Pendre la crème à Hyères

300 militants du Front de Gauche, à se peler l’oignon dans la très ’select’ rue de Courcelles (VIII) à faire le siège du discret siège de Standard and poors, c’est courageux, symbolique mais ça fait pas derche, j’en conviens.

On pourrait légitimement en espérer 3000, 300 000 ou 3 millions, si les citoyens tout à coup devenaient raisonnables, mais bon, ils auraient pu n’être que 30, voire 3 en gestation ; c’est déjà ça !

Je ne manque d’ailleurs pas d’air à déplorer le peu de mobilisation citoyenne à gigoter du drapeau, vu que moi au chaud, j’y déléguais ma douce, toujours à droite, surtout à gauche, facilement partante pour se geler les fesses (fort aimables) en mon nom.

Juste répartition des rôles dans notre couple exemplaire et moderne.

Bon, c’est pas spécialement qu’on en a après une agence de notation dont on ne connaissait que couic il y a deux ans à peine, et qui ne fait pas plus la pluie et le beau temps que monsieur météo mais quand même, faut bien se défouler sur quelqu’un, que quelqu’un paye pour les autres. Ce thermomètre-là pourrait bien faire l’affaire, on n’est pas difficile, vu que ce grand merdier de la « dette inventée », n’est pas une crise mais un hold-up !

Le casse du nouveau siècle.

‘Indignons-nous’ nous dit-on, ‘résistons’ nous galvanise t’on, ‘révolution citoyenne’ nous propose t’on dans le meilleur des cas. Je ne sais pas vous mais moi, je trouve les slogans, un chouïa sur la défensive.

A l’heure qu’il est, vu le temps qu’il fait, est ce bien raisonnable ?

Ne pourrions nous envisager d’enclencher la marche avant , d’inverser les peurs, et plutôt que de rassurer le vorace packman des marchés (1 prend 99 et les 99 le reste) lui foutre les miquettes qu’il n’y revienne pas avant mille ans.

Bref, faire sauter comme un mot de trop dans « révolution citoyenne », je vous laisse deviner lequel, et par exemple pendouiller par les bretelles quelque banquier au haut d’un réverbère pour l’exemple. Un au hasard, au mauvais endroit au mauvais moment, pas plus salaud qu’un autre mais faut bien commencer par quelqu’un.

Et comme l’écrit avec pertinence dans « le dernier jour d’un condamné » l’honorable Victor Hugo « En temps de révolution, prenez garde à la première tête qui tombe. Elle met le peuple en appétit. » L’appétit venant en mangeant…

Vous me direz que c’est un peu radical

Et je vous répondrai : « pas tellement ! »

Ce que je trouve assez radical moi, c’est le type qui gagne mille fois ce que tu gagnes et qui t’explique de toute son expertise que tu vis au-dessus de tes moyens.

Ce que je trouve parfaitement radical c’est le gus engraissé aux services publics, passé au privé avec armes et mallettes, qui te déclare que l’état providence, c’est mort.

Ce que je trouve terriblement radical, c’est le mec qui exploite femmes enfants planète tout pour sa gueule et théorise qu’il n’y a pas d’alternative.

Ce que je trouve sacrément radical c’est le gonze qui te propose le retour à l’esclavage en t’expliquant que c’est une forme moderne d’émancipation.

Ce que je trouve salement radical c’est le keum qui t’affirme que si on en est là c’est la faute à Momo qu’a gratté 50 euros sur le chomdu tandis que lui s’est détourné 50 millions dans un paradis fiscal moralisé qu’existe plus.

Ce que je trouve radical, c’est cette racaille interlope, ces parasites sociaux de la rente à rien foutre qui se gavent sur l’anesthésie des autres en les culpabilisant.

Ça c’est radical et je nous trouve extrêmement complaisants, d’une étonnante patience, et pour tout dire étrangement compréhensifs et tolérants, voire un tantinet couillons, face à l’injure qui nous est faite par la ploutocratie.

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C’est pourquoi, l’effigie d’un banquier, un gros, un gras, pour commencer, pour estimer l’esthétique, pour faire rire les enfants, puis, de fil en aiguille, passant aux travaux pratiques…quelques membres éminents du club du Siècle, du groupe Bilderberg…au sommet du poteau, me paraît moins radical qu’éducatif.

Et d’une légitime défense subtilement pondérée.

Bon quand je titre ‘pendre la crème à Hyères’, n’y voyez aucune intention particulièrement géographique, ça peut être à Meudon, à Versailles ou rue de Courcelles, c’est juste, vous l’aurez compris, l’opportunité de faire un jeu de mot consternant.

Pas de quoi en faire un fromage.

Et de citer encore l’épatant Victor : « Nous en étions à ce point dans la crise européenne qu’une révolution de plus c’était une guerre de moins. »

 tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

16 commentaires sur « Pendre la crème à Hyères »

  1. Mmh… rien de « radical » dans leurs discours, je trouve ; mais simplement « gonflés » (et « -flants ») !!!-]

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  2. En Phrance, ventre plein ou vide on ne se revolte plus, la revolution est devenue un exercice épistolaire et cérébrale.Et pour les plus activistes, une « soft parade »,kermesse grotesque ou l’on défile avec nez rouge et flonflon sous l’oeil vigilant des medias,le couteau entre les dents pourrait effrayer le bourgeois …

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  3. de toute façon les merdias passent leur temps à foutre la trouille aux bourgeois ‘l’insécuriiiiiiiiiiité’ on pourrait bien jouer aussi nous avec la ‘révolutiooooooooooooooon » y’a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent

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  4. @ tgb
    je vois que tu es très-très énervé, je repasserai… mais la nouvelle que JLBorloo envisage de porter plainte contre les agences de notation qui ont couvert l’intoxication mondiale aux subprimes te stimulera peut être la bonne humeur ? aux assises les spéculateurs ! Jean Ziegler forever 😉

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  5. Et puis, quand on chante l’Internationale, c’est révolution qu’il faut crier!… pas résistance!
    Du passé faisons table rase.

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Commentaires fermés

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