Rue Havre

 C’était il y a quelques années. Dans un de ces hôtels pour VRP, dans une de ces zones industrielles, dans un de ces lieux indéterminés. J’animais un stage.

C’était le soir. Un peu zombi. Vautré devant la télé. Télécommande à la main.

Ce moment-là est très précis dans ma mémoire. La piaule. Le décor. L’ambiance.

Et pourtant des piaules d’hôtels pour vrp dans des zones industrielles au lieu indéterminé, un peu zombi, j’en ai consommé pas mal.

C’est là, ce soir-là, que j’ai rencontré pour la première fois Aki Kaurismaki.

« L’homme sans passé »

Je me demandais ce que c’était que ce film OFNI, cet objet filmé non identifié. J’étais scotché. Happé. Collé à l’écran. Comme quoi la télé peut être un super outil culturel et pédagogique des fois.

Je n’avais jamais rien vu du Finlandais taiseux. A peine entendu parlé de ‘Leningrad Cowboys go America’. En plus, pour simplifier il avait un frangin, Mika, cinéaste aussi, et un confrère iranien dont le nom avait une consonance avoisinante : Kiarostami.

Ça n’arrangeait rien.

J’ai immédiatement flashé sur ce film à la beauté froide, poisseuse, à l’esthétique formelle, aux dialogues pas bavards, à la poésie sobre et burlesque, au pessimisme taquin qui n’appartient qu’à Kaurismaki.

Une scène : Le héros amnésique retrouve sa femme. Elle lui est devenue étrangère. Elle aime un autre homme. L’autre homme arrive. Ils se jaugent. Un geste. Ils sortent.

L’amant dit au héros : On se bat ? le héros dit : non !

L’affaire est pliée. L’homme sans passé repart pour une vie nouvelle.

Tout à l’économie de moyen. Minimal et d’une totale efficacité.

Alors évidemment j’étais le 21 décembre à la première séance du dernier film de Kaurismaki :

‘Le Havre’

Je me suis fais mon cadeau.

Conte humaniste, théâtralisé, fait d’anachronismes, de répliques simples et toujours ciselées. Fable sociale, à l’atmosphère surannée d’une étrange modernité ; mélange de Carné, d’Arletty, d’années 30, 50, 70, 2000, passées au shaker.

Ambiance expressionniste de port, de docks, de containers bariolés, de quartiers craignos, de bistrots pourris, de paumés élégants à la gueule cassée, de gens de peu à la diction étrange.

Et des acteurs en grâce, Wilms en Marcel Marx tout un programme, en raté raffiné, Daroussin, en inspecteur Javert au look Melvillien, et Kati Outinen, éternelle complice en Arletty distante, et Jean-Pierre Léaud, passé d’enfant frondeur à sale délateur d’enfant traqué (Blondin Miguel) comme le raccourci grinçant d’une génération, et Pierre Etaix, épatant, comme un hommage du clown blanc à l’auguste, et Little Bob dans le rôle de Little Bob remplissant de son gros rock qui tâche, les verres de blanc…

Un film mélancolique, à la nostalgie cadrée, au réalisme coquin, furieusement contemporain qui t’affûte le regard, t’aiguise les sens, qui te fait voir ensuite, au retour, les gens dans le métro, beaux autrement.

Kaurismäki, l’étranger d’Helsinki a dédié ‘le Havre’ à Claude Guéant.

« Il sait pourquoi », a-t-il précisé.

Après visionnage, les spectateurs aussi.

tgb

3 bêtises avant la trêve des confiseurs

L’effet pervers et le cercle vicieux

‘La zone euro renflouera le FMI à hauteur de 150 milliards d’euros, une somme qui devrait permettre au FMI d’aider les pays en difficulté de l’union monétaire (eurozone)’ AFP

Je vous laisse apprécier la beauté singulière de la phrase ainsi que la limpidité du système. Quand on a la chance d’avoir construit une aussi somptueuse usine à gaz, où l’absurde le dispute à l’arnaque, il ne reste plus qu’à la faire breveter. D’ailleurs c’est ce qu’ils ont fait.

On appelle ça « le traité de Lisbonne » – Respect !

Je me quitte

Il faudra que j’apparaisse en rupture avec moi-même.’ NS

L’homme qu’à changé qu’à changé qu’à tellement changé qu’il est toujours pareil, ne trouvant plus rien à casser a décidé de se casser lui-même, illustrant à merveille la citation prémonitoire de ce grand auteur de la fin du 20ème/début du 21éme qui restera à jamais dans les annales de la schizophrénie française :

« casse toi pôv’con ! » Lucide !

La diva du divan

« Cet électorat populaire a sa place avec nous ! «  FH

Et c’est bien aimable au candidat de la gauche dans un fauteuil club, de nous autoriser à poser un modeste quart de fesse sur le pouf de Solferino, un poil à l’écart toutefois du sofa socio-libéral, tant nous, peuple citoyen refoulons du goulot.

Maintenant vu sous un autre angle, il pourrait apparaître que l’électorat populaire considère que le PS n’a pas sa place avec lui, puisqu’aux dernières nouvelles, et malgré les segmentations et autres cibles marketing, c’est encore le peuple qui choisit son représentant plutôt que le candidat qui choisit son électorat.

Du maroquin au siège éjectable : la dégringhollande !

tgb

6 ans, 9 mois et 7 jours…

Après 6 ans 9 mois et 7 jours d’une captivité arbitraire, et contrairement aux prisonniers palestiniens morts en prison dont les dépouilles ne sont restituées à leurs familles qu’à l’issue de leur peine, comme ultime humiliation, Salah Hamouri a retrouvé les siens, libre et vivant, avec 549 autres camarades dont 55 adolescents de 14 à 17 ans, avant qu’Israël ne reconstitue le ‘stock’.

Comme 40% des hommes palestiniens, ce qui rapporté à l’échelle de la France représenterait près de 15 millions d’individus, Salah Hamouri aura donc connu les geôles israéliennes.

A vouloir, dans sa folie maladive, nier par calcul et mépris l’existence même du peuple palestinien, les autorités israéliennes n’auront finalement réussi qu’à donner un visage à la lutte de ce peuple résistant.

Celui de Marouane Barghouti,

toujours enfermé dans une prison de haute-sécurité israélienne, et condamné à 5 peines de prison à perpétuité.

Celui de Salah Hamouri devenu,

à l’heure où l’en enterre Havel, le symbole même de la dissidence d’aujourd’hui.

Il reste encore plus de 4000 prisonniers politiques palestiniens en Israël.

tgb

(Spéciale dédicace à Jean-Luc Melenchon qui aura appelé à sa libération une semaine avant sa sortie. Une semaine plus tard, c’eût été ballot.)

sAAArkozy sAArkozy sArkozy srkozy ou la disp?rition

Nous sommes sur le point de perdre notre triple, puis double, puis unique première voyelle.

Une lettre perdue et tout est différent en Fr?nce.

D’un seul coup, les inepties politiques se retrouvent estropiées et les sorties opportunistes terriblement boiteuses.

Hier, le président nous dis?it : ‘Si on perd le triple ? je suis mort’.

?ujourd’hui le président décl?re : ‘Si la Fr?nce perdi?t son triple ? nous ?ffronterions cette situ?tion ?vec s?ng-froid et c?lme… cette perte ne ser?it p?s insurmont?ble.’

Doit-on conclure qu’? cinqu?nte ?ns, si t’?s p?s de triple ? t’?s r?té t? vie ou p?s ?

Si, hier, pour le ministre des ?ff?res étr?ngères la dégr?d?tion p?r les ?gences de not?tion de la note fr?nç?ise ét?it ‘c?t?strophique’, ?ujourd’hui, p?r un mir?culeux retournement de situ?tion, elle n’est p?s un ‘c?t?clysme’.

Qu’en déduire ? qu’un ? ç? v?, c’est qu?nd il y en ? plusieurs que ç? pose des problèmes ou p?s ?

Q?und ?l?in Minc, nouve?u président des ?ut?uroutes ceintures et bretelles nous explique que ‘l’ ?pplic?tion du projet soci?liste fer?it perdre ? l? Fr?nce son “ ???” doit-on comprendre comme l’ ?ffirme Luc Ch?tel que ‘ce n’est p?s l? note ??? de l? Fr?nce que Moody’s met sous surveill?nce, c’est le progr?mme de Fr?nçois Holl?nde’ ou que N?dine Mor?no est la tête de pont d’une cinquième colonne rouge infiltrée ?

Si, Fr?nçois B?roin nous promet que ‘le progr?mme soci?liste v?udr?it ? l? Fr?nce de voir s? note dégr?dée en deux minutes’ peut on croire ?l?in Juppé qui lui ?ssure ‘qu’ ?vec le PS, au bout de 15 jours on ne ser?t plus ???’

2 minutes ou quinze jours ? question fourchette c’est flou !

Vous ne m’oterez p?s de l’idée que fin?lement ?vec moins de ? et plus de Q d?ns notre l?ngue de Molière, Str?uss K?hn finiss?it président !

Quel bol !

N’empêche, si tout simplement cette histoire de voyelle confisquée relev?it d’un complot mondi?l pour f?voriser Melenchon, Villepin, Poutou, en leur intégrité, ?u détriment de B?yrou, Holl?nde, S?rkozy ignominieusement diminués ?

Et t?ndis que Georges Perec, et ses E ressurgis du dico, se fend la poire, c’est l? norme srkozy qu’on nous sort du ch?pe?u.

?u gr?nd jeu des chiffres et des lettres, une voyelle en moins et c’est srkozy qu’on sonne.

KO !!!

 tgb

Sommes nous devenus plus cons que des rats ?

Des expériences menées à l’université de Chicago par l’équipe de Jean Decety, publiées dans la revue Science ont montré, que des rats avaient ingénieusement libérés un autre rat, sans aucune récompense à la clef. Mieux encore, ces mêmes rats (les femelles particulièrement) choisissaient de libérer leur congénère plutôt que de se consacrer à ouvrir une boîte contenant du chocolat, préférant partager le contenu plus tard, plutôt que de s’en accaparer le profit immédiat.

Leur motivation première ? une étonnante empathie.

Face à un problème donné, dans ce cas la détresse d’un autre membre de l’espèce, il est démontré que la réponse des rats n’est pas individuelle mais avant tout sociale. C’est en faisant passer d’une manière altruiste, leur intérêt personnel après l’intérêt général, par le partage et la collaboration, qu’ils résolvent les difficultés, ne considérant pas l’assistanat comme une tare mais comme une valeur protégeant le groupe.

Un plébiscite pour ‘l’état providence’.

Cette singulière observation nous permet d’en déduire que, non seulement le sentiment d’empathie n’est pas un caractère réservé à l’homme, mais qu’en ces temps obscurs de compétitivité exacerbée entre les individus, de concurrence libre et non faussée entre les peuples, Nicolas Baverez est bien plus con qu’un rat.

Car si chez les rats visiblement, l’on fait plus confiance à l’intelligence collective qu’aux bas instincts individuels pour perpétuer la race, chez les zélotes de Milton Friedman au contraire seuls, l’égoïsme, l’accumulation des richesses et le profit immédiat contribuent à « une mondialisation heureuse », illustrée par ce simple et lumineux axiome :

« c’est en sacrifiant l’espèce humaine et la planète que nous travaillerons à la survie des marchés ».

Si, chez le rat pestiféré, le mot d’ordre semble être « aidons nous les uns les autres » et chez l’expert néolibéral, « exploitons nous de concert », cela nous permet logiquement d’en déduire qu’à l’heure actuelle, la société des rongeurs paraît nettement plus civilisée que la nôtre.

Je vous ferai donc grâce pour valider cette audacieuse hypothèse d’enfermer Alain Minc dans un labyrinthe, l’obligeant à choisir entre ses stocks options et la redistribution des gains de productivité. L’observation de son comportement serait superflue puisque nous savons depuis longtemps que ce spécimen plagieur dont l’argument essentiel consiste en « tout le monde sait que » considère les pertes comme publiques et les bénéfices comme privés.

Ainsi pour conclure cette brillante analyse et répondre à la question initiale nous suffit-il de relire cette magistrale citation de Pierre-André Taguieff

« le néo-libéralisme est la dernière appellation du diable chez les « démagogues néo-gauchistes° ».

Sommes-nous devenus plus cons que des rats ?

S’il est toujours dangereux de généraliser, il n’est sans doute pas hasardeux d’affrimer que Pierre-André Taguieff, OUI !!!

tgb

°le nouveau Fakir vient de sortir !

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La dette immonde (recette et ingrédients)

Vu que le sommet ‘de la dernière chance’ vient de commencer aujourd’hui même, nous pouvons en déduire que le précédent ‘sommet de la dernière chance’, lors de la précédente ‘semaine de tous les dangers’ était en fait l’avant dernier sommet de l’avant dernière chance.

Partant de ce constat, si, amis blogueurs, journalistes, plumitifs, éditocrates distingués, le re re re sauvetage du monde par le couple ‘Merkozy’ finit par vous refiler quelques boutons rhétoriques quant à la rédaction fastidieuse de vos billets, RUE AFFRE, toujours prompt à vous faciliter la tâche, vous propose un prêt à écrire, faits de souverains poncifs et d’idiomes du village en vue des innombrables ‘sommets de la dernière chance’ qui ne manqueront pas de se succéder.

Recette et ingrédients :

Dés l’introduction prenez soin de glisser l’élément de langage incontournable ‘rassurer les marchés’ autour duquel s’articulera votre note. N’hésitez pas à le réitérer autant de fois que possible, en le reprenant sous forme d’insistance récapitulative en conclusion.

Afin d’installer la dramatisation, émaillez votre article de locutions telles que : ‘climat délétère’ ‘placement sous surveillance négative’  ‘risque systémique’  ‘éclatement de l’euro’  ‘heures cruciales’  ‘contagion’ au choix.

Devront figurer obligatoirement les termes : ‘homologues’ ou ‘partenaires’, ‘gouvernance’ ou ‘pilotage’, les occurrences, ‘convergences’, ‘divergences’,  ‘crédibilité’, la notion de ‘révision des traités’ qui vous posera un peu là.

Soulignez bien que le rendez-vous est ‘DECISIF’

Insistez sur le fait ‘qu’il n’y a pas ‘d’ALTERNATIVE’

Martelez que ‘le monde a les yeux tournés vers l’Europe’

Glissez au passage les marqueurs discursifs indispensables tels que ‘manque de compétitivité’  ‘politique laxiste’ ’35 heures’ ’état providence’ sans lesquels aucun papier digne de ce nom ne pourrait être tout à fait conforme.

N’omettez pas d’opposer ‘l’intransigeance allemande’, éventuellement anglaise selon les cas, au ‘pragmatisme Français’, dans la recherche d’un ‘compromis historique’.

Plutôt que d’user et abuser négligemment des vocables ‘zone euro’ privilégiez le néologisme ‘eurozone’qui renforçera avantageusement votre expertise.

Soyez attentif au fait que les ‘dettes’ sont ‘publiques’ les ‘états laxistes’ les ‘réformes structurelles’ les ‘sanctions financières’ et la ‘discipline’ forcément ‘budgétaire’. Quant à la ‘solution’ il va de soi qu’elle se doit d’être ‘durable’.

Faites l’économie de redites inutiles en jouant sur les mots, comme par exemple : ‘si la pression est montée d’un cran, la note triple A pourrait être dégradé de deux.’

Cela fait toujours son effet.

Prenez soin en termes de figures imposées, d’associer ‘plan’ à ‘rigueur’, ‘cure’ à ‘austérité’, ‘pacte de’ à ‘stabilité’.

Enfin disséminez de ci de là, quelques figures argumentaires imagées telles que ‘spirale inflationniste’ ‘marche forcée’,’règle d’or’, ‘au cœur de la crise’.

Exemple :

Si la ‘règle d’or’ n’était pas appliquée à ‘’marche forcée’ il est à craindre ‘qu’au ‘cœur de la crise’ ressurgisse ‘la spirale inflationniste’.

Pour conclure, prenez soin de glisser la notion de ‘restauration de la confiance’, sans toutefois l’accoler directement à l’expression ‘dîner de travail’ qui pourrait dissimuler malencontreusement une ironie facile.

Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas invité que vous pouvez vous autoriser à mettre vos coudes sur la table.

Non mais !

tgb –

Merci à Jean-Michel Aphatie, Christophe Barbier, Nicolas Baverez pour leurs matériaux sémantiques irremplaçables.

-Le titre « La dette immonde » est emprunté à D.A

Le Plan B polonais (2)

Ainsi donc, on nous aurait menti : Il y avait un plan B.

Pourtant en 2005 quand on nous fit un méga super beau traité de Lisbonne que mieux y’avait pas, on nous expliquât dûment, que d’alternative point.

Que tout y était nickel chromé, gravé dans le marbre ; le bonheur bruxellois, le nirvana libéral, la béatitude communautaire, la prospérité made in Europe et qu’il n’y avait rien d’autre en rayon.

Circulez rien à voir.

Vous aurez noté que chez ces gens-là, la non-alternative est un postulat de départ autant que d’arrivée d’une totale constance.

Faut dire qu’ayant une idée par siècle, sont pas du genre à gâcher.

Bref, ce foutu traité totalement génial que mieux y’avait pas et que si t’étais pas foutu de piger ça c’était que t’étais con ou que t’étais con, était à prendre et à pas laisser ou sinon c’était la fin du monde ou Armageddon.

Là, quand même, t’avais un peu le choix.

Devant l’insistance subtile de Philippe Val, oui ou la mort, de Jean-Marie Colombani, oui ou l’apocalypse, de François Hollande, oui ou la guerre atomique, et de tout ce que la France comptait d’intelligence concentrée, oui ou l’invasion de sauterelles, le peuple méchamment impressionné envoya la constitution se faire foutre le 29 mai 2005 à près de 55%.

Serge July en fit une dépression.

Oh bourrins que nous étions, nous miasmes populaires, de n’avoir point perçu la perfection de la chose et que nos zélites conscientisées quoique abasourdies de tant d’ingratitude s’empressèrent de réparer à Versailles le 4 février 2008 avec la jaune complicité des socialistes toujours prompts à voler au secours de la démocratie dans les heures sombres de notre histoire (Pétain, Algérie française toussa…) pour faire notre bonheur malgré nous.

Respect côté abnégation.

C’est ainsi que ce jour-là on nous fit bien comprendre qu’à partir de maintenant et de tout de suite, la démocratie consisterait à avoir le choix entre le oui ou le oui dans la mesure ou le non était exclu.

Les Hollandais, les Irlandais et Papandréou exécuté sur le champ, purent en témoigner.

Pour la suite, éventuellement on nous conservait toute latitude pour trancher entre François Sarkozy et Nicolas Hollande dans la mesure ou Goldman Sachs n’avait personne d’autre de disponible dans l’immédiat.

Or voilà qu’apparemment, et pour en revenir à notre constitution, bien que ce traité fût parfait, il pouvait être plus que parfait encore.

En pire il va de soi.

Et c’est ainsi que le couple le plus sexy de l’année, Merkozy et Sarkel, tout à leur révision face au Grand Marché, nous inventèrent le traité lavant plus blanc que blanc, avouant sans le dire (affaire de modestie sûrement) que le traité était tellement parfait qu’il restait perfectible.

Rassurez vous, on vous demandera pas votre avis.

C’est donc naturellement que nous attendons confiants et divertis les prochains plans C, D, E…

Au plan Z, nous empaillerons Giscard pour faire rire Van Rompuy.

On a les plaisirs qu’on peut.

tgb

Lafrançapeur 3

Jean-Claude B. avait 65 ans. Il est mort lundi, à 17 h 50, sur le trottoir devant son immeuble de la rue Capitaine-Lelièvre, dans le quartier de Kergoat, à Brest.

Il arrivait à Jean-Claude B. de crier la nuit, d’être négligé, de parler aux enfants du quartier, de porter des claquettes.

Et ça ne se fait pas.

Quelques minutes plus tôt, trois policiers l’avaient interpellé dans le hall, au milieu d’une foule en furie qui le cernait. Des femmes criaient. Des enfants pleuraient. Le commissariat avait reçu un appel à 16 h 40 : « On a repéré un pervers sexuel qui tourne autour de l’école. On l’a poursuivi. On l’a bloqué dans le hall. Venez vite ! »

Les policiers étaient venus vite, avaient extrait Jean- Claude B. de la foule, l’avaient menotté. Dans le fourgon, le retraité avait fait un malaise cardiaque puis était mort.

Jean-Claude B. ancien ouvrier de l’Arsenal, mis sous curatelle avait, circonstance aggravante, le vendredi 18 novembre, pris par la main une fillette de 3 ans qui s’était perdue et l’avait ramenée à l’école, en claquettes.

Et ça c’est louche.

D’après les braves gens : – Jean-Claude B avait l’air suspect – n’était pas net – regardait les enfants bizarrement – avait un drôle de comportement – m’obligeait à cacher ma fille derrière moi – était là tous les soirs – s’appuyait contre un poteau pour manger un yaourt – et portait des claquettes…-

Et ça c’est grave.

D’après la voisine – Jean-Claude B. n était pas méchant – était différent – un peu frustre – parlait peu – mal – savait pas se défendre – était insulté par les gamins – a eu peur de la police – ne méritait pas ça –

– Et ça c’est triste.

D’après le commissaire – Pas d’antécédent judiciaire – malheureux concours de circonstance – climat sécuritaire – interprétation erronée d’un comportement par des parents de bonne foi – Aucune suite pénale –

Et ça c’est con.

D’après le journal – Un homme, soupçonné par la rumeur d’être un « pervers sexuel », est mort d’une crise cardiaque hier soir à Brest peu après son interpellation par la police qui croyait intervenir en flagrant délit d’enlèvement d’une fillette, a-t-on appris aujourd’hui de source policière. –

Et ça c’est moche.

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« Il est mort, Je pense que c’est un mal pour un bien » déclara une mère de famille soulagée, avant de rentrer chez elle, regarder le journal télévisé en claquettes.

Et ça c’est la France.

tgb

Les barbus et les barbouzes

Ainsi donc il semblerait, que le printemps arabe finisse par accoucher d’une souris islamiste.

Ainsi donc il semblerait, que la révolution jasmin finisse par se négliger du système pileux.

Ainsi donc il semblerait, que les élections au Maroc, prochainement en Egypte, puis en Libye finissent par avoir l’urne barbue.

Une barbe modérée certes, genre barbichette à la turque, libéralement compatible, mais quand même…

Ainsi donc il semblerait, que par l’entremise de quelques dictateurs leaders de la ligue arabe, atlantiquement choyés, 296 millions de dollars soient passés des banques de Ryad aux poches salafistes en cash, aux frères musulmans par virement°.

Des élections oui mais en biffetons.

Ainsi donc il semblerait que, pendant que nos chers amis dictateurs rétrogrades et hirsutes d’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweit ou de Jordanie…massacrent du peuple au Bahreïn, du dictateur glabre mais ennemi en Syrie tout en cernant l’Algérie, le nouvel ordre mondial s’emploie à confisquer la contestation sociale populaire pour refourguer de l’hirsutisme comme soupape d’émancipation velue.

Un moindre mal, au grand soulagement des marchés rasés de frais avec after shave millésimé.

Et ne nous leurrons pas, nous commençons à avoir les mêmes à la maison :

Ainsi donc il semblerait que l’occident, fidèle à sa géniale stratégie perdante perdante, qui lui fit soutenir les talibans en Afghanistan contre les soviétiques pour se les cogner quelques années plus tard, qui lui fit instrumentaliser le Hamas religieux plutôt que le Fatah laïc rien que pour emmerder Arafat, n’ait rien changé à son vieux principe qui fit les belles heures du 20ème siècle et les fulgurances récentes de Luc Ferry :

Mieux vaut Hitler que le front populaire

Mieux vaut religieux que laïc

archaïque que progressiste

libéral que socialiste

obscurantiste qu’émancipé.

Mieux vaut un bon choc de civilisation qu’une vieille lutte des classes.

Mieux vaut à genoux et s’en remettre à la justice divine, que debout et combatif pour une justice sociale.

Bref comme pu le déclarer toujours inspiré, le chanoine de Latran :

‘L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé !’

Ainsi donc voyons nous à l’œuvre, la vieille connivence des barbus et des barbouzes, travaillant à fabriquer du croyant plutôt que du citoyen comme nous l’explique ce texte court et limpide de Kamel Daoud à propos du deal passé entre les islamistes et les occidentaux.

Lumineux !

tgb

° de source égyptienne selon Charles Enderlin

Soirée Salah Hamouri

Un message de Salah depuis sa prison

(Soumis par admin le 24 novembre, 2011 – 10:23)

« J’ai espéré être avec vous ces prochains jours mais on sait bien que l’occupation essaie toujours de confisquer notre joie et notre espoir. Mais notre volonté et la votre, notre combat et le votre, et les buts collectifs pour la liberté et la justice vont continuer à dessiner notre chemin pour le futur. Et pour un nouveau monde sans occupation et sans souffrances. »

Salah Hamouri
Prison de Shata
Le 23 novembre 2011

Soirée Salah Hamouri