moyens coûtent un pognon de dingue et refilent, les salauds, la dette à leurs enfants, tandis que l’oligarchie s’empiffre sur la planète tout en se foutant pas mal des générations futures, ne choque plus.

Quand ils en seront à ébouillanter les gilets jaunes, ces « vermines », cri du coeur d’un de ces éditocrates de l’extrême tiède, squattant les buffets garnis, faudra t’il encore souligner le courage des marmitons.

Dans l’inversion époustouflante des valeurs, si les pauvres avaient l’esprit civique, ils se réjouiraient volontiers de sacrifier leurs APL sur l’autel des langoustes gouvernementales : ingrats que nous sommes, et les affamés iraient en prison pour un sandwich en applaudissant les repus se gavant de crustacés publics. Car après tout, que les riches et leurs larbins se délectent du caviar tandis que la plèbe se bouffe du flash ball démontre bien que les classes n’ont définitivement pas les mêmes valeurs.

Car si dénoncer l’immoralité de la caste est du méchant populisme en revanche montrer les immondes privilèges sociaux des pauvres n’est que du courageux pragmatisme.

Alors oui, que les homards sauce thermidor, cessent de prendre en otage nos courageux ministres.



Cela dit, si tout ça est un beau furoncle, symbole de la putréfaction de ce triste pays, il n’est rien en comparaison de la socialisation des pertes, de la privatisation des profits, du bradage de nos fleurons industriels, de nos aéroports,de nos barrages, de notre indépendance économique et technologique, voire stratégique, du pétainisme ambiant, de la prise de pouvoir des milices, des petits meurtres couverts par la hiérarchie dans un silence de plomb, du naufrage calculé de nos services publics, santé, urgences, éducation nationale…à l’avantage de l’oligarchie et de ces milliardaires si généreux avec l’argent des autres.  

En cette veille de 14 juillet muséïfié, de défilés cadencés des jeunesses macroniennes, nulle révolution citoyenne par les urnes à espérer mais

que 100 tractopelles contre cent portes de ministères lancés

que 1000 admirables boxeurs à mains nues en danseuse

que 10 000 pinces de homards en guise de fourches dans l’oeil pour oeil

jusqu’à la nuit du 4 aout…

j’assume !

tgb

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Ken et Barbie au pays du fascisme sympa

A une époque de technologie avancée, le plus grand danger pour les idées, la culture et l’esprit risque davantage de venir d’un ennemi au visage souriant que d’un adversaire inspirant la terreur et la haine. Aldous Huxley –

« La France est devenue l’une des menaces mondiales pour la liberté d’expression. »

– La police française est « la plus brutale de toute l’Europe » selon le quotidien allemand (de droite Welt)

– Enfin un flic sanctionné (sic) 

– « On ne peut pas prendre nos enfants en otage »: Macron dénonce la rétention de copies du bac’’.

– Police partout, justice nulle part

– La-resistible-ascension-du-national-liberalisme

tgb

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Dix bonbons… moins un

N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur (Einstein)

Ma môme a volé un bonbon chez le boulanger. 5 centimes – de ce genre de bonbon dans un casier à bonbons, à hauteur de môme, qui invite à se servir et à ne pas résister à la tentation… et comme la frustration c’est pas tellement le truc des mômes…

– bon ! – la fois suivante, sa mamie lui a acheté dix bonbons, en a retiré un qu’elle a rendu à la boulangère qui s’en fichait un peu – histoire de faire la leçon à la môme : voler c’est mal !

ça s’appelle l’éducation, donner des repères, un cadre, l’honnêteté tout ça…

Mais en vérité je me demande si inculquer ce genre de valeurs morales à ma môme est bien utile à sa « réussite » sociale, parce que, soyons pragmatiques, (je hais ce mot) par les temps qui courent il vaut mieux lui enseigner que tricher, truander, filouter, trahir, être déloyal, sans honneur, sans principes, tout en exigeant des autres qu’ils en aient, est le plus sûr moyen de faire carrière, de s’enrichir et pour coller aux valeurs de Macron et à l’air du temps, devenir milliardaire.

Comme de Rugy, ne respecter ni sa parole ni sa signature, ni ses engagements peut largement « booster » votre carrière, comme Richard Ferrand, mélanger argent public et intérêts privés peut vous conduire au perchoir de l’assemblée nationale, comme Muriel Pénicaud chez Danone, supprimer 900 emplois peut vous faire gagner une plus-value d un million, comme Gilles le Gendre, participer à la vente de la FDJ peut permettre à votre dame de trouver un emploi à hauteur de ses « talents » et de resserrer les liens conjugaux.

Indignez vous de malversations, de conflits d’intérêts, de fraudes fiscales, lancez l’alerte et de vous retrouver « suicidé » par la société,

en revanche comme François Pinault, assurez la déforestation de l’Afrique avec papa BHL, trichez sur la longueur des planches et vous pourrez vous offrir quelque joli musée à votre gloire ; passez un contrat avec l’état avant de renier vos engagements et tel Bernard Arnault vous pourrez financer en grand mécène altruiste votre collection d’oeuvres d’art avec de l’argent public tout en gagnant 1000 euros la seconde.

De Niel, condamné pour proxénétisme à Drahi et ses montages acrobatiques de sociétés off shore en passant par ces 21 ministres du gouvernement en redressement fiscal, sans oublier Carlos Goshn jouant perso avec le chéquier de Renault et vous avez un joli panel de saloperies ordinaires pour mieux intégrer le cercle vertueux de l’oligarchie méritante qui viendra jour et nuit vous culpabiliser à travers ses valets de pisse de votre rsa ou de vos 35 heures.

De prévarications/concussions en compromissions/corruptions tel semble être le chemin tout indiqué pour chopper l’ascenseur social plutôt que l’escalier de service.

Mieux, bradez l’indépendance de la France à travers Alstom pour financer votre campagne électorale et vous aurez toutes les chances de finir président de la république et garant des institutions.

Bref, mieux vaut apparemment miser sur la duplicité que la probité, l’opportunisme plutôt que la conviction, la trahison plutôt que la fidélité, la tartufferie plutôt que la droiture, l’intérêt personnel plutôt que le sens commun.

Mais bon, il sera toujours temps que ma môme et ses 4 ans le 16 juin, découvre que la morale de l’histoire est toujours celle des autres et qui vole un oeuf bio va en prison tandis que qui vole un boeuf vérolé finit ministre de l’agriculture.

Du moins lui aurons nous donner les bases : voler un bonbon chez le boulanger c’est pas bien. Ensuite comprendra t’elle toute seule que voler le paquet entier dans une grande surface, de celle qui licencie des employés qui ne veulent pas travailler le dimanche, ou qui ont récupéré pour 3 euros d’invendus ou de bons d’achats, n’est rien d’autre que de la légitime défense et de la justice sociale.

Cette leçon vaut bien dix bonbons sans doute, moins un !

tgb (à Mireille)

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L’envers du décor

Il y a quelques années, j’étais en train de coller une affiche insoumise sur un mur d’une HLM assez cossue et visiblement bien habitée du 18eme arrondissement de Paris.

Un type élégant, décontracté, caricature typique du bourgeois bohème, était venu me faire la leçon du genre …pas très écolo toussa, affichage sauvage, dégradation patin couffin… se présentant très ostensiblement comme responsable vert local.

Je venais de capter ce que représentait pour ces gens là l’écologie de fait : une sorte de confort dans leur environnement propret avec l’aimable injonction à surtout pas déranger et à pas faire tâche dans leur décor.

Ce jour là j’avais compris qu’il n’y avait rien de moins politique qu’un membre écolo de confort et rien a attendre de ce genre de notable de la végétalisation appliquée et de la trottinette nucléaire tout occupé à pétitionner pour la réintroduction du loup dans le Mercantour, contre la déforestation amazonienne et la salle de shoot avoisinante et ses nuisibles…

dont moi.

tgb

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Dire Manon à Macron !

Voter ? Ne pas voter ? Frexit ? Not frexit ? Plan A ? plan B ?

Dans toutes ces questions aucune réponse satisfaisante. Aucune issue idéale, qu’un immense merdier potentiel, un sac de noeuds politique, des impasses, des impuissances, des désastres annoncés.

Ok ! Voter aux européennes ne sert à rien, ou à pas grand chose. C’est cautionner un grand merdier tranquillement totalitaire. C’est participer au grand guignol pseudo démocratique. C’est faire de la figuration au grand jeu pipé d’une Europe faussement progressiste et totalement austéritaire. C’est donner une voix à une assemblée qui n’a à peu près aucun pouvoir et bien moins que le moindre lobby.

Son président défiscalisé Junker entre deux murges l’a écrit et il n’y a aucune raison de ne pas le croire : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Vous votez non on considère que c’est oui ou on vous fait revoter jusqu’à ce que le oui s’ensuive. Au pire échaudé, on annule les consultations sur les accords internationaux (ceta tafta…) et on fait ça définitivement en catimini en se passant du vernis électoral.

C’est dit c’est acté.

Ok ! ne pas voter ne sert à rien. C’est une voix en moins contre le système Macron.

C’est laisser s’installer la saloperie libérale et son assurance vie fasciste – « progressisme » contre « populisme ».

C’est croire que les instances européennes en ont quelque chose à faire d’une abstention massive. C’est penser qu’un candidat quelque qu’il soit élu avec 10% des inscrits ne serait pas légitime pour le système. C’est accélérer le processus qui fera que, tirant les conséquences de la démobilisation populaire, on supprimera provisoirement ou définitivement les élections, considérant qu’ils y a des enjeux trop importants ou complexes pour les laisser au bon vouloir des cons de votants.

Ils en rêvent.

C’est aussi se passer du plaisir de dire merde à l’oligarchie et à ses valets de pisse copie nous traitant de « vermine ».

Pour tout dire je suis pour sortir de l’Euro. Voire de cette Europe Zombie. Pas de chéquier pas d’indépendance politique. Pas de souverainisme populaire pas d’alternative possible.

Sortir de cette Europe pour reconstruire une Europe des cultures et des peuples.

Mais cette sortie est t’elle seulement possible ? quand on voit la difficulté des anglais, eux qui ne sont pas dans l’Euro et n’ont qu’un pied sur deux dans la machin, on n’imagine même pas la complexité pour se faire la malle et s’extraire de la grande lessiveuse sociale.

Sortir, c’est aussi prendre le risque de se retrouver sur une ligne ténue avec des gens peu fréquentables et le danger d’un nationalisme qui finit par tout emporter.

C’est donc une ligne fort subtile et acrobatique. Mais c’est la mienne.

Sortir oui mais me direz vous que ferez vous tout seul contre les empires russes chinois américains indiens nananère… ???

Comme je me fous de vivre dans un empire, je dirais que je ferai comme les suisses ou les islandais : une société tranquille à échelle humaine avec des accords binationaux et des échanges internationaux selon nos intérêts ou nos ambitions modestes et universelles.

Sinon, évidement je ne crois pas une seconde qu’on puisse réformer le bidule de l’intérieur ; trop de lobbies ; trop d’unanimisme à 28 (déjà bannir les pailles en plastique fut toute une affaire c’est dire) ; trop de directives gravées dans le marbre ; trop d’ordolibéralisme allemand, trop de corset technocratique ; trop de compromis pourris ; de coalitions suspectes ; trop de trop.

Mais j’irai voter. Comme il ne me viendrait même pas à l’idée de voter pour les verts de centre droite, les socialos HollandoGlucksmanienjospinistes et les derniers sociaux démocrates du PC de la mairie de Paris,

je voterai naturellement France Insoumise, même si au Plan A où on discute et au Plan B où on fait quand même, je préférais nettement le Plan A où on discute et le plan B où on se casse.

J’ai comme une certaine tendance à me méfier du syndrome Tsipras.

Mais bon dans cette forme occidentale d’épuisement démocratique et de stérilité chronique, et avant que la machine euro-bureaucratique inévitablement se sclérose et explose, envoyer quelques têtes dures pour cracher le morceau , mettre le bazar dans l’assemblée et obtenir de petites victoires

(voir l’excellent Younous Omarjee et son interdiction de la pêche électrique )

: c’est toujours ça.

Comme à l’assemblée nationale où 17 députés sans pouvoir réel réussissent pourtant à faire exister une autre parole, une autre vision et à foutre la honte aux centaines de godillots écervelés.

Et c’est pas du luxe.

Ne serait ce que pour dire « bon débarras » à cette canaille de Valls, qui sinon serait sorti sous une ovation, justifie déjà amplement mon engagement et suffit presque à mon bonheur.

On se contente de peu par les temps qui courent.

Et puis ayons l’esprit pratique. Une dizaine d’élus insoumis à Bruxelles ça donne du boulot à des dizaines de militants bénévoles qui pourront mettre enfin toute leur énergie dans un confort décent avec des moyens multipliés.

C’est donc sans aucun état d’âme que je dirai Manon à Macron dimanche prochain vers 11 heures.

tgb

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Le règne de la confusion

Enguerrand de Marigny à Philippe le Bel : ‘’Ne leur demandez pas de penser, ils cesseraient vite d’obéir.’’

L’époque est confuse. La lecture en devient complexe et acrobatique, bien loin des modèles manichéens de confort et des prêts à penser épuisés.

Où l’on découvre que l’on peut être féministe, révoltée, tout autant que voilée

que tout nationaliste étriqué est déjà à l’ insu de son plein gré un vecteur de la mondialisation uniformisée

qu’on a beau avoir gravé dans la peau un reste de jeunesse guévarien, on a la bedaine nourrie à l’anticommunisme d’extrême droite

et tandis qu’on théorise de la bonne conscience au balcon, il y a comme une permanence Banania dans la pratique.

Les faits sont cruels. Les images impitoyables, telle cette république qui raccourcit le monarque

et se retrouve tout autant mal élevée que plus royaliste que la reine.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’à châtrer les mots, à tuer le signifiant,

à foutre le bordel dans les concepts et les valeurs pour toujours se perpétuer,

nos dirigeants éclairés au projo participent méchamment à tout enténébrer.

Quand les mots se font la valise, la morale la malle, et qu’il devient illégal de faire son devoir d’humain, on se dit qu’il n’est guère plus que le désastre pour remettre du sens dans le bordel général tandis que certains accros du profit spéculent déjà sur l’effondrement du monde.

Alors dans ce fourbis trouble, dans ce chaos sans pitié, en revenir a des idées simples.

Se dire que dans la saloperie ambiante celui qui obéit aux ordres jusqu’à la bestialité aura toujours tort.

Que celui qui n’est pas saisi d’effroi devant telle image

ou telle image

a basculé du côté obscur de la banalité du mal.

Que celui qui, bien nanti, bien policé, traite qui que ce soit de « vermine » ne peut pas être honorable.

Que celui qui éborgne un homme dans l’impunité éborgne tous les hommes et mérite moins de respect qu’un chien.

Qu’il y a plus d’intelligence dans l’instinct de solidarité que dans l’égoïsme cultivé du larbin.

Qu’un « rien » altruiste est plus civilisé qu’un « tout » pour ma gueule retourné en barbarie.

 tgb

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Narcisse et Moi

La construction d’une cathédrale était sans signature. Le savoir faire, le talent le génie même de centaines d’artisans anonymes, exerçant simplement leur art, se fondait dans le collectif. Chacun amenant sa petite (ou grosse) pierre. La star n’était pas l’architecte mais le projet, l’oeuvre.

Puis l’égo est arrivé.

Le narcissisme triomphant. Le moi haïssable.

Chacun voulut être sur la photo, avoir son nom sur l’affiche, signer des autographes. Ainsi commença l’ère du quart d’heure de célébrité locale, du vedettariat en prime time, de la voix du pipole.

Tout ça pour dire que le bal des moi je, la farandole des égos boursouflés sur les réseaux sociaux, la danse macabre des prétentieux, des prétendants à la prétention, des professionnels de la profession Narcisse et moi, déballant leurs luttes intestines, exposants, surexposants leurs pots de chambre comme autant de trophées, leurs psychodrames à répétition, leurs querelles d’épiciers de succursales, nous faisant profiter des relents nauséabonds de leurs tubes digestifs, de leurs brûlures d’estomac, de leurs aigreurs gastriques, comme ces couples qui règlent leurs compte devant les invités, comme ces exhibitionnistes de la psyché ayant besoin pour exister de déballer leurs problèmes conjugaux dans des émissions animées par les Dolto du paf pour ménagères de plus ou moins 50 ans, me donnent la nausée, la honte et m’anéantissent.

Grosse, grosse fatigue.

Avant qu’il ne reste pour toute doctrine, idéologie, voire religion, que le toucher de nombril jusqu’à l’orgasme, il fut un temps non médiatique où la moindre des pudeurs était de régler ses divergences, ses contentieux, ses conflits en coulisses, de laver son linge sale en famille et de ne pas exhiber ses dessous douteux, les siens et ceux des voisins, en public.

D’autant qu’on a les mêmes à la maison.

La lutte des places ayant remplacé la lutte des classes, voilà que l’on nous donne à voir la grande partouze des états d’âme, les selfies des stigmates et la surenchère des coups tordus.

« Le Média TV» j’en ai rêvé. Avoir un outil à nous, Un support alternatif pour informer autrement, faire émerger d’autres talents, entendre d’autres voix, montrer d’autres images, analyser différemment…

J’en ai rêvé, je l’ai appelé de mes voeux, et je m’y suis engagé illico en tant que modeste socio, et me voilà sidéré face à la foire d’empoigne, aux convulsions récurrentes, aux bagarres et aux luttes de pouvoir de bandes et de clans jouissants de me faire profiter, en spectateur privilégié, de l’immense gâchis jusqu’à l’obscénité.

Faire d’une si belle idée un spectacle si désolant est non seulement indécent vis à vis du public militant mais aussi un désastre en termes d’exemplarité. User de son talent, de ses compétences, pour abuser du trolling jusqu’à la bouffonnerie, jusqu’à devenir la risée du « mainstream » est la démonstration affligeante de notre incapacité à l’efficacité et d’une forme d’irrespect rapports aux engagements, à la déontologie ou l’éthique, au contrat de confiance envers nous, leurs obligés.

C’est une faute.

je ne veux donner aucun nom, aucun sigle, je ne veux pas participer au bordel ambiant et rajouter du venin à la tambouille, tout le monde sait à qui , à quoi je fais référence et pour partie, à des personnes admirables que j’admire et qui abattent un travail formidable, mais qui, de par leur comportement à se vautrer dans l’auto-célébration du je et la consommation du moi, finissent par foutre le dégoût.

De scissions en scissions, j’ai vu trop de groupuscules autour d’une table s’étriper des heures et des heures pour une virgule, tandis que dehors les chars d’assaut…pour ne pas éprouver aujourd’hui une immense lassitude.

Au fond méritons nous nos défaites, nos impasses et notre condition.

Que cette culture de la dispersion, de la division ne nous raisonne même pas dans l’urgence, face à l’ennemi commun, au rouleau compresseur surpuissant, que l’imminence du désastre programmé, de la déshumanisation en marche, que l’avènement du totalitarisme cupide ne nous impose pas de cesser de gaspiller notre temps, notre énergie à nous détruire, doit bien faire rigoler l’oligarchie qui n’en demande pas tant.

Ne pas mettre son poing dans sa poche, ne pas retenir sa main et son tweet dévastateur, n’avoir aucun sens du sacrifice, de la cause commune, de l’intérêt général au dessus de tout, nous discrédite pour peu que nous ayons eu un jour quelque crédit.

Notre peau étant devenue notre seul drapeau, nos ambitions, nos carrières, , nos envies, nos jalousies, notre seul moteur, on peut toujours se dire de gauche et aspirer à l’humanisme, aux gens plus fort que l’argent blablabla, n’empêche, au final, ne sommes nous chacun que de notre parti, que de notre parti pris et n’avons d’ autre considération que pour nous-même. (et je dis nous pour être poli).

– Je préfère perdre plutôt que de voir mon camarade gagner. Je veux bien gagner encore faut il que mon confrère perde. Je préfère échouer plutôt que de laisser l’autre nous sauver du naufrage. Bref, je préfère la débandade et le suicide collectif plutôt que la réussite sans moi…-

Nous partîmes 50 mais par un prompt confort nous nous vîmes tout seul en arrivant au port.

En cela la pensée bourgeoise nous a parfaitement gangrénée, en cela l’esprit libéraliste nous a parfaitement pétris. En cela le capitalisme libre et non faussé nous a totalement façonné. Nous sommes devenus parfaitement, totalement individualistes, parfaitement totalement égoïstes, égotistes.

Ce nombre qui fait notre force n’est plus que la juxtaposition d’individus compétitifs. Elle fait notre faiblesse. D’une certaine manière le camp d’en face, extrêmement minoritaire, est carrément solidaire, a plus de discipline, ne serait ce que par intérêt de classe.

Personne n’est parfait, chacun veut exister, chacun a droit à sa part d’orgueil voire de vanité, chacun est digne d’être reconnu, mérite sa place au soleil, mais cette course folle au tout à l’égo ne peut que ruiner toute tentative d’unité, de résistance farouche, d’offensive triomphante.

Si l’on n’est pas foutu de penser que l’avenir de tous est supérieur au futur de chacun, alors, vainqueur ou vaincu, amant ou cocu,

nous serons tous perdants.

tgb

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