Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l’assistance publique,

Eté 99, on roule entre les ânes et les camions à tombeau ouvert, juste après Lixus, les jardins d’Hespérides.

Larache, le long de la corniche qui surplombe la mer. Quelques vieux restes cradingues de station balnéaire et coloniale ; la vieille mosquée historique qui s’écroule, la médina qui s’effondre. 

ça pue : une odeur de pourriture et de décomposition. La zone, les premiers faubourgs de merde, la rue poussiéreuse et défoncée ; les sacs de plastiques noirs qui volent comme d’inquiétants corbeaux. Tout est sale, sauf la mer immense, immaculée de loin.

Et toujours la misère, cette saleté crasse, dans la pesanteur du soleil le long de la route principale, ce chemin de terre cahoteux. Enfin, entre une ordinaire prison blanchie à la chaux et un amoncellement d’ordures où grésillent des grappes de mouches grasses : le mur délabré et austère du cimetière chrétien.

Quelques pas, à chercher une issue, une fissure, une brèche, mais pas de porte, pas de grille rouillée qui grince, l’entrée se fait forcément du côté de la corniche, en contournant le vieux mur à travers le tas d’immondices, au bord de la falaise. C’est le prix à payer.

Là, des centaines de tombes oubliées, éventrées qui s’affaissent dans un terrain vague et accidenté. Le précipice n’est plus loin, une à une au fur et à mesure des années, les tombes sont avalées par l’érosion. La prochaine risque bien d’être la sienne.

Sa tombe est immanquable, à l’écart, face à l’océan, en biais, en direction de l’ouest : la Palestine ?

Sa tombe est minuscule, de la taille d’un petit homme, comme un lit d’enfant, propre et blanche ; pas de croix. Elle tranche avec les autres tombes grises et défraîchies. Sur la pierre de craie, simple et sobre, son nom, dates de naissance et de mort. Ce qui, au bout du compte, nous résume.

Personne n’a l’air d’être passé par ici depuis longtemps. Mais peut être que si. On reste un instant, suspendu entre la mer, le ciel et le dépôt d’ordures, entre la prison, derrière et l’infini devant.

Le vent souffle, le soleil cogne, l’ordure schlingue avec parfois une bouffée d’océan et d’herbes sauvages. On laisse une trace discrète sur la tombe, presque rien, un dessin avec le doigt, une clope, et on s’en va. On traverse à nouveau le monceau d’ordures en apnée, on se laisse à nouveau happer par les essaims de mouches qui tourbillonnent et font comme un rideau infecte au tombeau discret.

On retrouve la voiture garée n’importe où et n’importe comment. On cherche le gamin mâchuré qui en avait la garde. Pas là mais forcément pas loin. Comme toujours au Maroc, toujours une paire d’yeux quelque part, qui dix secondes après prend forme et coûte un Dirham.

Tout coûte toujours un Dirham au Maroc.

On démarre et on s’arrache de là en se disant qu’il est bien ici, presque chez lui, entre la saloperie et la grâce, à Larache, tout prés de Tanger, Jean Genet.

tgb

Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l’assistance publique, il me fut impossible de connaître autre chose de mon état civil. Quand j’eus vingt et un ans j’obtins un acte de naissance. Ma mère s’appelait Gabrielle Genet. Mon père reste inconnu.

J’étais venu au monde au 22 de la rue d’Assas. Je saurai donc quelques renseignements sur mon origine, me dis-je, et je me rendis rue d’Assas. Le 22 était occupé par la Maternité. On refusa de me renseigner.


Né en décembre 1910, Jean Genet aurait cette année cent ans.

Tout doit disparaître

Dans les rayons foisonnants de la superette hyper démocratique, les citoyens consommateurs attirés par les marques rivalisant de pubs prometteuses, de logos accrocheurs, de promos alléchantes, semblent n’avoir que l’embarras du choix.

Sauf qu’à force d’épuiser les produits électoraux, du tout classique au tout nouveau, ils finissent par comprendre, accablés, qu’au-delà du packaging matraqué, tout à toujours le même goût.

Que 86% d’électeurs de droite aiment d’amour le patron du FMI, devrait finir par nous convaincre que l’intitulé du produit, quelque qu’il soit, ne masque plus son goût génétiquement formaté.

Qu’ils préviennent, accélèrent ou accompagnent la purge libérale, ces produits clonés, placebos de consommation ordinaire, finissent tous par produire les mêmes effets intestinaux et la même nausée : le dégoût.

C’est ainsi qu’aux dernières élections régionales et municipales en Grèce, berceau de la démocratie dois-je le rappeler, et dans un contexte de vote obligatoire, 55% des électeurs se sont abstenus et jusqu’à 66% à Athènes sans compter les 11% de bulletins nuls.

Après avoir tâté de la désastreuse droite Nouvelle Démocratie, puis de la calamiteuse gauche Pasok, le citoyen consommateur grec, tâte du blanc de chez nul et de la pêche à la ligne assumée, ce qui n’empêche évidemment pas le premier ministre Papandreou, Secrétaire Général de l’Internationale Socialiste à ses heures, de se considérer conforté par le vote populaire dans sa politique épaulée couchée.

A ce jeu-là, un sondage quelconque sur une échantillon plus ou moins représentatif, eut fait l’affaire ; je suis certain qu’ils y pensent déjà.

Le peuple anglais après avoir subi durant des années l’ersatz de « gauche blairiste » et se méfiant des héritiers de Thatcher comme de la peste mentholée, finirent par se laisser aller à tester du Nick Clegg, Lib/Dem, qui aux heures bénies de sa pré dégustation en avril dernier ravissait à 72% de satisfaction les papilles britanniques. Six mois après et suite à de forts jolis reniements électoraux coalisés, le Nick Clegg, tête de gondole, plafonne à un ravissant 9% d’opinions favorables, ce qui ne présage rien de bon pour la reconduction de ce produit d’illusoire substitution.

Je ne parle même pas de l’espérance Obama, noyée dans la machine à Dollars de Wall-Street.

Qu’on tâte encore, en désespoir de cause, du gros populisme qui tache ici ou de la nauséabonde démagogie bien épicée là, qu’on se débarrasse enfin d’un Berlusconi en Italie pour, histoire de s’en convaincre une dernière fois, choisir pire encore, dans la gamme des produits surgelés de la politique pas la peine, les peuples semblent se résigner peu à peu à ne plus rien voter du tout.

D’ailleurs pour peu qu’une fois, ils optent vraiment pour un choix non conforme, on saura leur rappeler que dans un référendum, ils peuvent effectivement voter oui ou non dans la mesure où la réponse est oui.

A bon entendeur…

La Belgique n’a plus de gouvernement depuis des mois. L’administration expédie les affaires courantes. L’Europe au doucereux totalitarisme managérial gère le reste et l’oligarchie de constater qu’elle peut se passer avantageusement de tous ces artifices démocratiques et de ces pseudos autorités trop sensibles encore à l’opinion publique.

Comme en Chine enfin, un parti unique, composé d’échelons administratifs à la Kafka, d’un strict contrôle policier et de médias abrutissants et aux ordres devraient finir par nous empaqueter tout ça (ce soir spot présidentiel sur 3 chaînes privées et publiques …pourquoi seulement 3 ?)

A moins que, le consommateur maté au plasma, réveille le citoyen rebelle qui roupille en lui sur son canapé…

tgb

En français dans le texte

 

On nous avait vendu de l’anglais résigné, du british apathique, du rosbeef flegmatique, gagné à l’idée raisonnable de « l’austérité juste », de la réforme radicale de l’état providence, déjà taillé en pièce par la gâteuse Thatcher et le criminel de guerre enrichi Blair : 

 

My ass !!!

 

On nous avait vendu de la coalition Conservateurs/Lib/Dems (libéraux démocrates) furieusement audacieuse, terriblement post moderne, carrément visionnaire, au grand enthousiasme de nos éditocrates en pré retraite, July, Fottorino, Aphatie et autres ectoplasmes de la pensée surgelée, ironisant sur notre incapacité française à nous adapter à la mondialisation heureuse.

 

My bollocks !!!

 

C’est au cri de « tous ensemble, tous ensemble, ce n’est qu’un début… » en français dans le texte, que 50 000 étudiants britanniques ont manifesté mardi 10 novembre, dans les rues de Londres, jusqu’à aller botter le cul de leur petit marquis poudré de la high classe, David Cameron, apprenti premier ministre en son sursis et QG.

 

C’est au cri de « grève générale » en français dans le texte, et « Tory racaille » que les jeunes manifestants remontés comme des pendules contre le triplement des droits d’entrées à l’université : 3290 livres soit 3777euros aujourd’hui et 6000 à 9000 livres demain, sont allés fort opportunément, saccager le siège du parti prédato-conservateur.

 

Oh la belle idée.

 

Et c’est une foule en une colère spontanée qui submergea soudain une police aux abois, ne soupçonnant même pas cette fureur rentrée qui se libérait soudain.  

 

 « J’ai vu des images montrant des gens se livrant à la violence et à la destruction de biens, ce qui est complètement inacceptable » nous déclare le petit Lord Cameron, fossoyeur de la classe moyenne anglaise où ce qu’il en reste, et nous sommes bien d’accord avec lui.

 

Que les casseurs planqués, les saccageurs en gants blancs de l’oligarchie politico financière, infligeant de la misère, rebaptisée rigueur en leurs éléments de langage pernicieux, de derrière les vitres fumées de leur Bentley, soient châtiés et congédiés enfin comme ils le méritent.

 

Que les petits merdeux du mécano libéral, consistant à toujours prendre aux classes inférieures pour toujours redistribuer à la classe supérieure, afin de bien satisfaire au AAA de la police privée des marchés, commencent à mouiller leurs caleçons déjà bien douteux.

 

Oui, il y a comme un pandémie insurrectionnelle, qui enfin se p
ropage en Europe, et les peuples cocufiés, dressés à bien courber l’échine, le regard baissé sur le caniveau enfin se relèvent.

 

Et c’est, comme souvent, la mobilisation exemplaire et opiniâtre du peuple français contre la racaille ploutocrate qui redonne de la force et du courage aux autres peuples méprisés.

 

Et c’est la meilleure des réponses circonstanciées au larbin Pujadas, demandant sans vergogne à Thibault, s’il n’avait pas le sentiment d’être la risée de l’Europe.

 

Ce n’est pas une risée, mais bien une vaguelette ici, une vague là, qui s’en viennent à cogner à la porte de l’histoire . Et ça pourrait bien être soudain, un tsunami social et populaire, nourri à la violence qui nous est faite, qui pourrait balayer d’un revers de main ces pouvoirs fantoches, pendus à leurs privilèges et emporter comme fétus de paille, les marionnettes Clegg, Cameron et autre petit cadre fanfaron du pseudo ordre mondial.

 

Les médias tout à la discrétion anglaise et à la pudeur servile nous démontrent en creux, combien ils redoutent ce retour de lame :

 

Ici ou ailleurs le combat n’est pas fini, juste, il commence.

 

tgb

Le Cesar du Goncourt de la queue du Mickey

Une bonne chose de faite. Michel Houelsoupe, l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu la littérature, vient de se chopper enfin, au premier tour de manège, la queue du Goncourt avec de grandes oreilles.

On est content pour lui. 

Le Michou tout en posture étudiée, va pouvoir doubler ses ventes déjà mirobolantes, avec bolduc autour pour mon beauf de Noël, mettre son pognon dans son paradis fiscal et nous lâcher le stylo bic, tout en continuant, malgré une critique unanime depuis dix ans, à nous minauder de l’auteur maudit en son exil irlandais.

Cruel, que  cette misanthropie à ce point rentable.
Dur dur, d’être incompris quand on est à ce point consensuel.

C’est donc avec son dernier produit calibré, « la carte et le territoire » que notre Mimi, finement blasé, décroche le prix d’excellence au concours Lépine du romancier germanopratin. Fallait bien qu’à force de tremper son clavier dans le vide et d’écrire de ces banalités confuses et d’un air pénétré sur notre société relativement contemporaine, que notre cabot désabusé, rencontre en plus du succès ordinaire, la gloire galvaudée, rejoignant ainsi la centaine d’auteurs honorés, dans l’anonymat posthume de l’imposture à haute réussite sociale.

Le César de la littérature surgelée est attribuée à Houellebecq :

Bien fait pour lui.

Avec un peu de chance, le Michel dont la littérature pas la peine n’est pas plus mauvaise qu’une autre, va pouvoir vaquer à autre chose et par exemple aller bouffer ses lieux communs par les racines, tandis que nous pourrons à nouveau nous préoccuper sans plus de pollution médiatique de littérature par exemple.

C’est ainsi que l’autre soir, loin des mondanités, dans une petite librairie de mon18ème, je rencontrais avec une poignée d’aficionados assis en rond sur des cubes en bois, Fouad Laroui, écrivain franco-marocain ; un de ces auteurs discrets qui ne se croit pas obligé et malgré son immense culture et son méchant talent de se la péter à chaque point virgule.

Fouad Larroui, petit bonhomme rondouillard et débonnaire à l’écriture joviale et acérée, qui porte sur le monde un regard aimable et d’une tranquille intelligence, tout à la fois chaleureuse et distante, venait présenter son dernier Opus : « Une année chez les français ». Souvenirs plus ou moins autobiographiques (entre 0 et 100% dit-il)  d’un enfance marocaine au lycée Lyautey de Casablanca.

J’avais lu, il y a longtemps « Méfiez vous des parachutistes », un de ces petits bouquins délicieusement drôle, sobre et pas prétentieux et me souviens encore, comme pour une chanson, du jour du lieu et des circonstances. Il y a dix ans, sur un banc d’un parc de Coutances, entre deux rayons de soleil capricieux. 

Une petite heure à échanger avec un Fouad Laroui volubile et tout plein de malice, pas narcisse et pontifiant pour un rond, et qui pourrait en apprendre sur notre culture française, à n’importe quel Zemmour approximatif et arrogant, loin du circus vulgaire d’une littérature consumériste et industrielle. Encore un de ces immigrés basanés qui parle mieux la France qu’un certain président inculte.

Sans jugement, sans posture et sans artifices, Fouad Laroui espiègle, en une petite heure d’anecdotes désopilantes et terriblement signifiantes nous en dit plus sur l’humanité qui va et sa civilisation survivante que l’œuvre tartinée de Houeldaube et de sa bande poseuse.

Avec toute mon admiration et ma gratitude, je ne peux que souhaiter à Fouad Laroui qu’il ne lui soit jamais infligé quelque Goncourt que ce soit.°

Un tel écrivain ne mérite pas ça.

Tgb

°retenu parmi la première sélection du Goncourt 2010.

Toi aussi joue à photoshop

Si, faut pas jouer au riche quand on n’a pas le sou, faut pas non plus jouer au pauvre quand on est plein aux as.

« Les Nouvelles du 12e » ???

Une publication propagandiste, à l’initiative de Christine Lagarde, Ministre de l’économie et des finances et accessoirement élue municipale fantôme, tirée à 60 000 exemplaires, en quadrichromie, distribuée gratuitement tous les deux mois dans les boîtes à lettres du 12e arrondissement.

En couverture du dernier numéro, une Christine Lagarde radieuse et tout en austérité de crise question breloques, avec pour décor, les arcades de l’avenue Daumesnil, principale artère d’un 12éme arrondissement où elle ne fout jamais les pieds.

Sauf que  :

Avant

Après

Les bijoux de la Castafiore ont disparu (encore un coup des Roms sûrement ) mais les arcades sont apparues

Tu n’as pas bien vu ? je recommence !

Avant

Après

Si toi aussi ça t’amuse de bidonner les photos, fait comme l’ami Stéphane, du Parti de Gauche, joue à photoshop :

C’est rigolo hein ?!!!

tgb

Pauvre comme « job »

Alain Minc, figure emblématique de la grande confrérie des escrocs du paf, expert de tout et de rien, dont l’incompétence suffisante et fumeuse n’a d’égale que l’épaisseur de son carnet d’adresse, déclarait en 2007, toujours puissamment visionnaire, au sujet du type qui nous sert aujourd’hui encore de président :

« Je pense que c’est celui qui est le mieux à même de faire le job…»

Faire le job : étrange expression appauvrie d’une indigeste logomachie managériale.

Faire le job, comme on fait ses courses, son lit, ou sa tambouille du soir ; faire le job, stigmate singulier d’une novlangue avachie et désincarnée.

Ce glissement sémantique du langage vers le jargon pseudo entrepreneurial à la sauce anglosaxonne en dit long sur l’abdication du politique face à l’économique et sur la chosification des valeurs.

Ainsi donc, le président, qui lui même avec cette modestie qui n’appartient qu’à lui affirmait hier «J’ai tué le job de ministre de l’Intérieur…. » est à ce point désacralisé qu’il n’a plus pour fonction aujourd’hui que d’être, un triste manager administrant avec plus ou moins d’efficacité la productivité de l’entreprise France, un insipide dircom challengeant ses collaborateurs dans un souci constant de performance et de compétitivité, un ordinaire responsable de ressources humaines gérant sa masse salariale dans une dimension culturelle certes, mais de résultat.

Et de nous poser la question : l’homme politique fait-il encore l’histoire où court il désespérément derrière en feignant d’y être pour quelque chose à titre anecdotique ?

On le sait depuis Ernst Kantorowicz, le corps du roi (ou du président) est toujours double («Les deux corps du Roi»). Il est composé du «corps naturel et physique », ce corps prosaïque qui marque la proximité d’un président actif (voire gesticulant) ancré dans la réalité et le « corps spirituel et hiératique » qui symbolise la distance et la solennité de la République ; une sorte de corps mythologique transcendé par la fonction, rattaché à un fondement de légitimité, quasi théologique, au risque même du culte de la personnalité.

Père de la nation donc et pas forcément petit père des people.

Ainsi également et suivant l’exemple laborieux et carnavalesque venu de l’étage supérieur, le putatif prochain premier ministre fait il également le job, qui consiste d’ailleurs, avec ce qui reste de pouvoir à l’impuissance politique, d’hanter les couloirs des médias pour ne surtout rien dire.

Quid d’une vision portant un projet ?
Quid d’une volonté traçant des perspectives ?
Quid d’une voix inventant un futur ?

NADA

faire le job : job d’étudiant, job à domicile ou job d’été 
Le Must 2010 ? – étaleur de crème solaire !

Tout un programme…

tgb

Lire entre les lignes

Claude Bébéar, entre deux chasses de grands fauves en Afrique, a pris le temps de se fendre d’une petite interview au journal de révérence, le Monde, pour nous prodiguer sa fine et sage analyse libérale, rapport à l’art de la réforme sous anesthésie et l’urgence de la retraite par capitalisation.

Rien de très original jusque-là.

Qu’entre deux amabilités de circonstance et trois doses homéopathiques d’humanisme à la sauce patronnesse, le retraité le plus influent de France, particulièrement bien placé pour ergoter sur les difficultés sociales ( bénéficiant d’une retraite de 438000€, plus 360000 €  de jetons de présence, plus 1 M€ de plus-value de stock-options) et qui est, en toute modestie, le parrain du capitalisme français, le boss des boss, faisant passer dame Parisot pour une sous directrice de superette, nous balance de la doxa capitaliste n’a rien de particulièrement bouleversant.

Pourtant, au-delà  de sa prose d’une rare vacuité, il n’est pas inutile de lire le discours entre les lignes et les messages sous-jacents qui ne s’adressent pas forcément au vulgum pecus que nous sommes.

Rappelons tout d’abord qui est Claude Bébéar.

Ancien grand patron du groupe Axa et toujours président du groupe de surveillance de l’assurance number one en Europe, Bébéar est le fondateur du think tank, « l’institut Montaigne » (rapport à l’Avenue j’espère et pas à l’écrivain, pauvre Michel) et le centre d’un de ces cercles d’influence, soudé par un esprit de caste, où l’on s’échange postes d’administrateur et jetons de présence.

Un de ces pôles oligarchiques qui fait jouir-en-Josiane, l’étudiant HEC.

Cette mouvance de patrons libéraux où l’on retrouve le noyau dur du Cac 40  Henri Lachmann, Jean-René Fourtou, Serge Kampf, Michel Pébereau, Thierry Breton, Daniel Bernard, Gérard Mestrallet, Martin Bouygues, Pierre Dauzier…se réunit à l’occase pour disserter entre deux petits fours, sur l’état providence fort dispendieux cher ami sauf quand il nous renfloue des banques, les nouveaux pauvres et les anciens riches, ces manants, ou comment éviter le plafonnement de nos revenus de grands patrons injustement assujettis .  

Bref, quand Bébéar, dont on baise la bague pour se faire adouber au collège libéral des cardinaux, l’ouvre, le petit personnel politicard, la met en veilleuse, le doigt sur la couture du bermuda.

Et que dit explicitement ce bon vieux Claude, entre deux banalités économiques, sorties directes du catéchisme ordinaire : je résume – il dit que si le fond du rabougri qui nous sert du président est bon, la forme laisse à désirer et que vu que le style c’est l’homme, il ferait bien d’être moins agressif avec l’ensemble de la populace.

Et maintenant penchons nous sur l’implicite et traduisons le message du boss à son larb1 élyséen à la moitié de son CDI  :

« Ecoute mec, on n’est pas du même monde d’accord, on n’a pas élevé les cochons ensemble en Hongrie certes, mais sois bien persuadé que ça ne nous gène pas plus que ça que tu sois un vulgaire parvenu, inculte et cupide du moment que tu sers nos intérêts et fais le job. Sauf qu’il faudrait voir à te calmer, parce que la chienlit c’est pas trop notre truc et qu’on a un type bien élevé, un peu queutard certes mais avec tact et doigté du côté du FMI qui pourrait bien faire l’affaire. Donc t’arrêtes de foutre ta zone ou tu dégages. »

C’est une interprétation assez brut de forge, j’en conviens mais qui me semble contextuellement judicieuse.

Suite à ce conseil d’ami qu’on pourrait tout aussi bien lire comme une injonction hierarchique, nous verrons donc et pour la énième fois, le petit hargneux nous déclarer qu’il a changé, pris de la hauteur, de la distance et tout ça, qu’il écoute et tient compte, que quand il y a une grève il la remarque, qu’il est le président de TOUS les français qu’il aime et comprend mais que le devoir avant tout…jusqu’à ce que sa sale nature belliqueuse…


étudiée ici en laboratoire par un collège d’éminents psychiatres

…reprenne le dessus et cherche à nouveau la bagarre, parce que ça lui est intrinsèque :

Il n’aime personne d’autre que lui.

tgb

Un barbu c’est un barbu…


trois barbus c’est des barbouzes

Quand trois journalistes enquêtant sur l’ultra sensible affaire Woerth Bettencourt, à savoir les financements illégaux et occultes de la Sarkozie pourrie, se font chourer leurs ordinateurs (CD roms oui réfugiés Roms non) quasiment en même temps, pas la peine de chercher l’œil de Moscou ou la main de ma sœur : c’est signé Furax.

Furax DST, Furax RG…bref quelque officine de basse fosse pour basses œuvres et entourloupes plombières.

Comme le souligne Plenel, patron de Médiapart, si la filouterie ne se veut ni subtile, ni discrète, c’est simplement parce que la petite autocratie en place qui s’énerve et a les craquettes, envoie un bruyant et cynique message aux journalistes et à leurs sources, facile à décoder : vos gueules les mouettes.

Parce que question source, y’a pas que les flics qui sont capables d’infiltrer et de se déguiser en casseurs. Nous sommes également quelques millions à nous être glissé dans les failles du système, à porter un costard cravate ou un képi et à faire chauffer la photocopieuse ou la clef USB pour mieux transmettre infos et documents, à ce qui reste de médias fiables. (Inutile de vous préciser qu’on a rien volé chez Ferrari ou Pujadas.)

Sabordage ou sabotage, contre cette oligarchie-là, tous les coups sont permis et si les grèves et manifs n’y suffisent pas, des millions de petits coups de canifs au quotidien pourraient bien finir par épuiser la bête, si sensible du jarret soudain quand on y regarde de trop prés.

Sans compter évidemment les petits meurtres entre amis, dans un sérail politique en pleine déliquescence ou chaque strapontin attise les convoitises et pousse à affûter les surins.

Et pendant que le juge de fine lame Philippe Courroye bientôt dessaisi de l’affaire et tout à ses lucides fulgurances, déclare sans rire :  » Quel gâchis !… Ce que l’on me reproche, c’est l’efficacité  des enquêtes que je conduis », son camarade de manche, le procureur Jean Claude Marin, dans le cadre de l’affaire Karachi, fignole le sur place avec la même énergie.

Sinon la routine

un bon à rien au conseil d’état


un martyr ras du cul qui phosphore pour rien…


un plagieur flappi qui fait flop malgré l’incruste

un manager entre deux siestes socio-libérales qui flatule

un ministre exemplaire qui met de la crème dans sa retraite Chantilly

Un barbu c’est un barbu, trois cambriolages c’est des barbouzes.

Au bal des postiches et avant la prochaine phase électorale du rasage gratis, le pouvoir sur les dents à le cran d’arrêt facile et le coupe chou fébrile

C’est bon signe.

tgb

Le flic à capuche

Mon oreillette me dit que des flics casseurs jouant de la provocation, se seraient glissés dans les manifestations, histoire de discréditer le mouvement contestataire en provoquant des violences ou en les attisant !?

Qui pourrait croire une chose pareille !? Des flics à capuche qui tenteraient de manipuler l’opinion en fracassant par exemple, la vitrine d’une banque devant les caméras de l’ami Pernaut en plein orgasme outragé !?

Inimaginable .

Ce serait un peu comme si, un juge cherchait à étouffer l’affaire Woerth en enquêtant sur sa confrère plutôt que sur les conflits d’intérêts touchant de prés les financements occultes du sarkozisme, alors que tout le monde sait, et particulièrement Arlette Chabot, que la justice en France est INDEPENDANTE.

Mon oreillette me dit que le syndicat d’officiers de police Synergie, succursale de l’UMP dont l’ex secrétaire général Bruno Beschizza, (abonné à C dans l’air) figura sur une liste régionale du porte-godillots présidentiel et aujourd’hui sous préfet, demanderait des poursuites contre le dangereux « agitateur populiste » Mélenchon. (entendre par populiste, celui qui joue à dézinguer la machine à propagander en rond dans le si bien huilé barnum médiatique).

Mais si on laissait par laxisme, les hommes politiques mettre le doigt là où ça fait mal, ce serait la porte ouverte à toutes les démocraties. Manquerait plus que ça.

Ce syndicat oui, est bien légitime à s’indigner du tonfa, tant la police, qui de rafles en répressions, n’a fait de toute son histoire qu’appliquer strictement les ordres venus d’en haut avec ce sens de l’obéissance et du zèle qui l’honore, est insoupçonnable de quelque saloperie que ce soit.

Mon oreillette me dit donc, qu’il y aurait des provocateurs policiers, infiltrés dans les cortèges pour mieux pourrir la mobilisation populaire et mieux nourrir le JT de David Pyjamas, couché dans les draps sales du pouvoir, d’images bien racoleuses de casseurs cagoulés avant que d’arborer leur brassard et de se faire exfiltrer par les copains une fois la matraque masquée dénoncée ?!

Du pur fantasme…

Ce serait, comme si, au hasard, Manuel Valls était un infiltré de droite au sein du PS et ça, c’est tellement peu crédible…

tgb