En tant que formateur, façon triviale, ou consultant, façon distinguée, cela fait plus de 20 ans qu’à chaque intervention, je suis évalué par mes stagiaires ou mes étudiants. ça se matérialise sous forme de notes, sur 5, 10, ou 20, avec des + des – ou des =, selon les raffinements d’usage, sans omettre les commentaires plus ou moins pertinents.
A chaud, à froid.
Depuis le temps, ces fiches d’évaluation, si je ne les bazardais pas au fur et à mesure, pourraient largement tapisser le loft que je n’ai pas, bien qu’elles soient de plus en plus informatisées et virtuelles aujourd’hui et donc verrouillées.
Ça paraît évidemment plein de bon sens d’évaluer l’intervenant, de valider son savoir faire, d’estimer son travail, sauf qu’il n’y a rien de plus pervers en fait et de plus contre-productif au final.
Ainsi, depuis plus de 20 ans toute ma pédagogie est biaisée par ce seul objectif : ramener de bonnes évaluations et donc conserver mon job et mon salaire. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, le jour ou « les acheteurs » ces arriérés mentaux qui considèrent qu’il est plus rentable de mettre 12 participants là où on en mettait 8 se mêlent de l’affaire, de dégager du jeu des appels d’offre au nom du moins disant, du moins coûtant, dans cet esprit si fin de compétitivité ambiante.
Le fait d’être évalué systématiquement induit nécessairement la séduction, la flatterie, une obligation de popularité qui n’a en fait rien à voir avec la compétence ou l’art d’enseigner ; la prime allant à l’intervenant cool et sympa, plutôt qu’au prof savant et didactique. Bref, l’objectif de la bonne évaluation se substituant totalement à la pédagogie.
C’est un peu comme ces candidats aux élections à la présence indiscutable, au charme et charisme avérés, visiblement doués pour la comm et la démagogie, qui, en définitive, font de piètres gouvernants, fonction pour laquelle ils n’ont pas le moindre talent.
Ainsi donc, la culture du résultat ou du chiffre dont on nous rabat les oreilles comme panacée universelle de l’efficacité et de la performance est une monumentale connerie.
Une connerie parce qu’elle traduit tout dans une vision comptable, comme si les effets d’une pédagogie active notamment en « développement personnel » devait être forcément quantifiée. J’ai vu un responsable de formation dont c’était le boulot, faire des stats sur 1 stage de 3 participants tout à sa vision « reporting » et son goût immodéré du « benchmark ».
Une connerie parce qu’elle pousse indubitablement à la triche, au trucage, au maquillage, à la pression psychologique sur les apprenants, à une forme de manipulation, à tout un jeu d’influence empirique afin « d’acheter » le résultat ou de le rectifier.
Une connerie parce qu’elle dévoie fondamentalement le rapport de confiance, la déontologie, et cette conscience professionnelle dont font preuve la plupart des enseignants considérant la transmission de savoir comme un acte fondateur et admirable. Se mettre dans une obligation de résultats, c’est nier précisément toute l’alchimie de l’enseignement et toute la subtilité de la maïeutique. La déception étant une composante vitale de la pédagogie.
Sauf que ce boulot passionnant est suffisamment éprouvant, à la merci du premier pervers narcissique venu pour ne pas avoir la tentation de neutraliser tout impondérable. Oui ce job est suffisamment cruel, parfois destructeur, pour ne pas tendre à vouloir tout contrôler et imposer. Inutile donc de nous y encourager.
Ce que l’on dit chez les parapentistes, pas de bons pilotes, que de vieux pilotes, on peut le dire aussi de tout enseignant tant la discipline est féroce : pas de bons profs que de vieux profs : ceux qui n’ont pas pétés les plombs.
Ainsi donc, dans cette politique à court terme du tout quantitatif et selon quelques brillants abrutis qui n’ont jamais enseigné de leur vie, pourrions nous payer les profs au mérite.
Mais de quel mérite parlons nous ? et selon quels critères ?
Un travail d’émancipation de l’élève, lui donnant l’esprit critique, les conditions pour apprendre à apprendre, en développant sa curiosité, des structures mentales pour appréhender le monde et le mettre en perspective, les bases d’une culture générale pour un jour penser avec sa tête plutôt qu’avec celle des autres ou au contraire pour en faire une bête à concours, pour bien le calibrer à la norme Gattaz, taillable et corvéable à merci, dans la doxa d’entreprise et la soumission à l’ordre dominant ?
Une tête bien pleine quantifiable ou une tête bien faite difficilement mesurable ?
Un esprit sain dans un corps sain ou dans un corset ?
Car il n’existe aucun critère objectif, tout critère participant forcément à une forme idéologique, productiviste ou humaniste, libératrice ou aliénante. Cadrer les cadres, maîtriser la maîtrise, requinquer les quinquas…
Là où l’enseignement ne demande que bienveillance, doublée d’exigence, quitte à déranger, bousculer, pousser dans l’inconfort, n’y exercer au final ses talents que pour plaire et complaire est l’assurance de l’anti pédagogie formatée sur mesure.
Le seul mérite pour un enseignant est de faire le pari de l’intelligence de l’élève et de le gagner, pas de l’avoir satisfait façon branlette.
Fort de ce principe, je ne me commets jamais au grand jamais dans quelque évaluation que ce soit. rapport à quelque service bien ou mal rendu. J’en connais trop les effets pervers et la duplicité.
Zélectrices, Zélecteurs réjouissez vous, lors du prochain simulacre démocratique 2017, vous aurez donc à choisir entre pareil et même avec au rang des figurants quelque escroc bonimenteur sur le retour de chez Goldman Sachs ou quelque pédaleur de pédalo développé couché çi-gissant aujourd’hui à 13%.
Bref, si c’est pas Bismuth ce sera donc son frère et si c’est pas Pays Bas ce sera son neveu hispano-suisse, avec le délicieux chantage au votutile, à la coalition supranationale sauveuse de patrie et au front républicain qui ne marche que dans un sens pour échapper au pire au chaos à la grosse Bertha catastrophe, Jean-Marine Lepen, précieuse sur ce coup en grande méchante louve à faire rentrer dans le rang.
Et quand on en est à se dire qu’à la limite du final du moins pire du pire vaudrait encore mieux que ce soit Juppé maillot jaune sur la ligne d’arrivée, on perçoit bien l’ampleur des dégâts et la haute ambition de nos espérances parfaitement solubles dans notre sombre désarroi.
La machine à élire en rond est donc comme toujours admirablement en place et vu la déliquescence de par chez nous où l’on s’empoigne et se déchire pour une performance (heureusement bientôt plus besoin de brûler les théâtres ils auront tous été fermés par décret d’austérité) on n’est pas près de lui voiler la roue ou de lui changer l’angle.
Rassurons nous donc, que ce soit machin ou truc, bidule ou bidulette, nous retrouverons l’indispensable Jouyet, sa femme et ses cousins aux manettes, l’inévitable Macron de la bande à Rothschild et ses petites sœurs des riches, dans un « programme commun » révolutionnaire avec le Medef et la star AC toute pensante Attali-Minc-BHL inamovible et fondamentalement indispensable à rapporter dans les clous de l’oligarchie centrale.
Le seul suspens au final étant de savoir quelle banque l’emportera et placera son pion sur la case de moins en moins centrale. Suspens, autant le dire de suite, qui m’émeut assez peu.
La réalité ayant souvent plus d’imagination que les politologues qui n’en ont aucune, un accident DSK n’est pas à exclure, ce qui heureusement ne changera rien au résultat final du grand gagnant gagnant de la pensée gnangnan et raisonnable de la putain Tina.
Voilà voilà ! I
Inutile donc de vous préciser mon immense lassitude face à ce jeu de dupes et que je ne participerai pas à cet énième dîner de cons.
Vous me direz que le pire n’est jamais sûr et que le moins pire est possible, ce dont j’ai l’honneur de me contrefoutre définitivement.
C’est donc dans les années 70 que fleurirent un peu partout en Europe des mouvements « terroristes » style Brigades rouges ou bande à Baader.
Alors que chez nous la sociale démocratie était plutôt douce et autorisait un certain confort, que le mot réforme n’était pas synonyme de régression sociale et de déshumanisation au profit de la seule gestion comptable, des centaines de jeunes en rupture de société, choisirent la lutte armée.
Aujourd’hui, alors qu’un libéralisme radical et ultaviolent offre pour seule perspective une consommation de masse avec des salaires de misère, générant pur matérialisme, frustrations, délinquances et la confiscation des flux d’argent par un tout petit nombre au détriment de tous et de la planète, plus de groupes insurrectionnels, plus d’utopie à investir, pas plus de guérilla romantique.
Seul un grand désarroi des jeunes générations dépolitisées, atomisées, en jachère.
Il n’ y a pas d’alternative.
La nature ayant horreur du vide, sans plus d’idéal, même bancal, sans plus de sens ou de rôle dans une machine consumériste, mortifère et déliquescente, les seuls horizons pour les exaltés, les paumés, les révoltés se réduisent désespérément à Daech et pour tout combat révolutionnaire, ce djihad bestial et réactionnaire.
Selon ce principe qu’il vaut mieux gâcher sa jeunesse plutôt que de ne rien en faire, c’est donc avec cette indémodable figure christique à la Guevara, cette indépassable effigie mythique de poster, que des centaines de mômes d’ici s’abandonnent à la cause islamiste ne faisant finalement que suivre la politique française tout à son hystérie atlantiste, consistant à abattre Assad à tout prix ; pour des valeurs humanitaires apparemment mais plus sûrement pour un pipe-line venant du Qatar et sensé rendre l’Europe indépendante de la Russie et auquel s’oppose Bachar El Assad.
Bref comme toujours, on croit égorger pour le sultanat ou autre cause et l’on décapite ses frères pour les industriels dans cet emballement médiatique du web, ce tout à l’égout de l’info, tandis que les journaux de référence sont autrement plus fiables.
Si dans les années 30, l’on venait du monde entier se battre en Espagne au côté des républicains, aujourd’hui dans l’ inculture crasse de ces intégrismes en kit (évangélique islamique judaïque même haine même combat) et ce romantisme suicidaire teinté de Lawrence d’Arabie et d’exotisme, l’on est prêt à se sacrifier pour le pire de l’obscurantisme et de l’instrumentalisation.
Triste chair à canon que ces petits soldats de l’islamisme fruste que l’on tolère tant qu’ils n’abusent pas, que l’on fait tourner au gré des intérêts géostratégiques ou économiques de l’empire. Un jour en Afghanistan, un autre en Bosnie, le jour d’après en Tchétchénie, puis en Irak puis en Syrie et pourquoi pas en Ukraine…Selon que l’on redessine les frontières, que l’on divise les territoires ici ou que l’on nettoie ethniquement là.
Ils pourraient mourir pour la Palestine, pour quelque cause plus juste, pour un monde meilleur, mais étrangement ils meurent pour les Saoud, cette famille qui donna son nom à ce sale état, finançant à coups de petro dollars cette saloperie de wahhabisme considéré dés sa naissance comme une pure hérésie en Islam.
Car face à l’irruption du nationalisme arabe teinté de marxisme, les USA jouèrent la carte islamiste (mais après tout une certaine forme de valeurs communes : pognon et puritanisme) comme Israël préféra encourager le Hamas religieux pour mieux affaiblir le Fatah laïque et discréditer la cause palestinienne.
Comme le dit si bien Georges Corm(pour une approche profane des conflits), dans cette analyse binaire entre gentils et méchants, si Hassad vous empêche de dormir, alors que d’insomnies pour la condition de l’homme et surtout de la femme en Arabie Saoudite nos chers alliés !
Et dans ce jeu d’indignations sélectives, l’occident se soucierait-elle de la bombe Iranienne si comme le Pakistan, les perses étaient nos alliés ?
Ainsi donc à manipuler les religions pour mieux faire avancer intérêts économiques et politiques voici venir ce glissement sémantique malsain du gréco romain au judéo chrétien et de l’homo islamicus opposé à l’homo hibraïcus dans ce choc de civilisation fabriqué et artificiel servant de paravent au choc de compétitivité venant tout dévaster.
Pourtant l’on sait, que point de salut dans l’ethnique et le communautarisme, ce chaos à venir, qu’il nous faut séparer pouvoir temporel et spirituel, neutraliser le religieux, que le moyen orient est terre de mélange, que nous sommes frères et sœurs en humanité, que la stigmatisation de l’immigré n’est là que pour protéger le banquier, que nous ne devons pas nous tromper de combat.
Dans ce grand simulacre où tout est fanatisé, faire la grève de la faim ici pour Nabilla ou mourir là-bas pour 50 vierges participe à peu près de la même connerie, du même vide mental.
« Les termites sont des insectes sociaux, qui vivent au sein de colonies hiérarchisées et organisées en castes. » (wikipédia)
Donc tu intègres l’école de journalisme de sciences PO, tu signes la charte déontologique qui stipule que » tout étudiant ne commet aucun plagiat, ne fait pas passer la pensée d’autrui pour la sienne, et cite explicitement les confrères dont il reproduit un texte ou même un fragment de texte de quelques mots » et fier de marcher sur les pas d’ Albert Londres tu finis stagiaire bandeau à I télé, où tu apprends que ta directrice à l’instar des immenses penseurs du branlage de manche, Minc Attali…, copie-colle allègrement ses petits camarades.
Et te voilà tout chose.
Un peu comme si tu découvrais, mais c’est impensable, que tel ministre du budget chargé de fraude fiscale possédait un compte en Suisse…, tel premier ministre déclarant martial que « nous vivons au dessus de nos moyens » dissimulait l’étendue de son patrimoine ou que tel dirigeant Luxembourgeois faisait la chasse aux paradis fiscaux à la tête de l’Europe.
Bref, tu percutes enfin que dans ce vaste foutage de gueule, les règles du jeu auxquelles on t’astreint ne s’imposent qu’à toi et tes semblables, tandis que tous les pontifiants trichent, truquent, falsifient, resquillent, maquillent, bernent, abusent… s’exonèrent en s’essuyant les pieds sur les principes sans plus de honte et que c’est même à ça qu’on les reconnaît.
Ils ont l’amour propre sale.
Dans le genre xylophage, du sol au plafond, avec cette absence tranquille d’exemplarité, ces insectes ravageurs rongent les poutres de la confiance, ces nuisibles grignotent les boiseries civiques, ces parasites gangrènent les charpentes sociales, tout ce cadre sans qui il n’est point de vie commune.
Sauf que quand plus personne ne respecte les règles du jeu de société, il n’est plus de jeu ni de société.
Et un grand matin ou un petit soir, crac, ça s’effondre.
Quand tu commences à gratter et que tu perçois derrière les papiers peints et les vernis de la jolie baraque France, tous ces petits tas de sciure, tu supputes le vermoulu et l’état de décomposition et subodores que tu devrais te tirer avant de te prendre le toit sur la tronche.
La termite à se goinfrer la panse est le fléau de la maison commune.
Dans le mano a mano impitoyable que se livrent les deux principales équipes du championnat de France du pourrissement de la 5éme république par la tête, apprécions l’intensité du match et les plus belles actions de part et d’autre.
Si l’affaire Cahuzac avait donné un indéniable avantage que l’on crut décisif au parti solférinien, un de ces buts de légende contre son camp, prenant à contre pied toute la classe politique, il faut bien reconnaître que la superbe affaire Bygmalion remettait aussitôt l’ump dans la partie.
On retiendra d’ailleurs la mémorable confession du lampiste Lavrilleux dans une tentative de dribble larmoyant et le jeu magistralement sournois d’un Jean-François Copé au summum de sa forme, écopant malheureusement d’un deuxième carton jaune (après le bourrage d’urnes de l’ump) le mettant provisoirement sur la touche et privant son équipe d’un des pire joueurs de coups tordus et de tacles par derrière de sa génération.
Dans cet affrontement sans concessions, où les adversaires se marquant à la culotte se rendent coup pour coup, inventant chaque fois de nouvelles combinaisons pourries, de nouvelles stratégies pour mieux s’autodiscréditer, on notera la succession de rebondissements et de retournements de situation : l’affaire de l’hippodrome de Compiègne répondant à la fabuleuse affaire DSK, l’affaire Karachi le disputant à l’affaire Thévenoud, l’affaire Tapie-Lagarde tentant de reprendre la main après l’affaire du Carlton, l’affaire des sondages de l’Elysée répondant à l’affaire Aquilino Morelle…
Tricheries, mensonges, détournements d’argent, rétrocommissions, prévarications, conflits d’intérêt, passe-droits, fausses factures, emplois fictifs, corruptions, pantouflages, petit pont entre public et privé, barrage surdimensionné entre amis, aéroport de complaisance…les différents acteurs sur le terrain faisant ainsi la brillante démonstration de l’étendue de leurs talents sur la palette de la crapulerie et d’une non exemplarité à montrer dans tous les centres d’entraînement.
Si à l’UMP on sait pouvoir compter sur l’inamovible Balkany une des meilleures enflures à son poste, hélas en fin de carrière, afin d’exploiter au moment opportun quelque saloperie dont il a le secret, et évidemment puiser dans les neuf affaires judiciaires de l’ancien capitaine de l’équipe cherchant d’ailleurs à récupérer son brassard de première racaille chef, au PS on s’inquiète quelque peu après les tentatives avortées de l’affaire Le-Guen ou de l’affaire du patrimoine caché de Valls qui ne donnèrent pas le désastre escompté.
N’empêche à défaut provisoire d’arguments tactiques, la récupération en reprise de volée de l’affaire Fillon pour en faire une affaire Jouyet restera comme un modèle du genre. Alors que tous les ingrédients étaient réunis pour que l’ump prenne une option gagnante dans ce set, la parade admirable du PS consistant à retourner le scandale en sa défaveur ne peut que forcer l’admiration.
Une nouvelle figure donc dans la panoplie de nos petits joueurs politiques : le démenti de démenti qui devrait très vite devenir un classique du genre.
Il est vrai que l’intrigant Jouyet ayant évolué dans les deux équipes et passant d’un camp à l’autre à chaque mercato, il est difficile au final d’attribuer le point à l’une équipe ou l’autre.
Et c’est bien le risque de cette confrontation confuse. Faire que deux équipes antagonistes faute d’acteurs et de spectateurs finissent par fusionner. On voit d’ailleurs émerger certaines tentatives de scandales venues de deuxième division ; UDI,FN…participant allègrement à la déliquescence générale.
Quand on sait qu’au moins 60 parlementaires sont en « délicatesse » avec le fisc (fraudeurs quoi !) , on imagine aisément en salivant d’avance, les prochaines indiscrétions de part et d’autre et malgré les multiples esquives et impunités solidaires, les dégâts à venir.
Merci donc à notre classe politique de participer ardemment à ce grand jeu du « qu’ils s’en aillent tous « et « du passé faisons table rase » en contribuant activement à l’avènement d’une 6éme république fraîche et mentholée.
Petite précision, la jeune et prometteuse Nabilla est hors concours…
Je sais bien qu’à la une de l’actu du jour, dans cette hiérarchisation subtile qui n’appartient qu’à la médiocratie, il y a la présidente Nabilla qui a poignardé la starlette de scooter éjectable Flanby devant 8 millions de téléspectateurs ou quelque chose du genre et que c’est diablement passionnant.
Mais comme il y a longtemps que le vide le disputant au néant, même dans un réflexe de fascination/répulsion, cette bouillie ne m’amuse plus même en me chatouillant sous les bras, je ne lis plus ni les journaux de référence Tina, ni les torchons à l’agonie Tina, ni ne suit et poursuit quelque jt formaté Tina, ni aucune chaîne d’infos sans infos avec de la potiche dedans et du stagiaire approximatif pro Tina sans le savoir.
Je suis bien conscient qu’il faut faire de longues années d’étude à sciences Po puis à telle école de journalisme pour obtenir le rare privilège d’aller en reportage sur le trottoir d’en face et annoncer à la France qui se lève tôt ou pas, qu’il fait super beau pour octobre, super froid pour novembre, où que les usagers qui ont super chaud ou super froid sont pris en otage sur le front ouest de la gare du nord.
Mais je m’en carre.
Pour être à peu près informé, j’ai bien pigé qu’il ne fallait surtout jamais biberonner aux merdiocrates et qu’il y avait plus à apprendre de ce qui est tu, que de ce qui est débité sous cellophane.
De toute façon et pour faire simple, mon organisme ne tolère plus depuis belle lurette l’habillage visuel et sonore du produit pseudo informatif racoleur et braillard ; ni les pubs criardes, ni les jingles stridents, ni la tronche en tranche des liseurs de prompteurs, ni le rythme tachycardique et anti zapping des hommes troncs s’éjaculant de la question tout en se branlant de la réponse.
Pas plus donc du fond creux que de la forme pisseuse, les deux m’horripilant de conserve.
Oui l’info est au final exactement celle qu’on ne te dit pas et qu’il te faut aller pêcher sous d’autres latitudes et profondeurs.
Bref et de guerre lasse, je me contentais jusqu’à présent du moins pire, à savoir France culture et son long ruban de soft Tina justifiant au moins mon réveil grognon.
Mais voilà que viré par France Inter qui devrait vite et amèrement le regretter, Daniel Mermet et l’équipe de là-bas si j’y suis, nous proposent enfin du meilleur dés janvier : un 7/9/9 d’infos autrement, en ce créneau matinal stratégique, et que cette putain de bonne idée de dope anti-tina au réveil, je l’espérais depuis des millions d’années lumière.
Hop là, me voilà abonné (enfin ma meuf mais c’est pareil) et que pour la première fois depuis des lustres, à l’aube de 2015, il y aura enfin dans mon esgourde de l’alternative matutinale.
Plus rien à attendre et tout à commencer, ici ou là-bas.
Xavier Beulin, le président de la FNSEA, a fustigé ce mercredi les opposants au barrage de Sivens, ces « jihadistes verts » présentés comme un mouvement pacifique et extrêmement bien organisé ».
Djihadistes verts donc, Talibans verts ou Khmers verts…on notera ici, sur la palette des craquettes tout en nuances, le subtil rapprochement lexicologique avec tout ce qui est censé foutre la pétoche dans les chaumières de France. Manquent au tableau, pédophiles verts ou terroristes verts et l’on aura à peu près couvert le champ non point agricole mais sémantique des fantasmes urbi ruraux et orbi urbains.
Faut dire à la décharge de Beulin et pour continuer dans la personnification imagée, ce petit Pol Pot du nitrate et de l’agroalimentaire trafiqué, qu’en termes de manifestations pacifiques de la FNSEA, ce pollueur-casseur-pas-payeur, le commis agricole de Monsanto en connaît un rayon.
petit florilège non exhaustif dressé par Isabelle Sénécal :
Mais après tout « djihadistes verts » pourquoi pas et plutôt que d’aller mourir pour les Saoud ou je ne sais quelle arnaque impérialiste en Syrie, autant que la jeunesse mène courageusement le combat vert ici, pour préserver notre maison commune, cette seule planète assez peu renouvelable. Et du courage, il en faut, comme de passer l’hiver dans une cabane, une yourte ou sous une tente.
En son temps, les musicos des « négresses vertes » retournèrent l’insulte en marque de fabrique revendiquée. J’aime assez qu’au final, la peur change de camp et que le peuple retraité, biberonné à la propaganda des télés poubelles, commence à regarder sous son lit, des fois qu’un écolo égorgeur ne s’y planquerait pas.
Tant au final, on ne finit par ne respecter que ce que l’on craint.
Certes la violence c’est mal. Et tandis que le productivisme effréné envoie à la casse des centaines de milliers de gens d’un simple claquement de doigt, il nous faut bien admettre que raser une forêt pour rien ou pour quelque arrangement spéculatif entre copains, c’est quand même bien moins grave que de briser holala, la vitre d’une banque multi assurée dont on a déjà grassement remboursé la dette.
Car dans l’échelle de nos valeurs libres et non faussées, l’oxygène c’est quand même nettement moins vital qu’un distributeur à sniffer du billet.
Pas de violence non, pas casser, pas moufter, au pays des bisounours et des Gandhi aplatis, juste se laisser tabasser en silence, et se faire éborgner, matraquer, cracher dessus par des petits Valls au petit menton, ces sales petites frappes à la carrière pliée dans la soie ; ces vigiles serviles du nouvel ordre mondial au profit de quelque uns et au détriment de tous.
Que Thierry Carcenac, digne représentant de ce socialisme notable en putréfaction se rassure, si «mourir pour des idées…c’est quand même relativement stupide et bête», il en est confortablement préservé. La dernière idée du dernier neurone de cette sorte de gestionnaire pourrissant sur pied consiste à conserver ses privilèges, à sacrifier le patrimoine commun à l’intérêt particulier.
Mourir à 20 ans pour des idées est un noble et triste gâchis, comme mourir à 40 d’un cancer des poumons, du à l’épandage intensif de pesticides.
Mais du point de vue des abeilles, les sentinelles de notre propre survie, c’est Rémi qui est vivant et Carcenac qui est mort.
Les morts sont tous des braves types disait Brassens. Et à constater l’hommage quasi unanime à l’ancien patron de Total, celui là même qui corrompit allégrement, sinistre représentant de la « Françafric », barbouilla généreusement nos côtes de marées noires, et ne paya aucun impôt en ce pays, il se pourrait bien qu’il y ait quelque vérité dans la formule de l’ami Georges.
Oui à voir certaine « panthéonisation » en grandes pompes, tel sale type à peine refroidi devenir respectable, une breloque sur le catafalque à titre posthume, dans un concert de louanges funèbres et médiatiques, la mise en bière pourrait bien rendre super sympa.
Général De Margerie mort au combat de la mondialisation heureuse. L’oligarchie et ses chiens de garde reconnaissants.
Les mouettes nettement moins.
Car le cadavre n’échappe évidemment pas à l’idéologie ambiante, la dépouille fumante cristallisant assez bien l’état des choses politiques et les aimables connivences d’une classe dominante et de ses pleureuses embedded.
Oui, les morts sont tous des braves types sauf que visiblement il en est de plus honorables que d’autres et que pendant qu’en catimini, l’on tente de glisser sous le tapis des pertes et profits le corps de Rémi Fraisse, « obscur » manifestant écologiste ayant croisé malencontreusement la trajectoire d’une grenade lacrymo, l’on enterre royalement « big moustache » au son du clairon et des sanglots longs des prédateurs et de leurs larbins comme autant de larmes de crocodiles.
La déneigeuse ou le flash ball choisit ton camp camarade.
Si d’un point de vue économique et social, il ne fait aucun doute que tel patron d’empire pétrolier a plus d’influence et c’est un euphémisme que tel militant écolo lambda, il n’en est pas moins vrai qu’en principe et en république, les citoyens restent égaux en droits.
Tu parles, même pas devant la mort.
Car évidemment dans cette religion du productivisme à tout va et dans le mur triomphant, il serait bien surprenant qu’on voit se déplacer quelque zélé ministre dans le Tarn, sur le site d’un chantier de barrage bientôt privatisé au profit de quelques gros intérêts financièrement agricoles pour pleurer sur les cendres d’un modeste empêcheur de tout saloper en bande.
Non, nous ne verrons pas à l’enterrement de tel militant de seconde classe le profil finement maquillé d’un premier ministre dans toute sa ringardise libérale pseudo moderne qui à force de s’identifier à Clémenceau finit et c’était fatal par avoir du sang sur ses mimines manucurées.
Il est ainsi des morts comme des justiciables sanctionnés déjà dans les mots mêmes, « odieux fraudeur de l’indemnisation chômage » pour le cul terreux ou « en délicatesse avec le fisc » pour le notable. Selon que tu seras de la grande famille entreprenante ou du petit peuple résistant, aux grands hommes du premier cercle vertueux la patrie en berne, aux petits gêneurs de l’immense truanderie, l’escamotage du corps et l’état méprisant.
Il y aurait pourtant quelque avantage à voir disparaître de la surface du globe et dans l’intérêt général, quelque scélérat vendu, quelque salopard dégueulassant tout, quelque vil exploiteur d’humanité et de planète non renouvelable, quelque fieffé maquereau du profit particulier.
– Mais un peu de retenu que diable – m’enjoignent à l’unisson les braves gens respectables, les mêmes qui, devant le cercueil d’Hugo Chavez ou de Stéphane Hessel se lâchaient de la nouille et du rectum avec délectation.
Chaque cause à son martyr, chaque camp son héros, où l’on voit à juste titre de quel côté penche l’obscène gouvernement en ce lundi d’officielles funérailles mazoutées.
Que chacun donc enterre ses morts et ses illusions, tout en se rappelant en ces jours d’élections tunisiennes, que les obsèques d’un insignifiant vendeur ambulant immolé par le feu peut subitement fracasser l’histoire.
La liberté d’expression d’un artiste doit être totale. C’est pour moi un postulat de départ indiscutable et non négociable. Ensuite, dans le bazar de productions plus ou moins artistiques, que le talent reconnaisse les siens.
De Dieudonné à MacCarthy en passant par Serrano, pas de compromis possible. Aucun état, aucune police, surtout pas un ministre de l’intérieur, pas plus qu’un groupe de pression quelconque ou quelque communautarisme sectaire, là, là ou là, n’a à juger en mon nom de ce qui est bien ou mal, beau ou pas, admissible ou proscrit.
Il n’y a de danger que de ligne officielle, de comité central du bon goût, que de ministère « de la promotion de la vertu et de la prohibition du vice », que de commission esthétique de la morale et des bonnes mœurs, bref que d’arbitraire.
Car si on sait à peu prés où commence la censure, on ne sait jamais où elle finit et assister aujourd’hui à l’écoeurant retour sur les réseaux sociaux des mots « art dégénéré » avec pour référence le sophiste Zemmour, on a le Savonarole qu’on peut, fait froid dans le dos.
L’art étant l’évidente sentinelle des assauts obscurantistes et liberticides, il s’agit absolument de ne rien céder à la tartuferie ambiante, au fanatisme rampant, aveuglé par ses sinistres certitudes.
Car, il est de notre responsabilité raisonnable d’apprendre à penser contre soi, et si ce n’est d’aimer ce qui nous dérange, du moins d’apprécier et de laisser agir ce qui nous tenaille, plutôt que de nous réfugier dans un confort complaisant qui sent le renfermé.
L’art n’a pas à nous conforter ni à nous dorloter.
Que le plug anal de Paul MacCarthy fasse s’émouvoir les trous du cul, quoi de plus normal après tout. Il est même assez rassurant d’une certaine manière, que l’œuvre d’art à la provocation de salle de garde, fasse encore réagir, tant on a fini par s’indifférer de tout.
Que la création interpelle et fasse débat, tant mieux, c’est en partie son boulot.
En revanche que l’on tolère l’intolérance, le vandalisme bourrin jusqu’à se dégonfler du sapin gonflable et offrir une victoire symbolique aux pitres intégristes est problématique. Je ne sais quel crétin régressif a tenté de s’asseoir sur le « sapin » de la place Vendôme, mais je me doute que quelque part le supplice du pal le travaille, dans quelque refoulement frustre.
Mais d’autres questions se posent à propos de cette œuvre, hélas saccagée, de MacCarthy, et déjà la privatisation d’un espace public par une galerie internationale, Hauser and Wirth, jouissant en termes marketing d’un énorme coup de comm.
En ce sens le scandale pour eux est déjà plus que rentable, les vandales leur ayant rendu un immense service commercial.
On peut se demander si la place Vendôme (blindée de caméras vidéos cela dit en passant – bijoutiers – ministère de la justice…) comme le château de Versailles doit servir de support à la commercialisation d’un artiste et à la spéculation sur une œuvre en faisant exploser sa côte au profit de ses riches collectionneurs.
La Fiac, entreprise privée, grand marché de l’art ou grande foire du pognon ?
Si l’année dernière François Pinault, à lire les aimables critiques, donna à voir sa collection privée à la Conciergerie, on pourrait tout aussi bien renverser la proposition et se demander si ce ne serait pas plutôt la Conciergerie, lieu public, qui mit à disposition son espace à la collection privée du milliardaire, offrant un sacré coup de projecteur.
Simple question d’angle.
Autre question que pose cette affaire MacCarthy, la promotion d’un art transgressif toujours récupérable et ne bousculant au final que les mœurs et dieu sait si on en a vu d’autres, mais surtout pas l’ordre mondial consumériste, ne se ferait il pas au détriment d’un art subversif remettant fondamentalement en cause le marché, comme en politique les quelques avancées sociétales ne seraient là que pour masquer ou compenser les régressions sociales ?
Bref, pour le dire trivialement et que les dames m’excusent, il serait plus facile aujourd’hui et rémunérateur de montrer son cul que d’avoir des couilles.