Devine où j’suis ?

Devine où j’suis ?
Comment tu sais ?

ben oui, je confine, chez moi

à la guerre comme à la guerre…

d’ailleurs si tu as une attestation datée signée tu peux toujours venir confiner 15 jours, trois semaines à la maison, voire un mois…

n’amène rien non, même pas ton virus personnel, on a déjà le notre, viens les mains vides…avec des gants !

Sinon ça va. Des nouvelles de la rue Jean Robert 75018 ?

C’est calme !

Pour le peu que j’en vois. de chez mon pote Arsène, le meilleur punch de Paris, côté sud, au lavomatic en libre service, côté nord, la meilleure lessive je sais pas…

Pas plus d’horizon que ça.

Oui c’est calme : deux trois pigeons un peu désorientés, un rat qui ne prend même plus la peine de regarder à droite à gauche avant de traverser, un ou deux confinés de sortie…et au delà de mon monde et de mes perspectives, la chair à canon des caissières réquisitionnées du Franprix, sans protections

et les clients à la queue leu leu, les uns sur les autres, un masque sur le nez pour certains, qui ne sert à rien puisqu’on n’en a pas. Quand on en aura, il sera obligatoire et passible de 130 euros en cas d’omission.

Le PV management.

Bref, on a toujours tort, ils ont toujours raison.

Quand même la vie continue, les pauvres montent au front, les riches montent à cheval, les gueux font des incivilités, les riches du jogging et les privilèges sont bien gardés.

Rassure toi je ne vais pas tenir mon journal de confinement,

je laisse ça à ceux qui sont payés pour le faire. Tu reconnaitras quand même que les catastrophes finissent toujours par profiter aux mêmes, aux réfugiés pandémiques dans leur maison secondaire, à faire de l’import export de virus en week-end tout en visant le Goncourt du survivant.

Un confiné riche est un riche, un confiné pauvre est un confiné.

Tout changer pour que rien ne change ; après tout sera comme avant… en pire.

Le capitalisme n’apprend jamais rien. Il fait ce qu’il sait faire : du désastre, du profit, du profit sur le désastre.

Sinon oui, ici en bas, trois dealers sont d’astreinte. Bien équipés. Gants en latex, masques FFP2, gel hydroalcoolique, se passant de bouche en bouche un joint convivial.

Comme un léger déficit de pédagogie encore côté QG du chef de guerre.

Bon on attend 20 heures, le grand moment exutoire, où la foule aux balcons, quand y’en a, ovationnent les soldats des tranchées, les soignants, les pompiers, les éboueurs, les sacrifiés…tout ces gens chouchoutés par les maîtres de ce monde virulent, à coups de LBD dans les dents, juste avant.

C’est fraternel. C’est sympa. On découvre nos voisins d’en face. On se fait de petits signes complices. On fait communauté. ça défoule. On aime tellement ça qu’on envisage déjà la seconde rafale. Le concert de casseroles pour les cons qui nous gouvernent et nous passent à la poêle.

ça donne le tempo. ça sonne l’heure de l’apéro.

Mais voilà, moi qui suis casanier, un peu ours, agoraphobe même, voilà t’y pas que par esprit de contradiction surement, j’ai maintenant une folle envie d’espace, de montagnes, d’horizons, de vol libre…bref de partir loin, en courant, de voir du monde et le monde.

ça m’apprendra.

Mais je vais pas me plaindre. Je confine tranquille avec ma douce. On s’engueule pas plus que d’habitude. Même moins. Y’a juste que je suis privé de ma petite fille très loin. Paris 20ème. Et on a beau dire les câlins virtuels, c’est quand même vachement pixélisé.

N’empêche j’en profiterais bien pour écrire un chef d’oeuvre…mais j’ai pas d’idée, et puis je voudrais pas encombrer les librairies d’un roman de rentrée de plus sur mon nombril confiné.

ça, attendra.

La suite ? quand je le sens…

Sinon passez quand vous voulez : je bouge pas.

tgb

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Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

8 commentaires sur « Devine où j’suis ? »

      1. Déjà, la plupart du temps j’évite les vidéos, et je préfère la lecture…. quant à Proust, ce n’est pas vraiment mon auteur préféré.

        A la vingtaine, en revanche, j’ai lu tout Hugo. La bibliothèque de mon village le proposait. Et puis les deux tiers de Jules Verne, un certain nombre de Voltaire, pas mal de Dumas, presque tous les Zévaco, et d’autres…..

        En fait je pense, paradoxalement, qu’écouter Proust serait…. du temps perdu !

        Le soleil va bientôt se lever, pas un nuage, un peu de vent, et pas un chat dehors ! Je ne vais pas tarder à ouvrir ma fenêtre pur toute la journée, à écouter le Chant des Oiseaulx !

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