Cette manie des allumettes…

C’est pas compliqué. Quand quelqu’un se bouche les oreilles pour ne pas entendre la rumeur amplifiée de la rue et du mégaphone, qu’il fait dans le comptage soldé automne hiver du genre 999 999 manifestants et 299 lycées touchés par les grèves, ou, par exemple, trouve plus urgent d’écouter Thierry Henry que d’entendre les millions de français dans les rues, il reste 3 solutions à l’émetteur du ramdam dans sa fureur et son tapage diurne (à quand une grande manif nocturne pour changer) :

1) se lasser : on appelle ça le pourrissement
2) monter le son : on appelle ça l’amplification
3) sortir la grosse Bertha : on appelle ça la radicalisation

Car, et c’est la base même de toute interaction, nier l’existence de l’autre, ne lui offrir aucune reconnaissance, jouer le déni, c’est, soit miser sur sa capitulation dans sa rancoeur, soit le contraindre au conflit, le pousser à la rage.

Visiblement, la déconsidération finement entretenue et l’encouragement médiatique (façon larb1) à la résignation ayant échoué, nous glissons progressivement de la phase 2 à la phase 3.

Le mouvement à pris racine. La météo est solidaire. Le peuple est à cran.

Et tandis que les leaders syndicaux, champions de la régulation sociale, courent derrière leurs troupes, jusqu’à leur imposer prudemment le vote à bulletin secret pour la reconduction des grèves, c’est l’exaspération d’un peuple dans sa surprenante détermination qui se répand et se focalise.

En cela, le ressentiment va bien au-delà de la simple réforme des retraites, la révolte bien au-delà de l’ordinaire arnaque économique, qui n’est plus que prétexte et exutoire. C’est tout une charge d’écoeurement et de frustrations, qui s’exprime et se cristallise. Et comme en miroir, le peuple offensé finit par faire du mépris affiché de l’autiste Elyséen du petit haut de son insuffisance, une affaire personnelle .

C’est eux ou moi, c’est donc lui ou nous.

Il est un symptôme assez effrayant chez le morveux tout à ses caprices, cette tendance immature à jouer avec le feu, à attiser la haine, ce goût exécrable et maladif pour l’incendie : « Sarkozy aux pouvoirs c’est mettre un barbecue dans l’Esterel.» disait Chirac.

Qu’il se brûle à sa sale manie nous indiffère. A répandre la poudre, aujourd’hui ou demain, l’enfant roitelet se cramera la merguez, simple affaire de retour de flamme. Ce qui nous importe avant tout c’est que ce pays chauffé à blanc et qu’on ulcère, ait à sa tête un pompier pas un pyromane complètement allumé.

tgb  

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

14 commentaires sur « Cette manie des allumettes… »

  1. D’accord avec toi, tgb
    Mais son entêtement stupide, ne fait il pas notre jeu ?
    Pour demain, j’ai un billet qui va dans le même sens. Remember Villepin…
    Du coup, je ne puis qu’applaudir le tien ! 😉
    PS : il n’y a pas trop d’espaces entre ta signature et la fin du billet : c’est une simple réflexion de blogueur 😉

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  2. je ne sais pas s’il fait notre jeu mais il joue vraiment au con – il y a surtout un espace entre ma signature et la fin de la page – les mystères de la technologie

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  3. « Il est un symptôme assez effrayant chez le morveux tout à ses caprices, cette tendance immature à jouer avec le feu, à attiser la haine, ce goût exécrable et maladif pour l’incendie … »
    Euh, ben oui… je copie/colle, parce que c’est parfait.
    3 lignes.
    Pousser plus loin la haïkusation serait se taire.
    La paranoïa du chef est complémentaire de la schizophrénie du peuple.
    Il lui FAUT cultiver cette dernière.
    C’est sans fin, hors le gros bordel …

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  4. à force de cultiver la faille pourrait bien tomber dedans – genre gouffre de Padirac – et pour ce qui est de sortir les mecs d’un trou on n’est franchement moins bon que les chiliens – surtout qu’on fera pas du zèle pour ce petit méchant

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  5. Excellent, mais il y a aussi un point 4 : « criminaliser le mouvement en laissant commettre ou en provoquant des actes délictueux », comme à Montélimar ou la semaine dernière à Saint-Nazaire… pour retourner l’opinion publique.

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  6. ah le vieux truc des flics déguisés en « casseurs » et qui poussent aux dégâts reste un incontournable de la manipulation

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  7. non non la question mérite d’être posée – nous avons assez peu d’informations là-dessus mais une enquête s’impose – cela dit on peut déjà affiner la question – la merguez avec ou sans talonnettes ?

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  8. « Le mouvement à pris racine. La météo est solidaire. Le peuple est à cran. » : avec le froid qui va s’installer d’un coup, je suis curieux de voir ce que le mouvement va donner dans quelques jours…

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  9. et bien mon cher Acouphène et munit de ton thermomètre rectal à mon avis tu as déjà le début d’une piste de réflexion
    nous viendrons probablement nous réchauffer dans ton cul

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  10. Quelle agressivité ! O.o
    Mon commentaire visait simplement à dire que l’hiver 95 a été le dernier hiver très chaud en France au niveau de la rue et que je ne suis pas certain que l’hiver 2010 soit du même tonneau…

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