Selon que vous serez fils de pute ou fils de pute…

« Somoza est un fils de pute mais c’est NOTRE fils de pute »

Ainsi parlait Roosevelt à propos du dictateur du Nicaragua bien avant qu’il ne soit renversé par la révolution sandiniste.

Selon donc que vous serez motherfuck collabo, motherfuck discipliné ou motherfuck indépendant, vous finirez par sucrer les fraises en Arabie Saoudite, ou une balle dans la tête du côté de Syrte, les armes à la main.

Syrte martyrisée, Syrte bisée, Syrte outragée mais Syrte botulement libérée.

On peut être fils de pute agrée par les forces dominantes, un temps, puis fils de pute dézingué par les mêmes, en fonction des aléas de l’histoire et de la fidélité au donneur d’ordre (mondial).

La morale en real politik étant facultative.

Ainsi le président despote du Panama Norièga, dit face d’ananas, fils de pute labellisé CIA, longtemps chouchouté par les ricains, jusqu’au jour où lui vint l’idée saugrenue de nationaliser le canal de Panama. Du statut de fils de pute estimable, il passa du jour au lendemain au statut de fils de pute trafiquant de drogue notoire et fut balancé aux oubliettes.

Ainsi l’islamiste distingué Ben Laden, longtemps instrumentalisé et patenté par l’hyper puissance à tailler des croupières aux rouges mécréants d’Afghanistan, jusqu’au jour où il décida de monter son autoentreprise en toute autonomie pour piquer des parts de marché à la maison mère. Erreur fatale de stratégie qui lui fit nourrir rituellement les poissons tout récemment.

On ne badine pas avec la concurrence chez Obama.

Il est vrai, que le fait de disputer la date du 11 septembre au fils de pute chilien Pinochet sponsorisé par les oreilles de Mickey, fut assez mal perçu par les forces de l’empire un brin soupe au lait sur le coup et pas vraiment fair-play.

Ainsi Saddam Hussein, fils de pute couvé longuement par ses amis atlantistes, durant le conflit Iran Irak et client exemplaire et généreux d’armes occidentales, jusqu’au jour où il décida de rouler pour sa pomme du côté du Koweït. Déterminé à se payer sur la bête suite à l’ingratitude du commanditaire rapport aux services rendus, il finit par se balancer, avec quelque amertume au bout d’une corde.

On notera en revanche qu’en tant que fils de pute studieux et servile, Uribe, l’ex président assassin de Colombie, porte flingue sud américain de l’oncle Sam, ayant plus de sang sur les mains par l’entremise de ses escadrons de la mort que tous les FARC réunis défrayant la chronique de nos mérdias forcément objectifs, coule aujourd’hui, récompensé, des jours heureux du côté de l’ONU.

Forcément impartial, il participe à l’enquête sur l’assaut de la flottille par les forces israéliennes, et enseigne à l’occasion dans quelque université française comment devenir en 2 leçons un enfant de putain. Gageons que nos étudiants en seront brillamment édifiés.

On le constate ici, et cette liste est loin d’être exhaustive, au royaume des fils de pute, tous les fils de pute ne sont pas exactement égaux.

Au rayon fils de pute terroriste, selon que vous serez fils de pute anticastriste, tel Luis Posada Carriles, enculé de première, auteur de l’explosion d’un avion cubain (73 morts) avec la complicité consciencieuse des services américains, ou fils de pute libyen, soupçonné de l’attentat de Lockerbie (200 morts) vous finirez au bord de votre piscine quelque part au Texas ou la gueule tuméfiée en une des journaux sans autre forme de procès.

Un sondage parmi les différentes victimes pourrait nous éclairer.

Et selon que vous aurez tels les Brigades Rouges ou le « Reseau Gladio » (Otan CIA M16 Loge P2) participé aux années de plomb et à la stratégie de la tension en Italie : 600 attentats – les 3/4 attribués à l’extrême droite dont celui de la gare de Bologne – 80 morts) on vous traquera tel Cesare Battisti jusque dans les chiottes brésiliennes ou vous ferez bunga-bunga en compagnie d’un fils de pute rererelifté, membre éminent de la loge maçonnique P2, devenu opportunément président du conseil.

Il n’est donc point surprenant aujourd’hui de voir que des tyranneaux de monarchies aussi démocratiques qu’éclairées, tels Le Qatar, les Emirats Arabes, la Jordanie, ou l’Arabie Saoudite, participent à buter d’une main un fils de pute en Libye, et de l’autre, soutenir solidairement le fils de pute en chef du Bahreïn, massacrant, sous le regard pudique des pays occidentaux particulièrement soucieux d’humanitaire, sa population.

On notera d’ailleurs qu’au grand jeu des fils de pute, il est plutôt conseillé d’être islamiste conservateur, converti au libéralisme, plutôt que laïc, progressiste et non-aligné.

Le nouvel ordre mondial étant particulièrement chatouilleux sur tout ce qui n’entre pas dans son officiel périmètre décrété avec le résultat que l’on sait, sans alternative.

On peut aussi légitimement se demander si, le fils de pute rebelle Muammar, avait réellement acheté à coups de pétrodollars comme promis sous la tente plantée dans les jardins de l’hôtel Marigny des « Mirage » centrales nucléaires et autres diverses saloperies à la bande du Fouquet’s, mini-Bush sur les conseils avisés de Botul, observateur borgne assis sur un char de Tsahal, eût gardé tant de rancune au colonel.

Comme on peut tout aussi bien s’interroger sur la pertinence d’une guerre préventive façon « Minority Report » quand on sait aujourd’hui que les « massacres » de Benghazi firent entre 100 et 300 morts de part et d’autre et que l’opération compassionnelle de l’Otan déboucha sur + ou – 50 000 victimes.

En termes de ratio, on peut discuter de l’intérêt phénoménal de l’ingérence.

Mais ne gâchons pas notre plaisir à constater qu’au grand concours de l’ADM (armes de distraction massive) l’intox propagandiste n’a pas pris une ride et que la cible médiatique dégaine toujours plus vite son mouchoir plutôt que sa mémoire ou sa capacité d’analyse.

Pour conclure, on ne saurait trop conseiller au fils de pute syrien, prochainement éjectable, Afez el-Assad, d’acheter le PSG et autre babiole occidentale plutôt que des chars russes.

Le massacre des populations, on l’a vu n’étant pas forcément éliminatoire.

Le fils de pute néo conservateur Botul n’y connaissant rien au foot (rien au reste non plus mais c’est une autre histoire) il ferait l’économie d’une campagne indignée avec mèche rebelle à géométrie variable de chez Maniatis en option.

tgb

Hypothèse d’école vaguement excentrée

Admettons, je dis bien admettons, qu’un enfant lambda d’Hiroshima, d’Indonésie, du Vietnam, du Panama, d’Irak, d’Afghanistan, du Yemen, de Libye ou d’ailleurs ait vu un beau matin, sa famille, son immeuble, son quartier, son village, sa ville entièrement anéanti par un tapis de bombes, disons au hasard, américain.

Admettons, avec ce sens de la litote qui va si bien au teint du tartuffe occidental qu’on nomma cette boucherie atlantiste super émancipatrice, d’un pudique sobriquet genre « dommage collatéral ».

Admettons que le type en question, un poil traumatisé, en ait gardé, on se demande bien pourquoi mais faut s’étonner de rien chez les sauvages, comme un léger ressentiment, voire une tenace rancune.

Admettons que ce type ayant grandi, accède un jour fort démocratiquement au pouvoir de son pays et jouisse d’une technologie avancée quoique indigènne.

Admettons encore que ce type, disons pour étayer et faciliter la démonstration, un Irakien, méchamment ethnocentré, décide unilatéralement de débarrasser la planète d’un dangereux criminel de guerre, Dick Cheney, Tony Blair, Bibi Netanyaou ou George Bush par exemple.

Admettons toujours qu’un drone barbare quoique sophistiqué ou qu’un commando super balèze dans une opération d’ingérence audacieuse, flingue le Dick, le Tony ou le George en plein milieu de son ranch au volant de son 4X4 hybride (le prix Nobel° de la paix Obama reste en option).

Devinez ce que Laurence Pujadas ou Claire Roselmack titrera le soir au JT de 20 heures, rapport à cette exécution ciblée sans autre forme de procès, juste avant une intervention indignée de Bernard Henri Botul en rangers Weston ?

1) Bien fait pour sa gueule !

2) Plus 10 points dans les sondages d’après nos experts

3) Vengeance n’est pas justice

4) L’acte sanguinaire d’un terroriste psychopathe

Parce que l’assassinat calibré d’ennemis politiques à demeure et par convenance avec quelques contorsions avec la constitution locale et le droit international c’est sympa jusqu’au jour où l’on retrouve son propre killer national en cuissardes baignant dans son vomis sanguinolent juste à côté de son vélo après s’être pris une bastos téléguidée d’un drone ivoirien ou libyen,sur l’ordre d’un président, enfant de Syrte, vaguement aigri, instrumentalisant l’affaire en vue de sa prochaine réélection.

Vous me direz bon débarras. Mais ce serait quand même nous gâcher le plaisir de nous le défourailler nous-même.

Au grand jeu du farwest, du duel au soleil, du cow-boy bouseux et de son pittoresque folklore y’a intérêt à dégainer du holster le premier.

Obama ferait bien de s’en souvenir s’il ne veut pas finir un jour, malencontreusement lynché, à une branche d’arbre.

tgb

° après tout c’est bien Alfred qui inventa la dynamite.

La vessie de la dame pour les lanternes d’Homer

 Amis citoyens démocrates, dépositaires civiques de vote souverain, enfileurs motivés de bulletin pile poil dans la fente, électeurs abonnés à l’isoloir du dimanche, mes semblables mes frères, mes couillons de votants…

Sans doute avez-vous comme moi bien noté que dans notre sémillante démocratie, ce produit occidental que nous aimons (altruistes que nous sommes), exporter à coups de bombes phosphorées, une nouvelle tradition approximativement participative est née :

l’élection libre et non faussée jusqu’à ce que le oui s’ensuive.

Charmant rituel que nous devons à nos zélites, autrement conscientisées que les masses dissolues.

Vous ferais-je donc l’affront de vous rappeler :

– Qu’avec la complicité active des socialistes Chapi Chapo, en quête ces jours-ci de bouleversante caution populaire, notre « non » ferme et définitif au traité de Lisbonne fut reconverti fissa en un oui bien senti du côté de Versailles

– Que le peuple irlandais dans sa grande sagesse affinée à la Guiness, dû trois fois successivement revoir sa copie avant que de voter comme on lui avait prescrit et faire là où on lui avait dit de faire

– Qu’en Slovaquie les députés usant maladroitement de leur libre-arbitre en refusant mardi soir de ratifier le FESF (fonds européen de stabilité financière) et après s’être fait remonter les bretelles par l’excellent oligarque mao-bushien Barroso, s’apprêtent dés vendredi à corriger le tir.

Aussi, quand je vois 2,5 millions de gens y aller de leur euro pour désigner qui de Chapi ou de Chapo appliquera les futures directives européennes de cette Europe financière au totalitarisme mollement mais sûrement rampant par petites touches policières, je ne peux que pousser un cri d’admiration confinant au respect.

Car, dans ce monde à la brutalité cynique toute en cupidité, il nous faut souligner combien la candeur citoyenne au geste gratuit et votant pour rien, peut avoir quelque chose de frais et de distrayant.

Certes à l’heure où 7 milliards d’individus confrontés à 4 crises, morale, économique, énergétique, écologique, sans précédents, vont devoir se partager les 3 derniers barils de pétrole et les 20 derniers litres d’eau potable, on peut supputer que ça ne se fera pas forcément ni dans la dentelle ni à la bonne franquette.

Déjà qu’en temps ordinaires, on se fout sur la gueule pour moins que ça…

Certes à l’heure du chaos qui vient et qui n’est pas pour déplaire ni aux marchands d’armes ni aux spéculateurs précoces à court de munitions argumentaires, nous de la plèbe en pleine tiers-mondisation, avons « quelqu’autre mouron » à nous faire…

mais ce goût du folklore, cette inclinaison à la conservation du patrimoine tout ça…

Si j’osais, je vous dirais bien :

– Que plutôt qu’à perdre vos dimanches à vous demander qui de Chapi ou de Chapo ne changera rien et qu’à tout prendre et pour ce qui reste d’honneur à « la gauche », si quelqu’un doit s’aplatir le groin dans le bac à sable autant que ce soit le naincapable …

– Qu’il serait plus urgent de casser rapidos votre PEL et d’acquérir avec vos quelques sous et avant qu’ils ne vaillent plus tripette, un arpent de terre quelque part en ruralité profonde pour y planter des patates.

Non pas que le tubercule sauvera le monde mais peut-être provisoirement votre estomac. Le temps du moins qu’on passe « apocalyptiquement », du compétitif crétin au coopératif raisonnable.

Mais ce goût immodéré d’occulter et de se raconter des histoires et de prendre les ombres pour la proie et les vessies de la dame pour les lanternes d’Homer…

En tout cas vous voilà affranchi. A l’heure de la désillusion qui pointe (au chomdu) ne venez :

– ni vous plaindre

– ni surtout me taxer mes frites.

tgb

Qui de madame Titine ou de monsieur Tina…

Les 10 questions qui me turlupinent encore, à l’heure de l’effondrement systémique du ciel capitaliste sur nos têtes gauloises.

1) Qui de madame Titine ou de Monsieur Tina (Blair ?) aura l’insigne honneur d’affronter dans le cockpit en flamme du zinc en chute libre, l’aspirant bling bling qu’atteint pas les pédales mais qui s’accroche encore à son parachute doré, le manche à balai dans le cul inséminé de Carla ?

2) Mais c’est quoi ce foutu pays où les zélites ensondagées ne peuvent même plus fabriquer du candidat lambda laborieusement dégrossi à la sucrette, sans que les électeurs (ou les femmes de ménages) y aillent encore de leur humble avis à 1 euro balle ?

3) De quelle étrange mortification masochiste, le social-démocrate souffre t’il à mettre tant d’énergie pugnace et d’opportunisme rhétorique pour mieux postuler à se faire papandréouter à l’issue du combat ?

4) Doit-on considérer Arnaud Montebourg comme un pur concentré de stratégie clausevitchienne, lui qui n’eut le choix, un petit matin frileux, plutôt qu’un grand soir radieux, que d’occuper par défaut et avec un certain bagout, le dernier créneau encore disponible chez les socialistes ramollos de l’oculaire à l’heure de l’agonie libérale : la gauche !? (mais ça lui passera)

5) Le ralliement des forces bolcho-Vallsiennes, section Bilderberg, à Super rose gnangnan est-il de nature à recomposer le spectre politique de l’échiquier mondial et à terroriser le Bankster et si oui puis-je tirer un taffe sur la même chose que vous ?

6) De quoi Jean-Luc Royal ou Ségolène Mélenchon est-il le nom ?°

7) Peut-on raisonnablement imaginer que l’apocalypse est l’unique solution objective pour échapper aux tronches inamovibles d’Attali, Lang, Kouchner, Jouyet, Minc quelque soit le prochain président, sur des éditos de Bernard Henri Duhamel dans des journaux dirigés par Jean-Christophe Joffrin ?

8) Si l’électeur dominical plongé dans le n’importe nawak était originalement révolutionnaire et avait lu Debord, n’aurait-il pas porté en triomphe dès le premier tour Jean-Michel Baylet juste pour voir au Grand Journal la gueule d’Aphatie en pleine somatisation ?

9) L’impopularité chronique se soigne t’elle au bébé médicament ?

10) Perdre ses illusions n’est-ce pas raisonnablement les prémisses obligés du véritable chambardement ?

tgb

°un jour je m’expliquerai….

Laissez descendre avant de monter…

Comment on nous parle, comment on nous traite, nous du troupeau de cons allant bosser un lundi matin agglutinés, station debout, sur un quai qui déborde, forcément alignés derrière la ligne jaune, ultime limite de démarcation.

« …veuillez laisser descendre avant de monter… »

Comment on nous parle, comment on nous traite, on nous infantilise, nous individus bourrins conditionnés dans la foule sans même se défouler, chacun cherchant à sauver sa peau tirée à quatre épingles, contre la pointeuse chagrin.

« …laissez descendre avant de monter… » crachoté au micro du chien de berger rhabillé de jaune et de fluo, à faire la circulation des flux et des reflux. Tandis que nous, de l’électron grégaire et panurgiste, dans le flot moutonnier et dans la souricière, piégé par le clivage artificiel du camp de ceux qui montent contre le camp de ceux qui descendent, à se demander avec Brel s’il vaut mieux être montant ou plutôt descendant, ou pousseur ou poussé…

Oui comment on nous parle, comment on nous traite, chacun dans son apnée, à triturer de stress son bout d’écran, sa fenêtre, son hublot, à envoyer sur son clavier autant de SOS, à se gaver de gratuit Bolloré et à la pavlovienne, viser perso, le canot de sauvetage annoncé du Matin Titanic, dans un sursaut mécanique de survie salariée, de panique réprimée…

Laisser descendre avant de monter, à moins de monter pour finir par descendre, passer du troupeau A au troupeau B, du troupeau stagnant au troupeau transporté, dans la compression statique des uns contre les autres mais avec, à partager sa bulle avec n’importe qui, à entrer dans la bulle du premier venu, entre loterie A et promiscuité B.

Comment on nous parle et comment on nous traite, jusqu’au jour de la grève enfin où la machine figée et la fatalité redonnent comme de la liberté aux cohortes aliénées.

Et de me souvenir de ce quai noir de monde à attendre pour rien.

Et dans le lourd silence du bétail résigné, la voix stridente et terrifiante comme une litanie d’une handicapée mentale.

Et de se lamenter tout haut, qu’il n’y aura jamais plus de métro, que nous mourrons tous, que c’est la fin du monde, et qu’allons nous devenir et d’appeler au secours et d’appeler maman…

Et comme la traduction gênée de nos propres silences, de nos malaises accablés, nous de la termitière, levés avant même que d’être réveillés, pour gagner et perdre une vie éreintée.

Nous qui ne demanderions pas mieux que de laisser descendre avant de monter, dans l’intelligence, dans la fluidité, si seulement seulement on nous accordait un brin d’humanité, si seulement seulement on nous autorisait une once de considération distinguée.

tgb

Quadrat

C’était au début des années 2000.
Ma copine m’avait traîné à la biennale de Kassel.

Moi, l’art contemporain j’y connaissais que dalle.

Ça s’arrêtait à Klein ou Warhol et encore…

Un rien réfractaire, voire bourrin.

Je déambulais bougon donc, dans les allées de la Documenta.

Un poil perplexe devant les installations et autres dispositifs visuels.

Et puis d’un coup, je me suis bloqué net, fasciné scotché

devant ça :

Les autres pouvaient aller se rhabiller.

Cette vidéo, des années que je la cherche sans vraiment la chercher.

Ça date des débuts 80 interprété par les lumineux mummenschanz

C’est signé Samuel Beckett

tgb

merci à D.A.

Promis, j’arrête la langue de bois

Je sais pas ce qui m’arrive tout à coup, mais à barboter comme ça, tout détendu du calbut, dans la piscine de mon pote Takieddine, marchand d’armes sulfureux et hospitalier, tandis que sa dame immortalise la chose pour le plus grand bonheur d’un de ces fils de pute de juge rouge, j’ai comme un élan de franchise qui me submerge tout à coup.

Promis, là, entre deux brasses coulées, j’arrête la langue de bois.

Honnêtement, enfin si je puis dire, jusque-là, j’ai eu le cul bordé de nouilles politicardes.

Rappelez vous (je sais ça fait presque 8 ans, c’est dire si, dans le déluge de scandales tout pourri c’est de la préhistoire) je me suis sorti comme une anguille de cette sombre affaire d’appart de fonction de 400 mètres carrés où je logeais à vos frais, ma petite famille et qui aurait pu nuire un tantinet à mon plan de carrière, vu que je veux faire président.

Sale affaire balancée au Canard par le nabot, et qui coûta la carrière à ce crétin des Alpes : Gaymard.

Rassurez vous pour Hervé, sa tribu et lui vivent toujours grassement aux crochets de la Savoie, tant les électeurs adorent, et c’est un grand mystère, réélire les types qui tapent dans la casse tout en leur demandant scrupuleusement toujours plus de sacrifices pour apurer la dette.

J’ai bien retenu la leçon.

C’est pourquoi j’ai bien tout fait comme il faut. En tant que ministre du budget j’ai inventé la niche Copé, transférant 22 milliards de la poche publique au larfeuille privé, j’ai cumulé ma fonction d’homme politique à celle d’avocat d’affaire, vendant au plus offrant mon carnet d’adresse, en attendant le retour sur investissement.

Le plus jouissif quand on joue avec les riches à devenir riche, c’est de taxer les pauvres tout en les culpabilisant du genre : si on est dans la mouise c’est parce que vous avez abusé de votre RSA.

Le plus bandant c’est qu’ils y croient. Des fois franchement, c’est tellement facile que je me fais honte.

Mais ça dure pas.

Avec Ziad, c’est encore plus basique, en plus des vacances qu’il m’offre à peine intéressé (je touche même pas 50 000 euros mensuels c’est dire si je suis un peu juste pour m’offrir le pédalo ) je trimballe quelques mallettes d’un compte A à un compte B, selon l’équation bien connue, que plus t’as d’argent sale plus t’as un discours propre et plus t’as de chances de finir calife à la place de Sarko.

( vu que je veux faire président)

Le deal gagnant gagnant, c’est donc de toucher les commissions d’un intermédiaire aux mains pleine de sang, tout en lui faisant péter ses contredanses de quelques millions d’euros réclamées par des pervenches fiscales un poil consciencieuses.

Quand même parfois on est un peu con. A force de balancer en pâture du jeune délinquant shiteux à la foule en délire, on prend l’habitude de se croire intouchable, jusqu’à prendre des photos décontractes et tout avec ses potes pas recommandables. Mais savez ce que c’est, un tour de yacht, quelques bouteilles de champ’ et on se croit en famille à Palavas les flots.

Manque plus que le cochonnet.

Bon pour l’instant j’ai tout bon. J’ai piqué l’UMP au morveux, me reste plus qu’a lui savonner la planche pour 2012 et à moi, en tant que chef d’opposition, la queue du Mickey 2017 et la top modèle, si elle est encore baisable.

Avec Valls comme premier ministre ça aura de la gueule.

Faudrait quand même pas que cette broutille navrante me renvoie bouffer du brie à Meaux.

Bon, c’est pas tout ça, j’ai encore dix longueurs à faire, faut que je me sèche, que j’oublie pas la mallette et que je trouve une saloperie à dire sur ces feignants d’assistés qui touchent le RSA.

La politique finalement c’est assez facile, un bain de foule, un bain de sang…

Maintenant que tu sais à peu prés tout, si t’as toujours envie de voter pour un « cloporte » de mon genre, surtout te gêne pas.

En 2017, parce qu’en 2012 j’ai piscine.

JFC – alias tgb

De l’alternance ou de l’alternative dans la botanique

Le Sénat bascule à gauche.

Le Cac 40 progresse de 3%.

Alléluia !!!

C’est dire si, en termes d’alternance, ce socialisme propret, fout les miquettes à la ploutocratie.

Si le but avéré de la gauche endimanchée est de rassurer les marchés au pays joyeux des déambulateurs (le préfabriqué Hollande cartonne chez les seniors) on peut dire alors que l’opposition vient de faire un grand pas vers les maisons de retraite.

Quand on sait que le pâle couperosé Jouyet, ministre renégat de Sarkozy à ses heures perdues se verrait volontiers chef de cabinet de son pote Hollande, on peut raisonnablement douter des lendemains qui chantent.

D’ailleurs et pour rester dans la métaphore sanitaire, quand on sait de plus que les inamovibles Minc et Levy, les Jacob Delafon de la politique hygiénique torchent déjà en toute camaraderie le cul socio-démocrate d’Aubry, on peut avoir légitimement le droit de se désespérer des lendemains qui changent.

Que les mêmes porte-flingues des classes dominantes parrainent indifféremment, un camp et l’autre devraient je suppose éveiller quelques soupçons.

Pourtant, et vous noterez ici l’aspect cocasse de l’affaire, jamais les peuples indignés n’ont aspiré à ce point à troquer leurs deux barils de changement dans la continuité libérale pour un baril de continuité radicale dans le changement.

On peut les comprendre.

Parce que question radicalité, si le choix consiste à savoir quel membre du « club du Siècle » nous souhaitera françaises français une bonne année austère 2013, ou qui de François Papandréou ou de Martine Zapatera passera l’aspirateur sur le tapis rouge consciencieusement déroulé devant les agences de notation, on peut légitimement penser à passer son tour voire les deux à la saison du carnaval.

Depuis qu’au grand jeu des chaises musicales, ce n’est plus le propriétaire du postérieur assis qui commande mais le fauteuil club, il n’y a plus guère qu’au grand concours des questions cons qu’on conserve encore un vague embarras du choix :

Deux fois rien fait-il quelque chose ?

Le régime Dukan est-il un substitut au régime républicain ?

Parce qu’à chaque fois n’avoir pour toute perspective que le choix du moins pire, n’est-ce pas précisément ouvrir un vrai boulevard au pire du pire ?

Quand un socialiste athénien en toute conscience en vient à taxer des gens touchant 350 euros par mois sans ponctionner d’un rond le moindre armateur grec, faudrait voir à pas trop s’étonner si, l’hellénique un rien crispé, finit par se jeter désespéré, dans les bras du premier colonel qui passe.

Dans ce grand simulacre démocratique, l’alternance n’est que l’énième subterfuge des ennemis jurés de l’alternative.

C’est pourquoi, au royaume de la botanique, je me fous bien de savoir, qui de la rose ou de l’horticulteur il vaut mieux planter là ?!

tgb

le nouveau Fakir est de sortie