Aux arbres citoyens

En 2009, le bonzaï à talonnettes se demandant ce qu’il pouvait encore dévaster en France, dans cette vision libre et non faussée et à court terme qui caractérise nos larbins ultralibéraux à la mesure de leur incompétence, de leur pauvreté d’esprit et de leur cupidité, décida sur des estimations erronées, d’augmenter la coupe de bois de 40% du patrimoine forestier.

Non content d’avoir massacré l’Office National des Forêts, à coups de réformes régressives dont la baisse de 20% des effectifs avec pour bilan le suicide de 24 gardes forestiers, gardiens sans doute un peu trop vigilants de notre biodiversité, il engagea avec enthousiasme la surexploitation intensive de notre forêt.

Couper plus pour respirer moins.

L’arbre devenait une marchandise comme les autres et la forêt, considérée à l’aune de l’industrie productiviste comme un gisement de richesse ultra compétitif.

Sauf que la forêt, renouvelable à cinquante ans, autant dire par les temps qui courent le changement climatique et les joyeux pics de pollution, jamais, on était mal barré question développement durable comme on dit dans la novlangue de chez nous.

François Hollande dont le changement s’était le jour même de son élection dissout dans la continuité pareille trouvant l’idée excellente, s’empressa de confirmer cette décision avec la foi du charbonnier converti et ce discernement visionnaire qui va si bien à son double menton.

Le déboisement c’est maintenant

– méga scieries, méga projets biomasse, coupes gigantesques offertes à des traders du bois à prix cassé sous la pression des lobbys industriels, pour une culture exclusive d’espèces résineuses dopée aux pesticides, vouée à la spéculation pour plus de rentabilité immédiate ; ou comment faire du profit tout en s’asphyxiant.

Enrichir quelques pères d’aujourd’hui pour ruiner les enfants de demain.

Et c’est ainsi qu’à partir du 8 avril 2014, les sénateurs examineront le projet de loi d’avenir sur l’agriculture et la forêt (LAAF) consistant grosso merdo à, faire table rase de nos forêts, aller aux champignons à découvert et pique niquer à l’orée du pas de bois.

C’est pourquoi je vous encourage à y aller fissa de votre signature, pour jouir demain du droit, entre autres, de pisser contre un arbre, de grimper dessus ou de piquer un roupillon à son ombre.

Dans ce monde au rabais ou la tête de bite socialisse, Lamy de la finance et de l’oligarchie ventrue et de Goldman Sachs, nous promet « courageusement » un salaire de misère pour un boulot de merde, il est plus qu’urgent de rappeler, que « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » et que contrairement à ces bûcherons de la pensée tronçonnée, le pragmatisme justement, nous conseille « d’écouter la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe» et d’investir sur l’avenir plutôt que de tout niveler par le pire.

Si « celui qui a planté un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement », on peut aisément en déduire que nombre de nos politicards n’auront servi à rien. Quant à moi tout à mon optimisme, je cours planter deux glands et acheter un hamac.

tgb

Cap au pire

Et voilà que le petit père Flanby, droit dans ses pantoufles descendant Ayrault aux poubelles, en profita pour discourir du pupitre :

Hello salut coucou françaises et françois

Que j’ai tout entendu, bien capté le message

Que vous votâtes à gauche ou que vous votâtes pas

On continue tout droit par la voie de garage.

J’ai un produit d’synthèse, de l’emballé sous vide

Qu’y pense tous les matins en s’épilant l’maillot

Du Tony Blair Schröder, un truc assez hybride

y‘a pas les talonnettes mais c’est comme du Sarko

Comme premier ministre, j’avais pensé Gattaz

Mais faudrait pas changer les nobles traditions

Le flic de l’intérieur, ça sent si bon le gaz

Que ça va embaumer l’hôtel Matignon

Gardons le cap au pire, capitaine Manu

Je te confie la barre de la France pédalo

Plus vite on l’aura enfoncé dans le cul

Plus vite l’iceberg fondra la zone euro

Cinq virgule six pour cent aux dernières primaires

Le score éblouissant de mon jeune padawan

Je peux aller tranquille finir mon dessert

Tandis que les merdias, de sondages se pavanent

Un bellâtre aux manettes, ça va être de la balle

Estampillé merdef cloné des USA

Dans les clous d’la doxa, nouvel ordre mondial

Ami de la finance pas de Léonarda

Hello salut coucou françaises et françois

Que j’ai tout entendu, bien capté le message

Que vous votâtes à gauche ou que vous votâtes pas

On continue tout droit, j’ai le goût du naufrage

J’ai trois pactes au frigo hyper compétitifs

De solidarité, responsabilité

Et ma botte secrète, encore un pacte de six

Histoire de me murger avec Julie Gayet

Vous me direz pépère peut pas tomber plus bas

Ne vous méprenez pas en ce premier avril

Du gouffre de Padirac entendez donc ma voix

Mon projet politique ? la France à Lexomil.

tgb

Honorable !

Notre score, son score, le score de Danièle Atala, dans la bouillasse de dimanche soir est honorable.

7,2%

Meilleur score Front de Gauche sur Paris (on se console comme on peut) derrière Danièle Simonnet (10,36 %) qui, à l’heure où j’écris ces lignes, se maintient pour le deuxième tour et portera tous les espoirs de l’opposition de gauche dans la capitale.

Elle sera probablement réélue conseillère de Paris et nous représentera tous sans petits arrangements misérables et avec nos seules voix, celles de l’aspiration à l’alternative. De cette ligne autonome et digne que l’on voit triompher à Grenoble, ville souvent laboratoire qui ouvre la voie.

Honorable !

Parce que même si le candidat du FN qui n’a jamais foutu les pieds dans cet arrondissement durant la campagne progresse dans le 18éme (6,8%) nous le devançons et même très largement dans les quartiers populaires, ce qui n’est pas toujours le cas dans les quartiers bourgeois.

Ici, le peuple n’adhère pas aux idées sales et simplistes de la haine.

Honorable !

Parce que malgré la trahison stratégiquement suicidaire du PC dans sa schizophrénie – je dénonce nationalement ce que je justifie localement – et qui pour un plat de nouilles a brisé la magnifique dynamique du front de gauche – ( à nous battre comme des chiens pour recouvrir sur les affiches ce logo Front de Gauche offert sur un plateau à la solfériniennne Hidalgo) – dynamique, qu’il faudra replâtrer en serrant les dents pour les européennes, nous parvenons à marquer notre territoire dans cette terre si particulière et si mélangée de ce 18éme populaire.

Honorable oui ! même si ce mot paraît désormais désuet démodé, tant l’on est soudain sidéré dans ces élections de l’ordure par le goût de nombre de français pour la crapule, l’escroc, le cupide, le bonimenteur, le repris de justice, le menteur opportuniste, le tricheur cumulard, le bourrin inculte, le clown :

Lagaff élu au premier tour.

Honorable encore, pour avoir définitivement rompu les amarres avec ce pouvoir social libéral qui ne sait quoi inventer pour cracher à la gueule de son électorat, tout à flatter les puissances d’argent qui de toute façon le méprisent, dans cette stratégie mortifère et perverse à jouer du FN pour ne pas gouverner à gauche.

Honorable toujours, de ne pas patauger avec ces merdias indignes cultivant le pire pour mieux s’en indigner à pleine page. De ces médias aux ordres de l’argent privé, sous perfusion publique, préférant dramatiser une manif de 2000 personnes au Venezuela plutôt que de juste couvrir une marche de 2 millions de personnes à Madrid.

Honorable enfin de proposer inlassablement jusqu’à l’épuisement de sortir du petit jeu vicieux des français très colère qui bottent le cul du PS jusqu’à la prochaine fois ou encore plus colère ils botteront le cul de l’UMP et ainsi de suite jusqu’à l’absurde et l’abstention générale, militante ou résignée qui ne changera rien de plus que ce simulacre de démocratie.

Soulagé aussi !

Parce que le Parti de gauche est tellement riche, que c’est notre propre pognon (qu’on a pas) qu’on engageait dans ce combat et que le simple fait d’être au-dessus du seuil maléfique des 5% nous permet de ne pas prendre du crédit pourri pour dix ans.

Héroïque surtout !

Héroïque Atala, qui prit sur ses épaules toute la charge d’une campagne, presque seule au début, avec les moyens du bord, des bricolages improvisés et dans les dissensions internes, avant que peu à peu, une véritable équipe se forme autour d’elle et laborieusement entre en synergie, jusqu’à finir unie dans une belle énergie.

Merci.

Héroïque Danièle oui, jusqu’à conclure la dernière semaine, clouée au lit avec une pneumopathie et 39,7 de fièvre par tant d’usure, de fatigue et de stress. A marcher zombie dans un dernier effort d’une déambulation ensoleillée avec Jean-Luc Melenchon.

Un 39,7 qui n’est hélas pas notre score à l’arrivée mais inéluctablement le deviendra.

Héroïque enfin la lionne rousse, tandis qu’hier dimanche, ce 23 mars précisément, nous étions tous tendus vers la ligne d’arrivée et qu’en profitait pour nous quitter douloureusement Romain Atala, non sans avoir voté pour Danièle. Atala ce grand peintre franco-marocain à qui je rendrai hommage ici, plus tard.

Un départ qui nous atteint comme un coup de poignard et qui relativise tout ce qui peut être encore réparable…

sauf le manque.

tgb

au dessus : toile de Romain Atala

Madame Rue Affre

Si vous venez en nos quartiers, Madame Rue Affre, vous pouvez pas la rater.

Elle est sur tous les murs.

Certes, ça défrise quelques écolos vélo boulot dodo qui composent assez facilement avec le libéralisme à la Flanby mais s’époumonent devant une affiche sauvage qui nuit considérablement à l’environnement.

Pensez une affiche en papier sur un mur décrépi…

Ahhh cette écologie radicale de la brosse à dent : sauver la planète en évitant de faire couler l’eau du robinet entre deux pics de pollution.

Afficher rouge et vert dans le 18éme c’est quand même assez sympa.

T’as des joggeurs qui s’arrêtent et reviennent sur leur pas pour te serrer la main, t’as des types en vélo qui lèvent le poing fraternellement, t’as des rouleurs de joints qui t’indiquent les bons « spots » à coller comme les coins à champignon qu’on se refile en loucedé, t’as tous ceux qui, à l’heure de Pujadas, sont encore à traîner dans les rues et tandis que tu affiches, affichent un grand sourire à lire Melenchon.

Tiens à propos le vote des étrangers s’en est où ?

On dirait par chez nous comme ça au jugé, au doigt levé à prendre la température de la rue que le Front de Gauche ferait comme en Crimée dans les 95%.

Sauf qu’on se doute qu’on fera un chouïa moins.

A propos c’est aujourd’hui, le jour anniversaire de l’insurrection de la Commune. Comme personne n’en parlera, j’en parle ici, comme en parleront ce soir de Pigalle à Montmartre mes petits camarades.

En ces temps austères à sucer les noyaux, ne pas oublier qu’il pourrait revenir dés dimanche

le temps des cerises.

tgb

Le pic de pollution par la face nord

 Tout à escalader le pic de pollution qui serait d’ailleurs plutôt une morne plaine, à chercher au radar et en perspective le fantôme de la tour Eiffel diluée dans son smog parisien, tu te fais une bonne inhalation de dioxines, de ce nom générique qui désigne deux catégories de composés : les polychlorodibenzodioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofuranes (PCDF) que rien qu’à les prononcer déjà tu meurs…

Ces hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (ou HAPC) qui une fois émises persistent durablement dans l’environnement tout autant que dans tes poumons.

C’est nicotine et goudrons qui vont faire la gueule.

Pollution aux fines particules donc qu’on dirait de la fine épicerie sauf que c’est quand même de l’épaisse saloperie de cheminée industrielle, de pot d’échappement de 4X4 diesel avec pare buffle (une horde de yacks sauvages traversant en dehors des clous avenue Montaigne étant si vite arrivée) saloperie qui devrait te faire chuter l’espérance de vie fissa, tandis que l’âge de la retraite recule (se croiseront sous peu soyons en convaincus) à finir par rendre l’affaire rentable au merdef.

Pour lutter contre ces indigestes émanations saluons ici l’heureuse initiative de la ville de Paris qui te met à disposition gratuite les velib’s, tandis que le vélo est parfaitement déconseillé. Sûrement une de ces idées lumineuses des écologistes, paraît qu’il y en aurait dans les pouvoirs en place, qui ont cette capacité remarquable par pragmatisme à manger leur chapeau opportuniste avec de la couleuvre dedans mais bio.

Non content d’avoir dégueulassé et marchandisé donc les nappes phréatiques parfumées bientôt au gaz de schiste, voici que l’air que l’on respire nous asphyxie à petit feu en attendant d’être privatisé. Je me demandais d’ailleurs comment ils allaient bien pouvoir nous coller un compteur sur notre oxygène, à nous taxer l’inspiration tout autant que l’expiration, je fus vite et pleinement rassuré.

Question profit, l’imagination des cupides est sans limites ; l’ invention de la bourse du carbone ou comment spéculer sur l’émission de C02 à se chopper encore du dividende tout autant que du bonus de trader, mérite le respect.

Ainsi-donc allons nous très vite apprendre à banaliser le triste marronnier pré et post JT de l’indice de la qualité de l’air, sponsorisé par PSA entre deux écrans publicitaires pour Dow Chimical, de ces groupes chimiques qui te vendent avec brio la maladie tout autant que le remède.

Ce crabe aux pinces d’or.

Et c’est la madame météo du bulletin de l’asthme du jour et de ses prévisions en bronchodilatateur tout sourire de te recommander d’éviter de sortir les bébés, de ranger tes petits vieux au frais devant la carte colorée d’une pollution nationale respectant fort administrativement les frontières des départements de France.

Tu peux leur faire confiance, tu ramperas au sol ravagé des bronches avec ta bonbonne d’oxygène sur le dos qu’ils essaieront encore de te refourguer de la bagnole compétitive plus ou moins propre en te culpabilisant salaud de pauvre que ta caisse elle est super pourrie rapport que t’en as pas changé depuis 6 mois et que ton salaire de 450 euros n’est pas une raison suffisante.

Le crédit sur 30 ans c’est pas fait pour les chiens.

Subprime mon beau subprime…

tgb

La duplicité des choses

Kubrick nous avait prévenu, depuis que Hall 9000 (simple ordinateur de son état) dans 2001 l’Odyssée de l’espace, avait pris le contrôle de la navette spatiale, que Deep Blue, son frère cadet, avait mis une pâtée aux échecs à Kasparov, les objets inanimés avaient donc une âme.

Valait mieux pas les vexer.

On s’en doutait déjà, tandis que les platanes traversaient hors des clous pour mieux emplafonner les conducteurs du dimanche et que les machines à laver fort susceptibles pour peu qu’on leur parle sèchement, s’évertuent par vengeance à inonder la salle de bain exprès.

On en avait enfin la preuve, alors que les seringues folles profitant du sommeil des justes, lardaient à l’insu de son plein gré, le cul vérolé de Virenque. (Son avocat laborieux d’ailleurs fut par la suite quelque peu instrumentalisé par Jean Marine Lepen mais c’est une autre histoire).

Oui à force de marchandiser la femme, de chosifier le bonhomme, de mettre les bébés en pourcentage (2,1% d’enfant par femme) à force d’humaniser l’entreprise, de déshumaniser ses salariés, de rassurer les marchés en rentabilisant les gens, à réifier les sentiments, à personnifier la matière, fallait bien que ça arrive :

Buisson victime d’un dictaphone intelligent : les machines contre attaquent.

Et tandis que le non-minable Copé, déjà victime d’une tentative de noyade par une piscine étrangère, était littéralement agressé par une horde de petits pains au chocolat à poils et surfacturés, Sarko, souffre douleur de son téléphone portable était physiquement menacé par une nouvelle affaire, alors que trafics d’influence insidieux et autres corruptions sournoises tapis dans l’ombre attendaient leur heure pour violenter sauvagement de l’homme politique.

Après que Dassault fut victime d’argent liquide échappé de sa poche, que des évadés fiscaux célèbres subirent la rouerie de comptes suisses s’alimentant tout seuls, c’est maintenant au tour du Juge Azibert, informateur à ses heures d’être la proie d’un perfide escalier.

Doit-on céder à la psychose ?

En tout cas, on ne se méfiera jamais assez de la fourberie des objets malfaisants, pots belges, pots de vin, pots aux roses, tandis que mon écran commence à me regarder d’un sale œil.

Non, nul ripoux, nulle racaille, nulle canaille, nulle association de malfaiteurs encravatés à l’impunité joyeuse et revendiquée ici, pas plus d’un nettoyage par le vide d’un système putréfié, espérant son Deus ex Machina, juste d’honnêtes citoyens, victimes acharnées de la tyrannie des choses, de l’intelligence artificielle, tandis que la connerie en cette pantomime, reste naturellement humaine.

tgb

Les devoirs à faire à la maison

Etant un peu pris à la gorge (au propre comme au figuré) cette semaine et pour combler le manque irrépressible dû à la privation de mes chroniques lumineusement affr’euses, quelques devoirs à faire à la maison (en sus des devoirs conjugaux) et autres leçons à repasser :

– Tout d’abord vous ferez l’acquisition (facultative mais vivement conseillée) de ce petit bouquin malin et indispensable de chez Fakir

Faut-il faire sauter Bruxelles ? de François Ruffin.

Désespérément drôle et pédagogique, ce petit manuel de 120 pages vous évitera de voter (ou pas) comme un con lors des prochaines européennes.

Ce qui est déjà appréciable.

Je fais l’économie d’une critique puisqu’en voilà une, me contentant couleuvrement parlant d’en faire la réclame.

– Ensuite vous vous efforcerez de lire cette traduction en français du traité transatlantique afin de comprendre à quelle sauce libre et non faussée nous allons nous faire becqueter fort compétitivement.

Notons d’ailleurs que c’est à un particulier ou plutôt à une particulière, la juriste Magali Pernin, que nous devons ce travail aussi civique que vital, nos gouvernants dans toute leur duplicité se gardant bien de nous en révéler la mauvaise teneur.

Manquerait plus que le bon peuple, entre la météo et la droiture de Jean-François Copé soit un tantinet conscientisé.

Vous pouvez toujours rédiger une note de lecture, mais c’est pas obligatoire.

tgb

Le salopeur salopé !

L’argent est bête ! Alain

En fait, pour faire de l’économie façon libéral, suffit d’être très con.

Par exemple, la compétitivité : pour être compétitif, suffit de vendre de la daube, produite par des esclaves, en dégueulassant tout.

Produire de la daube encore plus daubée que le voisin, par des esclaves encore plus exploités que par la concurrence, en dégueulassant tout plus radicalement que les confrères.

– de la daube genre, minerais de lasagnes, viande folle, objets obsolescents, électricité nucléaire au rabais…

– produite par des ouvriers du Bangladesh qui se prennent des usines sur la tête et meurent par milliers, des travailleurs détachés à que dalle de l’heure, des enfants de la misère, des prisonniers politiques ou de droit commun, des esclaves modernes qui tombent comme des mouches au Qatar…

– en dégueulassant tout, comme à Fukushima, Bhopal ou en Australie par exemple dont le gouvernement vient d’ approuver le rejet des travaux d’un port d’exportation de charbon, dans les eaux de la Grande Barrière de corail inscrite au patrimoine mondial.

Bref, en échappant à l’impôt, en baissant le coût du travail (et pas le coût du rentier ni du PDG ) en éradiquant les services publics, les protections sociales, en supprimant le code et les inspecteurs et médecins du travail, les contrôles d’hygiène sanitaire et de sécurité, en détruisant les normes écologiques, en construisant des maisons de merde dans des zones inondables ou sismiques, en faisant dans le choc de simplification, en misant sur le dumping social et l’emploi low coast défiscalisé, oui on finit par avoir un produit compétitif.

Jusqu’à ce qu’un plus infâme fasse encore moins cher et moins disant.

Sauf que le moins cher peut finir par coûter la peau du cul, comme le montre par exemple les inondations en Grande Bretagne où Cameron l’euroclimatosceptique en est à demander l’aide européenne alors que sa politique d’austérité a démoli l’agence pour l’environnement anglaise et les services publics de secours.

Hors de prix même, comme à Fukushima où les réductions de coût sécuritaire par cupidité ont finit par pourrir une région entière, voire ne mégotons pas, tout un océan, en attendant mieux.

Oui, dans sa logique mortifère, le productivisme à court terme a un prix défiant toute concurrence : le suicide planétaire ; le sacrifice de l’humanité sur l’autel des intérêts économiques ; le profit de quelque uns pour la disparition de tous.

Riche mais mort.

Parce que la posture nombriliste du : « après moi le déluge » ou « ça tiendra bien autant que ma Rolex – en attendant je me gave, je me goinfre, je me ventripote », est un pari bien audacieux tant qu’on vit, même luxueusement et à l’écart, sur une planète fermée.

Oui, la saloperie finit quand même par te rattraper, et le salopeur par être salopé.

Ainsi REX.

Rex, patron d’EXXON mobil, qui fait dans le gaz de schiste à tous les étages se retrouve, façon farce, assiégé lui même par les derricks assoiffés. Lui qui aime à dégueulasser chez les autres, mais pas chez lui, illustre le fameux principe du « not in my backyard », comme la salle de shoot oui mais pas dans ma rue, le squat oui mais pas dans mon immeuble, la centrale nucléaire ok mais pas chez tonton Proglio.

Mr Rex est à l’image de cette caste de privilégiés exigeant en toute exemplarité une politique d’austérité pour les pauvres tout en s’augmentant en toute indécence, infligeant la merde aux autres tout en s’en exemptant.

Certes, selon que nous soyons puissants ou misérables, nous ne sommes pas tous égaux face au désastre, mais pas sûr quand même que les présomptueux Rex et semblables échappent au cataclysme.

Le prochain tsunami reconnaîtra les siens !

tgb

Ioulia et les garçons !

Ce qui se passe vraiment en Ukraine ? j’en sais rien, j’y suis pas, j’y connais pas grand chose et en plus je regarde même pas Pujadas, le soir en pyjama, c’est dire si j’ai des handicaps. `

Sauf qu’à force de me faire bananer par les story-telling de chez merdia and corporate, je me doute par réflexe, que c’est forcément plus compliqué qu’une histoire de gentil et méchant, plus alambiqué qu’un jeu de fausse blonde auréolée et de dictateur sanguinaire aussi inculte que vénal.

Parce que question corruption en Ukraine ça m’a tout l’air d’être une spécialité locale pratiquée de haut en bas de l’échelle oligarque.

Par expérience d’emblée je me méfie des expressions feignasses du genre « printemps ukrainien » « icône de la liberté » et autre « Timochenko, égérie de la révolution » qui fleurent bon son petit livret illustré du pigiste connaissant son Barbier par cœur et ayant quand même autre chose à foutre que de l’information.

Je sais d’instinct que pour plaire aux médias de chez nous, peu demandeurs de complexité et preneurs de scénars manichéens avec la raie au milieu, mieux vaut avoir une tête d’héroïne angélique que la gueule d’une brute épaisse

même si la saloperie peut aussi bien coller à la semelle des deux, surtout quand on voit la Ioulia rouler des pelles à l’infâme Thatcher (bon débarras).

C’est pas parce que l’ancien autocrate est corrompu jusqu’à l’os que l’autre est une blanche colombe tressée de lauriers capillaires, mais attendre de la nuance chez nos éditocrates du dimanche, c’est comme espérer de la finesse chez Botul, philosophe charcutier :

– Milosevic est un dictateur boucher à la tête d’un état souverain (France-Info 26/03/1999)

– Il y a un devoir d’ingérence envers le boucher Kadhafi (Europe1 22/02/2011)

– Rien n’empêcherait aujourd’hui de stopper le boucher Assad (bfm télé 22/08/ 2013)

– Poutine hôte de Sotchi, boucher de Kiev (Itélé 21/02/2014)

Rappelons d’ailleurs au passage que le président Viktor Ianoukovitch, fut élu démocratiquement, selon le rapport de l’OSCE, décrétant le scrutin conforme aux standards européens, et que si quelques tripatouillages eurent lieu, ce ne fut que peccadilles, rapport aux savants bricolages de Jean-François Copé.

Bref, cette destitution est-elle un putsch ou une révolution ? Ni l’un ni l’autre ou les deux mon camarade ! Simplement comme en Egypte ; la nouvelle tendance automne/hiver du renversement d’un gouvernement démocratiquement élu et l’on pourrait aussi bien s’en inspirer, façon de virer par exemple un ennemi de la finance qui affronte surtout la taxe Tobin.

C’est au final ce que l’on veut, selon que ça nous arrange ou pas. Selon que tu es atlantiste option Ioulia, c’est une révolution populaire, selon que tu es pro-russe option Viktor, un putsch nationaliste voire fascisant.

Et selon moi…faut voir !

EN tout cas à priori rien de nouveau à l’est, l’ouest préférant toujours Hitler à Staline et les évènements en Ukraine plutôt qu’en Bosnie. Les émeutes politiques et sociales de Sarajevo n’entrant pas dans le cahier des charges de l’Otan, elles ne seront donc pas diffusées en prime time.

Donc les Ukrainiens auraient une grande envie d’Europe ? comme je les comprends. Viendez Viendez donc ! l’Europe : sa troïka, son Van Rompuy empaillé, son austérité à la grecque, son oligarchie bruxelloise, ses services publics décimés…c’est sûr que cette Europe-là, ça ne peut que faire envie. La preuve en juin, aux européennes, tout le monde votera contre ou s’abstiendra.

Bref, que se passe-t-il à Kiev, à Odessa, ou à Sebastopol ? la révolution est-elle encore orange ou bleue ou jaune canari ? la place Maïdan est-elle aux mains de néo-nazis ou de jeunes démocrates exaltés ? Est-ce l’éternel remake du blockbuster KGB contre la CIA ? bien difficile à dire, vu de ma rue de Crimée.

En tout cas vu de Walt Disney, la Sainte-Blandine à terrassé le féroce Viktor et c’est bien à cela que l’on constate encore l’ultime supériorité de l’Amérique sur le reste du monde.

En termes de comm, épisode 7 saison 2, Hollywood a encore quelques longueurs d’avance glamour sur les écrans et c’est pas Poutine

rhabillé en icône gay qui nous dira le contraire…

Quant à notre ‘dictateur’ à nous…

elle est bonne ?

tgb