Au quatrième plan d’austérité, il sera Tina moins dix

Il y eut un premier plan, puis un second, puis un troisième, c’est au quatrième plan d’austérité que le gouvernement socialiste portugais se mangeait sa copie libérale et que son premier ministre José Socrates sortait par la fenêtre poussé par le PSD conservateur, parti du président de la commission européenne Barroso exécuteur testamentaire de plan d’austérité ordinaire.

Où l’on découvre donc qu’un social démocrate couché n’a pas plus d’avenir qu’un centriste accroupi.

Bon débarras.

Pour punir ce pays asphyxié, à l’instar de l’Espagne ou de l’Irlande, élèves exemplaires pourtant d’une politique libérale de bon aloi, le Portugal sera donc étranglé.

Faire une saignée à un état anémié, on ne sait jamais ça pourrait le guérir.

Au quatrième plan d’austérité, sa note sera une fois encore dégradée, avant que l’opposition conservatrice propose un cinquième plan de rigueur lu et approuvé par le FMI, de l’hyper alternatif Strauss Kahn.

Le peuple électeur dans sa grande sagesse alternative, votant pour l’un puis pour l’autre jusqu’à se fatiguer de voter pour pareil donc pour rien, tranchera.

Chez Tina, on appelle ça une démocratie.

Tandis qu’en France, au rayon laxatif, entre deux cannes à pêche, et dans un dernier sursaut fantasmatique à trouver du nouveau, le peuple électeur en sa grande sagesse alternative, se tâte du populisme gras à la FN.

Des fois que ça se serait juste enfin un peu goûtu.

Tandis que la « gauche » aimant à se faire peur, entre deux plans d’austérité, tout à son projet politique ambitieux de pareil mais en mieux, se drape fort pudiquement dans un front républicain émouvant qui ferrait une différence essentielle entre Sarko et Lepen.

Pourquoi pas. Après tout oui, un Guéant étant sans doute un peu plus à droite qu’une Marine…

Après avoir essayé de l’austérité de droite de gauche du centre puis de l’extrême droite, du nouveau, du vieux, du bleu nuit, du rose fluo, le peuple électeur dans sa grande sagesse alternative, cessera de faire semblant de choisir de l’étiquette avec du même produit dedans.

Les élections cesseront faute d’électeurs. Les absentions cesseront faute d’élections. Et le bulletin blanc ne sera toujours pas pris en compte.

Ça ne changera rien sauf qu’on pourra appeler enfin ce système ploutocratique par son nom :

un totalitarisme courtois.

Quand l’économie dirige la politique, la politique ne fait plus que de la com’.

Au jeu de la com’ c’est le mieux habillé qui gagne.

Comme le mieux habillé n’a rien à faire de ses dix doigts, il joue à la guerre vidéo.

La guerre vidéo étant une continuité de la communication par une autre voie, nous verrons un jour de la pub sur les bombes à phosphore.

En tant que cible j’aime autant sortir du viseur.

A partir d’aujourd’hui, je n’irai plus voter.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

21 commentaires sur « Au quatrième plan d’austérité, il sera Tina moins dix »

  1. Absolument pas d’accord sur ta conclusion.
    Veux tu que 20 % d’électeurs choisissent la voie de 100 % des Français ?
    En plus, ceux qui votent à chaque coup sont les plus vieux et les plus réacs !
    Tu pourras effectivement appeler ce régime une ploutocratie.
    Certes.
    Et après ? Tu sera bien obligé de t’aplatir devant des Lois scélérates !
    Et là, ce sera bien pire !

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  2. @Parkane – sauf qu’il est capable encore de pas le payer
    @cui cui – parce que jusqu’à aujourd’hui ton vote a empêché les lois scélérates ?

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  3. Non parce que je n’ai pas été majoritaire.
    Mais il arrivera bien un jour où je serais dans le camp des vainqueurs !
    Sauf si je ne vote jamais, bien entendu !
    Ne pas participer aux suffrages, c’est laisser blanc-seing à la réaction. C’est du moins, mon humble opinion. De toute manière personne ne trouvera un représentant idéal (même soi-même ! ;))
    En ce moment personne n’incarne un réel espoir, je le concède, mais baisser pavillon : jamais.
    C’est mon côté rebelle… 😉
    Je préfère le moins pire au plus pire. (les aphorismes de cui cui -DDD)

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  4. oui sauf que mon coté rebelle à moi me conduit à la thèse inverse à force de moins moins moins pire on finit dans le plus rien du tout – un jour on finira par voter Lepen dans un front républicain pour échapper à pire

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  5. Très bon billet, thanks!
    À l’heure actuelle, voter est inutile. Le vote blanc n’est pas considéré comme un vote de protestation mais comme « je remets mon opinion aux mains de ceux qui expriment leur suffrages ».
    Pas de candidat valable en vue.
    Le système est pourri, branlant, et les seuls qui pourraient effectuer des réparations sont ceux qui profitent des trous.
    Ce n’est pas en continuant à voter pour la continuité (qu’elle se proclame de gauche ou de droite) qu’on va améliorer les choses. Voter c’est cautionner. Les citoyens le sentent bien, et l’abstention grimpe, faute d’alternative crédible.
    Bientôt, l’épouvantail FN ne sera même plus suffisant pour mobiliser. D’ailleurs nos politiques, s’ils sont prêts à dire « votez pour nous contre le front », ne sont par contre pas prêts à changer, alors que c’est dans leur incapacité à donner satisfaction que résident les vraies causes de la progression frontiste.
    N’est-ce pas un manque de respect envers le citoyen que de compter sur sa peur du FN qui, on en est sûr, lui fera cautionner le système pour cinq nouvelles années?
    Avant, je faisais quand même l’effort d’aller voter blanc. Maintenant, comme tgb, j’ai cessé d’aller voter. Et ça ne veut pas dire que je n’ai pas d’opinion, ni que je m’en moque, ni « que je n’aurai pas le droit de me plaindre après » comme je l’entends trop souvent. Ça veut dire que j’ai des idées, aucun candidat pour les porter, et que je les juge trop fondamentales pour donner ma voix à quelqu’un qui ne les porte pas.
    @cui cui: non, ce n’est pas à 20% de décider de la voie de 100%. Mais peut-être faut-il que ça arrive pour que les 80% se décident enfin à se soulever pour changer un système soi-disant démocratique qui permet pourtant à ce genre d’ineptie de se produire. En 2007, je me suis dit à l’annonce des résultats que 5 ans de sarkozisme suffiraient à foutre le feu, mais apparemment il faut plus que ça aux français pour démarrer.
    Vu où on en est, il nous faut soit un sauveur, soit une révolte. Moi je vois pas de sauveur potentiel.

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  6. @FennNaten – le sauveur potentiel c’est le peuple c’est nous – personne d’autre
    @urbain – c’est ce qu’on appelle un invariant

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  7. Je suis tout à fait d’accord, tgb: les élections ne font que cautionner les politiques qui se répartissent les rôles au mépris des électeurs, dont ils se contrefichent entre deux élections.
    Nous n’avons rien à gagner à participer à cette mascarade.
    D’autre part, on dit: »il faut voter »: d’accord, mais ils faut voter pour qui? pour des gens qui, en fin de compte nous appellent à voter pour des candidats dont nous rejetons en bloc l’idéologie? Nous ne sommes pas des girouettes.
    D’autre part, je lis qu’il faut voter parce que nos aînés se sont battus pour obtenir le droit de vote. Certes, mais je doute fort que c’était ce droit de vote-là qu’ils demandaient.
    Avec des notables loin des réalités de la population qui cumulent les mandats, empêchent les femmes et les ouvriers d’accéder aux postes de responsabilité.

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  8. en phase – et puis chaque fois qu’on a voté non conforme on s’est empressé d’annuler l’élection.
    c’est bon j’ai enfin pigé.

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  9. (Les méchants) Qui c’est qui vend des fusils (Les gentils) Qui c’est qui s’retrouve devant (Les méchants) …
    Assurément, ce court film « Je sais rien mais je dirai tout » (1h19) mérite une attention et se laisse regarder avec un certain plaisir. A noter enfin ce délicieux avant-propos, si évocateur, si saugrenu, d’un général français : « Ce n’est pas parce qu’on leur vend des armes qu’’on leur a demandé de tirer .

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  10. Élections, piège à cons.
    Ecrit par : urbain | 27.03.2011
    Mouarfffff ! C’est çui qui le dit qu’y est !
    Rappelons au camarade Urbain qui a la mémoire bien courte qu’il a voté Bayrou au 1er tour de l’élection présidentielle de 2007 (oui oui ! -DDD)
    Un peu de pudeur ne faisant de mal à personne. Un marxiste, donneur de leçons devant l’Eternel, qui vénère le Général de Gaulle et vote Bayrou à une présidentiel devrait hésiter à trop jouer les penseurs gauchistes pénétrés et pénétrants…
    C’est vrai qu’il n’y a que les anciens du DEL de Birenbaum qui se rappellent de certains épisodes croustillants. Hé hé !

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  11. Ecrit par : emcee | 27.03.2011
    La bonne question n’est pas « voter pour qui ? »
    mais
    « voter pour quoi ? »
    Nul doute que si chaque électeur se la posait il conclurait assez spontanément …
    élections piège à cons
    Il est d’ailleurs symptomatique que le plus généralement on vote assez massivement « contre » , qui est toujours une manière de voter pour quelque chose plutôt que pour quelqu’un .

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  12. je souhaiterais que le « droit de vote » à la française inclue l’option de dire non pas « je ne m’exprime pas et laisse le choix aux autres » mais « je refuse catégoriquement l’ensemble des candidats ».
    Ce serait un pas vers une véritable démocratie.
    Faut arrêter de se raccrocher désespérément à un système qui a largement montré ses limites par peur du changement.
    Notons que l’abstention sur cette élection, malgré « l’épouvantail FN », a tout de même dépassé les 50%…

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  13. Ecrit par : marie | 27.03.2011
    Dans ce contexte, on s’apercevrait que ce pour « quoi » certain(e)s votent c’est essentiellement … le doit de vote.
    Une figure assez typique de la démocratie de marché , avec le formalisme approprié :
    le vote comme « acte politique » ( unique ) et de fait comme « produit »
    le « choix » ( entre plusieurs « candidats » ) attestant la « liberté »
    Ce qui est important c’est de consommer le produit en le choisissant librement , comme il est important de choisir une lessive ,une voiture, un téléphone portable …
    Cet avatar du dogme de la « concurrence libre et non faussée » n’est pas du tout métaphorique, c’est très concrètement une incarnation « politique » du rapport social de production ( d’élus comme forme de la chose démocratique ) occulté par la »marchandise » produite et qu’il s’agit de faire circuler.
    S’abstenir, boycotter… c’est indigne car improductif en terme de marché démocratiste .
    Maintenant il n’y a pas lieu d’être plus dogmatique en cette matière qu’en aucune autre. Il peut ( hypothétiquement) y avoir des motifs de voter valides et qui ont un sens et une portée politique … mais jamais des élus.

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