Zapping printanier

Criminologie

« On sait où tes enfants vont à l’école »

Dixit Mario Draghi, parrain de la BCE, donnant 48 heures à Chypre pour payer le « piso » à Goldman Sachs.

Tourisme

– « Les palestiniens méritent un état »

– Façon polie pour le prix Nobel de la paix Obama, même pas foutu d’interdire les armes automatiques dans son pays, de signifier à Mahmoud Abbas qu’Israël peut s’asseoir dessus.

Nécrologie

Si Hugo Chavez avait acheté le PSG plutôt que de foutre en l’air le pognon en alphabétisant son peuple, il serait probablement encore vivant.

Islamophobie

Mr et mme Le Point et l’Express ont un fils

Politique intérieure.

Cahuzac viré du gouvernement : après 10 mois au pouvoir, l’ennemi de la finance François Groland prend sa première mesure de gauche sans le faire expres.

– C’est un moindre mal, j’aurai pu avoir un compte à Chypre – déclare l’ancien ministre du budget tandis que l’Oligarchie solidaire de reprendre en cœur : – Il est des noooooooootres il a son compte en Suisse comme les auuuuuuutres !

Scandale alimentaire

On aurait retrouvé des traces de Videla dans l’hostie de chez François et François, Lidl des pauvres.

Principe républicain

Manuel Valls, Le Crif et Civitas exigent des musulmans le respect immédiat de la laïcité chez Baby loup, tandis que François Hollande dénonce la recrudescence de l’antisémitisme en France.

tgb

Le Barbier de Servile

Christophe Barbier m’écrit une fois par semaine. Un joli mail, illustré par sa trombine rouge écharpée.

Quand je dis Christophe Barbier, je devrais dire le service publicité de cet hebdomadaire dont je n’ai jamais croisé le moindre lecteur même en changeant de dentiste : « l’express ».

Tel le témoin de Jehovah sonnant à ma porte, le racoleur actif Barbier met régulièrement un pied dans un coin de ma boîte mail, afin de me refourguer son torche-cul à 1 euro prix cassé. Je ne doute pas qu’en me faisant un peu désirer, il finira carrément par me rémunérer l’abonnement tout en me refilant en bonus, un balai à chiotte électronique plus un radio-réveil androïde.

Christophe Barbier donc, défenseur du riche opprimé et torcheur à domicile du rentier incontinent d’où son écharpe rouge à portée de main, semble me considérer comme cible potentielle d’un lectorat jouissant à chacune de ses unes en burqa.

Visiblement, Christophe Barbier, éditocrate d’une extrême droite pomponnée se plante du segment.

Expert en tout, en demi- pension chez C. dans l’air, protecteur héroïque des fonds de pension et briseur de tabous sauce merdef, le déconoclaste Barbier pose souvent des questions de bistrot d’une grande pertinence à laquelle parfois j’ai une ébauche de réponse…

Comme par exemple : – Mais où que donc passe le pognon de la gabegie de l’état providence gaspilleur avec trop de fonctionnaires dedans ? –

Dans ton cul Christophe !

En effet, le rouge écharpé Barbier, perçoit pour son support publicitaire spécialisé dans la dénonciation des assistés sommés de rembourser les 432 euros perçus par pôle emploi avant de s’immoler par le feu, 7 621 766 euros de subventions par an.

Il est un peu décevant qu’en tant que fayot prosélyte du prêche libre et non faussé, le bon élève Barbier n’applique pas la juste compétitivité à son secteur d’inactivités, histoire d’avoir l’extrême élégance de crever cohérent.

Petit florilège des saillies remarquables d’un Christophe Barbier au sommet de sa phosphorescence :

A propos des enseignants : « … on comprend que les ouvriers aillent manifester, mais quand on voit les enseignants-chercheurs se mobiliser c’est totalement injustifié. »

à propos des ouvriers licenciés :

« Cet égoïsme prolétarien consistant à ne pas défendre les emplois ailleurs »

à propos des dom tom :

– Les français des tropiques veulent travailler à l’antillaise et consommer à la métropolitaine…

A propos de la Grèce –

– Il faut supprimer la souveraineté nationale grecque –

On le constate l’indigné Cricri, lèche cul des puissants, et botteur de culs des faibles n’est pas du genre à se tromper de combat. Toujours à dénoncer courageusement l’exploitation du riche par le pauvre, le prédateur stigmatisé par sa proie, il sait voler au secours des anciens présidents de la république nécessiteux, menacés de perdre leur pourboire du conseil constitutionnel : 

– êtes vous pour envoyer les présidents de la république au Pôle Emploi ? –

Superbe abnégation !

Vous l’aurez compris, damned encore raté, j’envisage assez peu de m’abonner au torchon du jeune vieux Christophe, étant assez allergique à sa ligne rédactionnelle :

– Noël au choc des civilisations

– Pâques aux francs maçons

A moins qu’à la prochaine retape, le bel éphèbe Barbier en sa gueule enturbannée façon burqa m’aguiche en porte jarretelles.

Quitte à faire la pute…

tgb

Mots d’ordres et de désordres

« L’exécutif prépare une nouvelle cure d’austérité pour 2014 »

J’aime ce style.

A la 347éme lecture, ça a sa poésie.

On imagine la tête du type qu’a pondu ça. L’expert en oxymore et autre élément de langage Histoire de vendre l’invendable : la misère qui, O miracle, serait bonne pour la santé.

Déjà l’exécutif, c’est pas très sexy glamour. Ça a un côté courroie de transmission, appareil qui, soit exécute (en l’occurrence les ordres) soit t’exécute, ce qui n’exclut pas qu’il fasse les deux.

L’exécutif ici, c’est pépère président, premier de la classe, mais sans lutte de.

La cure, c’est le truc sensé te remettre en forme, cure de jouvence, cure de repos, cure de désintox, normalement c’est thérapeutique, je sais, je viens d’une ville thermale…

mais la cure d’austérité ???

Je connais des cures pour maigrir. On paie même pour ça. Mais une cure pour manquer de tout Pendant que ceux qui te l’imposent ne manquent de rien. Voire plus.

???

Non j’achète pas le programme !

A tout prendre et pour changer, je préférerais une cure de prospérité. Mais ça n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour ni de l’année, ni probablement du siècle.

A ce régime-là ce n’est plus une cure mais une purge. Un système basé sur l’anémie. Parce qu’une crise qui dure 50 ans n’est pas une crise mais le principe même d’une société.

La « cure d’austérité » c’est comme la « sécurisation de l’emploi » le « plan social ou la « fléxisécurité », ça a la sémantique positive sauf que ça signifie juste le contraire : le licenciement.

Ce sont des associations de mots arnaques, des concepts putes, de la pure escroquerie linguistique avec pour finalité une immolation par le feu devant un pôle emploi.

On sait avec Gramsci, que tout langage contient les éléments d’une conception du monde, que la domination commence par les mots.

L’on notera par exemple la bagarre autour de la « vidéo surveillance » (notion pour le moins péjorative) que les chiens de garde de l’empire essaient vainement de réorienter vers une « vidéo sécurité » nettement plus rassurante ou celle des ‘charges sociales’ qui ne sont ni plus ni moins que des cotisations solidaires.

En ce sens, la lutte commence par le vocabulaire. Le sens des mots. Le choix des mots. La nécessité surtout de ne pas céder à la lexicologie des autres et donc à leur toute pensée, par paresse, par imprégnation, par snobisme, par suivisme, de désosser leur novlangue et d’inventer, de tenir, d’imposer nos propres mots d’ordres ou de désordres.

Cela demande toute notre vigilance.

Car pour revenir à Gramsci et à une de ces pertinences sémantiques « la crise, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ».

tgb

La flaque

Non mais quelle flaque !

Je savais qu’il fallait pas t’inviter ! je le savais…

Tu oses un vague hommage à Hessel mais tu trouves le moyen de t’excuser de la Palestine, des fois qu’une paire de couilles dépasseraient…

pauvre flaque !

Tu envoies un dénommé Lurel sous ministre des ‘colonies’ à l’enterrement de Chavez où il y aura toute l’Amérique du sud rien que ça, voire plus…

Mais profil bas

La flaque.

Et même si tu n’aimes pas Chavez, l’Amérique du sud, c’est un continent non ? qui s’émancipe, avec qui, on a des liens, profonds, la France bordel, c’est pas rien.

Mais ça c’était avant, avant qu’on signe au PSG Qatar ; Club de foot pétrolier. Qu’on guerroie le sarrasin avec du salafiste. Un vrai démocrate l’Emir : poètes au placard, terrorisme, esclavage, corruption, répression, obscurantisme à ses heures…

Respectable lui pas comme le « macaque » !

Triste flaque !

Et je te parle même pas de tes flasques courbettes au merdef ou ta vocation de paillasson chef pour la finance, indigné de mes 2.

On a les ambitions qu’on peut, mais y’a des limites.

Tiens tu me ferais presque regretter le nabot, et ton Antoinette, la Carlita, c’est dire les dégâts…

Désolé, mais t’as la tronche à payer pour les autres, une tête à faire de la serrurerie et à finir sur une pique.

C’est pas juste mais c’est comme ça…

T’es une flaque !

Tgb

Tristes tropismes

Chokri Belaid, Stéphane Hessel, Hugo Chavez, la camarde à une nette tendance à nous cracher à la gueule ces temps-ci, tandis que les pires crapules bouffies de haine sablent le champagne en bons charognards qu’ils ne cessent jamais d’être.

Il ne fait certes, jamais bon mettre son humanité en travers de l’autoroute de la barbarie dominante, mais il est des jours plus accablants que d’autres où le découragement frappe salement à la porte.

Si nous nous passons fort bien du culte de la personnalité, bon dieu pourtant, combien avons-nous besoin de héros qui nous vengent !

Et nous avons beau nous répéter en boucle, de défaite en défaite jusqu’à la victoire, de batailles perdues en batailles perdues jusqu’à gagner la guerre, si même la mort roule pour le grand capital alors…

Tristes tropismes.

L’affaire est entendue, Chavez était un vil dictateur, populiste ça va de soi, réélu triomphalement trois fois, gagnant 11 élections sur 12 et qui perdant un référendum se soumit au verdict populaire, lui. C’est donc tout naturellement que nos éditocrates éclairés peuvent faire la leçon à l’indigène un tantinet « simiesque » du sud.

Car il faut bien admettre quand même qu’en notre monde civilisé, il est des choses qui ne se font pas :

Eradiquer l’illettrisme, faire baisser la pauvreté de 75%, donner l’accession au logement et à la santé aux couches défavorisées, exploiter son propre pétrole, nationaliser les profits, faire un bras d’honneur à l’empire.

Le nouveau bordel mondial ne tolérant aucun autre désordre que son propre chaos morbide.

Chavez n’aura sans doute pas tout réussi, mais il aura généreusement, courageusement, outrageusement essayé, tandis qu’ici, mr Normal par exemple, aura tout raté sans n’avoir rien osé du tout.

Son minable communiqué alambiqué en dit long sur son inanité.

En ce jour un peu glauque, disons alors pour nous rassurer, que si nos héros nous ont plantés là, c’est qu’ils considèrent que nous sommes assez grands pour nous prendre en main, sans plus d’ombre tutélaire.

Ne reste donc plus qu’à espérer que mille petits Hessel, dix mille petits Chavez, cent mille petits Belaïd éclosent en ce couci couça printemps.

Tandis que s’inscrira dans l’histoire le mythe du « gorille bolivarien »° et que s’effacera enfin des ondes les voix vomissantes des cuistres enflés de vide.

tgb

°Ainsi le furoncle Adler nommait Hugo Chavez.

Le nouveau désordre mondial

Y’a comme un malentendu !

Contrairement à ce que présupposent nos zéditocrates distingués en leurs gros titres alarmistes, non seulement le vote en Italie qui inquiète tant les marchés ne nous angoisse pas particulièrement, mais plus encore, il nous fait bien marrer.

Qu’ils se rassurent, le peuple, s’il existe, se fiche comme de sa dernière chemise en lambeaux de l’inquiétude de la finance et ce qui l’empêche éventuellement de dormir n’est pas l’insomnie du banquier mais ses saloperies.

Il est sans doute rageant pour ces zélés zexperts payés 30 000 euros mensuels afin d’expliquer à longueurs d’ondes et de journées à ce peuple un peu con qu’il n’est d’autre alternative que de vivre avec 600 euros par mois d’avoir au final si peu d’influence.

Quant à justifier leur salaire…

Et de se désoler une fois de plus que ce peuple décidément immature ait voté avec ses pieds plutôt que d’embrasser par exemple les mains de l’abbé Monti de chez Goldman Sachs, ce professeur émérite qui lui veut tant de bien à lui faire tant de mal.

Titrer que les marchés inquiètent les peuples n’étant pas d’actualité, de sentir poindre en creux, comme la tentation irrésistible, chez nos clairvoyants du paf, de confisquer cette démocratie au peuple irresponsable, le temps de faire leurs petites affaires entre adultes consentants.

Le nouvel ordre mondial qui a visiblement une nette tendance à foutre un bordel monstre, valant bien une entorse totalitaire à l’expression souveraine des peuples.

Non pas que le peuple soit forcément bien inspiré de l’isoloir, imperméable à la démagogie ou aux pulsions scabreuses, quand il met Hitler au pouvoir, réélit Bush ou Orban…mais ainsi en va t’il du jeu démocratique.

Est-ce une raison pour le dissoudre quand il répond ‘mal’ à la question, l’obliger à voter jusqu’à ce que le oui s’ensuive ou dégainer le mot qui tue, qui paralyse, le mot valise qui définit tout ce qui n’est pas dans les clous et s’use tant on en abuse : le populisme ?

Quand le choix électoral se résume à pareil au même, jusqu’à l’apothéose accomplie du gouvernement d’union nationale, que reste t’il d’autre en rayon que le n’importenawak ?

Quitte à faire dans le simulacre, autant privilégier le carnaval et les clowns marrants aux pantins pas drôles.

Que le peuple, s’il existe, passablement excédé de bipartisme stérile et de démocratorépublicanisme devienne un rien soupe au lait du piège à cons devrait logiquement les faire gamberger mais non.

Suite à l’échec de leur référendum, juré craché qu’ils avaient saisi le message, visiblement à les voir se shooter dans le même entre soi ‘raisonnable’ à la même pensée unique avec cette docte suffisance qui déplore ce populisme dont ils sont les premiers ferments, prouve qu’à ce degré d’autarcie ne reste plus qu’à abréger leurs souffrances.

Que le peuple, s’il existe, se foute de rassurer les marchés et les inquiète enfin ne peut être que bon signe.

Aucune raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent.

tgb

Le poète et le footeux

Si, « le football est le fer de lance de la stratégie qatarie », le cœur de « la diplomatie sportive de Doha », la poésie engagée, nettement moins.

Faut dire, qu’elle drôle d’idée eut Mohammed al-Ajami d’écrire une ode aux printemps arabes avec l’espoir que les révolutions atteignent les monarchies du Golfe, plutôt que de se spécialiser dans le dribble tiré par les cheveux coupés en quatre, spécialité du génie de la capilliculture appliquée, David Beckham.

Condamné à perpétuité avant d’écoper au final de 15 ans de prison ce lundi à Doha, le poète Mohammed al-Ajami, arrêté le 16 novembre 2011 pour « atteinte aux symboles de l’Etat et incitation à renverser le pouvoir » apprendra à ses dépends, qu’il vaut mieux jouer avec ses pieds plutôt que de se les compter sur les doigts.

Le préretraité Beckham de la marque Beckham and spice girl réuni, support publicitaire, poseur de poster et expert en t-shirt mouillé aurait pu lui refiler le tuyau : chez l’Emir gazeux, mieux vaut faire les magasins que de la politique.

Car souvenons nous, juste avant la venue du produit Beckham avec date de péremption de 5 mois au PSG, « France Football » sortait une enquête sur l’achat à la Fifa par le Qatar de l’organisation de la Coupe du monde de l’opium du peuple 2022 par 50°degrés à l’ombre.

Vous me direz c’est toujours ça que les terroristes de l’obscurantisme salafiste n’auront pas…

N’empêche, tandis qu’éclatait le ‘Qatargate’ menaçant d’éclabousser la mafia fouteuse et que se murmurait, le soir au fond des filets, que nos héros Patoche et Zizou, dans le jus saumâtre de Sarko, étaient un peu mouillés et pas que du maillot, soudain notre grand reporter sur le terrain, interrompait le scandale par un flash spécial :

– Et bien ouiiiiiiiiiii, c’est un scoooooooooop, en direct de la conférence de preeeeeeeeeesse, transfeeeeeeeert surprise de David Beckham et sa dame à Pariiiiiiiiiiis…

qui éteignit d’un souffle opportun, l’incendie de la baballe mondialisée.

Alors, l’objet de tous les transferts, y compris caritatif donc défiscalisé, le métrosexuel David jeta un voile pudique sur les magouilles politico-économico-pseudo sportives aux vieux relents de corruption et l’on pu retourner tranquillement jouir du 4-4-2 frelaté tandis que la star pipolée Beckham défilait du crampon sur le banc de touche.

On ne sera pas surpris qu’en ce monde trivial, le footeux soit dans la lumière tandis que le poète soit à l’ombre, ni que les geôles de notre ami l’émir soient moins glamours que ses vestiaires.

N’est pas fashion victim qui veut !

Et que le pauvre Rimbaud qatari me pardonne…

Qatar Qatar ton pécule

Paris Paris on…

je laisse le soin à Beckham de trouver la rime riche…

tgb

Allumer le lampiste

Allumer le lampiste, donner du «Spanghero» comme os à ronger à la vindicte populaire, technique vieille comme le monde même si la communication de crise s’est aujourd’hui sophistiquée, c’est faire croire que ce qui est de l’ordre de la pratique courante n’est au final qu’accident, anomalie, dysfonctionnement, voire escroquerie.

Il s’agit de calmer l’opinion, en lui donnant du fusible, histoire d’éviter la crise systémique et l’effondrement par exemple, du secteur de la daube industrielle, vecteur économique particulièrement stratégique en France.

Rappelons au passage que le patron de la FNSEA syndicat agricole en situation de quasi monopole n’est autre que Xavier Bellin, également, quelle coïncidence, président d’un des tout premier groupe agro-alimentaire, la Sofiprotéol (filière céréalière) et pas trop regardant question OGM.

L’entreprise Spanghero donc qui n’appartient d’ailleurs plus aux Spanghero depuis 2009 mais à Barthélémy Aguerre, député suppléant de Jean Lassale (Modem) sert ici de magistral cas d’école en tant que coupable idéal dans l’histoire des « lasagnes Findus ».

Non pas que le sieur Barthélémy jouant vicieusement du chantage à l’emploi soit un gastronome distingué oeuvrant pour l’éducation du goût populaire, qu’il soit un innocent aux mains sales ne semble faire aucun doute, mais comme les copains, il ne fait au fond qu’appliquer un règlement sans règles d’un marché dérégulé sous la pression des lobbies, du profit, avec la complicité tacite des politiques.

Pas de miracle, le démantèlement des services sanitaires, la recherche de la compétitivité à tout prix, le dumping mondialisé, le marketing packaging qui représente 40% du prix des produits, ne peuvent que pousser au nivellement par le bas et par loi de conséquence, à l’arnaque.

Encore n’y aurait-il qu’un problème de viande chevaline, substitut de bœuf… à tout prendre si la bidoche est bonne…, mais ce n’est pas de bon canasson dont on se bâfre ici, mais d’une sorte de «minerai», à savoir, cartilage, gras, viscères et collagène, cette sorte de merde bouillie agglomérée qu’on ne filerait même pas à des chiens.

De là à faire le constat qu’on nous traite pire que des animaux…

Alors que le scandale «chevalgate» éclate, la réintroduction au même moment comme une énième provocation, des farines animales dans nos quatre heures par l’Europe cynique et libérale en est la parfaite illustration.

Il faut savoir que Findus n’est pas plus une entreprise française de bouffe dégueulasse, qu’une entreprise monégasque ou guatémaltèque, elle est une multinationale appartenant à un fond de pension dont le job n’est pas de nourrir la planète mais de donner 10% de dividendes à ses actionnaires.

La tambouille Findus n’est pas à consommer mais à acheter.

Comme dans mon Flanby socialiste dont on trouve plus de traces de libéralisme que de bon caramel de gauche, Findus n’a d’autre finalité que de rassurer les marchés. Et pas celui du samedi matin sur la petite place derrière chez moi.

D’une certaine manière, encore heureux qu’il y ait fraude, elle permet, une fois de temps en temps de mettre le nez dans nos assiettes et de sentir combien ça pue. Non pas qu’on ne sache pas intuitivement de quelle mixture on se goinfre, mais du moins prenons nous conscience un instant de ce qu’on préfère occulter le reste du temps pour ne pas gerber.

En ce sens, nous consommateurs de vite fait pas cher, responsables, si ce n’est de nos budgets, du moins de nos achats conditionnés, pouvons en prendre notre part.

Seulement, quand le peuple carnivore gronde, et demain le peuple végétarien et demain le peuple tout court…parce que tout cet ultra capitalisme est basé sur le même principe de rentabilité immédiate et de course à l’échalote transgénique, il lui faut une tête pour défouler sa colère, un paratonnerre pour purger sa rage.

A la Société Générale ce fut le bouc émissaire Kerviel qu’on sacrifia sur l’autel de la fureur citoyenne et du lynchage médiatique. Kerviel, trader pas plus innocent ou coupable que les autres mais qui eut le malheur de se faire prendre et paya pour tous les traders de la bande à bancaire.

Kerviel, parfaite figure expiatoire s’il en est, puisque fatale imprudence, il n’appartenait ni au sérail ni à aucun réseau. Or chez ces gens-là, faut pas croire, on est solidaire, ou du moins, on sait jouer du tirage mutuel de barbichette. On ne se lâche pas comme ça.

Quand tout pousse à la chaîne hystérique de la médiocrité sonnante et trébuchante, pas s’étonner qu’allumer le lampiste permette de maintenir le système opaque et que la sempiternelle métaphore du sage montrant la lune à son disciple regardant le doigt prenne toute sa pertinence.

La désignation du lampiste, c’est Platon revisité en sa caverne ; l’illusion du coupable local dans l’ombre des responsabilités globales.

tgb

Djamal Chaar, l’immolé et les incendiaires

Au-delà de la dénomination anonyme et déshumanisée de « chômeur immolé devant le pôle emploi » le désespéré de Nantes avait un nom.

Il s’appelait Djamal Chaar.

Djamal Chaar entre ainsi dans la tragédie sociale avec son terrible cortège des suicidés de la société, de ce monde austère et sans pitié.

Ce « cancer de la société » versus Wauquiez de la droite justement nommée sociale, cet « assisté » de la communauté, est mort pour un trop perçu de 600 euros.

Il ne repassera donc pas par la case départ pour toucher comme le journal libéral « le Monde » par exemple, ses 55,3 millions d’euros d’aides publiques pour mieux dénoncer « l’état providence ».

Avant l’épouvantable sacrifice de Djamal Chaar, plusieurs immolations par le feu eurent lieu en France, et 3 tentatives depuis, comme la propagation d’un terrible incendie, comme la mise en scène névrotique et publique de la douleur et du désespoir.

Pour Hollande François qu’en connaît un rayon question nature humaine  » il n’est nul besoin d’aller chercher une responsabilité », l’acte de Djamal n’est rien d’autre qu’ « un drame personnel ».

Et pourquoi pas en effet la traduction enflammée d’un chagrin d’amour devant le pôle emploi.

Djamal Chaar ne sera hélas pas le Mohamed Bouazizi français. Il ne déclenchera ni printemps révolutionnaire, ni émeute populaire, tout juste un zest de compassion de nos zélites françaises, bien trop occupées à faire subir aux ouvriers en lutte un interrogatoire musclé de garde chiourmes pour justifier d’un boulon lancé en l’air, tandis que pendant la crise bancaire, l’hyper violence patronale qui nous est faite prospère en toute légitimité.

Et Valls, ce Javert qui casse du salarié, de défendre avec zèle les incendiaires du nouvel ordre mondial, facteur même du chaos, de la jungle libre et non faussée, de la loi du plus fort. Ces pyromanes exaltés qui mettent le feu en toute impunité là où se brûlent les millions de sacrifiés, infimes dégâts collatéraux de leurs profits immédiats.

Le plus surprenant dans ses séries d’immolations et de suicides à la chaîne (France Telecom, la Poste…) ce n’est pas qu’ils expriment cruellement cette violence sociale, mais qu’elle se retourne contre la personne même qui la subit. Comme si la victime se résignait à redevenir victime et n’avait d’autre solution, plutôt que de s’en prendre à son bourreau, encore faudrait-il avoir un nom dans cette grande machinerie systémique, que de s’en prendre encore à soi, de se faire payer encore l’addition.

Dans cette forme d’aliénation et d’asservissement intégré, n’avoir plus d’autres armes que d’agir contre soi comme ultime liberté et protestation.

Symptôme affreusement alarmant d’impuissance individuelle dans la dissolution du collectif.

Plutôt que de céder à toute forme de chantage, solution provisoire qui de toute façon à plus ou moins long terme s’avère toujours perdante, plutôt que de se mortifier, il s’agit bien de renvoyer la violence d’où elle vient, de renverser le rapport de force et de faire en sorte que la peur change de camp.

Quitte à mourir, autant combattre.

Après avoir baissé modiquement et momentanément son salaire, Carlos Ghosn, le patron de Renault dans une minable tentative de communication et de provocation, ne gagnera plus que 26000€ par jour.

Après cet immense sacrifice, pensez vous sérieusement que ce cynique représentant de l’oligarchie songe à s’immoler ?

tgb

Fièvre de cheval

On peut toujours se lamenter de la faillite de la Sainte traçabilité des produits divers et avariés qui transitent par les multiples intermédiaires qui s’engraissent de transaction en transaction à rien foutre, tant qu’on s’obsède du symptôme, on évite soigneusement de s’attaquer aux causes du « chevalgate ».

Le ministre Le Foll peut toujours monter sur ses grands chevaux à se hérisser du poil, dans une incantation au contrôle sanitaire bien senti, tant qu’il ne reconstruit pas la DGCCRF autrement nommée ‘répression des fraudes’, démantelée par Fillon et Sarko dans une politique de dérégulation et d’éradication des services publics, on restera à se polariser sur la fièvre en se foutant pas mal de l’infection ; façon aimable de dire qu’on continuera à pisser dans un violon.

L’Europe tartufe réunie en cellule de crise demain dans l’urgence haha, peut toujours mobiliser ses gros sabots rapport à la chaîne sous alimentaire de la tambouille pour pauvres, elle ne nous fera pas avaler que le scandale Findus est un dysfonctionnement du système puisque c’est l’émanation même du modèle libre et non faussé, tel qu’il a été programmé en son dumping à la con.

Surtout que dans le cadre de discussions sur des accords de libre-échange, la Commission Européenne vient d’autoriser l’importation de carcasses de viande bovine nettoyées à l’acide lactique, façon de couper aux règles strictes d’hygiène et de faire une fleur à nos copains ricains, en attendant leur poulet nettoyé au chlore…

Depuis qu’on se goinfre à spéculer et à ne plus rien produire, à faire dans le courtage, maillon d’une chaîne qui dilue opportunément les responsabilités, plutôt que dans la belle ouvrage bleue ou saignante, on risque de réchauffer longtemps de la bouse ou du crottin, dans nos micro-ondes à sale bouffe.

Dans ce modèle libéral du profit à tout prix, il en va des barquettes de lasagnes comme de toute marchandise et de toute activité ‘walmartisée’ ; la grande distribution pressurant toujours plus pour obtenir des coûts toujours moins, il ne peut s’instaurer mécaniquement qu’une paupérisation locale pour un appauvrissement global, du producteur saigné au consommateur sous payé avec pour résultat imparable, de la daube sous-conditionnée.

Quand on sait déjà combien le bio est dévoyé, détourné, dénaturé par la puissance financière et juridique des lobbies de l’agroalimentaire, que par exemple l’appellation « Producteurs locaux » est devenue une marque Leclerc, il n’y a rien à espérer que de tous finir labellisés à l’abattoir de la malbouffe avec code barre sur le front.

Pas de miracle, le toujours moins cher, le toujours plus compétitif, le toujours plus rentable, c’est le toujours moins de qualité, le toujours moins de sécurité, le toujours moins de droits sociaux.

En cela le capitalisme qui n’a d’autre horizon que le toutou tout/tout de suite pour ma gueule est l’ennemi naturel de l’écosocialisme qui n’a d’autre perspective que l’intérêt général à long terme.

Il n’y a pas, il ne peut y avoir d’écologie de droite. L’écologie est intrinsèquement, viscéralement, forcément anti-capitaliste.

Mais tant que le quantitatif ‘moins disant’ règnera sur le qualitatif des plus luxueux, faudra pas s’étonner de boire de la pisse d’âne et de bouffer de la merde avec du canasson dedans ou l’inverse. Déjà bien beau qu’on n’y trouve pas des morceaux de jockey.

A ce rythme-là, je parie que ça viendra.

tgb