Le syndrome de Stockholm

Que penser du peuple italien plébiscitant à 80% Mario Monti, technocrate imposé par les marchés et Bruxelles, ancien collaborateur de Goldman Sachs directement responsable de la crise mondiale ?

Que penser du peuple espagnol ramenant au pouvoir le PPP, parti ultra droitier, pourtant à l’origine de la bulle immobilière, dans une surenchère malsaine de rigueur et d’austérité ?

Que penser des peuples grecque, portugais, anglais…de cette propension des peuples d’Europe à se réfugier dans les bras de leurs bourreaux à l’origine même de la dette ?

Que penser de ces peuples désorientés, victimes d’une idéologie libérale dévastatrice et fonçant à droite toute, remettre les clés de leurs geôles à leurs propres tortionnaires ?

Oui que penser de ces peuples pris en otage par les banques qui raisonnablement devraient se révolter et pendre les banksters aux branches, et qui pourtant s’empressent de se pendre à leur place après avoir vidé leurs poches, renonçant sans combattre sous l’arbre du sacrifice ?

Car si la piètre image de la prise d’otage d’usagers dont nous bassine à longueur de grève, les Jean-Pierre Pernaut de l’info moisie est une pure escroquerie sémantique, en revanche ici, il n’est pas abusif de dire que les peuples soumis à un violent chantage, se font directement braquer, un flingue sur la tempe.

On pourrait considérer sommairement que les peuples sont cons, que la machine à fabriquer du consentement tourne à plein régime et qu’à défaut d’alternative, les derniers électeurs chassent l’un pour remettre l’autre jusqu’à épuisement.

Ces explications sont vraisemblables. Elles ne suffisent pas.

Au-delà même de cette analyse, on peut se demander dans quelle mesure, il n’y a pas, dans ce comportement irrationnel et mortifère, quelque chose de l’ordre du syndrome de Stockholm.

Théorisé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973 suite à l’affaire Jan Erik Olsson, le syndrome de Stockholm désigne la propension paradoxale des otages à développer une empathie, voire une sympathie envers leurs ravisseurs.

Ce syndrome serait un réflexe de survie inconscient, où la victime prendrait le parti du bourreau pour mieux sauver sa peau. Relation contre-nature, que l’on peut observer entre un dictateur, objet d’adulation morbide et son peuple, dans les phénomènes de violence conjugale ou de maltraitance où les victimes ni ne résistent ni ne se plaignent et continuent même à aimer leur tortionnaire.

A l’image même des délires du ravi de la crèche européenne, l’euroshooté Quatremer, plus le bourreau bruxellois au service des marchés fait mal plus les peuples semblent rechercher sa protection.

Il ne serait pas étonnant alors de retrouver bientôt notre nabot national remis en selle (de vélo) tandis que Flamby fin stratège, travaille, en guise de rançon, à effacer toute trace suspecte de socialisme dans son calcif.

On ne désespère toutefois pas ici, par fatalité plus que par optimisme, qu’un jour, inversement, émergera enfin le syndrome de Lima.

Le jour où les preneurs d’otage finiront épuisés sous l’influence enfin de leurs victimes.

tgb

Signé AAA

Le serial killer international connu désormais sous la mystérieuse signature AAA, et désigné sous le qualificatif de ‘le marché’, par les autorités, vient de faire sa sixième victime, un espagnol répondant au nom de José Luis Zapatéro.

Après un Irlandais, Brian Cowen, une slovaque, Ivéta Radicova, un portugais, José Socratés, un Grec, Georges Papandréou, et, il y a quelques jours seulement, un italien, Silvio Berlusconi, c’est donc en Espagne, que le tueur en série vient encore de frapper, poursuivant sa monstrueuse litanie d’homicides sans frontières.

Sur la scène du crime, les enquêteurs ont pu relever des indices flagrants pas mêmes dissimulés revendiquant ainsi un sentiment de totale impunité et de provocation malsaine : même signature, mêmes empreintes, mêmes traces ADN, dans un même scénario inlassablement répété, pour les mêmes mobiles crapuleux – viol démocratique monomaniaque et accaparement de bien public par le chantage et le racket systématique.

D’après les criminologues, le profil psychologique du tueur serait celui d’un prédateur froid, déterminé, calculateur, répétant obsessionnellement le même mode opératoire (l’autopsie en cours devrait nous le confirmer), dans un sentiment de domination et de toute puissance.

Prévenant à l’avance ses victimes qu’il menace publiquement de dégrader par des messages subtilement distillés dans les grands médias, il jouirait de la peur et de l’humiliation de ses cibles désignées, comme prendrait plaisir à terroriser la population pour mieux la contraindre et la contrôler dans un délire mégalomane de ‘maître du monde’ et d’omnipotence.

Les préméditations méticuleuses de ce psychopathe cupide et multi récidiviste seraient le cadre de son empreinte psychologique, sa « signature » criminelle.

Dans les six affaires jusqu’à présent étrangement non élucidées, cinq victimes étaient de même typologie : homme politique mâle caucasien démocratiquement élu. Seule une femme, la slovaque Ivéta Radicova, semble pour l’instant échapper au portrait type. Pour la police pourtant, il ne fait aucun doute qu’elle fut la proie du même assassin.

Si, d’après certaines indiscrétions persistantes, il se murmure que la prochaine victime pourrait être française, la France, pays provisoirement épargné, semblerait vivre aujourd’hui dans une curieuse psychose allant du syndrome de Sotckholm à un état schizophrène fait de soulagement et d’anxiété.

D’après les responsables de l’ordre mondial, l’enquête progresserait et l’interpellation du dangereux individu serait inéluctable. On peut regretter toutefois que les investigations policières aient été confiées à des services dépendants directement des marchés.

Certains enquêteurs nous déclarant sous le manteau, qu’ils n’excluaient pas qu’il puisse y avoir des complicités au plus haut niveau.

tgb

Glander

« …n’empêche, si tous les dictateurs et généraux du monde avaient un chat endormi sur les genoux, je serais plus tranquille… » Gaston Lagaffe (ou plutôt André Franquin)

Glander n’est pas forcément une activité (ou une non activité) saisonnière.

On peut effectivement glander toute l’année, sous toutes les latitudes, seul ou accompagné. Pourtant si glander connaît une saison, c’est précisément novembre, puisque le terme même trouve son origine au haut moyen-âge, durant la période des glands, où seul l’élevage du porc perdurait, alors que les travaux agricoles étaient terminés.

On glandait donc, puisqu’il n’y avait tout simplement rien à faire.

Aujourd’hui, à l’heure où il est de bon ton de grimper aux rideaux, de tourner comme un avion avec jet lag incorporé, où l’on creuse des trous pour mieux les reboucher, où l’on remplit son néant existentiel avec autant de vide consumériste, l’art de la glandouille n’est évidemment plus de saison.

A l’heure donc, où c’est la faute aux 35 heures, où l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins, où l’on exploite plus pour être exploité moins, dans une culture de résultat connement quantitative, oui à l’heure où l’on dénonce en bouc émissaire, l’oisif cet assisté, l’on culpabilise le malade, cette feignasse, l’on stigmatise le chômeur, ce fraudeur, ne pas participer au productivisme ambiant finit par relever du crime contre l’humanité.

Cette humanité tellement performante.

A l’heure où les retraités plébiscitent la valeur travail, où les profits se font sur le labeur des autres, où l’on s’enrichit au poker menteur détaxé, au Caca rente défiscalisé, glander pourrait bien finir par vous conduire en camp de travail.

« ARBEIT MACHT FREI »

Et pourtant dieu sait si le somptueux glandeur, le glandouilleur magnifique, le Gaston Lagaffe de l’open space, ce poète de l’inutile, ce conquistador du pas grand chose, du pas rentable, du pas compétitif et du pas performant, a son rôle social.

Il invente, crée, observe. Il fluidifie les relations. Il apaise les tensions. Il porte la fantaisie, comme le désordre et donc la vie même par petites touches frivoles d’humanité.

Il est la légèreté dans le lourd. La respiration dans le frénétique. L’empêcheur en rond au sein même du carré. La sagesse par l’inertie.

Que seraient les éditions Dupuis sans son héros sans emploi ?

Quand je dis glander je ne parle pas forcément de se gratter les couilles, vautré devant la télé à bouffer des « Granola », ce qui peut m’arriver.

Quand je dis glander, je pense à l’art de ne rien faire.

A cette capacité à être en bonne compagnie avec soi. A traînasser rêvasser, à faire des plans sur la comète en hamac.

A cette faculté à traîner, flâner, lambiner, à compter les secondes. A profiter des petits moments d’éternité qui s’égrènent. A vivre à l’écoute de soi, sans tripoter son I phone pour se fuir et s’occuper les doigts.

A être en attente mais de rien. En partance pour nulle part. A errer dans son propre no man’s land, son propre terrain vague. A ne pas vaquer, ne pas courir, à ne pas faire et défaire.

A s’ennuyer douillettement, à paresser sous la couette. A se laisser aller à la mélancolie des choses. A remettre au lendemain. A baguenauder, musarder, vadrouiller. A perdre son temps plutôt que le gagner tout en se foutant bien de le gérer.

A Revendiquer sa non rentabilité, sans rien revendiquer du tout que le luxe de se laisser vivre. A se suffire du contemplatif.

Il faut un vrai talent pour ne rien faire sans déprimer. Pour faire une œuvre de son désoeuvrement.

Quand je dis glander, je ne pense pas forcément à l’oisiveté, mère de tous les vices, péché capital, mais à l’art de passer des heures à regarder les fourmis s’agiter, à ne pas se lever pour ne pas réveiller le chat sur ses genoux, à refaire le monde à la machine à café, à s’adonner à une activité sans souci de produire ou d’atteindre quelque objectif que ce soit, rationalisé.

Je pense à l’art de la gratuité.

A l’heure donc, où le capital incompétent et sans scrupules, tellement efficace qu’il nous refile sa dette pour mieux nous spéculer, considérons l’art de la glandouille comme une arme subversive, une forme de guérilla par le sabotage passif.

Glandeurs de tous pays unissons nous.

tgb

Lire : Eloge de l’oisiveté – Bertrand Russel, Le Droit à la paresse – Paul Lafargue

Le peuple, pas la populace

Quand vient l’heure de l’adversité, tous deviennent courageux contre celui qui tombe. Lord Byron

Je n’ai jamais eu de goût pour le résistant de la 25ème heure.

Pour l’héroïque partisan de la tondeuse sur les femmes qui « couchèrent avec le boche ».

Pour les Charia Hebdo tout confort, forts avec les faibles, faibles avec les forts.

Pour la provoc du beurre, de l’argent du beurre et du cul de la moukère.

Je n’ai que dégoût pour les meutes haineuses qui conspuent l’homme à terre.

Pour les Franz Olivier Giesbert qui lèchent, lâchent et lynchent puis en font un bouquin.

Pour tous ceux qui hurlent avec les loups quand ça ne risque plus rien.

Pour les foules hargneuses, qui soulagent leurs rancoeurs sur l’homme seul.

La foule est un con.

Je n’en partage ni l’ivresse bestiale, ni l’hystérie de l’instinct.

C’est pourquoi je ne prends aucun plaisir à voir partir Berlusconi sous les crachats.

D’autant que le peuple, si peuple il y a, n’y est pas pour grand chose, qu’il pourrait en avoir au moins cette conscience là, et que ce qui se profile pourrait bien être plus terrifiant encore.

Si je n’ai que mépris pour ce triste Silvio, ce clown fardé, ce pitre lifté, ce populiste pitoyable pour concierges, ce Bernard Tapie mafieux, je le renvoie volontiers à sa momie, tant même à terre, il conserve empire et pouvoir de nuisance.

S’il est un pire danger aujourd’hui, ce n’est pas le guignol congédié par les marchés qui part mais bien les techniciens du mécano bancaire recrutés par l’oligarchie, qui arrivent .

Car l’ennemi aujourd’hui n’est plus le démagogue vulgaire, le Mussolini à paillettes, le téléfasciste racoleur mais bien ce système clinique, autrement plus sournois et pernicieux, faits de bureaucrates interchangeables à la norme iso 9001.

Les ennemis aujourd’hui ce sont ces golden boys formatés, Draghi, Monti, Papademos, ces serviteurs dévoués, conçus in vitro dans le même Sachs, ces techniciens lisses et insipides du sale boulot et de la dissection des nations.

Je ne pensais pas qu’on serait tombé si bas, qu’un jour peut être, j’irais à regretter les marionnettes poujadistes, ces enfants de la télé, cabotins capricieux et incultes.

Car, au moins, avant l’arrivée des hommes machines du projet kafkaïen, avions nous à faire, dans toute leur médiocrité, leur veulerie et leur petitesse, à des humains encore.

Et il faut être bien con ou bien banquier, pour penser que des comptables surdiplômés sachent diriger adroitement et sans désastre les peuples.

Les administrer peut être

les gérer tout au plus,

avant le chaos.

C’est donc bien quand les ennemis sont au faîte de leur gloire et de leur toute puissance qu’il faut mordre et cogner.

Si je n’ai guère de goût pour la basse vengeance, le défoulement des lâches, le lynchage de Kadhafi, j’ai de l’inclination pour la lutte finale et la revanche de classe.

Encore faudrait-il qu’au-delà des jets de quolibets et des manifs folkloriques, le peuple, s’il existe, ne s’abaisse pas au rang répugnant de populace.

On ne se grandit pas à humilier.

Qu’entre la masse statistique tout à l’adoration de ses idoles et la foule enivrée d’elle-même zappant son petit père des pipoles, le peuple se soulève pour mieux s’élever encore.

Quand viendra le jour, et il n’est pas si lointain, où notre paltoquet à nous aura le nez dans son fumier, je serai le premier à revendiquer pour sa dignité.

Ne serait-ce que pour bien montrer que le peuple, s’il existe, peut avoir autrement plus d’élégance et d’humanité que le dernier des ploutocrates.

tgb

Trichet président !

Depuis que Standard and Poor’s (S&P) a dégradé de manière spectaculaire la note française en juin dernier, une crise politique sans précédent, combinée à une crise économique due à l’ampleur de la dette, risquaient de dévaster notre pays s’enfonçant chaque jour un peu plus peu dans le chaos des grèves, des émeutes et autres mouvements populaires.

« La chienlit c’est pas moi c’est lui » devait d’ailleurs déclarer particulièrement inspiré le président de la république, relégué à une pure représentation symbolique, depuis le retour de la cohabitation, désignant ainsi l’homme de Matignon.

Les propos inconséquents et irresponsables du premier ministre François Hollande, appelant, dans un moment d’égarement et à la consternation générale en Europe, à donner la parole au peuple par le biais d’un referendum, avait fini par jeter le trouble et la confusion.

Heureusement, sous la pression des marchés et de Bruxelles, le premier ministre français donnait sa démission et des négociations pouvaient s’engager en vue de former un gouvernement de coalition nationale.

Comme de persistantes rumeurs le laissaient présager, c’est donc bien l’ancien patron de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui prend la tête du gouvernement français au soulagement des forces économiques.

Après Mario Draghi, Mario Monti, bienvenue à Jean-Mario Trichet dans le club des super Marioles Marionnettes Mario.

Si Mr Trichet n’est malheureusement pas un ancien collaborateur de la banque Goldman Sachs, cet handicap devrait être surmonté tant il dispose aujourd’hui de la confiance des marchés.

Il devrait annoncer rapidement son projet de privatisation des services publics dont la sécurité sociale et le système des retraites et la nationalisation provisoire, le temps de les recapitaliser, des banques nationales.

Dans un gouvernement resserré de16 membres, on retrouve donc 10 ministres socialistes conservant leur portefeuille dont Manuel Valls à l’intérieur, Pierre Moscovici aux finances et Jean Paul Huchon à la santé, l’arrivée de 4 ministres UMP dont Thierry Mariani à la défense et Nadine Morano au ministère de la culture et l’entrée fracassante de 4 ministres du front national dont Marine Le Pen à l’éducation nationale et Louis Aliot à la jeunesse et aux sports.

Pour saluer ce gouvernement de combat et d’union nationale, le CAC 40 connaissait dans la journée une hausse euphorique de plus de 6%, marquant ainsi sa satisfaction devant l’ordre rétabli.

« Mieux vaut une extrême droite responsable, véritable rempart du capitalisme, qu’un grotesque referendum populiste et démagogue aux relents staliniens » déclarait tout sourire Christine Lagarde, patronne du FMI, à sa sortie de Matignon.

Dans la presse aujourd’hui, tous les éditorialistes raisonnables en convenaient.

Bhristophe Carbier

Alias tgb

Moi, Diafoirus, banquier légiste…

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » attribuée à Thomas Jefferson (1802)

Fallait oser !

Mettre à la tête de la BCE Mario Draghi, ancien collaborateur de Goldman Sachs, l’institution même qui maquilla les comptes de la Grèce tout en spéculant contre elle, est une putain de riche idée ou une idée de putain riche.

Donner à la maladie le statut du médecin, n’est-ce pas finalement le principe même du vaccin. Se soigner par le virus ?

Et c’est Lucas Papademos, ex-vice-président de la Banque centrale européenne (2002-2010) et ex-gouverneur de la Banque centrale grecque (1994-2002), bras droit de Jean-Claude Trichet qui est pressenti à Athènes comme futur premier ministre.

Et c’est l’économiste Mario Monti, ancien commissaire européen, International Advisor pour Goldman Sachs,membre du comité de direction du groupe Bilderberg, qui est pressenti comme président du conseil à Rome.

Et c’est le malade, pressenti pour soigner.

Et, que les agences de notation dégradent le AAA français et c’est Nabot premier qui bouffe le thermomètre, et qu’elles maintiennent le AAA et c’est François Normal qui se le carre dans l’oignon. Nonobstant le fait que l’on du bêtement se priver des services programmés d’un brillant patron de FMI, qui se le cala sous l’aisselle pour causes de spéculation précoce.

Trichet président !

Que les marchés, mieux que les peuples, aient chassé du pouvoir Socratès au Portugal, Papandréou en Grèce, bientôt Zapatero en Espagne ou Berlusconi en Italie, montre combien la ploutocratie du crédit revolver revolving est balèze, question touché rectal.

Du multipartisme donc au bipartisme de bon aloi, de la coalition à l’union nationale voici venir enfin le triomphe de la pensée unique débarrassée de ses fioritures démocratiques pour l’avènement d’un despotisme éclairé versus BEP comptable.

Il n’y a pas le choix.

Et ce sont les états mis sous tutelle, et les peuples mis sous surveillance et les démocraties mises en parenthèses le temps d’une petite phase totalitaire puissamment glycériné du suppositoire.

Et ce sont tous les Diafoirus de la doxa compétitive, du fascisme bancaire, les techniciens de la calculette titrisée, les experts du subprime visionnaire, fort de leur compétence avérée dans le carnage, qui vont pouvoir à coups de scalpels infectés, charcuter, achever puis autopsier ‘l’état providence’ et bousiller l’ultime potion qui les sauva même du coma.

Bienvenue donc en la dictature financière du pompier pyromane, du médecin légiste, du chirurgien pochtron, sous le regard clinique de Bruxelles, vers un suicide collectif sur ordonnance.

Ou

Comment mourir en bonne santé par la purge et la saignée.

Comment sauver les marchés en saignant les peuples à blanc.

Patientes, patients, chers cadavres citoyens, avalez donc vermifuges et comprimés, mettez à la diète votre bulletin de vote, que votre sang impur abreuve les sillons de l’économie de marché libre et non faussée.

Souscrivez à la thérapie par les plantes des pieds devant.

Rendez vous à la morgue des pseudo-puissants.

Quant au choix des figurants 2012, tapez A, tapez B, si ça vous amuse..

l’appel téléphonique étant naturellement surtaxé pour cause de rigueur.

tgb

4 poids sur mesure

1) – Selon que vous serez prisonnier de guerre ou prisonnier politique, vous ornerez les unes des médias, les frontons des mairies ou pourrirez dans une geôle israélienne suite à un procès expéditif pour une INTENTION d’attentat jamais prouvée.

Selon que vous serez franco-israélien, ne parlant pas un mot de notre langue ou franco-palestinien parfaitement bilingue, vous serez soutenu par Claude Goasguen, membre actif du comité de soutien et inspirateur de la loi Besson, réclamant un niveau scolaire de 3ème en français pour toute naturalisation, pas à une contradiction démago pourrie prés, ou parfaitement ignoré par le ministre de la défense un tantinet Longuet à la détente.

Selon que vous serez soldat d’occupation en treillis, quelque chose comme le petit kapo à roulettes Klarsfeld en sa jolie panoplie ou militant d’indépendance, vous serez échangé contre mille prisonniers palestiniens mais pas Barghouti, ou l’on n’accordera même pas à votre mère 5 minutes d’intérêt entre deux portes.

Selon que vous serez l’otage du Hamas Gilad Shalit ou l’otage d’Israël Salah Hamouri vous embrasserez enfin vos parents au bout de 5 longues années ou serez confiné au secret au bout de 7 ans interminables, après avoir purgé la totalité de votre peine.

2) – Selon que vous serez Charlie hebdo ou Roméo Castellucci, le ministre expulseur de l’intérieur Guéant viendra vous rouler une pelle médiatique à domicile et vous offrir ses matraques érectiles pour soutenir la liberté d’expression d’anars super subversifs mais avec dividendes, ou considérera que les intégristes de la calotte pontificale eux, ne font pas dans l’autodafé et s’en poncepilatera les mains tout autant que le néantissime ministre de la sous-culture benaliste en son boudoir.

3) – Selon que vous aurez, piscine avec la communauté musulmane à Lille chez la dangereuse islamiste Aubry ou piscine avec la communauté juive à Aix les Bains chez le dévoué trésorier maire ump Dord, sœur Caroline Fourest, Tripote (moi) Laïque et Jean François Copé vous exploiteront leur fonds de commerce opportunément laïcard bien indigné ou iront faire trempette dans le petit bain en apnée.

4) – Selon que vous serez Giulia ou Dolores-Christina, vous bloquerez tout un quartier de Paris durant 15 jours, réquisitionnerez tout un étage de la meilleure maternité du pays, la Muette, ou crèverez dans la rue le nez dans le caniveau comme un chien. Et encore dans ce pays, même les chiens sont mieux traités.

Bref, selon ou selon, vous serez considéré ou pas, citoyen ou pas, intégriste ou pas, égal ou pas, sur n’importe quel critère autre que celui de la justice républicaine.

tgb

Une balle dans la dette

Les bourses européennes s’effondrent suite à l’annonce du referendum Grec.

Ben voilà, phase 1, on te chiade un sommet franco-allemand DE LA DERNIERE CHANCE avec dramatisation et tout que si ça marche pas tu meurs direct dans d’atroces souffrances mais qu’ heureusement à 3 ou 4 heures du mat justement ça marche et que l’Europe du monde de l’univers galactique est sauvé et qu’en plus j’ai gagné un ours en peluche à la tombola.

Après, phase 2, on te bichonne une grande émission sur mesure à l’ORTF en couleurs, pour te narrer comment que c’est moi tout seul (et un peu Angela) entre deux biberons que je t’ai sauvé l’Europe du monde de l’univers galactique pendant que le pauvre Obama en est à compter ses 14 derniers amis sur sa liste « fesses bouc » des potes d’Israël et de supprimer l’argent de poche de l’Unesco pour passer ses p’tits nerfs.

Enfin phase 3, juste avant le pince-fesses du G.20 à Nice où je devais faire une entrée triomphale sur le porte bagage d’un destrier blanc monté par le ténébreux pilote de motocrottes Estrosi, le scalp de Kadhafi à la ceinture, je te fabrique du sondage cousu main par « ho pis non ouais » et bidouillée par la baderne Moujeotte qui dit combien que je fus convaincant en super héros président protecteur.

C’était bien ficelé.

Et voilà t’y pas que l’espèce de danseur chef de sirtaki qu’à même plus de quoi se payer une bouteille d’Ouzo à crédit, décide de consulter par referendum son peuple bouffeur de moussaka au bord de l’insurrection, avec une question con du genre :

– Oui ou non que tu veux te la mettre la balle dans la dette ?

Tu parles d’une connerie !

Allez allez faut pas me la faire à moi, que je le connais le peuple, français, irlandais, hollandais, grec tout pareil, que je me suis déjà assis dessus, sûr qu’il voudra pas se la coller tout seul la bastos dans la tronche l’ingrat, qu’il entrave que dalle à l’économie des riches qui fait banquer les pauvres et qu’il préfère privilégier sa survie de merde plutôt que de rassurer la dictature des gentils marchés. Qu’après faudra encore le dissoudre dans l’acide parlementaire et trouver une combine pour lui faire avaler la pilule austère.

Tu paries que ça va finir par me coûter mon AAA et que je vais me retrouver à changer les couches de Giulia pendant tout le prochain quinquennat à regarder Flamby à la télé, faire ma politique à moi ?

Pensez si un referendum populaire « c’est irrationnel et dangereux ». Question peuple, ils sont 99 on est 1. Pour dire si c’est pas malin en termes arithmétique de lui poser la question de confiance de chez Darty même si on leur bourre le mou avec du Aphatie rayon « la bourse ou la vie ».

P’tain y’a des jours, des années ou des siècles, on ferait mieux de rester couché entre deux chrysanthèmes.

tgb

Technique de diversion en tenue camouflage

La stratégie est maintenant bien rodée.

Avec les éléments de langage synchronisés, les ballons d’essai pour prendre la température et tâter de la réaction populaire, après les ‘propositions tests’ outrées pour mieux faire passer, au soulagement général, les mêmes propositions assouplies, voici la déclaration provocatrice en tenue camouflage servant de diversion tactique.

1) Le doucereux et sournois Bertrand doit annoncer un mauvais chiffre du chômage, par exemple, + 30 000 chômeurs au mois de septembre, soit 0,9% d’augmentation, sans compter les milliers de radiations.

2) ça tombe mal, le lendemain, vous avez une grande émission de propagande sur les deux chaînes de l’ORTF interrogé par Léon Zitrone et Jean Nohain, intitulée ’Zorba est arrivé’.

3) Vous demandez à Wauquiez, expert social de la droite populaire ou l’inverse, ratissons large, de balancer une boule puante, une bonne grosse saloperie bien dégueu du genre : les logements sociaux seront réservés aux travailleurs et non plus aux chômeurs (et pourquoi pas aux rouquins ?)

comme si chômeur était un statut en soi définitif

comme si salarié ou chômeur s’opposaient

comme si asphyxier un noyé était adéquat

comme si jouer l’hypothétique clivage allait faire avancer le schmilblick

Après une proposition aussi fraîche, aussi mentholée, le jeune stagiaire en politique nauséabonde Wauquiez doit puer de la gueule pendant 15 jours, je plains sa bonne amie, mais bref :

1) ça sert de thermomètre, on sonde la clientèle, on note comment ça réagit, on habitue tranquillement les français à la chose. ça passe ? on pousse ! ça regimbe ? on retire ! n’empêche, ça normalise, ça crée un climat.

2) ça occupe l’indigné professionnel qui se jette sur l’os qu’il ronge avec frénésie.

3) ça occulte avantageusement le mauvais chiffre du chômage que Léon Zitrone s’empresse d’omettre opportunément et qui passe à la trappe.

Tout bénef !

Tout ça pour dire que, plutôt que suréagir à chaque immondice gouvernementale, à chaque leurre manipulatoire, regardons surtout ce que le fumigène pestilentiel planque sous le tapis ordurier et gardons l’oeil fixé sur la proie plutôt que sur l’ombre.

C’était mon conseil de la semaine, sinon demain n’oubliez pas de passer l’hiver…

tgb

Le crincrin humanitaire

.J’voudrais pas me moquer, pas mon genre, mais savoir que Botul, l’homme qu’à vu l’homme qu’à vu l’homme qu’à vu le philosophe, a roulé (des mécaniques) pour les ‘islamo-fascistes’du CNT, péril vert dont il fit son fonds de commerce vertueux, me paraît, si ce n’était désolant, assez cocasse.

Savoir que grâce à ce brillant droit-de-l’hommiste distingué, la femme libyenne libérée (et c’est pas si facile) verra l’instauration de la charia, de la polygamie, de la répudiation et autres fantaisies émancipatrices ne peut que nous conforter dans le génie visionnaire du guignol.

Justifier la guerre d’un côté pour libérer l’afghane de la burqa et la faire, de l’autre pour soumettre la femme libyenne pourrait poser comme un léger problème de cohérence.

‘Pourrait’, car en vérité, pas plus de problème de cohérence ici que d’honnêteté intellectuelle chez Bulot, puisque libération des peuples et démocratisation ne sont que prétextes pour mieux nous enfumer et faire passer la pilule impériale.

Sinon quid de Gaza ?

Tout ça pour dire que, contrairement à ce que nous racontent les hystériques de la chose islamique, l’intégrisme n’est pas un problème mais un levier servant, selon la saison de repoussoir ou de justification.

Ennemi de complaisance un jour, allié de circonstance le lendemain…

Car si l’enjeu était vraiment la démocratie, il faudrait alors qu’on nous explique en quoi Paul Biya 78 ans président du Cameroun depuis 30 ans réélu à 78% est plus légitime que Laurent Gbagbo ex président de la côte d’Ivoire, réélu avec 51,5% des voix avant de se prendre des bombes démocratiques sur la gueule, ou en quoi Juppé peut se féliciter du 94% de oui au référendum bidon marocain et la fermer sur le coup d’état au Honduras ?

Pas d’autre explication que la nécessité de jeter un voile pudique sur les véritables enjeux :

camoufler notre volonté de domination par des guerres coloniales relookées à la sauce humanitaire parfaitement dévoyée.

Après tout que les empires cherchent à conserver leur suprématie, leurs sphères d’influence et leurs matières premières vitales, quoi de plus ordinaire au regard de l’histoire ?

Après tout, si on nous présentait les choses du genre : « si y’en a que ça démange qu’on bute des ‘bougnoules’ pour mettre la main sur leur pétrole qui vous permettra d’aller acheter des saloperies chez Ikea le dimanche en bagnole qu’ils le disent ? »

Y’a des chances que le peuple dans sa grande lucidité humaniste ne moufte pas.

Mais au moins, ce que l’on perd en pseudo morale on le gagne en brut de décoffrage.

Ce qui me fait particulièrement gerber c’est précisément cette morale à deux balles, cette tartuferie du bien contre le mal, cette arnaque de la civilisation contre la barbarie justifiant toutes les horreurs pour mieux masquer le rapport de forces.

Ensuite, question rapport de force c’est une autre histoire.

Qu’au grand jeu du qui domine qui, que le meilleur gagne et que l’histoire tranche. Simplement, faudra pas venir pleurer le jour où les Thaïlandais viendront faire du tourisme sexuel à Paname.

Après tout, que Botul et ses sbires néo-cons défendent la politique coloniale d’Israël, c’est leur affaire, mais qu’ils l’habillent d’oripeaux éthiques est juste abject.

Si l’imposture libyenne que je renifle depuis le début comme une copie conforme assez minable de l’arnaque irakienne, même propagande fumeuse, même humanitaire de pacotille, même alibi démocratique se vérifie, alors, après la phase tapis de bombes libérateur, puis discours de chef de guerre triomphant, enfin lynchage du despote en direct (qu’il la ferme ad vitam aeternam arrange à peu près tout le monde) viendra l’inévitable chaos, puis la réélection de mini Bush, avant qu’il ne finisse au tri sélectif des mini poubelles de l’histoire.

Si l’histoire ne se répète pas, parfois elle balbutie.

Ce chaos donc, avec son stock d’armes colossal débordera bien au-delà des frontières libyennes vers la Tunisie par exemple en première ligne. Car si des salopards nous expliquèrent main sur le cœur qu’aider les ‘rebelles’en Libye était le seul moyen de sauver le printemps arabe (qu’ils proposaient pourtant de mater 3 mois avant à coup de lacrymo français) c’est pourtant bien à une tentative d’y mettre un point final dont il s’agit ici.

« Plutôt barbu que coco » comme « plutôt Hitler que Staline ».

Toujours la même rengaine.

Incontestablement, au concours de bowling, du chien dans le jeu de quilles, du clivage sanglant, de la machine à générer du conflit ethnique, à souffler sur les braises communautaires, Yougoslavie, Irak, Soudan, Libye… l’Otan est devenu un cador.

Qu’au grand « strike » géopolitique, qu’au dépeçage d’états souverains, demain la Syrie, le Liban, l’Algérie, l’Iran, la Somalie, le Venezuela, la Bolivie… que l’empire au moins nous épargne son crincrin humanitaire.

Que son premier violon Kouchner et son orchestre se mettent leur archet dans le fion serait un premier pas vers la décence.

tgb