Mme Fiasco et Mr Flop

Donc nous aurions mal compris les propos de la mère Michèle qu’aurait perdu, si ce n’est son chat, du moins une occasion de se taire. Ce qu’elle fit admirablement et fort servilement pourtant, en tant qu’incompétente ministre de la défense, inconsistante ministre de la justice, transparente ministre de l’intérieur et indécente ministre des affaires qui semblent lui être étrangères, du moins jusqu’à la semaine dernière, appliquant scrupuleusement et en toute lucidité, la phrase du facétieux Pierre Dac:

« Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet »

Nous voilà donc fixés. Faire pire que Kouchner relève quand même de l’exploit à signaler.

Non seulement donc, nous aurions mal compris ses propos, mais en plus, malveillants que nous sommes, nous, français, tunisiens, occidentaux, arabes, terriens, …les aurions déformés.

Vieille rengaine laborieuse ‘des propos sortis de leur contexte et insidieusement interprétés…’

Retournons donc au verbatim et penchons nous tranquillement sur la question sémantique :

…Le deuxième problème est effectivement celui des décès et des violences constatées à l’occasion de ces manifestations.

Mme Fiasco donc identifie comme un « problème » et pourquoi pas un dysfonctionnement pendant qu’on y est, les « décès » apprécions l’euphémisme (glissades ? infarctus ? tourista ? ) et les « violences » lesquelles ? celles des manifestants ? de la police ? du dictateur ? (ça doit être une sorte de mix de tout ça ) constatées...

On ne hiérarchisera donc pas entre les gourdins d’un côté et les balles réelles de l’autre, on s’en tiendra prudemment à la précaution oratoire et au flou diplomatique.

On ne peut que déplorer

Notons dans la déploration, le zest à minima du constat à l’amiable, nulle condamnation, nulle indignation cela va de soi

des violences (toujours non identifiées) concernant les peuples amis..

vu l’ampleur de la réaction officielle ici, je vous laisse imaginer comment les autres peuples pas amis (du Honduras, de la Colombie…) peuvent aller se faire foutre.

Ça c’était la mise en bouche, comme qui dirait le minimum syndical de la compassion vaine et obligée, les mignardises de la solidarité française, au côté paraît-il des peuples opprimés (voir note précédente).

Entrons joyeusement maintenant dans le cœur du sujet et de la polémique :

Pour autant,

bien comprendre, dans le pour autant, que la mini dose compatissante et préliminaire étant expédiée on peut attaquer le fond du lourd :

je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

Et là, je ne vois pas très bien en toute objectivité comment nous pourrions lire autre chose dans le dénoté que ce qui y est écrit. Nul sous entendu, rien d’implicite : du simple du brut du technique ;

Relisons :

je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

La France propose donc à un peuple en train de se faire massacrer en direct, de la formation sécuritaire à sa police, (training, performance, efficacité) du flash ball à ses milices, du taser à son ministre de l’intérieur, du tonfa et de la lacrymo à Mr Ben Ali. De la répression donc mais allégée.

Touchante marque de sensibilité humanisto-humanitaire, dont on ne peut que s’enorgueillir.

Enfin finissons en avec cette charmante offre de prestation commerciale (elle ne donne pas les tarifs, mais on suppose que tout est négociable)

C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays (Tunisie Algerie – peut être qu’une commande groupée pourrait occasionner quelque rabais) de permettre, dans le cadre de la coopération, d’agir dans ce sens, afin que le droit de manifester soit assuré,

bien aimable pour la bougnoulie.

de même que la sécurité.

Quelle sécurité ? celle du tyran local ? des populations ? du club med ?

Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. Silence poli sur les bancs socialistes, qui, bien que nous n’ayons plus d’illusions sur leur inanité, nous étonneront quand même toujours.

Constatons donc, qu’à l’heure du carnage mme Fiasco n’a d’autre proposition que de la balle à blanc à offrir pour maintenir à flot une dictature afin que ça ne dégouline pas de trop sur le plasma de la télé.

Si mme Fiasco avait la moindre dignité, le moindre sens de l’honneur et de la responsabilité, (concept si cher aux libéraux qu’ils préconisent aux autres mais ne s’appliquent jamais) elle aurait évidemment démissionné sur l’heure, et, ne serait ce que par intelligence ou stratégie, se serait excusée au pire de sa maladresse, au plus juste, de sa grossièreté.

Bien sûr elle ne s’excusera, ni ne démissionnera pas, pas plus que le ministre de la santé Servier, pas plus que mme H1N1, pas plus que mr Univoque ou Mr Auvergnat, les baltringues obscènes d’un gouvernement mort né et pas plus naturellement que mr Flop, à son niveau d’incompétence avéré particulièrement en forme ces temps ci.

tgb

Les ministres de l’intérieur finissent mal, en général.

« Je veux que partout dans le monde, les opprimés, les femmes martyrisées, les enfants emprisonnés ou condamnés au travail, sachent qu’il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c’est la France ! » (NS 6.05.07)

Les ministres de l’intérieur, devenus présidents, finissent mal, en général.

tgb

Le peuple tunisien est grand et Sarko est petit


Le peuple tunisien est grand

Mohamed Bouazizi (photo) restera donc par son immolation et son sacrifice, comme Yan Palach en 69 à Prague, le symbole de cette révolution tunisienne.

Mieux qu’un symbole, il aura été le déclencheur même de cette magnifique insurrection venue, l’un de ces éléments de blocage qui, d’une manière alchimique, catalyse tout à coup l’âme subversive d’un peuple et le soulève comme un irrésistible tsunami.

Le tragique de l’histoire c’est que Mohamed Bouazizi ne saura jamais que son geste désespéré vient d’entrer dans l’Histoire et que son désespoir  même est à l’origine aujourd’hui de l’immense espoir tunisien.

Slim Amamou et Azyz Amamy…eux le savent. Ces deux blogueurs tunisiens emprisonnés, auront largement contribué à cette première révolution numérique, comme y auront contribué, les femmes, les avocats… A coups de canifs incisifs sur la toile, ils auront appris à tout le peuple tunisien à ne plus avoir peur.

Quelques liens de blogueurs tunisiens :

http://bestadel.blogspot.com/2011/01/la-liberte-seul-horizon-possible-2.html
http://bokoussama.blogspot.com/2011/01/drapeau-tunisien.html
http://tnkhanouff.hautetfort.com/
http://arabasta1.blogspot.com/
http://blogs.arte.tv/fotografia/frontUser.do?method=getHomePage
http://seifnechi.blogspot.com/
http://revolutiontunisie.wordpress.com/
http://kahaw.blogspot.com/
http://maghreblog.blogspot.com/
http://abinote.blogspot.com/2011/01/amertume.html
http://carpediem-selim.blogspot.com/2010/12/sidibouzid.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+carpediem55+(Carpe+Diem)
http://nawaat.org/portail/
http://mel7it.blogspot.com/
http://debatunisie.canalblog.com/archives/2011/01/14/20120905.html?t=1295020111405#c39964818

Et quand un peuple uni n’a plus peur, alors c’est la peur qui change de camp et c’est un système policier qui s’effondre comme un château de cartes.

Et pendant que l’occident rogne tous les jours ses libertés l’orient lui, les conquiert.

La première révolution du 21ème siècle est tunisienne.

Et Sarko est petit…

Tandis que nos oligarques français furent, mais on finit par s’y habituer, particulièrement minables. Infoutus de sentir le vent de l’histoire. A la remorque du petit tyran local et plus si affinités. A voir des barbus partout, particulièrement là où il n’y en avait pas.


Minable et indécente, Alliot Marie
et son offre de savoir faire de la bonne sécurité bien française.
Nous lui souhaitons bonne chance lors de ses rencontres diplomatiques à venir du côté de Carthage.
Minable et indigne, Mitterrand et sa défense univoque d’un dictateur tout relatif. 
Nous lui souhaitons bonne chance lors des manifestations culturelles franco-tunisiennes du côté d’Hammamet
Minable et obscène, Seguela et ses conseils en com pourris à un assassin tout dégoulinant du sang de son peuple  

Qui n’a pas fait la com d’un dictateur à 50 ans a raté sa vie

Minable encore les silences complaisants de Delanoëqui avait tous les jours des opposants au téléphone » SOS-amitiés, Bertrand Manager vous écoute…
Nous lui souhaitons bonne chance pour sa retraite bien méritée dans sa villa de Bizerte
Minable et ordinaire, les absences médiatiques pour une fois, d’un BHL et sa bande bien plus préoccupés à lutter courageusement avec le CRIF et au péril de leur vie contre Stéphane Hessel, que de s’indigner des carnages à Tunis.

Sauver Sakineh en Iran d’accord mais quand même pas le peuple tunisien tout entier.

Et particulièrement minable et abject l’indifférence officielle à la mort en direct de l’universitaire franco-tunisien, Hatem Bettahar.

Mais il est vrai qu’un « auvergnat » mort ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose un problème. (et encore)

Et puis soyons sérieux avec le briseur de tabous Zemmour : un arabe ne peut être maître de conférences, un arabe ne peut être qu’un délinquant en prison.

Et tandis que le peuple tunisien s’émancipe, volant la vedette à la fille à papa, reprenant ce week end, l’entreprise familiale Lepen-et-islamophobie

Décidément ces  » bougnoules »…

l’agence de notation Fitch envisage d’abaisser la note de la Tunisie.

Message implicite des copains du FMI

Libéralisme et dictature sont les deux mamelles du AAA

Toute proportion gardée et à l’heure où la justice aux ordres nous reconstitue le simulacre de Tarnac, rêvons un instant à l’insurrection ici qui ne vient pas :

« Le président SARKOZY a quitté la France, la Tunisie «prend acte».

tgb

Merci qui ?

On a eu l’assassinat des moines de Tibehrine par des terroristes assoiffés de sang impur. On sait aujourd’hui que ce massacre est dû à une probable bavure des forces armées algériennes.

On a eu l’attentat à Karachi d’islamistes fanatiques contre des ingénieurs français. On sait aujourd’hui que cet acte fut plutôt le résultat d’un sinistre règlement de comptes entre politiques corrompus.

On a eu la mort du skipper du Tanit, tué par des pirates. On sait maintenant que Florent Lemaçon est mort d’une balle perdue, tirée par le commando français venu le libérer.

On a eu l’exécution, selon Sarko himself, de Michel Germaneau par l’AQMI, avant de découvrir aujourd’hui que le responsable humanitaire était mort faute de médicaments.

Quatre versions officielles.
Quatre versions tronquées
Quatre versions démenties.

On sait que ce gouvernement ment.
On sait que ce gouvernement ment tout le temps.
On sait que ce gouvernement ment comme il respire.
Que le mensonge lui est consubstantiel .

Du bouclier fiscal allemand, en passant par Bettencourt, Servier,…jusqu’aux chiffres maquillés du chômage.

Or, que croyez vous qu’il se passât, lorsqu’Alain Juppé ministre des armées vint droit dans ses bottes nous annoncer que les deux otages enlevés au Niger, les malheureux Antoine de Léocour et Vincent Delory avaient été exécutés par leurs ravisseurs ?

Prudence éditoriale ?
Scepticisme de principe ?
Conditionnel précautionneux ?
Enquête préliminaire ?
Opposition circonspecte ?

Que nenni ! une admirable unanimité de la clique médiatique et de la classe politique, dans une touchante unité nationale mon cul.

Aux (l)armes citoyens :

Le terrorisme ne passera pas.
La France et son président ont des couilles.
Ce fiasco total est une grande victoire. 
Jusqu’à la remarquable sortie de Joffrin-Mouchard, jamais avare d’une connerie pavlovienne  : « la responsabilité  de cet assassinat repose sur les assassins ».

Circulez y’a rien à voir.

Et de prendre pour argent comptant et sans discernement, les infos des menteurs ordinaires et les incohérences du discours officiel.

Et le cow boy en chef de sortir son bazooka de derrière le comptoir, et le mini Bush de jouer le matamore des sondages, son petit fling ramolli soudain en érection dans un déclenchement d’hormones mâles et de montée de testostérone tout à empiler les déclarations martiales :

« Et qu’on ne cédera pas au diktat des terroristes » et que « « ce crime odieux ne fait que renforcer la détermination de la France à lutter sans relâche contre le terrorisme et contre les terroristes » et que  « les démocraties, c’est leur honneur, c’est leur noblesse, doivent lutter pied à pied contre ces barbares venus d’un autre âge qui veulent terroriser le monde entier » et que de qualifier cet enlèvement d’« acte barbare perpétré par des barbares »

La bonne vieille rengaine du bien contre le mal, des méchants contre les gentils et qu’à la fin c’est nous qu’on gagne.

Du vieux story telling de western franchouillard.

Et le bon peuple de vrais français de saluer le courage du va t’en guerre avec le sang des autres, au Sahel ou en Afghanistan et d’applaudir le petit coq poseur d’ultimatum qui fait rire Gbagbo mais qui la ramène pas devant le Ben Ali.

« Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse en Tunisie » (2008)


Or il y a à voir.

Il y a à voir sur l’AQMI
Il y a à voir sur Areva
Il y a à voir sur la Françafric (que)
Il y a à voir sur l’hystérisation de l’anti-islamisme présidentiel qui le nourrit
Il y a à voir sur l’instrumentalisation du terrorisme qui fait peur.
Il y a à voir sur les trois échecs consécutifs de la stratégie œil pour œil.

Je ne sais comment ça s’est passé au Niger, je n’y étais pas.
Je sais juste que par nature et expérience, je me méfie des versions officielles.
Que des corps calcinés dans des jeeps calcinées, ça pue le collatéral .
Que l’interception par hélicoptère n’est pas des plus chirurgicales.
Que le mini Bush des sables, celui qui a des couilles avec le sang des autres n’aurait pas agi ainsi, si son Jeannot de chez Darty avait été dans le 4X4.

Que la rançon de tout ça, c’est qu’aujourd’hui, tout français pris en otage, est un mort en sursis.

Merci qui ?

tgb

L’équivoque univoque de Fredo et ses frères

Opposition muselée
Presse censurée
Prisonniers politiques torturés
Régime policier institutionnalisé (1 flic pour 100 habitants)
Répression à balles réelles
23 ans de pouvoir ininterrompu
5 fois élu président avec, entre 89,6 et 99,9% des suffrages exprimés, sous les acclamations démocratiques des pays occidentaux

Ben Ali n’est donc évidemment pas un dictateur, puisque selon l’impayable Fréderic Mitterand, ministre fossoyeur de la culture en France :

« Dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble exagéré »

Si l’on comprend bien qu’à l’instar de ses petits camarades de villégiature Besson Delanoë, l’équivoque Fredo, aspire encore et toujours à goûter du boxeur de 40 ans local dans un de ces hauts lieux du tourisme sexuel, rare ressource économique d’une jeunesse sacrifiée, c’est qu’à l’image des jolis pays démocratiques exemplaires, si à cheval tagada tagada sur la liberté de la presse (Italie, Hongrie, France…)  il est des régimes autocratiques moins salissants que d’autres selon nos intérêts bien sentis.

Qu’importe que Ben Ali soit une authentique crapule, dans la mesure où elle est la nôtre et lutte par la barbarie qui nous arrange contre la barbarie qui ne nous arrange pas, pour que Fredo, ministre de la culture en string et de la courbette civilisatrice, puisse continuer à faire des mouillettes  à Djerba.

La preuve quasi vivante de la supériorité de notre civilisation

Selon que vous serez Castro ou Lobo, Gbagbo ou Gnassingbé,  Milosevic ou Hashim Thaçi…la bonne conscience internationale et à géométrie variable vous estampillera dictateur ou pas, criminel de guerre ou pas, de l’axe du bien ou du mal, dans une fabrication subtile du choc des civilisations qui nous occupent pendant que les travaux du capitalisme continuent.

Les droits de l’homme à la carte.

Qu’est ce donc, pour l’ami Fredo, membre actif comme Val, Olivennes, Barbier… des jeunesses brunistes, et accessoirement, intermittent servile de la culture en espadrilles libre et non faussée, qu’une dictature univoque ?

Sans doute et selon les critères officiels de l’oligarchie et de ses médiocrates aux ordres, le Venezuela par exemple, où l’opposition possède 80% des médias, où s’organisent des élections libres que Chavez perd parfois, mais certainement pas un de ces merveilleux pays UPM (qu’est ce que ça devient ce machin-là ?) où il n’est ni question d’exporter notre démocratie exemplaire dans des valises à phosphore (encore heureux), ni urgent de faire de l’ingérence Kouchnérisé, tellement que le couscous y est démocratique et l’immolation de jeunes désespérés, divertissante dans le cadre des activités culturelles du club Med.

Tant que le comptoir carthaginois, succursale de la maison Atlantiste reçoit aimablement ses estivants low coast…

Que la priorité pour un socialiste manager né à Tunis, tel Delanoë, soit le soldat Shalit, ou l’otage mondaine Betancourt, de celle dont on paye la rançon recta, plutôt que les cadavres calcinés de la jeunesse tunisienne devrait juste nous faire honte.  

Dans la France pourléchante, le silence du pote du despote, si prompt à dégainer sa bombe A contre l’Iran, devient si assourdissant, que le voilà contraint même à sortir à minima, son pistolet à eau…

Dire que Fredo Mitterrand toujours clairvoyant :

« dans un monde lourdement travaillé par le fanatisme et la tentation de la violence, la Tunisie est un pays de paix, qui mérite largement qu’on ait foi en son avenir »

et ses semblables, sont des carpettes univoques, me semble à peine exagéré.

tgb

Petit lexique du discours dominant à l’usage des ruminants dans le champ sémantique

Populisme :  ce mot valise, aux définitions diverses et variées, permet aux tenants de la pensée officielle à court d’arguments, de faire l’économie d’une dialectique et de discréditer à bon compte toute personne sortant du cadre de référence capitaliste. Ce terme accolé à tout déviationniste sortant de l’ordre établi, a pour fonction essentielle de marquer du sceau de l’infamie, l’empêcheur de penser en rond dans le champ politico-médiatique. Tel un cri qui paralyse, cette notion est le Taser utile de la rhétorique paresseuse. Il évite une fastidieuse réfutation dont le mode d’emploi ne tient pas forcément dans les fiches de lecture utilement fournies par l’employeur.

Exemple : Melenchon = Lepen. Ce raccourcis démonstratif a l’avantage de déconsidérer le président du parti de gauche sans s’astreindre ni à lire ses livres ni à se confronter à son programme.

Mots tasers équivalents : Antisémite – Munichois

Briser un tabou : Cette expression fort tendance sur les ondes permet de revenir sur des acquis sociaux tout en soulignant l’audace de l’émetteur et son côté iconoclaste. Briser « courageusement » le tabou des 35 heures, par exemple, consiste à redire pour la énième fois ce que toute l’oligarchie dominante et ses larbins répètent à l’envi, tout en paraissant à la pointe du combat. Si on peut briser « courageusement » le tabou de la retraite à 60 ans, on doit noter que le « bouclier fiscal » ou « la spéculation » n’étant pas de l’ordre du tabou, l’utilisation de l’expression n’est donc pas appropriée. Briser un tabou consiste par petites touches à justifier toute régression sociale et à revenir au 19ème siècle tout en affichant une posture avant-gardiste.

Mots équivalents : réforme – modernisation.

Etre pris en otage : contrairement au sens commun, cette expression ne signifie pas « être prisonnier au fond d’une grotte afghane durant un an, attendant le versement d’une rançon» mais ne pas avoir de métro pour se rendre à son turbin et participer activement aux profits des actionnaires. Faire la queue à la poste peut être considéré comme une forme de prise d’otage (on en souhaitera donc vivement la privatisation) contrairement au fait de subir une file d’attente à Carrefour. La preuve ? vous n’entendrez jamais personne dans la queue souhaiter la nationalisation du temple marchand.

Expressions similaires :  feignants de grévistes, fonctionnaires…

Etat providence : Cette locution est à prendre dans son sens le plus péjoratif. Il ne s’agit évidemment pas d’y voir l’organisation solidaire d’une société civilisée qui répartit l’argent, le redistribue et évite aux plus fragilisés, par exemple, de finir dans la rue, mais bien l’expression d’une administration dilapidant l’argent des vrais français en le donnant à des bons à rien, immigrés bien souvent. Quand le gouvernement achète à Dassault des « Rafale » dont aucun autre état ne veut on ne peut à proprement parler d’état providence, en revanche il est conseillé de le faire quand on évoque le RSA ou toute autre indemnité sociale. 

Notions similaires : assistanat, charges…

Maintenant faisons une phrase avec toutes ces notions mises bout à bout et apprécions le résultat :

Pour en finir avec les populismes , il est temps de briser le tabou de l’état providence prenant en otage nos impôts.

Vous me la copierez cent fois et pourrez remplacer opportunément tout éditocrate du barnum médiatique.

Avec les mêmes notions et dans un ordre différent jouez aussi…

A suivre….

tgb

Dans le doute, t’abstiens pas…

Pour la énième année consécutive, TF1 rafle 97 des cents meilleures audiences de la machine à décerveler.

Pour la énième année consécutive donc, une majorité de téléspectateurs fait un triomphe à la chaîne qui comme nous l’indiquait fort aimablement  son ancien président, aime à fabriquer du temps de cerveau disponible.

Pour la énième année consécutive donc, le légume végétatif de canal con est ravi, en toute connaissance de cause, de mettre entre ses deux oreilles du fromage blanc en guise de neurone et de penser avec son tube digestif.

Non pas que les autres chaînes aident forcément à la conscientisation, mais au moins n’ont elles pas exprimées publiquement qu’elles prenaient ouvertement leur clientèle pour des jambons.

On leur accordera donc le bénéfice du doute.

Il nous faut bien l’avouer, il est un certain confort à se trépaner dans l’hébètement hypnotique, à s’abrutir dans la déliquescence pixélisée, à neutraliser son ciboulot pour s’éviter toute conscience douloureuse et s’adonner à la crétinisation grégaire.

Ainsi aux problématiques complexes qui suscitent force cogitation migraineuse, il est quand même plus indolore de sortir ses fiches cuisine  estampillées Bouygues et de déblatérer en boucle comme un con :

Le chômage ? la faute aux immigrés !
Le perte du pouvoir d’achat ? la faute aux 35 heures
La crise ? l’état providence
L’insécurité ? la faute aux terroristes de banlieue
Le prochain président ? celui qui fera un bébé à Carla

Indéniablement ça repose.

Comme on le constate aujourd’hui en Hongrie, berceau familial de notre histrion rabougri, qui prend pour six mois la présidence d’une Europe paraît-il exemplaire,

limiter insidieusement le droit d’informer, sous le regard gourmand des autres chefs d’état songeurs, peut se faire aujourd’hui dans l’indifférence générale.

Les masses populaires et consommatrices se foutent bien de savoir ce qu’on bricole dans leur dos, dans la mesure où Jean-Pierre Pernault étrenne une nouvelle cravate en tricot, tissée au fin fond des Cévennes. 

Si 3000 manifestants se sentent quelque peu concernés par la censure journalistique en Hongrie voyant revenir le temps joyeux du rideau de fer, la sécurité de l’emploi, l’éducation, la santé, les services publics et les droits sociaux en moins, on sent la populace infiniment moins motivée à la liberté de penser qu’à la liberté de faire les soldes.

On a les priorités qu’on peut.

Devant une telle apathie au monde, une telle complaisance pour l’avachissement, et ce goût immodéré pour se vautrer dans le mépris auquel on nous invite, on se demande bien alors, pourquoi nous tristes blogueurs, continuons donc à nous masturber le corps calleux, à dénoncer la fabrication du consentement, la servitude volontaire, alors qu’il paraît infiniment plus économique de mettre son crémol aux abonnés absents, sans les affres du questionnement et se laisser aller à la frivolité.

Pourquoi donc nous obstinons nous encore à décrypter, dénoncer, traquer, trier, déjouer, les idées prêtes à penser, les images prémâchées, nous indignons nous encore de toute cette merditude infligée, alors qu’il serait tellement plus simple et rémunérateur de la mettre en veilleuse.

Je ne sais pas pour les autres, mais pour moi la réponse est somme toute basique :

Ce n’est pas que j’ai du goût pour l’éducation populaire, ni que je pense que le moindre de mes billets soit nécessaire ou puisse avoir une quelconque influence sur la moindre parcelle d’humanité, mais je ne sais tout simplement pas faire autrement.

J’ai essayé.

Comme l’écrit fort à propos Bertrand Russell « L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes. »

Le scepticisme n’étant pas le meilleur vecteur pour faire carrière, j’ai choisi l’ironie.

Il faut douter de tout.
Je dis ça et encore je n’en suis même pas sûr !

Pas une raison pour s’abstenir, au contraire…

tgb

Mes prédictions 2011 à peine alcoolisées

Après avoir éclusé moult bouteilles pétillantes et avoir scruté attentivement au goulot, dans un état de transe proche de l’extase chamanique, le fond liquoreux de la dernière bouteille millésimée, je suis en mesure de vous révéler mes visions et prédictions pour l’année 2011 dans une marge d’erreur scientifiquement infinitésimale et pour ne pas dire quasi nulle. (sans me vanter)

Cette méthode empirique validée par le docteur en charlatanisme appliqué, la pythie des entrailles faisandées, Elisabeth Tessier (je pose 200 prédictions, j’en retiens 3) nous garantie la véracité de mes flashs prophétiques, faisant de moi le Nostradamus numérique du ouebe vaticiné.

La preuve ?! les numéros du loto à venir : 1 2 3 4 5 – numéro complémentaire le 7 (il y avait un piège)

Donc, mes augures politiques pour l’année à venir :

La dolce vita

Dès le 31 décembre 20 heures, sous l’influence de Jupiter et du deuxième décan de j’m’en balance, l’agitateur de l’état, le petit frère des riches, dans un joli bruit musical de casseroles argentées ( Karachi, Wildenstein, Bettencourt, Servier, Bongo…) prenant enfin conscience de son incompétence, de sa totale corruption, et de sa méchanceté crasse, annonce en direct et sur trois chaînes, sa démission immédiate. Touché par une grâce fulgurante, il décide de renoncer à tout privilège pour fonder un groupe de musique tzigane en compagnie d’une chanteuse proche, dont les initiales  « C.B » devraient vous mettre sur la voie.

Il fait le voeu de sillonner enfin les routes d’Europe en caravane pour une vie de bohème libre et non faussée. Son jeune héritier Jean rompt immédiatement le contrat de confiance qui le lie à la maison Darty pour mieux dénoncer le consumérisme et la marchandisation et militer bénévolement à Neuilly pour la décroissance dans un monde alternatif.

Philippe Val en devient drôle.

Une rédemption ça va…

Suite à cette rédemption soudaine, Mercure entrant en Capricorne et Hortefeux en Ciotti, Estrosi et quelques autres sinistres flatteurs de vils instincts, rejoignent par pur altruisme la communauté Emmaüs, avant que le sinistre Besson en vacances en Tunisie avec sa jeune épouse et rejoint par Bertrand Delanoë manager, prenne la tête d’un mouvement de résistance contre le dictateur local, Ben Ali. Au même moment, le gouvernement français dans un acte de contrition émouvant vient faire son autocritique devant un Jean Michel Aphatie en larmes et un David Pujadas jurant, mais un peu tard, qu’un jour, il sera journaliste.

Laurence Ferrari en fait une fausse couche.

Argent sale : pléonasme ?

C’est le 12 janvier à 17 Heures 33 et 27 secondes environ ( les prévisions quoique précises restent aléatoires) dans un cycle particulièrement lunaire, que Bernard Tapie, Christine Ockrent, Bernard Kouchner s’engagent solennellement à rendre à l’état l’argent injustement capté par de petites entourloupes humanitaro-médiatico-bancaires entre amis, avant qu’un long cortège de bénéficiaires du bouclier fiscal vienne spontanément donner la moitié de sa fortune gagnée à rien foutre et que l’oligarchie française à l’unisson rapatrie son gros pognon qui pue des paradis fiscaux qui n’existent plus pour mieux l’injecter dans l’éducation nationale tout en entonnant une tonitruante marseillaise.

8 Mars 2011 7H37

C’est en plein voyage astral chez Bilderberg que Valls et Copé, les minets de la politique en tutu découvrant qu’ils ne sont que deux merdeux prétentieux à la vacuité sidérale, décident de se pacser et d’ouvrir un salon de beauté embauchant au passage Rachida Dati et Rama Yade comme esthéticiennes. (Fadela Amara non)

Germinal 2011

Alors que la non gauche socialiste, sous l’influence venusienne,  toujours en vacances au Maroc, DSK, Royal, Botul/BHL…dans leur sympathique riad, entre deux taffes de haschisch et trois verres de thé à la menthe décident de fonder en communauté une coopérative agricole bio, l’ami populaire Melenchon à la tête d’un front de gauche uni regroupant PC NPA, écolos de gauche, décrète tranquillement une révolution pacifique et participative rompant avec le capitalisme.

Cet enthousiasme populaire entraîne joyeusement en sa farandole fraternelle une Europe toute démocratique dans une politique sociale, écologique à haute exigence culturelle, avant de jeter du haut des tours de la Défense, deux ou trois banquiers avec parachute doré, histoire de vérifier s’ils volent.

Apparemment pas (même pour le 3ème décan)

Mouvement Raëlien

C’est les yeux embués que Marine Lepen, au nom des autres prédicateurs européano-fascistes repentants, bien soulagés de ne pas hériter d’un pouvoir dont ils ne savaient que foutre, s’excuse avec le numérologue Houellebecq,le chiromancien Zemmour et l’astrologue Barbier de Servile pour ses élucubrations de comptoir pas même avinées.

13 Mai 17H 50 : « C dans l’air » change de nom et s’intitule désormais « l’A dans l’q »
16 Mai 23H40 : – Cohn Bendit la ferme.


Présage international

Sous l’influence de Saturne, mars entrant dans la constellation du lion, c’est le 4 juillet 2011, jour de la fête nationale qu’Obama rapatrie les 600 000 soldats de l’empire colonialiste américain disséminés sur la planète, dissout l’Otan, et nationalise Wall Street, avant de rouler une pelle à Chavez entre deux cigares cubains, tandis qu’Israël et la Palestine se fondent dans un seul état avec pour capitale Jérusalem ville ouverte où siège l’ONU présidée par Julien Assange et qu’en Afghanistan les burqas tombent, révélant de jolis strings léopard sous le regard émoustillé des barbus convertis soudain à la laïcité.

A Londres, le soleil harmonique entrant en sagittaire, Tony Blair dé
clare subitement : ‘si j’aurai su j’aurais été de gauche’ et se jette dans la Tamise.

Auto-prédiction zodiacale

Automne 2011 tgb, devient super trop influent.

Epilogue :

Aff’reuses, Aff’reux c’est donc en toute sérénité, que je vous donne rendez vous l’année prochaine même jour même heure même lien, pour vérifier l’exactitude de mes prophéties et la pertinence de mes fulgurantes divinations et vous divulguer encore mes prédictions 2012 sans alcool. (cette fois ci)

Si elles peuvent (ces prédictions) paraître à la louche quelque peu irréalistes, on peut toujours espérer que le n’importe quoi finisse par déboucher un jour sur le quelque chose.

C’est tout ce que je nous souhaite…

tgb

Ce bon vieux trou du Luc

Ainsi donc, le prof de philo adulé des shampouineuses ménopausées, le cabot caboteur du neurone capillotracté, le rebelle à mèche de la pensée ondulante et du fer à friser, le juste prénommé Ferry, préfère Lepen à Besancenot.

Au concours canin du philosophe à frange vu à la télé, le Ferry Boat du cogito barboteur et permanenté vient de prendre un net avantage.

Rien de bien innovant pourtant, juste le rappel historique d’une vieille tradition française ; par ce cri du luc, ce prout de la philosophie camembert, notre capillo penseur s’inscrit dans la droite ligne des réflexes droitiers :

« Mieux vaut Hitler que le Front populaire ».

Nan nan nan, venez pas me faire dire le point Godwin que j’ai pas dit.
Marine n’est pas Adolf, d’accord d’accord.

Sauf qu’en termes symboliques que nous dit cul fait rire ?

Qu’il vaut mieux l’extrême droite à l’extrême gauche (à l’heure où le ps est au FMI, qu’est ce que le NPA si ce n’est juste la gauche ? ) l’extrême ordre au chambard, le formol à l’utopie, bref qu’il vaut mieux pique-assietter avec la classe dominante que casse croûter avec la classe dominée.

C’est donc ce discours typique constant et résurgent d’une bonne vieille bourgeoisie en son aimable moisi, tranquillement cagoularde, consciencieusement mussolinienne, et scrupuleusement hitlérienne dans les années trente plutôt que bolchevique ou révolutionnaire et qui contribua si bien à la déroute française face au nazisme, qui perdure ainsi dans la voix doucereuse du toutou cathodique.

Ce qui fit écrire à de Gaulle : « il faut dire que certains milieux voudraient voir l’ennemi plutôt dans Staline que dans Hitler. Ils se souciaient des moyens de frapper la Russie beaucoup plus que de la façon de venir à bout du Reich ».

Notre ami Ferry donc, si poli, policé , si peigné, si tiédi dans son ton courtisan, ne nous dit rien d’autre que ce que cette bonne vieille droite patronale patronnesse aux constants privilèges, cette classe dominante, que le président des riches dorlote et préserve si complaisamment des intempéries, nous a toujours raconté :

Mieux vaut mes intérêts particuliers que les intérêts de la nation.
Mieux vaut un bon fascisme qu’une mauvaise révolution.

C’est donc avec forte cohérence que le laquais laqué de la pensée bourgeoise, bien accroché au cul du carrosse ploutocrate vient poser délicatement son cheveu gominé dans la soupe rhétorique.

Et c’est donc par petites touches pointilleuses que le représentant des garçons coiffeurs de la pensée brillantine, bien du côté du manche et de l’argenterie, apporte sa petite pierre à l’édifice tendu entre la droite un peu propre et l’extrême droite un peu sale avant de shampouiner.

Et de nous ressortir obligeamment en son vomi, le couteau entre les dents du trotskiste tout dégoûtant qu’on n’a pas élevé les cochons ensemble.

Non rien de bien nouveau donc, si ce n’est au moins que les époques radicales finissent par remettre radicalement les poseurs dans leur imposture bien à leur place dans les bons rayons et le bon « cul Ferry » dans son gros trou du luc.

tgb