25% de rabais sur Proglio

2 pour le prix d’1

Si, comme nous l’indique avec sa pertinence lumineuse l’idiot utile Lefebvre, 8,5% des adhérents UMP sont morts en 2009, un calcul à peine savant nous permet de conclure que, dans 12 ans, il n’y aura plus de militants encartés UMP sur cette planète.

Certes il y aura bien quelques nouveaux arrivants pour assister aux obsèques, mais qui ne compenseront pas les deuils successifs dus à la qualité  intrinsèque et spécifique du parti présidentiel en surreprésentation de 4éme age.  

C’est d’ailleurs bien, tout l’objet du banquet annuel des seniors, programmé lundi soir par TF1 et animé par le duo placebo du journalisme servile sénile, Ferrari Pernaut, stars des maisons de retraite. Ecouter le nabot compensé entre soupe et camomille répondre aux questions qu’il se pose lui-même, ne peut que rassurer nos anciens, vu qu’ils ont le même dans leur jardin, des pissenlits plein la brouette.

Thème du débat devant un panel tétanisé de français représentatifs-de-la-prostate : 

« Mourrez pas avant les régionales »

Un bien beau slogan pour la France, les pieds devant, d’après.

1 pour le prix de 2

Sinon, revenons à l’aimable ristourne de Proglio le héros :

nom de code  « rond de serviette 45 », l’un des 54 convives des agapes du Fouquet’s, qui nous fait grâce de 450 millions d’euros annuels tout en conservant 1,6°+ 13 M de retraite chapeau, ce qui devrait quand même le mettre à l’abri du besoin pour les mille prochaines années.

Et pendant que l’hyper cumulard  à double casquette privé/public, continue de surendetter Véolia tout en se préparant à surendetter EDF, penchons nous sur l’argument massue de ses argumenteurs :

Proglio : l’un de ces patrons français que le monde entier nous envie (et faisons l’impasse avec regret sur l’argument couillu de Jef Copé  : Plafonner du gros salaire c’est revenir au bolchevisme)

Et je dis testons.

Vendons Proglio, 23 éme rémunération du Cac 40, sur Ebay et estimons les enchères.

Ensuite, seulement négocions.
M’est avis qu’on pourrait s’en tirer pour moins cher.

Parce qu’y a pas de raison, si y’a du dumping sur prolo,  de la directive service sur loufiat, dans le cadre de la concurrence libre et non faussée, peut tout aussi bien y avoir du discount sur big boss ou du « low cost » sur PDG.

Messier aujourd’hui ça vaut combien ???

En janvier donc, Sarko solde.

25% de rabais sur Proglio  c’est bien, mais quitte à sacrifier, 95% c’est franchement mieux.

Et pour peu qu’on trouve un bon patron chinois premier prix…

Car, rappelons, que la plupart de ces capitaines d’industrie que le monde entier nous envie, ces anciens hauts fonctionnaires libéraux de la pantoufle audacieuse, n’ont jamais rien crées ou entrepris, qu’ils sont au mieux des joueurs attardés de mécano économique dont le métier consiste à renvoyer du 15% sur investissements à des actionnaires qui n’en branlent pas une, en délocalisant par çi, en réduisant les coûts par là, tout en s’augmentant les uns les autres sans obligation de résultat.

Justifier de joyeux émoluments à multiples zéros par l’offre et la demande sans en expérimenter vraiment le Mercato, c’est un peu comme évaluer le savoir faire électrique de Proglio en le regardant changer les fusibles chez moi.

Un peu fastoche quand même.

Souvenons nous enfin, par souci de cohérence, que le métier d’après président que vise l’élu en viager, faute de combattants, est le beau métier de Riche ; et dans le nucléaire si possible.

Tout à sa stratégie subtile à placer les convives sur son business plan (de table)…

Discrètement parlant, façon Proglio, c’est raté.

tgb

° Pierre Gadonneix ancien patron d’EDF émargeait à 1,1 million d’euros

La Sainte trinité néo-présidentielle

Barack Obama devait prononcer son discours sur l’état de l’Union le 2 février prochain. Problème : la chaîne américaine ABC devait diffuser le même soir le premier épisode de la nouvelle et dernière saison de sa série Lost (saison 6)

« Je ne prévois pas un scénario où des millions  de gens qui espèrent assister à une sorte de conclusion  à Lost se verront empêchés par le président »
Robert Gibbs porte-parole de l’administration américaine.

Que l’homme le plus puissant du monde, paraît-il, abdique de la zapette devant un épisode de saison 6, illustre bien son impuissance. Si Mister Président himself,  se vautre devant Lost, on imagine sans mal sa capacité à résister à Wall Street.

A force de composer pour ne pas déranger, Obama finit par décomposer son propre électorat. Perdre le jour anniversaire de sa présidence l’état du Massachusetts, bastion du parti démocrate et de Ted Kennedy son mentor, et par là même sa majorité au sénat en est le plus redoutable symbole.

Qu’à son niveau Obama ne soit ni milliardaire, ni patron de chaînes télés, ni heureux propriétaire d’un club de foot montre chez ce néo-romantique  tout en prudence, une certaine candeur, voire de l’ amateurisme.

Car, il n’aura échappé à personne que le nouveau profil du dictateur télégénique branché, light, bio, à développement durable et à croissance verte tant qu’à faire, demande de sacrifier à cette Sainte trinité post-moderne  : le fric, le foot et la boîte à cons.

Tapie (à qui l’état versa deux fois plus de pognon qu’aux haïtiens cela dit en passant) nous en montra la voie. Berlusconi nous la finalisa jusqu’au  lifting et Pinera, Chicago boy caché et relooké du couple glamoureux Pinochet /Thatcher, nous le vulgarise aujourd’hui au Chilii.

Le mode d’emploi en est somme toute assez rudimentaire

1) Gagner du fric dans des conditions douteuses (blanchiment d’argent sale, fricotage avec mafieux, narcotrafiquants, ou caudillo local …  )
2) Posséder une ou plusieurs  chaînes de télévision
3) Diriger un club de foot.
4) Etre de droite décomplexée  (dur sur le fond/cool dans la forme)

5) avoir pour opposition une gauche de droite complexée

Au coup d’état sanglant et un peu sale, type Honduras, il est aujourd’hui vivement conseillé par les spin docteurs et autres esthéticiennes du corpus politicard, de privilégier le coup de projo séducteur et divertissant ; foot et foutre restant socialement le prosac idéal pour temps de cerveau plus ou moins disponible. A consommer sur place ou à emporter dans l’isoloir.

Ultime alternative de ce qui nous reste de démocratie.

Le consentement et l’auto aliénation étant autrement plus efficace que la coercition, les prédateurs auraient tort de se gêner. Quand dans le grand panel de l’insécurité, on y rajoute tout seul et comme un grand, la peur panique de rater l’épisode de la saison 2, on se demande bien pourquoi  on construit encore des centres de détention.

La prison chez soi restant pour l’Etat, du meilleur rapport qualité /prix.

Prenons le cas du bien inoffensif Peillon, tout surpris d’avoir court-circuité la machine à gaver et de s’être pris sur le râble la meute de la corporation mensualisée, plutôt que de revendiquer le modeste attentat, il tremble encore à l’idée de ne plus être invité à la table pixélisée de la pensée en rond. 

Sûr qu’il recommencera pas de sitôt. Bien fait.

L’homo médiaticus ayant depuis longtemps renoncé à son statut d’acteur citoyen et à son encombrante liberté de pensée dont il ne savait que foutre le dimanche à Ikea, peut continuer, tout à son infantilisation  à dépenser son énergie dialectique dans la surface de réparation autour de la méchante problématique du penalty ou pas.

Dans cette société individualisée et grégaire, tout à la satisfaction du plaisir immédiat et à l’assouvissement compulsif, il faut bien l’admettre, ce sont les plus pauvres qui mettent au pouvoir les plus riches. Qu’un possédant possède déjà tout et ils s’empressent de lui confier ce qu’il ne posséderait pas encore : le pouvoir politique.

En ce sens, on comprend mieux qu’aucun puissant n’ait intérêt à éduquer sa population, l’on saisit mieux l’anti-intellectualisme ambiant dévoué à la cause du pipole et le zèle à malaxer dans le grand sanibroyeur consensuel, David Douillet et Victor Hugo, Mickey, Jaures et Guy Moquet.

Le totalitarisme chic avec nichons siliconés, c’est Pinochet

moins la casquette plus les UV

suffisait d’y penser. 

Au nom du Fric du foot et de la boîte à cons

Amen !!!

tgb

cadavres exquis

Si, pour notre très inspiré président, pourtant à l’agonie fétide « mourir n’est pas facile » en revanche pour un haïtien pauvre, jouer au zombi tout droit sorti d’un clip jacksonien dans les rues macabres de Port au Prince, est assez aisé.

Il n’a, à vrai dire que l’embarras du choix.

S’il n’est pas déjà mort étouffé dans l’indifférence générale, par une de ces bonnes galette de terre, spécialité culinaire du FMI, qui à l’art consommé de paupériser un pays tout en prétendant lui offrir la prospérité, s’il n’est pas dévasté par un cyclone anticapitaliste primaire faisant 793 victimes ici et 4 à Cuba, un cataclysme de 7 sur l’échelle de Richter (qui eut fait quelques victimes au Japon) devrait finir par le convaincre de jouer le rôle que lui a dévolu l’occident tout à sa compassion médiatiquement condescendante  :

Celui de mort vivant dopant l’audimat.

Car il faut bien reconnaître que le pauvre à décidément une prédilection certaine pour crever comme un con sous les gravats. Pour peu qu’il échappe aux tsunamis, aux inondations, ou aux pandémies, il finira tout de même et ce parce que telle est sa vocation génétique n’en doutons pas, de pourrir sous nos bombes chirurgicales qui ne lui veulent c’est évident que du bien :

Ne serait-ce par exemple, que pour le libérer d’un oppresseur sanguinaire ou d’une burqa dégradante, autrement aliénante qu’une bombe au phosphore.

Indéniablement oui, le pauvre a le don inné du dommage collatéral et prend un plaisir certain, peut être bien pervers, à égayer sensiblement nos soirées télévisuelles de charité bizness.  Il n’y a qu’à voir d’ailleurs notre bon à rien de ministre Kouchner re-frétiller soudain de l’humanitaire pour s’en réjouir.

Parler de malédiction pour Haïti, ou de triste fatalité, serait admettre que Dieu lui même en aurait après ce peuple voué au vaudou et lui ferait payer possiblement le fait de s’être inconsidérément libéré de l’esclavage sans nous en demander la permission. 

Que la justice divine frappe de ses foudres les fils de Toussaint Louverture rejetant notre aimable tutelle n’est pas en soi scandaleux certes, mais ce serait renier toute aptitude au désastre du pauvre programmé et accepter au final que le miséreux n’ait aucune responsabilité dans sa vocation de cadavre exhibé. Rôle dont il s’acquitte pourtant avec un talent exemplaire.

Imagine-t’on sérieusement des Haïtiens affalés dans leur sofa, zapper larmoyant des Parisiens hagards dans les décombres d’une capitale  quadrillée par des soldats chinois prévenant tout pillage et contrôlant déjà l’aéroport de Roissy ? 

En cela chacun est bien à sa place. Les riches dans leur sensiblerie misérabiliste de dame patronnesse, les ricains dans leur débarquement à tendance hégémonique et anti-castriste, les pauvres dans leur fosse commune, les médias dans leur voyeurisme émotionnel avec reportages à haute valeur ajoutée sur les chiens renifleurs et Bono au micro de la bienfaisance blairisée.

Le nouvel ordre mondial est dans les clous et ce n’est pas le peuple chilien mettant au pouvoir son propre malheur qui nous démentira.

tgb

La jurisprudence Continental : Une recette de moralisation du capitalisme à la Sarko

Pour 6/8 patrons amis de la bande du Fouquet’s

Ingrédients

– Une crise mondiale opportune
– Une entreprise récidiviste – 16 000 licenciés 2008 – 38, 8 M de benef 2009
– Une dégradation de sous préfecture
– 6 ouvriers de chez Conti (Maison Claivoix)
– 1 juge bien gras
– 3 a 5 bons mois avec sursis + 63 000 euros d’amende fraîche

Préparation

Après avoir pris soin de dépénaliser le droit des affaires, grondez pour la forme quelques patrons voyous attablés tout en leur garantissant l’impunité ; faites semblant d’inviter à la table des négociations les représentants syndicaux. 
Laissez porter jusqu’à ébullition, puis épluchez au hasard et pour l’exemple, une demi douzaine de prolos vigoureux, genre Xavier Mathieu, après saccage de sous préfecture.

(Pour les agriculteurs seuls, la mise à sac d’un bureau du ministre ou l’incendie d’une préfecture est autorisée. )

Tapez très fort sur la tête des ouvriers pour l’exemple.
Faites rissoler la loi anti-casseurs abrogée il y a 28 ans
Enfin, criminalisez à feu doux le mouvement social pour digérer les dividendes peinard.

Pendant que ça mijote, n’oubliez pas de vous inscrire à Davos pour dénoncer les dérives du capitalisme.

Présentation

Une fois cuit, servez avec un accompagnement de salades sécuritaires habituelles, d’endives jaunes bien tendres de la marque Thibault-Chérèque  (vérifiez bien la date de péremption) et une bonne bouteille d’identité nationale (genre gros rouge qui tache) pour faire passer la tambouille gouvernemento-patronale

Dégustation.

Bon appétit Messieurs O ministres intègres…

mon petit plus pour surprendre vos invités avec une préparation originale

tgb

DO NOT DISTURB 2

Tu te lèves le matin, tu vas bosser. Tu jettes un œil par la fenêtre ; s’il neige, tu t’habilles chaudement, s’il pleut, tu t’habilles imperméablement, si tu vois un pékin en short, tu peux considérer que c’est plus ou moins l’été  et envisager de faire craquer le bermuda, à moins que pas de bol, tu tombes sur mon beau frère, un rude de chez montagnard, en tee-shirt toute l’année, mais c’est quand même peu probable.

Ça, ce que je t’explique, c’est la vieille méthode empirique du temps archaïque où tu ne possédais pas encore d’écran plasma et où la grande messe du JT ne consacrait pas 20 minutes aux évènements météorologiques nationaux en plus des rituelles rubriques de tata météo entre deux matraquages publicitaires, au détriment cela va de soi, du lynchage d’africains en Italie fasciste, ou du meeting électoral confidentiel (pour les médias) du front de gauche, porte Maillot.

Car grâce aux grandes messes des JT marronniers, tu sais non seulement qu’il neige, vente, pleut ou fait rien du tout sans l’effort colossal de te mouvoir jusqu’à ta fenêtre embuée, mais en plus tu peux voir une déneigeuse déneiger, une sableuse sabler, des types de la DDE en tenue fluo t’expliquer qu’il pleut qu’il neige qu’il vente et des micros trottoirs verglacés où des chauffeurs routiers râlent en disant par tradition identitaire      « qu’il y’a bien qu’en France qu’on voit un bordel pareil » plus un quidam expert en télé achat se gausser du réchauffement climatique, la preuve.

Et ça mon pote, c’est autrement de l’info, que ta vision embrumée de petit matin frileux  à ta fenêtre embuée, avec le risque peu probable mais quand même réel de tomber sur mon beau-frère en tee shirt par moins dix.

Oui la caution télévisuelle objective tellement tout, que même ma mère en Savoie qui m’appelle en la capitale peut me raconter avec moult détails  le temps apocalyptique de Paris vu à la télé tout en mettant fortement en doute les 3 flocons souffreteux et tout relatifs vus de ma fenêtre.

Il faut bien reconnaître la supériorité de crédibilité d’un William Leymergie à oreillette en duplex avec un envoyé spécial en moufles satellisées  devant l’immeuble de France 2 sur un fils légendairement grincheux le matin.

Parce qu’un grand reporter frigorifié, la moustache givrée, un micro à la main qui te raconte qu’il y a plein de neige en hiver, plein de voitures sur le periph et plein de retard dans les gares et les aéroports, genre Armageddon, c’est quand même autrement plus fiable, qu’un journaliste  même pas embbeded, enlevé par des Talibans au cœur des montagnes afghanes et qui met en rogne un président en plein chasse neige dans les sondages.

D’où peut-être cette répartie furibonde à son ministre de la culture écharpé suite à un dérapage sur verglas – Un ministre ça ne se déplace pas en mobylette – et qui restera sans nul doute dans les anales des grandes sentences présidentielles.

tong-moule-silicone.jpg

Bref, quand on voit que, par les temps maussades qui courent, un train avec deux heures de retard, un avion qui ne décolle pas à l’heure dite, un 4X4 avec pare-buffle en travers du col des Champs-Elysées, sont vécus par les français comme un véritable cauchemar, on peut évidemment douter de l’imminence d’une insurrection populaire.

Message subliminal de la France profonde qui souffre de l’engelure et de la congère en allant chercher en pantoufles à crampons son pain et son journal gratuit : do not disturb.

Pour conclure et souligner définitivement la réalité supérieure du virtuel sur la virtualité d’un réel douteux, ce charmant dialogue entre une maman amie enthousiaste à sa fenêtre et sa petite fille de 5 ans blasée finissant son cacao équitable :

– viens vite ma chérie il neige …
– ouaiiiiiis  je sais, j’ai vu à la télé…

Et pour peu que passe mon beau frère pile poil dans la rue en tongs par moins dix…

La neige c’est mieux à la télé. Comme l’avie, l’amour, ou l’apolitique.

tgb

Romantic Ken Killer


Climat de panique dimanche soir à l’aéroport de Newark, à New York. Un amoureux a pénétré illégalement  dans une zone sécurisée pour embrasser sa douce avant son embarquement. L’alerte a immédiatement été donnée, les vols suspendus pendant plusieurs heures et les passagers fouillés. Les autorités cherchent à identifier l’individu  aperçu sur les vidéos quittant l’aéroport sans être inquiété.

Fait divers, appelé à devenir ordinaire dans une société jouant à terroriser sa population pour mieux la contrôler. Un citoyen lambda ayant une chance sur 1 milliard (minimum) d‘être victime d’un cinglé avec une bombe dans le slibard, crèvera plus sûrement de faim de froid ou d’un accident du travail si seulement il en a un ; rassurons nous.

Je ne sais ce qu’il adviendra de cet amoureux transi dans ce monde fraternel et romantique, mais trouvant la fin quelque peu fadasse et postulant à une place de scénariste pour quelque série hollywoodienne je me propose de la réécrire dans une veine plus bancable et un poil plus trashy.


Décor : salle d’embarquement  – ambiance sonore d’aéroport  – Plan séquence  –

Ken se précipite vers Barbie pour lui donner un dernier baiser d’amour avant séparation douloureuse pour cause de rancune tenace. Rapport aux subprimes 

Gros plan sur Ken dont le visage peu à peu se décompose

Voyant avec fureur que deux gros douaniers blacks hilares ayant forcément votés pour Obama et sa « guenon » mattent à mort la prothèse mammaire et le piercing génital du corps dénudé de Barbie sa compagne, sur l’image renvoyé par le scaner corporel, Ken ulcéré, se saisit soudain de sa Machine Gun cachée sous son pardessus.

Zoom rapide sur la petite mitraillette  ergonomique américaine, réputée pour être le « jouet » favori de la CIA, et que Ken recommande tout particulièrement à ses camarades de la National  Rifle Association .

Une chance qu’il ait programmé sa vengeance et prévu de se faire en rafale, dans une des tours de Manhattan l’après midi, quelque banquier désobligeant shooté aux bonus et lui ayant englouti par inadvertance voire cupidité, les 500 000 dollars qu’il  destinait à sa retraite californienne.

Poursuite en travelling

Ken enjambe les cordons de sécurité en direction de la guérite des douaniers tout à l’anatomie de Barbie, et bientôt à bout portant commence à arroser fiévreusement les deux fils de pute sous le regard horrifié puis excité de Barbie.

Visages explosés, corps qui s’effondrent – giclées de sang maculant les vitres en plexiglass – Panique générale – cris hurlements mouvements de foule – sourire sardonique de Ken.

Enivré par ses décharges d’adrénaline et de balles traçantes, le voilà à retourner posément l’arme vers la foule et à faire quelques délicieux  cartons, mitraillant par çi un groupe d’enfants scouts, flinguant par là quelques hôtesses en uniformes stricts, plus quelques touristes chinois  à moins que japonais pour faire dans l’international .


Scènes de carnages divers…large panoramique de la camera sur hall d’aéroport dévasté.

Alerté par le tumulte, le vieux Jim, agent de sécurité de la société Blackwater se rappelant avec nostalgie ses cartons irakiens, et trafiquant à l’occase de la photo pédophile d’images d’enfants scanérisés, parvient à neutraliser, au péril de sa vie, dans un duel insoutenable  – champ contre champ – suspens – musique haletante le psychopathe ravagé à coups d’arc électriques du meilleur effet  image  ralentie

Plan Américain

Ken agonise dans les bras de Barbie, en prononçant cette sentence définitive :

Plan sérré

– C’est encore cet enfoiré de banquier qui s’en sort le mieux ! –

Il meurt.

L’image se fige –  générique…

Ben moi je dis que si avec ça je me choppe pas un oscar, je vends carrément le pitch à TF1.

On vit une époque formidable !!!

tgb

Columbo : brigade anti bling-bling

J’ai reçu à Noël une compilation de la série Columbo.
J’ai déjà vu tous les épisodes vingt fois (au moins) et je les reverrai encore une 21 ème fois avec le même indéfectible plaisir,  la nostalgie kitch des années 70 en plus et la version VO enfin.

J’ai toujours  été fan de cette série et quand je zappe à la télé, désespérant de trouver quoi que ce soit de regardable qui n’insulte pas trop mon honorable intelligence, je finis  toujours au final, par me caler sur un épisode de Columbo ou des indémodables Simpson, sur une de ces chaînes négligeables dont je n’ai nulle envie de citer le matricule.

Peter Falk acteur héros de l’anti héros de la série, souffre aujourd’hui d’Alzheimer. Il sucre méchamment les fraises et ne se souvient plus de grand chose et évidemment pas qu’il incarna durant tant d’années (18 saisons) et tant d’épisodes (prés de 70) ce personnage de flic à l’imper beige, à la 403 Peugeot pourrie et décapotable, au basset artésien répondant au nom inspiré de « le chien » et marié à une femme mille fois évoquée mais jamais représentée, répondant au doux prénom de « ma femme ».

Peter Falk donc, grand pote de Cassavetes, dans sa fin de vie naufragée est même aujourd’hui l’enjeu d’une mise sous tutelle et d’un combat juridique entre une de ses épouses (peut être bien la dernière) et l’une de ses filles (peut être bien légitime). Déchéance ordinaire et sordide du mythe Hollywoodien.

L’originalité folle de cette série classiquement policière est de balancer direct le nom du meurtrier, le comment du pourquoi d’un crime toujours  très trop sophistiqué (alors qu’il est si simple de faire simple) et de se débarrasser recta de toute intrigue et de tout suspens. Fallait oser.

Oui le flic choppera l’assassin, oui la vertu triomphera du vice et non le crime parfait n’existe pas ni ne paie. L’affaire est entendue. On s’en tape.

Car l’intérêt du feuilleton réside avant tout dans la manière implacable dont le flic justicier à l’air con, à la vue basse, au style brouillon, ce bouffeur de chili con carne invétéré, ce machouilleur de cigare éteint qui pue, ce collectionneur maniaque de petits détails, va coffrer le meurtrier, pour qui, il peut avoir à l’occase plus ou moins de sympathie mais à qui il ne laissera pas l’ombre d’une chance.

La rédemption n’étant pas son rayon.

Que ce feuilleton soit apparu au début des années 70 n’est pas anodin, car il y a dans son mécanisme et sa dramaturgie, quelque chose de la lutte des classes, de la revanche jouissive du petit contre les grands, du modeste fonctionnaire ne payant pas de mine et mal payé surtout, démasquant le notable baignant dans le luxe, la gloire et les dollars qui vont avec.

Oui, l’assassin, le « méchant » est toujours un de ces « winner »  socialement aisé, partie intégrante de la ploutocratie californienne, plutôt beau,bronzé, brillant, bien sapé, étalant sa réussite décomplexée dans le dream Américain climatisé avec ce cynisme et cette désinvolture propre à ceux qui se savent intouchables.

Tandis que le Lieutenant Columbo, flic volontairement terne, quasi transparent, en rajoutant même dans sa gaucherie, se fichant radicalement de son look et cultivant une sortie d’innocuité ahurie, affiche un anti bling bling compulsif et propice même à son enquête et à ses obsessions.

Il fait pitié, il amuse, il agace, il déconcerte et gagne à la fin.

C’est l’anti pipole se goinfrant le pipole, c’est le faux modeste se jouant du mépris, c’est la pseudo insignifiance venant à bout du clinquant et de l’esbroufe. C’est Diogène rappelant aux pédateurs de s’ôter de son soleil. 

C’est la force de l’être sur le culte de l’apparence.
La force du raisonnement et le mépris du revolver
C’est la certitude patiente que la ténacité triomphera de la vacuité.

En cela bien sûr, Columbo et son œil de verre parle de nous, de ce rapport instauré entre ceux qui ont tout et qui en veulent encore et ceux qui n’ont rien et qui doivent le payer. En cela bien sûr Columbo nous rassure et nous venge :

c’est par la ruse que les faibles mettrons en taule les puissants, victimes de leur propre vanité.

tgb

Baisons futés

Si le plan B (polonais) est de retour avec son Bolkestein relooké voluptueusement en « directive services », si vous pouvez encore fignoler votre système D pour survivre dans les décombres d’une civilisation occidentale très avancée (c’est le mois du blanc profitez en), si vous pouvez mollement espérer encore l’instant T de L’heure H du jour J, en revanche pour ce qui est du « point G » des fois que ça vous démangerait encore, vous pouvez lâcher l’affaire :

Le point G n’existe pas.

C’est ce qu’affirme en tout cas, une étude britannique, l’étude du King’s College de Londres portant sur 1.800 femmes et mettant en évidence que la zone érogène féminine, dite point G, ferait partie d’un imaginaire encouragé par les magazines Petasse Beauté… et autres sexologues, grands spécialistes du consumérisme sexuel et du marronnier printemps été du touche pipi hautement performant.

« Le point G, zone érogène réduite, située dans le vagin, censée concentrer de nombreuses terminaisons nerveuses et supposée mener à un plaisir  sexuel intense n’est au final qu’une arnaque marketing et donc une idée à peu prés aussi subjective que la grippe  A (90 millions de doses en moins).

Pour ceux ou celles qui tel le graal le recherchait encore éperdument la nuit dernière, ils peuvent éteindre la lampe frontale, ranger les étriers et adresser leurs légitimes doléances à Ernst Gräfenberg, gynécologue allemand, inventeur prétendu de l’objet sus cité et à Beverly Whippleen qui popularisa le concept en se faisant des couilles en or dans les années 80.

Et pendant que le nigaud de service qui n’est pas du genre à renoncer à la première difficulté, cherche encore le point G de Carla B en se moralisant le capitalisme d’une main tout en se rééduquant le périnée de l’autre, le mieux c’est encore d’oublier toutes ces conneries logomachiques sorties directes du monde abruti de l’entreprise, de bazarder définitivement des concepts aussi foireux qu’évaluation, performance, optimisation et compétitivité et d’étreindre sa (son) bon(ne) ami(e) sans se soucier de la moindre prouesse sexuelle.

Baiser futé c’est se décomplexer du gland, pas tenir la moyenne.

tgb

Allons enfants de l’apathie

Ch’ais bien, les lendemains  de fête, tout ça, on a l’œil penaud, la pensée pâteuse, et la casquette à l’envers, pour peu que les plus masos, ou les plus scrupuleux, dont je ne suis pas, (hier soir j’ai fait un geste pour la planète, j’ai éteint ma télé, pile à 20 h) se soient enfilé le mauvais mousseux du type qui nous sert de président …

Bon apathie…

Alors pour se ragaillardir le muscle de l’estomac et attaquer ce 2010 avec un entrain républicain, ce condensé d’un discours de Jean-Paul Marat, qui comme tout le monde l’apprit à l’école d’Hortefeux, mourût dans la baignoire  à égorger les moutons.

Leçon d’histoire avant disparition  :

« …Les citoyens timides, les hommes qui aiment leur repos, les heureux du siècle, les sangsues de l’Etat et tous les fripons qui vivent des abus publics ne redoutent rien tant que les émeutes populaires ; elles tendent à détruire leur bonheur en amenant un nouvel ordre de choses…

…ils  ne parlent que d’apaiser le peuple, ils ne travaillent qu’à l’empêcher de se livrer à sa juste fureur…

…ils  ont pour cela de puissantes raisons…

…car, à quoi devons nous la liberté, sinon aux émeutes populaires ?…

…c’est une émeute populaire…,qui  a éveillé l’insurrection de la nation…

…c’est une émeute populaire, …qui a fait avorter la seconde conjuration…

…ce sont les émeutes populaires qui ont subjugué la faction aristocratique …

…l’Assemblée nationale,… n’est entrée en activité qu’à la suite de quelque émeute populaire, ..elle n’a décrété de bonnes lois qu’à la suite de quelque émeute populaire…

C’est donc aux émeutes populaires  que nous devons tout, et la chute de nos tyrans, et celle de leurs favoris… et l’abaissement  des grands, et l’élévation des petits, et le retour de la liberté…

…Réveillez  vous citoyens, Réveillez  vous !

Marat

Affr’euses et Aff’eux encore enfarinés , je vous la souhaite non frigide et bien phrygienne…

tgb

L’odeur de la neige

On la sent venir. A ce quelque chose d’indicible, d’indistinct. Un parfum de fadeur qu’on renifle. Une suspension humide dans l’air. Une douce tension. Une latence qui fait que tout se ralenti, que tout devient calme trop calme, comme dans ces films de cow-boys et d’indiens juste avant l’embuscade.

L’arrivée de la neige a une odeur oui. A moins qu’elle ait une ambiance ou une couleur. Un ciel qui s’épaissit en gris cotonneux et qui s’installe en édredon. Un silence qui gagne imperceptiblement la ville ou la campagne comme si la nature elle-même retenait sa respiration et les chiens leurs aboiements.

Rien à voir avec l’odeur de la pluie qui vient. L’odeur de la neige a ce parfum inodore qu’on reconnaît pourtant d’instinct. L’odeur du zéro degré.

Et puis les premiers cristaux ; timides et délicats. Et puis les premiers flocons, légers et aériens qui envolutent tout, qui forcissent et s’empâtent, lourds et onctueux. Cette fluidité fragile qui se matérialise, jusqu’à tout envelopper, tout amoindrir, tout amortir, tout calfeutrer de blanc impec, tout insonoriser à l’étouffé, jusqu’à l’apaisement. A arrondir les angles, à embellir le moche, à adoucir les perspectives, à souligner d’un trait ouaté, les lignes électriques qui structurent un autre paysage.

Et les premiers pas dans la neige. Cet écrasement voluptueux et sourd d’une mousse qui se tasse, et qui finit par faire de son inconsistance, une force.

Des millions de flocons, tous ressemblants et tous différents, des millions de presque rien, cette insignifiante condensation de vapeur d’eau, jusqu’à l’improbable dévastation de l’avalanche.

Il neige.

tgb