Du haut du pavé au bas du caniveau

En ces temps critiques d’un capitalisme démoralisé faisant en notre pays du 70 chômeurs de l’heure en octobre, jusqu’à atteindre le joli score de . 4. 629 000 demandeurs d’emploi, en ces temps de froidure où l’on annonce une baisse des dépenses de noël dans les foyers français, quelques  témoignages pris sur le vif en micro trottoir afin d’évaluer, par l’exemple, l’état réel du pouvoir d’achat des ménages français :

Témoignage 1

– « Quelle  crise ? » nous déclare perplexe un quadragénaire dynamique au sortir de sa limousine – «  j’attends très prochainement une augmentation de 20% sur mon salaire ce qui devrait me situer autour des 275 000 euros Bruts annuels et ça me fait chaud au cœur de voir ainsi  mes compétences justement récompensées.»

Ce Directeur Général de Pôle Emploi nous révèle donc qu’il est encore des secteurs d’activité en pleine progression et c’est là un véritable message d’espoir et d’optimisme pour tous les travailleurs français avec ou sans papiers.


Témoignage 2

– « Je travaille plus  et je gagne plus. Je suis l’exemple même de la pertinence du slogan présidentiel ».  Ainsi s’exprime ce capitaine d’industrie rayonnant, touchant un salaire deux fois supérieur à celui de son prédécesseur en prenant la direction d’une grande entreprise publique d’énergie  tout en conservant ses billes dans une prestigieuse entreprise privée (d »énergie aussi).

En cumulant courageusement ces deux fonctions, ce grand PDG, déterminé à ne pas baisser la garde et à ne pas se laisser happer par la morosité ambiante, démontre ainsi que lorsque l’on veut l’on peut et que la crise après tout n’est qu’une question de tempérament.

Témoignage 3

– « Mon pouvoir d’achat s’est largement amélioré ces deux dernières années. Il faut dire que je travaille dans un domaine particulièrement porteur »
nous révèle réjoui et bronzé, ce jeune conseiller de 1er ministre avec une pointe de désinvolture nonchalante. – « Le nombre de conseillers  des cabinets ministériels  a augmenté de 17,2% entre 2008 et 2009 et la rémunération moyenne mensuelle  des personnels contractuels de ces cabinets de 12,8% pour atteindre 7.157 euros brut…Il serait indécent  de se plaindre » nous confie t’il dans un demi sourire. « Notre politique est très volontariste ainsi nous créons de nombreux emplois et participons à tirer la croissance. Par exemple avec 39 personnes dans un cabinet ministériel nous pouvons avoir jusqu’à  48 chauffeurs à notre disposition. Si  ce n’est pas une politique vouée à l’emploi et au pouvoir d’achat je me demande bien ce que c’est. » Quand on l’interroge sur le poste qu’il occupe avec cette motivation remarquable, le jeune conseiller répond sobrement et avec une pointe de modestie « Je m’occupe des dossiers généraux (…) Aucun domaine ne m’est affecté en particulier »

Un bien beau métier !!!

On peut observer donc, à travers ces trois témoignages, échantillon représentatif pris sur le terrain au hasard, que contrairement au pessimisme ambiant, relayé en grande partie par des médias complaisants, le pouvoir d’achat des français se porte pour le mieux. Ce micro trottoir accrédite largement le fait que les promesses émises par le président français lors de sa campagne électorale ont été tenues.

Notre président ayant lui-même obtenu une méritoire augmentation de 170% sur son salaire, c’est au moins 4 personnes en France satisfaites de la politique gouvernementale dont 3 témoignages sur 3 soit 100% de notre panel.

Comme quoi pour le micro trottoir, il est important de bien différencier le haut du pavé du bas du caniveau.

tgb

7 questions (parmi d’autres) pour agrémenter vos insomnies

1) Sachant que le gouvernement français a commandé 50 millions de doses de vaccin anti H1N1 à Glaxo Smith Kline, que pour fêter ça GSK en a profité pour licencier 800 salariés  à Evreux, pensez vous que si le ministère de la santé n’avait rien commandé du tout, les 800 licenciés en question seraient toujours au boulot ?

2) Sachant qu’un débat sur l’interdiction de la fessée à lieu actuellement en France initié par la député UMP Edwige Antier, pensez vous que ce châtiment pourrait être avantageusement remplacé par l’electrocution de fillettes de 10 ans ou l’incarcération de mineurs de 13 ans et si oui n’avez vous pas le sentiment de vivre dans une société parfaitement faux cul ?

3) Sachant que l’impayable ministre Darcos menace de fermeture administrative les entreprises employant des travailleurs sans papiers, croyez vous sérieusement (et sans rire) qu’il va de ce pas, prendre rendez-vous avec Mr Bouygues (grand amateur de salariés sous traités) pour lui signifier la fermeture de sa petite entreprise de BTP ?

4) Sachant que les 150 000 millions d’euros pris sur les accidentés du travail ne suffiront pas à payer l’avion flambant neuf Air force One estimé à 185 000 d’euros de notre petitloquent président, considérez vous qu’il serait juste et pertinent de taxer les chômeurs en fin de droits pour récupérer les 30 millions manquants ?

5) Sachant qu’un jeune étudiant français de sciences po, né en France, traité de sale arabe par quelque crs délicat n’est pas contacté par le ministère de l’intérieur pour d’officielles excuses, mais par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, (pour on ne sait pas trop quoi ) tentez de définir (et ce sera pas de la tarte) quel rapport avec la choucroute mr Besson pourrait bien avoir avec cette histoire.

6) Sachant que mr Benjamin Netanyahu a donné généreusement son accord au président français pour la reconstruction et financement par la France (et le Qatar) de l’hôpital Al-Qods à Gaza, en signe de gratitude pour l’attitude ferme adoptée par notre gouvernement face à l’Iran, croyez vous que l’armée israélienne attendra poliment le jour de l’inauguration pour l’exploser à nouveau au phosphore avant que d’accorder le droit à la France de le reconstruire et refinancer encore ?

7) Sachant que le libéral libertaire triomphateur des dernières européennes, Daniel Cohn Bendit, s’est présenté en France parce qu’il était soumis  en Allemagne à une règle de limitation de la durée des mandats (3 maxi), n’avez vous pas le sentiment vague mais persistant, que le vert reluisant, serait devenu quelque chose comme un assez minable professionnel de la profession politicarde ?

Si ces 7 questions passionnantes ne suffisent pas à remplir vos nuits, n’hésitez pas à me contacter, j’en ai plein d’autres….

tgb

Fier d’avoir honte

La connerie nationaliste n’ayant pas de frontière, le chauvinisme étant universel, je suis assez fier, pour une fois, que la France ait honte de se qualifier en se disqualifiant. En ce sens le peuple français, sans doute pas plus vertueux qu’un autre, exprime pourtant une de ses valeurs qu’on croyait à jamais dissoute dans la médiocrité sarkoziste – une forme de romantisme élégant : le goût du panache.

A savoir : mieux vaut perdre dans la dignité, que de gagner dans la triche. (Je ne suis pas certain qu’il en soit de même en Italie ou chez les Anglosaxons)

Il reste donc, dans notre mémoire collective, ce vieux sens chevaleresque de la beauté du geste et ce sens de l’honneur que la sous culture vulgaire et pseudo pragmatique (culture du résultat, performance, compétitivité…)  qu’on nous inflige depuis deux ans n’a visiblement pas entamée.

Et peut être même, pouvons nous y voir une forme de résistance et le rejet de cette politique « racaille » et opportuniste – pas vu pas pris – prête à tout, à toutes les bassesses, à tous les vices, à toutes les instrumentalisations, pour arriver à ses fins.

Ben non, pour nous encore, ici et maintenant, la fin ne justifie pas tous les moyens. Il y a un prix que nous n’acceptons pas de payer – le prix du déshonneur. L’essentiel encore, n’est pas seulement d’atteindre les objectifs mais d’y mettre la manière. En cela le Bernartapisme ne nous a pas tant contaminé que ça. Et c’est méchamment réconfortant.

Si nous avons appris à gagner avec Zidane, à passer l’éponge sur un coup de boule théâtral, par gratitude et passion indulgente, si nous aurions pu fermer les yeux sur un fait de jeu finalement assez commun, la grosse mimine d’un Thierry Henry plus filou que truqueur, nous avons décidément la nausée devant une équipe  qui ne joue pas mal mais qui ne joue pas du tout, une équipe sans âme, sans envie, sans grâce, et devant l’obscénité surtout d’un entraîneur pitoyable, avec prime de 800 000 euros gagnée à la sueur de son incompétence, incapable de la moindre décence et de la moindre empathie.

Non on n’a rien contre un petit coup de pouce du destin, contre un chouïa de bol, contre un réflexe instinctif, coup de boule ou coup de main, encore faut il qu’on en rajoute pas dans la fanfaronnade et qu’on se la joue profil bas.

Ou alors vergogna. 

Il est curieux finalement que sous ce triste sarkozisme, chaque résultat soit si ambigu, toujours entaché de quelque chose de pourri, de suspect, de pas net, que chaque action soit un peu sale sur les bords, chaque décision soit un peu tirée par les cheveux, voire par les poils du cul merdeux, que chaque discours frise l’escroquerie, l’arnaque ou la tartufferie, que chaque image soit sujette à caution. Bref il est curieux qu’on nous impose aujourd’hui d’aimer cette petite France là, menteuse, tricheuse, foireuse, un peu moche, un peu nauséabonde, un peu minable, un peu moisie. Alors que d’évidence on en aime une autre.

Flamberge au vent.

Oui il y a plus d’honneur chez le dernier pilier de bistrot, le dernier supporter abruti que chez le premier des politiques, le premier des présidents de fédération, le premier des entraîneurs bidons. Oui ici on préférera toujours le dandy de grand chemin détournant un fourgon blindé sans armes et sans verser une goutte de sang plutôt qu’un banquier plié dans la soie et dans son parachute doré .

Il y a toujours en nous quelque chose de Mandrin, toujours en nous un vieux fond anar, toujours en nous un vieux fond de docteur Justice, qui nous fait admirer un héros, perdant peut-être mais avec classe, plutôt qu’un petit voyou de Neuilly, gagnant peut-être mais avec mépris.

Et, encore une fois le manque d’exemplarité de notre oligarchie, systématiquement à côté de la plaque, renforce ce divorce avec le peuple de France. Oui, ce malaise fouteux est emblématique du malaise profond en ce pays qui ne se reconnaît pas. Ni dans le miroir qu’on lui tend, ni dans ces élites qu’on nous vend. Ce malaise est d’évidence le signe avant-coureur d’un hiatus définitif. (et dangereux)

Tant pis pour les Irlandais, volés, violés, floués, spoliés. On le fût aussi, on le sera encore. Ce n’est pas plus grave que ça. Tant pis pour ces Irlandais donc, dignes et respectables ; on ne rejouera pas le match. Ce n’est pas comme pour le referendum.

Dans le foot au moins on est cohérent, quelque soit le résultat, estimable ou pas on applique la règle et on valide le score.

La France ira donc en Afrique du sud sur un hold-up. Ne lui reste plus alors qu’à être héroïque ou à disparaître sous les quolibets.

En tout cas aujourd’hui avec des millions de français, je suis fier d’avoir honte.

tgb

Ma première lettre anonyme

Mr le ministre de l’immigration et de l’identité nationale,

Suite à la lecture d’une dépêche AFP, j’ai constaté avec bonheur que vous aviez l’intention (louable) de renforcer la lutte contre les « mariages gris » conclus entre un étranger et une personne de nationalité française qui serait abusée.

En brisant un de ces tabous humano-gauchiste avec un courage et une détermination qui vous honorent et que le monde libre nous envie, le bon citoyen, fier d’être français, qui jusque là sommeillait en moi, ne peut que vous féliciter.

N’écoutant donc que mon devoir civique, je tiens à vous signaler le cas particulièrement suspect d’une personne étrangère profitant d’un mariage  vraisemblablement de complaisance, pour obtenir en priorité des papiers bien français.

Cette personne, abusant d’un état de faiblesse psychologique (et momentanée ?) d’un brave père de famille en situation vulnérable (déception  sentimentale) victime de sa générosité et de son désintéressement, ce qui exclut d’évidence le mariage blanc, ne peut que renforcer la thèse du mariage gris. 

Sachant (grâce à vous) que 80% des annulations de mariage concernent des unions mixtes, source principale d’immigration dans notre beau pays, il me semble urgent de dénoncer cette monstrueuse escroquerie sentimentale d’une mariée peut être en noir.

L’épouse en question étant relativement connue je me contente d’un lien identitaire, en faisant confiance à notre police nationale, aussi efficace pour expulser du sans papier que, j’en suis sûr, pour démasquer une perfide et cupide trafiquante d’affection.

Fort maréchalement

Un bon français

tgb

Frustrés de tous pays…

Echauffourées à Marseille, au cœur de la ville, Cours Jean-Ballard, sur le Vieux-Port, allées Léon-Gambetta, boulevard d’Athènes, gare Saint-Charles ; déflagrations, flammes, fumées, cris ;

affrontements à Paris, à deux pas de la tour Eiffel, voitures renversées, vitrines brisées, pillages, dégradations et destructions de mobilier urbain ;

heurts violents  avec des forces de l’ordre débordées ici, tentant de canaliser à coups de lacrymo, de tonfa, et d’arrestations là, des émeutiers survoltés et déterminés :

Serait-ce que l’insurrection viendrait, serait-ce que l’insurrection serait là ?
Serait-ce que ces révoltes incendiaires annonceraient les prémisses d’une révolution spontanée par un peuple chauffé à blanc et à l’exaspération  hautement inflammable  ?

Marseille  Brûle t’il ?
Paris brûle t’elle ?
La France s’enflammerait elle  enfin ?

Que nenni mon ami

Nulle conscientisation politique ici
Nul projet de société là
Nulle réponse aux injustices , aux inégalités, ou aux lois liberticides
Pas plus d’utopie que d’aspiration à la solidarité ou à un monde meilleur.

Juste un match de foot OM/PSG, annulé à Marseille.
Juste une distribution marketing et malsaine de biffetons, annulée à Paris.

Juste deux frustrations d’une foule consommatrice, hautement dépolitisée, sciemment acculturée, consciencieusement atomisée, qui dégénèrent.

Si, on peut voir derrière ces deux faits de société emblématiques, le jeu et l’argent, l’accumulation d’une colère refoulée en irruption spontanée, d’une misère culturelle et sociale sans repères et sans perspectives et d’une violence instinctive comme seule réponse à la violence fabriquée  d’une civilisation consumériste, ils expriment avant tout, un réflexe conditionné non assouvi plutôt que la dénonciation d’un système qui abruti. 

C’est un constat assez déprimant pour nous et assez réjouissant pour le pouvoir.

Car à coups de « t’auras t’auras pas », de distribution de croquettes par çi ou d’opium du peuple par là, l’oligarchie méprisante pourrait bien finir par prendre plaisir et se distraire,  à voir s’entredévorer la foule pavlovienne enfin addict, pour un os à ronger. Car, il ne faut évidemment pas s’étonner qu’une foule incitée en permanence à consommer et à qui en permanence, on retire les moyens de le faire, finisse par s’énerver et se foutre sur la gueule. A instrumentaliser le manque, un gouvernement, cynique par définition, peut considérer avec ravissement qu’au moins pendant ce temps là, cette foule, ne fait pas de conneries.

Lui demander des comptes ou le renverser, par exemple.

Dans la prédominance idéologique de l’avoir sur l’être, tout pouvoir préfère naturellement que le peuple explose pour combler un désir frustré, posséder une Rolex avant cinquante ans par peur de rater sa vie, plutôt que de lutter pour défendre ses droits et tant qu’à faire ceux des autres.

Suite à cette analyse affligeante, si un théoricien breveté de l’insurrection et de l’émeute populaire, venait à passer par là, je ne peux que lui conseiller de programmer une révolution à date et horaire précis pour mieux l’annuler quelques minutes avant.

Nul doute qu’une telle stratégie pourrait faire quelques dégâts.

tgb

Vini, Vidi, Vichy

Après la gauche épidermiquement Bruniste, priée d’arrêter ses conneries d’intello-tarlouze qui fait fuir la clientèle, le retour de la droite olfactivement camembert, chargée de resserrer les rangs.

Grognard Eric au rapport.

Tu connais pas le Raoult à la manœuvre ?
Tout dans la délicatesse et la subtilité tactique
On fonce dans le tas. Après on voit.

En grande forme le Eric
Le Beauf du terroir dans ses grands jours.

Sa vie son œuvre :

– peine de mort mon amour
– Ben Ali mon ami
– Le Goncourt modéré Français

rien que du raffiné du groin, versus – Les gros cons parlent aux gros cons –

Au moins à l’UMP question gros con ils n’ont que l’embarras du choix.

Gros con Paris : Lebefvre
Gros con bouseux : Raoult
Gros con affranchi : Estrosi

Le soldat Raoult donc, du courant « France profonde et TF1 » élément clef du dispositif « il faut sauver l’électeur UMP » 

Burqa, délinquance, caméra vidéo, identité nationale, Dany Boon
travail famille patrie, vaccin national contre épidémie métèque
vive la France allez les bleus et n’oubliez pas les régionales

la routine quoi !!!

nous a tétanisé le Fredo, nous a pétrifié le pédant cultureux.

Carlabrunisé le Miterrand !
A plus bouger une oreille de peur de s’en prendre une.

Le chef de rayon « culture et mésalliance » en a perdu son franc latin

– La culture oui mais avec préservatif –

Ciao Fredo, à peine arrivé et déjà parti.
ça lui apprendra à pactiser avec la droite pmu

Ça se passe comme ça en Narkozy, quand y’a du mou dans le manche on retourne aux fondamentaux :

Petain sur Seine
Maréchal tagada
Vini Vidi Vichy
Et le bon sens de la terre qui ne ment pas
Surtout à la Défense.

On ressert les rangs, façon militaire :

– Soldat Delphine je vous ordonne de redevenir Thierry sur le champ !
– oui chef !

pauvre Fredo !!!…

tgb

Sarkozy ment, Sarkozy est allemand (mais le 16)

Donc, le mythomane président n’était pas dans la face nord du mur de Berlin avec son piolet de chez casto à enfourcher l’histoire le 9 novembre, mais le 16 comme tous les couillons de touristes lambda.

Les faits sont établis, l’affaire  est entendue :
Sarkozy ment, Sarkozy était bien allemand, mais à retardement.
(pas très réactif sur le coup en fait)

Fondamentalement qu’il ait été là ou ailleurs, ce jour-là ou un autre, on s’en contrebalance, d’autant que pendant le buzz, les travaux continuent.

On privatise la poste, on taxe les accidentés du travail, on oublie de faire le bilan d’un mi-mandat foireux.

Pourtant il est symptomatique de constater l’étrange tendance pathologique de Fanfaron 1er, à toujours en rajouter une couche, à toujours (se) nous la raconter-moi je, à systématiquement tirer la couverture (des journaux)  à lui,  à toujours se hisser sur la pointe de ses ergots, en petit coq prétentieux, pour imposer sa crête d’ahuri gominé, retouchée sur la photo.

Et de se donner une mention à un bac laborieux
Et de se choisir des plus petits que lui pour se sentir plus grand
Et de se stopper les Russes d’un seul regard Poutinien en Georgie
Et de se libérer à la OSS117, les infirmières roumaines en Lybie
Et de se moraliser le capitalisme d’un claquement de doigt hop là…

C’est plus fort que lui, tout à son story telling, faut qu’il  se la pète, qu’il se la ramène, qu’il se vante du col, dans une politique survendue du tout à l’esbroufe.

Sauf que, et c’est nouveau, certains journalistes commencent à faire leur boulot.

Sauf que, échaudés, les blogueurs qui parlent aux blogueurs , se méfiant pour le moins de l’arracheur de dents (de lait) vérifient les infos.
Sauf que, à chaque fois que le bonimenteur nous (se) la raconte, il se fait chopper les doigts dans le pot de déconfiture.
Sauf que, même si sur ce coup-là, l’embrouille paraît dérisoire, on imagine les enfumades sur les faits essentiels.
Sauf que, et c’est une manie assez immature, plutôt que de corriger le tir et de s’ écraser platement, (après tout on peut se tromper) le petit capricieux insiste lourdement, jusqu’à vouloir avoir raison na ! jusqu’à imposer à ses sbires et larbins de piètres parjures.

Pour quelqu’un qui n’a pour seul talent que sa tchatche de VRP et sa com de spin doctor, le fait que son discours soit à ce point décrédibilisé et inaudible est un véritable tournant.

Le roitelet est nu. Et c’est pas beau à voir.

Entre l’appel du 18 juin qui fait l’histoire et la pioche du 9 16 novembre qui nous en raconte une, comme un sacré problème d’envergure.

Tandis que le géant écrit l’histoire, le nabot la contrefait.
La marque et sa contrefaçon.

Et si finalement, ce laborieux prétendant à la postérité historique, au prix Nabot de la paix, qui ne sait pas plus orthographier le prénom d’Obama au soir des félicitations, qu’endosser le costume trop grand pour lui d’un JFK modélisé, jusqu’à boire le bouillon Berlinois, n’était définitivement  qu’une simple et ridicule anecdote ?

tgb

Où étiez vous le 9 novembre 1999 ?

Le 9 novembre 1999, un lundi déjà, sous un ciel obstinément pluvieux, une foule estimable de 30 000 personnes, bravant le froid et les intempéries se réchauffaient fraternellement avec du vin chaud et des saucisses au curry, spécialité locale, prés de la porte de Brandebourg, pour fêter, jour pour jour, les dix ans de la chute du mur de Berlin.

Un événement historique considérable que cette commémoration des dix ans de l’effondrement du mur.

Dix ans déjà.

Aujourd’hui, 9 novembre 2009, par maintes festivités politiques culturelles et symboliques, nous commémorons les dix ans de la commémoration des dix ans de la chute du mur de Berlin.

Une bien belle commémoration de la commémoration que cette émouvante mise en abîme.

Bizarrement et ce sont là les aléas et les facéties de la mémoire je ne me souviens absolument pas de ce que je faisais le 9 novembre 1999, journée commémorative historique de la commémoration des dix ans de la chute du mur de Berlin. 

Je ne me souviens pas non plus du 9 novembre 2000 et moins encore du 9 novembre 2001. Quant au 9 novembre 2004, jour historique de la commémoration des 15 ans de la chute du mur de Berlin, je ne m’en souviens pas davantage.

Faut dire, je ne me souviens même pas du 9 novembre de l’année dernière.

Tout à la commémoration des commémorations, j’en profite pour vous rappeler qu’en mai 2008 nous commémorions, 20 ans après, mois pour mois, par toute une série d’émissions spéciales, de publications variées et de témoignages fascinants, la commémoration des 20 ans de mai 68 qui eut lieu et c’est assez extraordinaire pour être souligné, en mai 88 précisément. (Cohn Bendit était déjà encore toujours présent)

Bizarrement je ne m’en souviens pas non plus.

Je vous précise également que l’année prochaine, le 11 septembre 2010, nous commémorerons certes les 9 ans de la chute des Twins Towers, mais surtout les 5 ans de la commémoration du 11 septembre qui eut lieu, en présence de George Bush, et c’est assez incroyable pour être noté, le 11 septembre 2006.

Si, l’année prochaine hélas nous ne pourrons fêter le premier anniversaire de la première commémoration de la mort de Mickaël Jackson, en 2011 fort heureusement nous pourrons célébrer la célébration, un an après, jour pour jour,  de la première commémoration un an jour pour jour également, de la mort de Mickaël Jackson et de sa première exploitation commerciale. (je ne sais pas si vous me suivez)

A cette occasion et c’est assez passionnant à découvrir je le concède, nous pourrons vérifier si le Moonwalker est plus rentable mort que vivant ? 

Tout ça pour dire que la machine à commémorer façon tee shirts, mugs et autres produits dérivés est le meilleur moyen de produire de l’anecdote  plutôt que de l’histoire et de l’amnésie plutôt que de la mémoire.

Pour conclure je vous informe que l’exploitation de la commémoration de la mort du capitalisme (septembre 2008) est en préparation, ainsi que la mort (inéluctable) de Johnny Hallyday et ses innombrables commémorations consuméristes sur lesquelles nous comptons énormément afin de relancer l’économie flagada de notre pays pseudo mémoriel.

tgb

Lettre motivée d’un convoyeur de fonds

Cher Loomis,

C’est d’un joli paradis fiscal tropical que je vous écris cette petite bafouille ensoleillée pour m’excuser d’avoir du emprunter votre fourgon blindé quelques instants, le temps d’une affaire pressante.

Rassurez vous, si je l’ai effectivement allégé de la trentaine de caisses qui l’encombraient, ainsi que des 11 millions d’Euros malencontreusement glissés à l’intérieur, j’ai pris bien soin, et c’est la moindre des courtoisies, de refaire le plein d’essence et de glisser les clefs sous le siège conducteur.

Cher leader Français du transport de fonds de mon cœur, symbole de l’excellence, je tenais à vous remercier pour votre chaleureux management « à la suédoise », à savoir être traité à peu prés comme un chien, votre culture d’entreprise unique consistant à finir éparpillé façon puzzle pour 1300 euros brut par mois ou suicidé orange et votre fine éthique, basée sur l’intégrité et la confiance, j’en suis aujourd’hui, une Margharita à la main, le témoignage vivant.

Je tenais également à rendre un vibrant hommage à la manière exemplaire dont vous avez su faire preuve, au coeur de votre métier d’expert de référence, pour votre gestion des ressources humaines et autre chair à canon, et votre sens inné du service auprès de votre clientèle bancaire à parachute doré sur tranche.

C’est d’ailleurs, je dois bien vous l’avouer, à force de voir convoyer les bonus de ceux qui ont déjà tout par des loufiats en sursis qui n’ont droit à rien que j’ai décidé à l’unanimité de moi-même, de m’octroyer cette prime de fin d’année que vous m’aviez si gentiment refusée.

Veuillez également transmettre à mes collègues de Sécuritas de la Brink’s et autres entreprises de coffiots ambulants, que, s’ils ont envie (et les couilles) de troquer leur vie de merde pour une vie radieuse et opulente, il suffit d’un peu de logistique et qu’au prochain carrefour ils prennent à gauche, plutôt qu’à droite.

Qu’ils cessent également de jouer au loto comme des cons. Inutile d’attendre la bonne fortune du ciel quand on a le cul sur un tas d’or.

Enfin, je vous signale, histoire de pas vous faire perdre un temps précieux, que le cachet de la poste figurant sur cette carte postale ne fait pas foi.

Quand même pas si ballot.

bien à vous

un convoyeur de fonds en tongs.

tgb

Photo D.A

Le cru, moins le QI

Même pour un anthropologue averti, plonger au cœur de la tribu primitive ‘Huempé’, dont les premières traces remontent au deuxième millénaire,  reste une expérience éprouvante dont le meilleur des ethnologues, Claude Levi-Strauss, in memoriam, ne sortirait pas tout à fait indemne.

Certes, comme tous les peuples premiers, la tribu Huempé, repose sur un socle d’us et de coutumes ancestraux et possède une culture indigène  particulière mais certains de ses rites, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, semblent bien relever de l’étrange, voire du n’importe quoi.

Si, l’on retrouve dans cette communauté patriarcale, « les structures élémentaires de la parenté » assez classiques ; népotisme, lignage de père en fils, mariages intertribaux d’alliance dits  « d’ouverture » et des rites socio politiques assez subtils, comme celui consistant à confier au dernier des renégats le culte du totem (le bessonage) en revanche certains aspects des rituels sont nettement plus déconcertants.

Ainsi par exemple, cette coutume bizarre, qui consiste, en se rasant devant la glace le matin pour les hommes, en s’épilant le maillot pour les femmes l’après midi, de se projeter en chef de clan, dans une étreinte narcissique exacerbée et dans le culte d’un « moi je » mégalomaniaque, consistant au nom de la peuplade, de tenter de jouir littéralement par le nombril.

Autre exemple difficilement interprétable pour des esprits cartésiens – on touche ici aux limites de ‘la linguistique structurale’, dans l’analyse de la pensée sauvage – : les harangues à répétition d’un roi radoteur à six cerveaux, en pleine crise tectonique, juché sur des échasses rudimentaires (aucun membre du groupe ne doit en taille dépasser le chef) protégé par un bouclier fiscal, faisant exactement le contraire de ce qu’il dit, disant exactement le contraire de ce qu’il pense, jusqu’à l’irruption par la transe, d’un lapsus linguae libérateur, devant une assemblée d’élus prosternés ‘les godillots’  se livrant à un concours de cacophonie infernale.

Séance rituelle, nommée précisément ‘le grand nimportenawak’.

Ou encore, cette tradition archétypale, de la douche royale à 245 572 euros (pourquoi ce chiffre précis ?) sous laquelle le grand chef décrète de nouvelles taxes (jusqu’à une vingtaine) devant des sujets exsangues. Tradition fort surprenante pour nous, peuple révolutionnaire, qui s’insurgerait immédiatement devant un tel cynisme et une telle marque de mépris.

Ou enfin ce rituel fort original consistant à faire voter le peuple pour mieux s’asseoir sur les urnes, une fois l’opération terminée. 

Si plus classiquement, rapport au cru et au cuit, on retrouve le principe de l’anthropophagie la plus archaïque (empruntée sans doute à la tribu Péhesse) et le fait de faire bouillir ses amis, tandis  que l’on fait rôtir ses ennemis (on se dévore d’ailleurs assez goulûment entre femmes) cette tendance au cannibalisme n’explique toutefois pas la disparition de 45000 membres du clan en une seule année.

Si nulle pandémie H1N1 ne peut expliquer cette hécatombe, pas plus d’ailleurs que la pratique du sacrifice humain ou la moyenne d’âge particulièrement élevée des membres du clan, l’étrange parcours initiatique, lubie du chef « Malotru 1er » à l’égo surdimensionné, larguant sa tribu dans la jungle mondialisée après avoir brisé toutes les boussoles, pourrait expliquer cette énorme déperdition.

Le couple Morano Lefebvre, le cru sans le QI, derniers individus recensés de la tribu Huempé.

Oui, la tribu de l’Huempé, substrat du mythe sarkoziste, après celle du Péhesse, pourrait bien être en voie d’extinction.  Et si, quand un peuple se meurt c’est un peu de l’humanité qui disparaît et le musée des arts premiers qui s’enrichit, sur ce coup-là, ça pourrait bien être le contraire.

tgb