Faut-il tondre Henry-Claude Cousseau ?

Quatre bannières noires avec les mots “travailler”, “moins“, “gagner”, “plus”, inspirées d’un slogan anachronico-simplet, accrochées à la façade de l’Ecole des beaux arts dans le cadre d’une exposition d’étudiants et voilà qu’Henry-Claude Cousseau, directeur zélé de l’établissement, trouve l’œuvre « trop explosive pour rester in situ » et la censure bravement par anticipation offusquée, avant que le ministre de la Fredoculture annule judicieusement la décision.

Outre que pour la jeune artiste d’origine chinoise Ko Siu Lan, se faire interdire en France doit méchamment remettre en cause sa vision  de la carte géographique de la libre création, l’invention par Henry-Claude Cousseau du concept de l’art neutre qui doit surtout pas déranger à la saison des subventions nous met en exergue la mécanique de l’autocensure intégrée.

Où comment devancer par excès de zèle, goût de la reptation, et opportunisme rampant, les hypothétiques demandes liberticides du château. 

Le principe même de la collaboration par la lâcheté ordinaire et motivée.

Que risquait donc Henry-Claude Cousseau qui grâce à sa performance de défécation en ses frocs carriéristes vient de passer du gris anonymat où il semblait tranquillement prospérer à l’incarnation patronymique du veule fonctionnaire agenouillé, prêt, par servilité civique à dénoncer  » l’art dégénéré ? »

Rien ou si peu.
Pas de finir dans quelque camp de rééducation en tout cas, ou de mourir pour la cause, mais au pire du pire, de se faire un peu mal voir du côté du mari de Carla épidermiquement chanteuse et fils de Pal sensiblement peinturlureur,  ce qui eût pu freiner peut-être, le bon déroulement de son plan de carrière.

Nul besoin donc de censure arbitraire un peu voyante, un peu sale, quand, dans une France au climat spongieux et délétère, le principe de l’autocensure fonctionne à plein et que le caniche bien dressé au susucre, se couche avant même qu’on lui en donne l’ordre. 

On n’est pas sous Pétain certes, mais le mécanisme en reste le même, car si en risquant si peu en ce régime, on se coucouchepanier déjà, on ose imaginer le comportement de ce genre de pleutres durant l’occupation.

Dans ce système trop sympa où chacun consciencieusement devient son propre flic et le flic de l’autre, où la délation est élevée au rang de cause nationale, inutile de lâcher les chiens puisque les chiens eux-mêmes enfilent leurs muselières.

C’est le syndrome de la carpette ordinaire, du chef, sous chef, au moindre pouvoir minable, du chefaillon simple exécutant (je n’ai fais qu’obéïr aux ordres) du maillon quelconque mais essentiel d’un encadrement au service de quelque autorité qui ne peut exister sans kapos sans valets.

On devient larbin  donc, par conviction, par intérêt, par suivisme  ou par peur. Peur de déplaire, peur de perdre son boulot ou son salaire, peur de manquer le prochain échelon, peur de sa propre peur.

Or la peur ne fonctionne que si on lui cède. Or le pouvoir n’avance qui si le contre-pouvoir recule.

Les journalistes témoignant, n’avoir jamais subi quelque pression que ce soit dans le cadre de leur boulot, m’ont toujours fait marrer. Car il suffit en général de rester dans le cadre de références définies, de ne pas dépasser les limites circonscrites, bref de la fermer là où il faut quand il le faut, de penser avec le chef et comme le chef, pour ne pas trop souffrir d’affres et d’insomnies.

Les insomnies n’empêchant pourtant pas de dormir, comme tout le monde le sait ou devrait le savoir.

tgb

Mon avatar et moi

Paraît que je passe trop de temps sur mon écran d’ordi.
Comme si que j’étais marié avec
Que c’est pas sain, pas hygiénique
pas convivial des masses.

Convivialité : un mot de la langue française que j’abhorre particulièrement.

Paraît qu’il y a la vie aussi, juste dans la rue d’en bas
Avec de vrais morceaux de vrais gens dedans
Un peu comme à la télé, des vrais gens du genre qui interviewe le président
qu’est pas qu’un avatar, qu’est aussi un avorton en vrai.
S’il existe des vrais gens, c’est qu’il  y en a des faux
de la contrefaçon qu’on doit appeler des gens vrais.

Ça doit être bien intéressant les vrais gens
J’en ai déjà vu une fois, dans le métro serré
qui allaient au charbon, filmés par des caméras
vidéoprotection disent les vrais gens
vidéosurveillance disent les gens vrais.

J’en garde un souvenir mitigé.

Paraît que c’est facile de lutter le cul derrière un écran
Que c’est de la révolte confortable
Virtuellement peu engagée me dit ma douce
Qui passe son temps à ne faire que passer
Entre deux tracts militants.

Ben mince

– migraines a répétition
– dos en compote
– acuité visuelle  à la ramasse
– tendinites  en stéréo
– teint palot tout chiffon

si c’est pas payer de sa personne
se rendre accro à la wifi comme ça
à incarner physiquement le risque
à avachir son joli corps d’athlète.

ça vaut les barricades non ?

Jamais contente ma souris
qui rêve d’espace de conviviali/QUOI ?
ose répéter ce mot là…

Mais je sais, mais je sens, c’est la proximité de la Saint Valentin qui vient l’hormoner quelque part, cet espèce d’enfoiré de saint des vrais petits gens commerçants, qui oblige les amoureuxencouple (et ce vieux retour de dyslexie qui me fait écrire en acte manqué copule ) à se réaccoupler en vrai avec toutes sortes de sécrétions, et à bouffer du viagra à l’apéro et à programmer du sexe avec des fleurs autour directement importées des territoires occupés : ça doit être beau des fleurs en barbelés.

Si encore on en revenait bestialement à la fête des Lupercales où la brute qui ne demande qu’à, pouvait s’adonner à la poursuite lubrique de nos compagnes en les frappant à grands coups de lanières en peau de bouc afin de leur assurer une joyeuse fécondité.

De bonnes vieilles bacchanales
De quoi réveiller notre matrimoniale libido.

Ben allez ok ça va ça va bien, on va faire un effort mon avatar et moi

on a le don d’ubiquité…

Tgb

Parricide la monnaie

31 janv. 2010 : Martine Aubry lance la campagne de la « gauche décomplexée »

C’est vrai qu’elle a fière allure cette gauche socialo–démocrate, toute décomplexée de l’oedipe et assumant comme jamais ses valeurs.

Et faut reconnaître qu’il faut être assez décomplexé pour siéger avec le PSE, (parti socialiste européen) qui, en échange de quelques postes, vote en faveur de l’ultra libéral peu complexé Barroso, bouffeur de gamelle, dans la main invisible de Monsanto. 

Oh oui, qu’elle fait envie cette gauche pas complexée d’une Aubry décomplexée, qui avant même d’entamer toute négo sur les retraites, pousse le curseur un peu loin avant d’expliquer, un peu complexée quand même, mais c’est juste une rechute, que son doigt a maladroitement ripé.

Que c’est excitant en effet une gauche décomplexée qui, évoquant un foulard sur une tignasse indécemment trotskiste, jure qu’au PS on fera pas dans le fichu, des fois que le peuple merdeux des obscures cités, vienne à salir les tapis rutilants de Solférino. Bouleversant aussi cette « décomplexion » du Péhesse affichée, qui suite au coup de pied dans l’paf d’un Peillon un peu gauche, s’empresse de s’excuser auprès de la déontologue chef du journalisme libéré : m’âme Chabot.

C’est tout à fait décomplexée donc, que cette gauche décomplexée est prête à perdre la Septimanie pour ne pas perdre son âme, tout en espérant avec une impatience décomplexée, Mr FMI de chez DSK, gauchiste décomplexé du plafonnement salarial par le bas et du haut déplafonnement par chez lui.

Et c’est vrai qu’elle est enthousiasmante cette gauche décomplexée, qui, comme en Grèce, à peine arrivée au pouvoir, s’empresse de nettoyer les chiottes de la droite salopeuse, avec un zèle récuré qui fait plaisir à voir, et pour mieux les lui rendre nickels, et pas dans l ‘état où elles les avaient trouvées en entrant.

Qu’elle est stratégiquement finaude cette gauche décomplexée, qui, à l’instar du studieux et dévoué professeur Prodi, se fait un point d’honneur à appliquer avec méthode, les recommandations du dogme libre et non faussé, pour mieux ‘s’autodafer’ et remettre en selle un mafioso cathodique plutôt décomplexé du chéquier.

Non, elle n’a plus honte cette gauche conne comme un balai à chiottes, à faire le sale boulot, sous le regard hilare d’une droite décontractée, qui depuis Reagan-Friedman, explose allégrement les déficits, privatise les profits, nationalise les pertes, à la santé de la ploutocratie, tout en évitant de se salir les mimines, puisque : – « It’s the economy, stupid! » de l’idiot utile et de la troisième voie : Bill(e) Clinton.

C’est quand même admirable une gauche enfin décomplexée de la serpillière budgétaire, qui du Chili à l’Espagne, du Portugal au Brésil, astique  bien dans les coins, pour mieux célébrer le retour arrogant d’une droite en gants blancs et à bonus décomplexé.

Oui c’est émouvant d’observer Obama, qui, dans un subtile surplace à la prudence de sioux, travaille au retour triomphant d’une Sarah Palin, qui sait donc lire au moins trois mots dans la main de Dieu.

Avec une gauche décomplexée comme ça on en regretterait presque une droite bien complexée.

Mais merdre de merdre, quitte à faire dans l’oedipe, le complexe ou le décomplexé, que la gauche baise enfin cette salope de Tina, crève enfin cette ordure d’Adam Smith.

Et qu’enfin parricide la monnaie !!!

tgb

De la révolution à colorier

On nous l’avait coloriée orange.

Comme le déshabillé été hiver du Dalaï lama, le faux nez de France-télécom, opérateur avisé de la réduction des effectifs par le suicide, ou comme le logo du modem en pleine panade pur jus. De la révolution orange, clés en main, pour journal de 20 heures ; drapeaux tee-shirts et cotillons  avec sponsors de tonton Sam (NED et Fondation Soros) sur story telling Hollywoodien.

On nous l’avait colorié orange en Ukraine, rose en Georgie et verte en Iran, pour nous aider, des fois qu’on n’aurait pas bien saisi, cons que nous sommes, à bien distinguer les gentils des méchants, sans dépasser les pointillés.

La nuance n’étant guère médiatique, mieux vaut en effet vendre du manichéen en kit, de la révolution de velours pour les nuls, avec dans les rôles principaux :

Les gentils et glamoureux

Victor Iouchtchenko, président libéralo occidental (2004_2010) au visage méchamment pixélisé

– vérolé par Poutine pour les pro – tapez 1

– botoxé foireux pour les anti – tapez 2

qui a bien meilleure mine aujourd’hui sauf dans les urnes (5,5% aux présidentielles)

Ioulia Tymochenko, premier ministre avec vienoiserie tressé en auréole, un tiers pro européenne, un tiers pro russe, et un tiers corrompue à tous les râteliers

Et le méchant balourd russophone

Viktor Ianoukovytch, au look peu télévisuel de cul terreux de province, éjecté hier, élu président aujourd’hui, et qui fout en l’air le scénario.

L’Ukraine, son Tchernobyl, ses pipelines, ses oléoducs,…

Si, comme nous le pressentions, les révolutions colorisées par l’otan, à forte teneur frelatée sont livrées avec date de péremption, nous attendons avec impatience la sortie précipitée du tyranneau « Sakhach Willy »  et de ses conseillers en pas grand chose : la maison Glucksmann père et fils, du mauvais nanar georgien.

Etant en rupture de stock de rouge et noir (un poil connotés) nous signalons aux révolutionnaires de série B que pour la saison 2, le jaune, le  violet et le blanc restent disponibles en rayon.

Sinon allez les bleus…

tgb

BHL en burqa

Et bé, on en aura bouffé de la burqa avec un q un k ou un qu à la française.
Du nijab, du hijab, du voile et de la vapeur.

Dans la série faux cul : cachez ce nijab que je ne saurai voir tout en le surexposant dans des talk show putassiers pour doper l’audimat, on aura eu la dose.

Pour un animateur racoleur, pas de casting réussi sans son Belphegor qui fait peur. D’Ardisson à Durand, les joyeux proxos de la téloche en levrette, jusqu’au plan comm de Copé super héros, les yeux pas dans les yeux de la sœur cachée du concombre masqué, on aura confortablement dénoncé l’obscurantisme mon cul tout en le médiatisant à mort.

Question provoc, la punk attitude étant passée de mode, on aurait voulu susciter de la vocation chez l’ado révolté, tout à son esprit de contradiction qu’on aurait pas fait mieux.

Bonjour la pub pour la cage à oiselles.

Mais telle est donc la loi du marché de la machine à cons.
Instrumentaliser, stigmatiser, recycler-digérer, le produit quel qu’il soit, jusqu’à retour sur investissement.

Il y a évidemment quelque chose d’hypocrite et de malsain dans tout ça et une évidente fascination du couillu moyen tout à l’effeuillage fantasmé de la dame en noir.

Si enfermée dessus si ouverte dessous
Si asexuée dehors si sexy dedans. 

Mais quitte à parler d’oppression féminine, rappelons tout de même que nous avons la même chose en rayon. Moins brutal, plus sournois, moins archaïque, plus insidieux, mais assez efficace.

Car tout Zemour lambda, foutrement viril, à plus d’un zip dans sa braguette pour enfermer, soumettre et asservir sa meuf, parce qu’elle le vaut bien d’une part et parce qu’elle le lui rend assez bien d’autre part.

Le conditionnement marketing n‘étant pas le moindre des dispositifs aboutis.

Dans cette norme iso 2000 du canon esthétique (et pas de la grosse Bertha) à haut formatage ajouté, il s’agit évidemment de faire rentrer la moule dans le moule, de cultiver la forme sans les formes et de magnifier le corps tout en chassant le corporel.

Tuer le mammifère à poils et à mamelles
Fabriquer l’androïde à la beauté PLASTIQUE

Du relooking façon photo shop à l’industrie du cosmétique, la société marchande a su créer parfaitement de la burqa conforme et virtuelle chez la ménagère de moins de 50 ans ou plus.

Si l’uniforme s’est rétréci, il n’en est pas moins exorbitant. Ce que l’on perd en tissu est gagné en profit.

La Burqa de l’occidentale socialement  abrutie là voici :

De la ligne anorexée
Du bronzage UV
De la lèvre botoxée
Du nibard siliconé
De la chatte épilée
En son string ficélisé

De l’escamotage de la touffe aux implants mammaires, les abonnées juvéniles à Pouffiasse Beauté peuvent enfin espérer pour leur anniversaire toute une gamme de sévices physiques jusqu’à l’injonction l’injection de botox quelque part.

Prête à l’emploi et à la staracadémisation :

« – Quand je serai grande je serai poupée gonflable comme maman. »

Et n’en doutons pas une seconde, ce n’est pas par manque de liberté de penser que tomba le mur de Berlin (d’ailleurs depuis plus personne ne pense plus personne ne vote, à l’est) mais bien par manque de lipstick, de bâtons de rouge à lèvres et de bien heureuse consommation, libératrice  paraît il.

Pas si facile d’être une femme libérée en fait, vu qu’on est jamais aussi bien asservi que par soi-même.

Comprenons nous bien : je n’ai rien contre la frivolité  ou la volupté bien au contraire. Que la chirurgie esthétique existe, puisse soulager ou embellir tant mieux, mais cette idéologie de la photocopie induite, socialement imposée, m’exaspère.

Qu’un enfermement subit ou revendiqué s’oppose en réaction à une programmation modélisée de la femme occidentale, qu’une femme s’enferme pour se libérer, se voile pour se dévoiler ou s’exhibe pour se planquer ne devrait pas nous surprendre plus que ça.

Quitte à finir en femme objet, autant faire de sa soumission une arme politique.

Se contraindre, se punir, se mortifier pour sublimer, s’aliéner pour ne pas finir en Alien, toutes les Sainte Thèrèse de Lisieux le savent, à l’heure « exquise » de la flagellation.

Paradoxe pour paradoxe, dans la même échoppe du Petit Socco à Tanger, plaisir des yeux et du marchandage mon ami, vous trouverez aussi bien le rayon tchador que le rayon string et croiserez toutes sortes de fatmas jouant de leur schizophrénie.

Vous croiserez aussi peut être, le philosophe autogonflé BHL et sa poupée autogonflante Arielle, qui, après la séquence de consommation burqa sursaturera prochainement, tout à sa complaisante promo, vos plateaux télés et vos plateaux repas.

Dans le grand sanibroyeur médiatique tout à malaxer, un produit à tête de gondole en chasse un autre.

BHL avec ou sans burqa, col ouvert ou fermé : pas sûr qu’on y gagne au change. 

tgb

Les tartuffes de l’info

Epluchez bien vos quotidiens préférés, vos journaux de révérence, vos sites d’infos estampillés  « de gauche ». Scrutez le Monde, Libération,  Rue89, vous n’y trouverez rien, pas une ligne, pas un mot, sur les fosses communes de Colombie, sur les 25 à 50 000 cadavres d’Uribe et de ses copains para militaires, sur les syndicalistes, leaders d’opinion et autres paysans enterrés à la va vite dans les tombes macabres de l’ami Américain.

On vous parlera des Farc, sanglantes forcément, de ces dangereux terroristes narco trafiquants à la solde évidemment du « populiste » Chavez. On vous brodera jusqu’à la nausée de la Sainte Ingrid Betancourt en voie de canonisation pipole, on ne vous dira rien, ni des milices privées ni des massacres clandestins des autorités colombiennes.

Que Chavez ose demander par référendum un changement de constitution pour se présenter à un troisième mandat et toute la presse occidentale  doigt sur le pli du pantalon hurlera, au coup de sifflet du chef de gare, à la dictature Bolivarienne. Qu’Uribe modifie sa constitution dans le même but, et vous ne trouverez pas un entrefilet dans votre presse libre, indépendante et autrement plus sérieuse que les blogs orduriers, pour s’en étonner.

Que le président d’un Venezuela dont 99% des médias appartiennent à des groupes privés et en guerre permanente contre le pouvoir ne renouvelle pas la fréquence d’une chaîne de télévision appelant ouvertement au coup d’état et toutes nos grandes plumes outragées de dénoncer l’atteinte intolérable à la liberté d’expression.

Qu’Evo Morales, réélu avec plus de 60 % des voix, ne dispose d’aucun média en Bolivie, que toute la presse en opposition appelle à la sécession et à l’émeute, que le premier journal du pays titre à son propos et à l’occasion d’un de ses voyages à Santa Cruz : « Le singe est en visite », pas un journaliste ici, ne vous l’évoquera, en revanche on vous abreuvera d’un Morales anti-démocrate, porte flingue du « sinistre » Hugo.

Oui, vous trouverez dans le Monde vespéral, les délires d’une certaine Audrey Fournier dénonçant des propos de Chavez affirmant que les États-Unis auraient provoqué le séisme en Haïti, sans en apporter ni la preuve, ni la source. Oui vous lirez régulièrement la propagande compulsive de Paulo A. Paranagua, qui tel un métronome revient servir sa soupe anti-Chavez, que déguste avec de grands slurps, le boulimique atlantiste  Adler qui sait si bien faire le tri entre le gentil Lula et le méchant Hugo.

Qu’un Chicago Boy, plus grosse fortune du pays, enrichi de façon trouble sous Pinochet, possédant banque, club de foot, télévision, gagne les élections et vous aurez un obscur Michel Faure sur Rue89 pour s’extasier de la maturité démocratique de la société chilienne, mais qu’au Honduras on assassine tous les jours des opposants politiques, ne risquera pas de lui arracher le moindre sang d’encre.

Qu’Israël monte un plan de comm compassionnel en Haïti avec ses blocs opératoires pour se refaire la cerise médiatique rapport aux crimes de guerre à Gaza, et aussitôt mille reportages de fleurir, admiratifs et compatissants. En revanche que 344 médecins cubains soignent la population haïtienne au quotidien depuis des années et vous ne trouverez pas un articulet pour l’évoquer.

Ce qui est pourtant admirable, c’est qu’aucun journaliste, aucun média n’ait jamais été poursuivis, ni au Venezuela, ni en Bolivie. Ce qui est vraiment gerbant, c’est de constater ici, que des médias inféodés au pouvoir, se permettent de déontologiser en rond tout en se faisant complice d’intox et de manipulation.

Et je vous le dis comme je le pense, si par quelque miracle, je me retrouvais à la tête de ce foutu pays, une chaîne qui considère ses téléspectateurs comme du temps de cerveau disponible, serait immédiatement interdite et sans autre forme de procès.

Abrutir l’autre pour lui  extorquer de l’argent, l’infantiliser, le désinformer, est au mieux, une escroquerie, au pire une forme avancée de totalitarisme. La lobotomisation est un crime contre l’humanité.

Je n’aurai ni la grandeur d’âme, ni la patience indulgente de Chavez ou Morales.

En attendant on tue au Honduras et en Colombie dans l’impunité générale et le silence radio. Qu’importe, l’ordure, du moment que c’est la nôtre.

Les journalistes qui dénoncent le canif de Chavez en fermant les yeux sur les mitrailleuses d’Uribe sont des salauds. 

tgb

Croissance verte à forte durabilité


Un octogénaire plantait.
« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;

Le Vieillard et les trois jeunes Hommes – Lafontaine

Je viens enfin de comprendre cette détestation des arbres.

Planter un arbre, c’est admettre qu’on n’en jouira pas avant longtemps.
Moins que d’un barbecue électrique auto nettoyant.
Moins que d’un parasol en son salon de jardin universellement Grosfillex.
Et moins que d’un air con-ditionné à développement modérément durable, mais autrement plus climatisé que l’ombrage d’un arbuste qui, p… de b… de m…, prend décidément tout son temps, ce qui dans ce monde très pressé à exploiter d’urgence, ne donne pas un super retour sur investissement.

Planter un arbre oui, c’est accepter de se projeter dans les trente prochaines années, alors qu’on est tout juste bon à se projeter vers la star Ac du soir.

En cette société où le profit hédoniste se doit d’être immédiat, investir dans un arbre dont l’ombre et l’oxygène ne profiteront qu’à ses petits merdeux de descendants qui lorgnent déjà sur l’héritage, n’est d’aucun intérêt.

Tout à son court-termisme jouisseur, l’individu consommateur voit bien le bénéfice qu’il  a, à tronçonner en cinq minutes du chêne centenaire. Le Schumacher du caddy à Carouf, tout à son circuit de la marchandisation heureuse, peut se goberger à faire venir à prix d’or et par cargo spécial, pour épater son con de beau frère lors du prochain cocktail dînatoire au bord de la piscine, un olivier andalou qui se demande bien ce qu’il fout en ces brumes mormandes.

La municipalité qui privatise plus vite que son ombre et qui se fout de l’intérêt général comme de son premier service public, peut éradiquer les platanes un peu hauts à élaguer et qui ont une certaine tendance à heurter des primes à la casse, pour les remplacer par des palmiers exotiques  empotés, façon mobilier urbain, entre deux projets immobiliers à rétro commissions.

Mais pour ce qui est du long terme, pas très porteur électoralement, en tout cas moins que les paniers-repas de noël, avec bulletin de vote au fond du pâté pour vieux, tu peux te rhabiller. 

Le capitalisme tout pour ma gueule qui n’a jamais eu qu’une seule idée fixe « ça durera bien autant que moi » est prêt en revanche à investir dans le vocabulaire, histoire de toujours fourguer sa came à peine repackagée.

Que la croissance infinie dans ce monde sarkozistement fini, ait du plomb dans l’aile, il suffit d’y accoler le mot « vert » pour ripoliner l’affaire.

Que l’exploitation du monde par le spéculateur pue fort de la gueule, il suffit de rajouter du dentifrice  « durable » pour que l’haleine soit commercialement mentholée.

Plus ça pollue, plus ça pub durable et plus vite s’achète l’absolution.

Plus ç’est cupide, plus ça privatise les bénéfices et nationalise les déficits, et plus ça pseudo-moralise pour pas démoraliser l’opinion.

Ne nous faisons aucune illusion, avant que d’aller saloper le reste de l’univers, le dernier Bill Gates, s’offrira le dernier arbre, le dernier baril de pétrole, et la dernière lichette d’eau, tout en faisant des chèques médiatiques pour les derniers enfants de Haïti qui finiront dans le dernier musée.

Et comme le dirait notre bonzaï président Petit : « l’homme n’est pas une marchandise comme les autres. »

Les petits hommes verts à faible durabilité si.

tgb

Les bronzés font du fric

C’est donc à Davos, charmante station de ski helvétique sans minaret, mais avec émirs saoudiens en parka et leurs dames en burqa molletonnée (les arabes riches étant des riches, les arabes pauvres étant des fanatiques musulmans, comme tout Zemour le sait ) que notre moralisateur en chef vint moraliser, en 30 minutes Rolex, le capitalisme.

Sarkos à Davos une première et vraisemblablement une dernière, vu le flop à double flip que se prit en gamelle, le roi du slalom parallèle, en chasse neige offensif jusqu’à la ligne d’arrivée, alors qu’il tentait de coiffer au poteau moralisateur, son adversaire en moralisation combinée Obama.

Thème du tire pince fesses économico neigeux mondain :

« améliorer l’état du monde : repenser, redessiner, reconstruire ».

Personnellement, je serai moniteur de ski, je ferai retravailler d’urgence le planter du bâton à toute l’oligarchie planétaire d’en haut, jusqu’à la prochaine crevasse, afin qu’ils ne repensent rien, ne redessinent rien et ne reconstruisent surtout rien vu l’état des dégâts, et qu’ils remboursent au préalable la coquette ardoise, plutôt que de la mettre sur le compte des 280 générations à venir de contribuables surgelés.

On peut toujours espérer une avalanche salvatrice nous débarrassant enfin de la racaille bancaire et de ses larbins politicards, mais les catastrophes naturelles ne profitant à priori qu’aux pauvres, j’ai peu d’espoir.

Délaissant un instant la bande du Fouquet’s, club humaniste bien connu pour son sens de la régulation financière, de la redistribution populaire et de la protection sociale, c’est donc avec ses moufles moralisantes pré chauffées à TF1, que notre guest star président en moon boots à talonnettes, s’en vint fustiger autour d’un vin chaud, les dérives d’un capitalisme tout schuss dans la piste noire et militer pour le port du casque obligatoire  dans la descente.

En effet, super crédible en probité et fort de son éthique en toc, le grand diseur et petit faiseur, après avoir moralisé à lui tout seul et par le bouclier fiscal, l’Epad familial, la dépénalisation des affaires et autres salaires vitaminés dont le sien, la France de l’identité Besson tellement intègre, qu’i l pense à s’expulser lui-même, ne pouvait que se sentir autorisé à reblanchir la poudreuse qui poudroie dans des paradis fiscaux délocalisés et à rafraîchir la merde qui merdoie dans les stocks options défiscalisés.

Bizarrement le discours éthique de super tocard jeta comme un froid glacé.

Tout à sa lutte héroïque contre le capitalisme, tel Saint-Michel affrontant le dragon, le casseur d’ambiance de la répartition entre nous, dû regretter un instant de ne pas avoir mis dans son scooter des neiges, Ferrari et Pernaut, assistants moralisateurs de télévision gouvernementale pour lui repasser les plats en barquette pré moralisée.

Si j’aurai su j’aurai pas v’nu, gambergea sans doute dans cette langue châtiée qu’il manie si bien, notre moralisateur tricolore tout à son refroidissement. Pisque c’est comme ça, m’en vais aller moraliser Villepin tout congelé dans la chambre froide, du t’il se penser pour se remonter le moral.

Aux dernières nouvelles c’est raté.

Joyeux anniversaire président !!!

tgb

dessin de l’excellent Chimulus

Etaix et textes

J’avais toujours voulu monter du Pierre Etaix sur scène. Une idée fixe. Je ne sais pas d’où ça me venait. Je connaissais à peine le bonhomme, encore moins son oeuvre. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte (c’était un temps d’il  y’a longtemps) que Pierre Etaix n’avait quasiment rien écrit.

Juste des bouts de poèmes marrants, des bidouillages graphiques, des calligrammes assez fendards, des virgules grinçantes et poétiques.  

Comme à cette époque, j’animais un atelier théâtre à l’école nationale de commerce (ENC) j’avais finalement conçu avec mes étudiants, un montage  à partir de ces bouts de textes tirés de « Dactylographisme »  et du « Carton à Chapeaux ». Des bouquins quasiment introuvables.  J’avais été quelque part en banlieue, jusqu’à chez Gilbert Salachas, un pote d’Etaix devenu éditeur rien que pour le publier lui.

Le spectacle s’appelait « clowns » C’était profondément léger ou légèrement profond et plutôt réussi.

On avait invité Pierre Etaix et Annie Fratellini sans trop y croire et à la première représentation  – au palais des glaces – du coté du Faubourg du temple, ils  étaient là, discrètement ensemble, même si ça faisait des années qu’ils n’étaient plus ensemble. A l’issue du spectacle, ils avaient reçu une ovation du public. Etaix, déjà un peu aux oubliettes, en avait été assez ému et moi donc.

J’ai encore la vidéo de ce moment-là quelque part…

Il nous avait alors proposé de jouer le spectacle sous son chapiteau, dans le bois de Boulogne où il continuait à faire le clown avec ses élèves de l’école nationale du cirque ( ENC) comme un clin d’œil. C’était un beau cadeau. On avait commencé à prendre nos marques, à repenser le spectacle en circulaire, rapport à la piste. On s’est vu deux fois, on a parlé un peu, on s’est téléphoné un peu aussi on s’est écrit très peu et puis les choses se sont bousculées, des événements ont bouleversés ma vie, mes étudiants se sont égayés dans la nature et le projet n’a jamais abouti.

Je n’ai plus jamais revu Etaix ; sauf dans ses films – le soupirant – yoyo – tant qu’on a la santé – Manquent à ma culture de cinéphile  – le grand amour – et – pays de cocagne – que je ne suis pas prêt de visionner,  vu que le cinéma d’Etaix est toujours invisible rapport à un producteur indélicat.

Comme Etaix ne peut nous faire profiter de son talent sur grand écran, il remonte sur scène, en famille, à 81 ans, sans la moindre subvention  et presque dans l’anonymat du côté de Bordeaux dans un nouveau spectacle musical :

MIOUZIK PAPILLON

On se demande bien comment l’ami de Jerry Lewis, le copain de Jean-Claude Carrière, le Gagman de jacques Tati, notre Buster Keaton à nous, notre prince du burlesque, notre cinglé du music hall, peut se retrouver à ce point dans le confidentiel et la mouise et ce malgré tous les hommages…

Il y a quelque chose de noble et de douloureux, un peu comme Chaplin dans les feux de la rampe, à voir ce vieux clown génial sur les planches et dans la dèche.

Pour ce que j’en sais et ce que j’en ai vu, Etaix est un immense petit monsieur au sourire charmant, à la voix douce, profondément humain et généreux. Un petit homme grand ( sans talonnettes), et simplement gentil.  Non pas de cette gentillesse un peu conne un peu mièvre mais de cette gentillesse féroce qui soulève des montagnes et rend le monde plus fraternel et intelligent .

Alors que tant de daube dégouline de partout avec son comique abêtissant et vulgos, l’humour sensible et pudique d’un Etaix trop discret, reste hélas confiné. Dans ce monde de fric et de frime, avoir la grâce pudique, ça ne pardonne pas. 

Il va de soi que Pierre Etaix sera plus grand mort que vivant.
En attendant il est vivant. Autant l’applaudir  maintenant.

tgb

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Rien à la télé

Nan nan nan, je le dis comme je le pense : marre des multi rediffusions jusqu’à l’écoeurement, des programmes sur programmés, des « films cultes » assurant un audimat pas cher durant les fêtes – le père Noël est une ordure – la grande vadrouille – les Bronzés – Sissi

Impératrice…, des soirées télégéniques si peu hygiéniques mais à répétition.

Marre des remakes paresseux

Marre des scénars indigents

Marre des mêmes tronches cabotines qui squattent nos mêmes plateaux repas .

Le genre : un beauf un peu con, sensé représenter la France moyenne, servant de faire valoir à un tueur né dont l’objectif (et l’on devine d’avance qu’il n’y parviendra pas) est d’atteindre sa cible…

Pffffffffff…

On connaît la recette, l’affligeante dramaturgie .

On sait d’avance les dialogues téléphonés.

On sature d’entrée au numéro éculé de l’auguste et du clown blanc ou chacun en miroir se retrouve être le révélateur de l’autre, tout à surjouer des situations factices, conçues pour que le comédien principal en mal d’inspiration puisse se pignoler en gros plan, tandis que les seconds rôles ravalés à de la figuration à peine intelligente, finissent par se fondre dans un dispositif scénique parfaitement tartignolle.

Cette sorte de complicité faussement contrariée où l’antagonisme navrant n’est qu’un prétexte grossier à la connivence et au marketing. Collusion plutôt que collision.

Nan nan nan…je ne regarderai pas.

Déjà au premier visionnage, c’était plutôt raté, on ne pouvait s’empêcher de comparer avec les grands prédécesseurs. On ne retrouvait ni l’implacable mécanique, ni la force de conviction, ni même le rythme ou l’originalité du dialogue. A la deuxième vision ça devenait franchement pénible tant on avait repéré les grosses ficelles foireuses, les ressorts rouillés et ramollos d’un comique assisté. Au troisième visionnage, ça devient insupportable, les effets à la truelle ne faisant plus illusion et ne masquant pas un manque évident de créativité.

C’est donc sur Canal + cinéma qu’on ose nous refourguer encore et pour la enième fois « l’emmerdeur » ce navet revisité façon Veber Berry Timsit, triste copie poussive de l’excellent Opus éponyme d’Edouard Molinaro, avec les irremplaçables Brel et Ventura tout à leur délicieuse confrontation.

Pour résumer donc par un dicton ce triste lundi soir de janvier 25ême jour du mois

Oualou à la télé : James Ellroy au chevet.

tgb