Radiés ou irradiés ?

Et ben voilà, suffisait d’y penser, des SDF japonais recrutés pour nettoyer Fukushima…

Des crèves la dalle, taillables et corvéables à merci pour curer les chiottes du productivisme.

Des morts en sursis qui nous feront la grâce de ne pas toucher leur retraite, pour torcher radioactivement l’ultralibéralisme.

D’où l’intérêt de posséder et d’entretenir un vaste réservoir de miséreux, de pauvres gens prêts à mourir demain pour ne pas crever aujourd’hui : Sdf, sans papiers, chômeurs, précaires, travailleurs (en pièces) détachés, personnes surendettées, prisonniers politiques ou de droit commun, esclaves déguisés, électeurs socio démocrates…

D’où l’intérêt d’un électro choc de compétitivité, d’un pacte de responsabilité, de ces formules creuses sorties de la novlangue solférinienne, pour au final, mieux mettre en rivalité les uns avec les autres, les uns contre les autres…

D’où l’intérêt d’une crise permanente savamment entretenue permettant de puiser dans un vivier sans fond de mains de basses œuvres n’ayant plus le choix.

D’où l’intérêt de mettre suffisamment peu de foin dans les râteliers, histoire que les salariés se battent et libèrent leurs pires instincts. Combat de nègres, combat de chiens, combat de travailleurs entre eux, entre licenciés d’aujourd’hui et ceux de demain.

On peut dire ce que l’on veut, en ce sens, le capitalisme à des ressources inépuisables pour non seulement pallier à ses effets mortifères et donner les réponses à ses immondes saloperies mais encore pour en tirer profit.

Non, le désastre n’est pas une simple conséquence du capitalisme, il en est parfaitement consubstantiel. Il en est la composante indispensable, la dimension nécessaire, faisant de l’humain une simple variable d’ajustement et de la planète une porcherie.

Nous noterons d’ailleurs qu’en ce cas d’école, que nous pouvons voir comme une parfaite métaphore du nouvel ordre mondial, ce sont des sous-traitants gérés par la mafia japonaise à travers des sociétés écrans qui font la sale besogne.

Bref, enfin au grand jour, l’union de l’entreprise criminelle et de l’entreprise privée, de l’argent sale et du sale argent, réunis depuis longtemps dans les mêmes circuits financiers opaques et scellant officiellement leurs penchants naturels dans cette grande famille du pognon sans traces et sans frontières.

Et là où dans un monde juste, les actionnaires gavés, les classes dirigeantes cupides, les politiques corrompus, ayant poussés au maximum la rentabilité au détriment de tout et notamment de la sécurité, se devraient d’être sacrifié à pelleter de l’uranium aussi enrichi qu’eux, au contraire l’argent continue d’aller à l’argent et la misère de coller à la misère additionnant les handicaps jusqu’à mener une vie même plus de chien.

Non, le capitalisme ne se réforme pas plus que la merde ne se parfume, on le tue ou il nous tue.

En ce sens là en effet, il n’y a pas d’alternative.

tgb

Tu ne peux pas ne pas…

Paraît que tu ne peux pas ne pas revenir…

Pour ne pas ne pas, faudrait déjà que tu sois parti, que tu nous aies un peu lâché la grappe, alors qu’à peine congédié tu nous grattes à la porte, à japper ta gamelle, je pars pas mais j’reviens…

Mais admettons

Paraît que tu ne peux pas ne pas revenir…que ce serait inéluctable, fatal et programmé. Du genre mektoub fatum et tralala, qu’on peut pas y couper, que la noire galaxie réclame tes lumières.

Surtout te sens pas obligé, va pas te faire du mal, rassure toi mon nabot providentiel, mon de Gaulle tout raccourci…on survivra !

Si t’es en manque, tu nous manques pas, t’as plus besoin de nous qu’on a besoin de toi, et ça se soigne !

Allez, je suis sûr que tu peux ne pas revenir, un peu de volonté, concentre toi, fais un effort, pense à nous, et enlève-moi ce doigt de ton nombril, que tu vas encore nous gicler partout.

T’es pas indispensable, les nuisibles ça pullule ,les méchants incompétents, les vaniteux péteux, les incultes vulgaires, les cupides de la compétitivité rentière y’a que ça, à quémander du merdias, à s’aplatir du merdef. Du va t’en guerre ami de la finance, du cracheur de haine et de Rom, ça se bouscule tellement de l’urne que tu ferais double emploi.

Va te faire assister chez les Grecs, par Goldman Sachs ou ta riche héritière que c’est pas un métier à ton âge de remuer de l’air, à vivre à nos crochets.

Tu ne peux pas ne pas et pourtant tu pourras, parce que tu manques tellement pas que si tu ramènes encore ta fraise, on va pas te manquer !

Allez dégage enfin que ça nous fasse des vacances, que si tu le fais pas pour toi, au moins pour la France…

tu ne peux pas ne pas mais si tu peux ne peu !

tgb

La prostate de Madiba

C’est bien beau d’enterrer du grand homme, du géant, de la figure tutélaire comme de la princesse anglaise, mais s’est-on seulement penché une seconde sur la prostate de Mandela ?

Parce qu’il ne suffit pas dans l’hommage à l’immense, conserver le côté Diana et omettre l’aspect Barghouti,

souligner le peace and love pour mieux gommer le combat communiste, encore faut il s’intéresser à l’essentiel, à savoir l’anecdote, châtrer l’Histoire pour en faire des histoires.

Sanctifier pour mieux taire. Emouvoir pour brouiller. Encenser pour denier le sens.

Car, quand l’Histoire te montre la lune, le journalisme prostatique t’enfonce le doigt, te fait de l’enterrement entertainment, façon football, et l’état de la pelouse après le concert de Justin Bieber, et la revue du gratin dans les gradins, mais pour ce qui est du petit nom complet du FNB stadium de Johannesburg, soit le First National Bank Stadium, ce qui t’éclaire un chouïa sur l’état des choses mondialisées, tu repasseras.

Le journalisme prostatique ne fait pas de politique, il fait dans la coloscopie, et au bal des faux culs, pendant qu’une centaine de chefs d’état rendent hommage à ce qu’ils ne sont pas, la machine à fabriquer du consentement canonise aujourd’hui ce qu’il rangeait au rayon terroriste hier avec cette même propension à décerveler, à faire du rien de tout.

Non l’expert prostatique ne fait pas de politique, dans les manifs contre la TVA il compte les drapeaux, à Kiev, il regarde tomber Lenine sans s’attarder sur qui l’abat, avant que de couler un bronze à Baroso que ç’est d’une autre stature. A Caracas, le Jean-Michel Aphatie du toucher rectal te décrit l’apocalypse collectiviste sans trop noter la victoire de Maduro aux élections municipales que c’est quand même ballot.

Et tandis que mister Oblabla entre deux drones, fait dans l’éloge inspiré d’un homme que son pays balança aux afrikaners et qui en ce jour glorieux entre par la grande porte comme homme africain universel dans l’histoire, certains dans les gradins se tapent encore l’incruste sur le paillasson à regarder dessous des fois qu’il y aurait la clef.

Si pleurnicher faux derche sur une étoile ne rend pas forcément brillant, célébrer un résistant quand on passe son temps à céder n’octroie pas spécialement un diplôme de rebelle. On ne peut à la fois couper en deux Léonarda et appeler à la réconciliation nationale, encourager à brandir de la banane ou lyncher Kadhafi financeur de l’ANC et opportunément se prosterner devant le vieux singe sage.

Le journalisme prostatique ne te dira pas non plus que Lumumba ou Ken Saro-Wiwa eurent pu accéder aux grandes pompes funèbres de l’internationale tartufe, pour peu qu’ils passent entre les balles occidentales et les gibets pétroliers, en revanche, ils te feront comprendre qu’un bon communiste est un communiste mort.

François Hollande était accompagné de Robert Hue.

Le journalisme prostatique se passera avec soulagement de l’hommage du vice à la vertu, l’apartheid sauce Netanyahou au vainqueur de l’apartheid, Mandela. Il préférera faire un sujet sur le prix des billets d’avion pour Soweto et un micro trottoir pour savoir si Flanby, l’ami Ricoré de Bibi, pu passer le prendre en Air-Sarko à Tel Aviv.

Bref, le journalisme prostatique préfèrera toujours enterrer du Mandela inoffensif d’aujourd’hui plutôt que du Nelson dangereux de demain.

L’on peut se réjouir que Chavez et Arafat aient échappés à ce barnum hypocrite tandis que le journalisme prostatique bavant devant la photo de l’élite pipolisée rêve de coloscopie générale.

tgb

Ma compagne en campagne

La rue Affre, et c’est pas un scoop, à quelque sympathie pour le front de gauche et particulièrement le PG. Sympathie critique, sympathie vigilante, du genre à dégager plutôt qu’à s’engager, mais sympathie sincère de long compagnonnage.

Si ici, on n’a pas trop l’esprit militant, estimant par exemple comme Brassens qu’à plus de 4 on est une bande de cons, qu’une discipline de parti fait un peu trop partie d’une discipline et qu’une pensée mise en commun est une pensée commune, on est pourtant bien conscient qu’on ne fait pas grand chose à un tout seul, et qu’il faut bien que certains se regroupent manifestement, à remuer du drapeau du tract et de l’agit prop’ en réunion.

AH ce goût de la réunion, ce moment pittoresque où l’on peut pinailler des heures sur un mot avant d’accoucher d’un anecdotique compromis entre les diverses composantes, que moins t’es représentatif et plus t’es divisé, jusqu’au groupuscule à 1 adhérent susceptible de faire scission.

Les charmes et spécialités d’une gauche aussi vitale que parfois désespérante, à cogiter de la virgule tandis que l’ennemi t’envoie du bulldozer, du genre à finir enfin d’accords mais morts.

Sans compter le jeu des ambitions et des carrières, tandis que les petites mains se tapent le sale boulot et que les experts de la chose communicationnelle jouent des coudes sur la photo.

Bref tout ça pour dire que si Mr Rue Affre n’est pas un clown cynique mais un cynique avec un peu de clown autour, madame Rue Affre elle, non professionnelle de la profession politique et sortie du rang par la force de ses petits poings, est en revanche toute entière et toute investie et se voit officiellement bombardée tête de liste du Front de Gauche ( Paris Place au Peuple) pour le 18eme arrondissement.

Que v’la aut’chose ! Mais que c’est un excellent choix, vu que moi même l’ai déjà fait en toute conscience auparavant et ne m’en plaint pas.

Et c’est fort artisanalement, avec deux bouts de ficelle, mais pleine d’énergie et d’ardeur que Danièle Atala se lance à l’assaut des grandes industries politiques et de leurs compromis pourris aux positions schizo acrobatiques que ça fait mal rien qu’à les voir, pour certains.

C’est donc en toute camaraderie affectueuse (mais pas que), que la Rue-Affre apporte son soutien total à Danièle Atala et met dés aujourd’hui ses ‘immenses moyens médiatiques’ à son service pour porter, diffuser, catapulter sa parole, ses actions, sa révolution citoyenne, afin d’exploser les scores du Front de Gauche en notre arrondissement et participer avec elle au succès parisien de Danièle Simonnet.

Et devinez quoi ? en mars en tant que représentant unique de la Rue-Affre, et sans tergiverser (pour une fois) je voterai carrément pour elle !

tgb


photos Roger P. – Stéphane L.

Les pas tellement compétitifs

Compétitivité, ce mot valise plombée, le terme le plus con de la langue française, sans qui tous les zexperts de la doxa à la pensée tunique, de celle qui t’habille pour l’été et te déshabille pour l’hiver, n’auraient plus rien à radoter sur les ondes où moins ils ‘pertinentent’ et plus ils pullulent.

Et pourtant pas tellement compétitifs ces gens-là !

Pas hyper compétitive la dame Parisot Laurence, que l’amour comme le travail est précaire et que pendant ce temps là l’ifop fait flop. Et tandis que l’ex patronne patronnait du patron, son usine à fabriquer l’opinion buvait tranquillement le panel en bouillon, qu’heureusement depuis, la fille à papa cachetonne au « Conseil économique, social et environnemental » aux frais de l’état épouvantablement providence.

Pas férocement compétitif l’assisté fonctionnaire Reynié Dominique et sa fondation Fondapol/ump. Ce Think tank libéral gavé à 73% de subventions publiques (1,6M€) pour phosphorer de la privatisation, de la déréglementation, à tout austériser, alemagniser, paupériser 3 en 1, sauf son salaire, il va de soi.

Pas ultra compétitif non plus le Varlin Philippe à manger sa retraite chapeau de 21 millions, le temps que l’on regarde ailleurs, vu les bons services rendus à PSA faillite : 5 milliards d’euros engloutis, 11 214 suppressions de postes et quelques milliards de garantie d’état.

Pas davantage ultra compétitif, le porte serviette Mosco du patronat Vi(n)ci, que si l’autorégulation exigeante indulgente ne fonctionne pas, alors qu’il faudra légiférer…un jour mais de préférence pas.

Quand même rigolo ces rigolos-là qui prêchent de la compétitivité quand leur spécialité est de vivre à nos crochets tout à nous culpabiliser du smic.

tgb

La panoplie du super nazillon

Le néo nazi Marion Kotleba vient d’être élu gouverneur de la région de Banska Bystrica en Slovaquie.

                              Kotleba en civil

                   Kotleba en costume folklorique local

Ce qui m’a toujours amusé avant de me foutre la trouille, c’est ce goût immodéré des fascistes pour le costume d’opérette, l’accoutrement milicien, le déguisement à la soldatesque, cette esthétique symbolico-merdique aux relents pseudo ésotériques.

Déjà que j’ai une certaine aversion pour le défilé militaire, je ne vous raconte pas, rapport au paramilitaire.

Ce réflexe régressif et infantile en ces temps de noël de la panoplie du con au pas cadencé, de la parade carnavalesque quoique disciplinée, du défilé aux flambeaux by night. De l’apprenti mussolinien bien aligné, super viril à cinquante, à se retrouver unique dans l’identique, semblable à ses semblables et enfin quelqu’un, en se rangeant dans le rang.

Etre quelqu’un à plusieurs c’est sans doute échapper à n’être personne tout seul. Se donner l’illusion par l’uniforme d’exister dans l’uniformisation et d’arracher une miette de pouvoir par le matricule.

Oui même adulte, le con de mâle abruti continue à jouer au petit soldat, à modéliser du nazillon, dans cette fascination puérile et primaire pour les codes pompiers et les canons pompeux.

Avec toujours ces mêmes victimes désignées, le tzigane pour commencer, le pédé pour suivre, le communiste ensuite avant que de conclure définitivement si possible par le juif.

Ce qui ressemble à s’y méprendre à une pitrerie de crétins grégaires et attardés, à la mise en scène d’un mauvais fantasme refoulé, à la démonstration douteuse d’une virilité à la mords moi l’nœud, ne serait en effet que clownerie si dans certains mauvais temps ça ne finissait pas par se cloner et se propager.

                               Jobbik en Hongrie

                           Aube dorée en Grèce

                        On a les mêmes chez nous

Que l’oligarchie vacillante favorise ce genre d’énergumènes pour canaliser et détourner vers d’autres cibles la colère des peuples en dit long sur son degré d’humanité.

Tout et le pire, du moment que l’ordre établi se maintienne. Nouvel ordre mondial ou ancien tout pareil.

Moi, quitte à commander une panoplie, je préfère en rester à Zorro.

Défendre la veuve et l’orphelin

c’est toujours plus exaltant que de les gazer

On a les super héros qu’on peut.

tgb

Ophélie dans le métro

Que la diaphane acronymée NKM prenne le métro ou pas m’indiffère. Perso je pourrais couper à ces « moments de grâce et de charme » et particulièrement aux heures de compression m’irait aussi bien. Personne ne doit se sentir obligé de subir les cohortes de fatigues, les odeurs de pisse N°5 et la promiscuité laborieuse.

Nul n’est responsable d’être né là ou ici, une cuiller en or dans la bouche ou pas. Le scandale n’est pas d’être de bonne famille ou issu des beaux quartiers. On peut être une grande bourgeoise et avoir l’intelligence de son humanité.

Ne confondons pas différence sociale et mépris de classe.

Le mépris de classe, il est justement dans ce besoin de faire peuple, dans cette nécessité affligeante de la jouer prolo, dans le calcul market de se déguiser en « vrais gens » avec la panoplie.

Ce syndrome Balladur de l’Edouard au métro comme au zoo et de la formule historique « Il fait chaud ! » de l’homme qui n’a rien à nous dire. Et où précisément explose le décalage social dans toute son indécence et sa vulgarité.

J’entends d’ici le conseiller en comm de la prénommée N : – Ma cocotte t’as un souci d’image, un peu trop « prout prout bobo » va falloir aller te crotter les Louboutin chez les gueux –

Je me fiche parfaitement que NKM ou ses congénères connaissent le prix du ticket de métro, de la baguette tradition ou du petit noir au comptoir.

Je juge les politiques à leur politique pas à la récitation démago et sans faute de listes populistes apprises par cœur et fournies par des communicants.

Ce qui en revanche m’importe c’est que le prix du ticket de métro public reste abordable et que je puisse m’offrir encore une baguette de pain sans trop de saloperies dedans et sans que des privilégiés gorgés de subventions me traitent d’assistés, des oisifs à dividendes, de feignant et sans que des milliardaires défiscalisés me reprochent de toucher 483 euros d’un état providence qu’ils truandent à longueur de journée tout en me désignant comme ennemi un plus faible que moi.

L’affront n’est pas que ces gens-là ne foutent jamais les pieds dans le métro mais qu’ils y aillent comme en exotisme, avec ce regard compatissant de la dame patronnesse chez les ploucs.

Il y a entre autres, deux choses que je méprise :

– ceux qui jouent les riches quand ils n’ont pas le sou

– ceux qui jouent les pauvres quand ils sont pétés de thunes.

Déjà, si NKM évitait en toute évanescence de se la jouer Ophélie sur la photo confondant le réel et la scène, sa personne et son rôle, on y gagnerait beaucoup en représentation.

Et subsidiairement, mais ce n’est pas mon problème, lui éviterait probablement de boire le bouillon.

tgb

Contribution altruiste à la gentillesse environnante

Dans le cadre de la journée de la gentillesse, voici ma contribution désintéressée et constructive afin de démontrer que contrairement aux apparences, l’époque est à la bienveillance et les gens particulièrement serviables et intentionnés.

Ainsi, par exemple, lorsqu’un torchon fait sa une sur une ‘guenon et sa banane’, fine allusion à la respectable ministre de la justice, nous faut-il bien comprendre qu’il n’est nulle intention nuisible, rance et obscurantiste mais bien plutôt un hommage au Darwinisme et à la lumineuse théorie de l’évolution dans une volonté généreuse d’éducation populaire.

Que si, aujourd’hui, 46% du patrimoine mondial appartient seulement à 1 % des ménages, à l’inverse, des deux tiers des adultes de la planète ne possédant seulement que 3% de la richesse globale, n’en déduire que le souci d’une élite responsable à bien gérer la cagnotte commune dans l’intérêt général et la préservation de la planète. Les pauvres à l’hygiène douteuse et sujets à l’alcoolisme génétique étant malheureusement fort dépensiers, autant les protéger d’eux mêmes.

Ainsi quand Peter Brabeck, PDG de Nestlé déclare qu’en tant qu’être humain, avoir accès à l’eau est une solution extrême, ne pas interpréter cela comme le droit de vie ou de mort arbitraire sur les populations, mais au contraire comme la sage préoccupation d’un véritable humaniste quant à la qualité douteuse de certaines nappes phréatiques et par exemple celles de Bretagne polluées par le lisier des élevages intensifs de porcs.

Pollution d’ailleurs partant d’un noble sentiment puisque, grâce aux producteurs à bonnet rouge et à leur lucide prévention, la prolifération des algues vertes permet de protéger le littoral d’un tourisme de masse destructeur.

Oui comprenons bien que lorsqu’un ministre de l’intérieur expulse de jeunes lycéens vers des contrées inconnues, il ne le fait pas pour flatter d’immondes pulsions démagogues et sa courbe de popularité tout en même temps, mais bien dans l’aimable perspective d’enrichir par des voyages linguistiques le bagage de jeunes défavorisés, en toute empathie, afin de lutter contre les inégalités sociales.

Qu’une vieille peau en vison, conspue un chef d’état en pleine commémoration, ne signifie évidemment pas l’expression pathétique de la haine en fourrure et de la connerie botoxée, mais bien plutôt la volonté d’une performance décalée au second degré d’artistes désopilants se moquant avec tact et délicatesse d’une certaine bourgeoisie un peu caricaturale.

Apprécions en ces temps moroses ces happenings gratuits voués à nous dérider quelque peu et à nous remonter le moral.

Oui, si Laurent Fabius, homme sincère s’il en est, fait capoter l’accord historique avec l’Iran, ce n’est pas non, qu’il s’aligne platement sur les positions d’Israël, d’Arabie Saoudite ou du Qartar contre le reste du monde, mais parce qu’en homme convivial et chaleureux, il meurt d’envie de retrouver encore une fois ses homologues perses autour d’une bonne raclette en Suisse, juste après la visite de François Hollande à Tel Aviv.

Ne voyons décidément pas le mal partout.

En ce siècle sympatoche, les gens sont bien souvent plus obligeants et urbains qu’on pourrait le penser et cultivent une forme discrète et élégante de bonne volonté.

D’ailleurs quand on voit combien ce gouvernement de ‘gauche’ si serviable ne sait comment être agréable à un patronat de droite qui n’aspire lui-même qu’à faire reculer le chômage et la misère on ne peut être que confiant en l’avènement de la gentillesse en ce monde fraternel.

tgb

Choc culturel et encombrants

On (c’est à dire madame tgb) se débarrasse de notre vieux sommier, qui d’ailleurs est encore en relatif bon état et ça ne tiendrait qu’à moi, adepte du bricolo,… mais bon, n’étant pas seul à flemmarder dessus et On, aimant les choses en parfait état…

Bref, On, fait ça bien, civiquement, scrupuleusement, appelant les encombrants, lesquels lui demandent de mettre un numéro référent sur chaque élément de la chose et de déposer le tout une demi-heure avant le passage des valeureux ramasseurs d’objets hétéroclites de notre opulente société de consommation, à savoir tel jour entre 13 h et 14h.

Ce dont ON me charge en tant que bourrin de service.

Le jour dit à l’heure dite, le bourrin de service dépose donc le barda bien rangé, bien référencé, contre le mur de la porte cochère.

A peine ai-je déposé le tout, qu’une nuée de nos baltringues locaux, passant le plus clair de son temps à glander dans la rue, se jette sur le sommier, tout à me demander s’il n’y aurait pas et les pieds et le matelas et la latte manquante et pourquoi pas et les draps et les taies d’oreilles…

Bref c’est le folklore ordinaire de ma rue pittoresque. Faut le prendre à la cool

– Les pieds y’a pas, les vis faut voir…

Après un grand conciliabule technique dans un échange international et cosmopolite et au centre d’un cercle grandissant, le matos finit par disparaître par les portes adjacentes des immeubles voisins.

Autant que ça serve à quelqu’un. Je retourne dans les hauteurs de mon 3éme étage. Fier du travail accompli et content que l’objet en question poursuive sa destinée. Une forme de recyclage finalement.

On, étant respectueuse de la légalité et de la procédure, et se faisant une haute idée de la citoyenneté, s’empresse de prévenir l’admirable et indispensable service des encombrants gratuit quoique à l’appel surtaxé, qu’il est inutile de venir par chez nous, que le vide est fait et la rue nettoyée. Il est 12 H 45, elle tombe miraculeusement sur le planton de service qu’en a visiblement assez peu à foutre entre deux bouchées de ce que l’on pourrait identifier comme un plus ou moins sandwich.

Evidemment, 20 minutes plus tard, le triporteur des glorieux encombrants se pointe pour ramasser oualou. N’étant pas du genre à pas rentabiliser le déplacement, les respectables petits hommes verts s’emparent d’une vieille planche pourrie qui traîne, c’est toujours ça comme butin.

Bon ! pensant l’affaire entendue je retourne vaquer à de plus nobles occupations.

Une heure plus tard, sortant de chez moi pour une course ordinaire je remarque assez abasourdi, que le sommier est réapparu, éparpillé façon puzzle, un élément tous les dix mètres de ma rue si pittoresque. Il n’a visiblement et après concertation sans doute, pas donné toute satisfaction à ses nouveaux propriétaires.

Y’a plus qu’à tout recommencer.

On, a soudain comme une baisse de conscience civique et ne rappelle pas les encombrants. Les éléments du sommier resteront donc une semaine à traîner dans la rue avant de disparaître mystérieusement …

Morale de l’histoire : cette anecdote illustre sans doute ce que l’on nomme, le choc culturel. Autant dire que le vivre ensemble dans l’urbanisation rampante de nos quartiers folklo et populaires, des fois c’est rigolo mais que c’est pas du gâteau.

tgb