Du renvoi d’ascenseur pas tellement social à la pensée consanguine

Comme tous les matins, je me réveille sur les bruissements plus ou moins pertinents, mais au moins pollués ni par les pubs ni par les jingles débilitants, de France Culture.

Ce matin-là donc, entre deux somnolences, comme les bribes arrachées au ronron récurrent du discours hégémoniquement plat d’une de ces préposées à la pensée sous vide :

Etat providence…Melenchon populiste….capitalisme sans alternative… blablabla blablabla…

qui me prolongent un temps le roupillon.

M’extirpant enfin de ma torpeur, entre deux lampées de thé/café en alternance et juste avant la première taffe salvatrice, je m’intéresse vaguement à la question :

Qui est cette dame aux fadaises ordinaires ?

Que fait-elle dans la vie entre deux vacuités mentales ?

De quel droit se permet-elle de s’étaler médiocrement sur mes tartines ?

Dominique Schnapper donc.

Connais pas.

Je dégaine illico mon Wikipédia.

Sorte de sociologue directeur d’études, fille de Raymond Aron d’accord, légion d’honneur tout ça, ex membre éminent, du conseil constitutionnel, toujours membre du conseil scientifique (sic) de la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique contribuant au pluralisme de la pensée (unique) et au renouvellement du débat public (sans alternative) ;

Bref, une succursale du Medef et de l’Ump réunis, saloperie autrement baptisée dans le sabir péteux à la mords moi TINA : THINK TANK.

CV aux petits oignons donc, de la petite sœur des riches à la pensée fauteuil club.

Cerise sur le gâteau : Dominique Schnapper préside le jury du livre politique de l’année.

Et c’est là que ça fait tilt et qu’on se dit que, décidément le monde est petit et le réseau est grand :

Lauréat 2012 du livre politique de l’année : Dominique Reynié, ergoteur officieux du catéchisme ambiant, abonné de plateau télé sous cellophane et accessoirement, directeur général de la Fondapol, (tiens tiens) pour son opus pas-la-peine « Populismes, la pente fatale ».

De ce genre de populisme qu’il voit partout dès que ça sort du cadre et nulle part dès que ça reste entre nous, sauce Guéant.

Coïncidence ? je ne crois pas.

Bon, c’est pas que c’est plus important que ça qu’un membre lambda de la Fondapol, paravent pudique de la haute direction, récompense gentiment son patron, c’est même une attention touchante et délicate, c’est juste que c’est une parfaite illustration de l’état de connivence en France, des menus conflits d’intérêts et autre petits arrangements entre soi.

De ces petites combines quotidiennes à renvois d’ascenseur pas tellement social, de ce carnet d’adresse qui sert de talent au plagiat, de ce fin maillage à l’envers à l’endroit qui tricote avantageusement le tissu soyeux de notre intelligentsia à la pensée foutrement consanguine.

Je te cite tu m’invites

Je te suce tu m’honores.

On tire sur un fil et toute la pelote vient.

De cet accélérateur de carrière dans le sens du vent, dans la mesure où ni ça dérange ni ça se voit de trop et qui verrouille sournoisement la marmite merdiatique avec de petits morceaux d’expertise dedans.

Au monument du subtil ralliement – Val et Fourest reconnaissants.

Oui, rien de bien méchant, juste un exemple parmi d’autre du conformisme gnangnan, de la doxa qui va de soi dans la consensuelle anesthésie collabo qui finit franchement et à la longue par sentir le renfermé, si ce n’est pas des pieds.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

11 commentaires sur « Du renvoi d’ascenseur pas tellement social à la pensée consanguine »

  1. Oh que oui !
    Tous ces petit(e)s marquis(es) médiatiques qui de tripotent , se lèchent, se congratulent, s’enthousiasment en circuit fermé.
    Et pendant ce temps là, sur les médias tenus par les oligopoles on propose en débat le pâté d’alouette au cheval. terrine du chef composée de 2 chevaux bien à droite (expert merdeux, fils de TINA ou journaleux du Figaro) pour une alouette aux OGM de la gauche modemo-socialiste et on baptise ce débat bidon en polémique contradictoire.
    Pauvres tartuffes !
    Quand auront-ils le courage d’inviter des citoyens sortis des urnes, ces couilles molles ?
    Je retweete illico. À propos, je te félicite pour ton succès sur twitter : tu vas vite me dépasser, Thierry ! 😉

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  2. on peut le dire comme ça aussi :
    Quand auront-ils le courage d’inviter des citoyens sortis des couilles ces urnes molles ?
    sinon pour twitter je pousse jusqu’à mille et ensuite je purge pour me faire une jolie liste dans l’épure 🙂

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  3. Surtout ne me purge pas : les gens qui me suivent pour que je m’abonne à eux puis me défollowent pour avoir une jolie liste me rendent raide dingue.
    Je les traite de tous les noms d’oiseaux depuis l’archéoptéryx.
    Je rectifie au fait : « Quand auront-ils le courage d’inviter des citoyens sortis des couilles ces (b)urnes (f)olles ?
    Presque une contrepèterie. 😉

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  4. Ya du beau linge dans Fondapol ! au conseil de surveillance ..Nicolas Bazire, le copain de Sarkosy qui a été mis en examen pour le financement de la campagne Balladur , d’ailleurs plus rien ne suinte à ce sujet, il y a la femme à Xavier Darcos , bôf c’est encore une obédience umpiste rien que de plus normal dans la France des oligarques

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  5. ah ben autant rester en famille – le pire c’est que jamais jamais cette petite frappe de Reynié ne dit d’où il parle – toujours présenté comme expert jamais comme proche de l’ump ce qui remettrais grandement en perspective ses propos.

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  6. « thé/café « :c’est pas un peu beaucoup pour un seul homme?
    « cet accélérateur de carrière dans le sens du vent »: et après ça , on s’étonne que tu n’aies pas eu encore de prix littéraire !

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  7. et encore j’ai supprimé le chocolat hihi
    – bah ouais on peut pas dire que je choisisse le chemin le plus court….

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