La catastrophe en petite robe rouge

Il faut lire la dernière note ébouriffante quoique frappée au coin du bon sens de Jean-Marc Sylvestre en son blog contournable pour bien appréhender la haute potentialité du plus phosphoré de nos journalistes économiques depuis François de Closets c’est dire :

« L’ouragan Sandy coûte cher mais rapportera gros »

Pour vous la faire courte et vous éviter la lecture fastidieuse de cette fulgurante bouse : tout ce qui est détruit devra être reconstruit et plus ça coûte cher en décombres plus ça rapporte bonbon en moellons.

Jean Marc Sylvestre certes, déplore quand même que, si une bonne guerre jugule les crises, il serait plus sympa de trouver une autre méthode pour relancer la croissance, mais on sent poindre comme une vieille nostalgie pour le dernier conflit mondial en ses tapis de bombes prometteurs pour le bâtiment.

Il est vrai que les camps de concentration firent beaucoup pour relancer l’emploi. Notamment dans le secteur porteur du mirador.

Aussi devrions-nous appeler de nos vœux un bon gros tremblement de terre, un tsunami des familles, ou carrément deux ou trois Fukushima, tant on ne peut miser tout à fait sur l’aléatoire des catastrophes naturelles pour rassurer les marchés.

Une pandémie vous remet le sourire à un monsieur Servier (on ne dira jamais assez le bien que fit le sida pour la relance du préservatif en voix d’extinction) comme un cataclysme vous remonte illico le moral de mr Bouygues.

Et nous devons admettre que dans ce domaine-là, nos pays tempérés ne peuvent rivaliser avec les états émergents largement favorisés. Pour une vulgaire avalanche ou une modique inondation faisant la joie de nos journaux télévisés faute de mieux, un Pakistan, une Indonésie ou un Mexique peuvent opposer d’admirables désastres ainsi que des centaines de milliers de victimes autrement plus rentables.

Et que dire de la chance inouïe d’Haïti, frappé par toute une gamme de catastrophes naturelles et d’épidémies diverses dont nous ne récoltons que quelques miettes au travers d’interventions humanitaires délocalisées trop ponctuelles.

Ainsi grâce à Jean-Marie Sylvestre nous appréhendons mieux la logique capitaliste qui consiste à détruire la planète pour mieux doper la croissance et à éradiquer sa population pour une meilleure concurrence libre et non faussée entre les survivants.

En effet rien de plus efficace qu’un bon choc tellurique plutôt qu’un choc socio-démocrate de laborieuse compétitivité.

En ces temps confus où pour certains esprits méchamment parachutés, une dictature modérée serait une solution raisonnable à la perte de temps démocratique, envisager la catastrophe comme réponse adaptée à la crise peut paraître adéquat.

Un tremblement de terre amorti

Un ras de marrée adouci

Une explosion nucléaire proportionnée

Une guerre pondérée

Une apocalypse mesurée pour la plus grande prospérité du complexe militaro industriel à titre posthume.

Oui, le cataclysme c’est bon pour la santé économique. Marx déjà l’avait écrit, le capitalisme se nourrit de crises et de cata.

Mais une société en crise depuis 40 ans est t’elle encore une société ou ne serait-ce pas plutôt une crise ?

Nonobstant, n’oublions pas qu’une révolution en ses gravats peut-être franchement productive également et que la tête sur une pique de Jean-Marc sylvestre (au hasard) serait assez bénéfique à la branche taxidermiste.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

12 commentaires sur « La catastrophe en petite robe rouge »

  1. Ah la destruction créatrice.
    Ça fait saliver surtout ceux qui sont bien à l’abri, hein !
    Et le camp de travail comme solution au chômage ?
    Les deux tiers des chômeurs dans le camp et un tiers sur les miradors, c’est pas beau comme solution ?
    Quel connard, ce Sylvestre !
    Ce que cet abruti oublie, c’est que contrairement aux pays pauvres (type Haïti), aux USA les dégâts sont assurés d’une manière ou d’une autre. Les assureurs et leur réassureurs vont devoir raquer d’une manière ou d’une autre. Et pour payer, il vont devoir monétiser leur placements. Tous ensemble, au même moment, dans un marché financier pas vraiment solide (et avec une chiée de cadavres dans les placards et sous les tapis verts). Pas génial génial pour la valorisation, tout ça !
    La « crise » n’est pas près de finir.
    Alors vivement la tête de Sylvestre sur une pique, oui !
    Bientôt.
    Arf !
    Zgur_

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  2. bon à sa décharge l’histoire des assurances il en parle mais bon ça suffira pas à lui sauver sa tête et à relancer le secteur de la taxidermie hihi

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  3. Ce Jean-Mar(c)ie Sylvestre,c’est bien ce type qui bavait sur le public et qui après son problème cardiaque s’est aperçu que dans le public, ça bossait dur et que la sécu lui a permis de se faire soigner ;et surtout, que des gens compétents lui ont sauvé la vie et que ces (mêmes ) « fainéants » de fonctionnaires méritaient peut-être une rémunération.
    Apparemment, cette première leçon ne lui a pas servi bien longtemps .
    J’apprécie ton lien vers Naomie Klein .

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  4. ils ont la mémoire courte et puis ce ne sont que des petits cadres de la machine à faire du pognon on les a fabriqué pour ça – ils ne savent rien faire…
    ah quand même on fait des efforts de liens 🙂
    les liens c’est qui me gonfle le plus à faire c’est long c’est galère surtout avec mon matos et ils me servent la plupart du temps a donner les faits et le contexte ce qui m’évite de le faire parce les gens qui ne baignent pas dans l’actu les bienheureux ne pigent pas toujours tout question allusif
    je dis ça parce qu’en fait je suis en train de réfléchir à une compilation – je me demande comment on fait avec les liens sur le papier et j’ai pas envie de me taper des notes de page…

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  5. A mon avis,tu ne vas pas y échapper aux notes de page et aux pages de notes . Personne n’ira vérifier tous les liens lors de la lecture , mais toi t’es obligé de mettre tes références . Même Naomie Klein s’y est astreinte , …
    Ou alors dans ta compil,si tu la fait par thèmes , mets un copié-collé d’un article ou un rappel quelconque (sur la page en face ) de l’actualité en question , jvois pas vraiment d’autres solutions …

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  6. Consommer c’est détruire! definition lapidaire et abrupte extraite de mon 1er cours d’économie,en ce sens un cyclone devient un agent économique, un hyper consommateur qui se goinfre de biens materiels,et de vie humaines,l’avantage sur une guerre c’est que lui il est gratuit!
    Cet agent économique malgré lui symbolise l’absurdité de ce systeme en détruisant/consommant sans raison, sans usage, sans but, une accumulation de biens hétèroclites qui seront payés et remplacés, un hyper consommateur aveugle,inepte,et insatiable,un reve pour le capitalisme un cauchemar pour nous: les agents économiques encore humains.

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