De l’art du camouflage

Bon en dehors de tout aspect esthétique on peut trouver ça beau moche, aimer le monumental ou préférer le détail…

Perso je peux trouver ça élégant à mes heures…

Fut un temps j’avais marché sur le pont neuf emballé ; j’étais plus emballé.

Mais c’est pas mon propos.

Donc, Christo et Jeanne-Claude (faudrait pas oublier), on connait, on a déjà donné dans la carte postale.

C’est plus de l’art, c’est du tourisme.

En dehors du fait également que, malgré tout ce qu’on vous raconte de boniments ; ça a couté que dalle aux contribuables, c’est autofinancé, c’est du mécénat toussa, vous avez quand même raqué 90% de l’ardoise magique grâce à la subtilité de la loi Aillagon, Ministre paillasson de la culture le jour, Monsieur Culture Pinault la nuit, avec son compère Christophe Girard (en disgrâce temporaire) confondant à l’insu de son plein gré, la ville de Paris et LVMH à l’occase.

Les duettistes du pantouflage ! une charentaise publique à l’endroit, une charentaise privée à l’envers et vice versa.

Le mécénat à la française : champion olympique du foutage de gueule. Arnaque intégrale, conçue de main de maitre faut admettre, consistant à se faire une vertu rédemptrice avec le pognon des autres.

C’est y pas magnifique, c’est toi qui rince et c’est le mécène qui dans sa pseudo générosité capte la gloire et le marché et te refourgue les artistes de son cheptel et catalogue dont on fait monter la cote. Quand c’est pas toi qui finances leurs musées et t’acquittes du ticket d’entrée, en faisant la queue qui plus est.

Pour faire simple tu achètes le champagne et le jour du vernissage, t’es pas invité.

Une forme de privatisation et de marchandisation de l’art avec de la philanthropie autour pour faire joli.

Mais c’est pas mon propos non plus.

Mon propos c’est plutôt que comme pour la bonbonnière du Sacré-Coeur érigée pour expier les « péchés et autres souillures » des « sanguinaires » communards, cet habillage de l’arc de triomphe vient à point nommé pour jeter un voile pudique sur les « exactions barbares » des gilets jaunes. De ces « gueux » casseurs de plâtre et de stuc, qui y laissèrent en caution, 30 yeux, 5 mains et plus de 1000 prisonniers politiques aux années cumulées de cachot expéditif.

C’est donc dans ce quartier bourgeois qui en frémit encore de s’être fait botter le cul par les manants, que la caste vient opportunément habiller d’immaculée conception l’illustre et virginal monument. Pour mieux draper les blessures, et mieux emplâtrer stigmates et cicatrices et faire oublier ce sang « impur » qui abreuva la flamme de l’éborgné inconnu.

Lydie Jean-Dit-Pannel

Pour preuve ce discours dégoulinant de mépris de Macron, inaugurant l’empaquetage, et qui consacre définitivement les créations de Christo (et sa dame), en paquet cadeau et en bon gros art bourgeois récupéré et totalement inoffensif.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

8 commentaires sur « De l’art du camouflage »

  1. Sans la moindre vergogne ce sinistre personnage s’emploie à couvrir de boue tout ce qu’il touche.
    Espérons que la raison va triompher de la désolante politique spectacle et qu’il sera chassé du palais en 2022.

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  2. Inutile de couvrir les choses, elles le sont déjà:

    « Une fois, si les objets perdent pour vous leur goût, observez alors, de parti pris, les insidieuses modifications apportées à leur surface par les sensationnels événements de la lumière et du vent selon la fuite des nuages, selon que tel ou tel groupe des ampoules du jour s’éteint ou s’allume, ces continuels frémissements de nappes, ces vibrations, ces buées, ces haleines, ces jeux de souffles, de pets légers.

    Aimez ces compagnies de moustiques à l’abri des oiseaux sous des arbres proportionnés à votre taille, et leurs évolutions à votre hauteur.

    Soyez émus de ces grandioses quoique délicats, de ces extraordinairement dramatiques quoique ordinairement inaperçus événements sensationnels, et changements à vue.

    Mais l’explication par le soleil et le vent, constamment présente à votre esprit, vous prive de surprises et de merveilles. Sous-bois, aucun de ces événements ne vous fait arrêter votre marche, ne vous plonge dans la stupéfaction de l’attention dramatique, tandis que l’apparition de la plus banale forme aussitôt vous saisit, l’irruption d’un oiseau par exemple.

    Apprenez donc à considérer simplement le jour, c’est-à-dire, au-dessus des terres et de leurs objets, ces milliers d’ampoules ou fioles suspendues à un firmament, mais à toutes hauteurs et à toutes places, de sorte qu’au lieu de le montrer elles le dissimulent. En suivant les volontés ou caprices de quelque puissant souffleur en scène, ou peut-être les coups de vent, ceux que l’on sent aux joues et ceux que l’on ne sent pas, elles s’éteignent ou se rallument, et revêtent le spectateur en même temps que le spectacle de robes changeant selon l’heure et le lieu. »

    Francis Ponge, « La robe des choses ».

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