L’artiche de la ratiche

Bon j’avais un dentiste. Trouvé sur l’annuaire, au pif ; un de la vieille école. Un qui te soignait les dents quoi ! Il est mort, la roulette à la main. Comme Molaire Molière, presque.

Alors j’en ai cherché un autre, sur l’annuaire, près de chez moi, au pif, ça m’avait bien réussi… Tu parles, celui-là dès son cabinet avec son assistante potiche bronzée aux UV, j’ai pigé que la quenotte y’aurait plein de zéros derrière. Lui la carie c’était pas son rayon ; son rayon, la sculpture. Un artiste de la couronne et du dépassement d’honoraires. Entre deux parties de golf, il te refaisait la dentition façon spéculative.

Du genre à faire la grève du jour celui-là.

Bref, on n’a pas fini copains.

Alors je suis allé au dispensaire. Ça tombait bien j’étais dans la mouise. Là, au moins on me soignerait les dents sans trop me gonfler dans les gencives.

Le dispensaire dentaire c’est la cour des miracles, la tour de Babel des gingivites. Franchement se faire postillonner la gueule par toute la misère du monde, j’admire. Y’a des bouches, j’irais pas y mettre mon nez.

Les dentistes du dispensaire, si.

Parce que c’est l’honneur d’une société que de soigner les gens. Tous. Parce qu’on mesure l’état d’une civilisation à son sourire. Parce qu’avec cette saloperie de monde qu’a les crocs et la canine méchamment incisive, va revenir le temps des chicots et des dents pourries.

Des fois c’est chaud au dispensaire. ça hurle, ça bouscule, ça triche, histoires de carte vitale et de douleurs, de mutuelle et de stress, d’alcool et de fric. Les gens ne réalisent pas toujours la chance qu’ils ont d’être soigné plus ou moins gratis ou l’oublient.

Ma dentiste, attribuée au pif, est pro et sympa. On se marre, on discute, elle m’explique, même si elle est au taquet. Je ne dis pas que je vais la voir avec plaisir mais ça aide à affronter la fraise pas tagada.

Du coup, au fil (dentaire ?) du temps, et même si je suis moins dans la dèche, c’est devenu mon ma dentiste. Me voilà nanti parmi les démunis. Passer de la couronne métal au couronnement céramique, ici, c’est la réussite sociale.

Voilà tout ça pour dire, qu’un fonctionnaire de la ratiche, c’est largement plus utile qu’un touriste du bucco dentaire.

Et que ça soulage autrement.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

10 commentaires sur « L’artiche de la ratiche »

  1. D’UTILITÉ PUBLIQUE ! Merci.
    Les DENTS, le problème de santé numéro 1 des Français, statistiques à l’appui ! Quasi disparition des dispensaires, dentistes mondains et envolée des tarifs, techniques de pointe réservées aux riches ou aux cadres ambitieux qui s’endettent pour leur implants à 15 000€ (le sourire CANAL+ est devenu obligatoire sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’au placard et au renvoi). L’édenté est le guignol qui fait rire les pétasses et les jeunes gommeux. La marque même du type ou de la femme bons pour la casse.

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  2. Le programme COM-PE-TI-TI-VI-TE propose pour ceux qui ont encore trois sous de côté: soit les soins low cost avec du personnel médical sous payé http://www.lefigaro.fr/conso/2012/01/31/05007-20120131ARTFIG00584-des-dentistes-low-cost-tentent-leur-chance-en-france.php
    soit le tourisme médical c.a.d une délocalisation de la santé. Pour ceux qui sont payé des clopinettes (parcequ’ils coûtent trop cher) ce n’est pas de chance il faut s’attendre au mieux au dentier !

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