Kanellos : portrait du rebelle en chien

Ce chien s’appelle Kanellos. Il accompagne toutes les manifestations du peuple grec en colère. Il en est l’icône, le totem. Ne porte pas de muselière.

Que ce chien soit unique ou multiplié – on sait le nombre de chiens errants à Athènes – il est le symbole de l’outrage fait aux Hellènes et de leur juste révolte.

En un sens, il est la réincarnation des cyniques. Ces philosophes de la Grèce antique, s’appliquant à vivre et à mourir comme des chiens. Préférant l’ironie à la carrière, l’autarcie à l’opportunisme, la transgression au conformisme, la frugalité à l’empiffrement.

Diogène dans son tonneau se foutait royalement de respecter les règles sociales, les conventions, les interdits. Il crachait sur les honneurs, la frime, le fric et les simulacres. Il ne lui serait jamais venue l’idée médiocre de travailler plus pour gagner plus.

Diogène n’était pas compétitif.

Il était plutôt du genre à s’essuyer la main, après avoir serré la pogne d’un pitre vaniteux.

Diogène faisait le malin.

Citoyen du monde, sans emprise, sans rien, il n’avait ni à perdre ni à gagner et n’avait donc peur de rien. S’il s’autorisait parfois à s’astiquer en public, ce n’était pas seulement par provocation, par esprit de subversion, ou pour briser les codes mais bien plutôt pour jouir de la liberté d’être grossier avec les vulgaires.

Se branler oui pendant que les scabreux, eux ont le nez dans leur bourse.
Mendier oui, pendant que les cupides se tuent à entasser.

Car si montrer son cul est grossier, dénoncer les privilèges des pauvres quand on est milliardaire ou un de ses valets EST vulgaire.
Car si aboyer sur un tas de fumier est grossier, faire endosser ses dettes privées par des déficits publics EST indécent.
Car si pisser en public est grossier, imposer la rigueur à des gens qui n’ont rien quand on a déjà tout EST obscène.

Et je rêve, d’un impôt sur cette vulgarité là
Et de foutre en l’air enfin, leur bouclier fécal.

Diogène ne possédait rien, mais jouissait du luxe immense, d’envoyer se faire foutre les puissants. Ni compromis, ni compromissions, ni petits arrangements avec le marché. Diogène n’était pas socialiste ou socio démocrate. Il était cynique.

Non pas de ce cynisme qui, par glissement sémantique et déviation de sens est devenu l’apanage de ces prédateurs maîtres de tout et bons à rien mais de ce cynisme impeccable initié par Antisthène, qui compris d’évidence que l’accumulation avide était vide de sens.

« Barre toi de mon soleil » pourrait dire aujourd’hui Diogène au spéculateur vautré dans sa limousine et qui lui fait de l’ombre, comme dégage de mon territoire pourrait grogner Kanellos, aux flics grecs bientôt amputés de 20% de leur salaire.

A la vanité vaine Diogène répondait par l’orgueil désinvolte.
Au pouvoir factice Diogène opposait son mépris nonchalant
A la fatuité bien ordonnée pour et par soi même Diogène répliquait par son modeste désordre :

la glande
jusqu’à l’ataraxie.

Cette contestation cynique et souveraine ne consiste pas seulement à dénoncer par le mépris ricanant la posture et l’imposture des profiteurs bouffés par leurs profits, ni à leur mordiller les mollets avant de, miraculeusement un jour, chopper la jugulaire, cette contestation d’un cynisme tranquille vise à leur souligner au feutre gras :

qu’ils vivent et crèveront comme des cons.

que ce sont eux les mendiants.

tgb

Le titre de la note est un détournement astucieux de « Cynismes Portrait Du Philosophe En Chien » de Michel Onfray

L’addition s’il vous plaît…

Ce jour-là, exceptionnellement, soyons fous, j’avais invité ma chérie au restau. Ce genre de fantaisie devenant un luxe par les temps qui courent.

Devant la carte alléchante, nous nous étions montrés fort raisonnables et renonçant aux mets les plus gastronomiques, nous avions opté pour un plat certes savoureux mais du genre roboratif avant tout.

Il va de soi que nous avions fait l’impasse sur l’entrée, le dessert en nous contentant d’un petit vin honnête et sans prétention.

L’eau du robinet tenant lieu d’eau minérale

Pour finir, on s’était même autorisé en extra, un café africain, sans plus de mignardises.

Dans notre budget serré collé en ces temps d’austérité, cette petite entorse à la rigueur pouvait, sans recourir à quelque crédit revolving, encore se digérer, à condition de ne pas abuser de la carte Visa.

Dans la salle tamisée quelques couples en tête à tête, deux familles de sortie, toute une tablée de copains en goguette, un groupe de collègues de bureau fêtant un anniversaire, deux ou trois VRP solitaires…

A la table voisine, 3 banquiers exubérants et ventrus s’empiffraient goulûment éclusant à la suite, moult bouteilles des meilleurs champagnes millésimés, des meilleurs crus des meilleurs cépages, alternant bourgognes et bordeaux quitte à ne même qu’y tremper les lèvres jusqu’à vider la cave.

Sans regarder à la dépense, sans même détailler les prix, ils commandaient les plats les plus raffinés, histoire de ne surtout rien se refuser, n’en faisaient qu’une bouchée, les goûtaient à peine, gâtant par ci, gâchant par là, renvoyant  à la figure du serveur tout en courbettes, non sans une certaine goujaterie, les caviars les plus subtils, les langoustes les plus délicates, jusqu’à éradiquer les derniers ortollands, dans un grand et grossier éclat de rire méprisant entre deux rots bruyants.

Ils ripaillaient à s’en faire péter la panse, ils se goinfraient à s’en lécher les doigts. Ils faisaient bombance et gueuletonnaient dans une débauche satisfaite de denrées et de vins succulents avec cette muflerie repue des gens tout puissants.

Fines champagnes et cigares interdits pour couronner royalement le tout sous le regard piteux des autres clients bouches bées. 

C’est au moment de payer l’addition que je l’ai trouvé saumâtre.

Si ma note restait supportable, le petit supplément à plusieurs zéros me mit direct la nausée. Croyant à une erreur ou à une mauvaise plaisanterie, j’apprenais abasourdi, par le maître d’hôtel lui-même, que j’avais l’insigne honneur, avec les autres clients, de régler l’addition des trois banquiers désinvoltes.

je n’ai pas laissé de pourboire.

Cela fait trois mois maintenant que je me la saute, tout en faisant gracieusement la plonge du restau pour rembourser la dette de trois salopards abonnés aux gargantuesques festins.

Inutile de vous dire, que je ne suis pas prêt de m’offrir à nouveau le menu du jour.

Le plus curieux de l’affaire c’est que nous sommes 6 milliards en cuisine à nettoyer les gamelles de deux ou trois connards tout à leur orgie spéculative.

Même si on me dit tous les jours que je m’en tire bien, et que je suis un foutu privilégié, je me demande comment, à ce rythme-là, le restau peut tourner encore longtemps.

tgb

L’embarras du choix

Ce que j’apprécie particulièrement dans notre exemplaire démocratie que nous aimons à exporter à coups de bombes phosphorées altruistes et civilisatrices chez les populations frustres et barbares, c’est notre système électoral et le choix infini de politiques diverses et variées auquel il nous convie.

Ainsi, de la Grande Bretagne où les électeurs de chez Rosbif pouvaient opter pour pas moins de trois candidats, délaissant ainsi un bipartisme un peu réducteur.

Profusion de choix donc, puisque loin de l’alternative, Coca ou Pepsi, ils pouvaient s’adonner à un candidat de droite thatchériste, un candidat de droite blairiste, ou un candidat de droite « bayrouiste » ; candidats certes d’accord sur à peu prés tout mais avec de subtiles différences dans les détails. Ne serait-ce par exemple que dans la couleur du libéralisme : bleu pâle, bleu ciel ou bleu marine.

Devant une offre d’une telle richesse et dans l’embarras d’un choix aussi cornélien, les électeurs britanniques ne tranchèrent donc pas et n’en choisirent aucun, voire tous.

Le peuple dans son extrême sagesse et à 70% avait parlé.

En ce qui concerne les élections régionales de ce week-end en Allemagne, rappelons encore la chance de la population teutonne de se voir offrir maintes propositions politiques allant de la droite bien droite à la droite moins droite sans oublier la droite toute droite. Sans me risquer à d’audacieux pronostics, il ne m’étonnerait pas que la droite gagne la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Land le plus peuplé et le plus dense, à moins qu’une coalition de droite light et de diet droite…

C’est ainsi qu’en Grêce également, l’électorat hellénique peut en toute liberté inviter au pouvoir et une fois sur deux, soit la famille de droite Caramanlis, soit la famille de droite Papaandreou et tâter tout à loisir d’un conservatisme libéral bonnet blanc ou d’un libéralisme social blanc bonet.

Libéralisme social qui plaît tant au marché d’ailleurs, puisque comme nous le montre l’Espagne ou le Portugal, rien ne vaut une dosette de socialisme pour mieux faire passer la pilule de l’austérité bestiale et de la privatisation FMI dans la toute complaisance syndicale inféodée.

Et voici que de surgir la pointe du museau du socialiste de droite DSK, patron du FMI, saluant auguste, l’attitude d’Athènes et tout admiratif du plan de sacrifices mis en place.

Et il est bien réconfortant de voir un socialiste appointé à 500 000 euros par an se réjouir d’une cure de rigueur faisant passer les salaires des pâtres grecs de 600 à 400 euros par mois. Ce permanent souci de justice sociale chez ce probable futur candidat de gauche de droite, ne peut que rassurer l’électeur dominical qui sommeille en chacun de nous quant à l’opportunité d’une alternance radicale.

Où l’on décerne bien ici la chance démocratique que nous aurons bientôt, de choisir entre la droite bleu UMP et la droite rose PS. Un DSK quand même autrement plus présentable et bien élevé, qui, à n’en pas douter ne pourra que jouir de la préférence du joli monde de la finance assez à cheval sur les bonnes manières à table. (quoique sous la table…mais c’est une autre histoire)

Tout ça pour dire que je plains O combien, les peuples ensauvagés n’ayant pas encore accès à la petite cabane au fond de la salle de classe appelée « isoloir » ; symbole orgueilleux de nos alternances politiques et de nos choix souverains.

tgb

re-vu sous cet angle…

Que Pierre Lombard, membre de la Bac de Chambéry (73) se soit soulagé de la matraque sur la tête de Mickaël Verrelle, toujours plongé dans le coma depuis la nuit du 23 au 24 avril, suite à une embrouille d’ivrognes, n’a rien de très original.

Il est de notoriété publique que les victimes policières ont le goût assez étrange d’aller perfidement se fracasser le crâne contre des tonfas qui ne leur avaient rien demandé.

C’est d’ailleurs pourquoi assez régulièrement, les tonfas agressés portent plainte pour coups et blessures, outrage et rébellion à agents.

Un classique.

Que notre policier lambda de la brigade anticriminalité donne une version falsifiée des faits, corroborée il va de soi par ses petits camarades de paniers à salades, n’a rien non plus de très remarquable.

Le faux et usage de faux étant chez des gens assermentés une tentation aussi difficile à repousser qu’une branlette chez l’onaniste.
Et puis si on n’a relativement peu d’imagination dans la police, la thèse de la chute dans l’escalier reste un stéréotype indépassable dont il serait dommage de se passer.

Ne serait-ce qu’au nom des us et coutumes.

Que Jean-Paul Borelly, un des responsables du syndicat (de droite) de police Alliance critique l’incarcération du brigadier finalement confondu, estimant « qu’ envoyer un policier en prison n’est pas une bonne chose, ni pour notre pays, ni pour la police en général » ne devrait pas nous émouvoir non plus.

La police a pour noble tradition de planer au-dessus des lois, et de sortir relativement couverte quelque soit ses agissements. Si l’on prive le flic du droit de tuer en toute impunité, je vous le demande en toute  franchise : où va t’on ?

Non, ce qui est « relativement paradoxal » et presque gaguesque, s’il n’en allait pas de la vie d’une jeune homme, c’est que ce soit une caméra de surveillance de protection qui soit à l’origine de la mise en examen et en détention du flic super-cogneur super-menteur, bref super normal, pris en flagrant délit par une bande magnétique sans même de gyrophare.

Que la parano sécuritaire et démago pour gogos finisse par dénoncer les déviances de la maréchaussée française, voilà un argument assez singulier auquel, j’en suis certain, le Colonel anti-auvergnat polygame n’avait pas songé à nous vendre dans sa croisade vidéaste.

Pas sûr, au final, que ça réjouisse le fin fond des commissariats, dont l’effectif est inversement proportionnel à la multiplications des petites caméras voyeuses à 200 000 euros pièce.

Cela dit, nul doute que si la caméra surveillance (véritable saloperie totalitaire) devenait une machine à casser du flic ripou, une loi sur mesure viendrait assez à propos, protéger la police partout et contrôler la justice nulle part, avant que de nous auto détruire sur l’heure de la bande numérique à géométrie inflammable.

En attendant, ce qu’il y a de réconfortant c’est que même dans les pires scénarios et autres coups tordus, il est toujours des effets pervers en boomerang, délicieusement inattendus.

La matraque de Pierrot ?
Au trou !

tgb

Penser dans la surface de réparation

Sans doute connaissez vous ce test géométrique consistant à relier par quatre segments les 9 points du schéma sans lever le crayon.

Et si vous ne le connaissez pas vous pouvez toujours vous y astreindre

Inutile de vous dire, qu’à ce jeu là, Jean Marie Colombani et Jean-Claude Casanova, les deux salonards corses, de la pensée ronde dans le périmètre carré, ont zéro chance.

Il faut les entendre ronronner leur bréviaire libéral aux angles doctement émoussés pour se faire une idée de la pensée officielle et tiède sur son lit de conformisme suffisant, avec ces sentences définitives et doucereuses qui n’appellent aucune contestation, tant, engoncés dans le fauteuil club de leur notabilité satisfaite et privilégiée, ils savent.

40 ans qu’ils pensent dans la brise de leur carrière pontifiante, dans le suivisme mou et centré, à balancer une chose et son contraire dans le sens du vent dominant. 40 ans à fossoyer du journal de révérence, à balladurer entre soi et entre deux laits fraise, à reprendre de la compote mondialisée passée au mixer. 40 ans à se planter contre l’histoire, sans plus s’émouvoir et sans jamais, surtout, sortir du champ sémantique réglementaire.

40 ans d’analyse faussement tempérée, plus odieuse dans le fond, plus modérée sur la forme. Une pure merveille de la pensée empaillée et du taxidermisme intellectuel entre deux bouillottes.

Oh ce juste moment de vide et de componction, que ni les cendres islandaises ni les marées noires pétrolières ni les Europes fracassées sur les récifs du dépeçage AAA et de la spéculation rentière ne sauraient atteindre.

Oh ce juste monde arrondi, où l’on pense chez soi, avec les mêmes neurones qu’on économise avec la prudence du pré-retraité et la même fadeur normée, dans l’outrecuidance obséquieuse et policée de la conscience prospère.

Oh ces Voix mièvres et mielleuses, porte paroles assurés de tout un monde fermé, à se fréquenter soi-même, dans les dîners en ville et les pince-fesses bien en cours entre deux invités Alain Minc ou Eric le Boucher à penser pareil.

On les imagine sans peine dans le confort intellectuel de leur boudoir calfeutré, s’adonner entre compères, je t’invite tu m’invites, à l’échange courtois et mesuré de leur conversation badine et sans appel à déclarer leur flamme à Tina et à lécher le manche, les pieds dans la cuvette salée sans même de clapotis à soigner leurs chevilles enflées.

C’est curieusement à l’heure du café que l’auditeur les accompagne à prendre un thé soporifique avec sucrettes. 

Il faut les entendre entre gens raisonnables, pérorer de la rigueur et du sacrifice pour pauvres dans le cadre du nouvel ordre mondial, à s’écouter parler chez l’autre, à pinailler du détail, histoire de polémiquer dans les clous et à célébrer du consensus spongieux avec délectation, tout en les imaginant téter du cigare chez l’un et de la bouffarde chez l’autre en se resservant pour digérer, un cognac de trente ans d’âge à un SMIC ou deux, devant un bon feu de cheminée.

La pensée digestive entre deux édredons. Un pur moment de roupillon aseptisé fait d’inconvenance et de subtile vulgarité, à réclamer des efforts
aux gueux, tandis qu’on plie consciencieusement son parachute doré.

Et surtout qu’aucune idée ne dépasse, dans le juste périmètre admis tandis que leur monde s’écroule et qu’on les retrouvera pourtant lalalère, dans 10 ans encore, à penser solennel entre deux oreillers, toujours à séquestrer les pensées autrement pour mieux les recycler.

Emblématiques représentants jusqu’à la caricature de cette pensée molle et morte, laborieusement élaborée, qui exhale son parfum de cadavre faisandé, à tel point qu’on se surprend enfin à éteindre la radio avec la délicatesse de celui qu’aurait peur de déranger.

Car la solution peut-être, pourrait bien se révéler externe au cadre de référence et exiger de sortir du périmètre.

Colombani et Casanova, les corses clonés, élevés curieusement à la limonade, n’en ont depuis longtemps plus les facultés mentales. Gardiens appointés de l’orthodoxie en place, un excès d’imagination ou d’audace nous les tuerait.

Conservons les donc dans leur jus pour témoignage :
Leur formol hebdomadaire :  « la rumeur du monde » samedi 13H45  merci France culture pour cet exemple édifiant de pensée sous vide.

tgb

Siné Hebdo est mort et le plan B pareil, en revanche Fakir est toujours vivant et toujours faché avec presque tout le monde – Mai/Juin paru

Soliloque et tondeuse à gazon

Bah oui, quand on se met au vert, on a bien quelques échos d’une actu vautrée, qu’on jette, tel un os à ronger, à la gueule du bon peuple les pieds dans le bidet.

Bah oui quoi, quelque chose du genre, tous les curés sont homosexuels donc pédophiles, tous les arabes sont musulmans, donc polygames, toutes les femmes de Musulmanie centrale sont voilées et donc planquent sous leur burqa des chiées de mômes qui permettent de vivre des allocations familiales à rien foutre.

Chiée de mômes qui, évidemment, finira en garde à vue après caillassage réglementaire des forces de la Bac en rodéo nocturne dans les rues de la cité et après violences sauvages et scolaires, d’où la nécessité urgente de sanctuariser les collèges par de la vidéo surveillance, pardon, protection, tandis qu’on supprime autant de postes d’enseignants et de pions et de flics et qu’on fait la fortune du « brillant intellectuel » Zemmour.

Autant de thèmes rances qui occultent fort à propos les déroutes et l’agonie des politiques libérales en sa nocive et fatale compétitivité mon cul.

Bah oui on entend au loin comme en écho, la montée européenne des populismes et de la xénophobie ambiante liée à toute crise de civilisation. Comme une vieille rengaine rance de l’instrumentalisation par des pouvoirs aux abois, des angoisses nationales et des peurs sociales que l’on détourne vers plus pauvre et plus étranger que soi. Pouvoir s’octroyant par le biais du bouc émissaire et de l’exutoire, un illusoire et malsain sursis.

Manquerait plus qu’on s’en prenne vraiment à l’oligarchie mondiale qui, pendant ce temps là, s’empiffre encore au buffet de la spéculation vaine et joyeuse.

Bah oui tiens, on distingue vaguement aussi la balkanisation des états qui explosent sous les haines régionales, en Belgique, en Italie, en Espagne… en autant de petites baronnies locales moisies, suivant le vieux principe élémentaire que diviser c’est régner et que plus rétréci sera le territoire et l’ethnie et plus grande sera l’autorité du nouvel ordre mondial et de Goldmann Sachs.

Et de constater impuissant, que la mondialisation, virant à l’ostracisme, au repli communautaire et à la pestilence, loin de rapprocher et mélanger les peuples les divise pour mieux les uniformiser au rayon Wall Mart.

Mais heureusement, on a bien d’autres sujets de préoccupation rustique, quand par hygiène mentale et instinct de survie, on se met au vert.

Ne serait ce que de faire démarrer cette foutue saloperie de tondeuse à gazon…

tgb

Ginkgo Biloba Saison 4

C’est à ce genre de détail qu’on finit par prendre conscience qu’on tape l’incruste  dans le paysage blogo depuis un certain temps, à jouer des mêmes réflexes saisonniers  et des mêmes travers que les professionnels  de la profession info et picaillons.

Voici venir le marronnier printanier  de la Rue Affre :

Mon Ginkgo Biloba  – saison 4

Inutile  de vous dire que je ne suis pas prêt, luxe exquis et marque définitive  de la suprématie du mâle debout sur la femelle accroupie, de pisser la bite à l’air et à l’aise  à l’ombre de mon arbre.

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, voir là et , si j’ai planté, il y a maintenant quatre ans un Ginkgo Biloba  offert par ma douce (accroupie) , s’il s’acclimate  parfaitement sous les frimas savoyards, s’il me fait ses dix bourgeons annuels  et ses deux branches cette année, il culmine  toujours magistralement à 53 cm, comme pour mieux s’identifier  à son ‘enracineur ‘déraciné  à Paris, c’est à dire moi, un tantinet bonzaï sur les bords.

Je commence même à me demander si cet arbre millénaire  et fossile  aux 40 écus d’or, à force d’étendre ses racines, telles  des tentacules végétales, à tisser patiemment sa toile souterraine, pour mieux s’ancrer dans cette contrée à forte rigueur avancée, ne pousserait pas un chouïa à l’envers.

Nul doute que, si tel était le cas, il fera le bonheur des taupes (mieux vaut dix taupes dans son jardin qu’un bauju comme voisin° – je suis bauju des Bauges, histoire  de dire comment que je suis pénible ) des spéléologues  et des macchabées, mais pour ce qui est de mon projet de vider ma vessie à son tronc défendant, ça prend mauvaise tournure.

C’est pas que j’en fais une fixette non plus. Mes cerisiers grandissent, mes noyers pullulent,  mon abricotier s’épanouit, mon orme se refait une santé après avoir été dévasté par mon ânesse favorite et j’ai donc toujours, rapport à mon objectif  initial,  un certain nombre d’alternatives urinaires.

N’empêche, ça me chiffonne quand même.  

Pour une fois que je faisais  dans l’exotique , que je pariais  sur le multiculturel arboricole, que je donnais  sa chance à un immigré asiatique  de s’implanter ici – il vit ici, il bosse ici, il reste ici – son peu de reconnaissance me laisse  quelque amertume.  

En même temps, mon idée intéressée de baptiser mon arbre à petits jets dorés et bucoliques  n’épouse  quand même pas exactement la stratégie écologico-destroy  du député maire godillot  ump local. Ce fanatique intègre d’opérations immobilières  « désintégrantes »  en ces temps de subprimes et sacrément douteuses d’un point de vue architectural, démontre tout de même que l’affaire reste rentable, lorsque comme lui, on vient d’acquérir un plaisant château en son parc arboré.

Tout à son exécration des platanes et autres plantations  régionales  qu’il  exécute par centaines avec délectation , sa compensation marketing à nous offrir des oliviers  en pot au centre de ses ronds-points  électoraux pourrait, si nous étions à peu près aussi crédules que ses électeurs retraités, presque nous émouvoir.

Et que vois-je  en ce jour, en ma daube pqr, tout à son monopole et à sa flagornerie  commerciale des potentats autochtones ? Mon député godillot  maire du planter d’olivier en pot, une bêche photogénique  à la main, entouré de trois clampins, mettre en terre un Ginkgo Biloba, pas moins, faux frère renégat de mon Ginkgo  à moi, (l’Eric Besson de l’essence Ginkgo sans doute) offert à grand renfort de pub sur mon ersatz de canard, par le Rotary Club de Bled les Bains.

Que le Rotary country club  se fende d’un arbuste et en fasse la une de mon PQ local m’en couperait presque l’idée  buissonnière  de me soulager contre.

Peut-être après tout, changer d’envie. Uriner au petit matin, un de ces petits matins printaniers  encore frais mais prometteur, contre un député maire godillot  exécuteur de mille  arbres pour mieux médiatiquement  en planter un, pourrait avoir son charme.

Je vous tiens au courant…

L’année prochaine en tout cas et quoi qu’il arrive, vous n’échapperez pas à la saison 5. Pour peu que vous soyez, ce dont je doute quand même, accro à ce feuilleton,  tenez bon et retenez vous, debout ou accroupie…

à moins qu’un député UMP, planté là…

tgb

°Proverbe indigène.

Petit précis de négociation à l’usage des perdants perdants

Donnant Donnant

– Aux chômeurs en fin de droits l’état versera 460€/mois. « En échange », ils « ne pourront refuser » un contrat aidé ou une formation rémunérée, proposés par Pôle Emploi.

Donnant Gagnant

– Les six plus grandes banques Françaises en banqueroute, ont reçues de l’état 40 milliards d’euros SANS contrepartie. 

Donnant Perdant

– Les consultations  des médecins passeront de 22 à 23 euros
– 150 médicaments seront « déremboursés » de 35% à 15% à leurs patients.

Gagnant Perdant

– La rémunération de Jean-François Cirelli, vice-président de GDF Suez est passé de 460.000 à 1.3 millions d’euros en 2008, soit une augmentation de 180%
– Le 1er avril, le prix du gaz a augmenté de 9% au détriment des usagers.

Gagnant Gagnant

– En 2006 Goldman Sachs vend des titres subprimes à ses clients
– En 2007 le marché s’effondre.
– En 2008 Goldman Sachs parie sur l’effondrement des titres de ses clients

– En 2002 Goldman Sachs maquille des prêts en transactions sur devises, afin qu’ils n’apparaissent pas au bilan de la Grèce désirant intégrer la zone Euro et l’aide à planquer sa dette durant six ans.
– EN 2009 Goldman Sachs vends les informations sur la dette grecque réelle et la stratégie pour en tirer parti, à d’autres clients spéculateurs et fait sombrer le marché obligataire Grec.

Quand il y a un gagnant gagnant c’est que forcément y’a un perdant perdant.
On est rarement deux à faire une bonne affaire.

Tgb

Liste de commissions médiatiques

Le président mal communicant, mal compétent et mal populaire, a fait, fort prévoyant, ses emplettes de médias pour dans deux ans.

Déjà que dans son garde manger, il a tout un stock de provisions acquises à prix coûtant directement chez les grossistes :  Arnaud Lagardère (Europe 1, Paris Match, JDD, Elle, Télé 7 jours, NMPP…) Bernard Arnault, (les Echos, Investir, Radio classique…) Martin Bouygues, (TF1, LCI, TPS…)  Serge Dassault, (Le Figaro, Valeurs  actuelles…) Albert Frère, (actionnaire de M6), Vincent Bolloré (Direct 8, Direct soir …), tous présents au Fouquet’s, qu’a t’il encore mis dans son caddy en prévision des frimas ?

Voici sa liste de commissions à l’hypermédia du coin :

Rayon télé

PPDA –  Laurence Ferrari – Harry Roselmak (présentateurs TF1)
Jean-Claude Dassier  – directeur de l’info TF1
Laurent Solly – ( direction générale TF1)
Gérard Leclerc – président Chaîne parlementaire
Christine Ockrent – Directrice générale  France Monde  (TV5 France 24 RFI)
Alexandre Bompard ??? – (président France télévision )
Stéphane Courbit Alain Minc ??? – Régie pub France Télévision –   

Rayon journaux

Nicolas Beytout – présidence de DI Group (les Echos, Investir…pôle médias de LVMH)
Claude Askolovitch – Rédacteur en chef du JDD
Alain Genestar – (Paris-Match)
Denis Olivennes – Directeur général délégué – Le Nouvel Observateur

Rayon radio

Jean Luc Hess – Président du groupe Radio France –
Philippe Val  – Directeur de France inter

Divers

Emmanuel Hoog – Président de l’agence AFP
Françoise Laborde – membre du CSA

Espérons donc, qu’avec toutes ses menues provisions de bouche, notre président mal communicant, mal compétent, mal populaire, pourra passer un hiver politique glacial relativement calfeutré, jusqu’au printemps renaissant de 2012 et ce, malgré la dictature blogueuse dont l’antisarkozisme  primaire n’a d’égal que sa pensée unique primitive.

tgb

Cul-ture du résultat

Dans un mail inspiré, adressé à ses directeurs de vente, Rémi Karcher, le bien nommé directeur des bureaux de poste de Paris-Sud, demande à se « focaliser lundi en quinze sur « l’extermination » des vendeurs à 0… » appelant littéralement à la « chasse ouverte ».

Ainsi va, de la culture du résultat en ce monde capitaliste fraîchement moralisé.

Où l’on constate donc, que le management par le stress et la terreur à coup de rouleau compresseur, n’est pas l’apanage d’Orange, alias France Télécom, mais est largement répandu dans les grandes entreprises, tout à leur lutte acharnée au nom de la compétitivité et de la rentabilité du dividende à 2 chiffres, pour mieux broyer les hommes. 

Car faisons simple, broyer les hommes était bien le projet avéré d’une entreprise visant dans une démarche radicalement rationnelle et statistique, à se débarrasser de 22 000 employés entre juin 2005 et décembre 2008, protégés par leur statut de fonctionnaire, en les poussant à la démission. Le suicide n’étant qu’un avatar spectaculaire du plan NexT, validant par l’extrême, sa redoutable efficacité.

Que le mot « extermination » sorte alors sous les doigts visqueux d’un petit kapo du productivisme, les yeux d’abruti formaté bloqués sur son tableau de bord économiquement fascisant (avec primes), n’a plus rien d’étonnant. Nous sommes bien, ici, aujourd’hui dans la logique  déshumanisée d’un camp de travail, concentré sur sa culture du résultat rationalisé.

Culture du résultat mon cul ! tandis que les marronniers du printemps de surgir à la une de tous vos journaux sans lectorat mais avec subventions : classement des meilleurs lycées, hit parade des meilleurs hôpitaux, top 50 des meilleurs films façon Denisot : X millions d’entrées X millions de Dollars =  à voir absolument.

Culture du résultat mon cul ! incarnée outrageusement aujourd’hui par le dictateur financier FITCH. Cette agence privée au quasi monopole (1 concurrent) dont la pertinence économique reste à démontrer, elle qui hier encore accordait, par incompétence ou connivence, une note « AA » à des centaines de banques aujourd’hui en faillite et qui autorise par sa notation à dépecer la Grèce, bientôt le Portugal, et pourquoi pas la France.

En quoi la petite boutique de Marc Ladret de Lacharrière, conseillé par Alain Minc, toujours dans les bons coups, aurait-elle la légitimité d’imposer du « crédit révolving » à des états millénaires qui, par nature et contrairement à elle, ne feront jamais faillites ? Au nom de quoi et de qui, autorise t’on un cabinet d’experts comptables omnipotent à faciliter la spéculation d’un marché financier dont le moins que l’on puisse dire n’a pas donné que des satisfactions. Au nom de quelle fumisterie idéologique justifie t’on que « ceux qui produisent tout n’aient rien et ceux qui ne produisent rien aient tout »1

Et si l’on décrétait enfin que l’agence machin dans son droit de vie et de mort sur les politiques économiques et sociales des états et jouissant d’un extravagant pouvoir nous « fitchait » la paix. Et si les peuples enfin réveillés, envoyait tous les Alain Minc calamiteux, dont les résultats mériteraient largement un ZZZ-, se faire noter ailleurs. Par les Grecs par exemple.

Culture du résultat mon cul ! Cela fait 20 ans qu’en tant que formateur, je suis confronté aux évaluations de fin de stage. Evaluations vitales pour ma survie, puisqu’elles sont les critères subjectifs de mon travail. 20 ans que j’en constate les effets pervers. 20 ans que j’induis mes interventions en fonction de mes notations au détriment de ma pédagogie. 20 ans que, plutôt que d’enseigner je joue de la séduction et m’efforce de plaire. 20 ans que j’évite de trop déranger en « informant les gens de ce qu’ils ont envie de savoir, plutôt que de ce qu’ils ont réellement à savoir »2

La culture du résultat au nom de je ne sais quelle validation du travail quantifié est une véritable escroquerie.

Il est temps « d’exterminer » les experts comptables.

Plus de cul, moins de ture, on verra bien le résultat.

tgb

1 Karl Kraus
2 Alexandre Jacob