Un petit clic pour une grande claque

Ce dimanche 29 janvier, de 20h15 à 21h15, faites un geste pour la planète : éteignez vos télés !

Une heure symbolique durant laquelle seront débranchés les appareils électriques non essentiels pour économiser l’énergie et réduire la consommation afin de préserver l’environnement et lutter contre le changement climatique du aux émissions de gaz à effets de serre.

Oui, ce dimanche, osez ce geste simple et concret, sans remise en cause de votre confort :

l’extinction des feux pendant 60 minutes.

D’autant que ce dimanche 29 janvier, l’ORTF nous signale que, par solidarité gouvernementale et pour s’associer au mouvement, de 20h15 à 21h15, il n’y aura rien à la télé qu’un programme minimum.

Rien sur TF1, rien sur France 2, rien sur iTélé, BFM, LCI, LCP-AN, Public Sénat, France 24, rien sur TV5-Monde :

– Bref 9 fois rien (Autant dire pas grand chose)

Dimanche donc, faites un petit clic citoyen pour une grande claque à la pollution environnementale.

Débranchez !

tgb

Le grand soir politicard

 22 avril 2012, 20 Heures tapantes

Coup de tonnerre, stupeur et tout le tremblement, c’est juste après que se soient égrenées les ultimes secondes du compte à rebours rituel, qu’apparaissaient sur nos écrans en ce dimanche historique, les visages pixellisés des deux finalistes du radio crochet élyséen :

Frédéric Nihous (CPNT) : 14,54% opposé à Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) : 13,87%.

‘C’est un séisme politique’ déclarait d’une voix blanche un David Pujadas abasourdi, tandis que sur la chaîne concurrente une Claire Chazal décomposée, s’essayait désespérément à un numéro de ventriloquie en lien direct avec son oreillette.

S’il faut bien reconnaître que pas plus les politologues avertis que les instituts de sondage aux méthodes avérées et scientifiques avaient prédis ce résultat aussi bouleversant qu’improbable, le plus surprenant encore est que les candidats finalistes sont eux mêmes talonnés par de véritables outsiders sur lesquels aucun bookmaker à jeun n’aurait parié la moindre cacahuète :

Nicolas Miguet 12,67 % (Rassemblement des Contribuables Français)

Patrick de Villenoisy 11, 55 % (Alliance Royale) (oui ça existe)

Il faut aller jusqu’à la 5ème position pour voir se pointer le bout du museau d’un premier François : Francois Asselineau (Union Populaire Républicaine) : 10,70 %

Ecoutons les premières fines analyses vues des toilettes des dames de nos éditocrates distingués et autres déclarations des acteurs de la course en sac politicienne :

– 20H 05 : – C’est du grand n’importe quoi ! – déclarait Christophe Barbier avant de bouffer en direct son écharpe rouge suite à un pari stupide avec Laurent Joffrin, le remplaçant à la direction de l’Express et vice versa.

– 20H 06 – Pas plus que d’habitude ! – relativisait le candidat humoriste Christophe Alévèque, mort de rire, obtenant une brillante sixième place avec 9,52% des voix.

– 20H 11 – Le clairvoyant et indispensable Alain Duhamel brasseur de vide depuis 1953 nous démontrait avec sa fougue légendaire qu’ il avait été visionnaire en parlant page 22 de son 347 iéme ouvrage sur la cuisine politique sans épluchures 23 euros 50, d’un émiettement de l’électorat rural en Auvergne et d’une nécessaire recomposition et renouvellement du paysage et du personnel politique, avant de prendre rendez vous pour les 4 prochaines campagnes présidentielles à venir, sous le regard approbateur de Jean-Michel Aphatie pliant sous le poids de la dette.

– 20 H 14 – Communiqué de François Hollande renonçant définitivement et d’une manière irrévocable au régime Dukan.

– 20H 17 – Communiqué de Carla Bruni, annonçant que son contrat expirant, elle n’avait pas l’intention de rester plus longtemps avec un type ne possédant même pas le code de la bombe atomique et soulignant son goût avéré pour la chasse la pêche et la tradition.

20 H 22 – Communiqué d’Elisabeth Tessier nous demandant de retenir parmi les 157 conneries annoncées dans les gazettes, la prédiction 29 : – 2012 sera l’année des sagittaires, ascendant de la baby sitter de l’ex femme de Frédéric Nihous. (je dis ça, j’ai pas vérifié, allez pas me faire un procès d’intention)

– 20 H 33 – Communiqué de Pierre Arditi appelant la gauche à se reporter sans états d’âme sur Jacques Cheminade ‘afin d’éviter le pire’ notamment pour les sangliers républicains.

– 20 H 42 – Communiqué groupé et inhabituel des instituts de sondage, prévenant que les estimations restaient à confirmer, que les études précédentes n’étaient que des photographies prises à un moment donné et que la dispersion d’un corps électoral dubitatif ne pouvait qu’engendrer des surprises voilà voilà. Bref qu’ils avaient tout bon.

– 20H57 – Communiqué triomphant de Jean-François Copé, claironnant que les résultats du soir étaient porteurs d’avenir et de bon augure pour 2017.

– 21H00 – déclaration courte et rapide de François Bayrou plus déterminé que jamais, annonçant que sa 4ème tentative serait la bonne vu le frémissement à son égard dans les urnes : 6 % tout rond.

– 21H 34 – Communique de Manuel Valls se proposant dans le cadre d’une union nationale d’être le premier ministre rassembleur de l’un ou de l’autre des prétendants, voire des deux en même temps si ça pouvait dépanner.

C’est vers 1 heure du matin seulement que le futur ancien président envoyait un communiqué du Yacht de Bernard Tapie quelque part en méditerranée, lieu propice à la méditation, déclarant un peu mauvais joueur, qu’il s’en foutait pas mal vu que de toute façon Carla Bruni était pas un bon coup et qu’en France le président commandait plus rien à part Nadine Morano et encore…

Ce que visiblement le peuple français en votant avec ses pieds et en s’offrant une bonne partie de rigolade, avait pigé depuis un certain temps.

tgb

En l’occurrence…

Je ne cesse de m’étonner du nombre de tracts, de fascicules politiques, d’affiches, de discours critiques dénonçant la politique, la personnalité, le comportement de Naboléon et multipliant les photos de lui, ses portraits, caricatures, et citant son nom à tout va.

Une dénonciation incessante faisant de l’obstacle devenu obsessionnel, le conditionnement idéal pour aller droit dedans avec la certitude de ne pouvoir y échapper.

De ces publications que nous percevons d’un œil à peine, que nous parcourrons en travers et dont au final, il ne reste qu’une impression fugace, nous ne retenons qu’une empreinte visuelle, une persistance rétinienne : lui, son nom, sa gueule qui, comme un énième stimuli, renforce encore sa trace et sa prégnance, son effet hypnotique.

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est mal joué.

En 2007 le linguiste Jean Véronis nous l’avait démontré, plus le nom est répété, plus le nombre d’occurrences est élevé, plus il finit par imprimer les consciences, voire les inconsciences jusqu’aux témoignages des psychiatres révélant que 2 patients sur 3 évoquaient en séance, l’agité du bocal jusqu’à saturation.

Constat qu’on peut facilement résumer par cette formule célèbre : « parlez moi de moi, en bien en mal mais parlez de moi » et le sujet central devient inévitable.

Si, faire un bouquin pour dézinguer tel personnage en mettant son portrait en couverture paraît assez cohérent d’un point de vue commercial ou thématique, en revanche pour ce qui est de la pertinence de l’impact c’est nettement plus discutable.

On ne fait pas passer son discours en martelant, même en le dénigrant, le discours de l’autre, comme on n’évacue pas la bobine de l’autre, même en la diabolisant. Parce qu’au final ce qui reste quand on a tout oublié, c’est ce qui s’est ancré passivement, voire paresseusement dans le cortex, le rappel de ce que l’on sait déjà, de ce qui est déjà stocké et facilement identifiable.

On sait par exemple que le logo de Mac Do est la marque la plus repérée par les enfants du monde, avant même qu’ils ne sachent lire. Qu’ils aiment ou n’aiment pas, consomment ou pas, ne change rien à leur degré de reconnaissance et donc d’endoctrinement.

N’importe quel publicitaire vous le dira, plus le message est matraqué, plus l’image est martelée plus c’est celui ou celle qui surgira au moment clé et qui fera la motivation d‘achat.

Je ne parle pas ici évidemment de ceux qui savent absolument ce qu’ils veulent ou ne veulent absolument pas, je parle évidemment des indécis, des distraits, des pas concernés, des peu mobilisés, dont le bras se tendra comme par réflexe vers le produit A.

Plus le produit envahit l’espace public plus il occupe l’espace mental ; mieux il occupe l’écran, plus il s’imprègne dans les coins et recoins du cerveau même à son corps défendant.

Bref la règle numéro un de la communication est, qu’on ne représente ni ne nomme l’adversaire.

Reste à trouver de quoi est-il le nom précisément pour parler de lui sans le nommer, pour le démonter sans le montrer.

C’est pourquoi par exemple, il me paraît parfaitement contre-productif, même au 36éme degré, de citer la poissonnière de twitter à foison, ou le renégat du PS passé ministre es saloperies, pour mieux, même en les éreintant, les surexposer.

Quel intérêt, si ce n’est au final une complaisance malsaine, que de faire exister deux ectoplasmes qui n’ont pas d’autre vocation que de retourner à leur néant ?

Dans la mesure de ma toute vigilance, je m’efforce sans y parvenir toujours, tant j’en fus comme tout le monde obnubilé (en en abusant parfois par facilité) de ne pas citer mon ennemi, de le désigner autrement et de ne pas trop le représenter, même à son désavantage.

Ce qui nécessite souvent quelques acrobaties.

De la désintox

Pour revenir sur le discours de François Hollande, dimanche au Bourget, sans en aborder le contenu dont je me méfie méchamment, je tiens à souligner qu’en nombre d’occurrences utilisées, elles se déclinent ainsi :

‘je’ : 229 – ‘France’ : 56 – ‘égalité’ : 38 – ‘justice’ : 21 – ‘Nicolas S.’ : 0.

L’équipe de comm du PS semble avoir enfin compris qu’il était temps de sortir de la « narkose obsessionnelle » et que le mieux pour éviter l’obstacle était de l’oublier.

Et quand Claire Chazal, demande à François Hollande, pourquoi il n’a pas cité une seule fois le pré-retraité de la présidence dans son discours, il répond facétieux qu’il ne s’intéresse pas au passé, on ne peut que convenir d’une chose :

C’est bien joué !

tgb

L’oeil de Mosco

Nous avons mis la main sur les écoutes confidentielles d’un des candidats à la présidentielle, dissimulé habilement ici sous le nom de code ‘Fanfoué’, dialoguant avec son bras droit Michel S. dit ‘Conifère’.

Ces Ecoutes illégales, opérées par le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard S. dit ‘grandes zoreilles’ récemment mis en examen, nous éclairent sur la stratégie électorale laborieuse, élaborée par ce candidat pour foirer des élections dangereusement gagnées d’avance.

Retranscription littérale :

– Allo Conifère…???…

– François… ???

– chuuuuuuuut !!!! pas de nom saperlipopette…utilise Fanfoué pour brouiller les pistes…je t’appelle pour (inaudible)… le point…

– ben oui Franç…heu Fanfoué…on rame…on était bien parti…(inaudible)… chuté dans les sondages mais là on se stabilise…

– … pourtant je fais des efforts…inodore, incolore, transparent..et quand j’avance je recule…mais ça paye pas !

– ben tu sais, échouer face au nabot, …pas facile, plus personne n’en veut…même Sardou se tâte…

– faut trouver vite la parade parce qu’avec ces conneries je risque de me retrouver président..

– Faut dire, la tva sociale ça nous fait mal, avec ça il est sûr de perdre encore des points…

– …il est fort, et c’est pas en parachutant Jack Lang dans les Vosges qu’on fait le poids ni en nommant Valls, même s’il est plus à droite que cette (inaudible) de Morano, comme porte parole…

– C’est clair, ça fout la gerbe à nos électeurs, mais ils s’accrochent quand même ces enfoirés…(inaudible)… je te dis depuis le début…suivre à la lettre les conseils de Terra Nova, ce sont les derniers ultralibéraux du monde et ils sont de la maison…avec eux même Lepen te doublera sur la gauche…

– Mais je les écoute, …pas foutu les pieds dans une usine depuis 20 ans…alors que même Bayrou y va…et on est toujours à 29%…j’sais plus quoi faire…

– Justement, annonce que tu vas nommer Bayrou premier ministre…

– J’y ai pensé, mais j’ai peur qu’il soit trop à gauche…c’est super risqué…

– N’empêche aller chercher des conseils chez Zapatero, c’était bien vu…si on essayait Papandréou ?…un referendum… ???…

– C’est une idée…je note…(long silence)

– Bon y’a quand même de bonnes nouvelles, Méluche ….( inaudible)… capitaine de pédalo et qui flirte avec les 10%…ça devrait mordre sur nous…

– …pas suffire…(inaudible)… comme me prendre en photo sur mon scooter à trois roues…roi du triporteur ramollo….me fait pas perdre une voix…

– T’as entendu…la réponse de Jouyet au journaliste qui lui disait « vous avez été ministre de Sarkozy, vous êtes un soutien de Fran…Fanfoué Hollande… »

– … ???…

« c’est bien résumé » qu’il a dit !

– Jouyet est un ami de 30 ans, on peut compter sur lui pour me plomber mais bon…

– Promets un ministère à Kouchner ça pourrait déplaire efficacement…

– C’est prévu mais…réchauffé…dix points à perdre…

– Et Mosco ???

– Quoi Mosco ??? ce faux derche de pote de DSK (inaudible) qui me crachait dessus…

– Comme mauvais directeur de campagne, il est bon, une connerie par jour

– Insipide…mais pas assez…Huchon c’était mieux en pire…

– En tout cas j’ai fait comme t’as dit, j’ai laissé fuité tes propos avec les grands patrons…

– …tout le monde s’en fout, face à la perte du triple A… trop léger…

– P’tain il est fort ce nabot…va finir par nous faire gagner…mais tout n’est pas perdu… remets toi à bouffer…perds tes cheveux…divorce…retourne à la colle avec ton ex…

– C’est à étudier…fais un sondage là-dessus…(inaudible)…tout essayer…parce que sinon …bon pour 5 ans…franchement, tu me vois président ?

– Franchement… (inaudible)…. t’en fais pas Fanfounet heu…Fanfoué… on va te sortir de là…

– Et dés le premier tour hein…on peut quand même pas faire moins bien que Lionel…

– On y travaille Fanfoué on y travaille !

tgb

Pendre la crème à Hyères

300 militants du Front de Gauche, à se peler l’oignon dans la très ’select’ rue de Courcelles (VIII) à faire le siège du discret siège de Standard and poors, c’est courageux, symbolique mais ça fait pas derche, j’en conviens.

On pourrait légitimement en espérer 3000, 300 000 ou 3 millions, si les citoyens tout à coup devenaient raisonnables, mais bon, ils auraient pu n’être que 30, voire 3 en gestation ; c’est déjà ça !

Je ne manque d’ailleurs pas d’air à déplorer le peu de mobilisation citoyenne à gigoter du drapeau, vu que moi au chaud, j’y déléguais ma douce, toujours à droite, surtout à gauche, facilement partante pour se geler les fesses (fort aimables) en mon nom.

Juste répartition des rôles dans notre couple exemplaire et moderne.

Bon, c’est pas spécialement qu’on en a après une agence de notation dont on ne connaissait que couic il y a deux ans à peine, et qui ne fait pas plus la pluie et le beau temps que monsieur météo mais quand même, faut bien se défouler sur quelqu’un, que quelqu’un paye pour les autres. Ce thermomètre-là pourrait bien faire l’affaire, on n’est pas difficile, vu que ce grand merdier de la « dette inventée », n’est pas une crise mais un hold-up !

Le casse du nouveau siècle.

‘Indignons-nous’ nous dit-on, ‘résistons’ nous galvanise t’on, ‘révolution citoyenne’ nous propose t’on dans le meilleur des cas. Je ne sais pas vous mais moi, je trouve les slogans, un chouïa sur la défensive.

A l’heure qu’il est, vu le temps qu’il fait, est ce bien raisonnable ?

Ne pourrions nous envisager d’enclencher la marche avant , d’inverser les peurs, et plutôt que de rassurer le vorace packman des marchés (1 prend 99 et les 99 le reste) lui foutre les miquettes qu’il n’y revienne pas avant mille ans.

Bref, faire sauter comme un mot de trop dans « révolution citoyenne », je vous laisse deviner lequel, et par exemple pendouiller par les bretelles quelque banquier au haut d’un réverbère pour l’exemple. Un au hasard, au mauvais endroit au mauvais moment, pas plus salaud qu’un autre mais faut bien commencer par quelqu’un.

Et comme l’écrit avec pertinence dans « le dernier jour d’un condamné » l’honorable Victor Hugo « En temps de révolution, prenez garde à la première tête qui tombe. Elle met le peuple en appétit. » L’appétit venant en mangeant…

Vous me direz que c’est un peu radical

Et je vous répondrai : « pas tellement ! »

Ce que je trouve assez radical moi, c’est le type qui gagne mille fois ce que tu gagnes et qui t’explique de toute son expertise que tu vis au-dessus de tes moyens.

Ce que je trouve parfaitement radical c’est le gus engraissé aux services publics, passé au privé avec armes et mallettes, qui te déclare que l’état providence, c’est mort.

Ce que je trouve terriblement radical, c’est le mec qui exploite femmes enfants planète tout pour sa gueule et théorise qu’il n’y a pas d’alternative.

Ce que je trouve sacrément radical c’est le gonze qui te propose le retour à l’esclavage en t’expliquant que c’est une forme moderne d’émancipation.

Ce que je trouve salement radical c’est le keum qui t’affirme que si on en est là c’est la faute à Momo qu’a gratté 50 euros sur le chomdu tandis que lui s’est détourné 50 millions dans un paradis fiscal moralisé qu’existe plus.

Ce que je trouve radical, c’est cette racaille interlope, ces parasites sociaux de la rente à rien foutre qui se gavent sur l’anesthésie des autres en les culpabilisant.

Ça c’est radical et je nous trouve extrêmement complaisants, d’une étonnante patience, et pour tout dire étrangement compréhensifs et tolérants, voire un tantinet couillons, face à l’injure qui nous est faite par la ploutocratie.

3884856705_0a98cdc5f4_z.jpg

C’est pourquoi, l’effigie d’un banquier, un gros, un gras, pour commencer, pour estimer l’esthétique, pour faire rire les enfants, puis, de fil en aiguille, passant aux travaux pratiques…quelques membres éminents du club du Siècle, du groupe Bilderberg…au sommet du poteau, me paraît moins radical qu’éducatif.

Et d’une légitime défense subtilement pondérée.

Bon quand je titre ‘pendre la crème à Hyères’, n’y voyez aucune intention particulièrement géographique, ça peut être à Meudon, à Versailles ou rue de Courcelles, c’est juste, vous l’aurez compris, l’opportunité de faire un jeu de mot consternant.

Pas de quoi en faire un fromage.

Et de citer encore l’épatant Victor : « Nous en étions à ce point dans la crise européenne qu’une révolution de plus c’était une guerre de moins. »

 tgb

Dégradez moi !!!

Quand même assez troublant de voir l’énergie déployée par les candidats à la présidentielle pour avoir l’insigne honneur, s’ils décrochaient par inadvertance la queue du Mickey, de mettre en place dans la détestation générale, un troisième, quatrième puis cinquième plan de rigueur, et autres mesures d’austérité.

Assez impressionnant oui, cette débauche d’efforts pour se retrouver dans l’obligation vis à vis de ses donneurs d’ordres et bailleurs de fonds, de repousser aux calendes grecques, l’age de la retraite, de privatiser la sécu, de libéraliser les derniers services publics, de faciliter les licenciements et de promouvoir le salaire à 600 euros mensuel, sous les acclamations distinguées de types qui les gagnent à l’heure.

Il y a quelque chose de l’ordre de la pathologie et de la mortification, dans cette volonté à tout prix, d’être celui ou celle qui finira, au mieux, remplacé au pied levé par un membre de la tribu Goldman Sachs sous les crachats, ou, au pire (pour eux), pendu à un réverbère, quand le peuple dans sa grande sagesse, retrouvant ses pittoresques traditions, passera de l’indignation stérile à l’insurrection générale performante.

Au grand jeu sado-maso du « oh oui dégradez moi en public ! » il se pourrait bien que le plus malin, soit le président actuel, bien parti pour échapper, grâce à la perte d’un A providentiel, à la pendaison de sa propre crémaillère.

De là à en conclure qu’il n’y a de bol que pour la crapule…

tgb

Cette part d’ombre-là…

Tu la sens bouger, frémir, gémir, tapie au fond, bien au fond, cette part d’ombre-là, cette zone frustre de saloperie ordinaire qui ne demande qu’à jaillir, qu’à courir le long de l’épiderme. Elle est cette mauvaise part de toi, de ton intestinal qui remplace tes neurones à l’heure de l’embouteillage crétin, de la queue-de-poisson, faite d’aigreur et de bile et de connerie primaire, rhabillée à l’envi de bons sens populaire.

Elle s’incarne dans le « sale connard » lâché au con de piéton quand tu conduis à donf, au con d’automobiliste quand t’es bêtement à pinces et elle parle en boucle « au sale connard » de l’autre du sale connard en toi.

Pas besoin de la stimuler cette part d’ombre là, elle suinte déjà, déjà qu’elle affleure, que la pulsion est là, que l’instinct est à vif, qu’il n’est déjà pas simple de la contraindre et de la contenir. Pas besoin de la décomplexer, d’oser la dire tout haut, déjà qu’elle crache son venin, qu’elle se rote et se pète sans même s’émouvoir.

Il fut un temps du moins, on en n’était pas fier, on se la tartinait pas en « brisant les tabous ». Elle nous foutait la honte, on savait plus où la mettre. On la savait sale, moche et malodorante cette ombre chinoise là tellement qu’elle chlinguait fort et, on faisait l’effort de la réprimer encore, de tenir ses sphincters, de se la garder pour soi.

C’est pourtant bien cette part-là, justement celle-là, qu’on cajole qu’on titille, qu’on te matraque à l’émotion, qu’on te flatte en flatulences, qu’on te jardine à coups de déjections. Justement celle-là au fond de la caverne, pas ta part de diamant ou ta portion d’étoile qui scintille quelque part, non cette inculture-là, justement celle-là, qu’on te cultive à mort, dans le pas savoir vivre, le pas vouloir penser, ou le pensé comme un porc et le revendiquer.

Elle est simple à motiver cette part d’ombre là, en deux slogans faciles direct dans les viscères à déchaîner les haines, à attiser les peurs « et qu’on est plus chez nous » « et tous des assistés, des minables, des cloportes » qu’il te faut deux plombes après pour sortir du vomi et nettoyer la merde et pour rentrer alors seulement à la raison.

Oui tu la sens raser les murs, cette éminence grise et grasse, ce sale cardinal noir, ce putain de cafard, grimé en préfet binoclard, ministre d’intérieur, qui n’aura fait qu’obéir aux ordres, en dévoué fonctionnaire, qui n’aura fait que son devoir, en zélé délateur, anonyme et français, exhibant ses records du jeté expulsé.

Cette part d’ombre là, c’est cette vieille tradition de la haine ancestrale, de la morgue de la hargne et de la condescendance, à déchaîner les foules, à exciter les gens, indexée sur le fric seule valeur estimable du pays du mépris, qu’on se passe en relais d’Hortefeux à Besson jusqu’au veuf Guéant, qu’on se badigeonne de mots « immigration choisie » et « quota d’étrangers » aussi cons que méchants pour une France racornie de blond blanc et bleu, miro comme une taupe, aussi rance que rassis.

Ni par vice, ni par perversité, cette sale ombre-là, juste par jeu électoral, juste pour garder au chaud, la place du fils du réfugié hongrois des temps généreux, qui s’expulserait lui-même dans la haine de soi qui n’est jamais qu’un autre, s’il ne s’adulait tant.

tgb

Jeanne au Fouquet’s

En ces temps de guerre économique où flottait l’étendard sanglant AAA, Jeanne de Roms se leva un matin d’hiver, sortit frigorifiée de sa caravane de misère, s’arrêta tout près du brasero au beau milieu du campement de fortune édifié sur la terre lorraine, et entendit des voix : « Jeanne ma fille va bouter l’oligarchie financière hors de France !!! »

Aussi sec, Jeanne la plus ou moins pucelle, enfila un vieux jogging pourri, mit sa casquette à l’envers puis enfourcha sa mobylette pour cavaler, façon Mollah Omar, jusqu’à la capitale du royaume.

Ce jour-là précisément, Charlot 1er dit le Nabot, candidat-roi de France, juché sur ses échasses remettait dans les ors du palais du Fouquet’s, la légion d’honneur aux irremplaçables ménestrels ‘Stone et Charden’.

Fourbue, rompue, Jeanne se fraya un passage entre les têtes à claques de la clique courtisane UMP, se joua de la garde rapprochée des hallebardiers à oreillette et fonça direct sur le roitelet qu’elle reconnut d’emblée à son air de ‘sale mec’ à salamalecs en suppliant à genoux : « citoyen président boutons l’oligarchie bancaire hors de France et la TVA antisociale itou »

Interloqué et dédaigneux, Charlot 1er fort inspiré eut cette réplique fameuse et lapidaire :« casse toi pov’conne !!! »

Illico une volée de noires matraques tombèrent sur la gueule de la petite Jeanne, dans un concert de quolibets choisis des notables flagorneurs :

– Encore un de ces minables manants à moins de 5000 écus mensuel’ déclara plein de morgue le baronnet de Meaux en se bouchant le nez.’

– Chassez moi cette analphabète qui cause la France en verlan’– pouffa à gros sabots l’écuyère à soupe Nadine de Medrano, un bout de salade coincé entre les dents.

– Est ce qu’elle a ses papiers la manouche pas catho ?’ – s’inquiéta le marquis de Guéant tout à ses statistiques ethniques et à sa circulaire, réprimant difficilement une divine érection.

Deux gardes en armure, genre robocop, empoignèrent vigoureusement la petite Jeanne de Roms, hébétée et meurtrie, entre deux sales visions de zapping à la télé.

Mise en garde à vue, puis placée au camp de rétention de Vincennes, elle fut après un procès expéditif en hérésie identitaire, expulsée manu militari par charter en Hongrie où la police d’Orban la condamna immédiatement aux travaux forcés.

Elle mourut quelques mois plus tard victime de la tuberculose.

Ainsi disparut la petite Jeanne de Roms sans que naisse jamais ni le moindre mythe, ni la moindre légende à son (mauvais) sujet.

tgb

Le cercueil ET la valise

George et Vaclav atlantistes pour la vie

L’homme qui effaça des nécros Cesaria Evora avant d’être effacé des nécros par Kim Jong-il, aimable clin d’œil médiatique du zapping de l’histoire, celui qui débuta sa vie politique en héros dissident avant de la finir en héroïque larbin, aura réussi l’étonnant exploit de transformer les queues devant les boulangeries d’état, en files d’attente devant les agences pour l’emploi d’une république Tchèque privatisée.

Ce grand lécheur de derche de l’Otan, enthousiaste à l’idée de casser de l’irakien et à promouvoir du mafieux kosovar , entre deux citations à enfoncer les portes ouvertes de la pensée volatile: ‘aucun jeu ne peut se jouer sans règles ’ ou ‘la science peut mener à la découverte de l’énergie atomique, mais elle ne peut pas nous préserver d’une catastrophe nucléaire’ aura bien mérité de ses roulages de pelles à Oncle Bush.

A Havel, le bourgeois occidental sarko-clintonien reconnaissant.

Liberté d’expression pour Vuitton

L’homme à la tache de gros rouge indélébile sur le front qui réussit la prouesse de se faire imploser l’empire soviétique dans la tronche avant de le vendre à la découpe à des oligarques acquéreurs de clubs de foot londoniens et de yachts monégasques, appelle le camarade Poutine à partir sur le champ.

Ce grand expert en perestroïka réversible fourrée de glasnost sur les bords, dont la popularité en occident n’a d’égal que le dégoût profond qu’il inspire aux russes, et qui recueillit jusqu’à 0,5% de suffrages à l’élection présidentielle 96, pour dire la crédibilité politique du message, n’aura pas pris une valise pour rien.

A Mikhaïl Sergueïevitch, la marque prolétarienne Vuitton reconnaissante.

tgb