
Il se trouve que les soldats morts ont des noms, des visages, des corps et une histoire.
Avaient.
Il se trouve que les soldats morts à la guerre sont autrement incarnés que par une triste breloque épinglé sur des cercueils impeccablement alignés. Il se trouve que si mourir est rarement avantageux, mourir à la guerre est presque toujours une connerie. Il est peu de combats qui méritent d’y laisser sa peau et ses 20 balais.
Il n’y a pas de cadavre héroïque.
Les os n’ont pas d’avenir.
Et comme le disait Anatole France – On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.
Il se trouve que les déjà 52 soldats français Morts en Afghanistan dans une relative indifférence, eux à coup sûr sont vraiment morts pour rien.
Ils ne sont pas morts pour la France.
Ils ne sont pas morts pour la cause.
Ils ne sont pas morts pour la liberté.
Ils ne sont pas morts en faisant leur devoir.
Ils ne sont pas morts en se sacrifiant
Ils sont juste morts pour des clous. Les clous de leurs cercueils.
Morts pour la sale gloriole d’un petit cador atlantiste tout content de faire claquer ses talonnettes d’un coup de menton médiatiquement martial.
Morts en toute caution, au prix du litre de sang français à la machine OTAN.
Morts pour du gaz privatisé
Morts pour de la figuration dans une guerre sans issue et sans nom
Morts pour la civilisation contre la barbarie ou le contraire.
Avec ce baratin à trois balles traçantes qui consiste à faire croire que se battre la bas c’est empêcher nos femmes et nos enfants de mourir ici.
Attention les Talibans vont envahir Paris…
Certes, faut être un peu ballot pour faire le militaire. Pour jouer encore à la guerre quand on est grand et se prendre une bastos pour de vrai. Mais c’est pas une raison.
Certes,il se trouve qu’à l’échelle tragique de l’histoire 52 morts c’est rien du tout. 52 morts ou 253 ou 527…
Sauf que 52 morts pour rien, c’est toujours trop.
Parce que vaincus ou vainqueurs, les morts perdent toutes les guerres :
Murat Yagci
Simah Kingue Eithel Abraham
Thierry Jean Baptiste
Alan Karsanov
Cédric Crupel
Loïc Le Page
Kamel Elward
Joël Gazeau
David Poulain
Sébastien Planelles
Fréderic Pare
Pascal Correia
Stéphane Rieux
Laurent Pican
Damien Buil
Mélan Baouma
Sébastien Devez
Nicolas Gregoire
Julien Le Pahun
Anthony Riviere
Kevin Chassaing
Damien Gaillet
Alexis Taani
Rodolphe Penon
Nicolas Rey
Patrice Sonzogni
Nicolas Belda
Guillaume Barateau
Anthony Bodin
Johan Naguin
Thomas Rousselle
Johann Hivin-Gérard
Kevin Lemoine
Yann Hertach
Gabriel Poirier
Ihor Chechulin
Matieu Toinette
Fabrice Rouiller
Harouna Diop
Enguerrand Libaert
Robert Hutnik
Christophe Barek-Deligny
Konrad Rygiel
Steeve Cocol
Laurent Mosic
Antoine Maury
Lorenzo Mezzasalma
Jean-Nicolas Panezyck
Hervé Enaux
Thibault Miloche
Benoït Dupin
Jonathan Lefort
tgb








vité, hormis le fait qu’il est économiquement, écologiquement et sociologiquement, parfaitement suicidaire, n’a d’autre utilité ici, que d’obliger chacun à lutter contre l’autre, à défendre sa peau, à jouer sa survie, à canaliser l’énergie qu’il mettrait sinon à penser et donc par évidence à se révolter.

















