Au quatrième plan d’austérité, il sera Tina moins dix

Il y eut un premier plan, puis un second, puis un troisième, c’est au quatrième plan d’austérité que le gouvernement socialiste portugais se mangeait sa copie libérale et que son premier ministre José Socrates sortait par la fenêtre poussé par le PSD conservateur, parti du président de la commission européenne Barroso exécuteur testamentaire de plan d’austérité ordinaire.

Où l’on découvre donc qu’un social démocrate couché n’a pas plus d’avenir qu’un centriste accroupi.

Bon débarras.

Pour punir ce pays asphyxié, à l’instar de l’Espagne ou de l’Irlande, élèves exemplaires pourtant d’une politique libérale de bon aloi, le Portugal sera donc étranglé.

Faire une saignée à un état anémié, on ne sait jamais ça pourrait le guérir.

Au quatrième plan d’austérité, sa note sera une fois encore dégradée, avant que l’opposition conservatrice propose un cinquième plan de rigueur lu et approuvé par le FMI, de l’hyper alternatif Strauss Kahn.

Le peuple électeur dans sa grande sagesse alternative, votant pour l’un puis pour l’autre jusqu’à se fatiguer de voter pour pareil donc pour rien, tranchera.

Chez Tina, on appelle ça une démocratie.

Tandis qu’en France, au rayon laxatif, entre deux cannes à pêche, et dans un dernier sursaut fantasmatique à trouver du nouveau, le peuple électeur en sa grande sagesse alternative, se tâte du populisme gras à la FN.

Des fois que ça se serait juste enfin un peu goûtu.

Tandis que la « gauche » aimant à se faire peur, entre deux plans d’austérité, tout à son projet politique ambitieux de pareil mais en mieux, se drape fort pudiquement dans un front républicain émouvant qui ferrait une différence essentielle entre Sarko et Lepen.

Pourquoi pas. Après tout oui, un Guéant étant sans doute un peu plus à droite qu’une Marine…

Après avoir essayé de l’austérité de droite de gauche du centre puis de l’extrême droite, du nouveau, du vieux, du bleu nuit, du rose fluo, le peuple électeur dans sa grande sagesse alternative, cessera de faire semblant de choisir de l’étiquette avec du même produit dedans.

Les élections cesseront faute d’électeurs. Les absentions cesseront faute d’élections. Et le bulletin blanc ne sera toujours pas pris en compte.

Ça ne changera rien sauf qu’on pourra appeler enfin ce système ploutocratique par son nom :

un totalitarisme courtois.

Quand l’économie dirige la politique, la politique ne fait plus que de la com’.

Au jeu de la com’ c’est le mieux habillé qui gagne.

Comme le mieux habillé n’a rien à faire de ses dix doigts, il joue à la guerre vidéo.

La guerre vidéo étant une continuité de la communication par une autre voie, nous verrons un jour de la pub sur les bombes à phosphore.

En tant que cible j’aime autant sortir du viseur.

A partir d’aujourd’hui, je n’irai plus voter.

tgb

De croisière en croisade…

Ça avait commencé en croisière, sur le Paloma, le yacht du pilleur africain Bolloré. Une forme assez moderne de méditation en bermuda et d’élévation par les talonnettes.

De l’espadrille à l’escadrille…

Ça finit en croisade, dans la « daube de l’odyssée » un remake du bien contre le mal.

Il avait bêtement raté la photo.

Son oral de rattrapage aura quand même de la gueule, sur le porte-avion « Charles de Gaulle », entre deux avaries, devant une bannière « mission accomplie » mais laquelle ? sous le regard attendri de Pujadas laissant couler son rimmel médiatique.

Après il pourra finir de rater sa guerre et rejoindre George dans les poubelles de l’histoire.

Quand il sera parti, Alain Duhamel sera toujours là. C’est au moins un repère.

En attendant c’est confus : Parce que vendre du nucléaire au Colonel la veille et de la bombe humanitaire le lendemain, du savoir faire répressif en janvier puis des frappes compassionnelles en mars, de l’Alliot Marie par ci puis de l’Alliot Marine par là, du No fly zone en Libye et du autant de fly zone que tu veux a Gaza, on finit par avoir un peu le tourNINI.


Même à Neuilly on se désespère.

Curieux quand même , ces politiques à qui on a ôté tout pouvoir et à qui on a laissé pourtant le droit de jouer avec les petits avions et le mamelon rouge de la bombe à neutrons. Savoir que le petit pas fini à ça dans les mimines….(Quand est ce qu’on atomise le Mexique au fait ?)

Une fois qu’on aura dans cette république une et indivisible fini de recenser les franco-catholiques, franco-protestants, franco juifs et musulmans, les franco francos les franco pas francos, les franco-franc macs, les franco-boudhistes, les franco-scientologues et autres franco mécréants on pourra clore le débat sur la laïcité et tous posément enfin se foutre sur la gueule.

Pourtant la politique c’est facile : Brauman à toujours raison et BHL toujours tort.

Sinon, aujourd’hui, journée mondiale de l’eau. ça s’arrose à Fukushima

Pendant ce temps les ouvriers de la Tepco se sacrifient et les actionnaires non.

Melenchon vote la guerre, je ne voterai donc pas Melenchon.

Il fait beau. C’est le printemps. Un « léger panache radioactif inoffensif » nous arrive du Japon, autant en profiter.

Y’ a des jours, vaut mieux se foutre de tout.

Je sors.

tgb

Rafale contre Mirage

Donc, plus de réacteur en fusion, plus de radiations à la une, affaire classée, refroidie. L’apocalypse est priée de patienter et ça tombe bien. La crise japonaise n’étant guère opportune dans la crise économique mondiale selon Parisot, elle est reportée à une date ultérieure.

Le sarcophage médiatique va se poser délicatement sur Fukushima : Tokyo est sauvé, place à Benghazi. (On ne dira jamais assez combien les guerres et autres catastrophes font pour l’apprentissage de la géographie.)

Aujourd’hui, le Rafale attaque le Mirage et Dassault gagnant gagnant, que son père surnommait affectueusement « l’idiot » peut faire péter le champ’ : «Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent » Et ils vont s’en servir. Ah les braves gens !

L’intérêt d’une guerre faisant que la marchandise est consommée, elle sera avantageusement remplacée et c’est quand même plus exaltant et rémunérateur de la voir, s’exploser en plein vol plutôt que se gâcher bêtement sur le tarmac.

Du tapis rouge au tapis de bombes

Donc, nous en étions resté au Kadhafi reçu en grandes pompes sous le tipi Elyséen, à tenter de lui refourguer du nucléaire et du missile et nous voilà, une Alliot Marie plus tard, à lui balancer direct et gratos sur la tronche de la bombe à Dassault :

Faut suivre !

On pourrait y voir une certaine forme d’ingratitude, rapport à un donateur éminent du premier cercle, mais le financement d’une campagne n’exclut pas qu’elle soit militaire.

La diplomatie est parfois taquine.

D’autant qu’en pleine session de rattrapage, ayant loupé les épreuves Tunisie puis Egypte, fallait bien à deux jours d’élections cantonales et à un an du bachot présidentiel, éviter au dernier des Bushistes président, le zéro éliminatoire.

Ne restait plus qu’une bonne guerre pour refaire, la cerise au petit caporal et mouiller Carla écrivais-je dans la conclusion de ma note relativement prémonitoire « madame du Baril ». Serais-je lu jusqu’à l’Elysée ? serais-je enfin devenu hyper influent ? Dois-je m’en féliciter ?

Et puis admettons que le Tyran local a bien le profil, comme Milosevic ou Saddam Hussein, pré vendus en fous sanguinaires, fréquentables puis infréquentables (ah le fou sanguinaire, argument indépassable de l’ingérence consciencieuse d’une démocratie humanitaro-coloniale) tandis que notre Saddam Hauts de Seine à nous, c’est une évidence possède six cerveaux parfaitement sains en sa tête mégalomaniaque.

Si le Minibush qui tient enfin sa miniguerre fera le maximum, on lui fait confiance pour s’en couvrir de gloire (déjà quand il n’y est pour rien il s’en vante) il faut tout de même reconnaître qu’une action belliqueuse n’a pas que des avantages. On sait quand elle commence, moins quand et comment elle finit et pour peu qu’un de nos « Rafale » se retrouve par terre, déjà qu’il a une certaine tendance à y aller tout seul, faudra pas s’étonner de se retrouver avec un prisonnier de guerre pleine page.

Certes on pourra toujours l’échanger contre Boillon le fils préféré du Colonel, ou Ollier le frère putatif du dictateur mais ça fera quand même un peu désordre au Figaro, fameuse plaquette publicitaire pour marchand d’armes.

Et pour peu que le Colonel payé pour parquer nos immigrés entre quatre barbelés lâche ses hordes de va nu pieds rien que pour nous faire chier, déjà qu’avec Guéant « les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, à cause d’une immigration incontrôlée» on ne sera plus très nombreux à lui répondre qu’à cause d’une lepenisation contrôlée, les immigrés ont parfois le sentiment aussi de ne plus être en France.

Nous voici donc en croisade humanitaire (10 fois qu’on nous fait le coup mais quand on aime on ne compte pas) avec le Canada, dernier pays néo-con de la planète, l’Angleterre d’un Cameron jaloux du criminel de guerre Tony Blair, plus quelques pays arabes exemplaires, tels le Qatar, les Emirats arabes, l’Arabie Saoudite, Bahrein, Oman… démocraties O combien recommandables, qui entre deux massacres de peuples en rébellion s’allient pour la bonne cause : libérer les libyens de son conducator pourvu qu’on leur lâche la grappe.

Faudra penser quand même à présenter Botul au roi Al-Khalifa, le temps qu’il change de chemise, esthétiquement ensanglantée, vu qu’on a l’indignation assez relative au Flore.

Ne reste donc plus qu’à partager la Libye, d’un côté le bon pétrole, de l’autre les mauvaises bombes et d’applaudir bien fort le petit coq d’une France, troisième exportatrice mondiale d’armement et de nucléaire.

Tout ce qu’on aime quoi !

tgb

Service public

Dans les années 90, j’ai travaillé comme consultant, près de 10 ans pour EDF.

Je partais le dimanche, je revenais le vendredi, je passais près d’une semaine en immersion totale dans un de ces centres de formation disséminés dans toute la France ; centres situés souvent dans des bleds improbables qui participaient largement à l’économie locale et que la privatisation rampante s’est empressée bien sûr de bazarder.

Moi avec.

Une semaine de boulot faisait mon salaire. J’en enquillais une dizaine par an, parfois plus.

C’est comme ça que j’ai croisé les types qui pilotaient des centrales nucléaires.

Des gaillards.

C’est comme ça que je les ai découvert, moi qui, de par mon parcours, n’aurait jamais eu la chance de les rencontrer.

Les plus anciens venaient de la marine, (dans une centrale nucléaire, en cas de pépin, mineur, majeur, le seul maître à bord est le boss. Le patron d’EDF peut dire blanc, le président de la république peut dire noir, la centrale est totalement autonome et c’est le directeur qui décide, un peu comme dans un navire) les autres, souvent fils de prolos et en tout cas toujours de milieu modeste, sans avoir forcément fait d’études étaient passés par l’école interne EDF. Un apprentissage exigeant et gratifiant, véritable ascenseur social. Ils avaient acquis un niveau d’ingénieur tout en refusant le statut de cadre par solidarité avec les autres salariés et par esprit de caste.

Je me souviens de cette grosse brute adorable qui me racontait comment, lorsqu’il avait débuté par hasard dans le métier ne sachant trop quoi foutre de ses dix doigts et de son BEP, son chef le suppliait de rameuter des copains à lui, tant la main d’œuvre et les vocations étaient rares.

C’étaient les balbutiements de l’aventure nucléaire, qui allait pourtant devenir le summum du prestige technologique français quelques années plus tard et à peu prés la seule chose d’exportable.

Ces pilotes de centrale, étaient considérés comme des seigneurs et vraiment , ils l’ étaient.

Des seigneurs parce que lorsque vous avez entre les mains la puissance inouïe d’une centrale nucléaire, piloter un airbus A 380 à côté c’est comme enfourcher une mobylette.

Des seigneurs, parce qu’ils représentaient l’aristocratie de la maison, étaient admirés, jalousés, craints, reconnus et super bien payés, d’autant qu’ils étaient hyper compétents et parfaitement irremplaçables.

Tous de la CGT, unis dans un esprit de corps renforcé par les nuits de quarts, par le confinement, par les responsabilités et les risques démesurés, ils leur suffisaient de bouger le petit doigt pour que les primes tombent, jusqu’à les indigner parfois, tant ils avaient le sentiment d’être privilégiés, rapport aux autres.

Mais fallait par les faire chier.

Ils me racontaient, entre deux histoires de cul, les séquestrations de cadres, les combats syndicaux et la solidarité fraternelle qui leur faisaient se retrousser les manches dès qu’un collègue avait un coup dur, dès que la boutique était en danger, dès que la situation était tendue, dès que le statut était contesté, dès que l’atome se faisait capricieux.

L’électricité devait passer et elle passerait.

Et parfois c’était chaud.

C’était chaud, comme cette nuit du 27 décembre 99 au Blayais, où la tempête Martin provoqua une brusque montée des eaux de l’estuaire de la Gironde et inonda une partie de la centrale. L’incident avait été classé au niveau 2 sur l’échelle INES, mais d’après les gars, on était passé, près, très prés de l’accident majeur.

Dans cette France exemplaire où on a tout prévu, où le désastre ne peut arriver qu’aux autres, où même un attentat kamikaze par Boing interposé n’ébrècherait pas le dôme protecteur d’un réacteur (et où pourtant 20 cm de neige à Paris en décembre suffit à foutre une pagaille noire), une météo, un peu exceptionnelle avait faillit conduire au pire des scénario catastrophes.

Ils restaient discrets sur la chose, mais à leurs silences et à leurs regards on sentait qu’ils avaient pris une sacrée dose d’angoisse cette nuit là et pas mal de cheveux blancs.

Sinon c’étaient de sacrés fêtards. On se marrait bien. On picolait bien aussi. C’étaient de grandes gueules, tendres  et attachants. Ils se lâchaient d’autant que ça ne rigolait pas sur poste. C’était un boulot d’ascète, de moine soldat. La moindre erreur humaine pouvait avoir d’énormes conséquences.

En ce temps là, à EDF, avant le temps de la sous-traitance, de la réduction des coûts, du temps où on parlait encore d’usagers et non de clients, on ne plaisantait pas avec l’accident du travail. Le compteur Geiger chassait la moindre dose d’irradiation et on se retrouvait arrêté pour moins que ça.

Une vraie famille oui. Avec de sacrées valeurs : l’intérêt général, le sens de l’état, la mission publique, la péréquation et la fraternité.

Le contraire à peu prés de l’atome sarkosien.

Non, fallait pas les faire chier, ils connaissaient leurs droits, mais ils seraient morts à leurs poste, « ces feignasses de fonctionnaires » au cœur du réacteur en fusion en faisant leur devoir pour sauver les femmes et les gosses.

Comme ceux de Tchernobyl.

C’est en pensant à eux que je pense aujourd’hui aux pilotes de la centrale de Fukushima, leurs frères, qui, à cet instant même se sacrifient.

Une autre forme d’immolation moderne sans doute.

tgb

Fukushima mon amour

Vu que l’histoire a singulièrement plus d’imagination que Jean François Copé, à l’heure où les sondages tirent des plans sur la comète franchouillarde tandis que le pétrole flambe et que le nucléaire pète, on risque de fêter la fin du monde bien avant la victoire de DSK ou l’inverse.

Ça peut être un soulagement.

Le jour de l’apocalypse, l’agence Fitch dégradera illico la note de la planète terre tandis que le FMI imposera un régime drastique aux cadavres irradiés et que quelques spéculateurs au radar engrangeront par réflexe une putain de plus value à valoir sur leur résurrection.

Le profit mon ami, le profit…

Dans cette heureuse perspective libre et non faussée, nous ne saurions trop recommander aux capitalistes assez cupides pour en crever, de continuer à faire de l’atome une marchandise comme les autres, qui, à l’image du pognon et contrairement aux réfugiés politiques, économiques, climatiques, ne s’encombre pas de frontières.

A la question « que feront ils une heure avant la fin du monde ? », les politiques ayant nettement moins d’imagination qu’un tsunami, Lepen expulsera du musulman, le nabot, nez sur les sondages déclarera la guerre au Luxembourg, histoire d’en finir avec Clearstream et Lagarde dégonflera ses pneus pour juguler la crise énergétique.

Le sens de l’histoire.

Sur l’échelle de Richter, les mouvements de menton des petits caporaux chefs se prenant pour des géants ayant à peu près autant d’impact que les vibrations d’une mouche qui pète dans le slip d’un Bechamel tout à trier les gentils des méchants par ordre alphabétique, faut reconnaître qu’un pays qui peut s’offrir tout à la fois une crise économique, un tremblement de terre puissance 9, un tsunami, une irruption volcanique et une catastrophe nucléaire a quand même une autre envergure qu’un pays qui s’offre une semaine de JT Pernaut sur un lotissement inondé en Vendée.

Je voudrais pas cafter mais on a l’air un peu con aujourd’hui avec Xynthia.

Quant à la déroute face à l’Italie…

On a les cata qu’on peut.

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Comme tout est politique, il nous faut admettre que les phénomènes naturels sont aussi politisés. Si l’ouragan Katrina soufflait contre Bush, le mouvement tellurique japonais pourrait bien permettre à l’ultimatumé Gbagbo de massacrer à l’abri des caméras.

Et comme tout est spectacle, le zapping compassionnel du cadavre froid du jour, le sushi au menu pourrait bien tirer d’affaire Kadhafi sur lequel s’apprêtait à sauter sans parachute, l’impulsif décérébré de Neuilly, le va t’en guerre à vau l’eau tenant à faire oublier le camping car de Ouammar sur le gazon élyséen.

Il ne serait d’ailleurs pas inutile de se pencher sur l’influence de la météo sur les insurrections.

S’il n’est pas surprenant qu’en France on révolutionne en mai ou en juillet, on ne peut qu’être impressionné par des Russes qui se la programment en octobre. Quant aux pays du sud…trop facile.

Entre les convulsions de l’histoire, les soubresauts des peuples et les violences sismiques, agrémentés de fission par ci de fusion par là et d’E=MC2 mon amour, bien malin qui, au jeu des prospectives pourrait oser nous prévoir de la retraite en 2040 et de l’espérance de vie, quand Tchernobyl rode et qu’Eric Besson nous inquiète rien qu’à nous dire de son air de faux cul, que tout baigne.

L’apocalypse ayant au moins l’avantage d’être parfaitement égalitaire, le marxisme à forcément de l’avenir.

Finalement, et suite aux prédictions des Incas, l’apocalypse du 21 12 12 peut survenir, je ne regrette pas d’avoir investi dans un charmant abri anti-atomique familial cinq places.

Il m’en reste une, je peux recevoir mais il va falloir être très très aimable.

tgb

photo : Danièle A.

Anesthésie locale

Contrairement aux peuples jeunes qui s’emparent de leur destin, se foutant heureusement de savoir si Ben Ali était en tête dans les sondages ou si Moubarak était populaire auprès d’un échantillon représentatif de la population, nous voilà tous, à nous indigner devant un résultat virtuel qui sent fort sa fabrication d’opinion.

La fille de son père tient la corde du pendu.

Et chacun d’échafauder son hypothèse, de tirer des plans sur la comète à partir de tendances parfaitement virtuelles, moi itou, dans le barnum éditocratique.

Qui décrochera la queue du Mickey présidentiel dans un an ? – Autant dire par les temps qui courent dans un siècle environ – alors qu’un véritable test électoral dont tout le monde se fout, se profile sous quinze jours et dont on pourrait tirer au moins quelques enseignements absolument factuels…

mais non.

Tous à touiller de cette bonne tambouille sondagière qui fait causer dans le poste à analyser de la conséquence plutôt qu’à en aborder les causes et prendre l’ombre pour la proie et le fantasme pour le réel.

Le symptôme ordinaire de cette société du spectacle s’excitant soudain au rebondissement dans le feuilleton calibré pour cerveau disponible.

Je ne dis pas que la blondasse de son père ne surfe pas sur une vague populiste qui se répand dans une Europe percluse de rhumatismes, se rétracte et fait sous elle. Qu’elle apporte de mauvaises réponses à de fausses questions et qu’elle prospère sur un malaise grandissant et les frustrations d’une population en plein naufrage.

Vieux réflexes épidermiques de crise qui fait depuis la nuit des temps prendre des vessies pour des lanternes et des halogènes pour des messies.

Je dis juste qu’il est une question toujours précieuse à se poser en ces circonstances :

A qui profite le crime ?

Et à cette question de base, je n’ai qu’une réponse logique. Certainement pas à la fille de son père mise à découvert et affublée d’un statut de favori bien inconfortable mais bien au vote utile. A ce vote civique et républicain consistant à serrer les rangs, à bien circonscrire le périmètre délimité et à voter fort démocratiquement en suivant les pointillés comme il en a été préalablement convenu par l’appareil général : soit UMPS.

Electeurs responsables mobilisez vous et votez raisonnable : Sarko/Dsk.

Oui, ce putain de vote utile qui exclut d’autorité toute alternative et contraint d’avance le spectre des possibles.

Le rêve éveillé d’Aphatie et ses frères :

Démocrate ou républicain

Pepsi ou coca

Faire l’économie d’un premier tour anecdotique

Bref, voter oui ou non dans la mesure ou seul le oui sera pris en compte.

Et ce, facilité par une gauche de gauche qui passe le plus clair de son temps à s’entredéchirer et à dilapider maladivement ses forces dans un clanisme désespérant.

Autant faire ainsi le deuil direct d’une révolution citoyenne par les urnes.

Ce que l’on perd en illusions, on le gagne en réalisme.

Au moins, pendant que l’on s’indigne ici les pays du sud font leurs révolutions.

Et si finalement l’indignation n’était rien d’autre que l’anesthésie de l’insurrection ?!

tgb

Commu/niqué !

Très chers électeurs égarés au FN,

Vous qui vous détournez malheureusement de notre UMP qui avait magistralement réussi à capter vos aigreurs passées lors de la dernière présidentielle, nous vous avons compris.

Comme vous, nous constatons l’extrême difficulté à se laisser aller aujourd’hui à une tradition française bien sympathique mais hélas totalement passée de mode : l’antisémitisme.

Cet antisémitisme de terroir qui fit les belles heures françaises et nourrit une littérature anonyme foisonnante, des rafles méthodiques et une propension admirable à la délation civique, parfois même désintéressée, faisant honneur au savoir faire français.

Vous aurez remarqué par exemple que même un Pipole du calibre de Galliano ne peut malheureusement plus s’adonner à quelques anecdotiques confidences racistes et avinées sans y laisser sa place et sa réputation.

C’est pourquoi, soucieux de conserver ce patrimoine culturel du bouc émissaire, du sale étranger volant les aides sociales du français, nous avons décidés de répondre à votre légitime frustration, vos ressentiments compréhensibles exacerbés par la crise bancaire et l’injustice sociale (à laquelle malheureusement nous nous devons de contribuer) et d’offrir à vos bas instincts, votre fond de saloperie pseudo identitaire et votre connerie atavique une véritable alternative :

L’islamophobie.

Théorisée par la quintessence de notre philosophie médiocratique de bidet, par nos meilleurs briseurs de tabous de bar, condamnés, persécutés, bâillonnés mais ovationnés, nous ouvrons pour vous et sous couvert d’un débat sur la laïcité dont le Chanoine de Latran se contrefout vous vous doutez bien, la possibilité de défouler votre haine de l’autre sur le musulman.

A vous donc de dénoncer anonymement ou pas, du Barbu, de la femme voilée, du menu halal et du minaret clandestin et de contribuer ainsi à ce clivage et à ces divisions qui font tant pour l’unité fraternelle et républicaine de notre pays égalitaire.

Après un premier test sur l’identité nationale animé par le zélé et regretté Besson puis un second sur les voleurs de poule et autres Roms pas bien de chez nous, tests qui nous auront permis de corriger et de mieux affiner cette proposition d’exutoire national, nous vous encourageons donc à soulager vos penchants racistes plutôt qu’à prendre exemple sur les populations arabes en pleine révolution agressant leur oligarchie plutôt que des plus faibles qu’eux : les cons.

Certes, supprimant un fonctionnaire sur deux, le dépouillement de vos missives exemplaires prendra un peu de temps, mais soyez assurés que votre littérature de bon français de la « chrétienneté » sera examinée avec le plus grand soin.

N’hésitez surtout pas à humilier quelque tête de Turc désignée, prenant exemple sur notre illustre président en Turquie lors d’un de ces voyages expédiés, tout à machouiller ostensiblement son chewing-gum devant le maire d’Ankara, montrant ainsi avec désinvolture et savoir vivre bien français, la suprématie évidente de l’homme blanc ruminant sur le barbare basané.

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Si malgré tous nos efforts cet exaltant débat ne nous permettait pas de récupérer nos parts de marchés électorales, toujours attentifs à flatter vos pulsions les plus primaires, nous n’hésiterons pas, suite à un fait divers particulièrement atroce, à relancer pour votre plus grande satisfaction, le débat sur la peine de mort.

Si toutefois ce débat devait avorter encore, face à la bienpensance hégémonique des bobos gauchisants, une bonne grosse polémique sur l’interdiction de l’IVG pourrait alors faire l’affaire.

Comptant sur votre mobilisation citoyenne de vrai français de la vraie France et dans l’espoir de remonter bien vite dans les sondages, malgré notre totale incompétence et notre souverain mépris veuillez croire à notre sincère et répugnante gratitude.

L’Union Marine Populiste

tgb

Madame du Baril

ça commence sérieusement à faire tache, à faire de l’huile, à faire tache d’huile du côté du détroit d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz ?

Oh un détail, juste le gros tuyau ventru qui remplit de benzine la mobylette planétaire.

Que ça bouge à Oman, que ça se trouble au Bahreïn, que ça cafouille au Yemen, que ça se délite en Libye, c’est pas tellement le problème. Ni que ça ramasse du cadavre d’arabe à la pelle par ci, ni que ça tend du flux migratoire par là. Ça c’est du dégât collatéral toujours bon à instrumentaliser pour mieux nourrir les peurs de l’électeur à basse fréquence.

Non, le problème occidental, qui fait se mouvoir soudain l’armada ricaine, c’est que tout ça touche le joyeux pays dont le nom est issu en toute simplicité de la famille régnante : L’Arabie Saoudite.

Le Pays pétroleux des Saoud. Ces gus avec des serre têtes enfilés sur des taies d’oreiller, genre bocal à cornichons.

Trois octogénaires gâteux à la tête de l’émirat, 8000 princes et neveux à nourrir blanchir, 10 millions d’habitants payés à rien foutre (qu’on arrose encore de pétrodollars en ces temps enragés – on n’est jamais trop prudent) plus 10 millions d’esclaves immigrés qui font le reste, à savoir modestement : tourner la boutique.

L’Arabie Saoudite donc.

Ce sultanat qui ne fait surtout pas la une des journaux mais dont le régime obscurantiste et rétrograde ferait passer la Corée du Nord pour une principauté monégasque et l’Iran pour une confédération helvétique. (précisément là où on est assez regardant sur le minaret et assez peu sur le compte pudiquement voilé.)

L’Arabie Saoudite tout à sa Mecque et à ses 3/4 de réserves pétrolifères mondiales, peut s’offrir quelques danseuses, un palace parisien par exemple où l’on verbalise assez peu les dames en tchador de chez Dior, mais surtout le sponsoring à forte dose de subvention gazolinée du wahhabisme, forme radicale d’islamisme arriéré qui n’autorise pas madame à prendre le volant mais recommande à monsieur de couper la main du voleur de string.

Genre d’ambiance à te donner une vocation de Ben Laden fissa pour foutre en l’air la dynastie.

C’est donc le pire des pays fermés qui se trouve être l’ami intime du « meilleur » des pays « ouverts » : l’Amérique (sic).

Non pas qu’ils aient grand chose à se dire mais quelques intérêts communs.

Le pétrole contre la bombe au phosphore. Bon deal.

Que cet Emirat peuplé de dégénérés endogamiques saute et c’est « l’american way of life » qui devient urgemment négociable, tandis que toi, à 10 euros le litre, t’ iras camper en vélo avec Paulette sur le porte bagage, si on ne t’as pas supprimé tes congés payés, ce dont je doute.

Trois fois rien donc. Juste un léger (et heureux) basculement de civilisation.

C’est pourquoi au premier éternuement du pays tout pourri des barbus emmaillotés (de ceux qui ne dérangent pas le raciste entarté Zemmour et ses amis vu que ce sont NOS barbus) tu verras débarquer pour raisons humanitaires et autres tartuferies la grosse cavalerie et apprécier un planter de drapeau stars and stripes pas dégueu en haut de la dune bitumeuse.

C’est D’Abou Dabi, base militaire française, aussi nouvelle que provisoire, au cœur du bordel d’Ormuz, qu’une paire de jumelles à la main (de la marque Bogdanov), ce qui nous sert encore d’Hyper de supérette président pourra déclarer sa petite guerre suiveuse, nez sur les sondages et finir de bousiller définitivement la France, pendant que Carlita, juchée sur un baril à 1000 euros du brut, fera la tournée des popotes militaires.

En tant que plus médiocre président de tous les temps, mini Bush pourrait faire alors ses deux mandats réglementaires.

Sinon, à part ça et même en engrossant madame du Baril, je ne vois pas.

tgb

Ben dis donc…

Mauvaise nouvelle pour les tenants du choc des civilisations

 Les peuples affranchis disent merde à Samuel Huntington

Mauvaise nouvelle pour les islamophobes abonnés

 Il y aura bientôt plus de démocratie en Tunisie qu’en Hongrie

Mauvaise nouvelle pour les garçons coiffeurs

Bientôt moins de barbus kamikazes que de glabres immolés

Mauvaise nouvelle pour Israël

L’extrême droite règne à Tel Aviv et plus au Caire

Mauvaise nouvelle pour les partisans du statu quo

Les siamois ben Ali et Ben Laden tombent à l’eau

Ben dis donc…

Mauvaise nouvelle pour Tina, il y a à nouveau des alternatives

Entre Ben Sarko et Ben Strauss Kahn un autre Ben est possible

Mauvaise nouvelle à moyen terme pour Lepen stratégie

La rue Myrha en passe d’exotisme

Mauvaise nouvelle pour les aficionados de Fukuyama

L’histoire n’a pas fini de mettre la pagaille dans la géographie

C’est une bonne nouvelle pour les éditeurs d’Atlas.

tgb

La révolution du camembert

Il faudra quand même analyser un jour en laboratoire, le cerveau d’un patron de la BCE touchant 345 252 euros d’argent de poche annuel, aprés majoration significative, déclarant qu' »augmenter les salaires serait la dernière des bêtises à faire » tout en sachant pertinemment qu’un quart de la population française reçoit pour toute rémunération la somme mirobolante de 750 euros mensuelle.

Pour l’avancement de la science, faudra quand même un jour, et le plus tôt sera le mieux, disséquer au scalpel le crémol de Trichet jean-Claude, pour vérifier quelle hypothèse psychiatrique est la plus vraisemblable :

anomalie génétique

détérioration mentale par abus d’onanisme libéral

immoralité ploutocratique de base

incontinence economico-politique

acte manqué méprisant ou maladie de la Tourette

totale déconnexion psychique du réel

provocation monomaniaque de classe

obssession pathologique d’inflationite aiguë

effets de consanguinité oligarchique

pur foutage de gueule

travail de sape d’un infiltré de l’internationale bolchevique

étrange certitude d’impunité chronique

connerie

Parce qu’à l’heure où la valeur « dignité » revient très fort à l’avant du peloton, où le mot « peuple » ressurgit des catacombes de l’histoire, et où, la population mondiale, particulièrement arabe ces temps ci mais faut voir large, a comme une overdose d’humiliation ordinaire et redresse la tête, faut être sacrément suicidaire pour oser une saloperie pareille.

Je voudrais pas cafter mais, quand les peuples en sont à affronter à mains nues les hélicoptères des salopiots du genre Kadhafi, même pas peur, le Trichet a quelques raisons de mouiller son gilet pare-balles.

On en a tondu pour moins que ça.

Faut dire qu’ils ont pris de méchantes habitudes ces gens-là.L’habitude de l’arrogance en string (syndrome Paloma sans doute) à traiter leur monde en larbin transparent°, jusqu’à ce qu’un petit malin tire sur la ficelle du calbut et fasse découvrir en quasi direct sur la toile qu’ils  en ont une toute petite et que tout le reste c’est juste que de la gonflette.

Pas la peine d’être une pointure de l’expertise éditocratique pour comprendre que quand les Emirats en sont à distribuer des chèques-cadeaux à leur « populace » en toute panique, tendant à démontrer qu’en cas d’urgence le pognon à une certaine capacité à ressortir de derrière les fagots, c’est que la peur a changé de camp.
Une immolation par le feu devant le palais de justice de Paris et hop, voilà les prémices un peu tendance de ce qu’un Seguela calamiteux et peu inspiré (pléonasme) pourrait nommer « révolution du camembert ».
La tête de Trichet au bout d’une pique avant autopsie, pourrait faire progresser la psychiatrie à grand pas.
Si à 50 ans t’as pas fait la révolution, t’as raté ta vie mon ami.
tgb
voir sur Fakir (lien colonne de gauche) l’excellent reportage « la france de tout en haut »