La réponse est dans la question et réciproquement

Dans un de ces titres putassiers dont le Monde, journal de référence révérence au marché, a le secret, la question finement posée appelle comme une réponse à la truelle orientée :

Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

Réponse induite avant même que de se fader le corps du texte dans toute sa prévisibilité :

– Ben oui m’dame Parisot, c’est quand même bien archaïque tout ça…le code du travail, les congés payés, le repos dominical, les droits syndicaux…toutes ces contraintes à la liberté de devenir au minimum Steve Jobs, vague auto entrepreneur réussi quelque peu décédé.

Bref quand la question n’attend pas de réponse, mais, comme toute question rhétorique, circonscrit le champ problématique dans son jus dominant, la question est sa propre réponse et vice versa.

On appelle ça un postulat de départ ou un parti pris idéologique, voire une arnaque.

Ce qui est intéressant dans ce titrage somme toute assez banal et ordinaire dans le matraquage ambiant, ce n’est pas tant la doxa récurrente du libéralisme infiltré à usage du con d’exploité par l’enfoiré d’exploiteur et ses petits larbins aux mains moites glissées dans des gants de soie, mais le renversement tranquille des valeurs en notre monde frelaté.

La réponse est donc bien dans la question et réciproquement, sauf que ce n’est pas forcément la question, car, si l’on était encore dans une civilisation de progrès, avec un zest d’humanité dedans, la question pourrait être :

La compétitivité est-elle un frein au droit du travail ?

Et la réponse serait :

– je veux mon n’veu !

A la question donc de savoir si le droit du travail nuit à la compétitivité, l’on peut répondre aisément, sans même s’infliger une tartine indigeste d’élucubrations margarinées par l’un de ces commis d’office, en disant qu’en effet, à peu prés tout ce qui fait d’un salarié autre chose qu’un esclave payé à coups de fouet, nourri d’un croûton rassis et exploité jusqu’à ce que l’os, nuit à la compétitivité ; à savoir :

un salaire, des cotisations sociales, une retraite, un droit au chômage, au repos, à la santé, bref à une vie à peu prés décente.

Tous ces acquis, pas tombés du ciel mais arrachés de haute lutte dans un rapport sanglant dominant/dominé, qu’on nous persuade de bazarder, hop là, histoire de retourner par la fumeuse modernité à la préhistoire éclairée.

Le dominant ne se contentant pas cette fois du beurre de l’argent du beurre et du cul de la crémière mais encore, dans une jouissance pas même dissimulée, du consentement mortifié du cocu de crémier.

Le camp de travail, étant en termes de compétitivité et de profit,THE modèle incomparable dans son rapport qualité prix, efficacement imbattable, question nivellement par le bas.

Reste donc maintenant à savoir si, la compétitivité (et pour quel trophée ?) est la finalité de l’être humain, et, le camp de travail, l’idéal aboutissement de la mondialisation heureuse mais pour qui en dehors d’Alain Minc ?

Si tel est le cas, on peut donc commencer tout de suite à envier très fort les rats de laboratoire, exploités certes, mais au moins sans la conscience aigue de se faire empapaouter.

En conclusion, à la question vicelarde du gratte-papier embedded, salarié en sursis de la pensée unique et petite rognure d’ongle de la première phalange du petit doigt de la main invisible mais dans ta gueule quand même :

Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

je répondrai sans en faire un fromage à taux de tartinabilité élevé sur trois colonnes à la une :

Encore heureux, connard !

tgb

(En l’occurrence connasse c’est une femme qui a rédigé l’article)

L’abstention dynamique (ou le mieux que rien en moins pire)

Dis donc mon élu socialo-manager préféré qu’est là à me reluquer mon joli votutile présidentiel rapport à Dupont et Dupond, rappelle moi donc ta position sur le MES à l’assemblée nationale

…hum…oui …bon…l’abstention dynamique ???…

…ça m’a l’air bien comme concept ça, frais, nouveau, intellectuellement bucolique, bon maintenant tu m’expliques grosso merdo en quoi que ça consiste façon mode d’emploi… ???

… de dire ni oui ni non mais au final oui, un peu comme le ni pour ni contre mais pour, ou le ni de droite ni de gauche donc de droite…. ???

Dois-je te l’avouer, j’ai toujours eu beaucoup d‘admiration pour la circonvolution socialo-acrobatique !

T’avais hésité entre ???

L’avancée à reculons…

Le surplace fulgurant…

Le changement mais pareil…

La résistance résignée…

La modération radicale ?!?!?…

Franchement non, l’abstention dynamique pas mieux, genre changement dans la continuité mais revisité 3ème millénaire post moderne, non non bien…

On voit assez le style du genre de la chose de l’oxymoron dans son intrinsèque subtilité paradoxale, efficacement inutile, mais t’aurais quand même pu voter oui tout de suite, c’eût été plus simple ????

oui mais non ???…

Il est vrai, je l’admets, que t’es un peu minoritaire à l’assemblée et que donc camarade député t’y pouvais pas grand chose, que tu votes dur ou mou ça schlinguait pareil au fond du trou, fort l’honneur, mais l’on me dit dans mon oreillette, tu m’arrêtes si je me trompe, qu’en revanche au sénat tu serais un tantinet majoritaire et que donc…

…l’abstention dynamique aussi ????

…voilà voilà… ?!?!?!…

… alors là, dois je te dire que je suis dans l’extrême expectative, ne serait ce pas un peu comme le sortant du peuple à sortir par le pleuple montant en seconde avant que de s’installer en première, nous prenant passablement et à juste raison, pour des demeurés du bulletin et que camarade sénateur député tu servirais à foutre rien au final ???

Bon mais attends attends, avant que je te tire des conclusions hâtives, je te récapitule le truc du machin, manière à être bien en phase donc :

– t’es un peu pour un peu contre et un peu ni l’un ni l’autre mais au final ça finit par faire pour et t’es pas contre…

– tu pourrais voter direct oui ou direct non mais en conclusion tu fais ni l’un ni l’autre et tu laisses l’autre voter à ta place façon procuration…

– Bref, t’en appelles à mon votutile et quand je te le file ça sert juste à que dalle mais paraît que c’est mieux que rien en moins pire…

Donc, en résumé, j’vais t’faire une confidence, parce que décidément ton concept m’enthousiasme, le dimanche du deuxième tour, suivant ta méthode, j’vais appliquer la chose à la lettre :

Abstention dynamique dés le matin, ne pas aller faire mon devoir citoyen mais avec entrain et le soir selon que ce soit Dupont ou Dupond, tu me retrouveras là, à ma place dans l’opposition.

Parce que l’avantage du mec qui reste sur ses positions, c’est qu’il finit toujours par revoir passer les types qui tournent en rond.

tgb

Génération spontanée

Vacances de février.

Comme un avant-goût de printemps.

Je traîne et rêvasse et fume ma clope du côté des jardins d’Eole. Cet espace vert récemment aménagé à cheval entre les 18 et 19éme arrondissement de Paris juste en lisière de la voie ferrée et d’un vaste no man’s land en pleine restructuration.

Tous les mômes du quartier, les Doinel, les Gavroche, les poulbots, tous les gamins de Paris, pas partis aux sports d’hiver, autant dire la plupart, par centaines, par milliers peut-être, s’égaillent comme des volées de moineaux dans les espaces de jeux.

Leurs pistes noires et leurs pistes bleues.

Ça crie, ça hurle, ça braille et ça s’entasse sur les tourniquets

Ça court, ça tombe, ça chiale dans la pagaille ensoleillée

Ça se fritte et ça se frotte, ça se chamaille à chaque tour de balançoire

C’est la pépinière de Paname, la couveuse du nouveau siècle, et ça shoote par ici et ça marque un panier par là en s’étreignant par grappes comme en finale de coupe du monde.

Ils ont les yeux bridés, la peau mate, les cheveux crépus ou le visage pâle, rougi par l’effort.

Tiens un petit rouquin aux joues cramoisies…

Ils ne se mélangent pas toujours, mais ils se mélangent aussi.

Tiens une blondinette à pompons qui se crêpe le chignon avec une petite chinetoque à lunettes.

Ils sont de toutes les couleurs, mâchurés, bariolés, de toutes origines ethniques et d’une seule origine sociale, populaire, et comme en génération spontanée, tous français.

Je n’ai pas forcément une grande estime pour le manager socio-démocrate Delanoë, n’empêche, ce lieu-là, où les petites pisseuses et les petits morveux peuvent venir se râper les genoux pour mieux se les peinturlurer de mercurochrome après, on lui doit.

Tant l’est parisien était laissé à l’abandon par la droite.

Quatre hectares d’espace vert, c’est quand même mieux que ces cages à poules, vaguement concédées aux ados, sous les structures du métro aérien.

Que tous ceux, en ce pays qui ont une maison de retraite dans la tête le sachent bien, qu’ils le veuillent ou pas, l’avenir de ce pays n’appartient pas plus à ceux qui se lèvent tôt qu’à ceux qui se couchent tard, pas plus à un taux de croissance qu’à un taux de compétitivité, l’avenir de ce pays appartient à toute cette marmaille bigarrée et virevoltante, à cette cour de récré.

Que les gens qui n’aiment pas leurs enfants bougent de là, parce que ces enfants-là, ne bougeront pas d’ici. Puisqu’ils sont ici chez eux.

C’est l’enfance de l’art que de le constater : si ce vieux pays a encore de l’avenir, ce n’est pas dans sa courbe de croissance mais dans celle de sa natalité.

Ce pays appartient à ce tas de mômes en bougeotte, qui s’empilent pêle-mêle sur un tourniquet.

Je les remercie d’être là.

tgb


°photo célèbre de Cartier-Bresson

Faites entrer la politique !

Pendant que les citoyens grecs, portugais, espagnols par centaines de milliers hurlent dans les rues leur rage, refusant d’être sacrifié sur l’autel de la finance et d’endosser le fiasco de l’oligarchie mafieuse, leurs gouvernements à la botte des mêmes banksters, martèlent inlassablement la rengaine jusqu’à résignation finale :

Vous n’avez pas le choix !

Pourtant les peuples pareillement pris en otage, qui osèrent ne pas céder à cette injonction suicidaire, et refusèrent ce fumeux chantage, ont démontré, même si on l’occulte soigneusement dans nos merdias complaisants, une épidémie émancipatrice est si vite arrivée, qu’il y a précisément d’autres choix.

Plus qu’une alternance, des alternatives.

Congédier les vendeurs d’argent, les suceurs d’intérêts, et autres marchands de dette, et laver son linge sale en famille.

Bref, si nous étions dans un pays normal, quoiqu’à l’échelle d’Aphatie/Duhamel, atrocement fantasque, l’Islande ou l’Argentine par exemple, Papademos, Draghi ou Monti…, les mousquetaires de la non redistribution Goldman Sachs, ne « manageraient » pas en zélés gestionnaires des cures de rigueur/austérité du genre :

– tu as 100, je t’en prends 20, et j’augmente tout de 30, en croisant les doigts pour que tu relances la croissance…

mais seraient simplement à leur place, en vertus des innombrables services rendus : en taule.

C’est ainsi qu’en Argentine, l’ancien ministre de l’Economie Roberto Lavagna non sans audace, envoya se faire foutre le FMI et son catéchisme libéral, avant de relever en serrant les dents et pas que, son pays de l’état économique où il l’avait trouvé en entrant, en une poignée d’années.

Un politique faisant de la politique : curieuse anomalie pour ne pas dire sale manie chez ces gens-là !

C’est ainsi qu’en Islande, qui vient O joie suprême, de voir sa note améliorée, auprès d’une de ces agences de divine notation, plutôt que de régler rubis sur ongle les factures des petits margoulins corrompus et locaux, les envoyèrent méditer dans quelque cachot, douillet rassurez vous, avant que de rédiger une nouvelle Constitution participative sous la houlette de leur charmante présidente.

L’Argentine et l’Islande aujourd’hui vont bien, merci !

Certes ces deux pays n’avaient pas l’insigne honneur d’appartenir à l’Eurocircus et de prétendre à la régression sociale compétitive à pied par la chine mais n’empêche, qu’un seul contre exemple existe et alors même le mot d’ordre de : « il n’y a pas le choix » s’effondre.

Car nous avons toujours le choix.

Forcément le choix

Essentiellement le choix.

Car il serait bien paradoxal qu’à l’hypermarché du capitalisme ambiant et de la libre concurrence Il n’y ait comme en Sovietomie du nord, qu’un seul article en rayon.

Nous n’avons QUE le choix !

Etre libre c’est choisir

Ne serait-ce au final que de vivre ou mourir.

Si nous n’avons plus le choix c’est qu’alors nous sommes morts.

Voulons nous vivre morts ou prendre le risque de mourir vivants ?

Faire de la politique aujourd’hui c’est justement répondre à cette question, plutôt que de savoir si la femme de Mr Bruni s’épile la chatte en ticket de métro ou pas.

tgb

La troïka

Elle surgit à toute heure, au trot ou au galop

Petit matin frileux, ou dans la nuit glacée

Tu ne sais pas trop quand mais au son du grelot

Ce tintinnabulement incessant et fêlé

C’est la voix des loufiats, des experts de l’info

Les Kapos du système, rigueur austérité

– Et tu n’as pas le choix – et c’est toi ou l’euro

– Et tous des assistés – rassurer les banquiers…

Tu l’attends résigné, on t’a si bien dressé

A maudire ton voisin, à prier à genoux

Sans même un coup de fouet et au cri des marchés

La dette la dette la dette, elle te reprendra tout.

Tes droits ta dignité et tes acquis sociaux

T’expliquera qu’avoir faim c’est bon pour la santé

Qu’la misère c’est moderne, que le froid c’est le chaud

Le cul dans sa Limo, une Rolex au poignet.

Hier à Athènes, demain au Portugal

Petit Papademos mettra dans nos souliers

La main de Goldman Sachs, nouvel ordre mondial

Les banksters AAA du racket associés

Et ni Papandréou et ni Mamandréou

Couchés à l’assemblée, décrétant notre mort

N’attendre de combat, blanc bonnet bonnet mou

Surtout pas réveiller un député qui dort

Tu ne sais pas trop quand, la Sainte Trinité

FMI BCE, CE dévastera

Mais déjà tu l’entends hennir et piétiner

De plaisir les peuples, l’obscène troïka.

tgb

Le lancer de ‘nain’ (porte quoi)

C’est donc Mercredi soir 15 février que devrait être annoncé officiellement sur le pas de tir pas public de TF1, la tentative de « lancer de nain » qui aura lieu dimanche 19 février (15 h) au parc Chanot à Marseille (en même temps que le salon de l’érotisme) devant 5 à 6000 figurants.

C’est ce jour-là en effet que l’on devrait assister au catapultage médiatique du nain à talonnettes, et à sa tentative de record national de vol plané à travers le vasistas de l’histoire.

D’après certaines indiscrétions, plus dure pourrait être la chute si, cette tentative précipitée, pour ne pas dire improvisée, a été minutieusement calquée sur les courbes de sondages peu erectiles.

A ce titre, et réagissant à ce non évènement, le MCEPTT (Mouvement Contre l’Exploitation des Personnes de Petites Tailles) nous prie de publier le communiqué suivant :

Devant le spectacle dégradant du lancer (ou lancement) de nain, qui n’est pas loin de rappeler les attractions de fête foraine et autre exhibition avilissante consistant à exposer des « monstres de foire », nous tenons à rappeler à Claude Gluant et Jean Claude Gadin, qu’une circulaire de l’ancien ministre de l’Intérieur Philippe Marchand, datée du 27 novembre 1991, confirmée le 27 octobre 1995 par le Conseil d’État, stipule qu’un maire est en droit d’interdire cette pratique humiliante portant atteinte à la « dignité de la personne humaine ».

Et ce n’est pas parce que « le nain » en question ou plus correctement parlant, « la personne de petite taille », serait la victime consentante de ce show grotesque, contraint notamment par de médiocres raisons financières et poussé par un délire mégalomaniaque, que nous devons cautionner cette pratique douteuse et dévalorisante, cette stigmatisation honteuse des personnes différentes complexées de la toise.

Malgré lui et dans l’intérêt même du projectile, avec le souci de préserver son intégrité tant physique que mentale et d’épargner de vaines souffrances psychologiques à ses six cerveaux, mais aussi pour le respect du genre humain,dans le cadre d’une politique d’hygiène publique et de civilisation, nous nous élevons contre cette coutume discriminatoire et mercantile, cette misérable instrumentalisation commerciale du Nain porte quoi.

Contre cette pratique barbare, avec nous, dites non au « lancement du nain » à propulsion médias.

Et comme le « nain sectaire » le dit si bien lui-même, rappelons avec vigueur :

« que l’homme n’est pas une marchandise comme les autres »

tgb

Le confort moderne

Il fut un temps obscur où les citoyens de ce pays tendaient vers une société ignoblement fraternelle, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits, un peu comme en Corée du nord, mais en pire.

Le droit de ne pas crever de froid

Le droit de ne pas crever de faim

Le droit à la santé et à l’éducation

Avec

L’accès à la culture, à l’eau et aux transports

L’accès à l’énergie dans un système solidaire de péréquation.

On appelait ça la barbarie ou l’assistanat ou l’état providence, ce qui revenait au même.

C’était un temps archaïque où les services publics au service du public ne se souciaient hélas pas de savoir si le médecin était rentable, si l’instituteur était compétitif, si le curé lui était supérieur mais si la population pouvait vivre dignement dans une société plus ou moins égalitaire.

Bref, un temps cauchemardesque assez proche du goulag.

Il fut un temps rétrograde donc, où l’on considérait aveuglément, qu’ouvrir un lycée était plus urgent qu’ouvrir une prison, que loger les gens était préférable à les foutre sur le trottoir, que l’intérêt général confinant au communisme primait sur le profit individuel émancipateur de 3 appelés 2 élus.

C’était pas bien moderne tout ça.

Alors miraculeusement vint le temps de la civilisation.

Une civilisation supérieure qui enfin, indexa la dignité humaine sur les cours de la bourse, distribua des dividendes aux actionnaires gâteux de Miami grâce à de pertinents licenciements économiques, exploita méthodiquement les ressources naturelles de la planète pour en faire des profits immédiats, jusqu’à épuisement.

Un temps d’évolution et de progrès.

C’est ainsi que grâce à cette évolution fondamentalement humaniste, l’on vit des petites dames mourir de froid° après que GDF SUEZ, entreprise privatisant la chaleur et surévaluant les factures pour se faire de la trésorerie, leur eut confisqué les compteurs, l’on vit des chômeurs, brûler vifs à cause d’une bougie, après qu’EDF leur eut justement coupé l’électricité.

Cette civilisation supérieure donc, permit enfin à quelques milliers de rentiers méritants d’aller chouchouter leur Alzheimer dans des paradis fiscaux ensoleillés, tandis que 8 millions de ratés précaires, infâmes parasites sociaux mêmes pas français et si ça se trouve polygames, n’avaient ni les moyens de chauffer leur logement ni de nourrir décemment leurs gosses.

Bien fait pour leur gueule.

Bref il fut un temps ténébreux où :

GDF ne spéculait pas sur le cadavre de ses clients.

EDF ne cramait pas ses usagers

France Orange ne suicidait pas ses employés.

Les ministres engraissés par l ‘état n’osaient même pas traiter les chômeurs honteusement privilégiés, de cancer de la société.

Un comble !

Un temps sauvage où l’on avait ni le courage de s’en prendre aux plus faibles, ni d’attiser les haines, ni de désigner quelques boucs émissaires à la vindicte populaire, ni même de faire campagne sur des vraies valeurs véritables avec label de chez français.

Triste époque en effet, heureusement révolue, puisqu’aujourd’hui enfin, après avoir brisé tous les tabous et tous les archaïsmes, l’on peut faire crever les petites dames de froid dans la plus confortable modernité.

tgb


°merci à Celeste pour le lien

Regarde les gouvernements tomber

«Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne.» Andréas citoyen grec.

Après les gouvernements italien, grec, espagnol, irlandais, portugais…au tour du gouvernement roumain de se faire seppuku, sous l’insistance énervée d’un peuple crevant la gueule ouverte et pas loin de regretter le père Ceausescu et sa mère UBU.

C’est dire si on progresse.

Victoire populaire me diras tu ?! que nenni mon ami, puisqu’à peine les cendres du gouvernement précédent refroidies qu’un autre gouvernement dirigé par un clone désigné, (sauf qu’en plus il a les noms) s’emploie déjà à assurer le service après vente des diktats du marché.

Le paradoxe étant finalement qu’en faisant tomber les gouvernements les uns après les autres, les peuples loin de briser le processus de normalisation libre et non faussée l’accélère.

Le profit étant devenu la finalité du genre humain, et la compétitivité, son prophète, il est assez logique finalement que la machine folle et molle du nouvel ordre mondial licencie ses larbins politiques sans trop d’état d’âme, et recrute avantageusement d’insipides gestionnaires ayant pour toute vision planétaire : une calculette.

Après moi, il n’y aura plus que des comptables disait François Mitterrand.

Ce qu’il ne savait pas c’est qu’en plus, ils géreraient comme des patates.

Il y va donc aujourd’hui de la gestion des masses populaires comme des masses monétaires. On gère les flux. On exploite la ressource humaine. De la production de masse toujours moins chère à la consommation de masse toujours plus dégueulasse, au profit de quelque uns et au détriment de tous dans l’équation subtile et parfaite d’une croissance infinie dans un monde fini.

Alléluia !!!

Après des millénaires d’évolution, il s’agit donc, ni plus ni moins, que de faire franchir à l’espèce humaine, le dernier maillon qui le mènera enfin vers le stade ultime de la civilisation versus Guéant, autrement appelée, l’espèce de con.

Fort de cette fine et implacable analyse, il est donc parfaitement vain de s épuiser à lutter contre quelque gouvernement que ce soit, puisque simulacres d’élections ou pas, les mêmes gestionnaires au service d’un même projet se relaieront imperturbablement jusqu’à ce que résignation s’ensuive.

Plutôt que de se fatiguer à cogner sur des leurres, à s’empoigner pour savoir qui de Chapi ou de Chapo dirigera la succursale, autant utiliser notre énergie créative à sortir joyeusement du système.

Comment me diras tu ? tu te doutes bien que si j’avais la moindre ébauche de mode d’emploi, y’a longtemps que je l’aurais breveté, mais c’est bien la seule question qui vaille qu’on se prenne un peu le chou.

tout le reste étant anecdotique.

tgb

Ma beauté intérieure

« Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité » Benjamin Franklin

Y’a pas que la beauté physique dans la vie, y’a aussi la beauté intérieure.

Si ça se trouve, j’ai de très beaux intestins et tout le monde s’en fout.

Sauf Claude.

Il est obnubilé par ma beauté intérieure le Claude, d’une jalousie féroce et maladive. Le moine Guéant, le Savanarole de l’anthropométrie maniaque me veut dans ma pure transparence, me désire dans ma totale traçabilité, s’excite à me contrôler de l’intérieur.

C’est pour mon bien.

Derrière sa vitre sans tain, Claude prends son pied à me zieuter à oilp, il me dévore tant des yeux que ça fini par en être gênant. On a ses pudeurs.

Son truc à Claude ? le strip tease des voisins. Un accro de la garde à vue et du toucher rectal dans la salle de bain.

C’est plus fort que lui, comme une pulsion de l’intérieur, une passion dévorante, Claude mouille son petit maillot à m’éplucher les fadettes, à me tripoter l’ADN, à me répertorier les empreintes.

Faut rien lui cacher au Claude où il te nous pique sa crise de nerfs : – Tu m’aimes plus !!!!!

C’est pas que c’est un grand malade le Claude, juste un peu pervers sur les bords, juste un peu voyeur, à se palucher la nouille sur de la vidéo surveillance, à se fantasmer du fichier. Claude a la sensualité un rien totalitaire comme tous les impuissants.

Il aime bien tout savoir le Claude. – T’étais où ? avec qui ? j’le connais ? t’as un alibi ? …

Car confidences sous l’oreiller avec micro dessous :aucun député ne pourrait décemment s’opposer à ce que la justice utilise tous les moyens pour faire triompher la vérité ».

– Tous les moyens Claude ?

– Tous !!!

Alors oui grand fou, fais triompher LA Vérité, fiche moi le Claude dans ton grand fichier codé, archive moi l’intime, mets moi en banque de données. Connais moi toi même, collectionne mes clichés de scanner d’aéroport, gratte moi la puce que j’ai dans le dos, sonde moi le tréfonds de l’âme, ouvre moi les entrailles, sirote moi le jus de crâne façon John Edgar Hoover.

Epluche mes déplacements géographiques et bancaires, planque moi ton gros micro quelque part, dissèque moi mes consommations de PQ chez Monop, analyse mes relevés téléphoniques d’avec ma soeur, (bon courage) mes récépissés de CB du temps où je consommais encore, mes connexions internet de chez twitter. Vas y surf avec moi, prends moi sur la vague, prends moi de l’intérieur Claude, suis moi à la trace, scrute moi, mate moi, zoom moi, ne me lâche plus et décongestionne toi enfin de l’intérieur.

Je suis à toi mon Claude, entièrement, totalement, définitivement à toi. Je t’appartiens. Ausculte moi, observe moi, étudie moi de face, de profil, même si hélas dans le grand insondable et comme le dit si bien le grand philosophe patagonien Pagny qui jamais ne pensa :

– tu n’auras pas ma liberté de penser !

Parce qu’au fond… hein mon Claude, à quoi on pense quand on ne pense à rien ?

tgb

Un projet pour la France du 21ème siècle : la Véranda

A l’heure de l’effondrement cataclysmique du capitalisme, de la mutation phénoménale de notre civilisation, du tsunami économique mondial sans précédent, n’importe quel président amateur, tendance petit bras, aurait proposé comme misérable réponse, une mezzanine socio démocrate, un double parquet flottant écolo-centriste, voire carrément une porte de garage en PVC néo-libérale.

Et c’est là que notre président à nous dans une vision historique, avec courage et détermination et non sans un certain panache, inventant le futur, les enfonce tous, montrant indiscutablement l’envergure du personnage :

Son projet pour la France : la véranda.

Oui, là où la plupart des hommes politiques aux perspectives racornies, étriquées, mesquines, ne proposent que repli, rétractation et étroitesse, notre président à nous particulièrement créatif, mettant l’imagination au pouvoir, grâce à sa proposition novatrice d’une augmentation de 30% du COS (coefficient d’occupation des sols) fait le pari fulgurant de l’accroissement, du développement, de l’essor et de l’amplification…bref :

De la véranda.

L’extension du domaine du petit pavillon contre la récession.

L’expansion de l’espace intime et personnel contre la régression.

Et sans permis de construire encore !!!

Et le peuple de France soudain galvanisé par tant d’audace, de se retrousser les manches, les habitants des cités, des barres hlm, des campings toute l’année, des roms en caravanes, des sans abris, des sans papiers, des sans logis, des locataires de chambres de bonne, de se lever fièrement, leur honneur retrouvé, la truelle à la main, les pieds dans la gadoue de France, et de propager comme autant de lendemains qui chantent dans l’allégresse et la transparence, l’émergence de millions d’aquariums avec nains de jardin.

Arme suprême et fatale contre les ennemis de notre France éternelle ne s’avouant jamais vaincue, la dissémination de véranda déjà fait regretter à Standard and Poors son infâme dégradation et trembler en leurs mocassins, les spéculateurs cosmopolites tout prêts à rendre grâce.

Oui l’Amérique a son dollar, l’Allemagne son euro, mais la France aura sa véranda, n’en déplaise aux déclinistes résignés, aux Baverez anéantis, n’ayant même jamais théorisé la compétitivité par le vecteur génial et imparable de la véranda.

Que cent mille vérandas fleurissent aux murs des charmants pavillons des jolis lotissements dans une France de propriétaires de vérandas terrassant la crise des subprimes dans un ricanement revanchard et national répondant aux objectifs ambitieux de notre président essuyant les plâtres.

Et j’imagine ému, Robert barricadé en son Sam-suffit de banlieue, déclarant soudain solennel à son épouse, qu’eux aussi construirons leur véranda quitte à sacrifier le système de vidéo surveillance programmé, sans même se laisser déstabiliser par la réponse de Janine bassement pragmatique qui n’est quand même pas la moitié d’une conne :

– Mais Robert nous en avons déjà une !

– et bien nous en bâtirons une deuxième, pour la France !

tgb