Sang d’encre !

Dans ce grand chamboule tout du bordel ambiant faisons une hypothèse :

Imaginons que la multiplication des candidats de droite, Macron, Bayrou, Alliot-Marie, Dupont-Aignan, Fillon ou Juppé d’un côté de la mâchoire, Valls/Hollande ou Montebourg… de l’autre côté de la même tenaille, finissent par grignoter le fromage de la droite molle et dure et nous donnent au final de fines tranches de cake…

Dans ce cas d’école, l’arrivée de Mélenchon au second tour deviendrait parfaitement envisageable et front contre front, boum, de se retrouver à l’heure de vérité et du grand dévoilement.

A l’os !

Insoumis contre collabos (en même temps j’intègre sans même le discuter le fait que Lepen serait forcément au second tour ce qui en dit long sur la perversité de la fabrication du consentement y compris du mien )

Dans ce cas de figure, le FN comme repoussoir, comme levier à faire voter « convenable » à gober toutes les régressions, sociales, sociétales…ne ferait plus illusion et d’obliger soudain les prescripteurs de l’ordre ancien-nouveau-et-perpetuel et autres éditocrates bien élevés, payés 300 pour nous culpabiliser d’en gagner 3, à tomber le masque et à montrer la face hideuse de leur vrai visage de petit kapo de caste.

Car à devoir choisir soudain entre l’extrême droite et la GAUCHE, l’on verrait combien leur seul ennemi de classe reste et demeure Mélenchon et l’on imagine assez les contorsions des chiens de garde pour justifier Lepen comme ils justifiaient hier Hitler plutôt que le front populaire, en ce réflexe pavlovien de survie bourgeoise et de la préservation de leurs privilèges.

Nous verrions alors que pour eux, non seulement « Mélenchon l’extrémiste », « Mélenchon le populiste », « Mélenchon l’archaïque »…et ce et ceux qu’il représente(nt) n’égale(nt) pas Lepen mais est bien le seul, vrai, réel danger.

Le reste n’étant que maquillage.

Et de montrer alors la porosité et la proximité et combien le lepénisme n’était rien d’autre qu’un énième rempart de leur forteresse.

indignez vous oui

n’arrachez pas de chemise non

Et surtout résignez vous !

Il n’y a pas d’échappatoire.

Et les braves gens de la bonne plume servile de l’entre soi de rejoindre par vagues leur allié naturel de classe, tandis que les plus frileux de la scribouille à finasser de la neutralité et du ni-ni tout en nous savonnant la planche.

On les connait, on a déjà les noms.

Evidemment dans ce contexte là, si Mélenchon parvenait miraculeusement au premier tour il aurait zéro chance au second et admettons que dans un grand malentendu il y parvenait on l’exécuterait assez vite tel un vulgaire Tsipras qui se tient mal à table.

A ce jeu pipé d’avance où à tous les coups ils gagnent, pourquoi néanmoins ont ils si peur ?

Peut-être justement parce qu’ils seraient privés d’ un de leur ultime subterfuge et que ça les obligerait à salir leurs mimines manucurées du matin.

Qu’on y verrait crument alors, les taches d’encre et de sang. et que rien que pour ça ça vaut le déplacement !!!

tgb

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Devenir François à la place de François

Il était de salubrité publique de mettre hors d’état de nuire, et ce faisant, de se substituer à la justice et aux institutions étrangement inopérantes, la petite racaille de banlieue ouest et sa bande.

ça s’est fait !

Dans le bordel généralisé et la confusion des idées, des valeurs et des mots, si les peuples deviennent relativement illisibles et prennent un malin plaisir à déjouer les pronostics et à briser les laborieuses fabrications de l’opinion, ils savent quand même aller à l’essentiel et mettre dans la poubelle de l’histoire les petits voyous de la friteuse et du graillon.

Savourons !

Fort du principe du lécher-lâcher-lyncher, l’opportuniste bling bling consacré tout entier à sa petite personne, va voir maintenant se déchainer sur lui les foudres de ses anciens larbins, lui faisant payer, pour mieux se disculper et changer d’âne, leur « scrupuleuse » servilité, selon la règle qui leur sert de morale et de conviction carriériste : – faible avec les forts – fort avec les faibles – et malheur aux vaincus !!!

C’est la loi du mauvais genre humain.

Sont-ce les peuples qui sont en train de rendre fou le ou les systèmes ou le-les systèmes qui finissent par taper sur le système des peuples, toujours est il que Brexit, Trump, Fillon…, ils ont ces temps-ci une certaine tendance à ne pas voter dans les clous et à ne pas faire là où on leur dit de faire :

Rassurons nous, ils continuent tout de même à faire dans le caniveau.

Ont ils d’ailleurs le choix ?

Mais penser que les électeurs ont un désir profond de Trump, de Tartignole ou de Fion, qu’ils aspirent avec ardeur à l’ultra-libéralisme dévastateur et au thatchérisme d’il y a 40 ans, à la régression sociale, sociétale et écologique, pourrait bien se révéler comme un sacré malentendu.

A ce titre, la ringardise d’un Macron en conduite accompagnée, effigie bancaire et patronale du système-anti-système-du-système fait déjà bien poussif.

Comme toute bulle spéculative elle finira par éclater et ce sera marrant à voir.

Il y a comme dans toute explosion, une phase de rétraction et de contraction. Mais n’oublions pas après tout, que la définition même de réactionnaire n’est autre que d’être en réaction.

et ça réagit !

Croire, même si aujourd’hui c’est envisageable, que le nouveau François de chez les françois, deviendra François à la place de François, c’est dire si le changement à venir semble radical, serait un pari bien audacieux, tant la tectonique des plaques se révèle instable et l’histoire facétieuse.

D’ailleurs il n’est pas dit, vu la propension des peuples à botter le cul des favoris, qu’un tocard à 4% de courbe érectile, chantre « de la cause des people » n’ait au final pas toutes ses chances. ça pourrait finir même dans l’ambiance générale par faire un avantage.

Une chose est sûre, les primaires de novembre, puis les primaires de décembre donneront à chaque fois un vainqueur de droite, dure ou molle. Telle est ma prédiction.

Bref, à chaque jour suffit sa peine et bien malin qui pourra dire ce qui sortira à la fin du bouzin, le pire probablement mais pourquoi pas le meilleur.

Autant faire le pari de Pascal.

La tendance à l’air franchement à l’insoumis.

Si l’instinct est l’intelligence des peuples, alors tête de con par terre après tête de con, l’entité informe et mouvante d’une population en ses contradictions, ses pulsions de vie et de mort pourrait bien faire le ménage.

M’est avis qu’on n’a pas fini de rigoler…

C’est déjà ça !

tgb

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Le tiède est mort, cap au pire !

Il y a les amis, les ennemis et les faux amis. Des trois, ces derniers sont les plus dangereux.

Depuis que Bill Clinton, le mauvais saxophoniste président, a dissout ce qui restait de Roosevelt (En 1999 il liquide le Glass-Steagall Act de 1933) et finit le travail de Reagan, dans cette fausse troisième voix qui donna Blair, Schroeder, Zapatero, Hollande…autant d’avatars de « gauche » faisant une pure politique néolibérale et désespérant les couches populaires, puis (on le constate aujourd’hui), les classes moyennes, plus aucune alternative n’était possible.

C’était une de ces ruses du capitalisme mondialisé, un de ces leurres, qui créant et contrôlant sa propre alternance stérile, sa concurrence, interdisait toute alternative.

Hors du cadre point de salut et Tina pour la vie.

Faire une politique de droite avec des étiquettes de gauche, c’est comme acheter de la merde en pot estampillée bio, ça décrédibilise et tue toute la filière et ça brise l’espérance. ça rend fou.

Il n’est écrit nulle part que le totalitarisme cool et sympa est moins nocif que le fascisme à mèche et moustache. Il est juste mieux dissimulé et d’autant plus pervers.

Avoir rendez vous avec Sanders, se résigner à Clinton pour finir avec Trump : terminé !

Pour ce qui est de Trump au moins on n’est pas floué. C’est de la daube à l’intérieur mais c’est marqué en gros sur l’emballage. y’a pas de surprises. On trouvera toujours des gens qui, comme pour Hanouna par exemple, mangent de la merde en se scandalisant que ça pue mais on a les plaisirs indignés qu’on peut.

Avec Trump va falloir assumer le mauvais gout – après tout, on a déjà une certaine expérience : Berlusconi, Tapie… et puis un type vulgaire, inculte, vénal, malhonnête, opportuniste, démago, bling bling, surfant sur la haine et marié avec un mannequin botoxé, on connait – on risque même d’en reprendre pour cinq ans…

Trump est l’expression d’un néofascisme bricolo. Un Berlusconi avec des morceaux de Mussolini dedans. L’avantage c’est que ce milliardaire bourrin ne doit rien à personne. Ni aux lobbies, ni au militaro-industriel, ni aux banques ni aux médias. Ce qui le rend d’autant plus incontrôlable mais relativement indépendant.

En même temps je ne suis pas assez naïf pour croire qu’il fait peur à Wall street et que les puissances d’argent tremblent devant lui. Il rentrera dans le rang et finira plus ou moins par faire là où on lui dira de faire.

On est en Amérique bordel !

Trump n’est pas l’ennemi de la finance. c’est un fait. C’est même le dernier subterfuge lifté d’un capitalisme à l’agonie : le fascisme abâtardi . Après ça y’a plus rien en magasin.

C’est une bonne nouvelle ! comme est une bonne nouvelle la fin des simulacres l’usure de la fabrication de l’opinion et que ce soit une incarnation de la tv réalité qui l’annonce.

Car à force de se résigner au moins pire et d’acheter du temps avant la bête, le pire du pire gagne les têtes, le monstre devient chaque jour plus hideux et féroce et plus redoutable à combattre encore. Il trouvera même dans ses chaussons un état d’urgence renouvelable ad eternam et un fichier de 60 millions de français clef en main, tandis que ses flics défilent déjà en toute impunité dans les rues.

Il est donc temps d’en finir avec le chantage fachoïde sensé nous faire voter n’importe quoi jusqu’à Estrosi aux régionales dont on ne voit pas très bien aujourd’hui ce qu’on y gagne, si ce n’est de nous acculer contre le mur du bout du bout de l’impasse jusqu’à l’absurde.

Il est donc temps aussi d’arrêter de jouer au plus malin à calculer qui de Juppé Sarko Fillon Hollande ou Valls… sera le moins dangereux des dangereux, à bidouiller des primaires dont de toute façon il ne sortira rien de recommandable. (Je ne parle même pas de Macron ou des rejetons inoffensifs du Hollandisme, frondeurs ou Montebourg…)

Car dangereux ils le sont tous. Façon faux cul, masqué, châtré…à se déporter à droite dans une surenchère thatchériste ultra moderne 40 ans ans après, ou à faire dans l’arrangement pragmatique qui n’arrangera rien que les prédateurs.

Tout doit disparaître.

Et que l’on affronte enfin sans se raconter d’histoires, se défiler, ou se faufiler, l’ennemi. Nous voilà dans le vif du sujet. Au moins Trump nous oblige t’il à regarder le monde en face et sans fards.

Va falloir franchir le Cap Horn et il ne sert plus à rien de tirer des bords et des plans sur la comète. Ce sera eux ou nous et accepter qu’avant que ce soit nous, prendre le risque que ce soit eux.

Ben oui quoi, va falloir avoir du courage.

Mais après tout affronter l’ennemi est toujours plus honorable que de ménager le traitre. Et probablement plus jouissif aussi.

De toute façon sommes nous prêts à imposer l’alternative ? avons nous les moyens, les forces, les ressources pour briser tous les cadres de notre asservissement ? L’Euro, l’Europe de Barroso et Juncker, l’Otan, la mondialisation « heureuse » ?

L’expérience Tsipras est suffisamment douloureuse et contre productive pour ne pas la renouveler la fleur au fusil.

Ce n’est pas une raison pour ne pas continuer à mettre des coups de lattes dans ce système mortifère jusqu’à ce qu’un a un les carcans cèdent.

Je ne suis pas inquiet, ils céderont.

tgb

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Bonjour, vous avez quelques secondes pour parler de dieu ?

On nous aura bien saoulé avec le birkini, la burka et ce concept hélas galvaudé, de laïcité servant de paravent à une islamophobie déjà bien décomplexée.

Et pourtant question prosélytisme on ne peut pas dire que l’islam en ait l’absolu monopole puisque se propage à vitesse foudroyante dans nos rues et particulièrement dans mon 18ème, dans une indifférence générale et une hyper tolérance, ces sortes de culs bénis avec autel à roulette : les évangéliques.

ça fonctionne toujours par paire de ce que vous voulez, selon le principe de l’apéro, un c’est pas assez, trois c’est trop, et commence à proliférer à chaque sortie de métro, avec caddy baladeur et prospectus messianiques, ciblant particulièrement les communautés antillaises ou africaines, ayant converti déjà l’essentiel, par exemple, des gens du voyage.

J’ai même découvert en mon immeuble un nid chinois.

Telle la vérole, ces églises évangéliques, saloperies déviantes et multiples du très ouvert et respectable protestantisme sont en train de se répandre sur la planète dans une vision très choc des civilisations, à tailler des croupières au catholicisme mais avant tout à l’islam.

Vous me direz que les évangéliques ou autres born again n’en sont pas encore à se faire sauter le caisson dans la foule ni à balancer des camions sur la promenade des anglais certes, mais leur évangélisation à coups de mégachurchs ne fait pas spécialement dans la dentelle, à s’accaparer des parts de marché de la bondieuserie tout autant que de la géopolitique, en brassant des milliards.

De l’Ouganda au Kenya en passant par le Malawi, le Ghana, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, les organisations évangélistes américaines exercent leurs influences et inspirent des entrepreneurs religieux à bâtir des empires locaux ou internationaux parfaitement réactionnaires et obscurantistes à bien des égards. Je rappelle à tout hasard qu’il est des chefs d’état africains prédicateurs, tel le président pasteur Thomas Boni Yayi au Bénin et qu’au Brésil ils viennent de s’emparer de la municipalité de Rio.

Que ces grenouilles de mauvais bénitier fassent ostensiblement de la retape dans nos rues sans que ça émeuve particulièrement nos autorités me laisse un tantinet songeur… Car, et vous l’aurez sans doute deviné, je n’aime pas ces binômes de mes deux, j’exècre, je déteste je méprise j’abhorre ces tapineurs d’église, ces vrp doucereux du business de dieu pliés dans la soie et le cellophane.

tgb

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extrait de « Nuit Grave » tgb


Y tombaient bien ces deux-là. Bien encadrés dans la porte d’entrée avec leur gueule de tartuffe liquoreux et leur panoplie  » propres sur eux  » de faux derche encravatés. D’entrée j’ai pas aimé. Reniflés au premier coup d’œil ces deux burnes- là. Avec attaché-case et mocassins. Ça suintait le puritanisme obséquieux et l’onctueuse bien-pensance. Deux dealers de Dieu. Deux vrp moyens de la maison Jésus Marie et Joseph Corporate.

Une multinationale à forte potentialité de croissance ces temps-ci. Le confirmé et l’aspirant. Senior et junior en mission prosélyte de prise de tête. Sénior et Junior – la sérénité marketing. Plus vrais que nature. – Le genre poli et rassurant – sauf que c’est exactement ce qui ne me rassure pas, sauf que c’est exactement le genre qui me donne l’envie irrépressible de foutre sur la gueule.



Déjà j’étais pas d’humeur.

L’était tard. M’en restait qu’une – Fallait songer à réapprovisionner dare-dare avant pétage de plombs. Addict que j’étais et fier de l’être. Une brune, une blonde peu importe à ce niveau d’urgence. Une brune, une blonde en alternance depuis toujours. Une coquetterie, tournée en manie, fixée en réflexe conditionné. C’est dire si le coup de sonnette tombait mal.

En plus comment avait-il zappé l’interphone ce binôme évangélique là ? Bref j’étais pas chaud. Dès l’entrée en matière ça s’était confirmé

– Nous aurions voulu débattre avec vous du sens de la vie – Putains les enfoirés. Exactement ce qu’il ne fallait pas dire. Exactement ce que je ne voulais pas entendre. Exactement le type d’argumentaire qui me donnait direct une poussée d’adrénaline, décuplée par un souci légitime de panne de nicotine. En plus ça puait l’accroche bidon, les séances de training à Tartuffe-school. Avec mise en situation et analyse-vidéo.. Motivé le Sénior mais pas crédible.

Mon sens de la vie dans l’immédiat, se résumait à bar-tabac Château Rouge avant fermeture et calin java aux Buttes Chaumont chez ma douce. Le tout à vélo. Cinq minutes de trajet à tout casser. A priori c’était jouable. Faut croire que non.

– pas le temps merci, allez vous faire foutre –

En toute logique l’affaire aurait dû en rester là avec ces deux tarés de Dieu. Manque de vigilance, soupçon de courtoisie ou pulsion trop réfrénée de leur exploser les mocassins ?….…..que déjà ils s’étaient infiltrés sournoisement dans mon appart. J’étais tombé sur des coriaces.

Question endoctrinement J’étais rompu. Je savais que toutes leurs réponses tenaient dans Le LIVRE au détriment de tous les autres qu’ils foutaient volontiers à l’index. J’avais même eu affaire dans ma jeunesse à un squatteur illuminé et à son bourrage de crémol jusqu’à me vouloir re-baptiser ipso facto dans la baignoire. J’avais dû m’en séparer à grands coups de bible chirurgicale. Avec dommages collatéraux. Non vraiment, j’aimais pas cette engeance, mais…

– Savez vous que Dieu nous aime ? Senior avec cette voix doucereuse du type qui vend des assurances-tout risques-signez-là…

Je connais la question, je le prends à la coule.

-J’savais pas, c’est super, dégagez bonsoir.

J’avais cru conclure mais junior s’enhardit et dit : – Qu’il désire nous sauver et qu’il veut notre bonheur éternel…

je vois le rideau de fer glisser le long de la devanture de mon bar-tabac préféré de Château-rouge. J’ai les nerfs. Je toise le Junior d’un air mauvais. Il a une drôle de tête, grand, long, moitié moche, un peu beau. Je le pousse sérieusement vers la sortie. Au passage j’attrape Sénior par la manche qui résiste. Au feeling, il a senti le cœur de cible, la niche, le bon segment. Au feeling il se plante. Le ton monte. Je le bouscule…il clame :

– que se sont nos actes qui nous séparent de son amour – Il se dérobe. Mal. Il glisse. Je le rattrape au vol. Il a une tête marrante, nouée, à lunettes, assortie à sa cravate. Pitoyable.

Le coup de la culpabilité. J’exècre. C’est comme un gyrophare, ça s’allume dans ma tête direct, je vois rouge, je vois noir, ça clignote en binaire. C’est pavlovien chez moi. Ça me fâche.

– fumer boire baiser, ce soir…cassez vous….je les sors.

Junior planté sur le palier se lâche : jésus-christ est mort sur la croix pour nous réconcilier avec Dieu, il nous invite à nous repentir de nos actes et à changer de vie. – changer de vie, ben voyons – je me dis -…ils savent toujours mieux que toi ce qui est bon pour toi, …- je craque. Je pèse sur la porte. La lumière du couloir se met en veilleuse. Sénior en profite pour réinvestir héroïquement son mocassin dans l’entrebâillement. J’hésite. Il débite – Jésus par ses souffrances a obtenu la guérison de tous nos maux, il reviendra sur terre…dans la bible se trouve la réponse à toutes nos questions.

Toutes ? …Nous y voilà. Qu’est ce que je disais. Un livre, un seul. Et on brûle tous les autres. Le livre Mode d’emploi. La morphine existentielle, la boîte à outils de la métaphysique. Super pratique. Mieux que le quid.

Toutes ? – je dis – et ton livre répond aussi à cette question …dans combien de secondes exactement la porte va broyer ce ravissant mocassin de chez André qui me coince l’encoignure ? – d’un faux air navré –

– Nous sommes protestants….

J’avais compris. Mais ce n’était pas la réponse.

Qu’ils soient fondamentalistes musulmans, juifs ou Chrétiens, Baptistes, Adventistes, Pentecôtistes, Charismatiques voire Zarkozistes, ce sont surtout des intégristes du slip et du mental. Peu m’importe la succursale et qu’ils s’empoignent pour des parts de marché, ces marchands de peur et d’ordre moral me foutent la trouille d’instinct. Si Dieu existe, pas d’intermédiaire.

La réponse était cinq. C’est votre dernier mot Jean pierre ? – je me pense…1-2-..3-tension suspens…4 secondes…avant de lui refermer la porte sur le pied qui lutte un peu plie et se rétracte. – 5 – La porte claque. La serrure s’enclenche. Verrou – Cadenas – armoire. Je barricade. J’exagère mais à peine. Le mocassin est vaincu.

(téléphone)… – Salauds de prédicateurs …je crache et décroche….

tgb

Alep et Mossoul – de l’art d’anéantir une ville selon que tu sois méchant ou gentil

L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! Pierre Desproges

N’empêche, grâce à la bataille de Mossoul (1.500 000 habitants) la coalition du bien va démontrer pédagogiquement comment on te rase une ville humainement, avec tact et doigté, contrairement aux bouchers russes qui te font ça comme des porcs.

Ah c’est qu’on va leur faire comprendre à ces slaves dégénérés ce que c’est que de la ville pas martyr avec de la frappe chirurgicale et de la bombe à fragmentation subtile et intelligente qui te tue un vilain recta sans même faire un hématome aux femmes et enfants devant, utilisés en boucliers humains.

Parce que quand même, la civilisation c’est autre chose rapport à la barbarie poutinienne.

Nous nos missiles ils savent parfaitement faire la différence entre un djihadiste radical et un « rebelle modéré ». Notre militaro-industriel à nous s’essuie les pieds sur le paillasson avant d’entrer, te renifle sous les bras pour connaître ton pédigrée et te mets en charpie seulement et seulement si, t’es un vrai méchant homologué.

Et si elle se trompe, ben notre bombe à nous, au moins elle s’excuse. Létal d’accord mais dans la dentelle.

C’est pas comme l’autre exterminateur cosaque.

budget militaire par pays

600 milliards qu’on dépense nous les ricains dans l’arme de guerre prévenante et polie, alors que les russes à peine 80. Si c’est pas une preuve ça ! Ben oui, pour tuer démocratiquement et cliniquement faut y mettre les moyens, sinon tu fais dans le carnage le massacre, le sanguinaire, l’amateurisme barbaque.

Y’a de sales guerres et des guerres sales et faudrait pas confondre.

Exemple : la guerre en Irak contre Saddam Hussein ça a fait quoi ? quelques centaines de milliers de morts chez les méchants et deux ou trois ongles incarnés chez nous. ça démontre bien ce qu’est une guerre juste, propre, calibrée et à peine asymétrique.

Parce qu’il y’ a raser ET raser ! nous c’est héroïquement, les autres c’est sauvagement et puis c’est tout. 

Alors oui des fois y’ a du « dégât collatéral ». Un drone qui rectifie une école avec cent gosses dedans ou qui te rature toute une famille dans un mariage. Mais c’est pas de notre faute. C’est qu’un terroriste s’est glissé au milieu. C’est dire le vice de ces gens là. De vrais pervers… tout juste bon à nous culpabiliser, qu’après on est traumatisé et tout…en plus de la tendinite du joystick.

Bref, on va t’envoyer vite fait l’autocrate moscovite devant la cour pénale internationale histoire de lui apprendre à anéantir une ville bien civilement dans les règles de l’art…

Hiroshima, Nagasaki…

Parce que le bain de sang c’est une chose mais ça n’empêche quand même pas de prendre une douche après.

et l’hygiène bordel ?!

tgb

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Il était une fois mais pas deux (les présidentielles expliquées à ma petite fille)

 Il était une fois mais pas deux (cliquez)

 Henry de Rochefort:  »Il y a deux sortes de bergers parmi les pasteurs des peuples: ceux qui s’intéressent au gigot et ceux qui s’intéressent à la laine. Aucun ne s’intéresse au mouton! »

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tgb

La regarder pousser

Ben oui, faut bien reconnaître, je ne suis pas hyper productif ces temps ci. Disons le carrément, je suis un attentat à la compétitivité ambiante.

Un texte tous les mois. Et encore !!!

Soyez assuré qu’au fond de moi, j’ai tout à fait honte de ne pas vouloir devenir milliardaire. Et je sens bien que je fais un peu tâche dans le système de valeurs macronien, où, j’ai comme l’idée, qu’il y a plus de système que de valeurs.

Usure, saturation, dégoût…impression fastidieuse de tourner en rond…

Faut bien le dire, je n’arrive plus vraiment à prendre tout ce barnum au sérieux, ni même en dérision.

Alors je regarde les choses pousser. L’herbe sur mon clavier. Mon gingko biloba là-bas. Mon super cactus qui attaque et dépasse la dernière barre latérale du balcon.

Surtout je regarde pousser cette petite chose qui vient de débarquer dans mon monde. Cette petite dame en train de devenir un petit d’homme et qui n’a de cesse de s’employer à m’émerveiller.

A m’émerveiller de sa technique ébouriffante à rebondir sur les fesses, de son entraînement acharné au championnat du monde du 5 mètres 50 sur couches, de son battement d’ailes de papillon à chaque petit bonheur allégé qui provoque immédiatement en moi un ouragan d’affection. A m’émerveiller de sa faculté à prendre, à apprendre, à comprendre, à piger et à tout chambouler. De sa propension élastique à foutre ses pieds dans son Péchalou. De ses tentatives cascadeuses à escalader le point culminant de la chaise longue avec bosses à la clef.

…de toutes ses premières fois.

Emerveillé de voir la vie lui pousser par tous les bouts et jaillir de chaque babillage et de chacune de nos conversations intimes et codées.

Oui gazouille, gazouille mon oisillon.

Je n’ai donc plus une minute à moi vu que je passe le plus clair de mon temps à la regarder faire.

Désolé d’être aussi conformiste, mais franchement, face aux vacuités fatuités vanités de nos turlupins à fadaises dont l’égo est si haut et la vue est si basse, je préfère me laisser ensoleiller par ce petit bout de pouti tout craquant.

Avoir l’honneur de lui faire la cour et la courte échelle est certainement ce qui me fait être le plus férocement vivant aujourd’hui.

la vie ! quoi d’autre ?

pour le reste ça viendra…

tgb

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On n’est pas là pour être ici

Et depuis la manif en cage, un tour de piste et puis s’en va,

cette impression tenace, du soufflé qui retombe fatalement, de faire la roue dans la nasse, de revivre sans fin le syndrome Tsipras…

Il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé…

et le Brexit qui change tout et rien, un pied dedans un pied dehors et vice versa,

à tout changer pour ne rien changer, sauf peut-être Corbyn, tandis que « l’élite » en émoi à psychodramer

, à considérer que le peuple est décidément trop con pour voter et les politiques d’agrémenter de formules creuses et récurrentes sur – changer l’Europe – écouter les citoyens – et ceci et cela… (emparez vous de Titus ) ( ça c’est moi qui rajoute) – pour surtout ne rien dire et ne rien essayer.

Jusqu’en Espagne ou effectivement on pourrait se demander si le peuple ne serait pas assez con pour aimer à ce point la pourriture et la gangrène (mais le peuple existe t’il ?)

…d’autant qu’à Notre Dame des Landes, dans ce découpage sur mesure à la question du « transfert » le peuple s’inonde de joie dans la zone humide bétonnée…

Oui cette impression étouffante de tourner en rond, d’essayer tout et n’importe quoi, une chose et son contraire dans le périmètre convenu, de répondre cent fois non à la même question,

jusqu’à ce que le oui s’impose de guerre lasse, cette sensation crasse de jouer au hamster dans le no alternative et le bocal de la mondialisation heureuse et climatisée.

Et comme ce mauvais pressentiment d’aller droit vers le match retour Mollande/Sarko dont personne ne veut et qui semble inéluctable va savoir pourquoi comment, tandis que le régime policier qui s’installe interdit les fresques ici

(je suis Charlie ou pas ça dépend des fois) et autorise royalement une manif là. Bien aimable !

De la liberté guidant le peuple à la république matraquée par l’état que de chemin regressé

Ce découragement maintenant rituel de début d’été grisailleux,

qu’il n’est décidément aucune sortie possible, aucune utopie tolérable, aucun exemple dont s’inspirer, aucun possible à expérimenter, aucune échappatoire…

sauf celle d’enfiler ses tongs, de mettre les voiles, ici ou ailleurs, loin de ce merdier

et bientôt même de décoller de Nantes en low coast en se disant résigné mais détaché,

que ce triste monde durera bien autant que moi.

tgb

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