
Je ne saurai trop conseiller au voleur de goûters d’enfants condamné à un an de prison ferme, de revisiter d’urgence ses médiocres objectifs à la hausse, de changer radicalement de braquet et de se reconvertir fissa dans la saloperie industrielle, pétrolière ou chimique, au choix.
Car voici, qu’après 25 ans de laborieuse procédure, la justice indienne a fini par condamner à deux ans de prison et 100 000 roupies (2.100 Dollars) huit anciens dirigeants de l’usine de pesticides désignée communément sous le nom charmant de Bhopal et qui donna ses lettres de noblesse à l’accident industriel :
25 000 morts
100 000 malades chroniques
Et autres nappes phréatiques contaminées (dans lesquelles, la population locale s’abreuve aujourd’hui encore faute de mieux).
A cette aune-là, notre misérable catastrophe AZF à Toulouse fait assez minable.

Huit plus ou moins lampistes donc, coupables non pas d’homicides, faudrait pas abuser, mais de « mort par négligence » dont l’impayable (façon de parler) Keshub Mahindra, président à l’époque de la branche indienne du groupe américain Union Carbide, heureux propriétaire philantropique de l’usine d’où s’était échappé le gaz mortel en 1984, et aujourd’hui président du constructeur automobile Mahindra et Mahindra.
Passer du statut honorable de président à statut notable de président ne peut que susciter notre respectueuse admiration. Cet exemple de réinsertion sociale réussie ne peut que démontrer aux délinquants de tous poils, qu’une reconversion par le mérite, l’effort et le carnet d’adresse, est possible, même après une erreur de jeunesse : n’est-ce pas là un magnifique message d’espérance ?
Les huit condamnés, restés libres sous caution, devraient naturellement faire appel, considérant la sanction quelque peu sévère. (Ils auraient volé des « petits princes » je ne dis pas, mais pour des broutilles du genre 25 000 morts franchement…)
Comme semble sévère également la somme exorbitante de 10 000 dollars, qu’Union Carbide, se voit contraint de verser. On voit combien la justice indienne en sa grande sagesse ne mégote pas avec les multinationales et cela ne peut que nous rassurer quant à la justice humaine.

Si l’on peut regretter toutefois que Warren Anderson, alors PDG d’Union Carbide, figurant parmi les accusés n’ait pas été nommé lors du verdict après que la cour l’eut déclaré « en fuite », (sur son yacht ?) on se consolera par le fait que Dow Chemical nouveau propriétaire d’Union Carbide ait mis fin à toutes poursuites pénales en s’achetant à 470 millions de dollars une impunité fort méritée.
Une belle leçon de choses riche en enseignements, pour les voleurs de goûters des petits écoliers, même pas foutus de se payer des « Pepito » avec leur argent de poche.
tgb






























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