Docteur Amerikenstein

L’Amérikeinstein à toujours eût un goût prononcé pour l’élaboration en éprouvette dans quelque obscure officine, de monstres façonnés à son image et programmés à sa botte. Poussés tels des pions sur l’échiquier mondial, ces marionnettes made in US, parées de toutes les vertus morales, célébrées en exemple politique par le tam tam de la conformation média, surgissent à la tête de nations sous tutelles en supplétifs zélés de la maison mère. Du moins jusqu’à ce que ces joyeux larbins, par nature ambitieux, finissent par avoir d’étranges velléités d’indépendance et d’émancipation mégalo-nationaliste.

Ils deviennent alors subitement monstrueux et du jour au lendemain, d’odieux criminels de guerre dans le concert d’indignation humanitaro-kouchnérienne des brocanteurs de l’opinion publique qui, la veille pourtant, avant qu’on appuie sur le bouton, la fermaient encore fort consciencieusement. 

Ces pantins instrumentalisés,  arrivés souvent dans les soutes des bombardiers pacificateurs  à coups de bombes au phosphore et à qui l’ont fait une aimable courte échelle, n’ont alors plus rien à négocier que la longueur de la laisse et le diamètre du collier. Avec diamants tant qu’à faire.

A ce jeu du « je me sers de toi tant que tu me sers moi » on ne sait plus très bien qui se sert de qui et à quel moment exactement l’androïde échappe à l’emprise de son maître. Ce que l’on sait en tout cas, c’est que créateur et créature sont indissociablement liés, comme la chose de Frankenstein reste liée à son auteur Mary Shelley.

Chose qu’on utilise tant qu’elle se révèle malléable et qu’on jette après usage, si l’on peut encore la neutraliser.

Quelques exemples de créatures célèbres du docteur Amerikenstein devenues « out of control »

Certaines purent se révéler relativement coriaces  :  

Noriega Manuel : Caudillo  folklo et sanguinaire du Panama, dégagé par Bush père (ex patron de CIA) découvrant un matin en se levant que « face d’ananas » appointé depuis 20 ans par la CIA était une immonde ordure dictatoriale liée au trafic de drogue. Il fut chassé du pouvoir (2000 à 5000 morts) au nom de vagues principes démocratiques. L’idée saugrenue chez le général Tapioca de nationaliser le canal de Panama ne serait que pure coïncidence.

avant

Après


Hussein Saddam
: Type épatant et serviable toujours prêt à aller guerroyer contre l’ Iran avec la bénédiction du Grand Satan pas trop regardant sur la qualité des armes sales généreusement fournies avant que d’être pendu haut et court pour incompatibilité d’humeur et utilisation d’armes sales. Un peu ballot quand même.

Avant

après

Laden Ben : Milliardaire de bonne famille nombreuse et Saoudienne, antisoviétique primaire et fort disponible  pour bouter le Russe hors d’ Afghanistan avant que de se retourner contre la maison mère et ses tours jumelles par excès d’ingratitude et overdose d’empire. Porté disparu depuis 2001. Quelques messages sonores sporadiques et douteux sans images, nous laissent dubitatifs quant à sa capacité à être toujours photogénique.

avant

apres

Tout ça pour dire que le prochain sur la liste, des chouchous ricains en voie de « tricardisation », pourrait bien être Hamid Karzaï et son célèbre « pakol » sur la tête, si tendance dans les rues de New York, il n’y a pas si longtemps.

« Démocrate exemplaire » et bon laquais servile jusque-là, ses envies autonomes de pactiser avec les Talibans pourraient bien le faire changer rapidement de statut.

Promu depuis peu au rang de corrompu, bourreur d’urnes, trafiquant et opiomane à ses heures (et si ce n’est lui c’est donc son frère) ce qu’il n’était évidemment pas la veille au soir, on pourrait bien y voir les signes d’une prochaine disgrâce scandalisée.

Opiomane en Afghanistan ? à peu prés aussi incongru qu’un buveur de vin en Bourgogne ; tous les journalistes intègres de tous les médias indépendants vous jurant noir sur blanc qu’hier encore pourtant il tournait au Chupa chups allégé.

Son remplaçant idéalement formaté dans les tuyaux se nommant Abdullah Abdullah, toutes les Arlette Pernault de la bonne infococo se réjouissent d’ avance du côté mnémotechnique de l’affaire. Quand même infiniment plus pratique à mémoriser qu’un ignoble « Ahmadinejad », ni simple à imprimer ni facile à prononcer.

Pour conclure, le petit jeu qui pourrait égayer ce lundi maussade consisterait à repérer notre « Boris Karloff » à nous. La chose encore en couveuse dans quelque incubateur ricain prête à se dévouer au cas où… pour la grandeur de la France….

Autant vous dire, que j’ai mon idée sur la question…

tgb

Le plan B polonais

les twin brothers

De l’avantage d’avoir un jumeau qui préfère le train…


Quelques réactions  semi-officielles  :
Christine L. : Amis polonais, promo sur Airbus, crashez vous Français…
Oliver D. : …Ou au moins en Rafale…
Dominique B. : 130 morts – 88 passagers ? : non à l’overbooking
Robert M. (ex RSF) : Nous perdons un grand défenseur de la peine de mort
Christian V. : Nous perdons un grand homophobe, il manquera.
Eric B. : Encore une tragédie liée à l’immigration clandestine
Alain J. : Cède jet à 130 000 euros a/r…
Christian E. :  J’achète
Ryan A. : Quitte à se crasher volez low-cost
François. F. : C’est même pas moi qui pilotait…
Stéphane G. : A force de faire du rase motte…
Jean Luc H. : Décidément ça ne vole pas haut…je m’excuse
Mikheil S. : Avec Glucksmann dés demain j’achète un tandem…
Jean P2. :   1 Kaczynski survivant : un miracle !!!
Vladimir P. :  Katyn : 22 000 + 88… Za zdorobie !
Joseph S. : 88 ?! on est tombé bien bas !
Ben L. :  1 sur 2,  pfff amateurs !!!
Nicolas S. : Chouette un enterrement …
Carla B. :  Penses à réviser mon air force one chouchou !
Raymond D. : Pour la coupe du monde, une équipe, un avion, rien à perdre
Pierre C. : ….Une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers…
Rachida D. : Paraît que Carla se tapait le pilote…
Jacques M. : Bienvenue au plombier polonais délocalisé…
Père U. : Ben merdre alors !
Eric Z. : Une boîte noire ça fait tache sur le blanc
Fadela A. :  Les avions brûlent parce que nous démantelons les trafics de drogue
Nadine M. : C’est la faute au ouebe !
Frédéric L. : Pas mieux !

tgb

Le résistant du Fouquet’s

Comme chaque année, notre malotru national, tout à son Solutré héliporté, va faire le pitre devant les 150 cadavres des maquisards morts pour la liberté, sur le plateau des Glières. Et comme chaque année, notre goujat tricolore, tout à sa tartufferie recueillie, va nous foutre la honte et la nausée.

Comme chaque année, le savoyard que je suis, va voir ce guignol essuyer ses mocassins sur le dos des francs tireurs, partisans et autres résistants sacrifiés, pour mieux se doper du sondage, soulevant, par cette scabreuse et indécente présence, le cœur de tous ceux, entrés en (modeste) résistance en ce pays.

Comme chaque année, pataugeant dans les bottes gaulliennes, le nabot qui ne sait pas se tenir, et qui se prend cuistrement pour un géant, va faire son cinéma télévisé devant le monument aux morts de jeunes réfractaires du STO, militants communistes, espagnols républicains, juifs réfugiés, qu’il se ferait un devoir malsain d’expulser aujourd’hui.

Et comme chaque année, le paltoquet qui nous sert de président, dénué de tout savoir vivre et probablement de tout savoir mourir (mourir c’est pas facile ) rendra hommage à des gens qui surent admirablement mourir les armes à la main pour que des types dans son genre ne bradent pas les valeurs de ce pays.

Ils s’en retournent probablement dans leur tombe.

Car comme chaque année, sans réécrire l’histoire mais je n’ai pas l’ombre d’un doute, Mr Bruni qui filerait direct à Vichy rejoindre ses amis du CAC 40, plutôt qu’à Londres° si l’histoire repassait les plats, nous fera un vibrant blabla sur l’héritage de la résistance tout en défaisant méthodiquement les acquis sociaux du CNR, programme adopté le 15 mars 1944.

Et comme chaque année, relisant le communiqué de Radio Paris glorifiant la victoire des ’forces de l’ordre’ sur un « ramassis de lâches terroristes communistes et étrangers » je trouverais ça « beau » comme du TF1.

Comme chaque année, je prierais très fort les compagnons camarades tombés le nez dans le ruisseau, pour que le bouffon atlantiste se casse de nos alpages, et qu’il retourne se prosterner devant son monument à lui, sur les Champs Elysées, où l’herbe est moins verte, l’oxygène moins pure, mais où trône le Fouquet’s, son mausolée à lui et qui lui restera, quoi qu’il arrive, symboliquement et historiquement, définitivement associé.

Comme chaque année, c’est sur invitation UMP muni d’une carte d’identité que vous pourrez faire la claque au numéro de claquettes du clown entalonné. Figuration redoutablement intelligente du dernier carré de militants singeant pour Arlette Pernaut, la foule en liesse devant le populaire  mister 28%.

Comme chaque année donc, une fois que le roi de la récup sera parti jouer le président ailleurs, qu’il aura enfin foutu la paix à Tom Morel et à ses combattants du maquis, se rassemblera alors une foule mélangée colorée et respectueuse pour un grand pique-nique républicain au nom du collectif CRHA (Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui) parrainé par l’immense Stéphane Hessel,

afin de rappeler que la lutte pour les valeurs de solidarité, de fraternité, et de justice continue et pour assurer aux 150 frères de sang, français ou étrangers massacrés qu’ils ne sont pas morts pour rien et que l’esprit de résistance se perpétue bien au delà des montagnes et malgré les simulacres du coquelet de Neuilly.

tgb

° aux grands patrons venus le voir à la libération, De Gaulle avait balancé : « bonjours messieurs on ne vous a pas beaucoup vu à Londres » trop occupés qu’ils étaient à faire des affaires avec l’occupant.

Merci à Jacqueline

Petites crapules et grosses coupures


kig.jpeg


Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen: « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Si, comme le déclare fort martialement le ministre de l’intérieur, avec ce coup de menton qui lui confère ce charme indéfinissable anti Bougnat, « ce ne sont pas les petites crapules qui vont faire la loi dans les quartiers » il n’est pas à exclure en revanche que les grandes crapules fassent la loi directement à l’assemblée nationale.

Depuis le temps que Bernard Tapie nous répète qu’il vaut mieux Gagner 40 millions sur le dos de l’Etat plutôt que de dealer des barrettes de shit, il serait quand même temps que les noirs et les arabes comprennent que la grande délinquance en col blanc est assez minoritaire dans nos prisons et que ça ne risque pas de s’arranger avec la dépénalisation des affaires.

Merci président

Et pendant que le pouvoir tout à sa conspirationnite aigüe nous amuse avec de la théorie du complot touche pipi, les bons petits larbins de l’armée UMP votent sur mesure de la légalisation de jeux en ligne au profit de quelques amis et fils d’amis du Fouquet’s, dont le proprio d’ailleurs se trouve être le patron du groupe Barrière. Le monde est petit dans le huitième arrondissement.

Effet d’aubaine fort bienvenu en ces temps de surendettement populaire et d’addiction à la nouvelle utopie du loto révolutionnaire, que cette privatisation des jeux, initiée par le jeune néo-zélé Baroin, reconverti dans le poker menteur avec cet air juvénile d’un Tintin en partance pour la coupe de monde de foot chez « les nègres ».

Nous compatissons certes au fait, qu’il ne reste guère que deux ans pour enrichir la caste présidentielle, récompenser les prodigues donateurs de la première campagne et financer la seconde, qu’il est urgent donc, d’offrir la régie publicitaire de France Televisions à Courbit et Minc, du nucléaire et du sans papiers bon marché à Bouygues et des jets privés à des ministres auto entrepreneurs mais certains cadeaux somptuaires pourraient finir par faire tâche même planqués derrière un bouclier fiscal argenté.

Reconnaissons tout de même que grâce aux initiatives caritatives pour petites sœurs des riches du De Funes de Neuilly déclarant vouloir être        « …servile avec les puissants, ignoble avec les faibles » cette charmante promesse sera indéniablement tenue, et qu’il est donc encore des banlieues à l’ouest de Paris dont la prospérité et l’opulence font plaisir à voir.

Que donc à l’issue de ces quelques mois de politique avisée et fort cohérente au bénéfice des privilégiés et au détriment des précaires, que les riches soient plus riches, les pauvres plus pauvres et que les classes moyennes soient en voie de paupérisation, ne peut surprendre que ceux qui ne savent pas lire les programmes électoraux.

Voir dans les paradis fiscaux, le sourire revenir sur les visages émaciés des réfugiés bancaires, ces exilés du lingot qui aiment tant la France qu’ils l’ont quittés depuis longtemps, ne peut que réjouir le bellâtre pomponné Valls de chez Bilderberg, toujours prompt à leur lécher le fion, et piaffant d’impatience à l’idée de supprimer l’ISF. Mesure fort inégalitaire, il est vrai, pour un membre de la star Ac Blairiste

1266836023.jpg

N’imaginant pas que le colonel Moutarde Hortefaux puisse lancer avec la complicité de TF1 quelque opération coup de poing dans les hôtels particuliers des grandes crapules à grosses coupures, j’admets bien volontiers avec Zemmour, qu’il est plus facile d’embastiller de la racaille noire et arabe d’autant que, gros avantage, elle est plus facilement identifiable.

Pas comme un compte aux Caïmans.

tgb

des fois je bosse,

Des fois je bosse. Souvent par séquence, souvent par série. 3 jours par ci, 2 jours par là. Parfois juste 1. Des jours souvent concentrés aux mêmes périodes, au taquet, avec de grands moments de rien et de vide, entre. Un peu angoissant mais j’assume. C’est le prix à payer. 20 ans que je vis ça, cette précarité choisie, relativement confortable.

Quand je bosse, le veille au soir, je mets mon réveil comme tout le monde.
Le matin, j’assure mon timing comme chacun.
J’ai mes repères radios, audios, persos, mon compte à rebours à moi.
J’optimise mes gestes, mes déplacements, mes minutes.
J’enfile mon costard, rarement de cravate, une veste au minimum.
Ma tenue de travail.

Après je prends mon thé, ma clope, mon café, ma clope, mon cartable et mon métro.
Comme tout le monde ou presque.
Je me tasse dans la rame en protégeant mon espace vital, comme chacun.
J’aime bien être comme tout le monde, des fois.
Comme tous ces gens dignes, pas réveillés, chacun dans son histoire.
J’aime bien être un figurant dans leur film comme eux sont des figurants dans le mien.

Juste on se croise. Juste on s’oublie.

Parfois j’ai le fier sentiment de participer à la vie économique de mon pays.
Au PIB, à la croissance, à toutes ces conneries de la vraie vie des vrais gens comme on dit à la télé. Je me sens presque normal.
Ça me change. Ça me rassure. Ça m’apaise.

Je n’ai pas toujours le bon réflexe des parisiens sur rails dans leurs automatismes.
Prendre le bon wagon, pour sortir au bon couloir et économiser le temps, les efforts, les pas.

Quand une rame est sur le point de partir et que je suis encore dans les escaliers, je ne cours pas. Je ne cours Jamais. Je préfère attendre la rame suivante. Je me rappelle les mots de ce vieux provincial disparu et que j’aimais bien, qui m’avait dit doctement un jour de goguette en métro – ne cours pas, ne cours jamais, c’est bien trop laid de courir pour rien.-

Depuis, l’alarme des portes sur le point de se refermer n’ont aucun effet pavlovien sur moi.

Souvent j’ai des changements. Parfois 1, parfois 2, parfois 3. Des rames, des rer, des bus, des trains…Souvent j’en laisse passer un bondé, un deuxième bondé, un troisième bondé. Jusqu’ au quatrième bondé dans lequel je me cale quand même sous la surveillance des petits hommes fluos de la ratp.

Parfois j’ai un drôle de fantasme. J’imagine que cette rame, que d’autres rames que toutes les rames programmées, nous emmènent tous quelque part dans une sorte de camp pour nous rééduquer ou nous exterminer par vague, par paquet de mille. Ce serait assez facile. Carrément imparable.

Parfois, suivant le parcours, le stress, la course contre la montre, la promiscuité, je commence ma journée presque vanné. 

Après je fais mon taf. Ça se passe et ça passe.

Le soir, parfois, je rentre tard. Même parcours en retour, en reflux.
Avec la tension en moins, soulagé et la fatigue en plus. Plus celle des autres.
Toujours dignes et déjà en sommeil.
Ces autres, qui font de la figuration dans mon film comme moi de la figuration dans le leur.

Et j ’arrive chez moi. Et j’enlève mon costume, et ma peau de travail avec toute ma sueur dedans. Et je relâche tout et mes nerfs et mon corps et mon esprit avec juste la force d’une question, à convoquer tous mes neurones encore dispos pour tenter d’y répondre :

– Les gens qui font ça tous les jours, ils vivent quand ? –

tgb

Mes très chers pauvres,

« Bien sur que nous sommes en pleine lutte des classes, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre, et c’est nous qui gagnons »

Warren Buffet – 2006 – spéculateur milliardaire

Mes très chers pauvres,

C’est au nom des 1000 milliardaires recensés sur cette planète, des 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale, des 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit sociall et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, que je me permets de vous écrire cette rapide et amicale bafouille.

Merci de bien vouloir éponger sur 20 générations nos débauches spéculatives, d’accepter si spontanément de vous rererererereserrer la ceinture encore, de passer votre temps à vous abrutir cocacolament devant « qui veut gagner des millions »  et de considérer comme ringard et archaïque le terme de « lutte des classes » puisque nous l’avons retourné à notre profit et qu’il nous appartient désormais en toute modernité.

Comme nous appartiennent d’ailleurs la plupart de vos medias avec de bons gros morceaux de Zemmour dedans, comme nous appartiennent  aussi vos gouvernements de centre droit de centre gauche et de centre centre, comme nous appartiennent enfin vos suffrages oui, vos suffrages non, ainsi que vos absentions dont on se cogne parfaitement.

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 6 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

Je tiens à remercier particulièrement les plus abrutis d’entre vous, qui, bien que premières victimes de notre désopilante escroquerie, continuent  avec une touchante candeur à défendre avec zèle nos solides intérêts. Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires  feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autre salaud de Chavez (ce qu’on a réussi, notez la performance  à vous vendre comme de la pensée unique) pendant que l’on assassine peinard notre journaliste quotidien au Honduras et notre syndicaliste tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités et afin d’exploiter confortablement et à notre profit les dernières ressources planétaires tout en salopant la chose avec une certaine désinvolture. (c’est encore meilleiur)

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité hihihi) de vos derniers droits sociaux, à nous aider à éradiquer enfin l’éducation, la culture et toutes formes de connaissances aiguisant un tant soi peu votre lamentable esprit critique et même de revendiquer avec un charmant enthousiasme, le travail dominical comme une liberté supplémentaire.

Tant d’aveuglement serait presque émouvant…

Soyez persuadés que plutôt que de vous laisser vous révolter (à  6 millions  contre 1 techniquement ça devrait être jouable) nous vous pousserons  joyeusement à vous vautrer dans le populisme le plus primaire, à flatter votre instinct merveilleusement grégaire, et, au besoin, à faire éclater quelques guerres nationalistes et communautaires par ci par là histoire de bien vous réguler la pulsion religieuse et guerrière. 

Mes très chers cons de pauvres, sachez en tout cas que, durant vos tristes et pénibles travaux ordinaires, nos affaires florissantes grâce à vous et à votre subtile collaboration apathique, continuent.

Veuillez donc croire à ma sincère gratitude, qui n’a d’égal que mon franc mépris.

Votre dévoué WB.

tgb

2 morts dont 4

Deux soldats israéliens tués lors d’une attaque dans la bande de Gaza
LE MONDE.FR | 26.03.10 | 16h14

–  » Deux soldats israéliens ont été tués, vendredi 26 mars, dans une explosion à l’est de Khan Younès, dans la bande de Gaza…Outre les deux soldats, deux Palestiniens ont été tués dans l’échange de tirs. » –

Voilà c’est tout

tgb

le Monde : journal de référence

Braderie politicarde

Bon c’est vrai, on râlait, on se plaignait, mais au fond, on était bien content d’avoir trouvé preneur de nos vieilleries, de nos déchets, rebuts et autres ustensiles bancals, de tout ce bric-à-brac socio-démocrate accumulé dans quelque penderie, placard ou entassé à la cave et dont on n’avait plus l’usage. 

Parfois c’était même pire, obligés que nous étions, dans nos espaces urbains confinés, de faire appel à un garde-meubles spécialisé dans l’empilement de cartons remplis de bricoles politicardes sentimentalo-inutiles.

Vous savez comment c’est, on se dit que tel bibelot, chaise à trois pattes, casserole sans queue ou halogène fluo kitch, témoignage du mauvais goût familial des soirs de noël, peut toujours resservir, dépanner un pote en galère et rendre service à l’occase et pendant ce temps-là, ça ramasse la poussière et ça bouffe de la place.

C’est pas pour rien qu’on appelle ça des encombrants.

Bref, l’opération dite « ouverture » du brocanteur chef nous permettait de joyeusement déstocker nos saloperies et d’éviter quand même de tout bazarder à même le trottoir ou de se déplacer laborieusement jusqu’à la déchèterie locale.

C’est ainsi  que nous avions pu recycler de l’humanitaire Kouchner (et sa dame) et tout un lot de pharmacie périmée, à peu de frais, les refilant au camp d’en face trop heureux de remettre en vitrine du sparadrap diplomatique tout juste bon à « rafistoler » de l’ africain. (avec bénef quand même)

On n’était pas mécontent non plus, de se débarrasser enfin d’un idolâtre alsaco-blairiste, objet singulier mais sans aucune valeur, assuré qu’aucun collectionneur même fantaisiste, nous aurait soulagé d’un Bockel, vieux souvenir décati d’un passage express à Mulhouse.

On avait même réussi, et ce n’est pas un mince exploit, à se départir d’un espèce de truc empaillé assez vulgaire, genre mi-pute-mi-soumise,  gadget ne ressemblant à rien et dont personne jamais n’avait défini l’emploi, et qui fit pourtant, du moins un temps, la joie capricieuse de l’enfant gâté d’en face.

Tant qu’on peut faire plaisir… 

Je ne vous raconte pas non plus l’immense soulagement, quand, sans trop y croire, nous vîmes le responsable de la braderie de Neuilly, faire l’acquisition d’un  Rocard, pur vintage certes mais en très mauvais état, d’un Philippe Val en son jus, au vernis attaqué par les termites, d’un Besson tout moisi qui commençait déjà à sentir méchamment le renfermé, ainsi même in extremis que d’un Charasse authentique mais totalement délabré, antiquité rurale et auvergnate parfaitement hors d’usage.

A l’occasion d’un vide grenier, on était même à deux doigts de fourguer à ce couillon tout un salon simili cuir comprenant, un gros divan en skaï véritable, tendance Allègre, et deux poufs avachis tirants sur la droite en mousse Valls expansée et au design improbable façon Boutih. Trouver un acquéreur pour cette mocheté indéfinie tenait quasi du miracle. Mais bon, l’affaire ne se fit pas et nous obligea à rempiler matin pour la braderie de Lille avec le toutim sur les bras.

Pas de bol.

Quant à la chose Jacklangienne, cet espèce de machin des années trente en boule collector, totalement désuet mais qui fait toujours rire, c’est pas parce qu’on le retourne et qu’il neige sur la moumoute que c’est forcément indispensable. Le formica revenant à la mode, on avait quand même pu s’en défaire un temps chez le roi de la récup’ et du « tout doit disparaître », particulièrement les acquis sociaux, mais il ne m’étonnerait pas qu’on nous prie de le rapatrier fissa. Même franco de port, quand même pas un cadeau.

Car terminé Balzac la brocante ump ! Non seulement nos saletés ébréchées de pseudo-gauche, ils collectionnent plus, mais voilà t’y pas qu’ils essaient même de nous les rendre en l’état.

Hirsch de chez Emmaüs, retour à l’envoyeur.   

Et maintenant à qui on va les refourguer nos « sert à rien », nos « pas la peine », nos mités, nos viciés, nos copies libérales, nos contrefaçons droitières, nos tocards strapontins ? A qui on va le refourguer notre binôme Thibault Chérèque, même en presse livre reformé ou en paire de nubiens vénitiens pour grève tamisée ? Au modem de Bayrou, que c’est tout p’tit chez lui !? Et le Frêche défraîchi ?… au FN qu’à même plus les moyens de payer son loyer !?

Non vraiment, tout ça nous arrange pas, qu’on a encore tout un stock à virer du grenier. Tandis que le Villepin de se frotter les mains. Sacré veinard celui-là, à brader pour rien, à peine un maroquin, le fond de son capharnaüm ringardo-Chiraquien redevenu subitement à la mode, toute une bimbeloterie véreuse de chez Tron et Baroin. 

Je vous le dis comme je le pense, au prochain déménagement, s’il faut encore se coltiner de l’armoire à Huchon normande et du bureau de manager Delanoë, faudra pas compter sur moi.

tgb

Je consulte

Lectrices, lecteurs,

Je vous le dis tout net, suite à la consultation populaire aux multiples enseignements de dimanche dernier et aux inévitables répercussions de ce sondage grandeur nature, c’est pas le moment de déranger, je consulte.

Je consulte, vu que j’ai entendu le message des affre’uses et affre’ux.
Je consulte vu que c’est quand même trop la faute de la crise.
Je consulte vu qu’il me faut analyser à froid les résultats.
Je consulte même si pendant les gravats, les réformes toutes pourries continuent.
Enfin, je consulte pour procéder à un léger remaniement technique au sein de l’ équipe managériale de Rue-Affre, voire à un subtil réajustement sur les bords.

Bref, comme le dirait mon conseiller plagieur préféré Alain Minc (qui me coûte bonbon en ne me faisant faire que des conneries), je fais le job.

Certes il est une légère difficulté que je n’avais jusqu’à présent pas identifiée : l’équipe en question se résumant à ma personne, j’en suis un peu réduit à ME consulter moi-même. Mais au final, en tant qu’hyper-rédacteur-illustrateur-correcteur président, forcément infaillible et incontestable  (parce que tous des cons) c’est quand même moi le plus lucide stratégiquement et le plus à même tactiquement d’opérer quelques légères corrections, rapport au cap fixé il y a près de trois ans auprès de la population francophone pas trop illettrée :

Soit, 100 millions de connexions mensuelles au pouvoir d’achat renforcé. Objectif résumé par ce fulgurant slogan :

Me lire plus pour penser plus et inventer la blogosphère d’après.

Je me consulte donc à droite, je me consulte donc à gauche, je me circonférence médiamétriquement le nombril, j’interroge tour à tour mes six cerveaux, et le nez sur mes statistiques, mes courbes d’audience et mes mots clés, j’analyse les résultats des hautes fréquentations et le fort taux d’adhésion populaire quoique relativement fluctuant à ma géniale politique éditoriale tout en préparant de ci de là, quelques éléments de langage décoratifs pour occuper les médias.

J’ai mis mon équipe de comm’, c’est-à-dire moi sur le coup, et après étude fouillée et approfondie de mon lectorat, et vu que je garde une haute idée de moi-même, que mon égo-narcissisme-hypertrophié-du-je  ne doute de rien, j’ai au final, en toute conscience, décidé de me recentrer sur mes fondamentaux.

A savoir : 1 –  Vous haïr
2 – Ne rien changer.

tgb

Croque mort et Naphtaline

J’voudrais pas balancer, c’est pas mon genre allez, mais quand on en est réduit à sortir du placard à balais, l’ectoplasme Fillon et ses fonds de tiroir sécuritaires et naphtalinés, comme ultime argument dynamique, c’est que ça sent vraiment le chrysanthème.

Chrysanthème, fleur préférée du nabot étiolé, reconvertit électoralement dans la pompe funèbre, s’empressant de déposer trente ans de prison automatiques, sans autres formes de procès aux pieds du policier flingué, victime malheureuse d’un accident du travail.

A la pêche au gros balourd, quand même petit joueur ! Le lynchage immédiat eut pu ramener dans les filets moisis du parti en sucette, un peu plus d’estampillés FN. Aller chasser du lourd avec de la ficelle, fait un poil amateur ; quasiment un affront à Chasse Pêche et traditions qui savent autrement mieux chevrotiner.

Et nos vieux tocards de l’internationale démago, tout au zèle paniqué de la récup urgente de cadavre fumant, de nous ressortir du chapeau, les vieux fonds de sauce de l’insécurité et du groupe terrrrrroriste, jusqu’à nous faire mourir du policier tout vivant avant que de s’en excuser platement.

Ce qu’il y a de platement sympa avec le fils du notaire, devenu « collaborateur » d’omni président c’est que même dehors il sent le renfermé.

Fillon donc, qui ne doit sa relative popularité qu’à sa discrète consistance et l’aimable comparaison décente d’avec le marchand de cravates fluos, à sur les foules un tel impact mobilisateur, qu’après avoir fait la tournée des régions en véritable guest-star, il aura contribué à porter la droite à son plus bas niveau historique depuis 60 ans. On admire la force du stimuli et on le recommande.

En effet qui n’a rêvé d’assister à un meeting avec Fillon, la camomille préféré de la France assoupie ? 

Ce faux modeste – « de Chirac on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes -«  (dont on ne se souvient pas) aussi réac que papa vulgos mais en mieux coiffé, reste toutefois un larbin docile et motivé du nouvel ordre mondial, d’autant plus dangereux qu’il est peu identifiable.

Notons quand même au passage, l’extraordinaire sens tactique de mr Bruni, qui en moins de deux ans aura réussi l’exploit de donner à un insipide  premier ministre une vague aura de président, tout en se retrouvant carbonisé, façon fusible.

Belle inversion des rôles.

8 ans maintenant que le petit VRP de la matraque dopée au Prosac, nous vend de l’insécurité tout en en assumant la charge. Sacrée performance. Comme pour son baratin usé jusqu’à la corde qui ne fait plus illusion, nous refourguer encore de la peur vérolée en promo, finit par dévoiler l’escroc.

Un peu comme ses « éléments de langage » des naufrages électoraux, qui fabriqués en labo par des communicants et mis en « congruence » dans la bouche des disciples parachutés, deviennent terriblement contre-productifs, d’autant soulignés au gros rouge, qu’ils finissent par sonner faux et cliniques et révéler l’arnaque. Le comble de l’artifice.

Bref, l’imagination étant au pouvoir et ses acteurs au summum de leur créativité, le croque mort assistant à son propre enterrement et la naphtaline à son couronnement mais en creux, ils nous ressortent leur énième numéro de has been.

A trop conserver ses chaussettes sales, la politique populiste finit par puer des pieds.

Et ça sent.

tgb