Docteur Amerikenstein

L’Amérikeinstein à toujours eût un goût prononcé pour l’élaboration en éprouvette dans quelque obscure officine, de monstres façonnés à son image et programmés à sa botte. Poussés tels des pions sur l’échiquier mondial, ces marionnettes made in US, parées de toutes les vertus morales, célébrées en exemple politique par le tam tam de la conformation média, surgissent à la tête de nations sous tutelles en supplétifs zélés de la maison mère. Du moins jusqu’à ce que ces joyeux larbins, par nature ambitieux, finissent par avoir d’étranges velléités d’indépendance et d’émancipation mégalo-nationaliste.

Ils deviennent alors subitement monstrueux et du jour au lendemain, d’odieux criminels de guerre dans le concert d’indignation humanitaro-kouchnérienne des brocanteurs de l’opinion publique qui, la veille pourtant, avant qu’on appuie sur le bouton, la fermaient encore fort consciencieusement. 

Ces pantins instrumentalisés,  arrivés souvent dans les soutes des bombardiers pacificateurs  à coups de bombes au phosphore et à qui l’ont fait une aimable courte échelle, n’ont alors plus rien à négocier que la longueur de la laisse et le diamètre du collier. Avec diamants tant qu’à faire.

A ce jeu du « je me sers de toi tant que tu me sers moi » on ne sait plus très bien qui se sert de qui et à quel moment exactement l’androïde échappe à l’emprise de son maître. Ce que l’on sait en tout cas, c’est que créateur et créature sont indissociablement liés, comme la chose de Frankenstein reste liée à son auteur Mary Shelley.

Chose qu’on utilise tant qu’elle se révèle malléable et qu’on jette après usage, si l’on peut encore la neutraliser.

Quelques exemples de créatures célèbres du docteur Amerikenstein devenues « out of control »

Certaines purent se révéler relativement coriaces  :  

Noriega Manuel : Caudillo  folklo et sanguinaire du Panama, dégagé par Bush père (ex patron de CIA) découvrant un matin en se levant que « face d’ananas » appointé depuis 20 ans par la CIA était une immonde ordure dictatoriale liée au trafic de drogue. Il fut chassé du pouvoir (2000 à 5000 morts) au nom de vagues principes démocratiques. L’idée saugrenue chez le général Tapioca de nationaliser le canal de Panama ne serait que pure coïncidence.

avant

Après


Hussein Saddam
: Type épatant et serviable toujours prêt à aller guerroyer contre l’ Iran avec la bénédiction du Grand Satan pas trop regardant sur la qualité des armes sales généreusement fournies avant que d’être pendu haut et court pour incompatibilité d’humeur et utilisation d’armes sales. Un peu ballot quand même.

Avant

après

Laden Ben : Milliardaire de bonne famille nombreuse et Saoudienne, antisoviétique primaire et fort disponible  pour bouter le Russe hors d’ Afghanistan avant que de se retourner contre la maison mère et ses tours jumelles par excès d’ingratitude et overdose d’empire. Porté disparu depuis 2001. Quelques messages sonores sporadiques et douteux sans images, nous laissent dubitatifs quant à sa capacité à être toujours photogénique.

avant

apres

Tout ça pour dire que le prochain sur la liste, des chouchous ricains en voie de « tricardisation », pourrait bien être Hamid Karzaï et son célèbre « pakol » sur la tête, si tendance dans les rues de New York, il n’y a pas si longtemps.

« Démocrate exemplaire » et bon laquais servile jusque-là, ses envies autonomes de pactiser avec les Talibans pourraient bien le faire changer rapidement de statut.

Promu depuis peu au rang de corrompu, bourreur d’urnes, trafiquant et opiomane à ses heures (et si ce n’est lui c’est donc son frère) ce qu’il n’était évidemment pas la veille au soir, on pourrait bien y voir les signes d’une prochaine disgrâce scandalisée.

Opiomane en Afghanistan ? à peu prés aussi incongru qu’un buveur de vin en Bourgogne ; tous les journalistes intègres de tous les médias indépendants vous jurant noir sur blanc qu’hier encore pourtant il tournait au Chupa chups allégé.

Son remplaçant idéalement formaté dans les tuyaux se nommant Abdullah Abdullah, toutes les Arlette Pernault de la bonne infococo se réjouissent d’ avance du côté mnémotechnique de l’affaire. Quand même infiniment plus pratique à mémoriser qu’un ignoble « Ahmadinejad », ni simple à imprimer ni facile à prononcer.

Pour conclure, le petit jeu qui pourrait égayer ce lundi maussade consisterait à repérer notre « Boris Karloff » à nous. La chose encore en couveuse dans quelque incubateur ricain prête à se dévouer au cas où… pour la grandeur de la France….

Autant vous dire, que j’ai mon idée sur la question…

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

14 commentaires sur « Docteur Amerikenstein »

  1. C’est vrai que Abdullah Abdullah, cest facile à retenir. A ne pas confondre, toutefois, avec Kamel Kamel ou Mustapha Mustapha … Cela ferait désordre. Et ils n’ont pas besoin de ça, là-bas.
    Karzaï doit avoir les balles qui lui sifflent aux oreilles.
    Ahmadinejad,next?

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  2. Ahmadinejad qui je crois bien n’est pas arrivé comme Mohammad Reza Pahlavi dit le Shäh dans les bagages de l’oncle Sam pourrait être avantageusement rebaptisé Mahmoud Mahmoud – nul doute qu’il gagnerait en popularité

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  3. Ben Laden, il est comme ça, il est tellement méchant qu’il a toujours des tas de bombes dans sa djellaba c’est plus fort que lui
    – ah Holllywood Hollywood…

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  4. J’adore ! Bravo ! J’ai peu de temps en ce moment et à vrai dire, je fais une entorse là, mais j’aurai eu tort de ne pas fouler ton sol. Le crédit passe rapidement en débit, un peu comme le système bancaire, en fait tout est simple au pays de l’oncle Sam …Zéro ou 1.

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