Le coût des autres

Si, dans la biodiversité, 1226 espèces d’oiseaux, sont aujourd’hui menacés d’extinction, il y a en revanche une espèce même pas protégée qui pour l’instant prolifère : l’espèce de con.

Cet étrange spécimen assez primaire, qui s’en prend à plus pauvre, à plus faible pour purger sa haine et sa misère et met au pouvoir ses propres prédateurs naturels morts de rire au balcon, nous enseigne au moins une chose qui nous console peu :

La saloperie est universelle.

Si, ici, de bons pères de famille à peu prés éduqués et faisant Hortefeux comme métier (une bien triste profession) en arrivent raisonnablement à menotter pour expulsion des enfants de sans papiers, agés de trois ans, là-bas dans les townships d’Afrique du sud – l’immense pays coloré de l’immense Mandela, on en vient à flamber, une vieille tradition il est vrai (au prix du baril de pétrole c’est presque un luxe) l’immigré zimbabwéen voleur de pain et de travail.

Outre donc, qu’on peut constater que la haine des autres n’est pas l’apanage de l’homme blanc salissant (mais on s’en doutait un peu) savoir que la mondialisation heureuse et civilisatrice renvoie les hommes à la bestialité ne m’étonne guère. Il avait de sérieuses dispositions à la base.

Mais justement

Le goût des autres nous avait-on dit joliment un jour d’égarement humaniste au ciné…
Qu’espérer d’autre ?
Que tenter d’autre ?
Quel autre projet spécifiquement humain possible, que la fraternité ?

Le coût des autres nous répond cette néo-civilisation nous invitant chaleureusement, petits grouillots plébéiens, à nous entre-tuer en famille.

Diviser, isoler, atomiser, cliver, attiser les antagonismes, propager les haines, désigner les boucs émissaires, casser les solidarités, les liens sociaux, faire de l’un l’ennemi de l’autre.

La modernité disent ils …

Tant que notre énergie du désespoir insidieusement canalisée servira à nous foutre sur la gueule, on pourra entendre encore un certain temps les bouchons de champagne sauter dans les suites du Carlton.

Que le PS en pleine danse nuptiale socialo-libérale nous envisage en néo-manager, n’arrange rien.

Qu’elle sache bien, cette gauche capitularde, qu’en nous confisquant arbitrairement toute réelle alternative, en nous interdisant toute utopie vitale, en se convertissant au coût de l’autre plutôt qu’au goût de l’autre, elle prend la responsabilité historique du désespoir.

Et de l’incendie.

tgb

Publié par rueaffre2

TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.

7 commentaires sur « Le coût des autres »

  1. « elle prend la responsabilité historique du désespoir »
    Et de ses conséquences.
    __________
    (17 députés « socialistes » lancent un appel pour que le P »S » vote la révision institutionnelle. Certains autres s’indignent… Rions :
    « une dizaine de députés francs-tireurs – parmi lesquels Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls, Didier Migaud, Gaëtan Gorce, Christophe Caresche et Jean-Marie Le Guen – signent une tribune en faveur de la réforme, qui paraîtra aujourd’hui dans « le Monde ». « Le Parti socialiste ne saurait se soustraire à ses responsabilités au moment où des progrès importants peuvent être obtenus pour la vie démocratique, écrivent-ils. Pour notre part, nous sommes prêts à les prendre »
    http://www.leparisien.fr/home/info/politique/articles/LES-SOCIALISTES-DIVISES_298516316

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  2. Bravo, c’est envoyé!
    Je passais aussi pour un sondage DEL Poll’s*
    « Déranger les pierres », la chanson coécrite par Carla Bruni avec Julien Clerc dans son prochain album qui sort le 21 juillet, est-elle:
    – Un appel à une reconstitution live de l’Intifada boulevard Saint Honoré?
    – La dénonciation d’un complot en cours fomenté par le tandem de fourbes Bédier-Moscovici?
    – La suggestion d’un ticket Mauroy-Juquin pour une candidature symbolique en 2012?
    – L’ordre donné par Carla au joaillier de chez Van Cleef et Arpels qui ne comprend pas comment réparer son collier de perles?
    – Autre?
    – Ne sait pas?
    – A tendance à douter de tout?
    Veuillez faire parvenir vos réponses, par quelque moyen que ce soit (poste, pli, pneumatique, sous-marin, coursier, sémaphore…, à la rédaction du Del, à Londres, avant le 18 juin 2008.
    * Réalisé à la louche auprès de quelques bitosses de passage sur le Net.

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  3. Si, dans la biodiversité, 1226 espèces d’oiseaux, sont aujourd’hui menacés d’extinction, il y a en revanche une espèce même pas protégée qui pour l’instant prolifère : l’espèce de con.
    ET l’oiseau con, tu en fais quoi, TGB ?
    C’est un spécimen qui te parle…
    Autrement totalement en accord avec toi !
    Demain un billet qui va dans ton sens sur le Village.

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