La troïka

Elle surgit à toute heure, au trot ou au galop

Petit matin frileux, ou dans la nuit glacée

Tu ne sais pas trop quand mais au son du grelot

Ce tintinnabulement incessant et fêlé

C’est la voix des loufiats, des experts de l’info

Les Kapos du système, rigueur austérité

– Et tu n’as pas le choix – et c’est toi ou l’euro

– Et tous des assistés – rassurer les banquiers…

Tu l’attends résigné, on t’a si bien dressé

A maudire ton voisin, à prier à genoux

Sans même un coup de fouet et au cri des marchés

La dette la dette la dette, elle te reprendra tout.

Tes droits ta dignité et tes acquis sociaux

T’expliquera qu’avoir faim c’est bon pour la santé

Qu’la misère c’est moderne, que le froid c’est le chaud

Le cul dans sa Limo, une Rolex au poignet.

Hier à Athènes, demain au Portugal

Petit Papademos mettra dans nos souliers

La main de Goldman Sachs, nouvel ordre mondial

Les banksters AAA du racket associés

Et ni Papandréou et ni Mamandréou

Couchés à l’assemblée, décrétant notre mort

N’attendre de combat, blanc bonnet bonnet mou

Surtout pas réveiller un député qui dort

Tu ne sais pas trop quand, la Sainte Trinité

FMI BCE, CE dévastera

Mais déjà tu l’entends hennir et piétiner

De plaisir les peuples, l’obscène troïka.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

12 commentaires sur « La troïka »

  1. Je disais super pour ton poème
    mais le thème du poème ne me donne pas envie de dire super Ça me donne envie de pleurer . J’ai suivi les événements en Grèce toute la nuit de dimanche à lundi sur CNN et une télé grecque sur internet . J’ai vu le désespoir , et quand ça a commencé à brûler , à péter dans tous les sens .Ils étaient 125000 devant le parlement de tous ces vendus (ceux qui ne l’étaient pas ont été virés). Quatermer , ce con ,annonçait 7000 manifestants.Les télés françaises: silence assourdissant , quelques secondes entre la mort de Houston , et la future statue de Carla .
    Et le lendemain ,j’apprends que les flics cognaient , ,utilisaient des produits toxiques , ne parlaient pas grec , s’attaquaient aux manifestants ,et laissaient faire les casseurs cagoulés (des flics ? ), qui détruisaient et brûlaient tout sur leur passage.
    Alors que dans les infos précédentes j’apprenais que les flics étaient du côté des grecs .
    Voilà et si on se contente d’attendre le sauveur par des élections , c’est toute l’Europe qui file le mauvais coton que tu annonces si bien
    Tu as un talent fou , TGB ! Voilà ce que je voulais te dire pour la énième fois . Tu m’épates , vraiment .

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  2. ah voilà là c’est clair :-))) – mais oui oui j’ai suivi aussi et c’est assez terrifiant non seulement ce que l’on inflige aux grecs laboratoire de l’Europe (jusqu’où un peuple peut plier) mais aussi cette désinformation – surtout que ça ne se propage pas – froid et redoux à la une plus le pitre sur toutes les chaines tous les jours – heureusement je me protège – je regarde le minimum et passe plus de temps à me taper « mon oncle Charlie » et les simpsons ‘ pour la enième fois que le moindre JT ou grand journal promo-politico-pipole tout mélangé.
    sinon merci !!!

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  3. Bon, jusqu’ici tout se déroule conformément aux abaques.
    Le prochain « moment » symptomatique sera celui de l’annonce officielle du « dépôt de bilan » grec ( Portugal et autres à suivre) , sur fond d’émeutes et de liquidation de la politique par la classe politique .
    Il est plus que temps de se préparer.
    Comme je me tire une semaine je t’informe déjà de la suite des cours de rattrapage, histoire et économie politique :
    http://www.librairie-tropiques.fr/article-un-debut-mars-anime-a-la-librairie-99591988.html

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  4. Bien qu’adepte du vers libre (et non faussé, ça va de soi), je reconnais là la sensibilité du poète, et ça me plaît.
    Touchant.
    (la Troïka aussi me touche, mais une autre partie de mon anatomie, et contre mon gré… c’est à ça qu’on reconnaît le clergé, non?)

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  5. Je suis plutôt l’hivernal libertaire, ou libérable libertaire.
    Mais surtout adepte du verre libre (et de mon fossé, pourrie cuvée).
    La liberté, c’est là qu’on trinque.

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