Tirer dans le tas

Il faudra quand même bien un jour, entre deux coups d’état d’urgence et les errances d’une diplomatie vautrée et incompétente, s’interroger sur la violence et la vacuité d’une société qui engendre de jeunes connards sanguinaires et immatures prenant un pied certain à tirer dans le tas comme en 3 D.

Oui, ces minables d’entre les ordinaires, cédant à la toute puissance et se la jouant super héros macabres, maître du monde un instant, purgeant à la kalash leurs frustrations adolescentes avec cette promesse de refoulé chronique d’un jour je me vengerai.

Du fachochïde Breivik, aux allumés laborieusement islamistes du 13 novembre, en passant par tous les cracheurs de feu et de haine des campus américains en quête du quart d’ heure de gloire et de l’ivresse sanguinaire, s’arrogeant le droit de vie ou de mort sur leurs semblables, s’érigeant un instant en juge suprême, s’interroger oui sur ces furoncles purulents d’une société de consommation de masse comme de carnages.

De la télé réalité virtuelle au réel un peu flou, la vie comme sous acide, la mort comme mauvais trip, comment passer de rien à tout par la mitraille, la ceinture explosive, quitte à embrasser au passage la première cause à la con qui passe, le premier Jihad bricolé, le dernier mouvement sectaire un peu in à tirer son coup comme on peut.

Dans ce monde en vrille et en sucette sans pitié sans amour, où pour toute utopie l’on vous somme d’être milliardaire en bossant le dimanche, devenir pour un instant enfin compétitif et attendre comme un « challenge » l’assaut final du Raid.

Le kif !

Incarner la terreur pour le bien. Le leur. Le mien. A imposer ma médiocre vérité en vérité. Le fanatisme pour tout bagages, le néant pour toute pathologie, remplir son vide de n’importe quoi et avoir enfin raison à en perdre la raison.

Quitte à être nié, foncer droit dans le déni. Etre le pire plutôt que rien dans ce bordel ambiant, ce monde renversé de la folle machine qui rassure les marchés en écrasant les hommes. Un œil sur le taux de stabilité, l’autre sur le taux de croissance.

Oui, être quelqu’un avant de redevenir personne, et à défaut de rites initiatiques de repères ou de rituels, noyer sa rage dans le sang et y trouver un sens.

Et pas tellement s’étonner que le chaos des bombes là-bas, finisse par nous revenir en tapis volant. Des guerres prétendues chirurgicales, en ramasser les dommages collatéraux ici, tandis que nos médiocres politiques lèchent de la babouche pétrolière et obscurantiste en tartuffes distingués.

A force de tirer dans le tas, pouvait on s’en tirer ?

Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui est mort au Bataclan et tout le monde d’être un peu mort dedans.

Rester vivant alors, humain et libre, pour toute vengeance.

tgb

Blanc benêt benêt blanc

Une fan à Macron : « Depuis que vous existez, je suis de gauche, avant j’étais de droite ».

Je comprends bien le doux frisson de la transgression gauchiste que cette honorable groupie en retour d’âge peut ressentir le long de sa moelle épinière en prononçant ces mots, s’étonnant elle même de tant d’audace révolutionnaire à briser les tabous.

Je m’en voudrais de lui dévoiler la terrible vérité à savoir qu’elle peut raisonnablement conserver son abonnement à Valeurs actuelles, vu que son directeur reste un très bon pote à Manu et que ce n’est pas tant elle qui se déporte voluptueusement à gauche, que le fils caché de Reagan/Thatcher qui reste bien planté dans le carré VIP de la bande à Merdef.

Une citation fleurie du délicat poète Cambadelis illustrant le tableau : Macron incarne la gauche post historique pro business et sociétale –

Ce qui t’en bouche un coin.

Non, nous ne prendrons pas le risque de traumatiser la dame ménopausée à peine dépucelée du bolchevisme à Deauville, en lui révélant qu’en plus d’une bouffée de chaleur friponne, elle reste une indéfectible vieille peau liftée aussi droitarde que le Manu Macron, même si un poil plus à gauche que le Manu Valls.

Il se chuchoterait dans les milieux autorisés que le premier ministre fut un jour socialiste, mais si l’on doit tenir compte des calomnies et des ragots…

Quant à être de gauche ça tient de la pure médisance.

Ainsi le charmant duel du Manu contre le E Manu, de celui qui porte le plus à droite et fait mouiller la versaillaise sous les yeux émus de Fanfoué président qui nous déclare inspiré :

– La paix est très fragile et la guerre est toujours possible

– Ce qui vaut largement le dernier tweet sybillin et peut-être codé du fulgurant Moscovici :

– Au Musée de la mer à Biarritz superbes phoques

????

Bref en route vers l’umps enfin, la coalition du blanc benêt benêt blanc s’organisant sans rire dans une vison stratégique toute de triangulation autour de la personne du morveux helveto-catalan se voyant déjà un destin.

Rappelons que le principe de la triangulation consiste à occuper le terrain de l’ennemi, le privant ainsi de toutes munitions. Tactique qui peut se révéler gagnante à condition toutefois de conserver quelques électeurs de son camp.

Il reste en effet à démontrer, même à un comptable libéral, que gagner les faveurs de la dame du Vésinet en perdant 12 électeurs de Tourcoing reste une affaire rentable.

Non de grâce, ne dites pas à ma mère que Macron est de droite, elle le croit banquier subversif chez Rothschild.

Si l’on regarde par inadvertance le sondage inutile du jour, la surprise n’est pas que 83% des jeunes interrogés ne croient pas en la politique, c’est qu’il reste 17% d’ innocents à y accorder encore un vague crédit.

De chez Rothschild ?

tgb

J’suis pas gauchiste, j’ai même un ami socialiste

En 2013, 34 848 salariés intérimaires ont été victimes d’accidents du travail et 67 en sont morts, l’histoire ne dit pas s’ils portaient des chemises ou si Pujadas et son orchestre, à immédiatement branché son fer à repasser les infos dans les plis.

Il n’est pas précisé non plus, si Zied et Bouna, Remi Fraisse et les autres.. portaient des boutons de manchette chromés au moment de succomber à l’impunité policière mais je peux toujours en toucher deux mots à mon tailleur.

Il y a sûrement des paires de manchette qui se perdent.

Si, comme l’écrit Honoré de Balzac, « l’esclave a sa vanité . Il ne veut obéir qu’au plus grand des despotes », alors nous aurons eu la servilité peu fière, tant, même tyrannique, Mr Pays Bas eut été un dictateur normal.

On ne coupe pas la tête à quelqu’un qui n’en a pas.

Et tandis que la CFDT mercurochrome, le président lambda de nous mouler à la louche dans la copie conforme du nouvel ordre mondial. Un peu comme notre rugby formaté au gros bourrin tentant de reproduire sans y parvenir l’efficacité des confrères tout en oubliant notre latin, tandis que les autres équipes retrouvent avec allégresse, les vertus bondissantes de la gazelle.

Ni fait ni à faire, à courir après les trains et les pourboires de quelque monarchie obscurantiste pour toute diplomatie finaude. Parfaitement hors jeu.

Soyons nous-mêmes, les autres sont déjà pris ! (Oscar Wilde)

Mais qui sommes nous ? sommes nous encore ?

Tout ça pour dire que je me fiche comme de ma dernière chemise des régionales et de ses simulacres, que nul chantage à l’union des idiots inutiles n’aura de prise sur moi et que pour ce qui est de l’alternative qui ne vient pas mais qui pourrait bien finir par pointer son nez après l’apocalypse, me remonte une histoire de deux mecs bourrés dans un bar :

– et dis donc toi si t’avais 3 châteaux tu m’en donnerais un ?

– ben ouais c’est sur t’es mon ami !

– et…et… si t’avais… 3 Limousines tu m’en donnerais heu…une ?

– pour sur t’es mon… pote….. !

– et si t’avais 3 chemises…tu m’en donnerais une ?

– ah non !

– ben pourquoi ?

– parce que J’AI 3 chemises !

Je ne suis pas anar, j’ ai même un ami flic !

tgb

La prochaine fois, le calbut…

Une chemise déchirée et ils font dans leur froc.

Non Sire, ce n’est pas une révolution, pas même une révolte, même pas une émeute, tout juste quelques jacqueries spontanées surgissant dans l’exaspération populaire et la saturation du mépris de classe et du crachage de gueule quotidien de l’oligarchie et de ses suppôts appointés.

Une chemise déchirée et Valls le petit martial d’y aller de son – agissements de voyous – Hollande tout à son business plan de ses – violences inacceptables qui nuisent à l’attractivité de la France – Macron dans sa délicatesse ordinaire de son – : pouvoir de nuisance d’abrutis !

– Touchant réflexe de classe dans sa solidarité patronale à tenter en sus de couvrir la « chienlit » du nabot fouteur de haine, le révélateur « voyous » du cuistre Philippot en phase avec Manu tout à abuser du prolo pour mieux le contraindre.CRH8amJXAAAieuf.jpg

On fait chercher les malfrats syndicalistes à l’aube chez eux tels des criminels, on envoie le sondage maison qui montre une France scandalisée, Pujadas et son orchestre fait dans l’outragé, le coma évaporé et le zèle policier et puis…soudain…

une non poignée de main au président…

(Je sais bien que selon la phrase du premier ministre sarkocompatible qui marquera l’histoire de la pensée politique au zénith « Quand on refuse de serrer la main, on ne fait pas avancer la France »)

et un jet de yaourt plus tard en direction du petit marquis poudré de chez Rotschild…

et comme de la nuance dans les propos

– Reconnaissons qu’il y a eu des erreurs des deux cotés – Royal deux petits pois douze mesures

– Je déplore la brutalité des mouvements syndicaux et des décisions qui peuvent être celles des patrons – Hollande je dis une chose et l’annule aussitôt

– Nous pensons que ce plan peut être aujourd’hui évité si le dialogue social s’approfondit -… Valls à contre temps

Quant à MicroMacron fouettant du yaourt, il ferme sa gueule, son haleine de fond de poubelle commençant à indisposer tout le monde.

Bref qu’est ce à dire mes amis que ce radoucissement ?

qu’il est des élections à venir voui, que les sondages ont beau être bidonnés ils finissent quand même par se retourner et que ces belles images fleurissants à l’automne (les amerloques qui s’y connaissent en insurrection assistée te mettraient ça en scène en te baptisant l’affaire « révolution des chemises ») commencent à atteindre l’intestin grêle de nos pseudos dirigeants tout à se dire que la prochaine fois c’est le calbut qui pourrait bien y passer

et quand on sait l’état douteux de leurs dessous…

Bref, quand cinq syndicalistes donnés en pâture et fabriqués en terroristes finissent par devenir héros ou martyrs, y’a de la craquette dans l’air.

Et alors O joie, la peur change de camp.

Et alors O ravissement, on se met tout à coup à nous parler gentiment.

Et alors O miracle, on se remet à nous prendre avec des pincettes.

Ça s’appelle le rapport de force.

Et tandis que Narvalo 1er organise un de ces référendums à la con dans des boîtes à chaussures, il ne serait guère étonnant de trouver un fort pourcentage de glaviots dedans selon la formule consacrée – Un mollard un vote –

– Et encore j’avais pas envie de pisser – nous déclare un glavioteur éclairé.

On a assez baissé nos frocs, c‘est à poils qu’on les veut !

Histoire de leur apprendre la politesse.

tgb

L’esprit chemise !

Une chemise morte dont 2999 licenciements.

Il y avait déjà eu un fâcheux précédent. La plante verte violemment agressée par des hordes de syndicalistes enragés au siège de PSA.

Les medias n’assurant pas toujours le suivi de l’information, on ne sait, si le ficus à survécu à la sauvagerie syndicale et avec quel traumatisme. Ce que l’on sait en revanche c’est que face au laxisme d’un gouvernement permissif, l’escalade était inévitable : on commence par renverser une plante verte, on finit par lyncher une chemise – Blanche – circonstance aggravante –

bref l’engrenage classique de la récidive menant à la chienlit.

Non, cet homme agrippé désespérément à cette grille n’est pas un vulgaire envahisseur barbare tentant de franchir sournoisement les frontières de notre Europe civilisée, mais bel et bien un de nos glorieux responsables d’Air France proposant généreusement un ordinaire plan de restructuration salvateur, acculé par une meute de bolcheviques édentés.

Une image glaçante du totalitarisme syndical et tout puissant en France.

Ainsi pour une poignée de licenciements, 5 à 10 000 tout au plus, dans un pays où l’on compte à peine 5 millions de chômeurs, quelques dégénérés hystériques sont prêts à mutiler affreusement une chemise innocente.

« C’est une honte » nous déclare bouleversé un de ces demandeurs d’emploi assisté par notre état providence, justement radié des listes de pôle emploi et s’apprêtant à s’immoler par le feu devant son agence.

Notre sondage du jour : Doit-on laisser mettre en lambeaux les femmes et les enfants des héroïques entrepreneurs du Medef par une bande hirsute de djihadistes syndiqués assoiffés de sang ?

En effet devons-nous tolérer l’insoutenable mutilation d’une chemise (de marque qui plus est) au nom de je ne sais quel dommage social à peine collatéral alors qu’il est des patrons modèle tel Michel Combes patron d’Alcatel-Lucent prêt à sacrifier la moitié de sa retraite chapeau (14 millions d’euros) sur l’autel de son austérité exemplaire ?

Quant à Alexandre de Juniac, PDG visionnaire et humaniste d’Air France, que dire de ses misérables 645 000 € annuels lui permettant tout juste de s’offrir 645 chemises Raf Simons à 1020 euros pièce, soit même pas deux par jour alors que n’importe quel smicard peut en acheter plusieurs milliers au poids chez n’importe quel fripier discount. (pas des Raf Simons mais bon…).

On m’informe dans l’oreillette que l’intellectuel engagé Botul, entré en résistance, vient de faire une déclaration clandestine sur l’ensemble des médias heureusement patronaux, je cite :

– Au nom de la liberté d’expression immaculée et de mes chemises blanches échancrées, j’affirme face à la barbarie islamo-communiste irrécupérable au lavage que jamais je ne céderai un bouton de nacre, dussé-je prendre un abonnement au pressing germanopratin.

– Pas mieux !

nous confirme Alain Bauer spécialiste de la répression spéculative (et accessoirement parrain du fils de notre bon premier ministre) fraîchement victime d’un odieux attentat pâtissier pas encore revendiqué, même si de fortes présomptions pèsent sur les mouvances anarco-terroristes internationales de l’ennemi intérieur bienpensant.

Heureusement, face à la banalisation du mal syndical et des forces révolutionnaires armées prêtes à en découdre et capables on l’a vu de dépecer férocement une chemise impeccablement repassée, le gouvernement

duniondelagaucheaumomentdesrégionalescestmoioulepen

qui a eu, il faut bien le reconnaître, le courage de céder face aux sympathiques mouvements ultralibéraux des Pigeons, des Poussins, des Bonnets Rouges, des Moutons, des Dupés, des Dindons, des Tondus, de la FNSEA, du Medef…se fait un point d’honneur à ne rien lâcher face au chantage de l’ultragauche sur la loi d’amnistie syndicale.

– qu’ils crèvent ! – nous déclare en off un jeune ministre moderne pas archaïque briseur de tabous se défendant de toute provocation. (Si on ne peut plus rien dire alors…)

Face aux désordres de la racaille sociale et aux vapeurs alcoolisées des gueux à cols bleus devrons nous subir le retour du polo lycra chez nos zélés collaborateurs en cols blancs ?

Telle est en définitive la question angoissante que se posent aujourd’hui les valeureux auxiliaires de l’oligarchie bienveillante et de l’actionnariat bienfaiteur.

Nous sommes tous des chemises.

tgb

Ce moment gênant où t’es transparent

A la table des négociations internationales, ça fait 8 fois qu’il essaie de chopper la serveuse pour qu’elle lui ramène la carte des desserts, mais que dalle oualou nib, transparent le François.

Y’a deux ans, va t’en guerre, il voulait taper dur la Syrie, Sarkozy ayant foutu le bordel en Libye, y’avait pas de raison qu’il ne mette pas lui aussi sa zone au moyen Orient…

« M. Bachar Al-Assad ne mérite pas d’être sur la Terre » dixit Laurent Fabius phare de la diplomatie touristique française…

Obama n’étant plus très chaud pour l’affaire François Pays-Bas se retrouvait à taper le carton avec Julie et à manger froid.

Aujourd’hui Poutine, Merkel et Obama s’étant mis d’accord pour trouver Assad assez fréquentable et l’inviter au banquet, Fanfounet bombant le torse, balance trois boulettes de mie de pain dans le potage syrien, histoire de se signaler auprès de la serveuse avant que la crème brûlée ait brûlée.

Finalement même un yaourt ferait l’affaire.

Son opposition farouche à l’accord sur le nucléaire iranien ayant donné les résultats probants que l’on sait, voilà notre nigaud à ramasser les miettes obscurantistes d’Arabie Saoudite tandis que les autres se répartissent déjà les parts du gâteau à Téhéran.

Toujours un coup d’avance le pépère

Heureusement la France pays des droits de l’homme aux ordres de l’Otan sait taper du poing sur la table, refuser des bateaux de guerre à la méchante Russie, tandis qu’elle les refourgue à quelque gentil dictateur Egyptien financé par l’exemplaire famille Saoud usant du Mirage à dévaster le Yemen.

Pour dix Mirage vendus une crucifixion offerte…

– Hep mademoiselle…au moins une pomme…

Varoufakis témoignant de l’immense influence inexistante Hollandaise dans les négociations sur la dette grecque « la France n’est plus ce qu’elle était » (Michel Sapin) et Hollande n’étant plus ce qu’il n était déjà pas, on peut apprécier les positions fluctuantes du chef de l’état selon les déclarations de dame Merkel rapport aux réfugiés : on ouvre, on ferme, et maintenant on fait quoi chef ?

– la synthèse !

Selon le principe du leadership mondial consistant à la fermer quand il faut l’ouvrir et à faire une conférence de presse quand on n’a rien à dire on n’est pas prêt d acueillir Snowden comme réfugié politique, ni de laisser l’avion de Morales survoler notre territoire.

L’Amérique du sud se limitant au Mexique et à son président narco-trafiquant.

Si seulement cette garce de serveuse lui jetait un regard…quand même merde il est allé voir Castro après l’autorisation des ricains certes mais en grillant le pape d’une tête…

L’aspect visionnaire du personnage lui permettant de prôner le modèle allemand du combi wolksvagen tout en réinventant le thacho-blairisme 25 ans après sous les traits du jeune néo-ringard Macron tandis que l’Angleterre s’éprend de Corbyn, nous confirme donc que compter pour du beurre c’est président.

De toute son autorité de chamallow grillé, il hèle une fois encore la serveuse qui regarde en sa direction sans le voir

– un café !!! crème !!! avec sucre…

Il nous l’avait dit d’entrée : Mon ennemi c’est la finance…mais I’m not dangerous.

– même sans crème…

A Brodway, un brillant conseiller en comm lui assure qu’avec des plumes dans le fion il pourrait gagner en visibilité…

– même sans sucre…

Enfin la serveuse le repère et prends sa commande.

Il se murmure qu’en décembre, notre président influent devrait sauver la planète…

-…heu…. merci pour la verveine…

on y croit très fort.

tgb

Lignes de Crète

 Me voici de retour de mon paradis crétois, de mon coin d’ïle encore un peu sauvage, loin des usines à touristes à débiter du soleil en tranches et chez mes hôtes si hospitaliers et généreux.

La Crète n’est pas tout à fait la Grèce. Quasiment autosuffisante, elle souffre moins de l’austérité que le continent, n’empêche qu’elle croule sous les taxes imposées, même si le cash y est sport national.

Aux dernières élections, les crétois qui ne sont pas du genre à se laisser subordonner, ont voté à 75% pour Syriza quand ce nom-là signifiait encore, rupture, espoir et indépendance. Aujourd’hui, tétanisés, sonnés, écoeurés, se sentant comme en prison, ils n’attendent plus rien que le temps des olives.

Pas d’affiches, pas de meeting, pas de mobilisation, si l’on trouve encore sur les murs des slogans pro-Tsipras, ce sont comme les stigmates de campagnes passées et trépassées d’il y a si longtemps. Six mois.

Ils ne se mobiliseront pas pour ces législatives du 20 septembre, pourquoi d’ailleurs s’engager vu que l’Eurocratie dans son tropisme si démocratique a déjà annoncé son gouvernement de coalition aux ordres.

Quand on leur demande pourquoi si peu de passion autour de ces élections annoncées, d’un rire désabusé ils vous répondent qu’il y a déjà eu bien assez d’élections comme ça dans ce pays.

Quand je dis les crétois, soyons honnêtes et évitons les généralités pénibles, je parle de ceux que j’ai croisé, de ceux que je connais, de ceux avec qui j’ai fait un brin de causette en un mélange foutraque de franglais, et dans ces salons nautiques si particuliers qui consistent à faire la conversation à moitié immergé dans la mer juste avant le coucher du soleil et l’heure du watermelon et du raki.

Ce qui surtout les désespère, c’est de voir partir leurs jeunes diplômés bien formés se vendre en Allemagne ou en Angleterre, ces pays trop heureux de récupérer de la matière grise à pas cher tandis qu’ils privatisent leurs universités et qu’ils exigent des grecs de brader les leurs.

Je ne garantie pas que dans ces mausolées pour touristes germaniques, sortes de bunkers en autarcie, on ne crache pas dans les plats en cuisine comme un dérisoire exutoire, car là on peut généraliser : on n’aime pas beaucoup les allemands par ici et ça ne remonte pas à hier mais aux massacres nazis.

Vu les derniers évènements , ça ne risque sans doute pas de s’arranger.

Et tandis que loin de tout et saturé de toute actualité je cultivais mon insouciance, m’arrivait aux oreilles pourtant la victoire de Corbyn au parti travailliste et déjà le travail de sape des chiens de garde à poils ras reprenant imperturbablement leurs classiques, je regardais un jeune colosse barbu partir d’un rire tonitruant tout en retirant sa combinaison de plongée.

Une flammèche ici s’éteint une autre ailleurs s’allume. Il serait bien étonnant qu’un jour ou l’autre une braise sur une brindille ne finisse pas par tout embraser…

Il faut comme Pénélope croire sans fin au retour d’ Ulysse

tgb

photos D.A

http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#username=xa-4cf6622238991a5a

Goutte d’or

Rue affre se situe en face de l’immeuble incendié cette nuit.

Rue Myrha

8 morts.

Je ne vais pas faire dans le macabre, ni le racoleur, le tas de journaleux inutiles qui font le pied de grue devant les barrières de protection se chargeront de ne rien en dire en continu…

Le quartier est bouleversé et l’ambiance est plombée.

La goutte d’or est un village où tout le monde se connaît.

Derrière le périmètre de sécurité, la population mélangée vient aux nouvelles et se recueille.

Les gens se reconnaissent en ces gens

Leur compassion n’en est que plus réelle et solidaire.

Un peu de voyeurisme peut-être mais de la dignité.

Et des larmes.

Permettez moi d’y aller de la mienne.

tgb

Politiquement Spritz

Deux mois sans écrire une ligne. Fallait bien ça !

Usure, saturation, dégoût, overdose de simulacres et de vide…

J’en étais resté à la désolation en tongs. J’ai donc soigné ma désolation à coups de légèreté, de spritz et de doigts de pied en éventail.

Pour parachever ma convalescence, je m’apprête à partir en Crête, en pleine campagne électorale, s’il y en a une, tant les électeurs grecs doivent être blasés d’aller voter pour rien.

Je me souviens, c’était en janvier, la veille de la prise de pouvoir de Syriza en Grèce. Je discutais avec une de ses représentantes en France. Tout en me réjouissait d’avance, je lui glissais avec cette sale intuition qui me fait toujours voir le pire, qu’au final cette victoire annoncée n’était peut-être pas une bonne nouvelle, tant la perspective de se retrouver seul contre tous, risquait d’être fatale et contre productive.

On m’avait gentiment sermonné, mais au final…

Tsipras nous a « tuer ».

Il nous a d’autant anéanti qu’il s’est battu comme un fauve, seul et désarmé durant six mois, soit six mois de plus qu’ Hollandréou, qui n’a pas résisté plus d’un quart de seconde vu qu’il n’en a même jamais eu l’intention.

Par sa capitulation et son complet retournement, le premier ministre grec porte une responsabilité historique dans ce désastre. J’ai bien conscience que c’est facile à dire assis dans mon fauteuil, n’empêche, à ce niveau focal de gravité, si on a le droit d’échouer, on n’a pas le droit à la reddition tant elle tue tout espoir en nous engageant tous.

Ou alors fallait pas s’inviter.

Que ce guignol de Cohn-Bendit fasse aujourd’hui l’éloge de Tsipras sur qui il crachait son venin verdâtre en juin en dit long sur l’étendue des dégâts.

Démobilisation des électeurs

Discrédit des gauches alternatives

Poussée de l’extrême droite

Fin du choix démocratique …

En refermant le couvercle et en nous laissant dans le noir, Tsipras a définitivement enfoncé le dernier clou du cercueil Tina, tandis que l’oligarchie par ce sinistre exemple fait la brillante démonstration qu’aucun autre chemin n’est possible.

Ils sont tout et nous ne sommes rien.

L’histoire est trop cruelle pour s’y engager en camping car. Vu l’étendue de nos forces, soit l’on use de la guérilla du moustique, soit l’on renonce en attendant des temps meilleurs, soit l’on meurt les armes à la main, mais il n’y a pas de place pour l’amateurisme avec ou sans cravate.

Nous n’avons les moyens ni de l’échec, ni de l’innocence, ni même de la composition, ou alors c’est le tri sélectif et la poubelle de l’histoire directe : malheur aux vaincus !

Nous n’avons pas d’autre choix que celui d’être modeste et impitoyable, barge et surtout pas normal.

L’heure n’est pas au raisonnable. Le sont-ils eux ?

Car si l’on a perdu, c’est que probablement on avait encore quelque chose à perdre.

On pourrait croire pourtant qu’une fois mort, on se débarrasse enfin de nos illusions et de cette sale maladie tenace qu’on appelle l’espérance.

Même pas !

C’est comme une écorce, faut toujours que ça repousse. ,, ou là …

Je dirais presque Hélas.

Tsipras a tué l’espoir, mais l’espoir ne meurt pas. Allez donc savoir pourquoi !

Même si le pire est toujours sûr, même si le mieux n’est jamais là…

Peut-être parce que dans notre impuissance, l’humanité bande encore dans le spritz…

tgb

La désolation en tongs !

Ben voilà, on est à poils.

Tu me diras, on a l’habitude.

On va d’échec en défaite.

C’est pourquoi, quand y a un bout de victoire, faut vite en profiter, ça dure 5 minutes.

C’est toujours ça !

Je ne vais pas faire la leçon à Tsipras. Il a pas dû beaucoup dormir ces derniers temps. J’aurais pas aimé être à sa place. Alors respect !

Mais faut bien le dire, si c’était pour en arriver là, il aurait mieux fait de se coucher tout de suite et de piquer un roupillon, ça aurait fait moins de dégâts. Parce que là, il s’est battu comme un lion et puis, à l’aube, comme la chèvre de mr Seguin, il a tout lâché.

Voire plus !

Et maintenant y’a plus rien.

A poils.

De défaite en défaite jusqu’à la victoire disait machin… heu… Victor Serge.

M’ouais…

Y’a qu’à dire ça…

Mais ce serait plutôt de défaite en défaite jusqu’à la défaite.

On est mal !!!

N’empêche, on sait au moins, que changer les choses de l’intérieur comme Filoche au PS ou Tsipras en Europe, ça marche pas. Je vous laisse en tirer les conclusions…mais je vous aide :

Elections piège à cons !

A noter, un seul s’en tire avec les honneurs ! Varoufakis. Sorti du jeu juste à temps.

C’est le joker ! Notre super Héros !

Che Varoufa !!!

A suivre…

Quant à l’Europe c’est un désastre !

L’Europe est morte ce soir !

Vive l’EURO ! Ce néo pays…

Et sa zone !

Mais l’histoire est taquine…

Et l’été est là…

Et si y’a pas de révolution…

Y’a au moins les tongs.

j’ai bon espoir…

tgb

Photo 1 : D Atala