Vivre et penser comme une truie

Chère Gina,

Si je me permets de te faire cette petite bafouille, c’est pour te féliciter de ton commentaire frais, fin et parfumé, concernant tous les méchants envieux bolchevico-communistes qui n‘en veulent qu’à ton pognon laborieusement gagné à la sueur du front de tes gens qui se lèvent tôt pendant que tu te fais du lard :

« Si vous êtes jaloux de ceux qui ont plus d’argent que vous, ne restez pas assis à vous plaindre. Faites quelque chose pour gagner davantage – passez moins de temps à boire, à fumer et à socialiser ; travaillez plus »

En effet, ce n’est pas parce qu’en tant que Gina Rinehart, patronne adipeuse australienne du groupe Hancock Prospecting et accessoirement femme la plus riche du monde (24 milliards d’euros) qu’à côté mamie Liliane (18,5 milliards d’euros) ferait presque pitié, que tu n’as pas le droit à l’instar de tes poivrots d’esclaves ouvriers, crevant au fond de ton empire minier, de tenir des propos d’ivrogne de comptoir à jeun qui plus est.

Je sais bien que certains aigris diront qu’à l’aune de tes admirables valeurs, travail, effort, mérite, tu es un tantinet mal placée pour ouvrir ton gros gras groin, étant passée par l’ascenseur social plutôt que par l’escalier de service et ne devant ton immense fortune que par le fait d’hériter de papounet cheri, mais foin de ces calomnies de quelques médisants avinés.

Manquerait plus que tu t’excuses de sortir par hasard des couilles paternelles et que tu n’exiges pas du gouvernement australien d’abaisser le salaire minimum de ces bons à rien d’alcoolos à l’hygiène douteuse, même pas foutus d’atteindre l’âge de la retraite qu’il serait d’ailleurs logique de supprimer.

Au nom de quoi le fait d’être né une cuiller en platine sertie de diamants dans la bouche devrait t’interdire de penser comme une truie, de tendre vers un QI de kangourou en éructant des conneries, faisant se marrer plus d’un marsupial australien ?

On peut être riche et con à la fois. Merci pour cette illustration décomplexée de ta vulgarité assumée.

Certes, je connais personnellement quelques travailleurs sans papiers (peut être bien les tiens) bossant jour et nuit, ni ne buvant, ni ne fumant, ni même socialisant tant ils rasent les murs, qui ne gagnent pas en un an, ce que tu palpes en une heure, mais sous leur colossale fatigue ne cacheraient ils pas sournoisement leur nature de feignant génétique ?

Rassure toi, Gina de mon cœur, la troïka émancipatrice exige enfin que ces branleurs de grecs travaillent six jours sur sept en regrettant probablement que la semaine n’en comporte pas 8.

Ce retour nostalgique au 19éme de Zola devrait te consoler quelque peu de tant de mauvais acquis sociaux poussant à l’oisiveté dépravée et au syndicalisme.

Oh bien sûr certains gauchistes malveillants incapables de gratitudes se vautrant dans la facilité, se gausseront de ton physique ingrat, te traiteront de grosse vache, de Parisot porcine, de maquerelle graisseuse, tant il est aisé de se moquer de ta gueule de l’emploi bouffie et gavée.

Je ne me commettrai pas à ces bassesses-là, admirant au contraire ta beauté intérieure faisant émaner de toi une grâce, une élégance naturelle malgré un physique pas facile de grosse dame et d’enflure.

Mais tout bien réfléchi malgré ta fortune et ton esprit alliant finesse et géométrie, non je ne t’épouserai pas.

Suivant tes conseils, ma pulpeuse Gina, je viens de trouver une idée pour gagner davantage, cesser de boire, arrêter de fumer et prendre une douche par semaine.

Je vais te vendre au kilo, à la découpe, alléger tes souffrances existentielles et nourrir au passage quelque horde de prolétaires affamés enfin désocialisés.

Gina mon amour, ne me remercie pas, je te pisse cordialement à la raie.

ton tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

18 commentaires sur « Vivre et penser comme une truie »

  1. gloupsss…
    Ce retour au pays des kangourous décoiffe!…. oui je suis allée voir les koalas au printemps! Et également les natifs de cette belle terre qui boivent effectivement… N’ont pas le choix depuis 200 ans!

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  2. @ la tortue – plus c’est lourd mieux vaut faire léger 🙂
    @ Françoise D – effectivement c’est faire outrage aux porcs, animaux fort intelligents que de les comparer à cette grosse pouffiasse

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  3. époustouflant billet, cher tgb, je me porte volontaire pour aller le lui lire en VO d’abord et le lui traduire après !
    mais j’ai été soulagé par le commentaire de Françoise D. que je remercie parce que j’ai tendance à respecter extrêmement tous les animaux, innocentes créatures on va dire…
    sans compter que si certains bons Dieux recommandent de ne pas manger de Porc, je commence à comprendre pourquoi : jamais la parenté entre nos deux espèces n’a été aussi magistralement mise en évidence que par ce portrait de mrs. Gina 😉

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  4. la proximité génétique du porc et de l’homme est de 99,5% – même pas sûr que les 0,5% qui nous séparent manque à cette grosse dinde

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  5. @ tgb
    et pourtant le saindoux « c’est bien commode quand on n’a pas d’sous » (les kicekafessa, « l’Eurovision et ses candidats insolites, ONDAR, 5e minute)

    ;-)))

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  6. Gina, saloperie de grosse merde, mais cela nous change des fumiers et autres salopards élus ou non-élus privilégiés dont nous abreuvent tous les médias de merde (grosse aussi). PROUT !

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