Ni droite, ni droite, front de gauche

Dès le premier jour, j’étais de l’aventure du front de gauche. Et même un peu avant.

Avec des hauts, des bas, des doutes et des ferveurs.

Pas encarté. Juste compagnon de route, fidèle et critique. Je n’ai pas l’engagement facile. Ça en agace plus d’un, plus d’une, y compris moi parfois.

Pas l’âme militante. Un peu trop frondeur peut-être.

Depuis le front de gauche , je ne suis plus orphelin. J’ai enfin une famille de pensée dans un parti creuset où tout est à faire et rien à attendre. Je me suis remis à penser ensemble.

J’adhère à un mouvement pas à un homme providentiel, ni leader maximo, ni gourou, mais il faut bien que les idées s’incarnent.

En ce moment historique, de crises et de convulsions et de tous les possibles, nous avons la chance inouïe que ces idées s’incarnent en Jean-Luc Melenchon.

ET quelle incarnation !

La voix de Melenchon ouvre la voie enfin de l’alternative, du combat et du droit à l’utopie. Elle fait, se relever les têtes, s’agglomérer les forces, reconquérir le vocabulaire, tomber les masques des tartuffes de la gauche salonarde, elle redonne de la fierté à ce que nous sommes, sans ne plus nous excuser de nos valeurs.

Elle cogne. Elle tonne. Elle décomplêxe. Fini de raser les murs.

Avec lui à nouveau, We are dangerous, et à nouveau la peur de changer de camp, et de la défensive passons nous à l’assaut.

Alors certes les hommes ne sont que des hommes avec leurs faiblesses et leurs contradictions. Et si l’on cherche sous le tapis, trouverons-nous alors toujours de drôles de poussières.

On ne reste pas 30 ans au Parti socialiste sans en garder des séquelles.

A cette heure, peu importe, il n’est plus temps de finasser. Ni états d’âme, ni quête idéale du chimiquement pur.

Jean-Luc Melenchon nous fait gagner un temps précieux, nous fait faire des bonds de géant. Nous mets en ordre de bataille.

Il n’est pas l’aboutissement mais l’outil. Nous ne pouvons que l’en remercier.

Le remercier de parler à notre intelligence, à notre sensibilité, à la meilleure part de nous même. Le remercier de nous faire confiance, de nous savoir responsable, de parier sur notre fraternité. Le remercier de lire Hugo, de dire Eluard et de réconcilier l’internationale et la marseillaise.

Pour la première fois depuis très longtemps, dimanche, je voterai utile, c’est-à-dire pour ce en quoi je crois. L’humain d’abord. Car, comme le dit Melenchon : « Si vous perdez vos convictions dans l’isoloir, faudra pas s’étonner de ne pas les retrouver à la sortie. »

Quel que soit le résultat ce ne sera qu’une étape. L’insurrection citoyenne viendra. Inéluctablement. Et vite.

L’Europe nous attend. Les peuples nous espèrent. L’histoire à besoin de nous.

J’étais à Stalingrad au lancement de campagne, je serai à Stalingrad pour les premiers résultats.

Pour continuer avant de commencer …

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

30 commentaires sur « Ni droite, ni droite, front de gauche »

  1. WOW ! Bravo et merci pour ce texte que j’aurais beaucoup moins bien écrit et qui dit tellement tout ce que je ressens !
    Pas encarté non-plus (trop besoin de ma liberté de penser et de critiquer même les miens si bon me semble et si j’en éprouve le besoin) mais comme toi il me semble avoir trouvé ma famille politique, cette véritable volonté humaniste et sincère qui manque tant au PS devenu un pur parti de gouvernance si loin du peuple et prêt à tous les compromis juste pour tenir et conserver le pouvoir.
    Quel que soit le résultat dimanche soir et la semaine suivante, le combat ne fait que commencer !

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  2. merci à toi 🙂
    La force du front de gauche en effet est d’être un pôle attractif de tous les francs tireurs isolés se bagarrant dans leur coin, de toutes les forces émiettées et ce n’est pas un mince exploit d’avoir réussi à les réunir presque.

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  3. Wow! Pas mieux. Moi aussi j’étais de Stalingrad à Stalingrad. Des combats des régionales à cette magnifique campagne. Pas encartée mais je n’hésiterais pas si le #Fdg rompait avec le système des appareils…

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  4. Quelle » jouissance » de lire ce que l’on ressent au plus profond de notre pensée ! Tout y est parfaitement exposé. MERCI TGB
    Quel bonheur de se « réfléchir » dans vos écrits et de s’y trouver beaux !
    C’est cela que nous ont apporté Jean Luc Mélenchon et le Front de Gauche : se sentir en intelligence avec des centaines de milliers d’humains qui partagent les mêmes projets d’avenir. Il y a des siècles que nous n’avions été invités à un tel banquet, ouvert, généreux, et rebelle !
    Je suis enthousiasmée par tout ce que j’ai pu lire sur le Blog de JLM, sur le vôtre et sur Simplement de Gauche. Intelligence, connaissances, et humour. MERCI, quoi qu’il se passe dimanche, SURTOUT, NE RIEN LÂCHER !

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  5. « Il y a des siècles que nous n’avions été invités à un tel banquet… »
    Alors partageons le festin et chantons ensemble avant de se remettre au boulot….
    et merci !

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  6. « Tout est à faire, rien à attendre »… Je voterai Mélenchon (et appelle à voter… et je crois que ce sera un grand succès y compris chez les jeunes) mais continuerai à faire avancer les idées du M’PEP sur la sortie de l’UE par la gauche. De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace…
    Et pendant ce temps-là, le capitaine de pédalo veut nous entrainer à intervenir en Syrie pour le compte des “grands démocrates d’Arabie du Bahreïn et du Qatar”. Les Français sont vraiment des crétins!
    Merci pour ce beau billet… Je fais suivre.

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  7. Depuis longtemps, j’attends qu’un parti ,une personnalité politique, donne clairement à l’humain, à l’humanité, une place centrale dans son projet.
    Mélenchon a un monde d’avance sur le ban et l’arriere ban politicard, qui feraille encore vainement, essayant de préserver les ruines d’un modéle mortifére qui a relégué l’Homme à la marge.

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  8. alors que de petits connards veulent nous faire croire que c’est le retour des archaïques, il va falloir qu’ils finissent par piger que c’est l’arrivée d’un monde nouveau – rouge oui mais versus 21ème siècle –

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  9. Très bon texte, je m’y retrouve beaucoup ! la fierté du rouge, de son histoire, de ses valeurs.. c’est bon de ne plus se sentir seul..
    merci pour ce beau texte.

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  10. Tout parfait, tout pareil. Merci. Je me retrouve à 95% dans le programme et à 80% dans le bonhomme (parce qu’il en faut un) et à 100% dans sa vista politique. . Ce qui ne m’étais jamais arrivé. Et je date un peu.
    Sinon de rue Affre à Stalingrad, t’as pas usé trop les souliers, non ?

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  11. Oui Stalingrad ça me va bien, ça reste dans mon jus, même si ça use les souliers précisément si, puisque j’y vais à pince et tout pareil au retour :-))

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  12. Eh oui: »On s’était perdus, on s’est retrouvés… » Les circonstances (l’extension de la misère dans un pays riche), la qualité et l’ambition du projet, l’incarnation de ce projet collectif par un homme que l’on sait intelligent, que l’on devine sensible et que l’on espère sincère, le retour du Verbe sur la scène politique, le mépris et la hargne des adversaires, médias en tête. Tous les ingrédients sont à nouveau réunis: à nous de réussir! J’en serai.

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  13. « On s’était perdus, on s’est retrouvés… » oui on était tous là mais on tournait en rond, à se désespérer, il fallait enfin que…
    et enfin…
    ça ne s’arrêtera plus et ça ira bien plus vite qu’on croit !

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  14. @salut Laffreux – pour taper juste ça tape juste en effet vu les boules puantes qu’ils envoient en face, mais pas de carte blanche non plus – on les a à l’oeil
    Bon dimanche électoralement insurrectionnel à toi
    @des pas perdus – y’aura pas de 2ème tour on gagne dès le premier :))

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  15. Il n’y aura évidemment pas d’insurrection ( a fortiori citoyenne sinon ça ne serait plus une insurrection) mais très probablement des bouleversements économiques, sociaux et donc politiques .
    Et ils ne viendront pas « vite ». Il faut donc bien plutôt se préparer  » à l’épreuve de l’union avec la social-démocratie » .
    Et crois moi, d’expérience, ça va pas être de la tarte . mais cette fois, on est prêts :
    http://levillagedesnrv.20minutes-blogs.fr/archive/2012/03/21/vers-le-combat-de-l-union-de-la-gauche.html

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  16. @urbain – incorrigible pessimiste (ou réaliste) – on a bien rigolé avec sarko à mon avis ça va pas être triste avec flamby – déjà il part en guerre en Syrie hihihi – dans deux ans on en reparle –
    @Françoise D à 23H 20 on en remet une couche

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  17. Désolée de ne pas entrer dans vos rangs mais pour moi Poutou me semble plus authentique :
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article127190
    Quoiqu’il en soit que ce gouverneMENT dégage et respect quand même pour les rêves…
    et je partage quelque cette analyse au sujet de l’illusion Mélenchon.
    salut camarades..:
    La sirène mélenchonne
    de : Luis
    vendredi 20 avril 2012 – 16h23
    Par le camarade Babel
    « N’insultons pas l’avenir, en préjugeant à partir des positions prises par tel ou tel au sein de cette coalition, de ce que celle-ci fera par la suite. Il nous est dès à présent possible de nous inscrire dans cette démarche, en accompagnant son mouvement sur sa gauche, prenant leur leader à chaque fois au mot, et poussant à la roue dès que l’occasion se présente. Si jamais tel ou tel de ses représentants ou la totalité de cette coalition ment ou trahit, nous aurons tout loisir de le constater par les actes qui auront ou n’auront pas été accomplis. Cela permettra ainsi aux salariés mobilisés de faire par eux-mêmes l’expérience de cette trahison, pour peu que celle-ci se produise. »
    Cette logique « d’accompagnement critique » me semble autant illusoire que néfaste.
    En premier lieu, elle ne permet pas aux révolutionnaires d’apparaître de façon autonome et de développer les axes de campagne avec suffisamment de clarté et de lisibilité, nous ravalant au rôle d’aiguillon de l’attelage FdG, si ce n’est de « mouche du coche ».
    En second lieu, une telle position pourrait se défendre si l’expérience par les faits n’avait pas déjà eu lieu, et si les garanties offertes aux sociaux-libéraux du PS d’un partenariat loyal (= respectueux du cadre imposé par ces derniers à l’exercice de leur « gouvernance politico-économique ») n’avaient pas d’ores et déjà été formulées.
    Ce n’est pas le cas, chacun en conviendra, à commencer à l’échelon régional où les élus du FdG se comportent comme les braves petits soldats du social-libéralisme.
    Ce n’est pas le cas non plus, lorsqu’on voit leur candidat multiplier les déclarations ambiguës, voire contradictoires, sur ce que fera la coalition qu’il représente, une fois la gauche parvenue au pouvoir, faisant alterner le chaud et le froid.
    Ce n’est pas le cas, enfin, lorsque l’examen du contenu de leur document de campagne fait apparaître, non seulement des limites très nettes à leur volonté proclamée de changement, mais aussi un souci étriqué de s’en tenir au cadre coercitif de l’économie de marché, à partir d’une distinction oiseuse entre méchants capitalistes financiers et bons capitalistes investisseurs, et du respect de l’Etat bourgeois.
    Cette logique est discernable en particulier par :
    leur souci d’inscrire un programme de réformes d’inspiration keynésienne à l’intérieur des institutions bourgeoises d’une République parlementaire passablement ravaudée (avec une 6e république ressemblant à s’y méprendre à la défunte 4e !) ;
    leur refus d’envisager la possibilité d’un contrôle des principaux leviers de l’économie par les producteurs eux-mêmes, et leur volonté de jouer à fond la carte de la délégation de pouvoir et du « dialogue partenarial » en vue de leur réalisation ;
    leur obstination à développer partout et en permanence un discours républicain-nationaliste (« social-chauvin », auraient dit d’aucuns), prenant appui sur une conception strictement hexagonale et étatiste de l’économie, et trouvant sa traduction dans un protectionnisme plus ou moins assumé ;
    leur incapacité enfin à s’attaquer aux puissants lobbies qui contrôlent l’économie du pays :
    . refus de sortie du nucléaire,
    . silence radio sur l’industrie d’armement,
    . prétention de « mise au pas de la finance » réduite à la constitution d’un « pôle public bancaire » agissant à côté du privé —et l’on sait, pour l’avoir vu à l’œuvre avec la poste ou la santé, ce que ce type de réforme signifie en pratique—, en lieu et place de la socialisation nécessaire du système de crédit.
    Après, on peut toujours saluer la présence d’un éventail de revendications sociétales que Mélenchon ne manque par de déployer à chaque prise de parole publique. Mais pour importantes qu’elles soient, ces réformes ne constituent en rien une réponse à la hauteur des enjeux actuels, et nombre d’entre elles auraient très bien pu figurer dans la profession de foi de n’importe quel candidat « démocrate » ou « libéral avancé ».
    Dans ces conditions, opter pour une critique mezzo-voce des positions défendues par le FdG, en choisissant de faire l’impasse sur les contradictions criantes que comporte leur orientation, et sur toutes les compromissions auxquelles elle donne lieu, revient à refuser de mettre en évidence dès à présent les logiques politiciennes qui ont prévalu à la création de cette coalition d’intérêts. Et surtout à lui accorder une espèce de blanc-seing extrêmement préjudiciable pour l’avenir.
    Lorsque les reculades, les reniements et les trahisons auront effectivement lieu, et lorsque les travailleurs et la jeunesse qui leur ont fait confiance s’apercevront de leur méprise, les désillusions seront d’autant plus grandes et d’autant plus amères que PERSONNE ne les aura mis en garde.
    Dans ce cas, nul n’aura su armer leur défiance, en développant un programme politique indépendant, mettant l’accent sur la nécessité de prendre en main collectivement sa propre destinée et de se préparer dès à présent à une confrontation d’ensemble avec la totalité de ce système.

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  18. Respect pour Poutou – plus authentique c’est évident, moins efficace aussi. Peu importe , j’associe l’apparition de Poutou et ce qu’il représente à ce qui se passe et ce qui va se passer –
    je n’ai aucun souci avec tout ça d’autant que je connais assez bien le front de gauche de l’intérieur pour ne pas me faire trop d’illusions sur ce qu’est un parti. Mais aujourd’hui ça m’importe peu si j’ai retenu quelque chose d’essentiel du PG « c’est que la consigne est qu’il n’y a pas de consigne » – à nous tous maintenant d’inventer – on est dans le sens de la vague – et ça quoi qu’on en pense c’est grâce à Méluche.

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  19. En réponse au camarade hyppo
    http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/gauchisme.htm
    et la réponse à cette réponse :
    http://www.marxists.org/francais/gorter/works/1920/00/gorter_19200000_1.html
    naturellement cette dialectique est la représentation d’un « universel concret » qu’affronte tous ceux qui veulent « changer l’ordre des choses » dans le réel concret, ici et maintenant. Cet unniversel concret pose la question du « Que faire » , de la praxis, d’où résulte la question essentielle de la « forme parti ».
    La synthèse qui permet de dépasser la contradiction sous jacente ( aux deux positions qui s’affrontent dans les textes pointés ci-dessus, et dont l’actualité est continuellement renouvelée), nous est donnée naturellement dans le réel, par l’histoire .
    Cette histoire continue.
    Aujourd’hui, concrètement et réellement, le fait que « l’électorat populaire » , naguère agrégé autour du PCF, se reconstitue, très vite et très spontanément autour de la première représentation plausible qui lui soit offerte, depuis 30 ans, dans la « classe politique », nous donne clairement le « sens » de cette histoire.
    Ceci pour te donner raison tgb.
    Et non, cher tgb, je ne suis pas un « bolcho-romantique » ( bien qu’évidemment ce qualificatif n’ait absolument rien de péjoratif à mes yeux), je confesse n’être qu’un bien prosaïque rationaliste, matérialiste, marxiste … français.
    accessoirement , pour les amateurs d’histoire (et de front de gauche) :
    http://www.librairie-tropiques.fr/article-corbiere-vs-le-pen-103613480.html

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  20. Bien sûr, nous pouvons, et nous devons, continuer à nous « tripoter la nouille » entre romantiques et réalistes, praxis, lexis et j’en oublie. Nous faisons cela très bien – trop bien?- depuis toujours. Mais pour l’instant, ne boudons pas notre plaisir: combien étions-nous à attendre ce moment ? Bon dimanche aux affreux et affreuses. Et merci à toi, tgb, pour la qualité de tes billets.

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  21. oui pour ce qui est de nous tripoter la nouille nous sommes des cadors, d’ailleurs c’est bien simple dans mon parti idéal au final je suis tout seul. mais précisément et face au bulldozer qui ne fait pas trop dans la dentelle, il est plutôt urgent de tirer dans le même sens que de nous flinguer entre nous (et pourtant bien des fois c’est pas l’envie qui me manque et je retiens mes coups)
    oui ne boudons pas notre plaisir et joignons nos forces, il sera toujours temps ensuite de pinailler façon tendance courant et groupuscule et de dénoncer les compromissions pourries qui ne manqueront pas –
    en attendant aucune raison de cacher sa joie. La gauche anticapitaliste est de retour.

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