Tout à l’énergie !

Je me suis toujours dit en regardant s’égayer les mômes dans les cours de récré, qu’avec une telle débauche d’énergie et un soupçon de technologie, il devrait être possible un jour, de chauffer l’école tout l’hiver.

Sorte de mise en abyme : les gamins se chauffant eux-mêmes.

Plaisir suprême du cancre : compter les mouches, collé à son propre radiateur.

Et bien voilà. Nous y sommes. Ou presque !

Nous allons devenir, à terme, notre propre centrale de production, notre propre générateur, notre pile électrique, en toute autonomie et autosuffisance, à condition toutefois de se bouger un peu le cul et de faire ses fameux 10 000 pas comme le préconise la sagesse orientale.

Par exemple, le « pedipower » sorte de prototype de semelle pour chaussure est maintenant capable de récupérer l’énergie cinétique produite par le talon lors de la marche. Inventé par des étudiants de l’université de Rice aux USA, il ne risquait pas de voir le jour ici, vu notre propension atomisée au tout nucléaire et au triomphe de l’imagination Mollande au pouvoir.

Vu d’ailleurs que les petits cadres sup de l’état comptable et gestionnaire dans leur servilité ont décidé de détruire le meilleur, social, éducation, culture, santé… et de développer le pire, flicage surveillance, austérité, profit….autant apprendre à commencer sans lui et à se bricoler son monde en autarcie tout seul sans être trop à côté de ses pompes, une fois rechargées :

– j’suis pas dans mes baskets aujourd’hui…

– nan, justement, t’es dans les miennes !

Je ne vais pas m ‘étendre non plus sur les ressources insoupçonnées de notre pipi/caca, dont les propriétés énergétiques une fois recyclées sont une manne à venir qui devraient faire saliver sous peu traders et autres spéculateurs.

Un bémol toutefois devant cet enthousiasme printanier, on sait pertinemment que si la merde valait de l’or, le cul des pauvres ne leur appartiendrait plus et je connais personnellement quelques personnes chères qui, produisant trois crottes par an se débrouilleraient encore pour être dans la dèche.

En attendant d’être taxé tous les cent pas sur les chemins de Compostelle, les promesses obligées d’une forme de décroissance sophistiquée feront qu’un jour, nous irons faire le tour du pâté de maison à trois heures du mat’ sous la pluie, sans même avoir de chien en laisse.

– Qu’est ce que tu fous là, à cette heure ?

– Rien, je recharge mes batteries !

tgb

Guerre aux pauvres

Si au Kansas une proposition de loi prévoit de restreindre l’accès aux piscines, aux salles de jeux ou aux cinémas à toute personne bénéficiant de l’aide sociale, n’y voyons aucun mal, paranos gauchistes que nous sommes, mais juste une façon subtile d’encourager les gueux tout juste bons à dilapider leur pognon au bistrot, à dépenser leur argent de façon «raisonnable».

Le « raisonnable » donc au Kansas consiste pour un pauvre à n’avoir ni le droit à la piscine, ni au cinéma, cette frivolité culturelle bien connue, ni même au Missouri, de manger de la viande ou des fruits de mer ; faudrait voir quand tu vis de bons alimentaires à pas trop abuser de la fine gastronomie.

Bref, tu commandes ton steak chez le boucher, tu sors ta carte de pauvre et hop on te refile recta de la merde officielle estampillée Monsanto, que si t’es pas dans ton assiette, le gouvernement lui y est.

Il est même paradoxal à l’heure où le jeune Macron de la gauche moderne des années 80 plastronne, d’interdire les salles de jeux aux va-nu-pieds rêvant de devenir milliardaires, suivant en cela le crédo triomphant des nouvelles valeurs socialistes : profits et pépettes.

Bref, dans cette perspective de la vie low cost dépressive et sous contrôle, si, dans un moment d’égarement il te venait l’idée saugrenue de faire plaisir à ton gosse en lui offrant une glace à deux boules fraise chocolat, tu verrais surgir immédiatement du congélo, un flic à tête de comptable intimant au marchand de ne servir qu’une boule vanille sur cornet simple et encore…

C’est ainsi que sous le règne de quelques milliardaires de bonne famille façon Cameron, l’Angleterre renoue avec ses vieilles traditions à la Dickens de crève la dalle suspect, tandis qu’en Belgique on surveille de près les compteurs électriques du fraudeur social potentiel qu’est le pauvre n’ayant pas l’opportunité d’accéder à la fraude fiscale autrement mieux considérée.

Dans cette tendance mondiale à faire la guerre aux miséreux et à les infantiliser, il ne viendrait évidemment à personne l’idée folle de se demander comment les riches craquent leur pognon, et par exemple, juste par curiosité intellectuelle, comment un Carlos Ghosn triplant son salaire, arrive à claquer ses 7,2 millions d’euros par an.

Je sais bien que l’oligarque a des frais mais bouffer une telle somme doit tenir de la performance.

«L’accord de compétitivité est un état d’esprit. Nous sommes prêts à continuer. » nous dit-il. Apprécions ensemble ce « nous » de majesté, tandis qu’il augmente ces salariés de 0% et son salaire de 300% dans une diète austéritaire parfaitement équilibrée.

Ne parlons même pas de Carlos Tavares, patron de PSA dont l’augmentation dérisoire de 211% cette année doit faire rigoler dans les salons du Medef.

Un bémol toutefois à cette orgie salariale au sommet : plus les riches sont riches, plus ils s’ennuient. et plus ils s’ennuient, plus ils ont tendance à soigner leur neurasthénie en faisant de l’argent. Leur seul médicament.

L’avantage au moins, c’est que les riches devenant plus riches, les pauvres deviennent plus pauvres et tout à leur survie oublient manifestement d’avoir des états d’âme.

La mélancolie, ce luxe hors de prix, ce signe ostentatoire de richesse, ce privilège du dominant confisqué à la masse des dominés, comme le concept de lutte des classes qui n’existe plus…

sauf pour les riches.

tgb

Dans un fauteuil

Je sais bien que sur le plus haut trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul, mais vu le zèle et la débauche de salive sluuuuurp que mettent certains furoncles écologistes tendance ma gueule, genre Placé ou de Rugy à poser leur vert postérieur ramolli sur du strapontin ministériel à plante verte, faudrait voir à pas minimiser le rôle symbolique du fauteuil, du siège, bref de la chaise.

Et c’est ainsi que pour avoir « saisi » symboliquement 8 chaises dans une agence HSBC, ce membre éminent de la racaille bancaire et fraudeuse qui détourna 180 milliards d’euros dans une évasion fiscale bien sentie, plusieurs membres de l’association Bizi en sont à leur troisième garde à vue avec test adn et tout le toutim.

Et je ne vous raconte même pas s’ils avaient mis la main (ou les fesses) sur le fauteuil en cuir du boss, que c’était la pendaison recta ou le peloton d’exécution en direct au JT pour ces dangereux terroristes si ça se trouve même pas Charlie.

Si les militants sont ainsi accusés de vol aggravé et de recel, rassurez vous en revanche pour HSBC, rien.

La deuxième banque mondiale fort de sa puissance de frappe, peut mettre donc toutes les polices de France aux basques de 8 tabourets scandaleusement pris en otage, mais pour ce qui est de rembourser la somme de 2,5 milliards escamotée à l’état Français, on peut précisément s’asseoir dessus.

D’où les chaises.

Même s’il y a longtemps que nos dirigeants sont passés de la station debout à la station couchée sans même passer par le stade de la position assise.

l’infatigable Edgar Morin

Vous me direz huit chaises, même pas ergonomiques, c’est pas le casse du siècle, surtout si c’est du grosfilex, de cette chaise industrielle qui envahit dangereusement nos espaces de convivialité, certes, mais on le sait depuis Pujadas, s’attaquer au mobilier de bureau, voire renverser une jardinière est une violence inexcusable qui exige réparations, tandis que virer des milliers de personnes d’un texto ou étouffer 1000 milliards aux impôts reste d’une extrême courtoisie.

D’autant que c’est moderne.

Et c’est bien tout le problème. Avec toute la sympathie que je peux avoir pour ce genre d’agit prop bon enfant, quitte à voler un œuf et prendre cher de la chaise, autant passer directement au stade du bœuf, et inverser le rapport de force suivant l’adage bien connu que si tu dois mille balles à ta banque t’es mal, si tu lui dois un milliard c’est elle qui l’est.

Faire le siège plutôt que de le chouraver.

Pour en revenir au jeu de chaises musicales gouvernementales souhaitons donc à l’intègre et policé Placé d’y trouver enfin son pouf, d’y laisser choir son gros séant afin de se consacrer à la promotion des cours de politesse à l’école.

Nul doute qu’en termes de morale civique et citoyenne, faire copier cent fois : je ne volerais pas des chaises chez HSBC – lui paraîtra autrement prioritaire que de régler ses 18 000 euros de PV.

tgb

L’appareil du PS s’écrase

A ce stade des investigations, et grâce à l’analyse minutieuse de la boîte noire, on connaît un peu mieux maintenant l’enchaînement des faits qui conduisit au crash de la gauche, enfin d’une certaine gauche solférinienne en ce mois de mars 2015.

C’est donc bien le jeune copilote inexpérimenté Manuel Valls aux 5% d’heures de vol tout mouillé qui, enfermé dans son cockpit a délibérément actionné le bouton programmant la descente inexorable et vertigineuse de l’appareil (du PS) vers le crash.

D’ailleurs, l’on sait, après une enquête scrupuleuse, qu’il aurait, il y a quelques mois, prévenu de ses intentions malfaisantes en envisageant de changer le nom de la compagnie et en déclarant carrément :    

« oui la gauche peut mourir »

On se doutait déjà qu’il serait pour quelque chose dans cette mort programmée, on n’imaginait pas qu’il était prêt à sacrifier ses millions d’électeurs coincés à l’intérieur.

Le déroulement probable des évènements :

On entend très distinctement sur la bande magnétique retrouvée dans la boîte noire, le pilote François Hollande ancien capitaine de pédalo recyclé dans l’aérien lowcost, sortir du cockpit pour aller faire un brin de causette à l’hôtesse Julie Gayet.

Puis quelques minutes plus tard, on entend ce même commandant de bord tambouriner mollement à la porte blindée et verrouillée du cockpit. Selon la stratégie bien connue du pilote Hollande – « je tambourine un peu mais pas trop histoire de pas déranger » ou « je suis l’ennemi de la finance mais I am not dangerous ! »

Une certaine aptitude en effet à s’écraser.

On perçoit également dans la bande son quelques mots de Pierre Laurent , le chef de cabine inquiet mais philosophe, se disant qu’après tout, perdu pour perdu, autant profiter encore huit minutes de son siège éjectable et de son plateau repas.

On reconnaît également la voix du jeune Macron, l’un des stewart assurant péremptoire, que tout cela ne serait pas arrivé s’ils avaient choisi l’autocar et se désolant de ne pas avoir pris plus tôt le virage du Thatchérisme en privatisant le bastringue et en misant sur le pilotage automatique à réduire les coûts.     

« Une gestion quand même plus moderne » conclut-il, tout en ajustant son parachute doré.

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Vers la fin de la bande magnétique on distingue en fond sonore assez précisément la psalmodie du second stewart JC Cambadélis répétant inlassablement et à mesure que l’appareil se rapproche dangereusement du sol et de ses habitations « plus proche de vous, plus proche de vous, plus proche de vous… » tandis que domine la voix du contrôleur aérien Jean Luc Mélenchon implorant fermement l’équipage suicidaire d’attaquer la cloison du cockpit à la hache sous les commentaires moqueurs de son assistante Clémentine Autain, le traitant de dangereux complotiste voyant le mal partout.

Une fine analyse de Clémentine qui finit visiblement par aller se faire éplucher ailleurs.

Voilà à peu près reconstitué le vol kamikaze de l’appareil socialiste bien décidé à exploser en plein vol mais au final privilégiant le crash au sol tandis que les passagers résignés, se laissaient à ironiser sur le slogan de la compagnie : le changement c’est maintenant !

Ils ne le voyaient pas comme ça.

tgb

L’article automatique

Comme le fait remarquer l’ami Jacques Rosselin sur twitter, c’est historique :

Voilà le tout nouveau, tout beau premier article d’un journal de référence oligarque atlantiste, rédigé par un robot et sans les mains (écrit en collaboration avec Data2Content, une marque de la société Syllabs).

Il est vrai que se taper tous les résultats des bleds des cantons des départements de la France moisie Vallsienne et les rédiger avec les pieds à la sueur du pigiste précaire qui s’en carre, ça pouvait être  fastidieux, surtout en ces temps de réduction des coûts et de la matière grise.

Donc tu rentres les données, t’appuies sur envoi, ça fait sa tambouille et t’as un truc du genre Aphatie, ses conneries en moins.

Tu me diras qu’on gagne en objectivité, en factuel. Oui, Sauf que ça dépend de ce que tu mets dans le bouzin, du logiciel et du bourrage de la banque de données, selon que t’ as une vision de la patrie visionnaire avec tranche de jambon à la cantine ou pas.

Mais pour un premier essai, c’est pas mal, au moins tu t’épargnes les éditocraties des petits kapos cintrés de l’info, leurs interprétations niaiseuses, leurs fulgurances formatées vu qu’eux-mêmes sont aussi feignants que programmés, n’utilisant au quotidien que 5 occurrences environ :

– Compétitivité – Allemagne – Austérité – Réforme – Moderne

Ainsi donc à ce jeu passionnant du « passons du démocrate libéral pro empire au républicain libéral pro Otan avant de repasser au démocrate libéral pro empire et de se fâcher tout rouge en votant pour le républicain libéral pro otan », autant laisser les machines sans états d’âme en synthétiser les comptes rendus.

Ça change pas grand chose.

Si seulement ça permettait de virer les membres de la chorale de l’ ordre mondial assisté à trente mille boules par mois qui nous exhortent à travailler plus pour moins mais j’ai des doutes. C’est plus probablement l’obscur stagiaire à que dalle de l’heure qui risque d’y laisser sa plume intermittente.

Faut dire que chez ces gens-là, question économies on touche un peu sa bille, comme par exemple à Radio France où le jeune éphèbe qui n’en veut a le sens du sacrifice partagé. A toi le licenciement à moi les dorures restaurées, tandis que je m’accroche au pinceau et que telle chroniqueuse trempe sa solidarité dans son nombril plutôt que dans celui des autres.

Mais, vu sous cet angle, on pourrait pousser la technologie un chouïa plus loin et présenter comme candidats aux élections dont la moitié des électeurs se fout, de véritables robots. Constatant la disparition du politique pour la cuisine politicienne, on gagnerait à confier la gestion comptable et la rationalisation du citoyen par des machines.

Cela nous éviterait de subir carriérisme, clientélisme, conflits d’intérêts et autre étalage d’égos et de pathos.

Et comme en absence de tout lendemain qui chante en ce printemps sans cerises, mais bon même la désespérance finira bien par se lasser, et devant mon manque d’enthousiasme à traiter cette actu qui me procure une puissante allergie, je vais moi-même me pencher sur la question du logiciel à écrire automatiquement mes notes.

Quelques concepts lexicologiques de base :

– Cravate – lanterne – pendre – banquier – insurrection

Je dégage toute responsabilité quant à la rédaction.

tgb

Efkharisto !

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Je ne sais si le gouvernement grec a capitulé, gagné astucieusement du temps ou résiste encore et toujours à l’envahisseur. Je ne sais si, comme veulent nous le faire gober les medias mainstream avec cette jubilation soulagée de ceux tellement vendus aux puissants qu’ils prennent en affront personnel de voir en gros plan leur propre servilité ou leur lâcheté tandis qu’ailleurs à mains nues on lutte encore à échapper à l’ordre établi, Tsipras a déposé les armes.

Ce que je sais, c’est que je ne donnais pas cher de leur peau, seuls face au rouleau compresseur de l’argent, à se fracasser contre le sordide et que durant un mois Tsipras, Varoufakis… auront si bien mené la danse et se seront si admirablement battus dos au mur, jusqu’à faire souffler un vent de panique dans les institutions établies et dans les atermoiements inquiets des petits kapos zélés à hurler en meute, que c’est déjà une victoire.

S’ils se résignent et le sort est loin d’être jeté, ils ne l’auront pas fait sans se battre. Et c’est inestimable.

Oui, ce que je sais, c’est que l’audace de résister aux injonctions de Bruxelles ne pouvait qu’être insupportable à tous ceux qui, sans même combattre, ont capitulé à peine élus. Et que quoi qu’il arrive, rien que d’avoir essayé, l’honneur est sauf et la Grèce a retrouvé sa dignité et son honneur.

Dans ce monde vautré où la reptation en forme d’allégeance est devenue un passeport pour la carrière, simplement d’avoir osé est un encouragement au possible. Car ce qui se joue avec la Grèce n’est pas seulement le dogme de l’austérité, du nouvel ordre mondial et de la suprématie de la technocratie sur la démocratie, mais aussi et surtout la peur du « mauvais exemple » et de la contagion de l’espérance.

Or, on ne doit rien espérer.

Non, je ne sais si dans ce rapport de force, comme le titre Médiapart, entre un article anti Maduro et la pitoyable chronique du fils de son père, le néojeunecon Glucksman « l’Allemagne fait plier la Grèce, première capitulation … ». Ce que je sais, c’est que Médiapart file étrangement du mauvais coton à l’international et que chopper une rallonge de 4 mois en cédant à minima n’est pas une reddition, quitte à faire grincer les valets de pisse de la propagande Tina.

Quand Mélenchon dans son programme annonçait qu’une fois élu, fort de la France, il ferait gronder sa voix et taperait du poing sur la table pour renverser le rapport de force, franchement je trouvais l’argument bien faiblard pour lutter contre à peu près le reste du monde et son mur de pognon.

J’avais tort.

Car si Tsipras et les siens avec ce merveilleux mais si petit pays, si peu d’armes et si peu d’amis, est arrivé un tant soit peu à tenir la dragée haute, même quelques semaines à la toute puissance européenne et à faire, même un instant, changer la peur de camp, alors que dire de la France, 5 ou 6eme puissance mondiale, forte de son droit de veto à l’ONU, de son armée et de sa frappe nucléaire, sans compter ce qu’elle symbolise encore, même au rabais, en termes de valeurs universelles aux yeux du monde.

C’est donc jouable plus que jouable.

En ce sens la Grèce, quelle que soit l’issue du combat, a ouvert une brèche essentielle. Et c’est pourquoi on ne peut être qu’impitoyable avec Hollandremou qui aura échoué sans même avoir tenté. Qui n’aura rien osé, rien risqué et aura mis tout son conformisme résigné à bien faire ses devoirs et à recevoir les félicitations du jury Merkel:

– Persévérez mon petit François, satisfaisant mais peut mieux faire…

– Merci maîtresse !

Dans le peu à se mettre sous la dent alternative : efkharisto ! Merci aux grecs de nous avoir montré qu’avec des convictions, un peu de ruse et le sentiment de n’avoir rien à perdre et donc tout à gagner, David contre Goliath avait sa chance.

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. » (Brecht)

Tsipras est là, Hollandréou t’es où ?

tgb

Payer plus pour travailler plus

 « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade… »(Krishnamurti)

N’empêche, cette société libérale avancée, à peu près aussi moderne que Valls ou Macron, ces rétropédaleurs poudrés qui nous font du Thatcher/Reagan trente ans après, au-delà de ses dévastations, nous aura bien fait marrer.

C’est déjà ça.

Parce que quand on en vient à supprimer des automates pour défaut de productivité, on touche quasi au sublime.

De quoi de quoi, cette machine qui ne fait jamais grève, qui n’est jamais malade, (mais toujours en panne) qui travaille jour et nuit sept jours sur sept, même s’il faut bien reconnaître qu’elle n’en fout pas lourd le dimanche, qui ne se plaint jamais, ne serait pas, par un surcoût de maintenance, un bon retour sur investissement ?

Serait-ce à dire qu’un humain, par exemple un de ces chômeurs, qui n’attendrait pas tout de l’autre et prêt à se battre pour devenir milliardaire, serait plus avantageux ?

L’heure de la revanche de l’homme sur la machine aurait-elle enfin sonnée ?

Dans le monde idéal de Maître Gattaz, un stagiaire, précaire à vie, tremblant à l’idée d’être jeté sine die sans autre préavis, promis à un brillant avenir de SDF, soumis, docile, non syndiqué, payé 1 euro de l’heure – et encore ne vivrait-il pas au-dessus de ses moyens ? – pourrait certes faire l’affaire.

Un esclave, mieux qu’un esclave puisque ni nourri, ni soigné, ni logé, capable d’initiative, et comble du luxe, que l’on pourrait, contrairement aux machines, humilier, terroriser, abrutir, avec un certain mépris de classe, deviendrait en effet plus rentable que le robot.

Sans compter que question main au cul c’est quand même plus sympa.

Car dans le monde optimisé du profit, de la joyeuse compétitivité et de la rationalisation, dans le cauchemar climatisé du Dieu chiffre et des stats alignées, on gagnerait à privilégier la chair formatée sur la tôle programmée.

D’autant qu’un homme méthodiquement exploité dont on se débarrasserait à la décharge dès lors qu’il serait usé, estropié, casse couilles, polluerait nettement moins et serait d’un bien meilleur ratio question autodestruction.

Aussi redeviendrait-il envisageable de supprimer, escalators et ascenseurs pour y substituer des porteurs, les pompes automatiques au profit de pompistes, les distributeurs automatiques pour les remplacer tenez vous bien par des guichetiers obligatoirement aimables quoique faméliques.

Tandis que dans cette perspective harmonieuse de l’humain réifié mais souriant, les machines vivraient enfin une retraite méritoire.

Oui dans ce monde merveilleux de la calculatrice où l’on aura mis la fin au service des moyens, quelques milliardaires vivront comblés, bien qu’en apesanteur, faute de planète pour y poser les pieds.

Sauf que le capitalisme est plus tordu que ça.

Ni esclave, ni machine, non non, puisqu’au final c’est le consommateur lui même qui fait le travail. C’est lui qui cherche,trouve imprime son billet, lui qui passe ses achats à la caisse, lui qui remplit son réservoir de bagnole et comble de l’ironie, non seulement sans être rémunéré mais en payant pour ça.

Sorte de monde renversé. Comme lorsque vous essayez de réparer les conneries de votre opérateur et qui par une ligne surtaxée en tire encore bénéfice.

Oui dans cette subtile société productiviste, inutile de s’exploiter les uns les autres puisque chacun s’exploite lui-même.

Payer plus pour travailler plus : l’accomplissement rêvé du capitalisme.

Quand même mieux que les machines non ?

tgb

Sachant que…

Sachant qu’en France il est de bon ton à l’instar de l’élite exemplaire de frauder le fisc et de coûter à la communauté des milliards tout en dénonçant indigné la fraude sociale qui se chiffre en millions

Sachant que pour être considéré comme bon français mieux vaut chanter la marseillaise à tue-tête que de payer ses impôts en France

Sachant qu’il est plus prudent judiciairement parlant de mettre son pognon dans un paradis fiscal que de fouiller dans une poubelle pour survivre

Sachant que pour ne pas être Charlie vous risquez la comparution immédiate alors que pour être Balkany (par exemple) vous risquez de finir vos jours dans une de vos maisons aux caraïbes

Sachant que le schizophrène TIKI ex président des jeunes de l’ump militait au sein du courant moisi la France Forte pour s’expulser lui-même

Sachant que l’on vend au gentil dictateur égyptien à la justice pour le moins expéditive nos rafales tandis que nous nous abstenons de livrer au méchant Poutine nos frégates au nom des droits de l’homme

Sachant que des revues subventionnées par l’argent public passent leur temps à dénoncer l’assistanat de l’état providence sans qui elles n’existeraient pas

Sachant que les chiens de garde nous reprochant de vivre au-dessus de nos moyens depuis trente ans avec un smic par mois vivent au dessus des nôtres avec un smic par jour depuis toujours

Sachant qu’un chef d’état faisant une politique de droite totalement libérale nous rappelle fort heureusement qu’il est de gauche depuis le début

Sachant qu’un ancien président de parti mis en examen enseigne le droit in english à Sciences Po tandis qu’un ancien président de la république va vendre ses casseroles au Qatar plutôt que de les récurer ici

Sachant que l’état a donné plus de 40 milliards au Medef qui a donné plus de 56 milliards de dividendes à ses actionnaires

Sachant que la liste Falciani des évades fiscaux compte 3000 noms mais aurait du en contenir 6000 dont de très nombreux élus opportunément volatilisés

Sachant que mr Macron veut que les jeunes deviennent milliardaires à tout prix

Sachant que mr Malki avocat de Charlie Hebdo est aussi l’avocat de Clearstream

Sachant qu’en France on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin (Chamfort)

Sachant qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déclare le président de l’Europe Juncker mouillé jusqu’au coup dans l’affaire Luxleaks

Sachant que mr Rebsamen ministre du travail qui propose de mieux contrôler ces feignants de chômeurs a endetté sa ville de Dijon à 45 % d’emprunts toxiques tout en étant administrateur rémunéré de Dexia

Sachant que vu le comportement de nos élites, conflits d’intérêts, pantouflages, corruption, copinages… c’est à l’Ena, l’Essec ou HEC qu’il faudrait d’urgence réintroduire de la morale

Sachant qu’avec Nadjat Belkacem, il est mal venu que les élèves se posent des questions à l’école

je souhaite bon courage et bonne chance à tous les instits profs et autres pédagogues pour instruire et sensibiliser la jeunesse à l’éthique, au civisme et aux valeurs républicaines dans l’exemplarité.

tgb

Le djihadisme fiscal

D’après des sources bien informées, ils seraient plus de 10000 français à avoir rejoint l’Etat Helvétique, ce sultanat fondamentaliste du secret bancaire, pour y mener le djihad fiscal.

Si certains sont revenus sur notre territoire notamment pour s’y faire soigner, d’autres ont choisi de poursuivre le combat à Monaco, aux Iles vierges ou à Panama, enfin certains s’y sont définitivement implantés et à ce titre, pourraient être déchus à terme de leur nationalité française.

Mais c’est probablement plus de 100 000 combattants de l’exil fiscalo-fasciste, venus de 200 pays, véritable armée internationaliste, qui auraient rejoint clandestinement la Suisse, dont pas moins de 2000 Grecs, exfiltrés de la dette et de l’impôt y compris Monsieur Papandréou lui-même.

Car dans ce choc de défiscalisation et cette radicalisation de la fraude fiscale, si nombres de filières disséminées notamment dans les banlieues ouest de Paris ont été démantelées, l’on trouve des complicités dans les plus hautes fonctions de l’état, tel Jérôme Cahuzac ancien ministre des finances, Jean Claude Juncker patron actuel de l’Europe ou Stephen Green ministre du commerce anglais, ancien Emir de la mouvance HSBC, faisant émerger le risque même d’une cinquième colonne contre laquelle nous met en garde Manuel Valls en dénonçant à juste titre « l’ennemi intérieur ».

Si de nombreux sites radicalisés sur Internet, le Monde, les Echos, Le Nouvel Obs… font dangereusement l’apologie de l’optimisation fiscale, heureusement un certain nombre d’hebdomadaires vigilants, Le Point, l’Express, Valeurs Actuelles…nous alertent régulièrement sur les dangers du fiscalo-fascisme par des unes brisant courageusement les tabous :

L’évasion fiscale que l’on cache

HSBC les vérités qui dérangent

Le danger fiscaliste

Ces banques sans gènes

Le spectre Suisse

Les fanatiques du compte anonyme

L’occident face aux paradis fiscaux …

Car en effet, les terroristes endoctrinés du secret bancaire et convertis au djihadisme fiscal sont prêts à tout pour rejoindre ce « paradis fiscal » promis par des banquiers intégristes sans scrupules.

Je suis Suisse !

Du côté de Neuilly on aura remarqué durant la minute de silence honorant les 1000 milliards d’euros sauvagement escamotés en Europe, de nombreux incidents, provocations et incivilités de certains enfants n’hésitant pas à crier au milieu de l’hommage « je suis Suisse » ou « je suis fraudeur » ou « ni imposé ni imposable ! » ou même pour certains de reprendre le slogan d’un certain extrémiste Macron « Nous voulons devenir milliardaires, réussir à tout prix ».

Des propos immédiatement dénoncés aux autorités et sanctionnés par la ministre de l’éducation nationale.

tgb