Au joli pays de Charlie

Au joli pays de Charlie, être ou ne pas être Charlie, telle n’est pas la question.

Non, en ce joli pays de Charlie, on ne pose et ne se pose pas de questions inutiles ni même subsidiaires. S’en poser dans un esprit vaguement critique étant déjà suspect

Etre Charlie ne se discute pas. On est Charlie ou rien. Charlie ou personne. Charlie ou en prison.

Etre Charlie c’est comme l’école publique : gratuit et OBLIGATOIRE.

Car en ce joli pays, la bonne pédagogie consiste à ne, ni questionner ni se questionner mais à bien fermer sa gueule tout en l’ouvrant aux heures de gavage.

C’est ainsi qu’ici, en ce gentil pays de délateurs chroniques, les profs dénonçant leurs élèves tandis que dans une juste répartition des rôles, les élèves dénonçant leurs profs, tout en réglant quelque compte au passage, se demander simplement ce que recouvre ce slogan est absolument proscrit.

Mesdames et messieurs dans cette grande tradition qui fit l’honneur et la gloire de la France éternelle, dénonçons nous les uns les autres, le ministre de l’intérieur reconnaîtra les siens.

On peut, éventuellement nuancer Charlie à la condition extrême d’être Charlie (et blanc).

Donc, étant lâche et n’ayant pas vocation à devenir martyr de l’union nationale, je le dis comme je ne le pense pas : je suis Charlie.

Cette formalité accomplie sous les caméras vidéos de mes voisins, maintenant réfléchissons :

Comme le capitalisme, sensé être basé sur la libre concurrence, donc le choix, et qui nous serine à longueur d’ondes qu’il n’y a pas d’alternative, tu es Tina, n’y aurait-il pas quelque contradiction à défendre la liberté d’expression tout en l’interdisant.

Tu es Charlie avec moi ou pas Charlie contre moi. Bon ou mauvais français.

Quand on réduit toute pensée dans une formule marketing à 2 balles, y a t-il encore de la pensée autre que pourrie ? Y a-t-il encore de la liberté de penser (comme dirait l’autre con) dans l’injonction solennelle à penser tous pareil ?

Dans le consensus mou et moutonnier quid de la dialectique ?

Pour un pouvoir quel qu’il soit, ce qu’il y a de bien avec l’hystérie compulsive collective, c’est que la foule se sentant des poussées nationalistes, des pulsions de croisade, des montées de vengeance tricolore, elle ne pense plus, elle éructe, elle mobilise, elle claironne, elle pavoise.

Ah ce goût pavlovien et grégaire pour le tout sécuritaire, quant à la liberté qu’en ferions-nous, tant qu’on peut pousser des caddy à Carouf le dimanche ?

Oui, quand elle a les craquettes, la foule déjà pas très fine en temps ordinaire devient con comme un balai, subtile comme une balayette à chiottes.

En ces temps galvanisés, l’on peut d’ailleurs vite se retrouver décoré de la francisque, la patrie reconnaissante, pour avoir courageusement affronté seul et à mains nues un dangereux enfant terroriste de huit ans et mis hors d’état de nuire tout une filière djihadiste d’école élémentaire.

Respect !Oui mesdames et messieurs les bons français, pour ne pas l’avoir connue je la reconnais pourtant cette odeur familière de la nation profonde, ce parfum singulier qui fait notre identité nationale tout autant que notre ADN : la bonne pourriture des enfants de Pétain.

Ainsi donc finirons nous par trouver normal de ne plus enterrer les petites filles Rroms, de mettre en garde à vue un petit garçon basané tandis que l’on se scandalise d’un politique devant un tribunal, de transformer les instituteurs en matons et les flics en juges, alors que la mauvaise haleine de Tesson et de ses acolytes continuent rèspectablement d’ empuantir nos narines à travers même les ondes.

Ainsi donc aussi, naissent les parfaites souricières et l’asservissement volontaire et le totalitarisme flasque et la fabrication du consentement .

Ainsi donc dans le Doubs, après avoir désespéré le peuple de gauche, en lui confisquant toute alternative par de l’alternance pareille (cause) puis avoir instrumentalisé l’extrême droite comme tonton Mitterrand lui avait appris, le parti solférinien tout à ses minables manigances exige de l’électeur et de l’élu DU Pacte Républicain contre la bête immonde (conséquence) qui monte qui monte et que l’on fait monter.

Entre l’inoculation de la rage et le prix de son vaccin, mon cœur ne balance pas :

qu’ils aillent tous se faire empapaouter ! (chez Syriza)

Je ne marche pas dans la sale combine.

A la question Es-tu Charlie ? les dessinateurs de Charlie eux mêmes, je n’ai aucun doute, d’un crobard bien torché pour dénoncer ce mauvais Charlisme dégoulinant, auraient répondu comme Oscar Wilde :

Je suis moi-même, les autres sont déjà pris.

tgb

A l’ombre de l’âne (d’après Démosthène)

Alexis, un Athénien au chômage fut délégué par son village pour se rendre à Delphes afin d’y vendre la misérable marchandise collective : quatre dérisoires barils d’huile d’olive. (c’eut été du pétrole qu’Hollandréou fut venu à genoux pour lui rouler des pelles). Quatre barils d’huile d’olive pour toute fortune afin de soigner les familles dépourvues de couverture sociale, la malaria et la tuberculose ayant refait leur apparition, tandis que le sida faisait à nouveau des ravages.

Pour transporter sa maigre production, Alexis loua à prix d’or, un âne à la directrice du FME (Fonds Monétaire des Equidés) mme Lagardos qui suspicieuse et cupide, le suivit à la trace dans son 4X4 climatisé, sponsorisé par l’Arabie Saoudite.

En ce temps-là, la loi Macron n’étant pas encore votée, il n’y avait pas d’autocar.

En chemin, au bout de plusieurs heures de marche dans la caillasse, sous un cagnard accablant, l’homme épuisé, chercha désespérément une taverne pour s’y rafraîchir et s’y reposer un peu. L’austérité étant passée par là, la troïka ayant tout dévasté, pas la moindre auberge en activité ; le plus petit estancot ayant depuis longtemps mis la clef sous la porte.

Dans le concert incessant des cigales et pour se protéger du soleil de plomb, pas même un arbre à l’horizon, chaque morceau de bois ayant été depuis longtemps consommé l’hiver pour chauffer les écoles privées d’électricité, ou abattu pour laisser place à des complexes touristiques gardés par des vigiles, y compris dans les zones protégées, cédées à des spéculateurs immobiliers allemands.

Au bord de l’évanouissement, notre homme eut alors une idée : s’installer quelques instants à l’ombre de l’âne. A peine avait-il déposé le bât de l’animal, que la harpie défiscalisée du FME surgit en le menaçant et l’injuriant tout à la fois :

– dégage de là, sale assisté, tu n’as pas le droit !

– comment ça je n’ai pas le droit, je l’ai loué cet âne, non ?

– tu as loué cet âne mais pas son ombre et son ombre est à moi !

Pour l’instant nous en sommes là, et attendons impatiemment la suite de l’histoire…

Ainsi non seulement la Grèce martyrisée devait rembourser la dette, mais passait le plus clair de son temps et de son peu d’argent à rembourser les intérêts exorbitants des prêts, dont 70% allaient directement renflouer les banques.

« La Grèce est « en bonne voie pour achever son ambitieux plan d’ajustement budgétaire », osait la directrice générale du FME, exonérée d’impôts mais qui en exigeait des autres, tandis que le nul et incompétent Jean Claude Trichet, ex président de la BCE (banque centrale des Equidés – un partenaire et concurrent du FME) trouvait que « les efforts demandés à Athènes ne sont pas de l’austérité mais simplement le retour à l’équilibre ». `

Délicieux retour à l’équilibre en effet que l’augmentation de plus de 43 % de la mortalité infantile.

Pour dénouer cette histoire, me revient une parabole orientale.

Dans un souk de Tanger, un flâneur soudain huma une exquise odeur de tajine d’agneau et s’en délecta. Le marchand s’en apercevant exigea immédiatement cinq dirham au quidam pour le plaisir procuré.

– il n’en est pas question, dit le passant , je n’ai rien consommé, c’est portnawak…

– tu as humé, tu en as joui, tu me dois cinq dirham – s’énervait le marchand

Ils commençaient tous deux à en venir aux mains

Surgit un sage qui dit au quidam

– donne moi une pièce d’or…

– mais certainement pas je ne dois rien je n’ai rien acheté…

– donne moi une pièce d’or – insistait le vieux sage…

En désespoir de cause et de guerre lasse le passant confia une pièce d’or au vieux sage qui se tourna vers le marchand, frappa cinq fois avec la pièce de monnaie la faisant résonner sur la marmite où mijotait le tajine et dit au commerçant :

– te voilà payé !!!

– Puis il rendit la pièce d’or au quidam.

Je dis ça je dis rien, mais ça pourrait inspirer Syriza…

tgb

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Eloge funèbre en chasse neige

 C’est donc de Davos en chasse neige où, fidèle à ses convictions, il mène ardemment le djihad contre la finance et le réchauffement climatique tout à la fois, que François Plat-pays nous informe qu’il ira présenter ses condoléances en Arabie Saoudite suite au décès du gérontocrate Abdallah.

Il prendra soin n’en doutons pas de s’y rendre un catalogue de la manufacture des armes et des cycles sous le bras, tant les affaires sont les affaires et l’obscurantisme tout relatif devant un gros keffieh chéquier.

Je sais bien qu’au nom de la real politik nous nous devons de composer avec toutes les parties, mais quand, comme Fanfoué, on se permet de prendre des pincettes avec Poutine au nom des grands principes humanistes, on pourra s’étonner qu’il ne se munisse point de loooooooongues tenaille avec la bande à Saoud.

Macache.

C’est donc en ces moments funèbres où Charlie fume encore, que notre président regonflé de plus de 20% d’hélium dans le fion s’empressera d’aller, au joli pays de la charia, lécher les babouches de Salmane, nouveau calife à la place du calife de la secte wahhabite ; cette secte, grande argentière du pire de l’arriéré de l’archaïque intégriste.

Raef Badaoui, blogueur condamné à 1000 coups de fouet, confirmera.

D’ailleurs quitte à ce que l’occident depuis 25 ans se plaise à raser du pays arabe, plutôt que l’Irak, la Libye ou la Syrie, pays dictatoriaux comme les copains mais au moins vaguement laïques aux populations mélangées, il eut été plus judicieux de balancer quelques frappes chirurgicales sur trois ou quatre familles branleuses de monarchies pétrolières (Arabie saoudite, Koweït , Bahreïn, Qatar , les Émirats … ) qui foutent le souk au moyen orient depuis le Pacte du Quincy.

Le capitaine de pédalo nucléaire ayant choisi le camp atlantiste (donc sunnite) avec cet enthousiasme benêt qu’on lui connaît, il n’est finalement pas très étonnant de le voir faire dans le posthume du côté de Ryad plutôt que du côté de Caracas et faire ses pompes funèbres plus facilement sur Abdallah que sur Chavez.

On a les condoléances « socialistes » qu’on peut.

Oui il nous faudra bien nous souvenir qu’au moment où en Grèce, Syriza s’apprêtait seul contre le monde entier, à botter un tantinet le cul de la mère Tina, notre pilote de triporteur n’avait d’hommage que pour le caïd de l’or noir, comme il s’inclinait déjà devant le patron de Total plutôt que devant Rémi Fraisse, tué par la flicaille avant qu’elle ne soit acclamée par quelque « Charlie » de circonstance.

Pour l’anecdote notons que l’affront fait aux femmes et subsidiairement honte de l’humanité non imposable Christine Lagarde vient de déclarer à propos de la crapule saoudienne décédée : « roi Abdullah strong advocate of women »

La jeune birmane décapitée sur place publique à la Mecque ainsi que Loujain al-hathloul et Mayssa al Amoudi (entre autres) arrêtées pour avoir conduit une voiture, apprécieront la lucidité pertinente de la raclure de bidet du FMI.

tgb

Une heure d’apesanteur

« Rien n’est plus drôle que le malheur. » (Samuel Beckett)

En ces jours de sidération, une heure de suspension, d’apesanteur, pour échapper au lourd, au pesant, au bourrin, et se sidérer autrement de pur bonheur à s’enivrer de légèreté.

Prenez les « Fragments » d’un immense auteur, Beckett, la mise en scène d’un géant du théâtre, Peter Brook (assisté de Marie-Hélène Estienne) et le jeu net et délicat de trois comédiens fabuleux, Kathryn Hunter, Jos Houben, Marcello Magni et alors comme une évidence, une heure, juste une heure d’exception et de grâce, où tout semble si facile, si simple, qu’on nous épargne forcément tout le laborieux derrière.

Dans l’espace quasi vide du plateau, juste la beauté du lieu (les Bouffes du Nord) un banc, une chaise deux sacs et la subtilité des éclairages ; cinq fragments de pure comédie tragique et absurde, d’épure existentielle ; un trois fois rien qui nous dit tout et l’essentiel.

Ce sont les deux mendiants, l’estropié et l’aveugle qui s’acharnent à ne pas faire à eux deux, un seul homme valide. Y en a-t-il ?

C’est le monologue d’une femme à sa fenêtre à regarder d’autres fenêtres, avec cette voix caverneuse, envoûtante, cette sublime litanie ternaire et vertigineuse dans le balancement incessant d’une chaise comme un rocking chair.

C’est la journée type de « winner et loser », deux clowns célestes au burlesque sobre et précis, dans un visuel inouï de Laurel et Hardy qui fait se gondoler la salle, nous livrant l’air de rien la quintessence poilante de l’humanité.

C’est le trio de vieilles dames dans le chuchotement farce, les silences virtuoses et les mimiques ravageuses qui chavirent le public.

C’est en anglais, c’est sous titré, mais c’est du laconique et du pas bavard. Bref c’est du Beckett.

C’était mon cadeau de Noël et quel plus beau cadeau, que cette bouffée de rire dans ce monde de brutes épaisses, que ces quelques trop rares fragments d’humanité et d’oubli absolu.

tgb

Liberté, égalité, etc…

Vu que nous sommes tous appelés à devenir gentils milliardaires ou, pour ceux qui échoueraient à l’exam, méchants djihadistes, les prochaines manifestations d’union nationale du dimanche se feront par communautés segmentées tout au long de la semaine républicaine.

En effet, le dimanche étant dorénavant consacré à arpenter les rayons de Castorama, comme d’ailleurs les rois du bricolage me le rappellent régulièrement par sms, la grande messe d’unanimisme patriotique se fera selon sa catégorie sociale, sa religion, son inclination sexuelle, ou sa fonction ; et, en cas de litige, selon sa plaque d’immatriculation.

Ainsi les Français (?) d’origine musulmane, sommés de se désolidariser des barbares par déclaration officielle en trois exemplaires à la préfecture seront Charlie halal le vendredi avant d’aller à la mosquée, sauf si elle a été brûlée ou vandalisée cela va de soi.

Les Français (?) d’origine juive, qui n’auront pas encore fait leur aliyah sur l’injonction du grand humaniste Netanyaou à peupler les colonies et à raser Gaza, seront Charlie casher le samedi, jour de shabbat. Un prix Mossad sera décerné au caricaturiste de l’année.

Les VRAIS français d’origine catholique (et éventuellement protestante bien que ce mot soit déjà fortement connoté) continueront à être Charlie le dimanche sauf s’ils travaillent. En ce cas ils pourront être Charlie le lundi. Fort dominicalement, par dérogation, les clients d’Ikea ou de Carouf pourront être Charlie en poussant leur caddie sur le parking sur simple présentation du ticket de caisse.

Les français ??? d’origine ??? athée ou agnostique, pourront être Charlie chaque mercredi à la seule condition d’être abonnés à Charlie et à « La Meuse ». Un autocollant gratuit ‘je suis Charlie’ faisant foi.

Les grands de ce monde ayant montré l’exemple en venant à la manif en autocar ce dimanche, seront Charlie à Paris quand bon leur semblera dans le quartier VIP prévu à cet effet. Ils pourront évidemment ne plus être Charlie du tout en rentrant chez eux et embastiller du journaliste à leur guise, vu que ça ne nous regarde pas.

Les hommes politiques faisant un procès à Charlie en diffamation le lundi, pourront être Charlie dés le mardi quel que soit le verdict. Et pour mieux défendre la liberté d’expression et se préserver de tout angélisme, ils pourront tout à loisir la supprimer, montrant ainsi aux ennemis de la démocratie qu’ils ne sont pas plus cons qu’eux et que pour bien revendiquer ses valeurs, rien de mieux que de s’asseoir sur le crayon.

Les bretons feront Charlie à Montparnasse. Les habitants de la goutte d’or (dont moi) feront Charlie à leurs risques et périls. En cas d’égorgement probable, le gouvernement déclinera toute responsabilité. Les néo cons iront faire Charlie par charter en Irak, tandis que Botul ira chercher Charlie en Libye.

Précisons que si bourré il vous venait l’idée saugrenue de crier « vive le Djihad » vous seriez immédiatement jeté en prison par comparution immédiate. (Comme quoi la justice peut aller vite ! dixit Mr Bygmalion). Il est donc conseillé aux pochtrons, à l’instar de certains intellectuels à jeun, de balancer plutôt du « mort aux nègres et aux bougnoules » ce qui pourrait vous valoir une chronique à « Valeurs actuelles ».

Confirmons enfin que le jeune sans papier malien, Lassana Bathily, bientôt décoré de la légion d’honneur comme Mimie Mathy, n’est absolument pas un homme ayant sauvé d’autres hommes en juste qu’il est, mais bien un musulman ayant sauvé des juifs. Cet été sur les plages de France, quand vous sauverez héroïquement quelqu’un de la noyade soyez assez civique pour décliner votre religion et celle du rescapé.

A bientôt, donc, à la prochaine union sacrée et citoyenne par communauté d’appartenance pour ensemble communier autour de notre devise républicaine :

Liberté, Egalité, Fraternité, Loi Macron.

tgb

Désespérément drôle !

Il y a un temps pour tout. Un temps pour pleurer, pour la fermer et un temps pour rire.

Rire pour ne pas pleurer, de rire, aux larmes

Rire pour rester poli et digne.

Rire par pudeur, au doigt et au bras d’honneur

Rire par panache, rire par bravade.

Rire du « patriot act » qui vient, et du futur Guantànamo sur l’île de Ré

Rire d’envahir la Libye ou de chercher Saddam one more

Rire de la bourse qui monte et qui aime bien Charlie aussi

Rire du choc qu’on nous vend et du chaos à venir tandis que les affaires continuent chez les marchands d’armes.

Rire des cons, néons cons, jeunes, vieux, grands, gros et même des petits cons

Rire des charognards, des cuistres, des tartufes, des intégristes barbus ou pas,

Rire des hurleurs avec les loups, des donneurs de leçons, des résistants de la 25éme heure,

Rire des tondeurs de femmes à poils ou à voile.

Rire des pontifiants, des puissants, des trafiquants de haine,

Rire des fanatiques sans humour, des martyrs de la cause toujours

ta gueule !

Rire de tout, rire de nous contre soi mais pas avec n’importe qui

Rire de tout avec personne ou ceux qui veulent

Rire qui pourra, de la peur, de l’effroi

Rire par légitime défense en roue libre

Rire à mort de la vie de la mort et cetera

Mourir de rire, du meilleur et du pire

Rire rouge, rire jaune, rire noir

Rire des vivants et des morts

Rire même pas peur, même pas mal

Ah ah ah !

Rire de la panthéonisation officielle de Charlie Anar

Rire des grandes communions nationales avec drapeaux en berne

Rire des cloches de notre dame pour mécréants, des minutes de silence aux ordres

Rire de l’hystérie in memoriam et de la surenchère émotionnelle

Rire de la satire institutionnalisée, de l’unanimisme larmoyant,

Rire de la mièvrerie compassionnelle avec « candle in the wind »

Rire du rassemblement du dimanche malgré la loi Macron.

Rire des nettoyeurs au karcher et des tueurs à kalach

Rire du bal des hypocrites sur la photo funèbre

Rire des bulletins de vote dans l’urne funéraire

Rire du rire con et compatissant sur ordonnance.

Rire de Charlie mort, ressuscité, récupéré pour le tuer encore…

Rire de Charlie en hommage à l’esprit de Charlie.

Rire encore !

tgb

Bonne année bonnes nouvelles !

On me reproche assez de voir le mal partout, d’être négatif, voire pessimiste et de prendre ma part ainsi à plomber le moral des ménages.

Aussi pour bien commencer l’année, deux bonnes nouvelles d’un coup.

Certes je pourrais parler de Syriza, de cette peut-être hirondelle qui peut-être passera l’hiver et nous fera peut-être le printemps mais chaque chose en son temps et j’ai mieux en rayon :

Tout d’abord et suite à l’intervention présidentielle d’hier lundi 5 janvier sur RTL, le fait de savoir qu’au 22éme siècle nous pourrons aller de Périgueux à Clermont-Ferrand en autocar, carrément.

« ce n’est pas la loi du siècle la loi Macron, c’est une loi pour le siècle prochain » F. Hollande

Une nouvelle époustouflante d’une folle audace avec vision prospective où l’on prend conscience de l’envergure et de la volonté inflexible du chef de l’état de marquer le retour du prestige de la France et de son rayonnement planétaire.

Le PS ou le Nouveau Parti des Autocaristes – NPA ça sonne bien !

Ça c’était la bonne nouvelle pour les gueux et c’est déjà pas de la daube.

Surtout, l’autre nouvelle réjouissante, c’est ce secteur économique en pleine expansion :

L’industrie de la Rolls Royce en forte croissance.

Car si l’on peut faire une lecture du verre à moitié vide en constatant qu’il y a de plus en plus de pauvres, vu mon moral de vainqueur de ce début d’année une lecture du verre à moitié plein nous apprendra qu’il y a aussi de plus en plus de riches.

Ce qui ne devrait pas manquer de nous réjouir même si nous n’en faisons pas partie.

Ne rajoutons pas à notre vile condition dont nous sommes les premiers responsables, rahhh ce manque évident d’entreprendre, la mesquinerie. Déjà que nous vivons au-dessus de nos petits moyens, comme le précise avec pertinence notre premier ministre, depuis plus de 30 ans, n’y rajoutons pas ce médiocre sentiment qu’est l’envie.

Même si, après m’être offert royalement 30 grammes de caviar pour les fêtes, arrosé d’une estimable vodka, je peux confirmer qu’il y a quelque avantage et volupté à être blindé.

Je sais bien qu’à l’heure où l’on enterre la taxe sur les riches et pas les petites filles Roms, cette taxe monstrueuse qui faisait fuir des centaines d’immigrés vers des terres plus hospitalières sur des yachts de survie, on pourrait se battre le flanc de cette heureuse information.

Pourtant, c’est précisément ce genre d’impôt particulièrement injuste, qui risquait de saper le marché du cheval cabré et du Spirit of Ecstasy et d’empêcher quelque travailleur précaire mais dominical donc moderne par le principe même du « ruissellement », d’ouvrir les portières avec courbette.

D’ailleurs si le peuple était intelligent et un poil gestionnaire au lieu d’aller se pochtronner en écoutant le marchand de soupe haineuse Zemmour, il se cotiserait pour s’offrir une de ces luxueuses berlines où, bien qu’analphabète, il pourrait lire le marchand de consommé haineux Houellebecq, et ainsi passer de la haine pour pauvres à la haine pour riches, confortablement.

En cette Europe austéritaire où un grand Kron incompétent peut liquider une entreprise tout en touchant un smic de l’heure, le moindre prolo lambda s’octroierait ainsi le droit à une minute de Rolls dans sa vie de merde d’assisté et de fraudeur social, ce qui ne serait quand même pas tout à fait de la gnognotte.

Que des bonnes nouvelles vous dis-je !

tgb

Du bon usage du sacrifice !

Ainsi donc, en ces périodes de bons vœux et à l’heure de porter des toasts plein d’espérance, l’hispano péteux de la grande bourgeoisie suisse Valls, le sous paltoquet de l’oligarchie centrale, nous annonce dans un journal étranger et fort droitier « des sacrifices pendant plusieurs années ».

Comme c’est original.

Et bien quitte à vous surprendre, pour une fois, je suis absolument d’accord avec lui. J’applaudis, je plussois et valide.

C’est ainsi qu’en ces jours de bonnes résolutions, je propose dés l’équinoxe de printemps de sacrifier quelques milliers d’élus socialistes sur l’autel de l’austérité pour apaiser les dieux de la finance, du réchauffement climatique et de la joyeuse compétitivité.

Ainsi pourrons-nous ramener sans doute le Parti dit socialiste, tel le Pasok en Grèce, à ce chiffre qui les émeut tant de 3%.

Toujours dans ce même objectif d’obtenir la clémence des divinités du nouvel ordre mondial, sacrifions encore au solstice d’été ce même Valls, son gouvernement de marionnettes socio-rampantes pour mieux échapper aux foudres célestes.

Afin de définitivement s’attirer les faveurs des dieux de la mondialisation heureuse et défiscalisée et pour faire bon poids rajoutons-y quelques figures éminentes de la nomenklatura assistée, de ceux qui vous expliquent avec parachute doré, privilèges éhontés, impunité et compte off shore, que vivre avec 450 euros est résolument moderne, que l’esclavagisme est tendance et les acquis sociaux, un tabou.

Nul doute que suivant les meilleurs rituels d’usage, balancer enduits de plumes et de goudron quelques Moscovici, Lagarde, Macron, Wauquier, Gattaz, Minc…(liste non exhaustive vous vous en doutez) ainsi qu’une bonne tripotée de clowns de garde aux abois qui aboient sur commande, dans la bouche de quelque volcan en fusion, devrait selon toute logique, nous préserver des grands châtiments ultralibéraux et atlantistes.

Ne laissant tel Empédocle sur les bords de l’Etna pour toute trace qu’une paire de tongs au bord du cratère, tongs recyclées comme il se doit, ces brillants personnages par leur héroïque sacrifice nous lâcheront enfin la grappe et cesserons une fois pour toute de s’essuyer les pieds sur notre dignité.

Par avance je les en remercie.

Sous ses enthousiasmantes perspectives, je vous la souhaite bien bonne et bien musclée !

tgb

Ceci n’est pas un banc

Xavier Bonnefont, maire UMP d’Angoulême a un foutu talent. C’est Marcel Duchamp revisité, Magritte réincarné, l’homme politique étriqué reconverti en génie de l’absurde.

Oui, une société productiviste qui invente le banc sur lequel il est interdit de s’asseoir ne peut que mériter le respect. Marque lucide d’une civilisation à son apogée ; matérialisation de l’intelligence humaine, dans toute sa quintessence.

Déjà en termes économiques c’est prodigieux. Non seulement on produit des bancs, mais ensuite on produit du grillage pour annuler le banc. Faire et défaire étant toujours faire, ça ne peut que mériter le respect.

Dans ce registre visionnaire et d’envergure on pourrait facilement décliner le concept et imaginer d’interdire la route aux véhicules, le train aux voyageurs et concevoir un téléphone qui n’appelle personne comme exposer un plug anal géant qu’on ne peut se carrer dans l’oignon.

Le boulot sans salaire mais avec expulsion existant déjà.

Car il est évident que dans l’histoire du banc, le problème central EST le SDF. Pas la société, ce monde sans pitié qui en fabrique par paquets de mille, pas la cause du désastre social mais bien sa conséquence directe : le pauvre.

Faites disparaître le pauvre et vous aurez éradiqué la misère. CQFD.

Car toute personne rationnelle et logique vous le dira : si vous voulez supprimer un problème il suffit d’en faire disparaître les conséquences, d’où l’invention de l’homo politicus, cet animal pragmatique de l’hyper compétitif libre et non faussé.

Oui s’attaquer aux symptômes paraît autrement plus urgent que de s’attaquer à la maladie.

oeuvre de Jeppe Hein

Inventer un banc sur lequel on ne peut s’asseoir c’est comme inventer un monde dans lequel on ne peut ni vivre ni survivre mais où l’on rassure les marchés : le capitalisme.

tgb

L’Entreprise Akbar

D’après de nombreux témoignages, c’est donc au cri de « l’entreprise Akbar » que l’intégriste libéral Valls, rasé de frais et vétu d’un costume gris anthracite, a fauché délibérément, au volant de son gouvernement, plusieurs millions de salariés français, détruisant sur son passage une grande partie de leurs droits sociaux.

Se réclamant de la mouvance terroriste « le Medef », une branche du fondamentalisme libéral ayant fait récemment allégeance à l’état mondialiste d’occident, il avait écrit sur sa page facebook peu avant l ‘attentat – Nous devons baisser notre dépense publique. Il en va de l’avenir de notre pays. (…) La France vit au-dessus de ses moyens depuis quarante ans. »

Selon une source policière, cet activiste du nouvel ordre mondial aurait durant sa garde à vue déclaré « avoir agi pour les enfants de Gattaz ».

Il se murmure dans les milieux autorisés que d’autres actions radicales seraient en préparation sous la férule de l’émir Flanby devenu calife à la place du calife et très contesté aujourd’hui au sein même de cette nébuleuse.

tgb