La marée était en noir

Quand le dernier arbre aura été abattu
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été péché
Alors on saura que l’argent ne se mange pas

Go Kha Yeh dit Géronimo

Pendant que British Petroleum, plus connu sous son délicieux sobriquet BP, mollement préoccupé par la perte de contrôle de son puits violait ses propres règles de sécurité pour optimiser l’affaire, (encore un baril que les arabes n’auront pas) pendant que tous les indicateurs montraient que le coffrage métallique risquait de céder sous la haute pression, pendant que le gaz bouillonnait joyeusement par 1500 mètres de fond, signe annonciateur d’explosion, les cadres à bord de la conviviale plateforme Deepwater Horizon fêtaient le bilan sécurité du forage avec prime à la clef.

On n’allait quand même pas se laisser emmerder par ces légères contrariétés.

– chef ça va péter, qu’est ce qu’on fait ?
– on pompe

11 morts et une crise écologique sans précédent plus tard, ravalant les saloperies bretonnes de Total à un pet mazouté, les petits profits de la rentabilité mesquine et à court terme devinrent des pertes colossales irréversibles .

Le profit est-il rentable ?

Pour gagner des millions BP y laissera des milliards et la planète, son golfe du Mexique…

Faut voir !!!

A l’heure où BP, devient la proie d’Exxon ou de Shell, y a déjà laissé 30% de son calcif à la bourse, où les actionnaires trouvent que ça sent le gaz dans les bas de laine, la firme désemparée (on exploite d’abord, on réfléchit ensuite) s’en trouve réduite à racheter des mots clefs sur la Toile, pour ramener ses brebis goudronnées à son site propagandiste .

– quels mots clefs ?
– je sais pas moi…salopard, dégueulasse, crado, pourri, enfoiré,…ce genre-là.

Quand une civilisation tout entière se retrouve en état de dépendance totale, shooté, accro, addict à sa dose de gazoline surtaxée

– Vous reprendrez bien un petit baril ?
– ben juste un, pour la route.

tout en encourageant la cupidité durable, la compétitivité durable, la réduction des coûts durable, la profitabilité durable et autres développements néologiques à la con de cet acabit là, le simple instinct de survie ne peut que conseiller d’urgence, le sevrage et préconiser illico le cercle des pétroliers anonymes repentis.

On ne benzine pas avec l’amour.

Mais, quand, par ces temps d’hyper-crise et de panique générale, on envoie aux mastodontes industriels des messages aussi limpides que celui de la justice indienne rapport à Bhopal :

Vous me copierez cent fois :

– « je ne dois pas tuer 25 000 personnes et empoisonner un état sans me laver les mains après »

bref une impunité totale, on a quelques soucis à se faire.

En ces temps de privatisation nucléarisée par exemple :

– « Je ne dois pas irradier cent millions de personnes et foutre mes déchets sous le paillasson sans m’essuyer les pieds … »

Curieusement en ces heures fatales où ce sont les responsables aux mains sales de nos désastres économiques, sociologiques, politiques, écologiques, qui nous couvrent de goudron et de plumes dans l’assentiment général et l’étonnante atonie des peuples consentants, voir en ce naufrage BP (Halliburton …) et en cette marée noire engluant la Louisiane, la Floride

( peut être la plage privée à Miami du réfugié terroriste chimique Warren Anderson, PDG d’Union Carbide – à défaut de justice humaine une hypothétique justice divine …)

et jusqu’à l’atlantique, comme une métaphore sinistre du capitalisme, ne me paraît pas délirante.

Que le pitre Cohn Bendit ne nous raconte pas d’histoire, écologie et capitalisme sont tout simplement incompatibles, antinomiques et contradictoires, point barre.

A courir après le flouz, quand on ne sait plus où brancher les tuyaux, inutile de sortir la grande échelle verte :

C’est mort.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

28 commentaires sur « La marée était en noir »

  1. marfak – il est mortifère oui
    fran – AAA+
    cuicui – alors bp sera racheté par plus gros qui deviendra plus gros encore

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  2. @jide -ouais no dry holes, y’a des chances mais pour la petite fleur y devrait pas tarder à changer logo et patronyme m’est avis
    @urbain – pour durer il dure de dure bon y’a quand même de l’espoir son frangin commence à sucrer les fraises

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  3. Avec ce genre de gugusse on fait clairement la distinction entre durable et soutenable … c’est sans doute leur principale contribution à « l’écologie politique » : au final une leçon de chose sa propre inconsistance et sur la totale vacuité de pensée sous-jacente.

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  4. D’après ce que j »ai pu glaner ici et là, BP devrait prendre sa mère ( faillite + obama ), contrairement à certaines ( pourquoi certaines ? ) financières, cela leur fait un contre feu.

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  5. @henri A – ce sont les retraités anglais qui vont être content
    – où il est démontré qu’Urbain parle couramment le yelrah…

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  6. « Que le pitre Cohn Bendit ne nous raconte pas d’histoire, écologie et capitalisme sont tout simplement incompatibles, antinomiques et contradictoires, point barre ».
    Le tarif des missions politiques aide à faire quelques concessions, appartenir au sérail politique c’est un souci de moins pour s’assurer une retraite décente au prix où est le beurre ;-))

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  7. ah chère agathe ne me dis pas que les hommes politiques sont corruptibles je ne peux le croire ils n’oeuvrent que pour le bien public tout le monde sait ça = Jean françois Copé qui en a fini avec la langue de bois nous le jurait hier encore si c’est pas une preuve ça

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  8. Et Woerth m’a fendu le coeur ! Tu te rends compte ! Il n’était même pas au courant, j’ai pleuré à chaudes larmes devant son indignation :-DD

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  9. Les chinois ont démontré que communisme et capitalisme sont missibles, on ne peut rien s’interdire en matière d’écologie.
    Les représentants sont certes clownesques, mais la démarche écolo est individuellement et collectivement interessante.

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  10. A première vue l’assemblage de propositions, constituant le commentaire qui précède, n’a aucun sens, sinon celui de témoigner de l’incohérence et de la vacuité de pensée de leur auteur , au fil d’affirmations péremptoires postulées sans lien ni raison .
    Au delà du « Degré zéro de l’écriture » : le « Degré zéro de l’entendement ».

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  11. @ tgb
    ton billet est intéressant (comme le plus souvent). J’aime beaucoup le titre ;-)).
    Eh bien, Obama, qui voulait relancer incessamment les forages au large des côtes US, se trouve bien mal récompensé! quelle tuile! Oh, il trouvera bien un moyen de renvoyer l’ascenseur à ses généreux copains des groupes pétroliers, quand même. Mais celui-là, de projet, il était déjà dans les cartons, comme on dit au Monde.
    Quant à dire: »Que le pitre Cohn Bendit ne nous raconte pas d’histoire, écologie et capitalisme sont tout simplement incompatibles, antinomiques et contradictoires, point barre »: toutafé! DCB est un professionnel de la politique, il a choisi ce créneau sympathique (comme d’autres le PS), mais ne s’est pas particulièrement distingué, depuis, par sa défense de l’environnement (et pour cause)- qui est l’arbre qui cache la forêt appelée Capitalisme.

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  12. -emcee- Obama un pas en avant deux pas en arriere peut peu _
    No he can’t
    merci urbain : un lien offert par notre précieux documentaliste

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  13. Oui, la mondialisation des élites a toujours existé. Quand ce beau monde s’entend, il commerce, et quand il ne s’entend plus, il fait s’entretuer les manants.
    tgb, exact, Obama est là pour passer les plats: il ne peut ni ne veut rien changer au système qui l’a mis en place et a grassement payé sa campagne.

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  14. @urbain le bref
    La vacuité intellectuelle, comme tu l’incarnes, c’est écrire avec les pensées des autres. Reformuler, « un bouquin ouvert sur les genoux », est à la portée de n’importe qui.
    tgb a raison, tu es un documentaliste.

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  15. je n’ai pas l’impression que pour lui, comme pour moi, et dans ce contexte ce qualificatif soit dépréciatif .
    En revanche je crains fort pour toi que , pour lui, comme pour moi, dans ce même contexte, ce ne soit que par un abus de langage très approximatif qu’on puisse parler de « pensée » à ton propos .

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Commentaires fermés

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