Sans tabous mais avec trompettes

Perso, je trouve qu’il y a comme du mou chez le briseur de tabou pantouflard, comme une certaine retenue chez l’iconoclaste plié dans la soie. A Subir l’inquisition omnipotente du gauchisme triomphant, cet asservissement sournois par la dictature de la bienpensance ultramédiatisée, comme une forme hélas de bienséance et de prudence dans la destruction systématique de l’état providence au profit du profit et du dividende rédempteur.

Oui bien ramollo et pusillanime le jeune marginal Macron à refuser tabou et posture à propos de l’assurance chômage tout à s’accommoder pourtant de quelque compromis alors qu’il suffirait de supprimer toute indemnité pour éradiquer définitivement l’assisté profiteur chômeur. La demi mesure restant hélas le symptôme du socio libéral complexé.

Car dans cette science exacte qu’est l’économie capitaliste dont les crises récurrentes nous rappellent son extrême fiabilité et sa justesse arithmétique, point d’idéologie. Quand l’humanité est enfin mise en équation tout devient simple affaire de logique.

Par exemple, si les seuils sociaux, les CDI, et autres 35 heures sont un frein à l’emploi, que dire alors des salaires ? N’importe quel économiste rebelle de C dans l’air vous le confirmera. Supprimer la rémunération c’est favoriser à coup sûr l’embauche massive. Dans cette même logique objective, laisser crever les malades réglerait assez rapidement le déficit de la sécurité sociale, fermer les écoles faciliterait le non renouvellement d’un prof sur un et anéantir Paris relancerait considérablement le marché du BTP.

Est-il acceptable aujourd’hui dans une compétitivité mondialisée libre et non faussée d’accepter encore que quelques grévistes fous prennent en otage des usagers et les égorgent en toute impunité devant les caméras sur les quais de gare ?

D’ailleurs il serait temps que les professionnels de la profession politique au service de la finance admettent que la démocratie entrave considérablement les affaires et que seul un totalitarisme économique sain est en mesure de doper une saine croissance au profit de quelques uns et au détriment égalitaire de tous.

Car on ne dira jamais assez combien et dieu sait pourtant qu’on l’assène, le répète en boucle et le bourre dans le mou, les protections sociales, les normes écologiques, les visions éthiques nuisent à l’esprit d’entreprise tout en indisposant cruellement les marchés. Et qu’il n’y a d’amour pourtant que dans l’entrepreneuriat :

J’aime l’entreprise !

Voilà trente ans maintenant que les pauvres, les SDF, les smicards et les classes moyennes elles mêmes vivent au dessus des moyens de nos milliardaires, trente ans que nous refourguons égoïstement la dette à nos enfants, tandis que sages et prévoyantes, les multinationales leur laissent généreusement en héritage un changement climatique bienfaiteur, des déchets nucléaires profitables et tant de fines particules chimiques dans l’atmosphère.

Bien sûr certains esprits chagrins et fanatiques, gangrenés par cette maladie infantile qu’est l’humanisme, cette sale manie juvénile, véritable « Ebola » de la pensée dégénérée, viendront encore polluer la VERITE économique de leur sectarisme mais nonobstant ces parasites archaïques, nous aurons fait un grand pas dans la spéculation heureuse quand le business en toute modernité se sera émancipé de l’homme.

Oui l’économie dans sa subtile finalité enfin libérée de toute humanité sera alors profitable au plein emploi…

des cancrelats.

tgb

Marina Silva, candidate caoutchouc, fait flop !

Donc nos médias complaisants, pas trop regardants sur la chose, qui aiment à fabriquer du story telling sur commande, de l’icône sur mesure, de l’héroïne à sa pogne toute photo shopée, nous l’avaient vendue et survendue comme la surprise du chef, la favorite do Brasil, la fulgurance médiocratique de l’autre Amérique.

Ne lésinant pas sur les superlatifs, la Marina Silva, on nous l’a présenta comme l’Obama brésilien, la Lula en jupon, la guerrière de l’Amazone, l’apôtre d’une nouvelle politique, la cendrillon noire d’Amazonie et ne mégotons pas dans la connerie zélée, le nouveau Gandhi carrément.

Façon ‘relooking express’, on te l’avait maquillée, socialiste à l’eau de rose (genre Valls), écologiste fervente, orpheline méritante, sa couleur de peau suffisant naturellement à la rendre insoupçonnable, tant la machine transatlantique sait renouveler le genre et adapter sa comm aux canons pipolisés et pipotés du moment.

Pour peu qu’on ne creusât pas trop l’affaire, ce que nos médias de référence se gardaient bien de faire faut pas déconner, on en oubliait simplement que la campagne de la sainte socialiste rosâtre était financée par la première banque privée du pays, Itau, que la Marine locale soutenait l’école néo libérale ricaine, militait pour l’indépendance de la banque centrale autrement dit la perte de contrôle de l’économie nationale, préconisait la sortie du MERCOSUR, le marché commun de l’Amérique du Sud élaborée par Chavez et Lula, privilégiant les accords bilatéraux, y compris et surtout avec les Etats-Unis, tout en prenant ses distances avec le BRIC, (Brésil, Russie, Indes, Chine) association fort dérangeante contre la suprématie monétaire du dollar.

Ainsi, Marina Silva, ni de droite ni de gauche donc de droite, petite fiancée des favelas, Cosette au cœur pur, intègre et honnête, « seringuera° » méritante, faisait dans le joyeux oxymore : écologiste néo libérale pro nucléaire, socialiste ogm, avec comme vice président putatif, le député Beto Albuquerque, réputé proche de l’agro-business et de la multinationale Monsanto.

Représentante du puissant lobby évangélique (20% de la population 42 millions de fidèles) sous marin(a) yankee, elle prenait évidemment position contre l’avortement tandis que 800 000 femmes allaient visiter les faiseuses d’ange dans la clandestinité chaque année.

Résultat des courses, de cette brillante fabrication médias et sondagière, Marina Silva est éliminée au soir du premier tour des élections présidentielles brésiliennes en arrivant troisième avec 21,3% des voix loin derrière Dilma Rousseff ( 41%) qui a toutes les chances de repartir pour un second mandat à la tête du Brésil ce qui, indice toujours réconfortant, ne rassure pas les marchés.

Rappelons d’ailleurs pour la petite histoire que dans les années 70 sous la dictature, Dilma Rousseff, guerrillera aujourd’hui bien assagie, fut torturée pendant vingt-deux jours par les militaires, ce qui n’est pas grand chose j’en conviens, rapport à François Hollandréou affrontant les intempéries sans parapluie ou assistant dans une salle quasi vide à la dernière daube de son ami visionnaire Botul, mais quand même !

Pendant ce temps-là et tandis que la starlette ripolinée des oligarchies faisait la une avant que de crever sa bulle médiatique, au Venezuela les paramilitaires assassinaient le député chaviste Robert Serra et sa femme dans l’indifférence générale.

Sûrement une histoire de look coco !

tgb

°récoltante de caoutchouc

Tout ça pour ça (3)!

Quoi, le Sénat était à gauche ?

Oui mon ami, jusqu’à dimanche soir, le sénat était à « gauche ».

Je sais qu’on ne s’en était pas forcément aperçu, que pas grand monde était en mesure de citer le nom du premier président socialiste de toute l’histoire du sénat, Jean-Pierre Bel et qu’on se rappelle sans doute davantage l’épisode Dassault, quand la majorité de « gauche » ne s’était même pas sentie obligée de lever l’immunité du sénateur à rafale assisté ; tant ça avait fait vilain, qu’ils avaient du remettre le couvert à main levée un mois plus tard, tandis que MR Dassault himself se proposait de se la lever lui-même hop-là histoire de blanchir son honneur supersonique.

Nostalgie, nostalgie.

Bref, il faudra donc se souvenir dans les annales que, dans les années 2010, et particulièrement 2012, le Parti « socialiste » français, sous la houlette de son immense président Hollandréou affrontant vaillamment la bourrasque sans même de parapluie, concentra entre ses petites pognes proprettes, absolument tous les leviers du pouvoir en France pour ne rien en faire si ce n’est sous lui.

Oui dans ces années-là, le parti solférinien dirigea (à peu prés) la France en la personne de son ancien secrétaire roitelet de la synthèse, échoué à l’Elysée en pédalo water proof, 21 régions sur 22, 66% des départements, 70% des mairies de plus de 30 000 habitants et la majorité absolue à l’assemblée nationale sous la baguette du chef d’orchestre à patrimoine modéré Claude Bartolone.

De ce grand chelem donc nos amis socio-démocrato-libéraux n’en ‘fouturent’ pas grand chose et pour ainsi dire rien, que dalle, nothing, oualou, nada, zobi quiquette, tant qu’il finit par se trouver soulagé de brader ces pouvoirs un à un ainsi que d’envoyer au pôle emploi des professionnels de la profession, 30 000 de ses 60 000 mille élus et 600 de ses collaborateurs experts de la chose politique. Soit pour faire simple 50% de ses militants, tant ses encartés sont des élus, salariés de la rente mensualisée et publique.

Au moins ça débarrasse.

Ainsi donc, en ces temps automnaux, souvenons nous bien qu’il est parfaitement inutile de voter utile, qu’on est rarement déçu quand on espère rien et que quand on a tout essayé, ne reste plus qu’à trouver utile de voter inutile à sa convenance.

tgb

Déplacer les montagnes

Comme le dit justement Plenel, « c’est reparti comme en 14 ». Une image sanglante, un odieux stimuli et le troupeau matamore tout en gueule de foncer dans le tas, direct dans le panneau, la fleur au fusil, une tranche de jambon en étendard.

Allons enfants de l’union nationale et de l’honneur sacré, le jour de vengeance est arrivé, cassons du barbare en Bougnoulie orientale, cet état islamique, ce monstre providentiel, notre monstre, tant nous étions orphelin d’ennemi à haïr pour mieux nous oublier.

Et les merdias charognards de se repaître et de montrer sans montrer tout en montrant à s’indigner et se goinfrer de tant d’ensauvagement, à surjouer la terreur, en plein mille du plan com d’en face pas si cons, une couche de compassion entre deux tranches de passion croustillante.

Et non, pas si cons, pas si fous, pas si archaïques que l’on croit, toujours à les sous estimer, qu’ils nous connaissent bien, qu’ils savent et la mise en scène et les codes et la cible, pour nous terroriser à moindre coût. Quand on n’a ni avions, ni drones, ni cette brillante technologie civilisatrice pour tout anéantir d’un simple joystick, une décapitation dans toute sa cruauté, un égorgement dans toute sa bestialité peut faire bien des dégâts et bien des dévastations.

– Mais que non, pensez donc, la France ne cède pas au chantage – nous déclare martialement ce qui nous sert de chef d’état, ce colonel moutarde déterminé qui ne cède à rien, sauf aux USA, à l’UE, au Medef, à Merkel, à Nétanyaou, aux bonnets rouges, aux pigeons, aux poussins…aux banques et à la finance qu’il combat vaillamment en leur roulant des pelles.

Que non, on ne cède rien ni à nos bons amis du Qatar, ni à nos clients d’Arabie Saoudite et autre pays du golfe et du pognon qui en ont tellement qu’ils peuvent jouer à cogner aujourd’hui ce qu’ils finançaient hier et réinstrumentaliser demain ce qu’ils bombardent aujourd’hui, à la condition que le chien ne morde pas la main qui les nourrit et ne dépasse pas le périmètre admis.

« Cesser de se rendre en cortège dans le golfe Arabo-Persique baiser les babouches de kleptocrates financiers du djihadisme » comme l’écrit Jean Guisnel dans le Monde ? et puis quoi encore ? manquerait plus qu’on devienne cohérent ! tant ce bordel apparent finit par nous faire nous demander si c’est pur machiavélisme que d’entretenir des foyers de guerre, créer du chaos partout pour diviser, épuiser, occuper, régner ou de la méchante connerie à vue basse.

Mais d’où vient donc ce monstre, dont il y a deux mois à peine, personne n’avait entendu parler, d’où vient donc cette bouffonnerie sordide de califat dont les membres actifs et autres djihadistes exaltés faisaient pourtant il n’y a pas si longtemps, d’après les dires de ce qui nous sert de ministre des affaires bien étrangères « du bon boulot » en Syrie ?

Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que de gros bouseux néo cons et ricains avaient eu la prétention d’exporter leur divine démocratie en Irak à coups de bombes phosphorées et au prix de quelques centaines de milliers de morts et autres dégâts collatéraux, qui n’eurent pas la gloire de faire la une des médias.

Peut-être doit-on rappeler que l’incompétent consul Paul Bremer, dans sa géniale opération de débaassification, envoya direct dans les bras terroristes des milliers d’officiers sunnites aguerris, surarmés et visiblement rancuniers.

Peut-être encore se souvenir que ces gros cons d’américains dont la spécialité est d’anéantir un pays pour y écraser trois mouches à merde sont à l’origine de tant de chaos de par le monde pour continuer à le dominer. Qu’ils nettoient et s’efforcent de remettre ce pays dans l’état où ils l’avaient trouvé en entrant.

On les avait prévenus. Ce n’est pas notre guerre. Chacun sa merde.

Qu’on se contente déjà nous, de réparer nos propres saloperies en Libye en y envoyant d’urgence le malotru Bismuth et le cuistre Botul passer la serpillière de leur sale vanité.

Et pendant ce temps-là tandis que le va-t’en guerre guerroie son propre monstre dans l’émotion nationale et le chant des canons, de renforcer nos lois anti terroristes, de mettre nos libertés sous surveillance et de masquer ces grosses cochonneries cuisinées en douce…

Tant que la finance avance…ça vaut bien de se payer sur la bête, de s’offrir un choc de civilisation, une guerre de tous contre tous, d’exiger que la Musulmanie s’excuse, ça vaut bien de mobiliser et sacrifier des milliers de gamins déculturés, désoeuvrés, en manque de sens et d’absolu, dont on n’avait rien à foutre ni aucun projet autre que le karcher…

Un boulot, ils ont fini par en trouver un : bombe humaine.

Au bout de tant d’années de guerre au moyen-orient, on pourrait peut-être faire le constat qu’un tapis de bombes ne semble pas le médicament approprié, que tuer 10 « barbares » pour en générer 100 n’est pas le calcul adéquat et que s’il faut bien se défendre après avoir tant massacré, la seule réponse n’est pas militaire mais politique.

En attendant, l’esprit d’Hervé Gourdel, homme libre des cimes qui connaissait le risque de partir à la rencontre des hommes et des géographies, hante les grandes montagnes de Kabylie.

Au prix de sa vie, il nous dit encore et malgré tout que le seul moyen de déplacer les montagnes, c’est de s’y déplacer.

tgb

La machine néoquedalle

La photo ci-dessus, tirée de l’émission Le Grand Journal (canal+) je l’ai trouvé chez mon excellent collègue de blog Bibi il y a déjà quelques mois. Elle illustrait un de ses articles pertinents sur cette société du spectacle, cette confusion des genres et ce barnum médiatique auxquels se livrent les politiques dans une surexposition narcissique.

Je l’avais mise de côté, car elle donnait à voir dans une somptueuse cruauté, la déliquescence ambiante, du micro chaos médiatique passé à la sanibroyeuse, au macro chaos social et sociétal passé au rouleau compresseur néoquedalle.

Oui, depuis que les politiques ont déserté la politique et rendu un à un leur pouvoir, dans un réflexe de survie, ils jouent de cette surenchère du spectacle sous vide, à se démonétiser, se décrédibiliser chaque jour davantage à se taper l’incruste dans cet écran qui fait écran et finit par les aplatir et les néantiser.

A la star Ac de la politique où le seul but est de se perpétuer et conserver sa gâche, ne plus s’étonner alors que le vrai devienne un moment du faux, tout étant dans tout et inversement, tandis que le rien finit par s’installer dans un grand concours de pets foireux.

Parce qu’à ce petit jeu de la machine à déconne, de la foire à l’égo convoqué sine die, de la parole promo en accéléré, inéluctablement le politique finira torse poil tandis que le gugusse de service se sera rhabillé pour l’hiver, à se demander qui était l’exhibisioniste de qui.

La question cependant reste pour moi une énigme. Pourquoi viennent-ils s’y déliter en direct, et pourquoi encore y reviennent ils, et pourquoi entre deux crétins furtifs acceptent ils d’y rire jaune d’y adopter cette posture obligée de la coolitude assumée, sans, dans un éclair de lucidité s’arracher fissa de ce jeu de rôle funeste en envoyant le tout et le rien à la fois se faire foutre ?

Et cette question vaut y compris pour Melenchon ou Besancenot, pour ceux qui par stratégie croient pouvoir se jouer de la machine en allant malgré tout chercher l’électeur où il est…

mais y est il ? Et y est-il citoyen ou consommateur, citoyen consommateur ? attentif entre deux chips ou à l’instar de l’émission déjà lessivés par la lessiveuse ?

Oui, les politiques y viennent pour l’audience, car ces émissions shaker où l’on mélange le grave et le futile, le personnage et la personnalité, l’être et son néant, la personne et son guignol, où l’invité devient sa propre marionnette et son double font de l’audience. De cette audience qui se mesure et se médiamétrise au marché compétitif du rire totalitaire, de la grande poilade pré JT, à l’aune de la grande zappeuse.

Oui ce dîner de cons et de cul à ne plus savoir qui chante ou qui fait chanter a son public. De ce public qui rentre du boulot, qui ne veut pas penser mais ne pas penser tendance, ne pas penser dans l’éclate avec cette caution vaguement intello remixée que le presse purée reste branchouille tandis que la boîte à clac clac pavlovienne fait la claque à la nunuche « nonmaisalloquoi » tout autant qu’une ovation au dernier criminel de guerre bronzé aux UV avant miss météo.

Et non, à ce jeu de la grande décérébration sympa, du divertissement qui asservit, on ne gagne pas contre la machine. On peut tenter de l’instrumentaliser, elle finit toujours par vous recracher un code barre sur le front, recyclé sans danger. Oui une fois qu’on a mis le doigt dedans impossible d’en sortir sans passer pour le pisse-vinaigre coincé, le rabat-joie, le cracheur dans la soupe, dans le bouillon de culture ou la culture du bouillon tout pareil.

Devoir d’hilarité exigé, connivence requise, ou procès en sorcellerie immédiate avec expulsion.

Est ce que sucer c’est tromper ? depuis cette question inepte et faussement provoc à Rocard d’un Ardisson qui s’est toujours scrupuleusement appliqué à ne déranger que le frivole, le syndrome à gagné l’ensemble d’une classe politique pipolisée qui s’efforce de jouer le jeu de la représentation entre deux indignations contre l’excès de transparence à laquelle elle a joyeusement souscrit par pure addiction.

Depuis que les politiques ont vérifié en direct que le ridicule ne tuait pas, ils sont prêts, entre clones conformes ou pas et clowns pas drôles à en accepter toutes les turpitudes, jusqu’à s’astreindre à trouver ça marrant.

Pas moi !

tgb

Mes nuits en urgence

Si vous n’avez rien de prévu le prochain week-end, vous pouvez toujours vous faire une otite carabinée et aller aux urgences de Lariboisière samedi soir.

Les urgences de Lariboisière je connaissais déjà mais je ne m’en lasse pas. J’y étais allé, il y a quelques années, me faire recoudre l’arcade sourcilière après m’être pris une porte de métro automatique et fantasque (du genre à s’ouvrir du mauvais côté) dans la poire.

Les urgences, je vous rassure tout de suite, ça n’a pas changé voire ça a empiré.

On pourrait croire naïvement que le principe des urgences est de traiter les cas prioritaires selon que tu pisses le sang ou pas (et encore parfois tu pisses le sang et c’est pas grave, tandis que tu pisses rien du tout et que c’est désespéré) or à moins d’arriver sur un brancard du Samu, vaut mieux s’armer de patience puisque tu seras traité selon ton ordre d’arrivée et après avoir franchi les différents obstacles administratifs (garde bien ta carte vitale sur toi en cas d’agression caractérisée de porte automatique RATP par exemple).

Au service d’urgences, l’attente peut durer des plombes d’où son vocable approprié : urgence !

Les urgences, c’est la cour des miracles, c’est toutes les misères du monde concentrées au même endroit au même moment, submergeant dans l’énervement, la souffrance et l’exaspération un personnel admirable et blindé gérant le bobo comme le trauma, de l’hypocondriaque ou du mourant dans une tension permanente.

Les urgences, c’est l’un de ces derniers endroits de brassage social où la petite nana de chez Colette avec entorse vip peut y côtoyer la racaille à suturer ou le sdf en coma éthylique.

Les urgences ont l’immense mérite de soigner sans discrimination et dans la gratuité. Elles sont au cœur même du serment d’Hypocrate dans la politique santé d’un état hypocrite. C’est l’honneur d’une civilisation et l’accomplissement d’une société.

Sauf qu’elles ont leurs effets pervers, dévoyées par des usagers en consultations médicales de confort, ou en infirmerie de secours pour des gens qui n’ont même plus accès aux médecins.

Ainsi donc ce samedi soir là mon oreille en chou fleur mes migraines et moi, étions nous partis pour poireauter entre une heure et huit heures chrono dans les cris hystériques d’une jeune femme sur brancard et les coups de gueule incompréhensibles d’un ivrogne tuméfié. Une fourchette assez large donc.

Et pourquoi une telle fourchette dans cet hôpital spécialisé justement dans l’ORL ?

Parce que, et vous allez relire cette phrase 3 fois et l’apprendre par cœur : il n’existe sur toute l’île de France qu’un seul et unique service d’urgence ORL, soit un médecin par nuit, pour 12 millions d’habitants et que s’il est parti au bloc opératoire, tu peux aller rejoindre les sans dents et les sans lunettes dans une nouvelle rubrique de la misère programmée : les sans tympans

Alors, dans ce grand merdier de l’hospitalité bradé à la compétitivité libre et non faussée, dans cet espace d’austérité institutionnalisée, dans l’agonie de cet hôpital public si charitable, on ne peut que remercier le personnel qui se débat comme il peut pour te soulager la douleur, la misère et souvent les deux à la fois.

Je ne peux personnellement qu’assurer au jeune médecin de garde au nom à consonance arabe qui me confia d’urgence au jeune chirurgien ORL d’origine asiatique, assisté de cette jeune infirmière au sourire antillais que je leur garde éternellement une oreille attentive.

Celle qu’ils viennent précisément de me sauver.

tgb

Faudrait pas se moquer !

D’abord parce que c’est un peu facile. Dans l’état où il est. A côté de la plaque, totalement à l’ouest. Tout vers l’atlantique et rien vers l’Oural. Et déjà tout cramé tout zombi à 13% et plus tellement étanche.

Ensuite il est quand même censé représenter la France. C’est à dire nous. Et qu’on est assez chatouilleux pour pas avoir trop envie de passer pour des glands. Déjà que le précédent…

Enfin il ne devrait même pas être sur cette photo. Nous n’avons rien à foutre dans l’Otan. Et surtout pas pour y faire le grouillot et porter les valoches des patrons.

Cette photo pourrait être sympa, annoncer quelque chose, si seulement notre maladroit ou plus certainement notre malagauche, notre François Pignon de la communauté internationale (c’est à dire l’occident), notre Pierre Richard du concert des nations (c’est à dire l’occident ) un chouia moins ethnocentré que les copains de la promo, voyait quelque chose que les autres ne voient pas, avait une vision singulière, un regard décalé, une posture atypique…

S’il s’intéressait justement à autre chose, autrement… à l’Amérique du sud, à l’Asie, à la Russie, aux Brics, aux pays émergents… S’il portait une autre voie, s’il parlait d’une autre voix, celle des non-alignés, des sans dents, des sans états, sans maisons, sans futur, des palestiniens, des indiens plutôt que des cow boys, des iconoclastes plutôt que des comptables, des inventeurs plutôt que des spéculateurs, de la coopération plutôt que de la compétitivité…

S’il essayait au moins…

S’il était moins conforme, un tantinet rebelle, s’il tentait un solo dans la chorale, s’il mettait le boxon dans l’ordre mondial, s’il empêchait de libéraliser en rond, s’il ramait peut-être mais au moins à contre courant, s’il portait une esquisse de début d’ébauche d’alternative… Bref, s’il existait un peu.

Sauf qu’à le voir si soumis, si servile, si suiviste et aplati, systématiquement raisonnable, résolument obéissant et totalement consciencieux, impossible de s’attendrir, aucune chance de s’émouvoir de sa maladresse, de son air ahuri et niais, de son absence de charisme, de son manque de tempo, de ce don pour le contretemps, le contre emploi ; ce syndrome même du remplaçant qu’il est et qu’il restera :

ce président si normal, si normé, si normalisé et pourtant ni synchrone ni en phase.

Il sera donc cette anomalie, cet incident, ce ravi de la crèche appliqué, celui pour qui on ne vota pas, tandis qu’on votait contre l’autre

celui qui n’aurait pas du être là et qui fait de son mieux pour ne pas y être.

Fallait pas qu’il s’invite, fallait pas l’inviter : il eut sa chance.

Alors tant pis ! pour tous ses reniements, ses remaniements, pour tous ses renoncements avant même d’avoir commencé, pour nous avoir ouvertement pris pour des jambons, pour nous avoir craché son Valls au visage, son Macron dans les dents, moquons nous, défoulons nous, amusons nous du guignol…

S’il passe pour un con

c’est qu’il en est un.

tgb

Manu, premier loufiat

un grand salon bourgeois un patron paternaliste et condescendant un larbin en gants blanc droit et obséquieux :

– vous m’avez sonné monsieur ?

– non sifflé mais c’est pareil …où en est mon gouvernement ?

– le gouvernement de monsieur est avancé…

– c’est bien Manuel c’est bien, vous m’avez viré les 3 dangereux bolcheviks ?

– c’est fait monsieur

– je vous sais gré de me les avoir dénoncé

– je n’ai fait que mon devoir monsieur

(taquin) on dit d’ailleurs que vous même dans votre jeunesse vous fûtes un peu socialiste…

(offusqué) ce sont des calomnies monsieur jamais je ne me serais abaissé…

– (geste un peu las) ah l’exaltation juvénile, moi même je fus un peu rebelle, j’assistai une fois au conseil d’administration de père, sans cravate…(rires)

(encore marri) c’était bien audacieux monsieur mais je vous jure que pour ma part…

– (coupant court ) j’ai appris qu’on avait engagé un nouvel intendant…

– oui monsieur, le jeune Macron, un homme bien de sa personne…

– vient-il d’une bonne maison ?

– de la meilleure monsieur, de chez Bilderberg tout comme moi

– c’est une bonne référence en effet…vous lui direz de passer le code du travail à la broyeuse

– c’est déjà fait monsieur

(surpris et satisfait) décidément mon bon Manuel vous m’étonnerez toujours

– pour vous servir monsieur…(claquant des talons )

– avec zèle, avec zèle… (pensif)…bien sûr ce monsieur Macron se devra de faire travailler mes gens tous les jours y compris le dimanche…

– cela va sans dire monsieur, il en sera comblé, il me confiait d’ailleurs à l’instant que « les droits des travailleurs se transforment en handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. »

– le brave garçon…(un peu ému) …savez vous mon cher Emmanuel « que j’ai vu de mes propres yeux sur les Champs Elysées des jeunes gens pleurer de ne pouvoir travailler le dimanche après 21 heures… »°

– bouleversant monsieur, proprement bouleversant

– n’est-il pas ? (indigné) on voudrait dégoûter la jeunesse de l’esclavagisme moderne et de l’exploitation heureuse qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

– hélas monsieur…il y a encore un mot fort déplaisant dans ce social libéralisme…

(hochant la tête – un temps ) …dites moi mon cher Manu, permettez que je vous appelle Manu ?

– c’est un honneur monsieur…

– mon cher Manu donc, vous qui êtes un homme compétitif, ça vous dirait de passer major d’homme prochainement…ouvrir, fermer les portes, annoncer les visiteurs sur le perron, chasser les importuns, humilier les domestiques, trousser les boniches, devenir mon valet de pisse…un métier somme toute passionnant…à la hauteur de vos légitimes ambitions rampantes…

– c’est mon vœu le plus cher monsieur mais il y a déjà monsieur François…

– ce monsieur François est bien serviable certes, mais il se fait pluvieux et court la gueuze dit t-on… –

– (perfide quoique évasif) il est vrai que certain soir en triporteur…

– (songeur)…bien nous en reparlerons plus tard …n’oubliez pas que ce soir nous recevons les Merdef…

– la table est déjà dressée monsieur…

– c’est fort bien et amenez moi les 35 heures sur un plateau…

(embarrassé)… c’est que…à vrai dire monsieur…

– oui mon ami… ?!…

– c’est que…je les ai mises au rebut

(s’esclaffant) au rebut ??!! … vous savez quoi mon petit Manu ?

(un brin méfiant)… non monsieur ?

– vous êtes encore plus servile que ce mr Sarkozy et c’est un compliment…

j’en Jouy en Josas Monsieur…

– jouissez jouissez mon ami mais pas sur le tapis…vous pouvez disposer…

Il congédie le larbin qui s’incline et qui sort rompant et rampant.

tgb

(° entendu de la bouche même de Pierre Gattaz sur France culture)

Sous les claviers la plage

  BYpbYCOCcAAQ0pN.jpgOn finit toujours par rentrer à la fin. On a beau faire tirer, dix ans comme Ulysse, « une minute encore, monsieur le bourreau » comme Madame du Barry, aimer le bruit des tongs splatch splatch dans les flaques d’eau, y’a toujours un moment où faut se rendre à l’évidence : on s’en sortira pas ; faut rentrer.

Des rentrées y’en a de tous les genres, de tous les styles mais faut admettre que celle d’Hollandréou water proof restera un bon cru. Parce que côté spongieux on a rarement fait mieux. Je vois bien l’aspect communicant de la chose – Tout à son énième commémoration de celui qui regarde derrière vu qu’il ne voit rien devant, le capitaine de pédalo impassible brave fièrement les éléments déchaînés maintenant résolument le cap.

Ça pourrait avoir de la gueule sauf qu’avec pépère normal ça ressemble forcément à rien, à un « Ice Bucket Challenge » à la con sans les mains, à un gros navet humide qui prends l’eau et qui te donne une idée assez précise de la politique qui va s’ensuivre dans le registre pluvieux.

‘Qui voit Ouessant voit son sang, Qui voit Molène, voit sa peine, Qui voit Sein, voit sa fin…’

En route donc pour l’ultime phase de l’économie zombie et de la politique aplatie, le dernier quarteron de baltringues opportunistes du pays d’hollandouille avant liquidation ayant pris place dans la voiture balais, nous pouvons dors et déjà envisager de passer à autre chose voire à pire.

Si si, c’est possible.

C’est pourquoi la rentrée récréative et combative à l’heure du laitier me paraît assez recommandable, histoire de se soulager les nerfs, de bien reprendre l’entraînement et le rythme juste avant d’aller fixer ses objectifs de fin d’année compétitive avec son N+1, en attendant, il va de soi, d’être expulsé jeté.

Ma préconisation : un pavé le matin après le café, un pavé le soir avant l’apéro.

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Mais ma rentrée préférée reste quand même celle de Jean-Luc Melenchon qui, en s’offrant quelque recul que modestement je lui préconisais (il m’arrive dans une de mes crises mégalomaniaques de penser qu’il suit mes conseils à la lettre) prends 100 mètres d’avance sur tous les autres tocards déjà hyper rincés avant même que ça commence.

Tout lâcher pour ne rien lâcher du tout !

Savourons ce concentré d’intelligence oratoire, d’humour et de culture d’un Méluche au meilleur de sa forme et qui nous laisse déjà entrevoir que ce qu’il y a de bien avec la rentrée c’est qu’on peut à nouveau attendre inéluctablement la sortie…

Ça y est, on va vers l’été.

tgb

Les enfants de la plage

Que les enfants de la plage et les 400 autres me pardonnent mes jours d’indolence d’ici, loin si loin de leur cauchemar et de la lacrymo dérisoire de Château Rouge. Qu’ils m’autorisent ces heures entières d’insouciance à ne rien faire d’autre qu’être bien. A voir et contempler, à toucher et sentir, à m’émerveiller tranquille de trop de beauté, de tant de caresses douces et sonores, du roulis perpétuel de la mer, du concert des cigales par vagues ensoleillées, du parfum enivrant de chanvre et d’oliviers dans la torpeur de l’ombre.

Que les mômes de la plage et les milliers d’autres à qui l’on a tué l’enfance me laissent cet égoïste répit de jouer avec les enfants d’ici qui ne risquent rien d’autre que de s’écorcher sur les rochers en écoutant le dialogue secret des chevreaux presque sauvages avec leur mère. Qu’ils m’autorisent la quiétude de l’aube suave jusqu’à l’heure bleue du soir, ce moment précis ou les milliers d’ailes et d’élytres rendent un ultime hommage au grand dieu Citron avant qu’il plonge, avant de faire soudain silence avec le crépuscule.

Que les gamins de la plage là-bas me laissent les oublier le temps de rejoindre les gens d’ici et de boire avec eux toute la gentillesse et l’hospitalité crétoise à coups de verres de raki sous les caroubiers et les tamaris, à célébrer nos retrouvailles, jusqu’à nous laisser croire que le monde est si bon et la vie si facile. Oui que les gamins de la plage dévastée aient la chance un jour de faire chanter les pierres plutôt que d’en faire leur seule arme face au carnage légalisé, au chèque en blanc des puissants, aux Ponce Pilate misérables qui s’en lavent les mains pleines de sang et me couvrent de honte.

Que les enfants de la plage jouent comme ici au ballon sans bombes, à la guerre sans la guerre, sans que demain, ils deviennent eux-mêmes des bombes humaines, nourris par tant de violence si confortablement justifiée par l’hypocrisie sordide de l’occident humanitaire et colonial. Que les enfants de la plage là-bas aient un jour le droit comme ici de jeter des cailloux dans l’eau en s’éclaboussant et d’empiler en riant les galets sur la grève.

Dieu que la guerre est sale et l’été si léger.

tgb